Angers, son château historique !
Par Freddy Mulongo, mardi 6 septembre 2011 à 01:02 :: radio :: #1707 :: rss

Le château d'Angers, un monument historique.
Le château d’Angers, aussi appelé château du roi René (René Ier de Naples) ou encore château des ducs d'Anjou, est situé dans la ville d’Angers dans le département de Maine-et-Loire en France La forteresse est édifiée sur un promontoire de schiste ardoisier qui domine la Maine. Le site fut occupé dès l’Empire romain à cause de sa position défensive stratégique. Par la suite, les comtes d'Anjou y installent leurs demeures, jusqu'à la fin de l'Empire Plantagenêt qui voit le royaume de France conquérir le comté d'Anjou. Louis IX fait construire le château actuel au XIIIe siècle tandis que les ducs d'Anjou vont le transformer en résidence seigneuriale au XVe siècle. Au XVIIe siècle, le roi ordonne la destruction du château, mais seule la partie supérieure des tours sont détruites. Il sera par la suite transformé en prison, puis en garnison et dépôt de munition pendant la Seconde Guerre mondiale. Au début du XXIe siècle, il héberge la Tenture de l'Apocalypse et est un des sites touristiques les plus visités du Maine-et-Loire. Sa mise en tourisme est gérée par le Centre des monuments nationaux.
L'emplacement du futur château d'Angers est stratégique. Il va se situer sur le flanc ouest de la colline de la Cité, le point le plus haut d'Angers, avec 47 mètres. L'altitude du château oscille entre 35 et 45 mètres. Elle domine la Maine, qui coule à une altitude de 20 mètres environ. La colline elle-même se compose de schiste ardoisier.
En 1997, lors de fouilles préventives, un cairn a été mis au jour à l'ouest de la cour, sous les vestiges de l'ancien château comtal. Construit aux alentours de -4500, le cairn se composait de quatre, peut-être cinq, chambres funéraires. Il faisait environ 17 mètres de diamètre, et était entièrement construit en dalles de schistes. Par ailleurs, le façonnage de ces plaques laisse percevoir la maîtrise de l'exploitation ardoisière dès le néolithique.
Peu d'indices laissent à penser que le site fut ensuite occupé par la tribu gauloise des Andécaves. En revanche, il fut occupé par les gallo-romains, en même temps que s'implantait la ville de Juliomagus. Au début consacrée à l'habitat, les Romains construisirent ensuite à l'extrémité du promontoire une terrasse surplombant les bords de la Maine, dans laquelle ils intégrèrent un édifice, peut-être un temple.
À la fin du IIIe siècle, les migrations des peuples germaniques apportent un état d'insécurité croissant. Les habitants de la région se réfugient alors à Juliomagus, et entourent la cité d'une enceinte, haute de 10 à 12 mètres. Une partie des remparts gallo-romains traversaient l'actuel château d'ouest en est. À son extrémité ouest, sous la galerie de l'Apocalypse, au niveau de la chapelle Saint-Laud, se trouvent les vestiges d'une tour de l'enceinte urbaine. On y trouvait également une porte, mentionnée comme la « porte de Chanzé », dont les vestiges se trouvent enterrés sous le remparement sud-ouest.
Vestige de l'ancienne aula carolingienne. En 852, l'évêque d'Angers permet au comte d'Anjou de s'installer sur un terrain, « près de l'enceinte ». Cette position permet de surveiller la Maine à une époque où Angers était vulnérable aux raids normands. Cela ne les empêchera pas de s'emparer à plusieurs reprises de la ville. Dans le même temps, les Bretons effectuent des raids et s'emparent d'une partie du territoire angevin. C'est une fois la période de troubles et d'invasions terminée que les comtes d'Anjou édifient le premier château. Celui-ci ne subira jamais de siège, et sera très peu fortifié, car les comtes d'Anjou vont peu à peu soumettre le Poitou, le Maine, et enfin, la Normandie et l'Aquitaine. Le château est mentionné comme une aula et non comme un castrum. De ce fait, il sera constitué en majorité de bâtiments d'habitations. La Grande Salle, ou Aula a été construite à l'extrémité ouest du promontoire, probablement sur l'ancienne terrasse antique tandis qu'une cuisine prenait appui sur l'ancienne enceinte gallo-romaine. Une porte fortifiée a été dégagée en 1953 : massive (11 mètres sur 8), elle jouait sans doute le rôle de donjon.
Vers le XIIe siècle, le château passe sous le contrôle de la dynastie des Plantagenêts. En 1132, un incendie le dévaste. En reconstruisant, on double la Grande salle, côté Maine, de plusieurs appartements et on érige une porte[10]. Enfin, on érige la chapelle Saint-Laud, à l'extérieur de l'enceinte romaine sur laquelle elle appuie sa façade nord. C'est une chapelle à nef unique, voûtée en berceau brisé, ne présentant qu'une unique absidiole sur sa façade sud. Angers est alors au cœur de l'Empire Plantagenêt.
En 1214, suite aux batailles de Bouvines et de la Roche-aux-Moines, le roi de France Philippe Auguste confisque l'Anjou à Jean sans Terre et réunit la province au domaine royal. Cela ramène alors les frontières royales plus près du Duché de Bretagne, qui ne cache pas son hostilité au Royaume de France. Les Bretons parviennent à prendre Angers en 1227 mais en sont rapidement chassés par les troupes de Louis IX, qui entame dès lors la construction d'une forteresse royale. Pour la mener à bien, Louis IX fut obligé d'expulser les chanoines de Saint-Laud, ainsi qu'une partie des habitants de la ville, afin de pouvoir ériger une forteresse étendue sur 2,5 hectares. Près d'un quart de l'ancienne Cité est alors détruit pour permettre l'agrandissement de la forteresse. La construction du château prit une douzaine d'année (1230-1242). C'est l'acte de naissance de la forteresse telle qu'on la perçoit aujourd'hui : une enceinte de plus de 800 mètres de long, ponctuée de 17 tours. Seul le flanc nord, abrupt, face à la Maine, ne fut jamais fortifié. Louis IX ne s'arrêta pas là, puisqu'il décida également d'englober la ville dans une enceinte urbaine.
L'Anjou sera alors laissé en apanage à son frère Charles Ier. Il sera à l'origine de la dynastie capétienne d'Anjou. Cependant, appelé par le pape en Italie, Charles et ses prédécesseurs marqueront peu de leur empreinte le château, qui revient dans le giron royal en 1290. Angers perd alors son rôle politique, et les logis se dégradent.
Le duc René d'Anjou peint par Nicolas Froment.L'Anjou devenu duché en 1360, une nouvelle dynastie, issue de la Maison de Valois, va prendre place à Angers. Louis Ier va commencer par rénover le logement du sénéchal, derrière la porte de la Ville, avant 1370, puis il réaménage la Grande salle, dans laquelle il perce de nouvelles fenêtres, plus larges, et où il installe une monumentale cheminée. Il va également construire une nouvelle cuisine, quatre fois plus grande que l'ancienne cuisine comtale qu'elle jouxte. Il charge son architecte comptable, Macé-Delarue, de l'entretien et de la réfection du château Son successeur, Louis II, va ériger, vers 1410, le Logis royal et la chapelle. Enfin, le duc René d'Anjou va adjoindre une galerie au Logis royal, puis bâtir le châtelet et une série de corps de logis dans les années 1450.
Retour sous l'autorité royale René d'Anjou fini par entrer en conflit avec son neveu, le roi de France Louis XI à propos de l'héritage du duché. Louis XI décide de s'emparer du duché par la force, et vient en Anjou en 1474 avec son armée, forçant René à renoncer à son projet de succession. Louis XI installe aussitôt une garnison dans le château et en confie le commandement à Guillaume de Cerisay. En 1485, Louis XI fait recreuser les fossés, qui étaient jusqu'ici simplement ébauchés[19]. Par la suite, Jean Bourré est nommé capitaine du château et le dote en artillerie.
En 1562, on décide d'adapter le château aux nouvelles techniques de guerre. L'architecte Philippe Delorme est chargé des plans des travaux, qui sont réalisés par Jehan de l'Espine[20]. On installe des terrasses d'artilleries au sud, côté cour, et derrière le rempart nord, entre la porte et le logis de gouverneur, où on encastre des boulets. Un bastion avancé est construit en avant de la porte des champs. On élargit également une nouvelle fois les fossés.
En 1585, en pleine guerre de religion, les catholiques et les protestants se disputent le château. Henri III donne alors l’ordre de le raser afin qu’aucun des partis ne puisse l'utiliser contre lui. C'est au gouverneur du château, Donadieu de Puycharic, de mener la démolition à bien. On décoiffe les tours et on abat le couronnement. La démolition est lente : les travaux sont suspendus à six reprises, puis finalement abandonnés à la fin des luttes. En 1595, on aménage des nouvelles terrasses d'artilleries, puis on transforme certaines meurtrières en canonnières.
Le château est encore utilisé en 1648, quand les bourgeois d'Angers se révoltent contre le gouverneur, puis de nouveau pendant La Fronde. En 1661, Louis XIV ordonne à d'Artagnan d'arrêter Nicolas Fouquet, surintendant des finances, que le roi soupçonne d'avoir détourné 12 millions de livres au Trésor Royal. Après son arrestation au château de Nantes, Fouquet est conduit au château d'Angers. Au cour du XVIIIe siècle, le château commence à souffrir du manque d'entretien.
Graffiti d'un prisonnier anglais.Pendant la Révolution, en 1789, le château devient le siège du Comité Révolutionnaire d'Angers. Au début de messidor an I (fin juin 1793), les Vendéens assiègent la ville et son château.
En 1806, on autorise la démolition de l'ouvrage avancé de la porte des Champs pour mettre en place un boulevard. La château est transformé l'année suivante en prison civile et militaire. En 1813, la chapelle est coupée par un étage afin d'accueillir deux cents marins anglais prisonniers des Guerres napoléoniennes. Deux ans plus tard, suite à la défaite définitive de l'empereur, les Prussiens occupent la forteresse. Elle est ré-occupée en 1817 par l'armée française, qui la transforme en arsenal et en garnison. En 1857, le Conseil Général devient propriétaire du château pour la somme de 20 000 francs, mais doit en contrepartie s'occuper de l'entretien des parties historiques du site. Le château est classé en 1875, alors que l'armée dégrade le Logis royal et la chapelle et met en place des constructions militaires.
Au XXe siècle, des négociations ont lieu entre l'armée et les Beaux-arts concernant le château, mais elles sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Les Allemands occupent le site, et y entreposent leurs munitions. Les 15 et 16 mai 1944, l'armée allemande procède à l'évacuation des hommes et munitions présents, par crainte des bombardements alliés. Dix jours plus tard, les 25 et 26 mai, Angers subit son premier bombardement. Six bombes tombent sur le château, dont 3 dans l'enceinte même. Une voûte de la chapelle s'effondre, le Logis royal est incendié, les toitures sont arrachées.
En 1945 démarre la reconstruction de la chapelle, sous la direction de l'architecte Bernard Vitry. Les constructions militaires légères sont démontées. En 1948, on plante les jardins, et on ouvre le château au public. La restauration de la chapelle est complétée trois ans plus tard. En 1952, la décision est prise de construire un bâtiment pour accueillir la tenture de l'Apocalypse. Celui-ci est inauguré le 30 juillet 1954.
L'aspect général extérieur de la forteresse date presque entièrement de l'époque de Louis IX et évoque de manière monumentale le rôle militaire du château. En revanche, l'intérieur et les bâtiments de la cour, plus tardive, construit entre Louis Ier d'Anjou et le Roi René, rappelle le rôle résidentiel de la cour d'Anjou entre le XIVe et XVe siècles.


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