Roger N'zembele, un Congolais père de deux enfants est menacé d'expulsion à Venissieux-Lyon !
Par Freddy Mulongo, samedi 16 avril 2011 à 15:43 :: radio :: #1410 :: rss
Le jeudi matin, plus de 70 personnes sont venues soutenir Roger N’Zembele, devant le tribunal de grande instance de Lyon : enseignants du groupe scolaire Léo-Lagrange en grève, parents d’élèves, membres du comité RESF… Le juge des libertés statuait sur la prolongation de la rétention au CRA (centre de rétention administratif) de ce Vénissian sans-papiers, originaire de la République démocratique du Congo, arrêté depuis plus de quinze jours c'est-à-dire le 23 mars à son domicile. Le jeudi 14 avril 2011 au soir, un nouveau rassemblement avait lieu devant l’école, que les parents envisagent d’occuper.

Roger N'zembele doit rester en France avec sa famille. Photo Réveil-FM

Très connu à l'école de ses enfants, Roger N'zembele est soutenu par un collectif RESF. Photo Réveil-FM
Dès 9h15, banderoles et mégaphone en main, le comité de soutien se fait entendre et exige la libération de M. N’Zembele. À 10 heures, la salle d’audience ouvre. Elle est bien trop petite pour accueillir tout le monde. Roger, entouré de deux policiers, accède à la salle. Ses trois enfants se jettent dans ses bras. Fendi, 2 ans, ne le lâchera pas tandis que Brian et Doudou, 6 et 4 ans, s’agrippent à ses jambes.
Maître Julie Matricon, avocate de Roger N’Zembele, s’adresse au président: “ Il vit en France depuis dix ans. Imaginez le traumatisme de ses enfants s’il était expulsé !” Mais le représentant du préfet rappelle que le tribunal administratif a déjà confirmé l’OQTF (obligation de quitter le territoire français), la semaine dernière. L’audience est levée. Quelques minutes plus tard, la décision tombe : la rétention au CRA est prolongée de 15 jours maximum. “Je ne peux pas revenir sur la décision préfectorale et remettre en cause la décision du tribunal administratif”, assure le président. Une délégation du comité de soutien a été reçue par une représentante du préfet. Quinze jours, c’est le temps nécessaire pour que M. N’Zembele reçoive son laisser-passer consulaire. Tant qu’il ne l’a pas, il ne peut être expulsé car il n’a ni passeport ni papiers d’identité. La veille de cette audience au TGI, Roger avait donc été extrait du CRA par des policiers et emmené à Paris, à l’ambassade de la République démocratique du Congo pour y demander ce document.
L’espoir est donc très faible de voir libérer le Vénissian. À moins que le préfet ne lui accorde une régularisation à titre humanitaire. C’est pourquoi, dès la sortie du tribunal, le comité de soutien demandait audience à la préfecture, rejointe en manifestant. Tandis que quatre personnes étaient reçues par une représentante du préfet, enfants et adultes reprenaient en chœur des slogans : “Libérez Roger”, “Roger doit rester”, “Roger n’a pas volé, Roger n’a pas tué”… Face aux policiers, les mamans insistaient : “Nous ne sommes pas venues pour mettre le désordre, nous n’avons pas de caillou, nous n’avons pas d’arme. Nous voulons que ce papa soit libéré.”
Doudou, un peu perdu dans toute cette mobilisation, ne levait pas la tête. “Je veux voir mon papa. Il ne m’emmène plus à l’école. Je ne veux pas qu’il parte.”
Une quarantaine de personnes ont occupé les locaux de la maternelle Léo-Lagrange jeudi en fin de journée. Plusieurs élus locaux – les conseillers généraux Marie-Christine Burricand et Christian Falconnet, l’adjoint au maire Pierre Alain Millet – apportaient une nouvelle fois à cette occasion leur soutien à la famille de Roger N’Zembele, rappelant leur “opposition à l’expulsion de ce vénissan originaire de la République démocratique du Congo”.
Ce matin à 11 h 30, un nouveau rendez vous a été fixé à la sortie de l’école Léo-Lagrange. Parents d’élèves, enseignants, participaient en nombre à une action intitulée “signature de cartes postales”. Chacun écrivait un mot de soutien, sur des cartes qui ont été envoyées au CRA à Roger N'zembele, arrêté le 23 mars dernier à son domicile.
D’autres manifestations sont prévues dans les jours à venir :
- samedi 16 avril à 10 heures : défilé avec distribution de tracts et signature de pétitions sur le marché des Minguettes pour sensibiliser les habitants du quartier. Le rendez-vous est fixé devant l’église .
- lundi 18 avril à 16h45 : rendez-vous à l’école pour une marche revendicative. Les manifestants descendront des Minguettes jusqu’à la mairie.
- mardi 19 avril : à l’issue d’un spectacle pour les enfants à la salle Erik-Satie , les parents remonteront en cortège pour rejoindre la maternelle et participer à un pique-nique de soutien à partir de 11h30 à l’école.
Actuellement et compte tenu de la décision du juge du TGI de reconduire pour 15 jours Roger N’Zembele au Centre de rétention administratif, seule la mobilisation pourrait inciter le préfet à prendre une mesure humanitaire évitant à Roger l’expulsion.


Commentaires
1. Le samedi 16 avril 2011 à 20:42, par vk
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