William PENN (1644-1718) : de l’Académie de Saumur à la Pennsylvanie !
Par Freddy Mulongo, jeudi 28 avril 2011 à 10:23 :: radio :: #1428 :: rss
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Il fut un chrétien quaker engagé, dont l’action est empreinte des idées de liberté et de tolérance. Qu’est-ce que ce futur chef d’un Etat « démocratique » avant l’heure pourrait bien avoir appris à l’Académie protestante de Saumur ?
Plusieurs universitaires venus de Pennsylvanie, de Chine, d’Angleterre, de Suisse et de France tenteront de répondre à la question de cet héritage méconnu du célèbre personnage dont la pensée est exceptionnellement actuelle.
Ces journées de vulgarisation sont ouvertes à tous et gratuites.
Pour renseignements et inscriptions aux repas : musee@ville-saumur.fr, williampenn@erfsaumur.org ou tél. 02 41 51 85 32 et 02 41 89 68 04 .
Programme :
VENDREDI 20 MAI 2011
14h Diane de Luze, Mot d’accueil de la municipalité
14h15 Didier POTON, Université de la Rochelle, présentation des journées.
14h30 Jeanne-Henriette LOUIS, Université d’Orléans, « Les débuts du quakerisme ».
15h, Jerry FROST , Collège de Swarthmore, EU., « William Penn : un humaniste quaker ».
15h50 Stephen W. ANGELLl, « La dette de William Penn envers John Owen et Moîse Amyraut. » 16h20 Feng CHUAN-TAO, Doctorant au Centre d’études judaïques et inter-religeuses de l’Université de Shandong, Chine, « La tolérance religieuse dans la pensée de William Penn ».
SAMEDI 21 MAI 2011- MATIN
10h Edouard DOMMEN , Université de Sunderland, « Qu’est-ce que William Penn aurait bien pu apprendre à Saumur » ?
10h20 Bertrand van RUYMBEKE, Université de Paris VIII, « Chance et influence : William Penn et la charte de Pennsylvanie ».
10h50 Jeanne-Henriette LOUIS, « La charte des privilèges et des libertés (1701), matrice du premier amendement à la Constitution des Etats-Unis».
11h20, Ariane HERRMANN, Lecture de textes de William Penn.
SAMEDI 21 MAI 2011- APRES-MIDI
14h Betty HAGGLUND , Centre d’Etudes quaker de troisième cycle de Birmingham, « La vie quotidienne des étudiants à l’Académie de Saumur ».
14h30, Peter van den Dungen, coordinateur général pour le réseau des Musées pour la paix, « Le plan de William Penn pour la paix perpétuelle en Europe ».
15h Ariane Herrmann, lecture de textes de William Penn.
15h20 Dolores FERRARO-CASCARINO, « Genèse de l’Opéra William Penn de Romeo Cascarino ». 16h David LESLIE-HUGHES, « Pennsbury, la résidence de William Penn en Pennsylvanie, et ses activités aujourd’hui ».
16h20, Ariane Herrmann, lecture de textes de ou sur William Penn.
16h30 Edouard Dommen, « Les quakers et la tradition réformée aujourd’hui ».
17h, Didier Poton, Bertrand van Ruymbeke, et Edouard Dommen : conclusions de ces journées.
Dîner s’inscrire !
William Penn (14 octobre 1644 - 30 juillet 1718) est le fondateur de la Province de Pennsylvanie, qui deviendra plus tard l'État américain de Pennsylvanie.
William Penn naît dans une famille anglaise des plus aisées. Son père est un héros de la marine anobli, l'amiral Sir William Penn ; sa mère, Margaret Jasper, la fille d’un marchand de Rotterdam. Élève brillant, le jeune William dévie cependant de la voie qui lui semble promise en adhérant aux principes du quakerisme.
La gestation de sa conversion définitive est longue ; elle intervient finalement en Irlande, où son père l’a envoyé en 1667 pour l’éloigner de Londres et de l’influence des sectes puritaines avec lesquelles William a manifesté une certaine proximité de pensée.
William est alors persécuté comme les autres quakers sur le sol britannique : de décembre 1668 à juillet 1669, il est notamment incarcéré à la Tour de Londres.
Il se rallie progressivement à l’idée de fonder une colonie dans les territoires d’Amérique du Nord. Quelques quakers se sont déjà installés dans le New Jersey en 16773. Mais William a désormais les moyens d'un projet plus ambitieux ; la mort de son père l'a en effet laissé à la tête d’une fortune importante.
Il hérite en particulier d’une créance de 16 000 livres due par la couronne auprès de son père. Il négocie auprès de la Cour son remboursement contre des terres en Amérique du Nord.
Le 4 mars 1681, Charles II lui octroie par charte un vaste territoire situé à l'ouest du New Jersey.
En 1682, le quaker y fonde la ville de Philadelphie, en y appliquant les préceptes de gouvernement d'une société libérale idéale. La jeune colonie quaker devient rapidement prospère. Il souhaitait que cette cité servît de port et de centre politique. Même si Charles II lui en avait donné la propriété, William Penn acheta la terre aux Amérindiens afin d’établir avec eux des relations pacifiques.
William Penn signa un traité d’amitié avec Tamanend, le chef de la nation Delaware, à Shackamaxon5. Le texte original de la Déclaration d'Indépendance et de la Constitution a été signé au Capitole de Philadelphie aujourd'hui appelé Independence Hall (les texte originaux se trouvent aux archives Nationales à Washington DC).
La colonie rachète également d'autres terres, dont l'ouest du New Jersey à William Berkeley en 1674. Les idéaux qui y furent mis en pratique eurent une influence importante sur les futures institutions américaines.
En 1984, il a reçu du gouvernement américain à titre posthume la distinction de citoyen d'honneur des États-Unis d'Amérique pour son action politique, considérée comme un haut fait envers la nation américaine. Il reste dans la postérité en ayant légué son nom à l'État de Pennsylvanie.
Une statue de William Penn est installée au sommet de l'hôtel de ville de Philadelphie, elle domina la ville jusqu'en 1987 (construction du One Liberty Place). Un accord tacite voulait qu'il était interdit de construire plus haut que celle-ci (167 m). Cependant, aujourd'hui, la statue de William Penn a toujours la vue dégagée sur le Delaware.
Le siècle de la Réforme est la grande époque historique de Saumur. Les idées nouvelles y furent promptement et vivement accueillies car la bourgeoisie de Saumur était arrivée à un état très développé de richesse, de commerce actif, de liberté municipale. Non seulement, elle se montra favorable au calvinisme , suivant en cela l’impulsion générale de la bourgeoisie mais elle eut même une raison de plus pour embrasser avec enthousiasme : l’abbaye de Saint-Florent et celle de Fontevrault pesaient sur elle de deux côtés, retenaient son essor et, avec leurs privilèges, la pressaient comme dans un étau pour en exprimer la substance à leur profit.
Le protestantisme représenta donc pour Saumur spécialement une doctrine et un effort d’affranchissement. Quand les partis en arrivèrent à un état de lutte matérielle, Saumur prit fait et cause pour la religion réformée. Les églises furent pillées et dévastées ; les représailles passionnées de la population frappèrent surtout l’abbaye de Saint-Florent. En 1565, Charles IX et Catherine de Médicis vinrent en Anjou.
Saumur étant occupé par le prince de Condé et par ses troupes protestantes, le roi et sa mère ne purent y entrer, et passèrent outre. Plus tard, Saumur fut enlevé au prince de Condé par le duc de Montpensier. Saumur subit ainsi les vicissitudes de la lutte entre catholiques et protestants, mais resta invariable dans son esprit et dans ses sympathies protestantes. La Saint-Barthélemy y passa sans éteindre plus qu’ailleurs le protestantisme dans le sang qu’elle y fit pourtant abondamment couler.
Duplessis-Mornay conserva, sous le nouveau règne de Louis XIII, le gouvernement de Saumur jusqu’en 1621, époque à laquelle, la querelle des protestants et des catholiques jugée éteinte, on le lui enleva.
On aurait peut-être pu ménager la position de Duplessis en considération de l’homme, mais on ne le fit pas. On lui offrit des compensations, le bâton de maréchal de France et 100 000 écus qu'il refusa avec hauteur. Profondément blessé de la défiance dont il était l’objet, il se retira au fond du Poitou, dans une de ses terres, où il mourut deux ans après.


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