À l’occasion de la Journée mondiale 2010, comment pouvons-nous, en France, faire passer le message abolitionniste outre-atlantique ?

Robert R. Bryan : J’étais venu il y a quelques années effectuer un die-in avec vous pour marquer le coup à la date de reprise des exécutions aux États-Unis, le 2 juillet 1976. J’avais trouvé ça génial ! Il est important que l’Europe, et notamment la France, continue à réaliser des actions en faveur de la défense des droits de l’homme. Nous devrions nous révolter face aux atteintes aux droits de l’homme à l’égard de tous les condamnés, pas seulement des innocents.

En France, vous vous êtes sortis d’affaire avec Robert Badinter il y a quelques années. Nous devrions tous vous rejoindre, et vous avez la légitimité de nous le dire. Vous avez fait ce que nous n’avons pas fait et nous avons besoin de vous. Nous avons besoin que vous soyez agressifs et bruyants dans vos actions. Que vous fassiez quelque chose d’inhabituel qui attire l’attention des médias. Pour toucher les États-Unis, c’est important. Tuer quelqu’un par peloton d’exécution, quand même, c’est moche. Nous devrions avoir honte.