Qui a dit que le Katanga était le fief acquis de Joseph Kabila ? Pourquoi l'évasion des prisonniers dont Kyungu Mutanga appelé Gédéon ?
Par Freddy Mulongo, jeudi 8 septembre 2011 à 21:16 :: radio :: #1716 :: rss

Kyungu Lutanda appelé commandant Gédéon. Photo Réveil-FM, archives
Nous affirmons sans ambages que l'opération "Vélos, argents contre arme" du Parec, de Daniel Ngoy Mulunda est une fumisterie. L'évasion de Gédéon prouve à dessein que les Maï-Maï n'ont jamais été désarmés, et qu'avec plus de 850 prisonniers dans la nature, rien n'est sûr que Gédéon et ses échappés de Kasapa ne vont pas entrer en résistance contre le gouvernement central, de Joseph Kabila.
Les Fardc n'ont jamais reussi à déloger Kyungu Mutanga alias Gédéon, chef des Maï-Maï, dans son maquis à Mitwaba dans le Nord du Katanga, pourtant traqué depuis novembre 2005 par l'armée congolaise qui avait engagé plus de 3. 000 hommes.
Les combattants Maï-Maï, initialement regroupés au sein de milices locales d'auto-défense, ont été armés et équipés sous M'zée pendant les dernières guerres sur le sol congolais. Ils ont d'abord été sollicités pour l'aider dans sa conquête du pouvoir (1996-97) contre le Maréchal Mobutu Sese Seko, puis pour barrer la route aux troupes rebelles soutenues par le Rwanda (1998-2003).
Après la fin de la dernière guerre en 2003, plusieurs chefs Maï-Maï, dont Gédéon, avaient estimé n'avoir jamais été récompensés correctement de leur engagement patriotique et avaient refusé de rendre les armes. A-t-on oublié, qu'en raison de son soutien armé et financier aux milices Maï-Maï jusqu'en 2003, l'Etat congolais sous Joseph Kabila a été condamné par le tribunal militaire de Kipushi à payer à l'ensemble de 75 familles de victimes 17 millions de dollars ?
L'Etat-major de l'armée congolaise a cependant toujours nié avoir des relations avec des chefs Maï-Maï du Katanga, comme du Kivu.
Exemple frappant, lors de la 2ème audience publique du procès opposant le ministère public à Kyungu Mutanga alias Gédéon, on avait entendu des choses ! Comme lors de la 1ère audience, Kyungu Mutanga s’est présenté torse et pieds nus devant le tribunal militaire de Kipushi, à 30 Kms de Lubumbashi. Il était en tenue traditionnelle, colliers et chapelets autour de son corps, son cou et ses bras. Son épouse était également torse nue. Gédéon s’était couvert d’une cagoule comme lors de la 1ère audience. Le président du tribunal a exigé qu’il l’ôte et lui a été interdit de la porter lors de prochaines audiences. Kyungu Mutanga alias Gédéon s’est adressé au tribunal en ces termes. « Si je suis venu à Lubumbashi, c’est parce qu’il y a des gens qui sont venus me voir à Mitwaba pour me dire que le chef de l’Etat, Joseph Kabila, me cherchait. Ils m’ont dit que je ne ferai que 2 à 3 jours seulement à Lubumbashi ». Gédéon Kyungu Mutanga avait ajouté qu’il était surpris de se retrouver devant le tribunal. Kyungu Mutanga Gédéon avait déclaré que son mouvement avait été créé pour combattre les militaires rwandais et ougandais. Il avait nié avoir tué des civils, ou pillé leurs biens. Gédéon expliquait que s’il avait tué des militaires FARDC, c’est parce qu’ils pillaient, tuaient et violaient des femmes et des filles dans les villages.
Trois témoins impotants avaient comparu, au tribunal militaire de Kipushi, à 30 Kms de Lubumbashi. Parmi eux, le commandant chargé des renseignements à la 6e région militaire et Mr Kasasa Mwende, ancien médiateur entre Gédéon et la Monuc lors de sa reddition en mai 2006.
Le lieutenant-colonel Mujinga Timothée, officier des renseignements à la 6è région militaire, avait déclaré que l’ancien chef de guerre était d’abord considéré comme un allié car il soutenait l’armée régulière dans sa lutte contre l’agression rwandaise et ougandaise. C’est en 2003 que Gédéon s'était détourné de son objectif, en pillant les installations militaires des FARDC, emportant des armes et tuant plusieurs militaires. Gédéon avait réfuté ce témoignage.
Quant à Kasasa Mukalay Sauveur, qui avait facilité, jadis, les négociations entre la Monuc Katanga et Gédéon, il avait affirmé que son objectif était de faire arrêter la guerre dans le secteur de Mituaba. Il avait conclu que le gouvernement lui devait.
Enfin, l'ex-chef milicien Maï-Maï, le "Commandant Gédéon", sévissant au Katanga a été condamné à la peine de mort pour "crimes de guerre, crimes contre l'humanité, mouvement insurrectionnel, terrorisme et homicide commis au ‘’Triangle de la mort’’, zone située entre les territoires de Mitwaba et Pweto, district du Haut-Katanga, à Manono dans le Tanganyika et à Malemba- Nkulu dans le Haut-Lomami" .
Selon l'acte d'accusation, Kyungu Mutanga, alias Gédéon, était poursuivi pour des crimes commis entre 2003 et 2006.
Son épouse, ainsi qu'un de ses six co-accusés, Kasereka, ont été condamnés respectivement à sept et dix ans de prison ferme. Cinq prévenus ont été acquittés faute de preuve par le tribunal présidé par le capitaine Keli Ndenga.
Principal chef d'une milice d'auto-défense Maï-Maï, Gédéon Kyungu Mutanga s'était rendu de son propre gré en mai 2006 à la Mission de l'ONU (Monuc) à Mitwaba, avant d'être transféré à Lubumbashi.
Le premier président de la Cour militaire du Katanga, le colonel Simon Kalongo qui a prononcé ce verdict, a indiqué, dans la lecture de rappel du jugement antérieur des prévenus, que l’arrêt portait sur les 103 victimes de la partie civile contre M. Gédéon Kyungu Mutanga et ses 25 membres. Le recrutement d’enfants mineurs dans son mouvement, les violences sexuelles, travaux forcés et disparition de personnes sont autant d’autres infractions retenues à charge de ce seigneur de guerre. Me Michel Kayembe, avocat de la partie civile, s’était réjoui de cette sentence qui condamnait Gédéon Kyungu à la peine capitale et ses membres à différentes années de servitude pénale selon les grades et fonctions des opérateurs du mouvement.
Pour sa part, Me Arsène Nkulu, avocat de la défense, avait déploré les conditions dans lesquelles le verdict s’était passé, car selon lui, les prévenus n’avaient pas écouté le jugement faute de sonorisation.
A l'époque, le condamné Gédéon Kyungu n’avait fait aucune déclaration à la presse par rapport au jugement porté contre lui.
La Cour était composée de : Premier président, colonel Simon Kalongo : Juge, major Mangesha ; Juge assesseur, colonel Shabani.
Le ministère public avait été représenté par le major Richard Longoango
L'opération, baptisée "Triangle de la mort", de Daniel Ngoy Mulunda devrait permettre de récupérer des armes à Manono, se poursuivre à Mitwaba, Pweto et Moba, des localités situées à entre 400 et 600 km au nord et nord-est de Lubumbashi, dans le katanga. Le pasteur Ngoy Mulunda, président de l'ONG Parec, affirmait oeuvrer "pour la paix, la transformation de conflits et la réconciliation nationale". Parec prévoyait la distribution en un mois d'environ 4.000 vélos, acheminés par avion de Lubumbashi. Cette opération, d'un coût estimé à 70.000 dollars, était "financée à 100% par Joseph Kabila", affirmait le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Fin avril 2005, cinq journalistes congolais, qui accompagnaient le pasteur Mulunda, avaient été pris en otage pendant plusieurs jours dans le Haut Lomami (Nord-Katanga) par des miliciens locaux Maï Maï qui réclamaient plus de vélos contre leurs armes. Alors que nous étions présents à Lubumbashi pour une réunion du Pool sud-Est des radios communautaires, notre déclaration contre cette prise d'otage a été largement diffusée sur RFI.
Quant au pasteur Daniel Mulunda, interrogé après sa libération, sur les risques de cette opération qui court-circuitait le programme national de désarmement, le pasteur avait estimé que la Monuc et la Conader avaient "échoué" et affirmait que sa "seule préoccupation" était de contribuer "à la paix".
"Ce sont les Maï Maï eux-mêmes qui ont fait appel à moi, avait-t-il affirmé. Le problème de la démobilisation n'est pas mon affaire. Ce qui me préoccupe, c'est la récupération des armes distribuées pendant la guerre" de 1996-97, au cours de laquelle des milices locales Maï Maï avaient été armées par le gouvernement.
Qu'est-ce que Daniel Ngoy Mulunda avait promis à Gédéon Kyungu Mutanga ? L'opinion a droit de savoir.
On se souvient encore en mai 2006, Daniel Ngoy Mulunda, accordait 4 jours à la responsable de la Monuc au Katanga, Mme Magda Gonzales, pour quitter la province. Il l’avait fait savoir au cours d’une conférence de presse qu’il avait animée à son domicile de Lubumbashi.
Au cas où l’intéressée ne quittait pas la province, le pasteur aurait pris des dispositions pour se charger d’elle. Parlant du dispositif de sécurité qui avait été renforcé autour de Mme Gonzales, le président de l’Ong Programme oecuménique de paix, Transformation des Conflits et réconciliation (Parec), indiquait que tant qu’elle était au Katanga, elle n’était pas en sécurité. « La véritable sécurité pour elle est de la faire partir du Katanga ». Personne ne s'était offusquée contre les menaces sur Mme Gonzales. C’était la troisième fois que le pasteur Mulunda réclamait le départ de Mme Gonzales du Katanga. La première fois c’était lors d’une conférence de presse le 15 mai 2006 au Park hôtel. La deuxième fois c’était au cours d’un rassemblement populaire, le 20 mai 2006. Le pasteur Mulunda reprochait à Mme Gonzales « des manipulations » et « désinformation ».
Le Parec, « dénonce avec la dernière énergie la politique d’intoxication et de désinformation menée par Mme Magda Gonzales, responsable de la Monuc au Katanga », avait déclaré le 15 mai 2006, le gourou de Joseph Kabila. Il accusait également la représentante de la Monuc d’avoir alimenté des rapports d’Ong accusant Joseph Kabila et le général John Numbi (chef d’état-major des forces aériennes en RDC) d’avoir distribué des armes aux Maï-Maï, dans le cadre des Forces d’Auto-défense Populaire (Fap).
Lorsquele principal chef milicien du Katanga, Kyungu Mutanga dit « Gédéon », s’était rendu à la Monuc. Il aurait refusé de se livrer aux autorités congolaises, craignant d’être exécuté « pour éviter qu’il ne révèle des informations sur des soutiens présumés dont il aurait bénéficié pendant la guerre au sein de l’armée ».


Commentaires
1. Le jeudi 8 septembre 2011 à 21:30, par imeka claude
2. Le vendredi 9 septembre 2011 à 00:23, par djo mukang
3. Le vendredi 9 septembre 2011 à 03:05, par tshamala
4. Le vendredi 9 septembre 2011 à 11:59, par Katshin
5. Le samedi 10 septembre 2011 à 17:58, par ALIBABA
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