Telecom World 2011: le haut débit pour booster le développement en Afrique
Par Freddy Mulongo, samedi 29 octobre 2011 à 09:07 :: radio :: #1826 :: rss
Dr. Hamadoun Touré, Secrétaire Général de l'Union International de Télécommunication (UIT) à Genève. PHoto Réveil-FM

Entre 2003 et 2008, le marché africain du téléphone mobile a ainsi connu la croissance la plus rapide du monde. Aujourd’hui, de nombreuses initiatives ont recours au téléphone mobile pour développer des programmes sanitaires, favoriser l’éducation ou aider les agriculteurs africains à vendre leurs récoltes au meilleur prix. Photo Réveil-FM, archives
«Je suis absolument convaincu que la large bande sera la technologie qui définit le début du 21e siècle» a dit Hamadoun Touré, le Secrétaire Général de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Pour lui, il ne fait aucun doute que la large bande, connexion rapide et permanente à Internet, va «révolutionner la vie de tout le monde, partout» et aider à accomplir des progrès immenses dans les domaines de la santé, de l’éducation, des transports et des services. «Et, ce qui est plus important encore, la large bande va nous aider à accélérer le mouvement en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement», a-t-il ajouté.
Le développement des TIC a continué à s’accélérer depuis dix ans, entraîné largement par les marchés émergents, tandis que les affaires stagnent dans les pays développés.
A fin 2010, le nombre de téléphones portables pour 100 habitants était au-dessus de 100 dans 97 pays (plus de 120% en Suisse), tandis que la proportion de personnes connectées à Internet dans le monde atteignait 30%.
Selon l’UIT, alors que plus de 2,6 milliards d’êtres humains n’ont toujours pas accès à des toilettes ni à d’autres formes d’installations sanitaires, il y a aujourd’hui près de 4 milliards d’utilisateurs de téléphones portables dans les pays en développement. Le taux de pénétration du mobile y atteint 70%, alors que celui d’Internet est à 21%.
Le riche et le pauvre
Cette croissance rapide de l’économie numérique offre d’immenses possibilités. Mais attention à ne pas créer un monde divisé en «riches large bande et pauvres large bande», avertit Hamadoun Touré.
Beaucoup en effet reste à faire pour les pauvres parmi les pauvres, soit les 830 millions de personnes vivant dans les 49 pays les moins développés des Nations unies. Si le nombre de téléphones portables y est passé de 2 à 280 millions et que les usagers d’Internet y sont désormais 38 millions, cela ne fait toujours qu’un taux de pénétration de 4,6%.
Initiée par l’UIT et l’UNESCO, la Commission large bande représente l’industrie, la recherche et les Etats. Elle a livré à Genève les buts à atteindre pour les gouvernements. L’un d’entre eux serait d’arriver à connecter la moitié des pauvres du monde et 15% des citoyens des pays les moins développés à la large bande d’ici 2015.
Selon Hamadoun Touré, l’objectif est «ambitieux mais atteignable», pour autant que les gouvernements travaillent avec le secteur privé.
Encore trop cher
Même si les prix ont nettement baissé en dix ans, l’Internet haut débit reste inabordable dans bien des pays pauvres. En Afrique, une connexion à large bande coûte en moyenne chaque mois l’équivalent de 290% du revenu moyen.
«Les prix pourraient baisser beaucoup si les gouvernements investissaient dans les infrastructures de base et que les utilisateurs paient pour les services, explique Walter Fust, membre suisse de la Commission large bande. Il y a des milliards de dollars qui dorment dans les Fonds pour le Service Universel. Jusqu’ici seuls 17 pays y ont eu recours pour développer leurs infrastructures».
Modèles à revoir
Du côté du secteur privé, alors que l’environnement devient de plus en plus dur, avec davantage de concurrence et de règles et des marges qui s’amenuisent, les entreprises doivent revoir leurs modèles d’affaires.
«Nous n’avons pas encore trouvé la solution pour offrir des services abordables sur les marchés émergents, là où on enregistre le plus gros de la croissance», admet Steve Collar, patron de l’entreprise de télécoms par satellite O3B.
Autre souci: avoir suffisamment de bande passante pour offrir des services sans fil à haut débit. «Il est vital que le potentiel sans précédent du haut débit mobile ne soit pas étouffé par le manque de bande passante» a dit dans un communiqué Eric Loeb, président de la taskforce «technologies de l’information» de la Chambre de commerce internationale.


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