Union-Européenne: Les observateurs électoraux, un business qui paye très bien: 150 à 200 euros par jour, billet d'avion compris !
Par Freddy Mulongo, mardi 2 août 2011 à 19:53 :: radio :: #1630 :: rss

Quelques candidats des élections Louis Michel de 2006. Photo Réveil-FM, archives
L'Union européenne déploiera une mission d'observation électorale (MOE) en République Démocratique du Congo à l'occasion des élections présidentielles et législatives prévues pour le 28 novembre 2011. Cette mission, déployée six à huit semaines avant les scrutins, sera dirigée par Mme Mariya Nedelcheva, membre du Parlement européen. L'Union européenne envers ce processus démocratique et s'ajoute au soutien financier pour le cycle électoral qui s'élève à 47,5 millions d'euros" a déclaré Catherine Ashton, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission.
Peu curieuses ou tenues à l'écart des tricheries, certaines missions de l'Union européenne sont une aubaine pour les pays "invitants". C'est le cas de la République démocratique où des Joséphistes nous bombardent avec des e-mails annonçant en grande pompe, la descente des observateurs de l'Union européenne en République démocratique du Congo.
Les missions d'observation de l'Union européenne permettent aux pays africains de s'offrir une caution internationale et de conforter le pouvoir sortant qui ne veut jamais partir. D'autre part, des rapports électoraux franchement critiques sont inopérants et jamis pris en compte. Leur publication intervient souvent plusieurs mois après le srcutin. Quand tout est oublié ! Exemple: les législatives de février 2011 au Tchad. Un observateur français, les qualifie de "mascarade". Les remarques gênantes de la mission dont il était membre n'ont été rendues publiques...que le 27 mai 2011. Quelques jours après le vote, Cathérine Aston, ministre des Affaires étrngères de l'Union européenne, a donc salué le "bon déroulement" des opérations dans un "climat apaisé et serein". Au pouvoir depuis son coup d'Etat de 1990, le dictateur Idriss Déby en est sorti plus fort. Et en avril 2011, il a été triomphalement réélu président. Cette fois sans témoins internationaux.
Autre parodie, il y 5 mois, en Centrafrique. L'Onu et Bruxelles avaient pourtant dépensé 9,5 millions et Paris 500.000 euros pour l'organisation du scrutin présidentiel et le déplacement des observateurs. Dans leur rapoort: urnes fictives ou bourrées, bulletins non comptés (25%), violences et intimidations d'opposants. Et "réélection" (65% au premier tour) du général Bozizé...
Les experts internationaux ont relevé des facéties du même calibre au Congo Brazzaville de Denis SassouN guesso et en Mauritanie (juillet 2009) ainsi qu'au Togo avec la réélection de Faure Eyadema en févriel 2010.
Certes, les observateurs ne sont pas toujours de simples faire-valoir. Leur rapport a, par exemple, été reconnu lors des récentes élections en Gunée et en Côte d'Ivoire en novembre 2010, qui ont soit disant abouti à une alternance. La reconciliation des Ivoiriens est une prérogative importante si l'on ne souhaite pas que ce pays sombre dans les abîmes, quoique l'on dise la Côte d'Ivoire n'a pqs encore pansé ses plaies: Gbabo-Ouattara !
"Et l'arrivée d'une délégation étrangère est toujours un signe d'espoir pour les populations opprimées", constate une habituée des missions dans les ex-Républiques soviétiques. "Le problème, renchérit, un familier de l'Afrique, c'est que nos critiques-même virulentes-ne sont pas suivies de mesures de contraintes à l'égard des régimes." Ainsi, alors que le rapport sur la présidentielle éthiopienne, en 2005, s'annonçait calamiteux, Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, avait , comme le raconte "Jeune Afrique", invité en grande pompe à Bruxelles le vainqueur et le roi de la fraude, Meles Zenawi.
Pour certains "observateurs", les conditions matérielles des missions ne sont pas à négliger. Le job est dépaysant et bien rénuméré: de 150 à 200 euros par jour, billet d'avion payé. Les experts dits "de long terme", qui préparent durant de mois, sur le terrain, l'arrivée de leurs collègues " de court terme", peuvent, eux, toucher plus de 10.000 euros mensuels.
Mais l'appât du gain ou la sympathie pour un régime généreux suscitent d'autres vocations. Souvent sous le couvert, parfois, d'un organisme bidon, des élus, des juristes ou des universitaires s'improvisent "observateurs indépendants". En République démocratique du Congo, lors des éections Louis Michel de 2006, Serge Baily, qui était le représentant du Gret. Un belge qui sous-traîtait les affaires françaises, je l'avais croisé à Lubumbashi comme observateur des élections. Ce tintouin au Congo qui s'en prenait aux journalistes qui critiquaient la politique de la Belgique avait trouvé le moyen de se faire accréditer comme observateur des élections. Bizarre non ?
Les observateurs internationaux avaient cautionnées les législatives organisées par le dictateur Ben Ali, dont ils soulignaient "l'intégrité et la transparence". Il fallait oser !
Burkina Fao en novembre 2010, les observateurs internationaux ont salué la troisième réélection (irrégulière) du président Blaise Compaoré. Au Congo-Brazzaville en juillet 2009, des observateurs internationaux ont porté la soupe à l'inoxydable Denis Sassou Nguesso. Il s'est trouvé des témoins complaisants pour "Juger, transparente et crédible" la présidentielle de Djibouti en avril 2011. Ismaël Omar y a été sacré avec 80% des voix.
Des Joséphistes nous bombardent avec des e-mails sur la venue des observateurs de l'Union européenne, les élections présidentielles de novembre 2011 seront -elles clonées à celles de Louis Michel de 2006 où Joseph Kabila était connu connu comme vainqueur d'avance dans toutes les chancelleries de Kinshasa ?


Commentaires
1. Le mercredi 3 août 2011 à 02:35, par Gaston Médard
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