La cathédrale Notre-Dame de Reims visitée par des journalistes de la presse étrangère
Par Freddy Mulongo, mardi 23 août 2011 à 09:32 :: radio :: #1677 :: rss

La très célèbre cathédrale de Reims. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Monseigneur Thierry Jordan, Archevêque de Reims lors de son allocution. Photo Réveil-FM, Henri Martin

Madame Adeline Hazan, Maire de Reims. Photo Réveil-FM, Henri Martin
L'allocution de Madame Adeline Hazan. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Clovis roi des Francs fut baptisé dans la cathédrale de Reims. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Dalle commémorative de la rencontre Général de Gaulle et le chancelier Allemand Adenauer. Photo Réveil-FM, Henri Martin
En 401, une première cathédrale fut consacrée à Reims sur d'anciens thermes gallo-romains. Déjà dédiée à la Sainte Vierge, cet édifice accueillit le baptême de Clovis consacré par l'évêque saint Remi (le 25 décembre d'une année comprise entre 496 et 499 selon certains historiens). En 816, le fils de Charlemagne, Louis Ier le Pieux choisit Reims pour y être sacré empereur. C'est le premier sacre d'un monarque français à Reims. En 852, l’évêque Hincmar consacre une deuxième cathédrale bâtie à l’emplacement de la première. Sous l'Ancien Régime, celle-ci devient le lieu du sacre des rois de France.
À partir de 976, l'évêque Adalbéron de Reims fait embellir la cathédrale carolingienne. L'historien Richer de Reims, élève d'Adalbéron, nous donne une description très précise des travaux effectués par l'archevêque :
« Dans les premiers temps de sa promotion, il s'occupa beaucoup des bâtiments de son église. Il abattit entièrement les arcades qui, s'étendant depuis l'entrée jusqu'à près du quart de la basilique, la coupaient jusqu'en haut, en sorte que toute l'église, embellie, acquit plus d'étendue et une forme plus convenable. Il plaça, avec les honneurs qui lui étaient dus, le corps de saint Calixte, pape et martyr, à l'entrée même de l'église, c'est-à-dire dans un lieu plus apparent, et il y éleva un autel avec un oratoire très bien disposé pour ceux qui y viendraient prier. Il décora l'autel principal de croix d'or et l'enveloppa d'un treillis resplendissant (…). Il éclaira cette même église par des fenêtres où étaient représentées diverses histoires et la dota de cloches mugissantes à l'égal du tonnerre. » — Richer de Reims, Histoires, v. 9902.

L'artiste Allemand Imi Knoebel qui a créé les vitraux de la cathédrale de Reims. Photo Réveil-FM, Henri Martin

Imi Knoebel devant l'un de ses vitaux crées. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Vitraux crées. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Vitraux crées. Photo Réveil-FM, Henri Martin

Vitraux crées. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Le 6 mai 1211, l'archevêque de Reims Albéric de Humbert lance la construction de la nouvelle cathédrale de Reims (l'édifice actuel), destinée à remplacer la cathédrale carolingienne détruite par un incendie l'année précédente. Quatre architectes se succédèrent sur le chantier dont le gros œuvre fut achevé en 1275 : Jean d'Orbais, Jean-le-Loup, Gaucher de Reims et Bernard de Soissons.
En 1481, un incendie ravage l'édifice.
Le prestige de la sainte Ampoule et la puissance politique des archevêques de Reims aboutirent à partir d'Henri Ier (1027) à fixer définitivement le lieu du sacre à Reims. Tous les rois de France capétiens, à l'exception d'Hugues Capet, Robert II, Louis VI, Henri IV et Louis XVIII, se sont fait sacrer dans la cité rémoise.
Lorsque Louis IX se fait couronner en 1226, la cathédrale telle qu'on la connaît aujourd'hui est encore en construction.
Le sacre de Charles VII en 1429 revêt une importance toute particulière, en cela qu'il inverse le cours de la guerre de Cent Ans grâce à la ténacité de Jeanne d'Arc dont une statue trône dans la cathédrale.
La cathédrale glorifie la royauté. Sur la façade, au centre de la galerie des rois composée de 56 statues d'une hauteur de 4,5 mètres, Clovis trône entouré de sa femme sainte Clotilde et de saint Remi.
Bien que Reims soit le symbole du pouvoir royal puisque les rois s'y font sacrer, les troubles de la Révolution française n'ont pas atteint l'ampleur que l'on a pu constater ailleurs comme à Chartres où la structure-même de la cathédrale s'est trouvée menacée. Certaines statues sont cassées, des portails arrachés, le sceptre et la main de justice brûlés4. La cathédrale est transformée en magasin à fourrage et le projet de la raser est rapidement abandonné. En 1860, Eugène Viollet-le-Duc dirige les travaux de restauration de la cathédrale de Reims.
La cathédrale de Reims a été qualifiée de « cathédrale martyre » car, en 1914, peu après le début des hostilités, elle commence à être bombardée par les Allemands. Les premiers obus tombent sur la ville de Reims et sur la cathédrale le 4 septembre 1914, juste avant l'entrée dans la ville des troupes allemandes. En urgence, les abbés Jules Thinot et Maurice Landrieux installent un drapeau blanc pour faire cesser les bombardements.
Le 13 septembre, l'armée française reprend la ville, mais les Allemands se sont solidement retranchés aux environs immédiats de Reims et les bombardements reprennent le 146.
Le 19 septembre 1914, vingt-cinq obus touchent la cathédrale7. Un échafaudage resté en place sur la tour nord prend feu vers 15 h, permettant à l'incendie de se communiquer à toute la charpente. Le plomb de la toiture fond et se déverse par les gargouilles, détruisant la résidence des archevêques : le palais du Tau. Par la suite, les riverains le ramassèrent et le restituèrent à l'issue du conflit. La destruction du monument entraîne une forte vague d'émotion à travers le pays. Plusieurs prisonniers blessés allemands réfugiés dans la cathédrale sont tués7.
La cathédrale est restaurée sous la direction d'Henri Deneux, natif de Reims et architecte en chef des monuments historiques, avec l'aide précieuse de mécènes américains (notamment la famille Rockefeller). Le chantier débute en 1919 et dure encore de nos jours. La charpente de chêne, détruite, est remplacée par une remarquable structure, plus légère et ininflammable, constituée de petits éléments préfabriqués en ciment-armé, reliés par des clavettes en chêne pour garantir la souplesse de l'ensemble.
Deneux s'est inspiré d'un ingénieux système inventé par l'architecte Philibert Delorme au XVIe siècle. Son faible encombrement a permis le dégagement d'un vaste espace, formant une véritable nef, au-dessus du voûtement.
Vue partielle de l'assistance. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Vue partielle de l'assistance. Photo Réveil-FM, Henri Martin


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