Mineurs enrôlés par la CENI, quelles réactions de la classe politique congolaise ?
Par Freddy Mulongo, jeudi 21 juillet 2011 à 16:50 :: radio :: #1600 :: rss
Campagne électorale de la CENI. Photo Réveil-FM
Le tripatouillage de la Constitution de Liège par des Joséphistes, des irrégularités constatées dès la composition de la CENI, en nommant des individus acquissent au pouvoir de Joseph kabila, la promulgation du calendrier électoral et de la loi électorale n'ont pas vraiment conduit à une levée de bois vert chez les politicailleurs congolais. Ces indignations et protestations n’ont pas fait reculer le gouvernement du Crésus Muzito, ni le parlement godillot, boîte d’enregistrement et surtout d’avoir céder aux sirènes de l’argent.
Au fil du temps, les a priori que l’opposition sous-entendait ont été confirmés par différents éléments : localisations éloignées des centres d’enrôlement, problèmes matériels voulus ou pas, les non paiements de certains agents de la CENI à dessein ou non, etc… Bref, une série de problème qui pouvait être surmontée avec un minimum de volonté politique.
L’évolution des technologies de l’information jouera un rôle important dans la publication des résultats. D’ores et déjà, nous observons les prémices de cette vulgarisation numérique par la rapidité avec laquelle les informations parviennent quel que soit le lieu du territoire où se passe l’évènement.
L’épisode récent d’enfants détenteurs de carte d’électeurs démontre à souhait qu’il sera difficile ou tout du moins, moins aisé de tromper tout le monde quant à l’issu des prochaines joutes électorales.
Les attitudes et réactions politiques face aux vidéos et photos d’enfants enrôlés par la CENI sont désespérants :
-le PPRD : le silence observé par la majorité au pouvoir tend à conforter l’idée que l’ incurie et les manquements de la CENI dans le processus d’enrôlement lui conviennent. Il aurait été « normal » et juste que ce parti se fasse également entendre suite aux évidentes irrégularités connues de tous. Ça serait scier l’arbre sur lequel il est assis.
-l’UDPS et son allié DTP ont passé un cap de la simple indignation ou protestation à la contestation. Cette différence sémantique pèse de tout son poids dans le domaine politique. Le sit-in du 4 juillet dernier constitue une manifestation importante dans la symbolique pour que rien ne soit laissé au hasard dans le camp de l’opposition.
Contrairement à la situation de 2006 où chacun, selon « ses » territoires espérait bourrer le mieux possible les urnes, et donc accordait moins d’importance à la surveillance du travail effectué par la CEI, le contexte politique de 2011 oblige les partis qui ne participent pas « aux affaires » à plus de vigilance.
Le PPRD, MLC et le RCD ayant conquis la gestion du pays par les armes, avaient eu le loisir de s’octroyer des pans entiers de l’économie et de la territoriale ; chacun espérant être plus malin que l’autre.
-Le MLC : force est de constater que la crise que traverse ce parti pèse pour beaucoup dans les options et attitudes à tenir face aux irrégularités du processus d’enrôlement. Sorti des déclarations de certains cadres, on sent comme un flottement et surtout un manque de message fort de la part des partisans de J-Pierre Bemba. On aurait ainsi l’impression que les députés et sénateurs du MLC seraient en observation en attendant un sauve-qui-peut général qui les conduira à s’accrocher au bon wagon ;
-l’UNC de Mr Kamerhe ou Kamhere (selon les bashis ou selon le site de l’unc, le « h » a un emplacement différent). Accusé à tort ou à raison de jouer le jeu du pouvoir sortant, ce mouvement mise l’essentiel de son travail sur la communication visuelle via le net. Ainsi, en dehors de photos ou de vidéos, un lourd silence pèse sur l’attitude et la position de l’unc face au travail de la CENI. A tel point qu’à l’issu de l’entretien récent que Daniel Ngoy Mulunda a accordé à Vital Kam(h)er(h)e, ce dernier déclare qu’il a fait part de ses préoccupations au président de la CENI sans pour autant expliqué aux congolais quelles sont ces préoccupations.
Etant donné le peu de crédit que lui accorde l’opposition politique, ce silence semble confirmer, selon certaines indiscrétions, l’attitude ambigüe de l’Unc.
A défaut de convenir d’un candidat commun de l’opposition, il aurait été au moins un sujet où l’opposition et même toute la classe politique devrait se retrouver, à savoir mettre la pression à la CENI pour que les irrégularités constatées soient corrigées. Si affrontement électoral aura, cela se fera-t-il dans des conditions acceptables par tous les candidats et partis politiques ?
Certaines sources de l’opposition font état d’un jeu de l’unc à double effet gagnant. C’est un exercice d’équilibriste auquel s’adonnerait Kam(h)er(e) qui consisterait soit à rejoindre sa famille politique originelle dans le cas où il ne s’impose pas comme il l’entend au sein de l’opposition, soit d’intégrer l’opposition et monnayer ses ambitions après avoir démontrer virtuellement sa capacité « populaire ».
Une chose est certaine, pour les partis de l’opposition Mr Kam(h)er(h)e n’a pour l’instant jamais démontré sa qualité d’opposant. Alors que dans le même temps des propos du Mwami de sa région et ceux de Koyagialo qui vient d'être viré du MP font apparaitre une consanguinité avec sa récente famille politique.
Vital Kamerhe qui prépare le congrès de l'UNC qui se tiendra du congres du 28 au 31 juillet 2011 Au complexe GB à Kinshasa tentera de dissiper tout malentendu.
Pour l’opposition politique, en particulier les partis qui soutiennent Etienne Tshisekedi, être dans l’opposition est un sacerdoce, un combat pour un idéal qu’il est difficile de dénigrer. Il est certain, qu'une opposition politique au Congo se bat sans accès aux médias publics, sans argent public pour le changement en République démocratique du Congo.


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