La Palestine: Une autre démarche au Proche-Orient ?
Par Freddy Mulongo, mardi 27 septembre 2011 à 13:27 :: radio :: #1753 :: rss

Le siège que les Palestiniens espèrent obtenir aux Nations unies, symbolisé par une chaise en olivier tapissée de velours bleu aux couleurs de l'ONU, est arrivé à New York, siège de Nations Unies, le 15 septembre 2011, après une campagne civile financée par des hommes d'affaires palestiniens.
Le Quatuor avait aussitôt endossé ses propositions. mais depuis lors, il n'était pas parvenu à s'entendre sur la manière de les mettre en oeuvre. les Américains poussaient à l'adoption des frontières de 1967 comme base des discussions sur la sécurité, en admettant divers aménagements territoriaux équilibrés. Maintenant ils demandent de plus en plus que les Palestineiens reconnaissent le caractère d'Etat juif d'Israël, ce qui serait préjuger de la négociation dans le dossier des réfugiés: les Russes et les Européens s'y opposent, et le Quartette divisé a renoncé à faire conna^tre sa position au lendemain d'une rencontre ministrielle à Washington au début de juillet.
A New York, le 23 septembre 2011, le Quartette s'est donc conceentré sur le calendrier de reprise des discussions israélo-palestiniennes; por ce qui est du contenu de la négociation, il se réfère à des formules sibyllines qui font allusion à des documents antérieurs-discours Obama du 19 mai dernier, résolutions du Conseil de sécurité, termes de la "feuille de route" qu'il a promulguée et qui fut acceptée par les parties, non sans réserve, Accords d'Oslo...Alors quil avait vigoureusement condamné dans le passé la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, le Quartete se contente de faire prudemment référence à sa position, sans la répéter expressément.
L'idée de fixer un échéancier a été développée à la tribune des Nations Unies par Nicolas Sarkozy, qui avait l'ambition de réunir les protagonistes à Paris au début de septembre déjà. Dans le but de restaurer la confiance entre Israéliens et Palestiniens, une réunion préparatoire sur l'ordre du jour et la méthode de négociation est envisagée dans le délai d'un mois; dans les trois mois, les parties devraient avoir présenté des propositions complètes sur les questions de délimitation territoriale et de sécurité et progresser substantiellement en vue de les résoudre au cours des six mois suivants, le tout ne devant pas aller au-delà de la fin de 2012.
Deux conférences internationales auraient lieu dans l'intervalle, si les parties le veulent bien: l'une, de nature politique, non plus à Paris mais à Moscou comme prévu depuis...cinq ans, l'autre qui réunirait les donateurs en vue de consolider les institutions et les finances de l'Etat palestinien.
Il est cependant peu réaliste de penser que ces échéances seront tenues. Le président Mahmoud Abbas, ayant renforcé sa position à New York, pose en préalable l'arrêt de la colonisation, ce que même le président Obama n'avait pu obtenir durablement. Le gouvernement Netanyahou n'est prêt à aucune concession et préfère s'en tenir au rôle de la victime potentielle face aux menaces virtuelles.
Après avoir obtenu gain de cause à l'ONU sur l'essentiel, du point de vue juridique et politique, dans l'affaire de la flotte "humanitaire" patronnée par la Turquie, il a refusé de présenter à Ankara des excuses minimales pour les bavures opérationnelles de sa marine, s'aliénant du même coup le gouvernement Erdogan ( et désavouant le gouvernement américain qui s'était entremis).
Les Européens ont dû renoncer à faire prévaloir les "paramètre" que certains d'entre eux souhaitaient imposer aux parties à travers le Quartette, qui met au contraire l'accent sur le consentement préalable des acteurs.
Les Américains, très actifs en coulisse, s'en remettent au bon vouloir de ces derniers, en dépit des camouflets et des déceptions qui leur sont infligés.
Dans ce contexte, le coup de dès du président Abbas a eu le mérite de relancer le débat sur la question de la Palestine et l'urgence d'une solution.
Cependant les évenements ne restent pas figés. Le blocage politique et diplomatique ne fait qu'accroître le risque de la violence et du recours à la force, dans un contexte aussi mouvant et dangereux que le Proche-Orient.


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