L’armée belge reprend la formation des soldats congolais !
Par Pierre Yambuya Lotika Kibesi, vendredi 25 février 2011 à 14:11 :: liens :: #1310 :: rss

Le Premier-ministre Patrice Lumumba et le Général Emile Jenssens Commandant en Chef de la Force Publique coloniale en plein entretien fraternel le 29 juin 1960 à la veille de la proclamation de l'indépendance le 30 juin 1960. Photo Réveil-FM, archives.
Vingt-deux officiers belges encadrent actuellement le 321ème bataillon commando des forces armées de la RDC à Kindu chef lieu de la province de Maniema, une unité qui a été formée par des instructeurs belges en 2008 et 2009 à Kisangani dans la province orientale.
Faut-il se réjouir de cette coopération militaire au Congo ou la considérer comme une injure de plus au peuple Congolais depuis le 30 juin 1960 par tous les pouvoirs qui se succèdent en Belgique jusqu’à ce jour ?
Le financement de cette formation et encadrement provient des ministères belges des Affaires étrangères et de la Coopération au développement, alors que c’est la politique des pouvoirs de ce pays qui contribue depuis le 30 juin 1960 aux désordres qui détruisent toutes les bonnes œuvres que leur colonisation avait réalisés au Congo et aussi à aider la ruine mentale des Congolais dans la gestion du Congo à travers Joseph-Désiré Mobutu d’abord, ensuite par ce soutien à Joseph Kabila pour bien développer les enseignements du mobutisme avec les mêmes hommes qui ont géré le Congo depuis l’implantation du néocolonialisme le 5 septembre 1960.
3 gendarmes congolais de la Force
Publique coloniale. Photos Réveil-FM, archives
Les Belges et les Congolais qui veulent vraiment réaliser une coexistence pacifique entre nos deux peuples pour un développement commun à travers l’histoire qui nous lie de l’association internationale du bassin du Congo et depuis 1885, car les Belges savent très bien que jusqu’au 30 juin 1960, ils étaient parmi les plus grands de ce monde grâce aux richesses du Congo.
Et les Congolais savent très bien qu’ils se sont retrouvés dans un pays moderne jusqu’au 30 juin 1960 grâce à l’intelligence de la Belgique, malgré quelques erreurs humaines qui allaient être réparées dignement au lendemain de l’indépendance du Congo, dont le discours de Patrice Lumumba, qui, en réalité, n’avait aucune raison de conduire les pouvoirs Belges et Américains aux morts d’hommes comme nous l’avons vécus.
Nous sommes satisfaits de la récente déclaration de Jacques Brassinne à la TV belge (La Une) dans le reportage du 50ème anniversaire d’assassinat de Patrice Lumumba. Il a dit : tout le monde avait peur de Lumumba bien qu’il partageait les mêmes idées avec les Belges pour un Congo unitaire.
Par contre Kasa-vubu, Kalonji et Tshombe réclamaient les indépendances séparées des Etats pour un Congo fédéral.
Cette peur était finie le 17 janvier 1961 avec l’assassinat de Lumumba. Jacques Brassinne fut conseiller diplomatique belge de Moïse Tshombe dans la sécession katangaise après avoir été secrétaire du Vice-premier ministre belge et Président de la Table Ronde de Bruxelles, Mr Albert Lilar.
Belges et Congolais soucieux d’un avenir commun plus juste, disons NON à la coopération militaire entre nos deux pays, car nous savons que c’est l’armée belge qui a soutenu des sécessions meurtrières de Tshombe et Kalonji au Congo le 10 juillet et le 8 août 1960 contre Lumumba.
En outre l’intervention militaire belge et tous ses mercenaires avec le soutien d’aviation militaire américaine en faveur des néocolonialistes contre les lumumbistes en 1964, était un grand bain sanglant pour le peuple congolais qui voulait rétablir une véritable unité nationale sans exploitation injuste.
De même cette coopération militaire belge de 1961 à 1997 a formé dans des grandes écoles militaires belges de nombreux officiers congolais, qui, d’autres étaient chassés de l’armée de Mobutu en 1978 sans explication, et pourtant ces formations étaient avec d’énormes dépenses du trésor public congolais, pour ne pas servir la nation congolaise.
Il n’y a que des regards négatifs dans cette coopération depuis Joseph Mobutu, c’est d’ailleurs les raisons pour lesquelles on trouve en Belgique beaucoup d’officiers congolais formés dans ce pays et qui vieillissent réfugiés sans retour au Congo. Quel gâchis involontaire.
Aujourd’hui ce gâchis hérité par Joseph Kabila volontairement dans la vie sociale des militaires, qui n’ont pas droit à un salaire qui leur permet de vivre dignement comme les militaires belges qui les forment, c’est la même coopération qu’avait bénéficié Mobutu pour le même objectif pendant 37 ans.
Continuer de former et d’encadrer les soldats de l’armée congolaise par l’armée belge, c’est entretenir en permanence contre le peuple congolais une armée tortionnaire, répressive et violeuse des femmes que le monde entier dénonce.
Voilà la vérité, car ce n’est pas une armée républicaine pour défendre l’intégrité territoriale du Congo, mais pour garantir les intimidations contre la population congolaise en complicité publique avec certaines armées étrangères en faveur des pillages des richesses du Congo.
Il y a en Belgique et au Congo des hommes (Belges et Congolais) épris de justice et de véritable paix entre les êtres humains sans distinction raciale, car il y a dans ces deux pays historiquement liés depuis l’association internationale du bassin du Congo et après l’indépendance du Congo le 30 juin 1960, deux camps politiques suivant : le camp des mensonges pour les pillages des richesses du Congo au détriment du peuple congolais et le camp de la vérité pour que les richesses du Congo bénéficient équitablement à tout le monde sans distinction raciale.
Pour que le camp de la vérité, qui est le plus grand facteur de l’honnêteté humaine dans le monde, triomphe sur le camp des mensonges, qui est le plus grand facteur de la malhonnêteté humaine dans le monde, la coopération entre la Belgique et le Congo doit s’orienter principalement sur quatre axes :
1. éducation convenable pour rétablir une bonne mentalité publique au Congo ;
2. agriculture pour réadapter les Congolais à la production alimentaire locale de l’autre fois, très importante à l’autosuffisance car le sol congolais est fertile en produits vivriers, l’élevage et ses eaux abondantes des poissons ;
3. la santé en réhabilitant les nombreuses infrastructures hospitalières héritées de la colonie tout en ajoutant progressivement des nouvelles infrastructures avec la nécessité démographique du pays ;
4. donner un salaire adaptable pour nouer les deux bouts du mois avec dignité à chaque travailleur dans le territoire national. Cet objectif implique une lutte sans merci contre la corruption au sommet politique et administratif du pays.
Ceci est la coopération qui doit exister entre la Belgique et le Congo, qui permettra à nos deux peuples de coexister en paix pour l’intérêt commun de l’humanité.
Reprendre la coopération armée belge au Congo pour former et encadrer les militaires misérables ne produira rien d’autre que la violence dans ce pays, qui fut autre fois dans son histoire une fierté commune des Congolais et des Belges à travers le monde grâce aux richesses des uns et l’intelligence des autres.
Aujourd’hui beaucoup des Congolais jouissent d’énormes capacités intellectuelles ensemble aux Belges, pour ne citer que ces deux nationalités à travers l’histoire qui ne se débarrassera jamais de nos deux peuples tant que le monde existera.


Commentaires
1. Le samedi 26 février 2011 à 13:04, par Pierrot
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