Me Brice Nzamba est hospitalisé dans un établissement tenu secret. Les conditions de sa disparition, le 16 février 2011, demeurent inconnues.
Par Freddy Mulongo, lundi 21 février 2011 à 22:10 :: radio :: #1302 :: rss

Brice Nzamba, disparu depuis cinq jours, avocat au barreau de Paris et opposant au régime congolais.
Les faits se sont déroulés le mercredi 16 février. Ce jour-là, Brice Nzamba quitte son bureau sur les coups de 15h. Il appelle la mère de son enfant, Marie-Anne, vers 20h: il semble "désorienté" et a l'intime conviction que "quelqu'un le suit". Sa compagne le somme de rentrer à la maison, ce qu'il promet de faire. Mais Me Nzamba, père d'un petit garçon de 11 mois, n'est jamais réapparu. Jusqu'à ce lundi. L'opposant congolais disparu à Paris est en vie
Depuis quand est-il hospitalisé? Pour quelles raisons? Les conditions dans lesquelles l'homme s'est retrouvé hospitalisé n'ont pas encore été rendues public. Un communiqué devrait être prochainement publié par l'association de soutien à l'avocat.
Le conseil serait "faiblard", d'après une proche de sa compagne, Marie-Anne, qui "a eu très peur". Elle est désormais "soulagée" et "aux anges", ajoute son amie. "C'est la seule, pour le moment, à pouvoir le voir."
D'après les amis et la famille de Brice Nzamba, cette disparition pourrait "avoir un lien avec ses activités politiques", rapporte 20 minutes. L'avocat est coordinateur du Cercle La Rupture, organe d'opposition au régime de Sassou Nguesso, actuellement au pouvoir au Congo. Son adjoint, Jean-Claude Beri, le décrit sur le site Internet du Cercle comme un "éloquent militant de la démocratie et des droits humains, imbu jusqu'à la lie d'un profond amour pour son pays et son continent".
Brice Nzamba est également à l'origine d'une plainte déposée contre la BNP-Parisbas, l'accusant d'avoir blanchi une somme d'argent provenant du fils et du neveu du chef de l'Etat congolais.

Depuis le 16 février 2011, on est sans nouvelle de Me Brice Nzamba du Congo-Brazzaville.Une disparition qui «pourrait avoir un lien avec les activités politiques» de Me Brice Nzamba, d'après ses proches. Mercredi 16 février, cet avocat au barreau de Paris quitte son cabinet vers 15 heures. Il n'a pas été revu depuis.
«Il a dit à sa compagne qu'il rentrait chez eux, à Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, détaille Sarah Morris, membre du comité de soutien à Me Nzamba. Puis il a appelé une amie en milieu d'après-midi, et sa femme vers 20 heures, lui expliquant qu'il avait très peur, qu'il se sentait menacé. Ensuite, c'est le black-out.» Il aurait cependant été aperçu le lendemain matin au cabinet d'un confrère, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).
Activités gênantes
Mais les proches de Brice Nzamba, Congolais de 32 ans installé en France depuis quelques années, ont le plus grand mal à reconstituer les faits avec précision. «Ses amis congolais ne veulent pas nous donner d'informations, ils ont la trouille», confie Sarah Morris. Une chose est sûre: l'avocat avait déjà prévenu son entourage que son engagement politique pourrait devenir dangereux.
Car Brice Nzamba est coordinateur du cercle politique La Rupture, organe d'opposition au régime en place en République du Congo. Il est par ailleurs à l'origine d'une plainte déposée fin 2010 contre la banque BNP-Paribas, qu'il accuse d'avoir blanchi de l'argent provenant du fils et du neveu du chef d'Etat congolais.
D'après le comité de soutien à l'avocat, ce cercle «commence à faire le buzz au Congo. Brice pensait que les soulèvements en Afrique du Nord étaient une opportunité à saisir, il avait lancé un appel à manifester devant l'ambassade de France à Brazzaville et à marcher sur la résidence présidentielle. Il devenait de plus en plus embarrassant.» La compagne de Brice Nzamba a déposé plainte au commissariat de Saint-Germain-en-Laye, qui a ouvert une enquête. Elle devait aujourd'hui solliciter le procureur de la République ainsi que le bâtonnier du barreau de Paris, afin que l'enquête avance au plus vite.
Biens mal acquis
Les «biens mal acquis» des dirigeants, financiers ou immobiliers, résultent de détournements de fonds publics. En mars 2007, trois associations ont porté plainte contre cinq chefs d'Etats africains en fonction, dont Denis Sassou Nguesso. L'instruction est toujours en cours.


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