Le tripatouillage électoral est en marche au Congo-Kinshasa !
Par José Ntuba Odé Yikila, mercredi 19 janvier 2011 à 18:09 :: liens :: #1237 :: rss
Evriste Boshab (à gauche), Belge et fossoyeur de la République, il a contribué au tripatouillage de la Constitution de Liège dont il est l'un des auteurs. Un feuilleton qui dure depuis plus de dix ans !
Le grand hold-up électoral de 2012 se prépare au vu et au su de tout le monde, avec pour armes la corruption de la classe politique congolaise, la mise en scène parlementaire, et la distraction surnommée « unité de l’opposition ». Et les acteurs se mettent en scène. Les spectateurs congolais regardent, certains en ruminant leur colère, d’autres, fidèles habitués du feuilleton, applaudissent. Tout ça dure depuis plus de dix ans.
Au vu et au su de tout le monde, la « rixe du siècle » mettant en orbite des nouveaux acteurs qui, comme s’ils venaient de réaliser soudain que le rôle qui leur est attribué dans ce feuilleton ne les satisfait pas, a eu lieu au sein de ce qui est considéré comme un « parlement », là même où la grande majorité de ces acteurs, qui enfoncent et enfoncent encore le Congo dans les tréfonds de l’abîme, siègent. Et le matin suivant arriva, la rixe n’apporta rien de nouveau. Et les acteurs se retrouvèrent au même lieu et se mirent à parler entre eux. Rien de nouveau. Ils sont dans ce feuilleton au sein même du théâtre où a eu lieu cette rixe depuis 2006, ils ont l’habitude, c’est seulement le rôle actuel qui ne les a pas plu. Et les choses continuent. Le réalisateur a dit action, et les metteurs en scène, à la tête desquels trône Evariste BOSHAB, se mettent à tripatouiller.
Au vu et au su de tout le monde, participants et spectateurs de ce mauvais feuilleton macabre à plusieurs épisodes qui dure depuis plus de dix ans maintenant, assistèrent au tripatouillage de la loi fondamentale. Oui, il a eu lieu, et tout le monde sait pourquoi, tout le monde sait les effets qu’il va produire dans un avenir proche. Et le processus électoral, élément qui couvre l’essentiel de cet épisode du feuilleton, continue à intéresser acteurs et spectateurs congolais. Pour eux, la panacée c’est ces élections-là et ils y croient, dur comme fer. Et le divertissement continu.
Au vu et au su de tout le monde, les plus savants d’entre les congolais se mirent à écrire, à produire des analyses pointues, à disséquer article par article, avec une intelligence implacable, cette constitution liégeoise hier honnie mais, toujours dans la logique du déroulement de ce feuilleton macabre, prévu par le réalisateur et ses metteurs en scène, auquel nous assistons impuissants, acceptée aujourd’hui, et même utilisée comme un « élément de référence » pour critiquer et mettre en lumière les loupés et les incohérences du réalisateur, donc le tripatouillage.
Et au vu et au su de tout le monde, chemine tranquillement la réalisation du feuilleton, le réalisateur et ses metteurs en scène faisant fi des critiques amorphes lancées ci et là, jusqu’au prochain épisode, celui que tous, acteurs et spectateurs congolais, savent qu’il attribuera la « palme d’or » au réalisateur.
Pendant ce temps, au vu et au su de tout le monde, les choses se passent autrement ailleurs, notamment en Côte d’Ivoire et en Tunisie.
Il y a plus d’un mois, lorsque j’ai voulu exprimer mon inquiétude sur ce que je considère comme une « dérisoire satisfaction » [le retour triomphal d’Etienne TSHISEKEDI à Kinshasa], les plus savants d’entre nous n’hésitèrent pas à m’attaquer. Certains me traitant de tous les noms d’oiseaux, d’autres me revoyant pratiquement à la l’étude du « dossier congolais », que, selon eux, je n’ai pas approfondi, avant de dire ce que je pense. Cependant, ce que je disais reste en vigueur aujourd’hui : l’essentiel est ailleurs ! Et les faits, visibles et vérifiables me donnent raison.
A force de ne vouloir comprendre que l’essentiel c’est le peuple, et que c’est le peuple qui jouera l’acte final de ce feuilleton macabre, pas en le prolongeant, comme ils font tous, mais en y mettant un terme, les plus savants d’entre nous, donneurs des leçons, adonnés au terrorisme intellectuel, se disqualifieront encore un peu plus.
Jusqu’à combien de fois faudra-t-il sonner le tocsin pour que tout le monde comprenne enfin que dans la configuration actuelle où se trouve le Congo, jamais nous nous en sortirons par des schémas dits « classiques » ? Ces schémas, hypocrites et inadaptés, tout comme les solutions échafaudées de façon arbitraire depuis plus de dix ans, en éludant soigneusement les vrais problèmes du Congo et les vraies causes qui l’ont conduit là où il est aujourd’hui, ne sortiront pas le Congo de la tragédie cauchemardesque où il est volontairement plongé. Et les élections de 2012 qu’on commence à biaiser par le tripatouillage auquel tout le monde a assisté, font justement partie de ses solutions là. Les tout constituant un ensemble : ce gigantesque feuilleton auquel chacun de nos savants candidats joue exactement le rôle que le réalisateur et ses metteurs en scène voudraient qu’il joue. Ne participent-ils pas au succès du feuilleton ?
Certes, les élections sont l’un des piliers de la démocratie. A ce titre, personne de censé ne peut être fondamentalement contre les élections faites dans la transparence, librement et de façon démocratique.
Mais en même temps, on ne devrait pas perdre de vue que les élections n’ont jamais été une fin en soi, elles peuvent même constituer un piège, surtout dans les conditions où elles sont organisées au Congo. Celles de 2006 l’ont été pour légitimer l’occupation et l’homme sur qui les forces du mal avaient jeté leur dévolu. Et le piège s’est refermé sur nous. Comment ne pas voir, alors que c’est visible, que ceux qui se bousculent pour financer ces élections au Congo à coup des millions de dollars, comme ils l’ont fait en 2006, n’acceptent les résultats que quand ils vont dans le sens voulu par eux ? Comment ne pas voir, alors que les éléments qui permettent de le voir sont là, devant les yeux de tout le monde, que quand le peuple vote autrement et porte au pouvoir quelqu’un qui n’est pas celui que les financiers véreux souhaitent voir arriver au pouvoir, soit il lui font revoter, soit ils mettent du feu et s’érigent en pompiers pour venir éteindre, à leur manière, l’incendie qu’ils auraient provoqué ?
Au vu et au su de tout le monde, se dessinent les actes qui constitueront le prochain épisode du feuilleton macabre auquel nous assistons impuissants depuis plus de dix ans. Cet épisode, qui ne surprendra personne, ne sera pas différent des épisodes précédents. Les éléments sont là, je me prononce sans la moindre crainte d’être contredit par les événements dans quelques mois.
Et pourtant, les plus légalistes d’entre-nous, de TSHISEKEDI à Vital KAMHERE, en passant par tous les autres, tous ne jurent que par les élections, alors même que ces élections pour lesquelles ils se mettent en ordre de bataille, se tripatouillent, dès à présent, au vu et au su de tout le monde.
De qui se moque-t-on ?
Tout comme en Côte d’Ivoire ou en Tunisie, le Congo ne se retrouvera pas sans que le peuple soit associé au processus qui mettra un terme à ce feuilleton macabre. Si les plus savants d’entre nous croient que le processus qui balayera le Congo de ses brebis galeuses et du pouvoir corrompu qui travaille chaque jour pour sa balkanisation totale sera électoral, je n’hésite pas à le dire, ils se trompent lourdement. C’est une révolution de type tunisienne qui mettra un terme à ce feuilleton qui perpétue l’humiliation du peuple congolais, son asservissement, sa paupérisation, bref, son mal être.
Le peuple doit être mis au centre du processus. Pas pour les amener aux élections dont tout le monde sait qu’ils sont bidons et falsifiées d’avance par des manœuvres sordides que nous observons –pas besoin de prendre des loupes pour le voir-, mais en créant les conditions qui lui permettent de dire tout simplement NON ! Les Tunisiens ont travaillé là-dessus depuis un certain nombre d’années.
Et oui, en Tunisie, Journalistes, Avocats, Opposants politiques, Membres de la société civile, ont eu l’intelligence de former le peuple, de lui dire, simplement, ce qui convenait d’être fait. C’est arrivé ! C’est dans la rue que ça s’est passé, alors que personne ne l’attendait vraiment, et ce pendant que les bonnes consciences de ce monde préconisaient un renforcement du pouvoir en place aux fins de l’aider à « rétablir l’ordre » disaient certaines.
Tous les calculs savants ont été démentis. Par la rue, à mains nues !
Les plus savants d’entre-nous, qui se mettent en ordre de bataille, n’ont pas eu cette intelligence. Ils doivent, dès à présent, dire la vérité au peuple. Les congolais vivent dans un vaste océan des mensonges où ils se noient. C’est ces mensonges là qu’il faut dévoiler. Tous, du début à nos jours, sans en cacher un. Ceci est vital pour la patrie et ne doit obéir à aucun protocole. Encore une fois, les Tunisiens l’ont compris.
Vital KAMHERE peut faire semblant d’oublier tout le travail qu’il a abattu, parfois même en se rendant ridicule, comme ce fut le cas à la FIKIN en 2006 [To ko sanola bango disait-il, sans vergogne] pour porter au pouvoir l’imposteur qui dirige le Congo aujourd’hui. Il peut sillonner le monde comme il veut pour débiter ses diatribes à qui veut l’entendre. Il peut cacher son jeu, mais il ne trompera pas tout le monde.
Il y aura toujours une poignée de patriotes vigilants qui surveilleront son entreprise aveuglante et dangereuse pour le Congo. C’est tout de même sidérant que nos savants candidats ne soient pas capables de voir les petites choses. Peut-être justement qu’ils sont trop savants qu’il leur est difficile d’écouter les simples citoyens que nous sommes, ou tout simplement comprendre les petites manœuvres. Depuis plus de dix ans, tout congolais qui ose dire son désaccord ou sa désapprobation.
Tout ça se passe au vu et au su de tout le monde.
Que l’UDPS s’allie avec Vital KAMHERE, alliance qui, comme par enchantement, est suivie de l’alliance AMP-CNDP, nous disons tout simplement que c’est une erreur monumentale. Au lendemain du premier tour, puisque c’est ainsi que le tripatouillage constitutionnel l’a consacré, au vu et au su de tout le monde, aucun discours, aucune analyse, ne pourra calmer la colère prévisible du peuple congolais, ce peuple à qui on refuse de dire la vérité.
Ce n’est pas des rixes au palais du peuple que les congolais ont besoin, c’est d’abord la vérité. Messieurs, dites la vérité aux congolais, les congolais ne seront pas moins courageux que les Tunisiens.
C’est une révolution qui redonnera au Congo et aux congolais leur liberté. C’est alors que ce grand et beau pays, aujourd’hui humilié, martyrisé, souillé, brisé, se remettra en marche et jouera son rôle dans le concert des nations libres, démocratiques et indépendantes.
La tragédie que vit le Congo n’est pas une fatalité, les choses peuvent bouger, par le peuple et pour le peuple.
On peut dire ce que l’on veut, on peut distraire les congolais par des rixes sans conséquences réelles, des processus sclérosés et suicidaires pour la patrie, des déclarations flatteuses, des discours fantaisistes, des analyses erronées, mais un jour, puisque, ça se passe au vu et au su de tout le monde, il va falloir que chacun réponde de ses actes.
Au Congo, tout se passe au vu et au su de tout le monde, acteurs et spectateurs impuissants.
Qu’on soit ministre, député, sénateur, bourgmestre, gouverneur de province, tout se passe au vu et au su de tout le monde.
Par la révolution, le peuple sortira tout le monde de la léthargie et instaurera un ordre nouveau, une société nouvelle, démocratique, où la démocratie, respectueuse du bien être social du peuple et de ses libertés fondamentales, s’installera durablement et pour toujours.
Tout comme en Tunisie, personne ne s’appropriera le mérite de ce changement. Pas un seul savant de la république, cette république mis entre-parathèses aujourd’hui.
Vive le Congo,
Vive le peuple congolais, le jour de gloire arrivera !
José NTUBA ODE YIKILA
Vice-président du Mouvement de Résistance de la Diaspora Congolaise de France.
Paris, le 18 janvier 2011


Commentaires
1. Le mercredi 19 janvier 2011 à 20:45, par Lacoste
2. Le jeudi 20 janvier 2011 à 12:45, par Edmond Zita
3. Le jeudi 20 janvier 2011 à 17:45, par Bangula Bikielo
4. Le jeudi 20 janvier 2011 à 17:46, par Bangula Bikielo
5. Le vendredi 21 janvier 2011 à 00:41, par kimbangu
6. Le samedi 22 janvier 2011 à 19:12, par Alungi Nestor
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