Café-journalisme: Djamba Yohé, prochain journaliste Congolais invité à Clermont-Ferrand en Auvergne !
Par Freddy Mulongo, vendredi 19 novembre 2010 à 20:05 :: radio :: #1143 :: rss
Marie De Combel-Albert Londres et Freddy Mulongo. Photo Réveil-FM
L'affiche pour la libération de Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, deux journalistes pris en otage en Afghanistan était bien en exergue. Notre confrère hyppolite Kimbalanga, nous a rejoint par la suite. L'association Regarder Agir veut sauver la maison d'Albert Londres, le père du journalisme et lui redonner vie, elle vient de créer un Fonds de dotation pour sauver sa maison natale, qui deviendrait une maison de grands reporters, sur le modèle de la maison des écrivains. Pour sa deuxième édition, en juin 2011, les "Rencontres Albert Londres", qui, accueilleront des grands reporters dont un Prix Albert Londres-Le prix Albert Londres a été créé par sa fille, Florise, en 1933. Ces Rencontres sont agrémentées d'une exposition sur Albert Londres et de conférences et d'échanges sur le grand reportage. Après Reporter en Terre d'Ébène, la prochaine thématique portera sur Albert Londres Reporter de guerre de 1915 à 1917.
Tous les exemplaires de notre ouvrage les "Dix questions", le Congo post-Kabila, Edilivre AParis, 478 pages, ISBN: 978-281211-303-1, commandés par Café-Lecture les Augustes ont été achetés par les universitaires, étudiants et journalistes venus au débat. Depuis mars 2010, Les "Dix Questions" est recensé dans le catalogue de la Bibliothèque Nationale Française (BNF), Notice n° : FRBNF42114138 http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb421141382/PUBLIC.
C'est ici l'occasion d'honorer Mzée Djamba Yohé qui a été plébiscité par les universitaires et étudiants de Clermont-Ferrand. Au delà de sa préface des "Dix questions", ce sont ses réponses fouineuses dans l'ouvrage qui ont attirées l'attention des journalistes et universitaires à Clermont-Ferrand. Le café lecture les Augustes pense l'inviter en Auvergne pour un café-journalisme.
Les"Dix Questions", Edilivre AParis, 478 pages
Freddy Mulongo lisant son texte sur le journalisme en Afrique. Photo Réveil-FM
Freddy Mulongo répondant aux questions des participants. Photo Réveil-FM
Hernando Sierra remerciant tout le monde. Photos Réveil-FM
vue partielle des participants. Photos Réveil-FM
Freddy Mulongo et Hippolyte Kimbalanga. Photo Réveil-FM
Voici en résumé notre texte:
Parler aujourd'hui de l'état de la presse écrite et de la démocratie dans les pays africains,au regard du passé élogieux du grand reporter Albert Londres, le père du journalisme, c'est décrire une presse à majorité artisanale et démunie en plein siècle de révolution technologique de l'information et de mondialisation de l'économie; c'est profiler des journalistes héroïques et sans moyens, frisant le martyre et la misère dans leur vécu quotidien professionnel; c'est analyser des pouvoirs d'Etat pris en étau entre les aspirations des citoyens à une complète liberté d'expression et la volonté des gouvernements de la restreindre sous le prétexte de satisfaire de soi-disant conditions contractuelles posées par des partenaires du développement. C'est aussi évoquer les pratiques répressives des régimes autoritaires d'hier, aujourd'hui reconvertis; les confusions du double langage de nouveaux décideurs, héritiers et continuateurs des anciens; et l'hypocrisie des promoteurs extérieurs des droits de l'homme, de la démocratie et du commerce international.
Parler de l'état de la presse et de la démocratie en l'Afrique de cette fin de siècle, rappelle aussi les temps de l'apartheid, de cette idéologie anti-démocratique dont une minorité de Sud Africains s'est servie pendant plusieurs décennies pour maintenir la majorité de la population dans un état de sujétion politique, de dépendance économique, de pauvreté et d'exclusion sociale. Et qui, malgré les appuis dont ce régime a bénéficié pendant la Guerre froide, a fini par être balayé grâce à la lutte déterminée des Sud Africains eux-mêmes et des démocrates du monde entier.
La presse et la démocratie de la République sud africaine sont citées aujourd'hui en modèles à la majorité des autres pays africains qui sont à la recherche de leurs voies.
Dans ceux de ces pays où la presse et la démocratie se trouvent en situation d'impasse (au Rwanda et au Burundi par exemple), les voix que l'on entend, ne différent en rien aux discours de l'apartheid; et les affrontements sanglants auxquels on assiste, dépassent déjà, par leur barbarie et par leurs nombres de victimes, les massacres organisés jadis et perpétrés contre la majorité de la population d'Afrique du Sud. Des "médias de la haine", non seulement y appellent à la guerre d'extermination inter-raciale, mais se dressent contre la démocratie qu'ils dénoncent et accusent d'être la voie royale pour la liquidation physique de soi-disant minorités ethniques.
Quant aux autres pays qui sont à la croisée des chemins du processus de démocratisation, la presse y est harcelée par des mesures judiciaires, financières et de destruction des équipements qui l'empêchent de jouer son rôle de "quatrième pouvoir", tandis que les institutions démocratiques sont fragilisées dans leur fonctionnement par les politiques officielles d'oppositions tribales.
Parler de démocratie et de liberté de la presse en Afrique, invite également et inévitablement à une comparaison de l'état de ces institutions en Afrique d'une part et en Europe occidentale d'autre part.
A cet égard, les questions se posent de savoir quels sont les héritages de la colonisation européenne sur la presse et la démocratie dans les pays africains. Où vont ces deux institutions en Afrique en cette veille du 21ème siècle dans un monde où l'humanité est menacée par des problèmes tels que la croissance démographique, la pauvreté, la pollution de l'environnement, l'épuisement des réserves d'énergie fossiles et des nappes phréatiques, l'expansion urbaine, etc.
Les chemins qu'elles empruntent répètent-ils les voies anciennes de l'Occident, ou bien s'agit-il d'orientations nouvelles qui sont les contributions des pays africains aux solutions des défis globaux? Quels sont les problèmes que ces pays se doivent de poser et de résoudre en matière de presse et de démocratie?
Dans le présent article, nous n'avons pas la prétention de répondre à ces questions. Le temps et l'espace impartis ne nous le permettent point d'autant plus que très peu de données sont disponibles sur les dernières périodes examinées, par ailleurs trop courtes. Nous nous proposons plutôt de contribuer à la recherche de solutions à ces questions en procédant à une analyse historique des problèmes de la presse et de la démocratie en Afrique. Notre étude portera sur les points suivants:
le rappel des synergies entre démocratie et libertés individuelles;
la longue lutte de l'Occident pour la liberté d'expression. Nous en indiquons quelques enjeux et quelques étapes dans deux pays européens qui ont joué un grand rôle dans la colonisation de l'Afrique. Ce survol historique permet de situer les racines lointaines de certains traits de la presse et de la démocratie dans les pays africains;
les Etats-nations et la crise des médias en Occident;
le contexte historique de la presse écrite et de la démocratie en Afrique subsaharienne. Cette partie permet d'identifier les éléments de la presse et de la démocratie qui ont été mis en place en Afrique et comment. Elle veut aussi servir d'éclairage pour leur évolution;
la démocratie et la presse au lendemain de l'indépendance;
la presse et la démocratie en Afrique aujourd'hui:
les antécédents des luttes démocratiques d'aujourd'hui,
les craintes et les espoirs de la transition,
les problèmes de la démocratie politique, les problèmes de la presse,
la maîtrise technologique, et
les problèmes géopolitiques.
Etre journaliste en Afrique, c'est accepter de ne pas faire des vieux os. On peut être bastonné, arrêté, emprisonné et tué selon le cas, simplement pour avoir écrit, parler derrière un micro ou avoir filmé . Le journaliste connait beaucoup de difficultés dans l'exercice de son métier:
1. Il y a un manque criant de moyens.
2.Les médias et journaux, appartiennent souvent aux apparatchiks du pouvoir ou aux grands commerçants de la place. Le cas de la République démocratique du Congo est criante où la majorité des médias appartiennent aux sénateurs, députés, ministres...Un ancien président de la Haute des Médias (HAM), Modeste Mutinga par fourberie et roublardise s'est octroyé une fréquence radio et télé... Le mouton noir a poussé le bouchon trop loin en continuant à signer de ses articles dans son journal avec son titre de Sénateur! Conséquence l'indépendance des médias ne sont pas garantie.
3.Les journalistes sont rarement payés, ils se font facilement corrompre car il faut bien bouillir la marmite.
4.L'accès aux sources officielles est inexistant, les journalistes se débrouillent d'où parfois des dérapages.
5. Les tracasseries administratives sont un des moyens utilisé par les pouvoirs pour faire taire les journalistes et leurs rédactions.
Le journaliste africain a trois options devant lui:
-se faire tabasser, arrêter et aller en prison,
- se faire tuer
-s'exiler
Pour ne pas noircir le tableau, il faut quand même dire que les journalistes pratiquent un journalisme de proximité en allant sur terrain. Il ya un travail à faire pour un journalisme d'investigation qui est pan important du vrai journalisme.
La question de formations de journalistes se posent aussi avec acuité dans certains pays. L'Afrique est un continent de 56 pays.
Il y a une urgence et importance de renforcer la liberté de la presse et la liberté d’expression, principes sans lesquels n’est possible aucun fonctionnement démocratique, préalable à un développement économique juste et socialement efficace, car vecteur de cohésion sociale.
Ces questions sont cruciales pour le continent africain, longtemps poursuivi par son image de corruption et de sous-développement. Il existe aujourd’hui une Afrique à deux vitesses :
celle des pays vertueux, les plus respectueux de la liberté de la presse et du travail des journalistes, et celle de pays comme la Gambie, le Rwanda,la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Tchad, le Cameroun qui perçoivent le journaliste comme un ennemi. (exemple Notre confrère Puis Njawé vient de mourir d'un accident de voiture aux Etats-Unis, commandité par le pouvoir camerounais de Paul Biya).
La richesse du paysage médiatique malien avec plusieurs radios associatives n’a rien à voir avec l’absence totale de médias indépendants en Erythrée.
Un professionnel de l’information au Ghana dispose d’une capacité d’expression et d’une liberté de ton infiniment plus grandes que son confrère de Guinée équatoriale.
Les droits fondamentaux, préalables au développement La situation de la liberté de la presse en Afrique est contrastée, comme l’est la situation politique du continent en général.
De plus en plus la dictature devient héréditaire, les fils remplacent les pères au au pouvoir. Un tiers des pays africains sont dirigés par un chef d’Etat issu de l’armée ou de la rébellion, des crises internes minent le Soudan, la Somalie, la République démocratique du Congo et la République centrafricaine.
Plusieurs pays comme le Liberia et la Sierra Leone ont de grandes difficultés à exorciser leurs vieux démons. Un chef d’Etat africain est sous le coup d’un mandat d’arrêt international et de sept chefs d’inculpation dont ceux de génocide et de crimes contre l’humanité : le président du Soudan nouvellement réélu, Omar el-Béchir. Plusieurs dictateurs délirants, comme Teodoro Obiang Nguema, "Dieu de la Guinée équatoriale", ou Issaias Afeworki en Erythrée, sorte de Roi Lear convaincu de défendre son peuple contre une guerre imaginaire, se maintiennent grâce en partie au manque de volonté politique des organisations régionales et dans l’indifférence de la communauté internationale. Les situations en Côte d’Ivoire et au Zimbabwe sont volatiles. Tous ces régimes occultent malheureusement les réussites de certains Etats et les efforts des autres.
Car le continent africain abrite également des pays porteurs d’une vraie tradition démocratique, comme l’Afrique du Sud, le Mali, le Bénin ou, dans une moindre mesure, le Sénégal. D’autres encore vivent dans les contradictions permanentes.
A cet égard, le contraste entre une Tunisie économique dont le niveau de développement la rapproche des standards européens et une Tunisie politique qui la renvoie dans le cercle des Etats autoritaires peu fréquentables est saisissant.
Merci


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