Ludo Martens In Memoriam !
Par Jean-Paul Ilopi Bokanga, mardi 14 juin 2011 à 11:36 :: radio :: #1523 :: rss

Ludo Martens (12 mars 1946 - 5 juin 2011). Écrivain et Journaliste Belge Co-fondateur et ancien Président du PTB
Mr Ludo Martens, Écrivain et Journaliste belge, décédé le dimanche 5 juin 2011 à Bruxelles de suite d'une longue maladie est un de principaux fondateurs du Parti du Travail de Belgique dont il a présidé les destinées pendant plusieurs mandats. Né en 1946 à Wingene en Flandre Occidentale (Belgique), ce grand analyste de l'évolution de la mouvance nationaliste et révolutionnaire au Congo et en Afrique laisse à la postérité, outre une abondante bibliographie engagée, deux enfants dont, soit dit en passant, les mères sont des africaines.
Déjà dans sa jeunesse, ce fils aîné d'un fabricant de meuble montre un vif intérêt pour les langues et devient de ce fait le rédacteur en chef du journal de son école. Analyser les engagements du petit peuple, sa résistance, ses révoltes, ses défaites, ses victoires, etc. était la trame principale de ses articles. En 1965, le jeune prodige est inscrit à la faculté de médecine à Louvain. Il adhère aussitôt à l'union catholique flamande des étudiants du supérieur et dirige le journal « Notre vie » rattaché à ce mouvement.
Cela lui permit, au grand dam de l'establishment académique, de combattre le nationalisme borné, le racisme, les injustices sociales et tant d'autres perversions de sa société. Finalement, ses articles que d'aucuns trouvaient gênants furent pris comme prétexte pour l'exclure de Louvain. Il se rend alors à l'université de Gand où il trouve un terrain propice pour combattre la censure, pour augurer l'avènement d'une université démocratique et pour développer une solidarité active entre les étudiants et le monde du travail.
Après une expérience ouvrière accrue, à travers le travail à l'usine ou la lutte syndicale, Ludo Martens et ses camarades décidèrent de créer un parti dénommé « Alle macht aan de arbeiders » en néerlandais (Tout le Pouvoir aux Ouvriers en français), AMADA en sigle. En plus, un journal à caractère national, devenu aujourd'hui « Le Solidaire », vit également le jour. Quelque moment après, l'asbl « Médecine pour le Peuple », créée par les militants de cette organisation, prodigue les soins gratuits de première nécessité à la population ouvrière démunie.
En 1979, après dix ans de travaux préparatoires, AMADA deviendra Parti du Travail de Belgique, PTB en sigle.
Dans son ouvrage, « Le parti de la révolution », il livre l’héritage de plus de 30 années d’expérience de la lutte pour la fondation d’un parti dont dès le départ l’ambition est d’être celui du peuple.
En 1985, Ludo Martens brise le silence en publiant « Pierre Mulele ou la seconde vie de Patrice Emery Lumumba », un ouvrage qui met la lumière sur l'action occultée de Pierre Mulele, un de grands épigones de Patrice Emery Lumumba, dans son maquis de Kwilu-Kwango. Il récidive en 1992 avec « Abo, une femme du Congo », un récit d'une beauté littéraire évidente qui met en exergue la bravoure de Mme Léonie Abo qui, en compagnie de Pierre Mulele, a sacrifié toute sa jeunesse dans la lutte contre la dictature et l'oppression. Plus tard, la « Nouvelle Scène Internationale » le mettra en scène avec un spectacle ponctué des percussions.
Il est en de même de l'Institut National des Arts de Kinshasa qui en a donné moult interprétations scéniques sous le titre du « Le léopard et le clochard ».
Winnie Mandela a affirmé n'avoir auparavant jamais lu un livre aussi émouvant sur la participation d'une femme dans la libération du continent noir, tandis que la chanteuse malienne Oumou Sangaré s'est inspirée de cet ouvrage pour composer dix chansons de son riche répertoire.
Après la chute de Mobutu en 1997, l’ancien « persona non grata » du régime déchu décide de concentrer ses activités militantes à Kinshasa. Ouvert à tous les contacts, cet homme d'allure simple et austère, tout président du PTB qu'il était, avait choisi de vivre dix ans durant dans le dénuement des quartiers populaires de Kinshasa, dans des habitations parfois sans eau ni électricité, n'hésitant pas d'aller conférer avec les populations Après la chute de Mobutu en 1997, l'ancien « persona non grata » du régime de Masina, de Kingasani, de Kimbaseke, de Camp Luka, etc., ainsi qu'avec les étudiants de différentes institutions académiques de la capitale congolaise. Et son domicile deviendra le lieu de rencontre ou de retrouvailles des patriotes et des forces nationalistes révolutionnaires.
En fait, dès son jeune âge, ce visionnaire avait compris que les progressistes occidentaux avaient le devoir de soutenir les peuples du Tiers Monde dans leur combat pour se libérer du joug de l'impérialisme. D'où son ralliement à la défense de la cause vietnamienne, à celle des noirs des États-Unis, voire au combat contre l'apartheid en Afrique du Sud.
Ainsi s'engage-t-il à aider ceux des congolais qui voulaient sortir leur patrie d'une domination néfaste en leur redonnant confiance en eux-mêmes, en les aidant à regarder désormais avec fierté leur histoire à dessein tronquée par l'Occident, en leur rappelant, à travers ses articles, ses prestations radiotélévisées, ses publications, ses interventions publiques ou privées, ses analyses, ses conférences et ses séminaires de formation à travers les organisations et regroupements qu'il avait tant soit peu réussi à mettre sur pied ou à soutenir, l'œuvre immense des hérauts de la lutte contre l'oppression et l'exploitation du peuple congolais : Patrice Emery Lumumba, Pierre Mulele et M'zée Laurent-Désiré Kabila.
Il les exhortait également d'être les continuateurs de leurs œuvres à travers leurs engagements politiques, leur unité et leur solidarité.
Son séjour en RDC lui a permis surtout de peaufiner et de publier ce gros volume de plus de 700 pages titré « Kabila et la Révolution congolaise ». Ce chef d'œuvre préfacé par Yerodia Abdoulaye Ndombasi analyse avec lucidité et autorité la lutte de notre deuxième héros national qui a réussi dans des conditions exceptionnelles à mettre un terme aux 32 ans de règne des tenants de la deuxième république. Un second tome de cet ouvrage était déjà en gestation, mais malheureusement, pris de court par sa maladie, cet auteur perspicace laisse ce projet inachevé.
Du travail de Ludo Martens est née une graine à jamais implantée dans la conscience révolutionnaire et nationaliste congolaise. Et cette graine deviendra un jour le gros baobab qui, en concrétisant les pensées des précurseurs de la lutte contre l'oppression et l'exploitation de notre pays dans toutes ses formes, conduira le grand Congo et son vaillant peuple vers le chemin de son développement.
• Un autre regard sur Staline
• Sankara et la révolution burkinabé
• Pierre Mulele ou la seconde vie de P. Lumumba
• Abo, une femme du Congo
• Kabila et la révolution congolaise
Programme du deuil de M. Ludo Martens décédé le 05 juin 2011 à Bruxelles
La Fondation M'zée Laurent-Désiré Kabila, Le Comité d'organisation du deuil ainsi que les Organisations et personnalités proches du défunt, en symbiose avec le Parti du Travail de Belgique, informent le public, les patriotes congolais, les camarades ainsi que les amis et connaissances de Mr. Ludo Martens que le programme de son deuil ici à Kinshasa se présente de la manière ci-après :
1. Le livre des condoléances sera ouvert le 14 juin 2011 à partir de 16 h 00 jusqu'au 15 juin 2011 à 10 h 00 au domicile du Camarade Albert Mukulubundu sis avenue Zoao no 20 Kin – Matonge (A coté de Faubourg) ainsi qu'au lieu de la commémoration (Cfr point 4 du programme).
2. Une Veillée mortuaire sera organisée la nuit du 14 au 15 juin 2011 au domicile du Camarade Albert Mukulubundu.
3. Une Messe d'action de grâce pour le repos de l'âme du défunt sera célébrée le mercredi 15 juin 2011 à 15 h30 en la Cathédrale Notre Dame du Congo dans la commune de la Gombe (Avenue Libération).
• Bref exposé sur le parcours de Ludo Martens et son apport dans la lutte de libération du peuple congolais à la fin de la messe;
4. Commémoration de l'héritage légué par Ludo Martens au peuple congolais : Juste après la messe dans la salle polyvalente de la Cathédrale Notre Dame du Congo.
• Mot de circonstances
• Projection de quelques interviews de Mr Ludo Martens
• Témoignages de différentes personnalités morales et physiques proches du disparu sur son apport dans la libération du Congo.
• Bain de consolation.
Invitation cordiale à toutes et à tous
Pour le Comité d'Organisation du deuil de M. Ludo Martens
Albert Mukulubundu Muke.


Commentaires
1. Le mardi 14 juin 2011 à 13:00, par Euphrasie Kalombo
2. Le mardi 14 juin 2011 à 13:05, par DELPHIN
3. Le mardi 14 juin 2011 à 20:36, par Jean Kalama Ilunga
4. Le mardi 14 juin 2011 à 21:57, par Le fouineur
5. Le mercredi 15 juin 2011 à 00:33, par Noble
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