Les avancées de Pittsburgh

En s'appuyant sur l'expertise du Conseil de stabilité financière et du Fonds monétaire international (FMI), le G20 de Pittsburgh s'est prononcé pour un renforcement de la régulation financière internationale, seul moyen d'éviter le retour aux pratiques qui sont à l'origine de la crise actuelle. Détail des mesures annoncées :

-un G20 légitimé : cette gouvernance économique mondiale doit permettre de promouvoir une meilleure coordination des politiques économiques,

-un FMI renforcé : pour renouer avec une croissance "forte, durable et équilibrée", le G20 renforce le rôle du FMI. Il décide du transfert « avant 2011, d'au moins 5%" des droits de vote aux pays émergents qui se plaignaient depuis longtemps d'être sous-représentés,

-des plans de relance coordonnés : Le G20 veut poursuivre les plans de relance lancés pendant la crise : "Nous sommes convenus de maintenir nos mesures de soutien à l'activité économique jusqu'à ce que la reprise soit assurée",

-la lutte contre le chômage, objectif mondial : de façon largement nouvelle, et à l'initiative de la France, les chefs d'État ont consacré une part importante de leurs débats aux questions d'emploi et ont souhaité donner une place nouvelle à l'Organisation internationale du travail (OIT) et aux règles qu'elle promeut,

-des bonus encadrés : les rémunérations des traders et des banquiers seront liées aux performances à long terme et non à la prise de risque éphémère. Le versement s'étalera dans le temps. Un malus est prévu en cas de contre-performance,

-des marchés financiers "supervisés" : les superviseurs nationaux auront vocation à surveiller les bonus des traders et les prises de risque des banques. Ils pourront imposer des exigences en fonds propres supplémentaires aux opérateurs qui ne les mettent pas correctement en œuvre et ils pourront limiter le niveau des rémunérations afin qu'il soit compatible avec les exigences de solidité de leur bilan,

-des paradis fiscaux sous surveillance : En matière de juridictions non coopératives, qui constituait une autre des priorités de la France pour ce sommet, les chefs d'État et de gouvernement ont pu constater l'ampleur des progrès accomplis en quelques mois avec la signature de 150 accords d'échanges d'information et la réduction significative des listes dites grises et noires.

-une convergence des normes prudentielles et comptables internationales : le G20 prévoit l'adoption au niveau international du cadre prudentiel de Bâle II en 2011 et le renforcement des fonds propres, notamment pour les activités les plus risquées des établissements financiers. Ce renforcement devra être progressif pour ne pas freiner la reprise.