Dotée d’immenses ressources naturelles variées, la République Démocratique du Congo figure parmi les trois derniers pays du classement mondial sur la base du PIB par tête d’habitant. Cette situation est le fruit de la mauvaise gouvernance : le pays est saigné à blanc à tous les niveaux.

Pour la réélection déjà programmée de Joseph Kabila à la tête du pays, les Joséphistes ne vont pas lésiner sur les moyens, on va corrompre à tours de bras pour s'acheter la légitimité.

Il existe un consensus universel autour de la définition de la notion de corruption.

Généralement, il existe un accord au niveau des Etats, des universitaires, de la société civile et des milieux d’affaires pour définir la corruption comme : « l’instrumentalisation des prérogatives et/ou positions publiques à des fins privées et personnelles. » Elle se réalise par un versement d’argent ou l’octroi d’avantages matériels à un agent public par un agent privé pour se faire accorder une faveur indue en contournant ou violant les règles de fonctionnement.

Ainsi, elle peut prendre deux formes :

• Une forme active qui concerne les corrupteurs ou agents privés (en général des pays exportateurs) qui versent des pots-de-vin ou offrent des avantages matériels à des agents publics pour accéder à des faveurs ou gagner des marchés.

Cette dimension de la corruption était connue par la plupart des Autorités des pays exportateurs jusqu’à l’adoption de la convention de l’OCDE, parce que faisant l’objet de déclaration d’impôts. Pire, les sommes remises dans le cadre de transactions commerciales internationales étaient identifiées sous l’appellation pudique de commissions versées à l’étranger et étaient déductibles des impôts des entreprises concernées

• et une forme passive et cachée qui se manifeste par le versement de pots-de-vin à des fonctionnaires ou membres de la classe politique qui sont considérés comme les corrompus. Par son ampleur et sa nature, la corruption se décline en deux catégories : une dite grande et une autre appelée petite corruption.

La grande corruption fait intervenir des positions au sommet de l’Etat et concerne les stratégies de développement des projets ou dossiers de grande envergure économique et financière. Elle peut détruire l’économie d’un pays.

La petite corruption porte sur des montants relativement peu élevés. Mais pratiquée de manière massive, elle peut être préjudiciable à une économie. Elle est utilisée pour contourner les formalités administratives et les règles de gestion publique. Elle sévit dans les services de la Douane, des Impôts, de la Police, de la Justice, etc.

La corruption qu’elle soit grande ou petite se présente sous la forme d’une réalité complexe, souvent invisible, avec des facettes multiples mettant en interrelation des acteurs privés avec des agents publics, avec un impact totalement négatif sur l’économie et la société.

Face à la privatisation et à la criminalisation de l’Etat, à l’instauration de la « kleptocratie » et à la généralisation de la corruption, les Eglises au Congo doivent jouer leur rôle prophétique, à la fois dépendante et indépendante de l'Etat, la société civile demeure tantôt partenaire du pouvoir politique tantôt source de contre pouvoir en matière de démocratie. Elle se doit de participer pleinement à la promotion d'une citoyenneté active au Congo, exigeante et réceptive aux exigences de la modernité politique et ouverte aux conditions de son adoption par des sociétés qui aspirent à y accéder. Elle doit à cet effet, entreprendre des actions résolues de sensibilisation et d'éducation civique favorisant une meilleure gestion du projet démocratique encore captif de la boulimie des politiques, les artistes, les journalistes, les mamans vendeurs au marché, les pousse-pousseurs, les quados... tous les Congolais doivent comprendre que le Congo est en danger, il faut le sauver.