GREGOIRE LASSALLE : LE SUCCES D’ALLOCINE
Par Marie Cornet, jeudi 9 décembre 2010 à 13:25 :: liens :: #1168 :: rss

Monsieur Grégoire Lassalle, Président d'AlloCiné
Marie Cornet : AlloCiné est une success story ? Peut-on le dire ?
Grégoire Lassalle : Oui, on peut le dire. Et ce n’est pas une start up mais une success story depuis presque dix-huit ans…
Marie Cornet : AlloCiné a débuté quand en fait ?
Grégoire Lassalle : En 1993 et avec un numéro de téléphone. Le fameux et légendaire : 40302010, qui communiquait les horaires des salles de cinéma par téléphone et qui est devenu un service minitel, un pal pilote, un site internet et une télé sur Internet. AlloCiné a donc gardé sa mission d’origine mais adaptée à tous les nouveaux supports.
Marie Cornet : Dix-huit ans de réussite alors ?
Grégoire Lassalle : Presque dix-huit ans. Nous fêtons l’anniversaire l’année prochaine. Nous avons encore un peu de temps pour y réfléchir…!
Marie Cornet : Peut-on parler des différents stades de développement de la société ?
Grégoire Lassalle : On ne peut pas résumer les choses d’année en année, ce serait trop réducteur. Je préfère rester sur l’idée de base de mission celle de servir d’intermédiaire entre l’industrie du cinéma au sens large c'est-à-dire les salles de cinémas, les distributeurs, les producteurs et acteurs et le public qui aime le cinéma. Il n’y a donc pas de changement majeur de nos missions excepté le périmètre et les plateformes. De la France nous sommes par exemple passés à l’Europe et aussi d’autres pays dans le monde. Je peux dire qu’il l y a eu des phases capitalistiques dans l’évolution d’AlloCiné mais notre métier de service reste le même.
Marie Cornet : Les bornes interactives de réservation, vous pouvez nous en parler ?
Grégoire Lassalle : Elles ont eu une existence très courte de trois mois. Elles n’ existent pratiquement plus en France et pour une raison très simple la délocalisation des ventes de billets ne se pratique pas en France. L’achat des places de cinéma se fait simplement et de deux façons dans les salles ou sur Internet.
Marie Cornet : La plateforme Internet que l’on connaît aujourd’hui apparait quand ?
Grégoire Lassalle : En 1997, il y a treize ans.
Marie Cornet : Vous décollez à quel moment en terme de connexions ?
Grégoire Lassalle : La notoriété et l’audience sont nées dès le départ puisque nous étions l’un des premiers sites internet en France. L’audience a d’ailleurs été assez forte par rapport à l’audience globale d’Internet en France. Et La véritable rentabilité qui passe par la publicité pour un média comme AlloCiné est intervenue en 2003 et lors de la reprise auprès du groupe Vivendi.
Marie Cornet : Votre localisation est à Paris, cela a un sens pour vous ?
Grégoire Lassalle : Absolument, nous sommes installés sur les Champs Elysées, ce que l’on appelle le triangle d’or et beaucoup d’intervenants du cinéma sont localisés dans cet endroit assez stratégique pour ce secteur.
Marie Cornet : Combien de collaborateurs chez AlloCiné ?
Grégoire Lassalle : Nous comptons aujourd’hui une centaine de collaborateurs au siège parisien et environ 150 autres collaborateurs au sein de nos filiales à l’étranger.
Marie Cornet : Les filiales à l’étranger se situent où ?
Grégoire Lassalle : En Chine, en Russie, en Allemagne, au Canada, en Espagne, en Angleterre et en Turquie.
Marie Cornet : Vous y développez le même support ?
Grégoire Lassalle : C’est que l’on appelle de la croissance externe. C'est-à-dire une identification du AlloCiné dans le pays que l’on recherche comme cible. On entre après dans une phase de négociation du rachat d’une partie du capital de la structure qui nous intéresse dont on garde le nom et le management mais sur lequel l’on plaque notre plateforme technologique. Ce qui signifie que nous apportons la technologie du site, le format publicitaire et une partie du contenu traduit dans la langue adaptée.
Marie Cornet : Comment se situent les collaborateurs dans la structure AlloCiné ?
Grégoire Lassalle : Nous respectons la règle des 3 tiers. Donc un tiers des personnes travaille au développement technique, le 2ème tiers s’occupe du marketing et des ventes et enfin le 3ème tiers gère le contenu éditorial.
Marie Cornet : Un développement quotidien ?
Grégoire Lassalle : Oui, nous venons d’ailleurs de changer la version du site. Nous sommes beaucoup aussi sur le lancement de nouvelles rubriques et les réseaux sociaux. Il n’y a jamais d’interruption, nous sommes impérativement en constante évolution.
Marie Cornet : Peut-on dire que vous êtes un réseau social aussi ?
Grégoire Lassalle : Non, nous sommes un média social et qui diffuse des informations via différents réseaux sociaux.
Marie Cornet : Comment fournissez-vous le contenu d’AlloCiné ?
Grégoire Lassalle : Par deux biais. Le premier par les producteurs ou distributeurs : interviews, making of ou bandes annonces. Le deuxième provient de l’interne d’AlloCiné, nous produisons sept émissions TV et par exemple pour Arte, France 2. Le but de ces émissions étant de mettre en exergue le contenu d’AlloCiné.
Marie Cornet : Des chiffres en terme de connexions ?
Grégoire Lassalle : 8 millions de visiteurs et un million de visiteurs uniques par jour. C’est aussi 30 millions de vidéos par mois délivrées et au dernier sondage Nielsen-Médiamétrie-NetRatings nous sommes le 30ème site français toutes catégories confondues…
Marie Cornet : Quel est votre principal concurrent ?
Grégoire Lassalle : En France, il n’y en a pas. AlloCiné représente 70 % de l’audience cinéma en France sur Internet. A l’International nous trouvons heureusement des concurrents !
Marie Cornet : Justement si vous parlez de l’International, il y a un marché ou un pays qui vous intéresse à très court terme ?
Grégoire Lassalle : Oui, le Brésil. Prochain cap pour 2010.
Marie Cornet : AlloCiné est une marque qui trouve d’autres projets de déclinaison ?
Grégoire Lassalle : Oui, une télé. La marque est une bonne caution pour l’industrie du cinéma.
Marie Cornet : Vous-même vous avez d’autres projets que le cinéma en développement ?
Grégoire Lassalle : Non, l’expansion d’ AlloCiné à l’International me suffit largement et toujours sur la base de son origine première la promotion du cinéma et des séries TV.
Marie Cornet : Votre projet de Télé est prévu pour quand et où ?
Grégoire Lassalle : Au premier trimestre 2011 et en France.
Marie Cornet : Le contenu vous en avez une idée ?
Grégoire Lassalle : Nous restons sur le même contenu de la promotion du cinéma et des séries TV.
Grégoire Lassalle : Une vraie bonne idée et un modèle économique qui valide le projet d’un point de vue de sa rentabilité économique. Ensuite je conseille de se lancer et d’essentiellement garder son cap.
Marie Cornet : Le cinéma pour vous c’est une passion ?
Grégoire Lassalle : C’est surtout et avant tout un métier, agréable. Je me considère d’ailleurs plus au service de cette famille que membre à part entière de cette même famille.


Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire