Aidons toutes les générations à comprendre comment l’histoire du Congo indépendant a été déformée par les néocolonialistes
Par Pierre Yambuya Lotika Kibesi, jeudi 24 mars 2011 à 22:15 :: liens :: #1372 :: rss

Patrice Emery Lumumba, futur Premier ministre du Congo s'exprimant dans un bar. Photo Réveil-FM, archives
Patrice Lumumba en confiant entièrement l’administration de la sûreté du Congo indépendant au Colonel Belge Vandewalle, ainsi que celle de l’armée totalement au Général Belge Jansens et ayant dans son cabinet des Conseillers Belges, voilà la preuve de la grande volonté du premier Premier ministre du Congo d’unir les Congolais et les Belges de travailler ensemble pour l’intérêt supérieur de nos deux pays sans exploitation de part et d’autre entre nos peuples. De son vivant, Patrice Lumumba n’avait pas de haine à personne quel que soit les douleurs nous infligées par les colonialistes. Il était un homme franc, incorruptible et croyait aux droits de l’homme, dont son discours du 30 juin 1960 et sa portée historique mondiale avec des faits réconciliateurs entre les ex-colonisateurs et les ex-colonisés. Le maintien à leurs fonctions coloniales et de leurs équipes du travail de Colonel Vandewalle et du Général Jansens en sont des exemples très marquants, comme dit d’ailleurs Vandewalle : A quelques heures de l’indépendance officielle, le Premier Ministre Patrice Lumumba est conservateur.



Vainqueur des premières élections législatives au suffrage universel du futur Congo indépendant en mai 1960, le pouvoir colonial belge ne voulait pas que Patrice Lumumba devient Premier Ministre pour gouverner politiquement le pays comme veut la démocratie occidentale bien avant les colonisations de l’Afrique. Car la plus haute fonction du pays, celui de Chef d’Etat ou de Roi n’est qu’un règne sans gouverner, mais pour sauvegarderhttp://reveil-fm.com/ecrire/images/bt_img.png les institutions du pays. Sauf dans les pays où le Chef d’Etat est élu au suffrage universel, que ce dernier a le pouvoir exécutif et peut même partager ce pouvoir avec un Premier Ministre élu législativement, dont les convictions politiques sont opposées.
La colonisation n’étant pas l’école de la démocratie pour les colonisés, le premier geste des colonisateurs au vainqueur des élections législatives du Congo en mai 1960, était de l’octroyer une résidence officielle sur le boulevard Albert 1er dans le centre ville de Léopoldville. Cette résidence était un guet-apens de la sûreté coloniale, pour surveiller tous les alliés politiques de Patrice Lumumba et leurs activités quotidiennes, car elle se trouvait juste derrière le siège général de la sûreté coloniale avec un petit mur commun de séparation, dont les dispositifs d’écoute étaient déjà installés secrètement avant l’occupation par le futur Premier Ministre du Congo de sa résidence.
Après le 30 juin 1960, comme témoigne cette lettre du Premier Ministre Patrice Lumumba à son Administrateur en Chef de la sûreté, à qui, il avait placé toute sa confiance pour que le jeune Congo soit bien renseigné des activités secrètes pouvant lui plonger dans les désordres. Mais le Colonel Vandewalle œuvrait comme avant l’indépendance, contre celui qui voulait sincèrement que les Belges et les Congolais travaillent ensemble pour l’intérêt commun du Congo et de la Belgique. A la fin, la grande machine de mensonge occidental lancera la propagande que Patrice Lumumba avait chassé les Belges du Congo après le 30 juin 1960, c’est la raison de la misère des Congolais jusqu’à ce jour.
Vandewalle devenu conseiller de la sûreté sécessionniste katangaise de septembre 1960 en janvier 1963 et de sécurité du Premier Ministre Tshombe de juillet 1964 en octobre 1965 avec fonction de chef des opérations de l’agression occidentale contre l’armée lumumbiste de Pierre Mulele, avait gardé secrète la lettre que lui avait adressée le Premier Ministre Lumumba le 16 juillet 1960 jusqu’à ce qu’il a lui-même publié dans les rapports secrets de la sûreté congolaise en 1973.
Si jusqu’à sa mort en 1994, le Colonel Vandewalle ne cessait de dire la vérité de la politique belge au Congo, vécue par lui dans toutes les fonctions qu’il avait assumées de la colonisation à quelques années après l’indépendance, c’était pour que les Congolais et les Belges qui aiment vraiment le bonheur du Congo, saisissent l’histoire qui leur a été soigneusement cachée et qui est à la base du néocolonialisme entretenu par Mobutu.
Son plus grand regret, c’est d’avoir abusée de la haute confiance que Patrice Lumumba avait placée en lui sans même consulter les autorités belges. Cet acte d’ingratitude est le plus mauvais service qu’il a rendu aux Congolais et aux Belges, car il avait contribué contre sa volonté aux propagandes qui ont déformée l’histoire du Congo. Comme officier supérieur de l’armée belge, il était au service commandé de la politique belge en Afrique et plus particulièrement au Congo.
Patrice Lumumba fut le plus grand homme politique que le Congo ne reverra pas plusieurs siècles encore, car il était vraiment honnête, c’est lui qui allait faire du Congo et la Belgique la plus grande puissance économique et sociale de l’Afrique dès les indépendances en 1960. Tous les politiciens belges en étaient conscients, mais impuissants devant les plus grandes puissances colonisatrices du monde, l’Angleterre et la France y compris leur allié les Etats-Unis, qui voyaient en Lumumba le plus grand danger de leurs intérêts en Afrique dans cette période de guerre froide, d’où l’accusation gratuite d’être un communiste en puissance qu’il fallait très vite éliminer physiquement.
Le Colonel Vandewalle l’exprimait avec franchise, et après l’enquête du parlement belge sur l’assassinat de Lumumba, la Belgique toujours impuissante devant l’Angleterre, la France, les Etats-Unis et l’ONU, accepta sa responsabilité morale sur cet assassinat sans pouvoir dénoncer publiquement les quatre ennemis les plus criminels de Lumumba, qui sont : Harold Macmillan, Charles de Gaule, Dwight Eisenhower et Dag Hammarskjöld.

La question que doit se poser aujourd’hui les Congolais et les Belges, qui ne sont ni responsables moraux ni matériels de l’assassinat de Lumumba, est de savoir ce qu’il faut faire face à cette grave préjudice contre l’intérêt commun de nos deux peuples liés d’une histoire qui ne nous quittera jamais.


Commentaires
1. Le vendredi 25 mars 2011 à 01:22, par emeka ngunda
2. Le vendredi 25 mars 2011 à 09:25, par Gode Chiri Haguma
3. Le vendredi 25 mars 2011 à 12:17, par antikabila
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