KENNETH JOHNSON : UN PRINCE DE DIPLOMATIE INTERNATIONALE !
Par Marie Cornet, lundi 15 novembre 2010 à 10:01 :: liens :: #1134 :: rss

Monsieur Kenneth Johnson, le Président du Comité Europe-Afrique.

Marie Cornet : Kenneth Johnson vous êtes Président du Comité Europe- Afrique, une vocation pour vous ou un concours de circonstances ?
Kenneth Johnson : Une vocation. D’abord une vocation de cœur. Je pense en effet que les relations entre l’Europe et l’Afrique sont fondamentales. Une vocation car je crois à la lutte pour l’égalité des chances, l’élévation de l’esprit et le rapprochement des peuples. Il est effectivement fondamental d’œuvrer en ce sens. Je vous confirme sans hésitation donc, une vocation.
Marie Cornet : Qui remonte alors à quelle époque ?
Kenneth Johnson : En 1991. L’année 1991 c’est déjà la chance, celle que le Président Nelson Mandela accepte de parrainer notre Comité. Ensuite 1991, c’est l’année de création du Comité.
Marie Cornet : Par qui ?
Kenneth Johnson : Le Président d’honneur donc, les membres de l’exécutif en France et en Europe et moi-même. Il a fallu d’ailleurs au départ développer beaucoup d’actions pour se faire connaître, porter ce projet ambitieux et le soutenir financièrement. En cela, nous nous sommes beaucoup investis.
Et le Président Nelson Mandela tout comme Emile Derlin Zinsou qui est le premier fondateur de la charte de l’Union Africaine, sont des hommes d’exception et de convictions. Ces convictions sont les ciments essentiels pour le combat du Comité.
C’est une vraie chance d’être entouré de ces grands hommes encore vivants… ! Et je vous accorde cette interview exclusive, car je vous parle de tout cela avec plaisir et très librement.

Monsieur Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire Général des Nations Unies, au centre kenneth Johnson, Président du Comité Europe-Afrique et Son Excellence Emile Derlin Zinsou, ancien président de la République du Bénin
Marie Cornet : Combien de membres dans le Comité Exécutif ?
Kenneth Johnson : Le Comité Exécutif compte l’ensemble des Etats membres. C’est la France et l’ensemble des pays de L’Union Africaine. C ‘est L’Europe aussi. Les membres de l’Exécutif arrivent d’ailleurs par la voie démocratique.
Nous nous faisons un devoir de préserver cette démocratie et de tout faire pour renforcer ce terrain parfois encore fragile en Afrique.
Marie Cornet : En quoi consistent les actions du Comité ?
Kenneth Johnson : Déjà et fondamentalement favoriser les échanges entre l’Europe et l’Afrique. Ce qui signifie la gouvernance. Nous accompagnons au mieux la paix. Pour ce qui me concerne j’ai pour mission de pacifier les relations entre les Etats.
J’exerce ce rôle de Médiateur depuis longtemps dans la région des grands lacs, au Rwanda. D’ailleurs aux débuts du Comité nous avons eu de très gros dossiers à régler.
Le Rwanda était très difficile à gérer et aujourd’hui plus personne n’ignore nos actions.
Je crois d’ailleurs que si les élections ont eu lieu au Togo, il en est un peu de notre intervention. Je dis un peu car il faut rester humble. La situation est identique en Côte d’Ivoire.
Nous avons travaillé étroitement avec le Président Blaise Compaoré pour parvenir à des accords. Et la situation n’était pas simple. En nous sommes en plein cœur du sujet puisque le deuxième tour des élections aura lieu le 28 novembre et je vous le livre encore en exclusivité.

L'eau , une priorité pour beaucoup des pays en voie de développement.
Marie Cornet : Pacifier les peuples et aider à la bonne gouvernance entre les pays. Avez- vous des actions en faveur de la santé ?
Kenneth Johnson : La question est fondamentale et je vous remercie d’y penser car nous intervenons dans ce domaine de façon systématique et essentielle. A cet effet nous avons un département, « Priorité Santé » et j’insiste pour la création d’un fond d’urgence afin de répondre étroitement aux besoins des populations, je dirais état par état. Nous pouvons intervenir via des médecins qui sont pris en charge, par exemple.
Les aides touchent des pathologies comme la cancérologie, un fléau en Afrique. Le constat est très dur, il est effectivement quasi impossible pour un africain de se soigner.
J’oeuvre d’ailleurs pour une politique plus responsable et d’accompagnement aux soins pour les pays de l’Afrique. Il y a bien entendu d’autres fléaux comme le paludisme : une personne meurt tous les jours du paludisme. Nous avons créé pour cela un fond de soutien.
Nous créons aussi des partenariats avec la Croix Rouge par exemple. Je dois citer d’ailleurs notre excellent Ambassadeur, Christian Karembeu qui est venu en Afrique avec nous.
Je dois dire que le mouvement d’aide dans le domaine de la santé s’étend et il y a de plus en plus de gens de bonne volonté qui interviennent en faveur de la solidarité pour les pays africains.

Le président Burkinabé Blaise Campaoré saluant Kenneth Johnson.

Elysée à Paris, Kenneth Johnson entre l'ex-ambassadeur du Burkina Faso et le président Boni Yayi du Bénin
Marie Cornet : Haïti a subi un séisme et aujourd'hui une épidémie de Choléra, vous êtes intervenu ?
Kenneth Johnson : Nous étions un des premiers à réagir bien sûr. Nous étions en coordination et compte tenu de mon implication rapprochée avec la Francophonie, nous avons mis les moyens efficaces. Nous avons signé des accords avec la Fondation Casques Rouges d’ailleurs pour toute action qui vise à sauver des vies. Je dois citer d’ailleurs l’excellent travail de Nicole Guedj, pour tout ce qui concerne Haïti.
Nous avons beaucoup de plaisir à travailler avec elle tout comme le Président Abdou Diouf, qui vient d’être renouvelé dans ces fonctions. Notre Secrétaire Général a mis d’ailleurs toute sa bonne volonté pour œuvrer dans le sens de l’aide maximale et possible en faveur d’Haïti. Et L’action doit continuer…
Marie Cornet : Pour subventionner tout cela, faites-vous appel à des partenaires ou des sponsors ?
Kenneth Johnson : Il est difficile de faire des grandes actions sans moyens. On peut le faire par la bonne volonté, mais une grande action mérite de lui consacrer des moyens. Lorsque l’on parle de démocratie et de développement sur des pays africains, nous avons des partenaires comme L’Union Européenne.
Je suis moi-même à la Commission chaque fois que le besoin se ressent pour analyser, travailler, prévenir, encourager sur des budgétisations et sensibiliser sur des pays qui sont plus à même de se voir allouer des budgets de développement. Et la bonne gouvernance, je l’ai souligné est un secteur phare des actions du Comité.
Je dirais que L’Union Européenne est l’un de notre premier partenaire. Je n’exclurais pas L’UNESCO quelques soient les évolutions des uns et des autres, car notre action commune reste dominante et depuis longtemps. D’un point de vue culturel, je dirais que cette une maison où il est toujours bon d’échanger.
C’est d’ailleurs ma deuxième maison. Nous avons une façon particulière à nous pour avancer. Cet échange entre le Comité-Europe Afrique et L’UNESCO est riche, notre mode de fonctionnement de travail est excellent et cela est parfait ainsi.
De façon plus large il y a d’autres partenaires, des entreprises par exemple mais aussi toute personne de bonne volonté ou des gouvernements sans restriction… Tout ce qui peut sauver des vies nous sommes pour et nous agissons en ce sens.
Marie Cornet : Des institutions, des entreprises, des mécènes, des subventions aussi ?
Kenneth Johnson : Je n’ai pas la capacité de budgétiser les choses, aussi bien que notre Ministre du Budget Monsieur Eric Woerth qui est d’une grande compétence. J’ai des hommes extraordinaires et des lors que nous décidons de faire des actions, en général je m’assure que ces actions soient budgétisées pour les accompagner. D’ailleurs il m’arrive d’en refuser, à regret car celles-ci ne sont pas budgétisées.
Marie Cornet : Vos projets en développement pour 2010 -2011 ?
Kenneth Johnson : Votre question est large et permet à la fois de répondre à l’ensemble des questions. L’éducation est l’une de nos priorités et connue du calendrier de L’UNESCO.
La lutte contre l’analphabétisme est prioritaire. Les pays africains comptent 60 à 70 % pour certains pays, de jeunes de moins de 25 ans. Cela mérite qu’il y ait une formation aujourd’hui afin de parvenir à ce que les gens arrivent à se parler la même langue.
Un même niveau éducation qui permettrait aux personnes de se comprendre. Une éducation qui permettrait alors de régler des conflits dès lors que l’on peut se comprendre.
Créer des passerelles pour éviter des conflits. La santé, aussi est au centre de nos projets tout comme la lutte pour la paix.
Marie Cornet : Quelles sont les actions essentielles en matière d’avenir, pour vous ?
Kenneth Johnson >: La situation israélo-palestinienne mérite d’être abordée et d’être définitivement réglée. On ne peut laisser depuis la création des Nations Unies, ces peuples en conflit. C’est une responsabilité je dirais mondiale de se mettre au chevet de cette cause. Par ailleurs, nous devons œuvrer pour ne pas laisser des peuples dans la famine aujourd’ hui alors que la crise financière nous a montré des exagérations sans précédent. En clair, nous devons trouver des situations appropriées pour préserver l’équilibre.
Ce minimum d’équilibre se retrouve dans l’environnement, comme une budgétisation de l’eau. Il y a encore des pays qui n’ont pas accès à l’eau. L’eau me semble aussi primordiale. La santé à travers la lutte contre des épidémies ou maladies. Pour terminer ma volonté va dans le sens du rapprochement entre les peuples et les cultures et qui pourrait contribuer à un gouvernement mondial ayant pour but la pacification.
Des Sages de la qualité de Nelson Mandela pourraient se regrouper et L’exécutif de ce gouvernement composé des chefs d’Etats garderait tout son pouvoir de gouvernance mais bénéficierait de l’avis des Sages.
Marie Cornet : Vos fonctions sont forcément très prenantes ?
Kenneth Johnson : Bien entendu, mais prenantes dans le bon sens. Dans le sens que nous avons plaisir à les faire. Je pense que dès lors que l’on s’engage sur de telles fonctions, on en accepte les responsabilités.
Kenneth Johnson : La courtoisie, le respect de l’autre. Les deux vont ensemble. Si vous respecter votre interlocuteur, vous lui donnez des chances de créer des climats de confiance pour développer des relations pacifiques. Un dialogue…Oui le respect est fondamental. Je tenais d’ailleurs à vous remercier de votre grand professionnalisme et vous dire que j’aurai toujours plaisir à échanger avec vous…


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