L'Université de Genève honore Toni Morrison et Dick Marty: Les droits humains au coeur de l'Alma Mater
Par Freddy Mulongo, samedi 15 octobre 2011 à 19:29 :: radio :: #1782 :: rss

Toni Morrison écrivaine américaine.
France Inter - Toni Morrison par franceinter
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Toni Morrison, de son vrai nom Chloe Anthony Wofford, née le 18 février 1931 à Lorain (Ohio, États-Unis), est une romancière, professeur de littérature et éditrice américaine, lauréate du prix Nobel de littérature en 1993. Elle est à ce jour la huitième femme, la première femme noire et le seul auteur afro-américain, à avoir reçu cette distinction.
C’est le roman Beloved, dont l'édition française remonte à 1989, qui a fait connaître Toni Morrison en France. Mais sa notoriété américaine était venue dix ans plus tôt, coup sur coup, en l'espace de deux romans : Sula (1973) et Song of Solomon (1977).
Elle vit actuellement à Princeton.
Née dans une famille ouvrière de quatre enfants, Toni Morrison s'intéresse très tôt à la littérature et se passionne en particulier pour les œuvres de Jane Austen et de Léon Tolstoï. Elle s'inscrit à l'Université Howard en 1949 pour étudier la littérature et soutient une thèse sur le thème du suicide chez William Faulkner et Virginia Woolf en 1953 à l'Université Cornell. Après son diplôme, elle entame une carrière de professeur à l'Université de Texas Southern, avant de retourner à Howard (université alors "réservée" aux Noirs).
En 1958, elle épouse Howard Morrison, avec qui elle aura deux enfants. Après son divorce en 1964, elle s'installe à Syracuse puis à New York et travaille comme éditrice chez Random House. Chargée du secteur de la littérature noire, elle contribue à sa promotion, en éditant notamment les autobiographies de Mohamed Ali et d'Angela Davis et une anthologie d'écrivains noirs, The Black Book, en 1973. Parallèlement, elle enseigne l'anglais à l'Université d'État de New York, avant d'obtenir un poste de professeur de littérature à l'Université de Princeton où elle restera en activité jusqu'en 2006.
Elle écrit son premier roman, The Bluest Eye, à l'âge de 39 ans. Elle obtient le prix Pulitzer pour Beloved en 1988 et reçoit le prix Nobel de littérature en 1993 pour l'ensemble de son œuvre. L'Académie suédoise récompense ainsi celle « qui, dans ses romans, marqués par une force visionnaire et une grande puissance poétique, ressuscite un aspect essentiel de la réalité américaine. ».
En 2005, elle est nommée docteur honoris causa en Arts et Littérature de l'Université d'Oxford. En 2006, le jury du supplément littéraire du New York Times consacre Beloved « meilleur roman de ces 25 dernières années » et en novembre de la même année, le Musée du Louvre fait de Morrison son invitée d'honneur proposant un programme de lectures, rencontres et conférences avec l'auteur et ses amis artistes, écrivains ou professeurs.
Depuis 2002, elle s'investit également dans la littérature pour enfants avec son fils Slade Morrison. Elle a récemment obtenu un poste à la direction du magazine The Nation.
Son roman le plus connu et le plus vendu : Beloved, a été adapté au cinéma en 1998 par Jonathan Demme avec Oprah Winfrey, Danny Glover et Thandie Newton dans les rôles principaux.
]Ses romans décrivent la misère des Noirs aux États-Unis depuis le début du XXe siècle et tentent, sur le plan narratif, d'en restituer les voix et le folklore mais surtout d'en recomposer fragment par fragment la mémoire vive, dense, et complexe. Son œuvre, au style épique, cru et rythmé, juxtapose un registre de langue soutenu à un mode d'expression plus orale, argotique et métissée, mêlant de surcroît une peinture historique minutieuse et réaliste de l'esclavage et du ségrégationnisme américains à des éléments narratifs irrationnels, fantastiques, voire merveilleux, pour la plupart inhérents au domaine du conte et des mythes populaires afro-américains.
Ses récits trouvent toujours un écho contemporain, évoquant les difficultés internes à l'éthique de la communauté noire qui, outre le racisme et l'extrême pauvreté, se voit déchirée entre l'héritage culturel des ancêtres et le modèle de promotion sociale des Blancs.
Ses fictions ont presque toutes pour personnage principal des femmes généralement martyrisées ce qui lui a valu l'étiquette d' « écrivain féministe » qu'elle n'a jamais revendiquée, déclarant à ce sujet : « Cela dévoierait certains lecteurs qui pourraient croire que je me suis engagée dans l'écriture d'un tract féministe. Je ne souscris pas au patriarcat mais je ne crois pas qu'il doive être supplanté par un matriarcat. Je pense que c'est une question de droit équitable et de portes ouvertes sur toutes sortes de choses. ».
Aux États-Unis, les propos de Morrison concernant Bill Clinton ont fait grand bruit lorsqu'elle a qualifié celui-ci de « premier Président noir américain », expliquant son idée par le fait que « Clinton présente toutes les caractéristiques du citoyen noir : un foyer monoparental, une origine très modeste, une enfance dans la classe ouvrière, une grande connaissance du saxophone et un amour de la junk food digne d'un garçon de l'Arkansas. »[4]. Cette opinion a été adoptée par les supporters de Clinton notamment au Congrès électoral des Noirs américains (en anglais: "The Congressionnal Black Caucus": the CBC) ou au contraire tournée en dérision par ses détracteurs.
L'animateur républicain et conservateur Rush Limbaugh fait souvent référence, de manière sarcastique, à l'ancien président en ces termes.
Toni Morrison a apporté publiquement son soutien à Barack Obama lors de l'investiture démocrate puis pour sa campagne aux élections présidentielles en 2008.
Ses romans
1970 : The Bluest Eye (Holt, Rinehart & Winston). Traduction française : L'œil le plus bleu, 1994
1973 : Sula (Knopf). Traduction française : 1992
1977 : Song of Solomon (Knopf). Traduction française : Le chant de Salomon, 1996
1981 : Tar Baby (Knopf). Traduction française : 1996
1987 : Beloved (Knopf). Traduction française : 1989
1992 : Jazz (Knopf). Traduction française : 1998
1994 : Paradise. Traduction française : Paradis, 1998
2003 : Love. Traduction française : 2004
2008 : A Mercy. Traduction française : Un don, 2009
Le second récipiendaire du titre de docteur honoris causa décerné par le rectorat est Monsieur Dick Marty, ancien procureur général du Tessin, conseiller aux Etats, membre et ancien président de la Commission des droits de l'homme au Conseil de l'Europe, vice-président de L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ; sa prise de parole portera sur la question des droits de l'Homme, Entre espoirs et désenchantements: l'éternel retour ?
Né en 1945, Dick Marty est docteur en droit depuis 1974, avec une thèse intitulée Le rôle et les pouvoirs du juge suisse dans l'application des sanctions pénales, qui obtient le premier prix de l'Association suisse pour la réforme pénitentiaire ; après avoir débuté une carrière académique en dirigeant la section de droit helvétique à l'Institut de droit pénal international et criminologie Max-Planck de Freiburg in Brisgau, il se lance dans une carrière politique, motivé par le souci de s'engager au service de la Cité.


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