Kinshasa ne court pas le risque d’une catastrophe nucléaire ?
Par Freddy Mulongo, vendredi 18 mars 2011 à 20:20 :: radio :: #1359 :: rss

Le cœur du nucléaire congolais. Photo Réveil-FM, archives

Nucléaire sans danger ? Photo Réveil-FM, archives
L’arrêt du réacteur est dû à un manque de « pièces de rechange », notamment un pupitre de commande numérique d’un coût d’environ trois millions de dollars américains, a expliqué le Pr Muamba au cours de la conférence de presse. Même si, selon lui, « les catastrophes naturelles sont imprévisibles », il a assuré que le réacteur de Kinshasa a été bâti « dans un milieu non sismique, loin de l’océan », ce qui le met à l’abri des accidents nucléaires comme ceux de Fukushima au Japon.
Réponses farfelues aux vraies questions du moment. Le Centre régional d’études nucléaires (CRENK) est sur le site de l’université de Kinshasa. Or Quatre-vingt deux têtes d’érosion menacent le site du Mont Amba qui abrite l’Université de Kinshasa. Il y a donc péril en la demeure. Plusieurs établissements importants tels que le Centre neuro psychopathologique (CNPP),l’Ecole de santé publique, la prestigieuse résidence du recteur, le centre hospitalier, l’Ecole régionale des forêts et territoires tropicaux, ERAIFT, ainsi que le Centre de recherche en énergie nucléaire de Kinshasa, CRENK, sont menacés d’écroulement.
L’université de Kinshasa (ex Lovanium) abrite un réacteur nucléaire de type TRIGA 2 construit dans les années 70 : c’est le plus vieux réacteur nucléaire d’Afrique. Il a succédé à un réacteur TRIGA 1, installé par la Belgique en 1959 avec le soutien des Etats-Unis.
Le réacteur actuel et les installations ont dans un piètre état.Une simple visite sur place suffit à montrer l’ampleur des problèmes : faible sécurité externe, aucune mesure de radioprotection, tableau de commande dans un état lamentable (le bouton qui met en marche le réacteur est recouvert d’un simple capuchon de plastique,…), « canne à pêche » pour récupérer les barres d’uranium,… Selon l’Agence Internationale de l’Energie atomique, 10% seulement des normes internationales de sécurité et de radioprotection sont respectées (Basic Safety Standards). Il y a également des problèmes d’érosion du sol.
Les installations du Centre de recherche en énergie nucléaire de Kinshasa, CRENK ne sont plus en conformité avec les normes internationales. Selon les recommandations de l’AIEA, il faut stocker l’uranium irradié en un seul endroit, le Congo le peut-il ?
De toute urgence il faut démanteler le réacteur, rapatrier le fuel nucléaire aux Etats-Unis (d’où il provient) et trouver une solution durable pour les déchets nucléaires. Pourquoi les autorités congolaises ne sont pas favorable à cette solution ? Pourquoi veulent-ils garder une technologie nucléaire ? Pour des applications de quels recherches ?
Les risques posé par la centrale nucléaire en plein capitale-Kinshasa:
1. celui d’accident d’irradiation lié à l’érosion du sol, à une manipulation inadéquate, à Kinshasa provoqué par l’obsolescence du matériel et des équipements, etc.
2. risque de prolifération. Même si les barres ne sont pas utilisables comme telles, elles peuvent être revendues à un Etat proliférant et peuvent être utilisées comme « bombe sale » (charge explosive classique faisant exploser la barre) par un groupe terroriste. Ce danger est loin d’être théorique : à la fin des années 70, deux barres ont disparu du centre nucléaire, une d’entre-elle a été retrouvé… en 1998 aux mains de la mafia italienne.


Commentaires
1. Le samedi 19 mars 2011 à 03:23, par Gaston Médard
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