En prenant l'avion de la compagnie israélienne EL AL à Paris-Orly pour Tel-Aviv en 1994 à destination d'Israél, le guide nous avait prévenu : ce voyage ne vous laissera jamais indifférent. Dix sept années après, Israél ne m'a pas laissé indifférent, bien au contraire ce pays m'a marqué à vie. Ce voyage a influencé une partie de ma vie. L'accueil était chaleureux, simple et bien: un verre de jus d'orange à chaque fois qu'on franchissait le perron de l'hôtel. En Israél, un pays qui manque cruellement l'eau, j'ai vu de mes yeux les oranges poussaient sur les pierres, notamment à Hebron. A cause de brumes et brouillards, les voiturent roulent les phares allumés. Les bédouins veillent leur troupeau des ovins en dormant au clair de la lune. Qumrân, ce site magnifique où en 1947, un bédouin découvrit une série de parchemins et de fragments de papyrus qui contenaient le rouleau du prophète Isaïe. La plage de Netanya où je me suis baigné un soir. Le mur de Jérusalem dans lequel kippa à la tête j'avais introduit une prière qui fut exaucée. Nous devrions traverser le lac Tibériade par bateau, arrivé en plein milieu du lac brumeux, le moteur s'arrêta et le guide demanda au groupe s'il y avait un volontaire pour marcher sur l'eau comme l'avait fait l'apôtre Pierre: personne n'osa et de l'autre côté de la rive, les restaurants servaient un bon plat de poisson dénommé Saint Pierre. L'aéroport David-Ben Gourion où les européens étaient plus fouillés que nous les africains. Mais de tous ces souvenirs enfouis, trois me reviennent assez constamment: Massada, rencontre avec les Falachas et les Kibboutz.

Massada, le samedi 25 novembre 2007, un drapeau israélien de 660 metres x 100 metres. Photo Réveil-FM, archives
1. Massada, haut lieu de la Résistance !
En 70, les Romains avaient pris le pays et Jérusalem était tombé entre leurs mains.Il ne restait plus que Massada qui résistait. La Résistance aura durée trois années. Et cela se passait au mois d'avril de l'an 74 à Massada. Massada est le dernier bastion de la résistance des rebelles, le symbole même de la rébellion. Massada résistait contre l'occupation romaine alors que toutes les autres villes et places étaient tombées. A quatre cents mètre d'altitude , en surplomb de la mer Morte sur ce pont de navire de 1.100 mètres de long et de 500 mètres de large taillé à même le roc qui enfoncait sa proue dans le désert de Juda. Les Zélotes, ces desperados de l'insurréction nationale juive résistait à tout surtout au fait établi de l'impérialisme romain. Ils étaient regroupés autour de leur chef Eli Ezer Ben Yehouda.
En contrebas, commandée par Flavius silva, les soldats romains sont quatre légions pour s'occuper des rebelles juifs. Les légions romaines étaient munis d'un matériel de guerre rédoutable qui enserrait les rebelles, le siège avait commencé un an plus tôt. Massada n'était plus défendu que par un petit millier d'insurgés, de tous âges , de tous sexes, épuisés, affamés... mais confrontés à la meilleure armée du monde : l'armée romaine.
Les Romains avaient ériges avec du remblai une rampe d'attaque qui leur permettaient de hisser leurs catapultes jusqu'au pied de leurs fortifications. Pas de fuite possible , le dernier assaut de puissance impériale romaine ne pouvait qu'être vainqueur. Ces juifs de Massada avaient dit "Non " à la reddition et avaient décidés de mourrir débout et libre. Lorsque les Romains entrerent dans la forteresse, ils ne trouvèrent que sept survivants: deux femmes et cinq enfants cachés dans un puits. Les Zélotes avaient décidés de se donner la mort plutôt que de se faire esclaves de Romains. Plus de 930 morts !
Massada est une forteresse naturelle qui domine le désert de Judée et surplombe la mer Morte, et sur laquelle le roi Hérode le Grand avait fait construire, au 1er siècle av. JC, un palais somptueux, comme refuge contre d’éventuelles révoltes intérieures et menaces d’une invasion égyptienne.
Après que la Judée ait été annexée comme province de l'empire romain, de patriotes juifs qui préférèrent la mort à l'esclavage en firent le refuge de la résistance. En 66, au début de la Grande Révolte contre les Romains, un groupe de juifs, les sicaires du parti nommé zélotes, prirent Massada à une garnison romaine. En 70, ils furent rejoints par d’autres Juifs et leurs familles expulsés de Jérusalem lorsque la ville fut prise par les Romains.
Pendant trois ans, les patriotes juifs utilisèrent Massada comme base pour se défendre des Romains. Ceux-ci les assiégèrent et mettront 7 mois pour enfoncer la muraille de la forteresse. Mais les insurgés préférèrent se donner mutuellement la mort que mourir entre les mains de l’envahisseur : chaque père tua sa famille puis un tirage au sort désigna les dix hommes qui devraient exécuter les survivants, et les dix tirèrent au sort le dernier qui devrait les exécuter, et enfin ce dernier se suicida. Seules 2 femmes ont échappé en se cachant dans une citerne avec leurs 5 enfants.
- Le siège de Massada est devenu un récit populaire illustrant l’héroïsme d’un peuple qui a le sentiment d’être en permanence à la portée d’une menace implacable, et identitaire, menace de son existence même.
- Massada, c’est l’épisode d’un combat imposé par un adversaire résolu, puissant, vicieux, ne visant que la destruction ; c’est le symbole du perpétuel combat contre l’oppression, une expression de la prise en main de son destin ; Massada c’est une image de la détermination de conserver la terre de ses ancêtres jusqu'à la mort.
- Massada, est une attitude mentale qui évoque le rapport d’un peuple à la faiblesse que l’on refuse d’assumer, comme le syndrome des massacres du peuple congolais : 8 millions de mort et innombrables femmes violées.
C’est sur les ruines de la Citadelle de Massada que désormais les officiers Israéliens vont prêter serment après leur formation. Et le serment collectif laisse entendre dans une polyphonie tonitruante : « Massada ne tombera pas une nouvelle fois », « Massada ne tombera pas une nouvelle fois ». Ainsi martèle-t-on sans discontinuer.
Au delà de Massada, aux Résistants-Patriotes-Combattants de s'inspirer de la résistance d'autres peuples pour mieux révendiquer la lutte contre l'occupation et l'invasion-agression de la RDC à cause de ses richesses.
2. Falachas, les juifs Noirs

Des rabbins falashas en Israël. Photo Réveil-FM, archives
Des Ethiopiens israéliens ou, comme le dit la presse israélienne, des Juifs sortis d’Ethiopie, on en croise partout dans ce pays, aux postes de contrôle et de sécurité en particulier, mais aussi parmi les soldats, dans les gares ou lors des fêtes, dans les écoles, les hôpitaux, etc. Ils sont actuellement 105 000 en Israël, dont 30 000 sont nés dans le pays. On les reconnaît, bien sûr. Mais connaît-on leur histoire, leur communauté, leurs coutumes, leurs souffrances, leurs joies et leurs échecs ?
Leurs origines
Les Juifs d’Ethiopie qui se nomment eux-mêmes Beta Israel [la maison d’Israël] sont plus connus sous le nom de Falashas, nom signifiant immigrants ou étrangers. Mais d’où viennent-ils ? Quelle est leur origine ? Difficile à savoir exactement, leur histoire ayant été transmise oralement de génération en génération.
On parle de quatre origines possibles :
1. Ils sont les descendants de la tribu perdue de Dan
2. Ils sont les descendants de Menelik I, le fils du roi Salomon et de la reine de Saba
3. Ils sont les descendants d’Ethiopiens païens et chrétiens, convertis au judaïsme depuis des siècles
4. Ils sont les descendants de Juifs qui ont fui Israël pour l’Egypte après la destruction du premier Temple en 586 avant JC et se seraient installés en Ethiopie.
Quoi qu’il en soit, le judaïsme était largement propagé en Arabie du sud depuis la période royale et les relations entre l’Arabie et l’Ethiopie peuvent expliquer cette présence juive. En effet, le judaïsme s’était étendu dans le pays bien avant la conversion au christianisme de la dynastie Axum au 4e siècle. A cette époque, ceux des Juifs qui résistèrent au prosélytisme chrétien en Ethiopie furent contraints à se retirer des régions côtières et à se réfugier dans la zone montagneuse, au nord du lac Tana. Ils s’y constituèrent en royaume indépendant, en Etat juif autonome. A cette époque, ils parlaient l’agaw, une langue non écrite.
C’est à partir de 1270 qu’avec l’établissement de la dynastie solomonide on commence à entendre parler des Beta Israël. Ils sont décrits comme l’un des nombreux groupes du pays, désirant garder leur autonomie. Leur royaume est dirigé par un roi ou une reine, les plus célèbres étant le roi Gédéon et la reine Judith. Malgré de fréquents conflits, protégés par les montagnes, ils se maintiennent forts.
De 1529 à 1542, les Falashas prennent parti pour les Musulmans de Somalie et, avec eux, luttent pour détruire l’Ethiopie. Celle-ci sera sauvée grâce à l’intervention des Portugais. Mais, de 1605 à 1632, l’empereur Susenyos, converti au catholicisme, décide de faire disparaître le royaume des Falashas et encourage les missionnaires à les convertir. Ils doivent alors se réfugier dans la région de Gondar. Beaucoup se convertissent au christianisme.
L’empereur recrute des Falashas à son service. Ceux-ci s’assimilent de plus en plus, adoptant l’amharique, une langue sémitique parlée par les Ethiopiens.
En 1624, le royaume des Beta Israel est vaincu dans une bataille tragique les opposant aux Ethiopiens et aux Portugais. "Des hommes et des femmes falashas se battent jusqu’à la mort. Du haut de leur forteresse, ils se jettent dans le précipice et s’entretuent pour ne pas devenir prisonniers. C’est le Massada des Falashas. C’est à cette époque que furent brûlés tous les documents relatant l’histoire des Falashas, leurs livres religieux, pour détruire à jamais la mémoire du judaïsme en Ethiopie." (Righteous Jews Honored by Falasha Supporters, AAEJ Press Release, 1981). Le roi Gédéon, refusant de se convertir, fut tué.
Les Juifs capturés vivants devinrent les esclaves des Ethiopiens et furent baptisés de force. On leur refusa le droit à un pays. L’indépendance des Beta Israel fut abolie. Sur le demi million qu’ils étaient, il n’en resta plus que 100 000, vivant en groupes clandestins dans les hautes montagnes.
Cette période de conflits entre juifs et chrétiens permit des contacts entre ces deux religions. Leurs textes liturgiques étaient dès lors écrits dans la même langue, le guez, et le monachisme entra dans la pratique religieuse des Beta Israel.
En 1830, des missionnaires anglicans prospectant les régions montagneuses de Gondar, les découvrent dans un état de dénuement matériel et spirituel total. Mais ce n’est qu’en 1867 que l’Alliance Israélite Universelle prend contact avec eux, grâce à Joseph Halevy, juif français et, en 1904, à Jacques Faitlovitch qui dédiera sa vie à la reconnaissance des Falashas comme juifs. Orientaliste juif français d’origine polonaise, il forma un comité international pro-Falashas pour la création d’écoles dans leurs villages et, grâce à des subsides, réussit à améliorer leurs conditions de vie. Il publia son livre, Notes de voyage chez les Falashas et s’établit en Israël après la seconde guerre mondiale. L’Agence Juive, en collaboration avec le Congrès Juif Mondial et le Joint poursuivront son œuvre. Pourront-ils un jour réaliser le rêve millénaire de rejoindre la terre de leurs ancêtres ?
Même si le sort des Beta Israel suscita un grand intérêt en Israël, il ne fut pas question d’envisager tout de suite leur immigration et leur intégration, des doutes subsistant quant à leur judaïté. Et pourtant, déjà en 1921, le Rav Kook n’hésitait pas, quant à lui, à reconnaître les Falashas comme partie intégrante du peuple juif.
En 1973, le grand rabbin sépharade Ovadia Yosef, d’origine yéménite, ayant servi dans l’armée britannique pendant la seconde guerre mondiale en Ethiopie et épousé une Beta Israel, reconnaît officiellement la judaïté des Falashas, en citant une décision rabbinique égyptienne du 17e siècle. Il les déclare descendants de la tribu de Dan ayant le droit d’émigrer en Israël : "Nous sommes obligés d’accélérer leur émigration en Israël et de les former dans l’esprit de la Tora, les aidant à devenir des partenaires de la construction de la Terre Sainte." En 1975, le grand rabbin ashkénaze Shlomo Goren fit la même déclaration : "Vous êtes nos frères, vous êtes notre sang et notre chair. Vous êtes de vrais Juifs." Peu après, le premier gouvernement d’Itzhak Rabin les accepta comme juifs et leur accorda le droit de retour. La porte était ouverte.
Mais pourquoi ces difficultés à les reconnaître comme juifs ?

Un jeune falasha de l'armée israélienne. Photo Réveil-FM, archives
Coutumes et traditions
En fait, les Beta Israel sont des juifs observant les traditions pré-talmudiques basées sur la Tora (le Pentateuque). Les autres livres de la Bible ne sont pas considérés comme inspirés. Pourtant les livres de Néhémie, d’Esdras, d’Hénoch, des Jubilés et de Baruch font partie avec d’autres écrits de leur héritage religieux. Par contre, ils ne connaissent pas le Talmud. Les Falashas ne pratiquent que les fêtes juives dont il est fait mention dans la Tora. Il ont également une autre fête nommée « Seged » (se prosterner) qui se célèbre le 29 du mois de Heshvan (après les fêtes d’automne). C’est la fête du don de la Tora et du retour de l’Exil de Babylone à Jérusalem au temps d’Esdras et de Néhémie. Occasion de fortifier la vision du « retour au pays ».
Le texte biblique est rédigé en guez, aucun texte en hébreu n’étant connu jusqu’au 20e siècle. Leur lieu de culte est appelé "masgid" et, contrairement aux synagogues, on ne peut qu’y prier. Aucune autre réunion n’y est autorisée. C’est un lieu saint divisé en deux parties : le saint des saints où on lit la Bible dans un livre écrit à la main (il n’y a pas de rouleau) et l’autre partie où l’on procède au sacrifice de l’agneau pascal, sur une pierre. Le chef religieux, appelé Kes, est respecté comme un grand rabbin, ayant autorité et responsabilité sur sa communauté. Le Kes [prêtre en amharique] est considéré comme un descendant d’Aaron.
Les Beta Israël observent les lois bibliques de la pureté, de la casherout et de l’abattage rituel. Ils disent les bénédictions avant et après les repas. Ils pratiquent la circoncision le huitième jour. L’éducation religieuse des jeunes est primordiale, en particulier l’enseignement des psaumes en guez. Le défunt est considéré comme impur et le deuil dure sept jours, avec une cérémonie spéciale le septième jour et une année après l’enterrement.
Chaque jour, il y a sept temps de prière, dans le masgid, mais les fidèles n’en suivent qu’un ou deux. La sainteté du shabbat est scrupuleusement respectée et la journée est consacrée aux prières et aux chants en amharique. Les Beta Israel ne connaissent ni l’étoile de David, ni le shofar.
Le Kes le plus vénéré du 15e siècle fut Abba Zabia. Il était si populaire et charismatique qu’il convertissait les chrétiens au judaïsme. Le Négus essaya de le tuer, mais la légende dit qu’il disparut comme Hénoch.
Tous ces détails vont nous aider à comprendre, dans la deuxième partie de cette étude, l’enjeu de l’intégration en Israël, les rabbins essayant de réformer la religion juive des Falashas pour les faire entrer dans un judaïsme orthodoxe.
Les Aliyas
Dès 1965 et jusqu’en 1975, des Beta Israel commencèrent à venir en Israël, tout d’abord en touristes. Certains purent rester grâce à l’aide d’Israéliens. D’autres se convertirent au judaïsme orthodoxe et firent venir leur famille. Il y eut également ceux qui, après quelques mois en Israël, ayant appris l’hébreu, retournèrent à Gondar pour y créer des oulpans. Le rêve millénaire de venir "au pays" commençait à se préciser.
Le renversement du régime de l’empereur Sélassié en 1975 par le colonel Mengistu Haile Mariam, dictateur marxiste pro-soviétique, fut un arrêt de mort pour la communauté Beta Israel. 2500 Juifs furent tués et 7000 chassés de leurs maisons. Mariam envahit la région du nord et y installa des paysans éthiopiens souvent antisémites. L’émigration vers Israël fut alors interdite, de 1975 à 1991. Malgré cela et grâce à l’Agence Juive, qui avait déjà commencé dès 1955 à construire des écoles et à améliorer la situation des Falashas, 300 Beta Israel émigrent en Israël en 1977. Auparavant, il y avait eu un accord secret du gouvernement éthiopien avec Israël.
De 1982 à 1984, chassés par la famine et la guerre civile, des milliers d’Ethiopiens du nord, parmi lesquels des Beta Israel, se réfugient au sud du Soudan. 6000 gagnent Israël par des voies détournées, le gouvernement du Soudan refusant leur départ.
Récemment, à la radio, un Juif d’Ethiopie, travailleur social à Jérusalem, arrivé en Israël dans ces années-là, témoignait : "J’habitais dans un petit village du nord, fondé par mon grand-père. Nous étions onze enfants et attendions le jour où nous partirions vers le nord pour arriver "au pays". Même avant que mes grands parents sachent que l’Etat d’Israël existait, qu’ils n’étaient pas les seuls Juifs au monde, le rêve sioniste transmis de génération en génération nourrissait notre espérance. A 12 ans, j’ai demandé à tous mes camarades de prier pour que je puisse partir, traverser le Soudan et arriver à Jérusalem. Pour m’y préparer, je suis allé étudier à Gondar, la ville principale de notre région, à 40 km de chez moi. Chaque fin de semaine, je rentrais à la maison pour vivre le shabbat en famille. A 13 ans, je suis parti avec un groupe d’adultes. Un de mes frères était déjà parti mais avait disparu. Malgré le danger des révolutionnaires éthiopiens, nous avons réussi à franchir la frontière. Arrivés au Soudan, nous nous sommes installés dans un camp de réfugiés. J’y suis resté deux ans et demi, faisant des petits travaux pour survivre. Il ne fallait pas se faire reconnaître comme juif, les autres réfugiés éthiopiens et soudanais nous auraient tués. De là, un groupe de soixante a pu partir (grâce à une aide israélienne) en jeep pour la mer, puis en bateau pour la Grèce et, de là, un avion israélien est venu nous chercher."
En 1984, la situation des milliers de Juifs éthiopiens ayant fui au Soudan devient tragique. La famine règne. Cette marche de milliers d’entre eux vers le nord, d’un camp à l’autre, reste encore un traumatisme inguérissable dans la vie de beaucoup d’Israéliens éthiopiens ayant perdu souvent une partie de leur famille dans le désert du Soudan. On estime à 4000 ceux qui sont morts en cours de route.
Pour eux, depuis quelques années, la communauté juive éthiopienne a institué un Jour du Souvenir. Le premier eut lieu à Jérusalem, au kibboutz Ramat Rachel, en présence d’Ariel Sharon. Les "rescapés", même vivants, se disent inguérissables de ce qui fut pour eux une "shoa". Dans le dernier numéro des Yediot Aharonot consacré à la communauté éthiopienne, écrit moitié en hébreu et moitié en amharique et paraissant tous les deux mois, des hommes, des femmes témoignent. Après des années où personne n’a parlé, le journal appelle à parler, à se souvenir. Des parents qui ont perdu leurs enfants dans la marche se sentent coupables de ne pas les avoir sauvés et amenés au pays, et n’osent pas en parler, même en famille. Traumatisme aussi d’avoir dû enterrer les leurs en cachette, la nuit, pour ne pas dévoiler leur judaïté. Ils se souviennent des guides payés qui les abandonnaient en plein désert, en particulier lorsqu’ils respectaient le shabbat.
Alerté, Israël (l’armée et le Mossad), en collaboration avec l’ambassade des USA à Khartoum et des forces de sécurité soudanaises, lance l’opération Moïse : du 20 novembre 1984 au 4 janvier 1985, transportant 8000 Juifs éthiopiens du Soudan en Israël. Un accord secret entre le Soudan et Israël avait rendu la chose possible. Les fonctionnaires de l’Agence Juive, dans le plus grand secret, ont transporté ces "morts vivants" des camps jusqu’à Khartoum, à 450 km de là. Puis, on les a dirigés vers le Boeing 707 de la compagnie belge de charters Trans-European-Airways, compagnie en bonnes relations avec le Soudan. Pendant deux mois, un véritable pont aérien va être établi entre Khartoum et Tel Aviv, via Bruxelles, Rome ou Bâle : 160 avions, environ 8000 rescapés. Couverts de chiffons, un maigre baluchon sur le dos, ils se mettaient à genoux sur la piste pour baiser la terre d’Israël en murmurant des prières.
Cette opération fut rendue possible par le financement d’Israël, des USA et de l’Agence Juive. La visite d’Ariel Sharon à Khartoum en 1981 dans le plus grand secret n’est pas étrangère à cette mise en place d’une filière soudanaise pour faciliter la sortie des Juifs éthiopiens des hauts plateaux d’Ethiopie.
Des "fuites" dans les médias arrêtèrent brusquement cette opération, les pays arabes ordonnant au Soudan d’interdire le départ des avions. "Nous estimons que 4000 juifs sont encore dans quelques camps de transit au Soudan et qu’entre 8000 et 10 000 sont toujours en Ethiopie", indiquait le porte parole de l’Agence Juive, Zvi Eyal. Et ceux qui restent sont en danger de mort. "Ni les difficultés économiques, ni les distances géographiques, ni les obstacles politiques n’empêcheront la poursuite de l’émigration des Falashas. Le gouvernement israélien poursuivra l’opération Moïse jusqu’à ce que le dernier des Juifs ait rejoint sa patrie", affirmait Shimon Pérès le 8 janvier 1985 à la Knesset.
L’opération Josué en 1985 permit à 800 autres Beta Israel d’être ramenés du Soudan en Israël. Mais la dictature de Mariam empêcha ensuite toute autre émigration jusqu’en 1991. Inutile de dire combien de familles ont été séparées, les uns partant, les autres restant. Souvent les femmes, les jeunes enfants, les malades, les vieillards restaient en Ethiopie, le voyage au Soudan étant trop risqué.
De 1990 à 1991, l’Ethiopie, perdant son soutien militaire soviétique, décide de laisser partir 6000 Beta Israel vers Israël par petits groupes, en espérant gagner le soutien des USA. Ils quittent leurs villages et s’installent dans des camps à Addis Abeba, espérant échapper à la guerre civile qui ravage le nord du pays, et partir pour Israël. La priorité était donnée à la politique de regroupement des familles.
En 1991, la dictature Mengistu fut renversée par les rebelles Erythréens et Tigréens. Mariam s’enfuit, les rebelles prennent le contrôle de la capitale. Israël lance l’opération Salomon pour délivrer tous les Beta Israel. Le gouvernement d’Itzhak Shamir donne à la compagnie El Al l’autorisation de voler le shabbat. Le vendredi 25 mai commence un vol de 36 heures dans trente quatre avions dont on avait relevé les sièges pour augmenter leur capacité. Ils transportent 14 324 Juifs éthiopiens. Des hôtels avaient été réservés à Jérusalem pour l’accueil. Le samedi soir, les Israéliens voyaient sur leur petit écran l’arrivée, l’exode moderne de leurs frères et sœurs noirs. L’émotion fut vive, tant le secret avait été gardé. Les gens ont commencé à apporter des habits, des jouets et même des fleurs. Des femmes de Jérusalem étaient à l’hôtel pour allumer les bougies de ce premier shabbat en Israël et des Juifs éthiopiens israéliens s’étaient portés volontaires.
De 1991 à 1994, les derniers Beta Israel émigrent en Israël. Mais, dès cette date, d’autres Ethiopiens des montagnes, se déclarant également juifs, viennent à Addis Abeba demander à Israël de les "faire monter". Ce sont les Falash Muras.
Les Falash Muras, n’appartenant pas directement aux communautés Beta Israel constituées, n’ont tout d’abord pas été reconnus comme Juifs par Israël. La plupart sont chrétiens et ne peuvent pas toujours prouver leurs origines juives. Mais tous désirent émigrer. Un débat assez vif eut lieu en Israël même, au sein des Beta Israel, entre partisans et opposants à leur émigration. Le gouvernement autorise finalement la plupart des réfugiés à Addis Abeba à émigrer en Israël au titre du regroupement des familles. "Un parent non juif d’un Juif israélien a le droit d’émigrer." Mais plus Israël ouvrait ses portes, plus la vague des réfugiés grandissait.
En 2003, il y avait encore 20000 Falash Muras à Addis Abeba qui attendaient depuis des années de venir en Israël, et autant qui vivaient dans le nord, espérant émigrer. Des conversions officielles au judaïsme sont alors organisées, avec l’accord du gouvernement israélien, pour leur permettre d’émigrer en tant que Juifs. Mais l’émigration reste lente, environ 300 par mois.
En 2005, le gouvernement d’Ariel Sharon déclare vouloir ramener tous les Falash Muras d’origine juive en Israël, à la cadence de 600 par mois, à partir de juin 2005. Le chiffre sera remis en question par le gouvernement Olmert en juin 2006 et l’on revient au chiffre précédent : 300 par mois. Une enquête récente établit que des dizaines de milliers de Falash Muras sont également groupés dans le nord de l’Ethiopie, attendant leur émigration.
Arrivés en Israël, les rabbins Falachas se considéraient comme les vrais puisqu'ils avaient gardé "l'Arche d'Alliance". Ils étaient très fiers d'avoir sauvegardé la tradition judaïque en terre africaine. Les Falachas sont les " Beta Israël" (maison d'Israël). Et le jeune homme à côté du blindé que j'avais rencontré m'expliquer qu'une bonne partie d'entre eux étaient dans l'armée.
La légende voudrait que les Falachas soient les descendants de Ménelik 1er, fils du roi Salomon et de la reine de saba. Fondamentalistes, ils ne considèrent comme authentique que le Pentateuque et non la Bible dans son ensemble. Les enfants de la reine de saba sont ceux qui ont refusé de se convertir au christianisme lorqu'il a été introduit à Axoum au IV siècle. La judaïte des Falachas n'a été reconue qu'en 1973 par le grand rabbin sépharade d'Israël, puis en 1974 par le grand rabbin ashkenaze, enfin par le gouverneemnt d'Israël en 1975.
Ce qui leur donna la possibilité de néneficier de la loi du retour, autorisant tout individu reconnu comme juif à immigrer en Israël. L'opération Falachas dont le nom de code est d'ailleurs en anglais"Opération Moses" (opération Moïse) a dû commencer en 1981, dans le plus grand secret, mais l'opinion publique n'en a été informée qu'au début de 1985: 7.700 Falachas ont été evacués du camp de réfugiés au Soudan. A l'origine , l'exode devait s'écouler par un port de la mer Rouge.
Mais la rébellion du Tigré puis la famine rendirent impossible l'évacuation de plusieurs milliers de personnes par bateau. On pensa à l'avion et l'on utilisa tout d'abord les aéroports du Sud-Soudan sur lesquels Nimeiri n'avait pas de contrôle. Ils se révélèrent impropres au véritable pont aérien qui devenait nécessaire. Il fallait utiliser l'aéroport de Khartoum, au moins pour la phase finale. Une opération de cette envergure ne pouvait se dérouler sans la connivence du pays d'origine: l'Ethiopie et la participation active du pays de départ: le Soudan. Lorsque le secret fut éventé fin 1984, les présidents Mengistu de l'Ethiopie et Nimeiri du Soudan jouèrent de concert et sans convaincre grand monde, la comédie de l'indignation allant jusqu'à demander " le retour" des personnes "enleveés".
L'opération Salomon, elle dura du 24 au 25 mai 1991. Le régime de Mengistu était sur le point de s'effondrer: 14.200 Falachas ont été evacués en 36 heures vers Tel-Aviv grâce à des avions Hercules c-130.
Les Kibboutz ou la valorisation de la vie communautaire
Le Kibboutz est un village collectif, une communauté délibérement formée par ses membres, à vocation essentiellement agricole, où il n'existe pas de propriété privée et qui est censée pourvoir à tous les besoins de ses membres et de leurs familles. Les membres de Kibboutz ne perçoivent aucun salaire pour leur travail mais tout ce dont ils ont besoin leur est fourni par le Kibboutz. L'unité de peuplement dont les membres sont organisés en collectivité sur base de la propriété commune des biens,préconisant le travail individuel, l'égalité entre tous et la coopération de tous les membres dans tous les domaines de la production,de la consommation et de l'éducation. La vie sociale se déroulait au réfectoire où tous les membres se retrouvaient pour prendre leurs repas et discuter. les décisions étaient prises par l'assemblée générale au vote majoritaire. Au cours des débats, les membres décidaient de l'attribution des travaux quotidiens , des corvées de cuisine et d'autres, et et traitaient également des problèmes d'actualité.
Les pères fondateurs du Kibboutz étaient arrivés essentiellemnt de Russie fin 19ème siècle, imbus des idéaux socialistes et de l'esprit d'une époque. Ils préconisaient le retour au pays d'Israël,leurs initiatives exprimaient leur visée politique: l'établissement de colonies juives en Palestine. Le Kibboutz est l'accomplisement de 4 générations: les fondateurs, les motivés par des convictions fortes et une idéologie distincte, ont formé une société avec un mode de vie unique. Au départ les Kibbtz étaient ésentiellement agricole puis certains on opté pour les produits industrielles.
En 2009 on a fêté le centenaire du mouvement des kibboutz. En effet, il y a 110 ans, un petit groupe d’émigrants d’Europe de l’Est (deuxième alya 1904-1914), dix jeunes hommes et deux jeunes femmes s’installent sur des terres au bord du lac de Tibériade, près du village arabe de Oum Jumi. Ils se lancent dans l’exploitation agricole et fondent le premier kvoutza (groupe) communautaire qui deviendra bientôt le kibboutz de Degania. Il n’y a pas vraiment de grands desseins, ni d’idéalisme dans cette décision d’établir une communauté, cette manière de vivre est plutôt imposée aux jeunes pionniers par les circonstances : travail ardu et conditions difficiles.
L’idéologie du kibboutz sera formulée par les pionniers de la troisième alya (1919-1923). Animés d’idéaux révolutionnaires marxistes, ces émigrants de Russie considèrent que : « Chaque kibboutz fait partie d’un vaste mouvement de retour à la terre, destiné à favoriser l’accomplissement d’une révolution nationale à travers l’émigration sioniste et le peuplement de la Palestine mandataire ». Il est vrai que le kibboutz a joué un rôle important dans le renouveau de l’indépendance et du peuplement de la Palestine. Les principes éthiques du kibboutz se fondent sur les idéaux suivants : coopération, égalité, entraide, peuplement, travail et instauration d’une société libre, démocratique et laïque.
Les premières années qui suivent la création de l’Etat d’Israël se caractérisent par une croissance accélérée sur le plan démographique et sur le plan économique. Le niveau de vie des kibboutz s’améliore à un rythme qui dépasse celui de la société israélienne. En 1980 la population des kibboutz atteint 120 000 à 130 000 membres. Des années 30 à 50 le kibboutz incarnait le modèle du nouveau Juif qui cultivait la terre et combattait l’ennemi, selon le sionisme socialiste. Un nombre impressionnant d’hommes politiques et de chefs militaires venait du mouvement des kibboutz, constituant l’élite du pays.
La crise des années 80-90, avec une inflation galopante jusqu’à 450%, des taux d’intérêts exorbitants, provoqua une récession quasi fatale pour les usines des kibboutz qui avaient emprunté au-dessus de leurs moyens pour créer des industries. Ce sont le gouvernement et ses banques, les fédérations du mouvement qui ont aidé à restructurer les kibboutz ou même à en annuler les dettes, les sauvant du naufrage. Le gouvernement ne pouvait laisser les usines des kibboutz faire faillite et abandonner leurs 130 000 membres. Mais les conséquences furent catastrophiques. Il fallut vendre des terres arables et couper dans les aides au budget de fonctionnement. Le pays se détournait du socialisme pour entrer de plein pied dans le capitalisme. Les kibboutz ne pouvaient plus attendre l’aide du gouvernement. Ils devaient réorganiser leur économie : baisse du secteur agricole et développement des industries ouvertes à l’exportation, du secteur de hautes technologies, du tourisme etc.
Parallèlement, des changements internes furent effectués. Il fallait abandonner les anciennes convictions idéologiques en ce qui concerne l’égalité entre les membres, et trois quarts des kibboutz sont passés au système de salaires différentiels selon le travail fourni par les membres. Ceux-ci reconnaissent que, en fait, ce système est plus égalitaire que le précédent où la façade du pur égalitarisme cachait en fait des inégalités. La situation, disent-ils, est plus claire, il y a moins de jalousie et de suspicion. Cette mutation progressive vers le capitalisme a sauvé les kibboutz.
Actuellement, il y a plus de 273 kibboutz ce qui correspond à 100 000 membres et 20 000 résidents. Le revenu moyen d’un ménage au kibboutz est de 11 000 shekels par mois (soit 2000 euros), ce qui correspond à la moyenne nationale. Et si, entre 1985 et 2005, le kibboutz a perdu entre 30 000 et 50 000 membres, actuellement il connaît une augmentation de ses effectifs, augmentation due aux naissances, au retour d’anciens membres et à l’arrivée de nouveaux. Ces anciens membres sont en fait des jeunes qui sont partis du kibboutz pour l’armée et le tour du monde… ne pensant plus revenir et qui parfois reviennent avec femme et enfants. En 2007, 1500 personnes sont arrivées, c’est la première fois depuis plus d’une génération que le kibboutz a enregistré plus d’arrivants que de partants.
A Ein Geddi, de jeunes adultes qui avaient quitté en masse ces vingt dernières années, commencent à revenir en tant que locataires et non comme membres à part entière. De même, à Degania, des jeunes reviennent grâce au système de fonctionnement libéral. Aujourd’hui le kibboutz est devenu une option possible pour eux et pour leur jeune famille. Actuellement l’atmosphère y est moins contraignante, on ne regarde pas si tu travailles suffisamment. Une jeune mère dit : « Je ne suis plus obligée de mettre mon enfant à la crèche à trois mois et d’aller travailler, je peux rester à la maison. » « On peut économiser de l’argent », dit un autre.
Mais les kibboutz qui ont suivi le modèle capitaliste avec les salaires différentiels l’ont fait sous le mode scandinave. On paye chacun selon son travail et l’on exige plus d’impôts aux riches. Le salaire brut des membres est 15% plus élevé que le salaire moyen des Israéliens, mais, après le prélèvement des impôts, il revient au même. A Degania, par exemple, les membres qui sont avocats, professeurs, ingénieurs en haute technologie ont des salaires mensuels de 22 000 shekels, soit 15 000 shekels net. Ceux qui travaillent dans les champs et les usines du kibboutz touchent le salaire le plus bas : 6000 shekels, soit 5000 net. Un des membres dit : « Nous gagnons moins d’argent que les citadins mais notre niveau de vie est plus élevé ». Une jeune femme décrit l’environnement paradisiaque de Degania. « De grandes étendues de pelouse, le lac de Tibériade tout près, la piscine, le terrain de basket, les activités culturelles, le zoo pour les enfants… » Il faut préciser qu’à part une trentaine de kibboutz au Néguev et en Galilée qui ont des difficultés financières, la grande majorité des kibboutz a un environnement rural appréciable et de bonnes structures : des écoles de haut niveau, des soins médicaux, des équipements sportifs, des activités culturelles ainsi que des soins pour les retraités et personnes âgées.
Près de 180 kibboutz, soit les deux tiers, sont passés au système des salaires différentiels. 90, parmi les plus riches, restent au système de salaires égaux, même s’ils sont capitalistes dans d’autres domaines. Il y a un slogan parmi les kibboutzniques qui dit : Plus vous avez de l’argent, plus vous pouvez vous permettre d’être socialistes. Ils ont transformé leurs membres en consommateurs avec des sommes égales pour la nourriture, les vêtements et les loisirs et les individus gèrent leur propre budget, contrairement à l’ancien système. Ces kibboutz encouragent aussi leurs membres à travailler à l’extérieur dans des emplois plus lucratifs ou à créer de petites entreprises.
Le kibboutz Shefayim au bord de la mer Méditerranée, au nord de Hertzlia, avec un millier de membres, est le symbole du nouveau kibboutz capitaliste avec des salaires égaux. Il se situe sur l’une des terres les plus coûteuses du pays. Il a un centre commercial très rentable, ouvert le shabbat, et il loue ses grands espaces à des magasins de grandes firmes. Il possède un parc aquatique, un hôtel avec 150 chambres qui affiche presque toujours complet. Ce kibboutz n’a plus rien d’un village, mais se présente plutôt comme un beau parc industriel avec un bon nombre de loisirs ouverts au public. Sous cette façade ultra capitaliste, Shefayim reste le fief du mouvement des kibboutz socialistes où tous les membres reçoivent le même salaire ! « Mais, dit un ancien, on vit bien, chaque membre a sa voiture et part à l’étranger une fois par an ou tous les deux ans ». A l’époque des pionniers, les nouveaux mariés recevaient une maison de 27 m2, actuellement c’est une maison de 120m2 qui peut être agrandie jusqu’à 150 m2. Quand un membre se marie avec quelqu’un d’étranger, il s’installe systématiquement dans le kibboutz. Depuis 15 ans, dix nouveaux membres se sont mariés entre eux. La population de Shefayim est plus jeune, plus riche, plus matérialiste et voudrait prendre la direction des autres kibboutz à salaires différentiels. Les anciens, qui ont travaillé toute leur vie au kibboutz, s’y opposent, mais le changement est inévitable dans un proche avenir.
A Degania, comme dans d’autres kibboutz, la prochaine réforme envisagée est que les membres soient propriétaires de leur maison et qu’ils puissent même la léguer à leurs enfants.
A Ein Geddi, quelques membres vont jusqu’à dire que le kibboutz devrait devenir une implantation communautaire avec ses écoles de haut niveau, ses institutions, mais sans planification économique, ni impôts élevés. (Deux frères qui ont des postes très élevés et de bons salaires payent au kibboutz des charges fiscales de plus de 60% de leur salaire.)
S’il y a encore une trentaine de kibboutz qui ont de graves difficultés financières, l’ensemble des kibboutz vit bien. Daniel Davron, auteur du livre : Le kibboutz : réveil d’une utopie (2000), lui-même ancien d’un kibboutz, concluait son livre d’une façon pessimiste, écrivant : « Le kibboutz est terminé ». Actuellement, il reconnaît qu’il doit repenser sa conclusion. On peut parler aujourd’hui d’un retour au kibboutz.
Il ne s’agit plus d’être pionnier comme du temps de la création du pays, mais de choisir ce style de vie à contre courant de l’individualisme. Une pionnière du kibboutz Galon, au nord de Beershéva, exprime très bien la réussite du mouvement, indépendamment de l’idéologie : « Pour nous, les pionniers, le plus important n’était pas le travail en tant que tel, mais notre manière d’être, nos valeurs et le nouveau style de vie qui en émanait. Nous avons réussi d’une certaine manière à créer le « tout autre » auquel nous aspirions… et je pense que ceux qui viennent vivre au milieu de nous sont conscients que le style de vie à Galon, fruit de soixante ans de vie commune, est bien toujours vivant. »
Trois leçons à tirer pour nous Congolais !
Des hommes, des femmes...doivent savoir dire "Non". Un peuple a le droit de dire non à l'imposture, non à la didacture, non aux pillages de ses richesses, non aux seigneurs de guerre au pouvoir, non à la paupérisation voulue et imposée, non à la confiscation de nos libertés notamment celle de s'exprimer, non aux pouvoirs féodaux...Non, Non, Non. Le cas de Massada en Israêl peut nous inspirer. Certes personne n'a trouvé la clé pour élucider la question de Massada. Ni même Flavius Josèphe, l'auteur de ce récit. S'agissait-il d'un acte d'Héroisme? ou de fanatisme?. Une chose est sûre les juifs de Massada n'ont jamais acceptés que les Romains prennent leur territoire. Pourquoi nous congolais devront-nous accepter que notre pays soit dépecer par les pays voisins sans réagir?. Pourquoi, acceptons -nous la mise sous tutelle de notre pays au banc de la communauté internationale?. Une véritable récolonisation de notre peuple et une balkanisation se font en douce,devrons nous continuer à demeurer dubitatif,aphone ou complice en nous taisant ou sans agir ou réagir?. That is the question.
Le gouvernement Israëlien n'a pas hésité de chercher les falachas sur les terres africaines parcequ'il les considère comme leur. Pour nous c'est plutôt le contraire qui se fera. Avec ou sans l'accord du gouvernement, c'est la diaspora congolaise qui dynamise la République démocratique du Congo, pays riche par ses ressources dont les pillages et l'impunité de l'oligarchie au pouvoir ne s'inquiète même pas de la chosification de la population: Le Congo est géant au pieds d'argile par la mauvaise gouvernance de ses dirigeants. Le budget du gouvernement congolais est six fois moins que les petites contributions que chaque congolais envoi dans son pays pour aider sa famille: soins médicaux, rentrées scolaires,aides familliales etc. Cette diaspora on l'a toujours privée des élections. Voter est toujours un droit civique pour chaque citoyen. Aucun pays membre des Nations-Unies ne se prive des compétences de ses ressortissants de l'extérieur, sauf la RDC. Les Joséphistes au pouvoir croient que le Congo est leur "Ligablo", ils se comportent comme si le Congo était leur épicerie, ils n'ont pas assimulé les principes de l'Etat-Nation.
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