Risque de «contre-révolution»

Les services de sécurité ont fait état d'affrontements à coups de pierres entre chrétiens et musulmans, et des témoins ont indiqué que l'armée avait tiré en l'air pour disperser la foule. Des habitants chrétiens ne cachaient pas mercredi leur ressentiment à l'égard l'armée, en charge du pays depuis le départ de Moubarak, chassé par la rue le 11 février. «Nous nous attendions à ce que l'armée nous défende. Mais maintenant nous savons qu'elle est contre nous, comme la police», affirme un menuisier, Saleh Ibrahim. Les autorités ont promis de faire reconstruire l'église pour tenter de faire baisser la tension.

Signe que le pays reste instable près d'un mois après la chute du président Moubarak, mercredi dans le centre du Caire, «des voyous pro-Moubarak nous ont attaqués et ont essayé d'entrer sur la place Tahrir, mais nous avons pu les repousser, à coups de bâtons et de jets de pierres», a indiqué un manifestant, Mouez Mohammed.

Les heurts ont éclaté alors que le nouveau gouvernement rencontrait le Conseil suprême des forces armées, organe à la tête du pays, pour lui proposer une loi criminalisant les incitations à la haine, qui pourrait les rendre passibles de la peine de mort, a indiqué la télévision égyptienne. Le gouvernement a mis en garde contre le risque de «contre-révolution», a rapporté l'agence officielle Mena, après ces heurts attribués à des partisans de l'ancien régime d'Hosni Moubarak.

Les Frères musulmans, le plus important mouvement d'opposition en Egypte, ont accusé les anciens partisans de Moubarak d'attiser la violence et appelé les Egyptiens à «soutenir les forces armées et le gouvernement afin qu'ils puissent tenir les engagements de la révolution». Les Coptes représentent de 6 à 10% de la population du pays. Ils disent être victimes de discriminations. Ils ont été visés dans la nuit du Nouvel an par un attentat devant une église d'Alexandrie (nord), qui a fait 23 morts.