24 avril 1990-24 avril 2011: 21 ans après, ce que je crois être vrai !
Par José Ntuba Odé Yikila, vendredi 29 avril 2011 à 00:26 :: liens :: #1432 :: rss

Kinshasa, dimanche 24 avril 2011, Etienne Tshisekedi, président de l'Udps au stade Tata Raphaël
Beaucoup de nos concitoyens, soucieux de voir la patrie se libérer, attendaient beaucoup de cette journée. Ils espèraient que de ce rassemblement pourrait naître un mouvement de révolte spontané à même de balayer le pouvoir asservissant de kinshasa. Ils ont eu raison d’espérer. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, une espérance fondée sur du néant n’a pour vocation que de décevoir. Et la déception a été grande.
Objectivement, il n’y a eu rien à attendre de cette manifestation. Elle s’ajoutera sûrement sur les nombreuses autres précédemment organisées par l’UDPS et grâce auxquelles la revisite participe aujourd’hui encore à la crédibilisation de ce parti et de son leader. Il y a qu’à lire Monsieur François TSHIPAMBA MPUILA au sujet de ce rassemblement pour se rendre compte que l’UDPS, non seulement qu’elle reste tournée vers le passé, mais aussi et surtout, se complaît et s’accroche à des « victoires » éphémères et sans impact réel pour le devenir de la patrie.
Nous faisons le pari, pas de gaieté de cœur, mais avec colère et une bonne dose d’amertume, que le 24 avril 2011, dans son allocution, le leader de l’UDPS a encore brillé par son impondération et son irrationalité. Comme à son habitude, il est resté figé sur le passé et ses «victoires » sur le mobutisme.

Etienne Tshisekedi, ministre de l'intérieur de Mobutu

Etienne Tshisekedi rendant visite à son ami Mobutu malade la prostate au Cap Saint-Martin en France.
Or, s’il est vrai que le combat de l’UDPS et de son leader a porté sous la deuxième république, et que grâce, en partie à elle, le pays a connu l’ouverture au pluralisme politique dans les années 90, il en reste pas moins qu’aujourd’hui ce n’est pas le passé qui compte. C’est plutôt le présent et l’avenir de la patrie qui compte. Ce passé, fut-ce-t-il glorieux pour l’UDPS, est désormais du domaine de l’histoire, et donc des historiens.
S’accrocher au passé et faire usage des recettes anciennes dans la situation actuelle où se trouve le pays, est une grave erreur. Voilà pourquoi nous parlons ici d’impodération et d’irrationalité.
Il est impérieux pour l’UDPS et son leader, de comprendre que s’ils combattaient une dictature sous la deuxième république, l’agression venue du Rwanda en 1996, planifiée et orchestrée avec la bénédiction de la communauté internationale, et elle-même s’inscrivant dans le cadre d’un double objectif, à savoir : avoir la mainmise sur les ressources naturelles du Congo et mettre en œuvre la partition de ce pays qu’ils jugent trop grand et ingouvernable, a changé la donne.
Car, ce qui s’est mis en place depuis cette date, n’a d’autre nom qu’une OCCUPATION. C’est la seule formule compatible aux visées des puissances étrangères qui ont déclenchées l’invasion du Congo, Zaïre à l’époque, et qui leur permettait de parvenir à leurs fins.
Or, combattre un pouvoir dictatorial, tel que l’était celui de Mobutu, et une occupation décidée par les grandes puissances de ce monde, avec l’ONU, alias MONUSCO en support, n’est pas la même chose. Cependant, cette lecture éclairée de la situation du pays fait défaut aux dirigeants de l’UDPS. A force de refuser de reconnaître l’état d’occupation réelle du pays, de l’infiltration et de la fragilisation de toutes ses institutions de l’intérieur, l’UDPS et son leader se tromperont toujours dans les choix qu’ils feront sur les ou la solution à apporter au problème qui nous préoccupe.
Ses choix nous les connaissons (Monsieur Etienne TSHISEKEDI n’en fera pas l’économie le 24 avril prochain) : combat idéologique, opposition non armée, élections démocratiques…
Il reste figé à ça, alors même que ces recettes n’ont pas pu déloger la simple dictature de Mobutu qui est resté plus de 25 ans au pouvoir depuis la fondation de l’UDPS. Le plus simple de citoyens congolais ne manquera pas à se poser la question de savoir comment peut-on mettre un terme à une occupation avec des recettes qui n’ont pas été capables de mettre un terme à une simple dictature.
Non, les solutions préconisées par l’UDPS sont inappropriées et inadaptées. Et le rassemblement du 24 avril 2011 s’inscrit sur cette lignée des solutions faibles, approximatives, inappropriées et inadéquates.
Nous ne voulons pas que nos concitoyens, patriotes déterminés et soucieux de se battre jusqu’à la libération de la patrie, se laissent distraire par ce genre d’événement qui n’aura aucun impact réel sur ce pouvoir.
Par quel miracle voudrait-on que le 24 avril 2011 change la donne à Kinshasa ?
Nous ne cessons de le dire : un peuple ça se forme, ça s’encadre, ça s’oriente, ça s’éclaire. Pour qu’un combat porte, il faut un peuple qui se lève.
Et un peuple qui se lève doit avoir à sa tête un vrai leader qui fixe des vrais objectifs, lesquels doivent impérativement être fondés sur une idéologie claire. Pourquoi voulez-vous que le peuple qui va « fêter » les 20 ans de l’instauration du pluralisme politique –c’est ça l’objectif du rassemblement du 24 avril 2011- pense à autre chose de plus significatif que ça ?
Il se limitera à l’objectif fixé à cette journée, à cette seule journée. La « prise de la Bastille » n’aura donc pas lieu.
On n’a pas dit ce qu’il fallait au peuple. Surtout pas par Etienne TSHISEKEDI, leader de l’UDPS, qui reste étonnamment discret sur l’état d’occupation effective du pays, pourtant, il ne l’ignore pas.
Et d’ailleurs, quand on scripte minutieusement les discours de Monsieur Etienne TSHISEKEDI depuis que le pays a été agressé en 1996, on voit l’homme tâtonné dans ses choix, dans ses dires, dans ses stratégies. Rien d’étonnant, c’est le propre de Monsieur Etienne TSHISEKEDI ! Rechigner, ambivalence, tergiverser, ont émaillé le parcours du leader de l’Udps.
De la Conférence Nationale Souveraine à l’agression du Zaïre en 1996, l’homme n’a jamais été très habile dans ses choix et dans ses stratégies. Il n’a jamais expérimenté ce principe simple et ingénieux qui s’applique en agriculture : « savoir cueillir son fruit : trop tôt, il n’est pas mur et donc ne servira à rien. Trop tard, il est déjà mur mais pourri, et donc ne peut être consommé ».
Il a toujours une minute de retard sur les événements. Les congolais savent comment il s’est comporté alors qu’il avait toutes les clés en mains au sortir de la Conférence Nationale Souveraine, quand il fut nommé Premier ministre. A l’essentiel, il privilégia le subsidiaire.
Ses proches collaborateurs savent comment il a refusé de barrer la route au plan d’invasion du Zaïre par les anglo-saxons (Etats-Unis et Grande Bretagne) en 1996, alors que la France lui avait tendu une perche lors des discussions qu’il eut à Nice, à Roc Brune Cap Martin, résidence de Mobutu, lors de sa convalescence. Beaucoup de dirigeants politiques français ne lui ont jamais pardonné son manque de réalisme.
Les témoignages que nous détenons des politiques français sur cet épisode, ne démentent pas nos propos. Si les congolais ignorent ce qui s’était passé quand il est venu rendre visite à Mobutu convalescent à Nice, nous sommes pourtant un certain nombre à connaître la teneur des discussions qu’il a eues pratiquement avec toute la classe politique française, qui l’appelait d’ailleurs « président ».
Ceux de l’Udps qui l’ont entourés en ce moment-là, savent de quoi nous parlons. Certains d’entre-eux avaient claqué la porte du parti ce jour-là, et ne sont jamais revenus.
Tout le monde sait, qu’alors qu’il était parmi les congolais les plus avertis, de la situation du RCD-GOMA, ce conglomérat de bandits venus du Rwanda, qui, avec le FPR/APR, tenta de faire porter à Laurent Désiré KABILA la responsabilité des massacres des hutus et autres congolais, perpétrés par des tutsis dont Hyppolite KANAMBE, sur le « Front Nord », Etienne TSHISEKEDI, ne trouva autre chose à dire que c’était « une révolte du palais » ! Comment un dirigeant de son rang pouvait-il être aussi léger dans ses propos à un moment où l’ennemi rwandais mettait en place ses pions et ses stratégies pour prendre le contrôle du pays ?
Lors des élections de 2006, c’était, ira, n’ira pas, avec les conséquences dont on sait. Là encore, il a fait perdre du temps au pays. Combien ne lui a-t-on pas dit que ces élections là étaient piégées ? Comment ne pouvait-il pas savoir que sa participation constituait un gage de « démocratie » que Louis Michel et consorts attendaient pour crédibiliser leurs élections ?
Tout le problème avec ce Monsieur, c’est qu’il n’a jamais été là où on l’attend. Il est toujours dans les périphéries. Quand les congolais, qui le considèrent encore comme un vrai leader, attendent la vérité et que tout le monde croît en lui pour déclencher cette « révolution », lui pense aux élections (tripatouillées d’avance), à des alliances contre-nature dans une opposition fébrile et, cerise sur le gâteau, au rassemblement du 24 avril pour fêter l’instauration du pluralisme politique d’il y a plus de vingt ans !
Au fond de lui, Etienne TSHISEKEDI sait qu’un pays occupé ne peut pas être libéré par des élections dont l’occupant tire les ficelles. Mais, pour ne pas être accusé de « non assistance au peuple en danger », selon ses propres termes, il y va quand même. Irrationalité quand tu nous prends !
Le problème n’est pas aujourd’hui de faire de la figuration, mais de se donner les moyens de chasser ces occupants. Ce combat ne se gagne pas par les élections ni par des villes mortes ni par des rassemblements commémoratifs des « succès » du passé.
Tout combat dans la vie doit être limité dans le temps. Ou bien Monsieur Etienne TSHISEKEDI a vraiment voulu devenir président de la république, et qu’il s’est battu pour ça, dans ce cas, vu le temps passé au combat, avec toutes les occasions ratées, les opportunités gâchées, il doit reconnaître son échec, et en tirer les conséquences ; Ou alors, il n’a jamais voulu l’être, et il ne veut toujours pas le devenir, dans ce cas, qu’il dégage le plancher au lieu de continuer à distraire le peuple congolais.
Impondéré et son irrationnel il l’est vraiment. Ces deux traits se font montre par ses choix et ses stratégies. Tout ceci fait perdre au pays un temps précieux.
Ceci vaut aussi pour tous ses amis qui se disent de l’opposition.
Rien de rien ne se passera le 24 avril 2011. Ce sera un médiocre satisfecit, une litanie des « maigres victoires », sans vrai impact, engrangés sous la deuxième république.
Le peuple dans sa grande majorité attend autre chose : qu’il soit mis fin à cette occupation humiliante qui a mis la république entre parenthèse. Et pour cela, tous les moyens sont bons. On ne peut pas s’imposer une quelconque restriction. Tous les moyens que nous ayons à utiliser sont légitimes et de légitime défense car, la patrie est en danger !


Commentaires
1. Le vendredi 29 avril 2011 à 03:23, par Gerry
2. Le vendredi 29 avril 2011 à 16:22, par Ntumba Lukambwa
3. Le dimanche 1 mai 2011 à 17:16, par Mayebo
4. Le vendredi 6 mai 2011 à 21:54, par edo.israel77
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