Trois congolais: Pierre Célestin Mbodina, Floribert Ndjabu et Manda Charif, témoins de la CPI, veulent l'asile aux Pays-Bas
Par Freddy Mulongo, lundi 23 mai 2011 à 16:25 :: radio :: #1482 :: rss

Le siège de la Cour Pénale Internationale à La Haye (Hollande). Photo Réveil-FM, archives
"Comme ces personnes ne peuvent pas demander l'asile à la Cour pénale internationale qui n'est pas un Etat, on a demandé à la Cour de les présenter à une autorité qui pourrait examiner leur demande d'asile, en l'espèce les Pays-Bas", a déclaré à l'AFP leur avocat, Me Ghislain Mabanga, du barreau de Paris, qui a déposé une requête dans ce sens.
C'est la première fois que des témoins de la CPI, qui siège à La Haye depuis 2002, veulent obtenir l'asile aux Pays-Bas, a indiqué Fadi el-Abdallah, du service d'information de la Cour.
Les trois témoins qui auraient dû regagner la prison de Makala à Kinshasa mi-mai 2011, selon leur avocat, étaient toujours incarcérés vendredi 20 mai 2011 au quartier pénitentiaire de la CPI, dans une prison néerlandaise de la banlieue de La Haye, dans l'attente de la décision des juges de la CPI sur leur requête.
Pierre Célestin Mbodina, un ancien agent des services de renseignements congolais, Floribert Ndjabu, qui s'est présenté aux juges comme s'occupant des "affaires politiques d'une milice de l'Ituri", et Manda Charif, "coordonateur du mouvement politique qui combat l'injustice en Ituri", avaient été transférés le 27 mars 2011 aux Pays-Bas.
Cités par la défense, ils avaient témoigné en avril et début mai dans le procès de Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis lors de l'attaque de l'attaque d'un village d'Ituri, Bogoro (nord-est de la RDC), qui avait fait plus de 200 morts en 2003.
Ils avaient mis en cause dans leurs dépositions le président congolais Joseph Kabila, affirmant que celui-ci était impliqué dans l'attaque de Bogoro.
"Après ces déclarations, il est dangereux pour eux de rentrer dans leur pays d'origine", soutient Me Mabanga.
MM. Mbodina et Ndjabu sont "dans leur septième année de détention" en République démocratique du Congo et M. Charif est écroué depuis 2010, pour des motifs "qu'ils ne connaissent pas exactement eux-mêmes". "On leur reproche plein de choses, des crimes de guerre", selon leur avocat.
"En principe, la chambre (les juges, NDLR) a l'obligation de les renvoyer chez eux après leur déposition mais elle a également l'obligation d'assurer leur protection", a souligné Me Mabanga.
Or, a-t-il poursuivi, le programme de protection des témoins de la Cour a été conçu pour des personnes en liberté et non des personnes détenues : "elles ne sont pas suffisamment protégées par ce programme".
Le procès de Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, ouvert le 24 novembre 2009, est le deuxième procès de la CPI, premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre et de génocide.
Les trois témoins, écroués dans une prison de Kinshasa, avaient été transférés aux Pays-Bas le 27 mars pour venir témoigner à la demande de la défense dans le procès de deux chefs de milice congolais, accusés de l'attaque d'un village d'Ituri, Bogoro (nord-est de la RDC), qui avait fait plus de 200 morts en 2003. Ils avaient mis en cause dans leurs dépositions le président congolais Joseph Kabila, affirmant que celui-ci était impliqué dans l'attaque de Bogoro. "Après ces déclarations, il est dangereux pour eux de rentrer dans leur pays d'origine", a soutenu Me Mabanga, du barreau de Paris, qui a déposé une requête dans ce sens.
Les trois hommes qui auraient dû regagner la prison de Makala à Kinshasa mi-mai, selon leur avocat, sont toujours incarcérés au quartier pénitentiaire de la CPI, dans une prison néerlandaise de la banlieue de La Haye, dans l'attente de la décision des juges de la CPI.
C'est la première fois que des témoins de la CPI, qui siège à La Haye, veulent obtenir l'asile aux Pays-Bas.


Commentaires
1. Le mercredi 25 mai 2011 à 17:53, par KONGO BOLOLO
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