VOUS AVEZ DIT MEDIAS ? JEROME CHOURAQUI
Par Marie Cornet, mardi 26 octobre 2010 à 10:10 :: liens :: #1115 :: rss

Monsieur Jérôme Chouraqui, président du MediaClub
Marie Cornet : Vous êtes Président du MediaClub qui est né quand ?
Jérôme Chouraqui : Simple, Le Media Club trouve sa genèse dans une association d’anciens élèves et un diplôme de l’université de Paris, lui-même fondé par Daniel Sabatier retraité à ce jour et qui a créé le DESS de « Droit et Administration de la Communication » à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne en 1982. Ce DESS est à l’origine de la formation d’une génération qui se retrouve aujourd’hui dans tous les secteurs de l’audiovisuel. J’ai moi-même passé ce diplôme et j’ai eu la chance d’être aux côtés de Daniel Sabatier pendant une année, d’ailleurs superbe, qui m’a fait prendre conscience de l’affect peu commun qu’il pouvait créer avec ses élèves. C’est peu dire, 80 pourcents d’ entre eux lui doivent leur premier job…Cet homme ou ce chef d’orchestre rare était capable de tisser des liens privilégiés avec ses élèves mais aussi des relations de proximité entre les élèves eux-mêmes… C’est en 2001 qu’un projet lui a été soumis, celui naturellement de constituer une réelle association des anciens élèves. Sachant qu’en 2003, Daniel Sabatier prendrait sa retraite et moi-même entrepreneur, je n’ai pas hésité une seconde à tenter de mettre en place ce projet. L’idée de mon côté était très simple, le remercier et prolonger dans le temps ce qu’il avait créé. Le MediaClub est donc né grâce avant tout à un homme puis deux, des sentiments et des désirs et enfin une envie d’entreprendre et de transmettre. Finalement en trois mots simplifiés : rencontre, remerciements et transmission…
Marie Cornet : Une belle histoire ?
Jérôme Chouraqui : Oui une très belle histoire !
Marie Cornet : Vous êtes resté en contact avec Daniel Sabatier ?
Jérôme Chouraqui : Oui, il vit entre Paris et la province maintenant. Je reste proche de lui, je le vois fréquemment. Je ne dirais pas que c’est « un Maître… à penser » … quoi que !
Marie Cornet : Il est présent au MediaClub ?
Jérôme Chouraqui : Absolument, c’est le Président d’honneur…Et il suit le développement du Media Club à travers toutes ses activités et l’on se voit pour en parler régulièrement. Des rencontres pour développer et structurer de façon très professionnelle le déploiement des ressources du Club.
Marie Cornet : Vous êtes un entrepreneur, à quand remonte la création de votre première société ?
Jérôme Chouraqui : J’ai monté ma première société, dans les locaux du DESS quand j’étais à l’université.
Marie Cornet : Vous étiez nombreux ?
Jérôme Chouraqui : Non, j’avais deux salariés.
Marie Cornet : Comment s’appelait votre société ?
Jérôme Chouraqui : « Net Partners », à l’époque. Nous faisions des sites Web.
Marie Cornet : Vous étiez déjà sur le Web ?
Jérôme Chouraqui : Exact, nous étions en avance et tellement en avance, que nous étions sollicités par téléphone très régulièrement et l’on nous demandait si nous étions spécialisés dans le nettoyage à sec ou le nettoyage de bureau après 22 heures …, du fait du nom « Net Partners ». C’est pour vous dire …à l’époque le mot net était plus assimilé à du nettoyage que à l’Internet d’aujourd’hui ! C’était très drôle. Plus sérieusement cette société s’est transformée en 1998, en « NP-TV », spécialisée dans la télévision interactive et plus précisément sur les décodeurs de TPS et CANALSAT. Le premier contrat de « NP-TV » a été signé avec CANALSAT en exclusivité et pour la commande de la création de bannières publicitaires interactives. Tout ceci grâce au réseau du DESS qui nous a permis d’être en contact avec les bonnes personnes…Une commande et des locaux nous ont aidé à lever des fonds et de faire partie de la vogue très prisée des « start up ». Grâce à cette impulsion, « NP-TV » a vécu pendant dix ans et a levé 17, 5 millions d’euros et s’est installée entre autre à Madrid et Kuala Lumpur. En 2001, nous avons eu le dernier round d’investissement. Et ces investisseurs nous ont demandé de recruter des séniors. Une opportunité d’ailleurs car ma disponibilité m’a permis de proposer à Daniel Sabatier, de reprendre le projet du MediaClub en 2001 avec un angle plus « Entreprise » et la volonté de le faire durer au-delà ou non de la présence permanente de Daniel Sabatier qui nous a d’ailleurs donné très directement, son « banco ». J’ai, de ce fait, repositionné mes activités en fonction de ce projet : vérifier les bases de données, partir à la rencontre des anciens élèves et créer des événements fédérateurs. Cela a été formidable d’ailleurs l’enthousiasme en retour face aux premiers événements comme la création de petits déjeuners et l’organisation de rencontres. C’est en 2003, quand Daniel Sabatier est parti à la retraite que l’association est sortie de l’université pour devenir l’association MediaClub avec le statut qu’on lui connait à ce jour.
Marie Cornet : Combien d’adhérents au MediaClub ?
Jérôme Chouraqui : Déjà un réseau de 600 anciens élèves, ensuite une trentaine de cooptations par an et enfin à ce jour 796 membres.
Marie Cornet : C’est beaucoup ?
Jérôme Chouraqui : C’est beaucoup et peu. C’est la dimension humaine qui convient pour rester proche des membres, les suivre professionnellement et leur apporter des contenus d’information ou de formation pour les accompagner tout au long de leur carrière professionnelle.
Marie Cornet : Le MediaClub, c’est un réseau social ?
Jérôme Chouraqui : Oui, en fait étymologiquement, c’est un réseau social qui a sa visibilité sur des réseaux sociaux : Le MediaClub a son compte twitter ou sa page facebook par exemple. A delà des technologies qui nous passionnent, le MediaClub a aussi pour vocation de mettre de l’humain dans ses relations aux membres. Si le MediaClub utilise tous les moyens pour la mise en contact il reste aussi un lien de rencontres physiques pour ses membres.
Marie Cornet : Quels sont les axes de développement du MediaClub ?
Jérôme Chouraqui : Deux axes, un qui correspondrait à celui de catégorie d’événements avec des petits déjeuners de réflexion sur des thématiques très ciblées ou des déjeuners, des cocktails en soirée, des grosses soirées événementielles avec jusqu’à 150 invités ou des soirées thématiques très techniques en petit comité. L’autre axe serait d’être présent sur des rendez-vous essentiels du monde de l’audiovisuel comme par exemple, le MIP TV, le Festival de Cannes, le MIP COM, Les Journées Internationales de Dijon, Scénaristes en série, le Festival international du film d’animation d’Annecy. Nous créons des partenariats avec les organisateurs.
Tous les événements du MediaClub doivent créer des échanges pour nos membres avec l’ensemble de la profession. D’ailleurs les membres peuvent inviter leurs amis qui feront partie pour nous d’un fichier secondaire.
Un axe très privé est pour nous l’accompagnement de nos membres. Chaque membre peut bénéficier de ce que l’on appelle l’accompagnement personnalisé. Construire de belles histoires entre des personnes est pour moi un facteur de vecteurs d’énergie très positif.
Marie Cornet : Le MediaClub regroupe tous les médias ?
Jérôme Chouraqui : Oui, mais si l’on se réfère aux chiffres, on peut dire que l’activité est à 55 % TV (producteurs, diffuseurs, distributeurs), 20% cinéma, 15% nouveaux médias, 10 % presse et radio.
Marie Cornet : The Media Faculty est une structure connexe ?
Jérôme Chouraqui : Oui et axée essentiellement sur la formation qui découle des problématiques que le MediaClub rencontre et par des reporting fait par des professionnels.
Marie Cornet : Quelle fréquence ?
Jérôme Chouraqui : Une par mois à raison de deux ou trois jours sur une thématique précise comme par exemple l’acquisition des contenus.
Marie Cornet : L’accompagnement vous intéresse à titre personnel, comment le concrétisez-vous ?
Jérôme Chouraqui : A titre personnel, à la vue les problématiques rencontrées par les gens qui recherchent un emploi, j’ai ouvert un cabinet de chasseurs de tête spécialisés dans les médias de façon parfaitement transparente.
Marie Cornet : The Media Faculty pourrait devenir une université ?
Jérôme Chouraqui : Une formation avec un diplôme à moyen terme, pourquoi pas…?
Marie Cornet : L’international vous y pensez ?
Jérôme Chouraqui : Oui, j’y tiens pour le MediaClub. Il faut travailler sur la légitimité et cela fonctionne. Je crois au positif, aux compétences et à l’humain.
Jérôme Chouraqui : Je crois que l’économie numérique va révolutionner les schémas d’aujourd’hui. C’est passionnant d’ailleurs. Je crois aussi que l’information ne va plus être la source brute de ce qui va être payé mais va être le vecteur du paiement d’autre chose. Une révolution très intéressante et tous les médias sont concernés…Et je conseille l’ouverture, la diversification et l’adaptation à tous les modes de communication qui sont de toutes les façons et très positivement interactifs et complémentaires…


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