Myriam Makeba, une voix légendaire !
Par Freddy Mulongo, mercredi 26 janvier 2011 à 15:56 :: radio :: #1243 :: rss

Myriam Makeba était la "Mama Africa"
Miriam Makeba s’en était allée à 76 ans, victime d’une crise cardiaque au sortir d’un tour de chant de trente minutes lors d’un concert napolitain à Castel Volturno, près de Naples, organisé en soutien à l’auteur de Gomorra, Roberto Saviano, menacé de mort par la mafia. Miriam Makeba a été prise d'un malaise juste après un concert d'une demi-heure donné dimanche soir à Castel Volturno, près de Naples. C'était la nuit du dimanche 9 au lundi 10 novembre 2008.
Déchue de ses droits sur sa terre natale, l’Afrique du Sud, et interdite de passeport pendant plus de 31 ans à la suite de sa contribution au film Come back to Africa réalisé clandestinement dans ce même pays en 1959 et militant contre la ségrégation raciale dont étaient victime les Noirs, Myriam Makeba fut l’une des premières figures de la lutte anti-apartheid et ce bien avant celle de Nelson Mandela. En 1992, deux ans après la libération de Nelson Mandela, elle répondit à nouveau présent à la distribution du film Sarafina ! aux côtés de Whoopi Goldberg qui dépeignait les émeutes dans le township de Soweto en 1976 et la libération de Nelson Mandela.
Emblème de résistance que celui de celle surnommée Mama Africa, mère de l’Afrique… et du monde entier tant sa persévérance et sa foi ont contribué à faire changer les choses. Un espoir communiqué avec ferveur lors du concert de Paul Simon à Pretoria en 1987 où elle se disait « fière de bientôt vous inviter dans une Afrique du sud libre ».
Symbole aussi de l’incitation à la mémoire dans le pardon au mépris de la haine.« Les Noirs et les Blancs doivent apprendre à se connaître, à vivre ensemble », disait-elle. La défense de l’unité culturelle, portée par sa voix, était devenue son fer de lance dès la victoire électorale des Afrikaners nationalistes aux élections de 1948.
Mais bien que radicalement hostile au régime dictatorial de l’apartheid immédiatement mis en place par le nouveau Premier ministre, Daniel François Malan, Myriam Makeba avait su demeurer chanteuse engagée, Artiste et non politique. C’est peut-être ainsi qu’il faut se souvenir de cette femme, « apatride forcée », dont la voix d’or n’était que l’écho d’une conscience si éclairée que l’état sud africain interdit longtemps la diffusion de ses disques sur les ondes. Sa voix cristallisait l’espérance de ceux auxquels elle redonnait parole : les minorités trop longtemps assujetties au silence, les victimes du racisme. Contrainte à l’exil, elle se présentait sous une version plus positive, celle de « citoyenne du monde ».
Interview Miriam Makeba
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MMakeba a dénoncé sa vie durant son combat contre la faim, la violence et la pauvreté) Un exil vers les Etats-unis où des nécessités de carrière l’avaient d’abord mené, scella un mariage (1969-1973) controversé dans l’Amérique de Nixon avec Stokely Carmichael (plus connu sous le nom de Kwame Ture), leader du mouvement révolutionnaire afro américain des Black Panthers.
L’impopularité de ce mariage Outre-Atlantique avec l’une des figures de proue d’un mouvement qui menaçait la sécurité intérieure des Etats-Unis, encourageant le self défense des populations afro américaines en réponse aux abus policiers, l’obligea à nouveau à déserter ce pays pour la Guinée puis pour l’Europe dès 1985, année noire marquée par le décès de sa fille unique Bongui. Elle avait connu un passage à vide lorsque sa fille, Bongi, mourut à l'age de 36 ans et Myriam Makeba, qui n'avait pas d'argent pour payer son enterremment, l'enterra toute seule empêchant les journalistes de couvrir l'événement.
C’est cette même année que la France lui décerna alors le titre honorifique de chevalier des Arts et des Lettres. En 1990, alors qu’elle venait d’obtenir la nationalité française, Nelson Mandela la persuada de revenir en Afrique du sud. Elle s’installa près de Pretoria, un retour aux sources dont elle chanta l’immense joie éprouvée sur son dernier album Homeland sorti en 2000.
De l’anti-apartheid à ce dernier concert anti-mafia, Myriam Makeba a chanté sa résistance jusqu’au bout. Le temps d’assister à la victoire de Barack Obama lui avait été donné comme une étape majeure vers la concrétisation de l’unité culturelle pour laquelle elle avait oeuvré avant de nous quitter…sur scène… à peine le rideau baissé, en artiste qu’elle avait toujours été et qu’elle demeurera.
Myriam Makeba au Fespam
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Miriam était un prénom de scène attribué par les Manhattan Brothers avec lesquels elle débuta ses tours de chants 1952. Son vrai nom Zensi signifiait : « tu ne dois t’en prendre qu’à toi même ».
Née le 4 mars 1932 à Johannesburg (Afrique du sud) - Décédée le 9 novembre 2008 à Caserte (Italie)
1952 : choriste au sein des Cuban Brothers puis des Manhattan Brothers
1956 : succès international de Pata Pata
1959 : contrainte à un exil qui durera 31 ans
1965: première femme noire de l’histoire à obtenir un Grammy Award partagé avec Harry Belafonte pour l’album An evening with Harry Belafonte and Miriam Mabeka
1969-1973 : Mariage avec Stokely Carmichael
1985 : Commandeur des Arts et des Lettres
1987 : nouveau succès mondial lors de sa participation à l’album Graceland de Paul Simon
1990 : Retour en Afrique du Sud
Discographie – albums-
2000 Homeland
1994 Sing me a song
1991 Eyes on tomorrow
1989 Welela
1988 Sangoma
1979 Sabelani
1977 Makeba
1975 A promise
1972 Miriam Makea and Harry Belafonte
1968 the world of Miriam Makeba
1967 All about Miriam
1966 The magnificient Miriam Makeba
1964 The voice of Africa


Commentaires
1. Le jeudi 27 janvier 2011 à 01:16, par Armand Mavinga Tsafunenga
2. Le jeudi 27 janvier 2011 à 20:49, par Rajoul Algemaa
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