7. Réveil-FM: Qui a intérêt de la résurrection du FLNC de Mbumba Nathanaël ? Les tigres existent-ils encore ?

M'zée Djamaba Yohé: Personne n'a intérêt de ressusciter le FNLC, Mbumba Nathanaël n'était pas sécessionniste, car son attaque contre l'armée de Mobutu en 1977 n'était pas faite avec le nom Katanga, le FNLC veut dire "Front de Libération National du Congo". Par ailleurs, l'homme mis en affiche pour ce combat passé à l'histoire avec le nom de la première guerre du Shaba n'était pas Moïse Kapenda Tschombé, mais Patrice Emery Lumumba.

Il est faux de chercher à éveiller une crainte de cet ordre quand Mbumba Nathanaël ne s'était pas revendiqué Katangais, mais Congolais. Dans les archives de la RTBF, de 1992, il y a beaucoup d'émissions faites sur cette tentative de chasser Mobutu par les Katangais.

J'ai oublié le mois de la diffusion de ces émissions, toutefois on voit que les Katangais armés contre le Zaïre et qui vivaient en Angola à cette époque-là se réclament du Congo. Dans leur tente, il y avait côte à côte deux photos portraits explicites, c'était d'un côté Patrice Emery Lumumba et de l'autre Moïse Kapenda Tschombe.

Le journaliste belge qui procédait à l'interview surpris leur posa la question suivante : "Pourquoi vous qui aviez combattu Lumumba vous avez sa photo dans votre tente ?" La réponse là-dessus fut cinglante, le chef de cette troupe de maquisards rétorqua que les Belges les avaient mentis, ils ont embrouillé deux frères et qu'il importe pour eux de les réconcilier symboliquement, même morts par la lutte dont ils font preuve, celle de la libération du Congo.

Cette émission existe, je l'ai suivie en 1992, à Bruxelles avec un Congolais très connu et hautement respecté en Belgique, Monsieur Kiboko Albert de Vilvoorde.

Dans le cas d'une recherche de vérité encore plus éloquente, on peut se rendre jusqu'à la médiathèque de la RTBF pour s'enquérir de l'authenticité de mon propos.

À la question de savoir si les "Tigres" existent encore? Je vous dirai en toute vérité que ceux-ci n'existent plus.

Pourquoi l'Angola les garderait quand on sait que ce pays n'est plus dans une situation de guerre civile et qu'il ne redoute pas les infiltrations de l'UNITA dans ses bases militaires par les soldats de Jonas Savimbi ? Plus que cela, à quoi serviront les "Tigres" dans un contexte de mondialisation qui n'a plus des intérêts stratégiques liés à la guerre froide dans la région ?

Mais la campagne de peur, on peut la faire pour arriver à ses fins. Pourtant, un homme mal intentionné ou un mercenaire payé pour cette fin peut toujours surgir et se revendiquer de cette faction, mais là, c'est une autre histoire. Plusieurs Katangais souffrent à fleur de peau quand on les accuse indistinctement de velléité de sécession, la crainte que l'on peut susciter dans le bras de fer Kabila-Katumbi pourrait emprunter cette piste exploitant les intentionnalités de séparatisme.

Cela dit, je reviens à l'interrogation seconde cette question, les "Tigres" n'existent plus, et s'ils reviennent vont-il brandir quelle idée-force ?

Nathanaël Mbumba est déjà très vieux aujourd'hui, il n'a plus l'agilité d'une gazelle pour faire peur aux autorités de Kinshasa. Mais, le dicton qui dit que lorsqu'on accuse son chien de rage, l'idée de cette plainte n'est pas mise pour dire la vérité, ce qui compte, c'est le désir de le noyer.

Si Joseph Kabila accuse Moïse Katumbi de fomenter une sécession, c'est pour le disqualifier à tout jamais de la scène politique, c'est tout. C'est cela qu'il faut comprendre.

8. Réveil-FM: Croyez-vous qu'il y aura des élections en novembre 2011 ? Sans recensement de la population? Sans carte d'identité ?

M'zée Djamba Yohé: Je ne crois pas qu'il y aura des élections en novembre prochain, Joseph Kabila et sa clique n'en veulent pas. Car, si ce gouvernement que dirige cette engeance avait besoin de les organiser, elle l'aurait préparé cinq années plus tôt, mais c'est en dernières minutes et trop tard que le souci de mettre sur pied un bureau électoral prend court. Pour organiser les élections, il faut une Administration qui fonctionne sans intermittence. En Amérique du Nord, le Département des élections existe avec un Président mandaté avec une mission précise, celui-ci étudie également le découpage des zones de délimitation de districts électoraux quand la population augmente ou diminue.

À quoi cela rime-t-il ? À votre question seconde dans la question principale, c'est-à-dire le recensement.

"Sur ce point, le recensement hypotétique est déjà fait, la Commission Électorale, dite indépendante, procède frauduleusement à la distribution des cartes d'électeurs dans le Nord-Kivu qui est très défavorable à Joseph Kabila. Ce même jeu est en train d'être appliqué dans la ville de Kinshasa, au sein de laquelle le pouvoir exécutif actuel distribue des cartes à coup de dollars de rétrébution pour se garatir une bonne tranche d'électeurs N'Djili, à Masina, à Matadi-Mayo et à Kimbamseke.

Les plus grands agents de cette opération de distribution clandestine des cartes se recrutent dans le chef de plusieurs petits pasteurs des églises de réveil. Il est important que cela soit su avant pour que les Kinois et les Congolais des autres provinces se tiennent vigilants face à ce phénomène qui va les surprendre tous à la fin des élections de 2011, si elles ont lieu.

Pour contrôler cela, c'est maintenant qu'il faut surveiller de très près les responsables commis au Bureau de la CEI. Ce faisant, il est important pour l'intérêt de tous que l'on disqualifie à l'avance l'expertise de l'Abbé Apollinaire Malu Malu."

En clair, sans le récensement, il est inutile d'aller en élection et ce processus comptable des électeurs ne se fait pas à quelques mois de la convocation des votes.

La population de la RDC n'est pas clairement connue, les villes et les villages qui se vident à cause des guerres, des famines et des besoins de première urgence sont aussi une inconnue que devait posséder le bureau du recenseur des populations en âge de votation.

Au Congo, le gouvernement qui va au bout de sa mandature n'a rien fait pendant les cinq dernières années. Plus compliqué encore, c'est la zone contrôlée par le CNDP que le gouvernement de Kinshasa ne contrôle pas qui s'emplit davantage d'une immigration clandestine au vue et au su du HCR qui en rajoute quand il se pose des questions d'implanter des groupes en quête de territoire. Est-il possible dans ces conditions de tenir des élections quand les régions entières de non-droit peuvent faire usage de la fraude massive à leur guise, car n'étant soumis à aucune contrainte ?

Eh bien, avec cette exclamation nous voici transmutés dans la question de carte d'identité.

Freddy Mulongo, je voudrais vous poser une question avant de répondre à mon tour à la votre. Si vous rencontrez Laurent Nkundabatuare sur ta route, il se fait qu'en ce moment-là vous soyez ce policier qui a reçu l'ordre de contrôler les identités des personnes qui passent. Quelle carte penses-tu que Laurent Nkundabatuare va t'exhiber à ta demande ? Rwandaise ou Congolaise ?

Or, je sais qu'en RDC, pays dans lequel Nkudabatuare se réclame de souche la carte d'identité n'existe pas, mais il a revendiqué être Rwandais en refusant tout processus devant mener l'instruction de son dossier à une extradition ?

D'après moi, dans ces conditions-là, Laurent Nkundabatuare t'exhibera la carte de la RDC, même fausse, parce qu'il a les intérêts au Congo qui lui font des revenus.

Mais, si ce n'est pas cette nécessité, il va te montrer la carte d'identité rwandaise comme il a clamé son innocence à son retour dans son pays natal.

D'une manière pratique et certaine, ce Monsieur lorsqu'il entendra parler d'élection, il viendra se faire élire au Congo, mais quand il perdra à ces confrontations de plébiscite, il retournera purement et simplement au Rwanda parce qu'il n'aura rien à gagner en RDC.

Cette logique de réponse je ne l'ai pas inventée, Laurent Nkundabatuare s'est revendiqué rwandais contre toute procédure judiciaire et la loi de ce pays dit que la rwandité ne se perd pas.

Avec cette évidence de la non-existence de la carte d'identité et qui corrobore en même temps le non-recensement, il y a lieu de se figurer que les élections de novembre 2011 n'auront pas lieu comme on veut qu'elles soient, sinon ce sera là la légalisation de la fraude et la complaisance du pourvoir qui se jouent de la faiblesse des masses populaires quant à ce qui concerne la façon de protéger leurs droits fondamentaux et leurs libertés publiques.

Avec une absence criante d'un fichier électoral, on ne peut pas convoquer la Nation à aller voter ses élus. C'est pourquoi, il est important que les Congolais s'objectent contre la promesse des États-Unis et de l'Union Européenne de fournir de l'argent au régime de Kinshasa pour financer les élections de novembre prochain.

Washington doit s'expliquer pourquoi il tient à ce que les élections soient parrainées par ses fonds quand les questions principales de la tenue des élections n'ont pas encore des réponses claires.

De même, il faut contraindre l'Union Européenne à financer Kinshasa dans cette anarchie de non-droit dans l'applicabilité des principes directeurs de la Direction politique de la RDC selon les prescriptions de sa Constitution.

Là-dessus comme argument à ce refus, nous pouvons rappeler aux États-Unis qu'en 1960, l'Ambassade américaine avait payé les militaires congolais au mépris de toutes nos lois, il faut que la Maison Blanche se souviennent que la démocratie qu'elle prône doit aussi respecter la souveraineté des peuples.

Dès que l'Amérique avait payé nos militaires en dehors de toutes règles de convenance classique de la coopération inter-États, le Premier Ministre congolais, Patrice Lumumba fut lâché par l'Armée Nationale Congolaise et cela l'a conduit à la mort. À l'Union Européenne, nous devons exiger d'observer la même retenue demandée aux États-Unis en lui rappelant à son tour que c'est la Belgique qui a volé les avoirs de la Bourse de Léopoldville.