Révision constitutionnelle: Congolais, indignions-nous ! Ière Partie
Par Freddy Mulongo, jeudi 13 janvier 2011 à 17:52 :: radio :: #1231 :: rss

Kinshasa, 30 juin 2010, le mystère de la parure en diamants offerte à la reine Paola par Joseph Kabila.
On ne peut pas comparer la République démocratique du Congo à la Côte d'ivoire. Cette dernière a eu le recensement de sa population, les Ivoiriens ont la carte d'identité nationale, les Ivoiriens ont eu droit à un débat démocratique entre Allasane Ouatarra et Laurent Gbagbo, ce que nous avait refusé le fourbe et roublard Modeste Mutinga en tant que président de la fameuse Haute Autorité des Médias (HAM). Le vrai hic pour la Côte d'Ivoire, c'est la proclamation du vrai président de la République au second tour. La "Congolité" qu'on veut calquer à l"Ivoirité" pour justifier le reclus identitaire est une invention et un sens: le peuple congolais est pacifique, hospitalier et non xénophobe. L'ivoirien aussi. L'instrumentalisation de la fibre tribalo-ethnico-régionale pour un positionnement par les acteurs politiques sur le continent ne doit en cas incomber à toute la population.
Congolais, indignions-nous ! Voici les 10 raisons pour nous indigner.L'indignation doit nous inciter à agir:
1. Légalité et légitimité
Il convient pour juger de la justesse et de la justice d'un acte ou d'une décision de distinguer sa légalité et sa légitimité; est légal ce qui est autorisé par le droit positif existant, ce qui est conforme au texte de la loi; est légitime ce qui est et doit être reconnu comme juste par tous dans une formation socio-politique déterminée.
En principe en démocratie la loi doit être universelle, c'est à dire établir l'égalité en droits et en devoirs généraux entre tous; cette égalité est de principe, elle est donc soustraite au vote majoritaire car elle une condition transcendantale (axiome de possibilité) de la démocratie et du choix majoritaire; c'est dire que cette égalité est fondatrice de fait démocratique et elle ne peut être contestée, ni soumise au vote sans abolir ce fait.
Est donc légitime une loi qui met en forme l'égalité des droits et des devoirs fondamentaux et leurs limites tels qu'ils sont reconnus par la déclaration universelle des droits de l'homme afin d'éviter la violence et la domination .
Là où les choses se compliquent c'est lorsqu'on passe à l'application de ces droits dans un contexte social d'inégalité des pouvoirs et des biens et donc des moyens d'exercer ces droits. Toutes société est hiérarchique et donc instaure une inégalité des pouvoirs réels entre dirigeants et dirigés qui risque toujours de restaurer la domination en principe exclue par le droit formel d'autant que parmi cette inégalité des pouvoirs s'impose à la société, toute entière, y compris aux dirigeants politiques dits représentatifs de l'ensemble des citoyens, l'inégalité économique et sociale, voire culturelle qui fait que les uns peuvent exploiter leurs droits de propriété en principe égal à celui des autres et leurs talents ou compétences en principe soumis à l'égalité des chances ainsi que leur richesse et capital économique, culturel et symbolique pour imposer aux autres cette domination en utilisant à leur profit leur avantage pour s'enrichir toujours davantage et aggraver les inégalités qui font paraître fictive voire mystificatrice l'égalité formelle des droits admise comme fondement de l'idée démocratique de justice.
D'où un (res)sentiment en effet "justifié" d'injustice pour les victimes de cette inégalité réelle qui peut devenir dans un tel contexte formel un objet de scandale et/ou entrairer de la part de certains d'entre elles un refus de la démocratie elle-même comme d'un mensonge trompeur, voire un passage à la violence infra-politique criminelle qui ne peut que faire le jeu d'un populisme autoritaire censé rétablir la sécurité et l'égalité réelle et mettrait en cause les droits de l'homme comme fondement de la démocratie.
C'est dire que la légitimité démocratique opère et peut se perdre sur fond d'un conflit permanent entre droits-liberté formels et droits-pouvoirs réels, lequel conflit est au centre de tout débat politique en démocratie. Celle-ci ne peut alors se maintenir qu'en gérant ce conflit dans le sens de la rééquilibration et de correction des inégalités et de la restauration plus ou moins réelle et fictive, de l'égalité des chances en accordant aux victimes de ce qui est ressenti par elles comme une injustice au vue des droits formels universels qui leur sont en principe reconnus des droits sociaux particuliers qui contrebalancent les effets d'une égalité formelle en permanence contredite par les inégalités réelles.
Toute démocratie est donc condamnée à vivre sur le fil du rasoir social-démocrate, sauf à n'être plus qu'une oligarchie des riches et des possédants de plus en plus difficilement masquée par une forme démocratique derechef hypocrite.
2.La carapace de la double voire triple nationalité
Selon la Constitution de Liège qui jusqu'à preuve contraire régit la République démocratique du Congo, la nationalité congolaise est réputée « une » et « exclusive », Article 10. Juridiquement, un citoyen de la République Démocratique du Congo ne peut être à la fois Congolais et Belge, Français, Portugais, Américain, Anglais, Allemand, Néerlandais, Italien, Canadien, Lybien, Russe, Chinois, Brésilien, Tanzanien, Rwandais, Ougandais, Angolais, etc. Ce que le commun de Congolais ne comprend pas, c’est le silence de cathédrale qui entoure, depuis 2007, la motion de l’ex-député et gouverneur de province José Makila au sujet des animateurs des institutions de la République et mandataires publics coupables de détention de la double nationalité. Ce cadre du Mouvement de Libération du Congo (MLC) avait déposé, au bureau de l’Assemblée Nationale, une longue liste de gouvernants congolais à double carapace. En raison de la pertinence de la question, la plénière de l’Assemblée Nationale, dirigée alors par Vital Kamerhe, avait accordé un moratoire de 6 mois à tous les mandataires publics, hauts fonctionnaires, gouverneurs de provinces, diplomates, officiers supérieurs de l’armée et de la police pour faire un choix : opter pour la nationalité congolaise ou étrangère. Curieusement, à l’expiration du moratoire, les choses sont restées en l’état.
En conséquence le Sénat, l’Assemblée Nationalité, le gouvernement, les entreprises publiques, la diplomatie, la territoriale, les services spéciaux… hébergent d’importants contingents de Congolais détenant concurremment la nationalité congolaise et une nationalité étrangère, en pleine violation des dispositions constitutionnelles. Compte tenu du fait que de nombreux sénateurs, députés, ministres, gestionnaires d’entreprises publiques, diplomates, animateurs de la territoriale et responsables des services spéciaux refusent de renoncer à leur nationalité étrangère et partant jouissent illégalement de la nationalité congolaise, l’Assemblée Nationale devrait exhumer le moratoire et dresser la liste des non Congolais appelés à quitter les institutions et services publics de la République. Il est inconcevable que depuis 2007, la RDC continue de garder, dans ses écuries officielles. Or Evariste Boshab le président de l'Assemblée nationale est Belge! Combien de 334 Députés Joséphistes de l'AMP,Parti-Etat, ont la double voire triple nationalité. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre la double nationalité encore faudrait-il que la Loi soit applicable à tous. De quel droit doit-on imposer aux Congolais, la nationalité unique alors que ceux qui dirigent peuvent avoir deux ou trois nationalité sans gêne ?
3.Kinshasa évalue à 700 millions de dollar le coût des élections générales (200 millions de plus qu'en 2006) !
La République démocratique du Congo n'a pas encore terminé son processus électoral commencé avec les élections 2006 de Louis Michel. Nous sommes allés aux élections 2006 sans recensement de la population congolaise avec uniquement l'identification des électeurs. Nous devions après les élections présidentielles et législatives avoir droit aux élections communales, locales et provinciales. Or c'est Joseph Kabila lui même qui a nommé les bourgmestres, les chefs de districts, en violation flagrante de la Constitution de Liège, sans que cela n'offusque la conscience des Joséphistes qui crient victoire aujourd'hui.
L'argent est-il seulement un problème lorsqu'il s'agit de financer les élections ? Pourtant la République démocratique du Congo a fêté en grande pompe en présence Paul Kagamé le mentor de Joseph Kabila et potentat du Grand Congo,qui s'est autorisé de lire son journal lors du défilé pour le cinquantenaire de l'indépendance du Congo dont le budget n'a jamais été révélé aux citoyens. Après les diamants de Bokassa, la reine Paola de la Belgique a reçu une magnifique parure en diamants et pierres précieuses en guise de cadeau de Joseph Kabila. Avec un collier, des boucles d’oreille et un bracelet. Combien a-t-on évalué le collier à la reine de Belgique ?
Joseph Kabila et les joséphistes se sont enrichis de manière exponentielle. Les millionnaires du dimanche ont cassé les entreprises publiques pour en faire des entreprises commerciales: la recherche du profit et des commissions comme dans les entreprises du secteur privé, sont désormais le leitmotiv de ces nouvelles sociétés commerciales.
1. CAISSE GENERALE D'EPARGNE DU Congo " CADECO " (SPRL)
2. LA CONGOLAISE DES HYDROCARBURES " COHYDRO " (SARL)
3. ENTREPRISE MINIERE DE KISENGE MANGANESE " SCMK-Mn " (SARL)
4. HOTEL KARAVIA SARL
5. LA GENERALE DES CARRIERES ET DES MINES Société par Actions à Responsabilité Limitée en abrégé " Gécamines Sarl "
6. LIGNES AERIENNES CONGOLAISES Société par Actions à Responsabilité Limitée en abrégé " LAC " (SARL)
7. LIGNES MARITIMES CONGOLAISES " L.M.C. " (SARL)
8. REGIE DE DISTRIBUTION D'EAU DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU Congo"REGIDESO " (SARL)
9. REGIE DES VOIES AERIENNES " R.V.A. " (SARL)
10. SOCIETE DES CHEMINS DE FER UELE-FLEUVE "CFUF" (SARL)
11. SOCIETE COMMERCIALE ET INDUSTRIELLE D'EXPLOSIFS "SOCIDEX " (SARL)
12. SOCIETE COMMERCIALE DES TRANSPORTS ET DES PORTS " SCTP " (SARL)
13. SOCIETE CONGOLAISE DES POSTES ET DES TELECOMMUNICATIONS " S.C.P.T." (SARL)
14. SOCIETE CONGOLAISE DES VOIES MARITIMES (SARL)
15. LA SOCIETE DE DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL ET MINIER DU Congo "SODIMICO" (SARL)
16. SOCIETE MINIERE DE KILO-MOTO " SOKIMO " (SARL)
17. SOCIETE NATIONALE D'ASSURANCES " SONAS SARL "
18. SOCIETE NATIONALE D'ELECTRICITE " SNEL " (SARL)
19. SOCIETE NATIONALE DES CHEMINS DE FER DU Congo (SARL)
20. SOCIETE SIDERURGIQUE DE MALUKU "SOSIDER" (SARL)
Un pays a-t-il droit de se priver des entreprises de services publics ? De quel Congo bâtit Joseph Kabila et les joséphistes ? Un Congo Bling-Bling, Congo des riches sans pauvres ? N'est-ce pas à l'Etat de fournir des amortisseurs sociaux, pour que les pauvres sont moins pauvres ? Pire les Joséphistes signent des contrats qui engagent la nation congolaise, soutirent des commissions à leurs propres dépens et disent sans rire qu'il n' y a pas d'argent pour les élections,lisez:
Pétroliers italiens en embuscade
Alors qu'ENI attend son heure pour le bloc 4 proche du lac Edouard, le consul du Congo-K en Italie tente de prendre position dans le secteur des hydrocarbures.
Le ministre des hydrocarbures, Célestin Mbuyu Kabango, et le président de la société Italcon RDC, Alfredo Carmine Cestari, par ailleurs consul du Congo-K en Italie et président de la chambre de commerce ItalAfrica Centrale, ont signé début décembre un protocole d'accord pour des études concernant un réseau géant d’oléoducs au Congo-K.
Cependant, quelques jours plus tard, ordre a été expressément donné d'annuler cet accord. Raison officieuse : Italcon RDC voulait, après la réalisation des études, devenir le passage obligé de tous les investisseurs intéressés par le projet, ce qui a conduit à l'affolement en haut lieu. De plus, certaines sources doutaient de la capacité d'Italcon à mener ces études de très grande ampleur.
Italcon RDC, filiale de droit congolais du groupe de construction sicilien Gruppo Cestari, voulait en effet étudier la faisabilité d'un réseau d'oléoducs pour évacuer la production du Graben Albertine, du Graben Tanganyika, de la Cuvette Centrale, du bassin Upemba et du bassin du Moero au Katanga, ainsi que l'évacuation du gaz méthane du lac Kivu. Au total, le réseau à construire, appelé Reptilian, représenterait quelque 6 500 km dont le coût pourrait tourner autour de 13 milliards $, selon les calculs du ministère des hydrocarbures.
Italcon RDC est déjà active dans le secteur électrique où elle travaille déjà sur plusieurs dossiers, tels que l’électrification de la ville de Mbandaka, et des études, sur financement congolais, portant sur l’approvisionnement en courant des villes de Beni (Nord-Kivu), d’Inongo et Boende (Equateur). Le groupe construit également l’Edificio Italia à Kinshasa, un complexe de bureaux de onze étages, et réalise des projets d’alimentation en eau potable dans la périphérie de la capitale. La pénétration du groupe Cestari dans le pays remonte à la période de transition (2003-2006), au cours de laquelle Alfredo Cestari avait approché le vice-président en charge de la reconstruction, Abdoulaye Yerodia Ndombasi.
Les Joséphistes sont obnubilés par la tricheuse volonté de gagner l'élection présidentielle, écraseront-ils tous les Congolais pour y arriver ?


Commentaires
1. Le jeudi 13 janvier 2011 à 19:29, par Miso Nga
2. Le jeudi 13 janvier 2011 à 22:32, par Edmond Zita
3. Le vendredi 14 janvier 2011 à 14:04, par Mbeki Nda
Ajouter un commentaire