30 juin 2011: Discours soporifique et démagogique de Joseph Kabila à Lubumbashi
Par Freddy Mulongo, lundi 4 juillet 2011 à 02:13 :: radio :: #1561 :: rss
Lubumbashi 30 juin 2011, Joseph Kabila saluant l’étendard la main gauche dans sa poche, gardé par un béret rouge européen.
Voici de phrases que Joseph Kabila avait prononcé dans son discours du cinquantenaire
1. Il est également indéniable que nous avons aussi connu de regrettables ratés, notamment en matière de développement, de progrès social et des droits humains.
2. Il importe d’en cerner la teneur et les causes, car nous ne pouvons nous permettre de faire l’économie d’un travail exhaustif d’évaluation.
3 Pour l’heure, l’urgence consiste à recenser nos atouts, mais aussi nos faiblesses, pour mieux baliser l’avenir.
4. Ce travail est en cours, sous la coordination du Commissariat Général du Cinquantenaire. Il se fait avec le concours d’éminents experts congolais et implique, directement, différentes couches de notre population. Toutes les conséquences en seront tirées, une fois terminé.
5. Pour l’heure, l’urgence consiste à recenser nos atouts, mais aussi nos faiblesses, pour mieux baliser l’avenir.
6. Nous entendons donc poursuivre, à un rythme plus accéléré encore, la modernisation de nos infrastructures sur toute l’étendue du territoire national.
7. Des initiatives marquantes en faveur de l’emploi, de l’éducation, de la santé, de l’habitat et du transport de masse seront ainsi prises avant la fin de cette année.
8. Nous devons bannir, et punir sans complaisance, l’atteinte à la vie et à la dignité humaines, le viol, le tribalisme, le régionalisme, le favoritisme, l’irresponsabilité, le vol, la corruption, le détournement des deniers publics, l’enrichissement sans cause, ainsi que toute autre forme d’anti-valeurs.
Un an après, relisez son discours du 30 juin 2011 à Lubumbashi. Il est plus qu’étonnant d'apprendre de Joseph kabila que tout va bien, que la situation securitaire est stable alors qu'il existe plusieurs zones de non-droits en République démocratique du Congo. La décence aurait voulu qu'il débute son discours par une minute de silence pour tous les Congolais tombés injustement durant ses dix de règne. A Bukavu, la société civile de la province du Sud Kivu a boycotté la fête de l'indépendance du 30 juin 2011 et a dénoncé l’insécurité. Que dire des autres provinces du Congo, sont-elles toutes sécurisées ?
Dans son discours soporifique, faisant l’évaluation du passé, il a noté que, « depuis quelques années, les efforts réalisés sont constants et perceptibles ». Citant notamment la paix et la sécurité qui « règnent sur toute l’étendue du territoire national » dans une « nation consolidée et démocratique » où « les institutions nationales fonctionnent normalement », l’opposition politique « jouit d’un statut légal », la CENI « installée et fonctionne comme il se doit », l’installation « dans les prochains jours » du Conseil de l’audiovisuel, une décentralisation qui « s’annonce dans notre société » et un pays qui a « repris sa place » sur l’échiquier international. « Cet élan ne faiblit pas », a-t-il constaté, signalant que « la RDC se propose d’accueillir des forums internationaux en 2011 et 2012, dont le Sommet de la Francophonie ».
Au cours du quinquennat finissant, la RDC a entrepris des actions dans la justice et l’administration publique, l’assainissement de l’appareil judiciaire, effectué le contrôle des effectifs de l’administration publique, la réhabilitation ainsi que la reconstruction et la construction des infrastructures de base (santé, éducation).
Ainsi, 40 brigades et 20 autres de l’OVD ont été remises à niveau dans les routes de desserte agricole, des ports et aéroports ont été réhabilités tandis que d’autres sont en voie de l’être. En même temps, sont en cours de réalisation dans le secteur de l’énergie la 2ème ligne de transport du courant électrique Inga-Kinshasa, les barrages hydroélectriques de Katende (Kasaï) et Kakobola (Bandundu), le rétablissement de la fourniture de l’eau potable à travers les usines de captage d’eau à Kasangulu (Bas-Congo), Lisala (Equateur) et à Tshikapa (Kasaï Occidental).
Au double plan économique et monétaire, Joseph Kabila a relevé la stabilisation du cadre macroéconomique, l’amélioration de la gouvernance, la réforme des structures économiques, la stabilité du taux de change, des réserves monétaires en courbe ascendante, un taux de croissance de 7% et une annulation de 83% de la dette extérieure de la RDC.
En outre, plus de 2.600 tracteurs et des semences améliorées ont été distribués dans le cadre de la relance du secteur agricole.
Sombrant dans l'autosatisfaction, le locataire du Palais de la Nation s'est réjouit de ce que la « politique de proximité » qu’est le micro crédit soit « désormais opérationnelle ».
Le comble de l'autosatisfaction: « nous avons réussi le pari, que d’autres qualifient de fou, du redressement économique, le pari de la renaissance du Congo ». On comprend très vite que Joseph Kabila est campagne électorale alors que les élections sont prévues fin novembre prochain, à moins de quatre mois des élections les Congolais ne savent toujours pas qui sera candidat et qui ne le sera pas. Quel candidat aura les moyens de faire le tour du Congo en moins de trois mois pour sensibiliser sur sa campagne ? Comme sous Malu Malu, la CENI est acquise à la réélection de Joseph Kabila. Déjà même des enfants de 9 ans ont de cartes d'électeurs, rien ne nous rassure que les Rwandais, Burundais, Ougandais ne vont pas voter comme pour les élections Louis Michel de 2006. Pourquoi avoir attendu des années pour mettre en place le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de Communication (CSAC) ? Le clonage de la fameuse HAM en CSAC avec des animateurs véreux nommés pour étouffer la liberté d'expression et de presse tarde à venir. ce message coïncide avec la fin du quinquennat du président Joseph Kabila. Et dans la perspective des élections prévues fin novembre prochain, Kabila dont la mouvance a déjà annoncé la candidature, va sans doute faire le bilan de son mandat. La paix, l’unité, la reconstruction, le social sont les thèmes qu’il affectionne dans la quasi-totalité de ses allocutions


Commentaires
1. Le mardi 5 juillet 2011 à 08:07, par Tiemuka s. roger
2. Le mardi 5 juillet 2011 à 20:04, par Masampu Thomas
Ajouter un commentaire