Cérémonie du Prix Reporters sans Frontières - FNAC 2010 au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère !
Par Freddy Mulongo, samedi 18 décembre 2010 à 02:40 :: radio :: #1180 :: rss

Dominique Gerbaud, avec son écharpe rouge, le président de RSF et son Secrétaire général, Jean François Julliard entourés de Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, Gisèle Halimi, avocate et Jean-Christophe Rufin, écrivain et ancien ambassadeur de France au Sénégal.

Jean-François Julliard, le secrétaire Général de RSF et Elizabeth Tchoungui, journaliste et animatrice de la soirée

La presse panafricaine était représentée par James Ngumbu, Secrétaire Général de l'APPA.

Les places étant limitées dans la salle cinéma, les journalistes s'étaient rués dans la salle conférence du CAPE.
100 photos de David Burnett pour la liberté de la presse


Barack Obama, le président américain dans sa force One.
Photographe résolument moderne et tourné vers l’avenir, David Burnett parcourt le monde depuis maintenant plus de quarante ans avec des clichés sans cesse renouvelés. Il a traversé plus de quatre-vingts pays pour produire les reportages les plus divers et saisir les personnalités les plus variées — de Jean-Paul II à Kofi Annan, de Mikhaïl Gorbatchev à François Mitterrand et de Bill Gates à Fidel Castro. Pas un seul président américain ne manque à son tableau de chasse et il a été présent sur tous les jeux Olympiques d’été depuis 1984.
Mon premier souvenir concret, c’est le tremblement de terre du Pérou en mai 1970. J’étais photographe à l’agence Gamma, qui avait trois ans d’existence. Gilles Caron venait de disparaître au Cambodge (4 avril 1970). J’ai dû partir très vite sur cette histoire, sans rien en connaître. J’ai rencontré David. On a dû se parler en français. Il était tout jeune. A l’époque, j’avais 28 ans, j’étais déjà un "vieux routier", un "expérimenté". Chacun a sa manière de faire. David, comme Gilles, avait une certaine façon de se tenir. Et puis, ses appareils, sa légèreté, son petit sac, sa bonne humeur, sa gentillesse. C’était assez étonnant de voir un Américain qui parle le français et qui est aussi ouvert sur les photographes européens. (...)
À cette époque-là, nous étions peu de photographes à voyager à travers le monde. Lui travaillait pour un grand groupe de presse américain, moi pour une petite agence. C’était une période incroyable. Les événements majeurs se sont succédés au moment de la fondation de Gamma, ce qui a fait la clé de son succès. En 1967, la guerre des six-jours en Israël a permis à l’agence de décoller grâce à la couverture de Gilles Caron. Ensuite, il y a eu ce soixante-huit mondial. Une révolution étudiante qui s’allumait de pays en pays. Et puis de nombreux conflits. Au Viêt-nam, à Beyrouth, des enchaînements extrêmement violents. (...)
Ce que j’ai tout de suite aimé chez David c’est qu’il se donnait les moyens (nous avons travaillé ensemble sur la campagne présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing en 1974) : il opérait avec un Hologon (un appareil Zeiss Ikon muni d’un objectif fixe grandangulaire sans déformation) et beaucoup d’autres objectifs. Peu importe la situation dans laquelle il se trouvait, à un mètre du candidat ou à vingt mètres, il prenait une photo qui constituait une bonne réponse technique. (...)
Dans un certain sens, en tant que photographe de presse, je suis un peu un Américain. Et lui, Burnett, c’est un Français. Il a sa méthode, il écoute, plaisante avec les autres. (...) C’est un photographe américain qui travaille à la manière européenne. Ces deux casquettes, c’est sa force.
Raymond Depardon
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