Katanga: 120 mois impayés, les travailleurs de la Sodimico en résistance ont chassé Adolphe Muzito !
Par Freddy Mulongo, jeudi 17 mars 2011 à 18:17 :: radio :: #1358 :: rss

Adolphe Muzito, le "Crésus de la République". Photo Réveil-FM, archives
Le personnel affamé a rappelé que le dossier Sodimico avait été plaidé devant l’Assemblée provinciale du Katanga qui avait dépêché des missions à Musoshi pour s’enquérir de la situation. D’autre part, cette situation est bien connue du Premier ministre qui a eu à ce sujet des entretiens à Kinshasa avec le président de l’Assemblée provinciale Kyungu wa Kumwanza venu lui présenter les doléances des travailleurs de SODIMICO. C'était le mardi 22 février 2011, l'entretien avait eu lieu à la Primature. Adolphe Muzito, le "Crésus de la République", entouré pour la circonstance des ministres des Finances, Matata Ponyo, et des Mines, Martin Kabwelulu, s’était déclaré fort préoccupé par les problèmes sociaux des cadres et agents de cette société minière et avait promis l’implication du gouvernement dans la recherche des solutions. Il s'était engagé s’y pencher personnellement pour soulager tant soit peu la misère des familles des mineurs de Sodimico. Mais l’on n’a rien vu venir. Il paraissait donc imprudent pour le "Crésus de la République" d’aller affronter des ventres affamés. Le mécontentement du personnel de la Sodimico était renforcé par la conviction selon laquelle les fonds libérés par des sociétés étrangères au compte du pas de porte ont été détournés à Kinshasa. Les travailleurs affamés avaient mobilisé femmes et enfants pour scander des chants de colère et lancer des imprécations contre le pouvoir des joséphistes. Au vu de cette situation, Adolphe Muzito aavit dû renoncer à se rendre à Sodimico et avait même décidé d’écourter sa visite à la frontière. Des informations indiquaient par ailleurs que ces manifestants se dirigeaient vers Kasumbalesa où Adolphe Muzito se trouvait en inspection. L’on apprend que les travailleurs exigent du gouvernement le remboursement de l'argent du pas de porte détourné. « S'il n'y a pas cet argent, aucune autorité ne peut fouler ses pieds dans les installations de la Sodimico ou à la cité de Musoshi au risque de perdre sa peau dans cette partie de la province katangaise », auraient-ils juré.
Comment un Premier ministre qui se dit Lumumbiste et nationaliste, peut-il privatiser à tour de bras 20 entreprises publiques ?
Il est bon de noter que la Sodimco n’est pas la seule entreprise du Portefeuille de l'Etat à traîner un lourd passif social. A l’OCPT (Office Congolais des Postes et Télécommunications), à la RVF (Régie des Voies Fluviales), à la Miba (Minière des Bakwanga), à la Cinat (Cimenterie Nationale), aux LAC (Lignes Aériennes Congolaises), cadres et agents croulent sous plusieurs années sans salaires. Mais l’on croit que le triste record des salaires impayés est détenu par LAC, où les employés ont largement dépassé la barre de 200 mois, soit bientôt 20 années de travail sans rémunération.
Chaque jour qui passe, le Congo s'appauvrit. Pas d'Eau, pas d'électricité, pas de routes, d'écoles ni d'Hôpitaux. Pour moins d'un Euro, un Congolais meurt de faim ou faute de soins.
Les biens publics sont sacrés et inaliénables. Tout citoyen doit les respecter scrupuleusement et les protéger. La loi fixe les conditions d'aliénation des biens publics dans l'intérêt général. Tout acte de sabotage, de vandalisme, de corruption, d'enrichissement illicite, de concussion, de détournement ou de dilapidation des deniers publics, est réprimé dans les conditions prévues par la loi.
Tout citoyen, élu ou nommé à une haute fonction publique, est tenu de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonctions et à la cessation de celles-ci conformément à la loi. L'inobservation de cette obligation entraîne la déchéance des fonctions dans les conditions fixées par la loi.
Espérons vivement qu'un jour Adolphe Muzito et d'autres n'auront pas a avoir affaire à l'Office de biens mal acquis au Congo.


Commentaires
1. Le vendredi 18 mars 2011 à 12:28, par Kisu
2. Le vendredi 18 mars 2011 à 12:29, par Kisu
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