Paris: Grand Palais, expositions préstigieuses des photos !
Par Freddy Mulongo, mercredi 11 janvier 2012 à 19:48 :: radio :: #2028 :: rss
Paris Photo au Gand Palais. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Dorah est une artiste professionnelle. Dorah, c'est aussi une galerie, salon, boutique, studio photo...un lieu charismatique au centre de Paris. Selection pointu autour du cheveu et des accessoires vintage. Locations pour évènements et show-room au 182-183 Rue Saint Martin, 75003 Paris, tél: 01 48 04 83 87 Métro: Rambuteau. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Paris à l'heure africaine !
Paris Photo a cette grande tradition d'inviter un pays et ses photographes, tandis que les affaires battent leur plein et que les collectionneurs font leur impitoyable tour de piste. Après d'innombrables coups de cœur au Pays-Bas, au Mexique, dans les pays nordiques, au Japon et, l'an dernier, en Europe centrale, le continent africain a été invité d'honneur. Ceux qui n'ont pas eu le privilège d'aller aux Rencontres de Bamako (Mali) ont découvert des photographes pleins de foi et d'espoir. À noter, L'Homme en animal de Fatoumata Diabate (Mali), l'Under Bridge Life d'Uche Okpa-Iroha (ce Nigérian a reçu en 2009 le prix Seydou Keita), le Climate Change de Nyani Quarmyne (Ghana), La Sape de Baudouin Mouanda (jeune photoreporter de Congo Brazzaville primé à Bamako en 2009) et les Miss D'vine travesties de Zanele Muholi (intrépide Sud-Africaine déjà dans la Walther collection). Au fil des galeries, le voyage a continué. On a pu retrouver les stars sud-africaines, David Goldblatt et Pieter Hugo, respectivement à la Goodman Gallery et chez Stevenson. Le merveilleux sage malien, Malick Sidibé, et ses dansantes Nuit de Noël, 1963 à la Galerie du Jour, Agnès b. Celles de Kinshasa, déjantées, arrosées et déguisées, vues par le noctambule Jean Depara (1928-1997) chez André Magnin, œil qui a longtemps conseillé l'« über-collectionneur », Jean Pigozzi (son expo « JapanCongo » était au Magasin de Grenoble, l'an dernier). Les Filles du Calvaire ont exposé Omar Ly, Sénégalais aux 5 000 clichés engrangés en quarante ans de brousse et révélation pleine de malice de Bamako en 2009. Lumière des Roses a présenté le regard historique de l'homme blanc sur l'Afrique à la beauté d'ébène. Et La Revue noire a fait en 50 images son histoire perso et engagée de la photo africaine depuis 1900… Ceux qui ne rêvent pas d'Afrique ne sont pas oubliés. De l'historique, du lourd, avec les portraits de propagande du poète Mayakovsky par Rodchenko en 1924 (Camera Work). Ou celui, inattendu, d'un Cocteau jeune et brun tirant sur Berenice Abbott en 1926 (Howard Greenberg). Ou les 28 tirages minimalistes autour d'une sphère par Sol LeWitt en 2004, trois ans avant sa mort (Fraenkel Gallery). Le plus chaud a été toujours Guy Bourdin et ses photos de mode à double lecture (Michael Hoppen Gallery). Vive la France !
Freddy Mulongo au Salon Paris Photo, Grand Palais. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Les diverses styles de coiffures africaines. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Des travailleurs de champs. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Freddy Mulongo dans un stand africain. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Jean Loup Pivin devant les clichés de Jean Depara (1928-1997) sur Kinshasa. Photo Réveil-FM, Henri Martin
Maison Revue Noire fait la première rétrospective du photographe Jean Depara (1928-1997) , prolongation jusqu'au 18 fév 2012
Les 150 photographies immortalisent les folles nuits des bars-dancings de Léopoldville (future Kinshasa) au moment où le pays va acquérir son indépendance en 1960. Chacun vit ces instants où enfin la modernité du monde est accessible, sans soucis de "Blanc ou de Noir". À Kinshasa, cela passe par l’« American way of life », ses voitures et la mode des Bills en tenue de cow-boy, la guitare électrique, le saxo et des musiques qui emmènent le cha cha cha et surtout la rumba dans une folle danse. Les bandes de jeunes Kinois ont chacune un style vestimentaire et leurs muses féminines, fréquentent les innombrables bars-dancings, soutenant un groupe musical. Les athlètes, fiers de leurs corps, paradent devant leurs admiratrices à la piscine du Complexe sportif de la Funa. C’est le décor et la vie que nous fait partager le photographe Depara dans chacune de ses images.
Jean Depara rejoint en 1951 la capitale du Congo-Belge, Léopoldville (futur Kinshasa) et vit de divers métiers : cordonnier à l’usine Bata, réparateur de montres et d'appareils photo… Depara est aussi photographe avec son appareil Adox 6x6.
De jour comme de nuit, de 1954 à 1975, Depara photographie l’ambiance des bars-dancings et des clubs mais aussi les athlètes et les bandes de jeunes sapeurs. La mégapole est alors la ville d'Afrique d'où la musique se propage à travers le continent et le reste du monde. C'est l'ami de tous les musiciens et plus particulièrement de Franco, futur maestro de la rumba zaïroise, qui lui demande en 1954 d'être son photographe officiel. C’est le décor et la vie que nous fait partager le photographe Depara dans chacune de ses images. Il court dans ces univers dont il est lui-même l’un des animateurs : avec son appareil, il est là au même titre que les filles, les amoureux épris, les musiciens, les barmaids affriolantes du Kongo Bar ou de l'Opika, du Champs-Elysées ou de La Péruche Bleue.
En 1956, Depara ouvre un studio qu'il nomme avec humour le “Jean Whisekys Depara”, moins pour répondre aux demandes que pour "finaliser" certaines opérations de séduction. Il le fermera en 1966 tant sa vie, son plaisir de photographier passent par l'extérieur avec ses amis, ses copains et ses conquêtes. À cette époque, il vit confortablement, avec voiture décapotable et villa.
Dans les années 1970, les temps deviennent plus difficiles. Depara n’aime pas la couleur qui "fait des images sans relief", dit-il. Il n'aime pas les laboratoires photos automatiques qui ont envahi la place avec des prix de plus en plus bas. Et le dilettante qu'est Depara refuse ce combat commercial à la petite semaine. En 1975, période de « Zaïrianisation » du pays, beaucoup d’européens quittent le pays et libèrent des postes. Il devient alors photographe laborantin du Parlement. À 50 ans, une autre vie commence pour Depara. On peut parler de la fin de sa jeunesse : il met sa gentillesse au service du compagnonnage des photographes officiels. Quand Depara prend sa retraite en 1989, il abandonne la photographie.
En 1996, ses photographies sont publiées dans le magazine Revue Noire sur Kinshasa. Il décède une année après, laissant encore danser ses photographies dans le coeur des Congolais et du reste du monde.
En 2011, la galerie Revue Noire présente sa première rétrospective de 150 tirages photographiques "DEPARA, NIGHT & DAY IN KINSHASA, 1955-1965" et est présentée à Paris Photo (10-13 nov) sur le stand Revue Noire A43 et dans son programme de visites privées VIP du Close Up.
Biographie
Jean DEPARA (de son vrai nom Jean Lemvu devenu Aboubacar Lemvu après sa conversion à l’islam)
Photographe à Léopoldville devenu Kinshasa, au Congo devenu Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo RDC.
né en 1928 à Kbokiolo (Angola)
décédé en 1997 Kinshasa (R.D.Congo)
actif de 1954 à 1975 à Kinshasa (R.D.Congo, ex Zaïre, ex Congo-Belge)
1948 : exil au Bas Congo.
1950 : se marie à Matidi et achète pour l’occasion un appareil photo 6 x 6 de marque Adox.
1951 : s’installe à Léopoldville (futur Kinshasa) et vit de photographies et divers métiers : cordonnier à l’usine Bata, réparateur de montres, d’horloges et d'appareils photo...
1954 : le jeune chanteur de 18 ans Franco, futur maestro de la rumba zaïroise, lui demande de le suivre dans ses concerts pour prendre ses photographies officielles. Franco vient juste de créer son groupe le Ok Jazz qui sera pendant des décennies, jusqu'à sa mort en 1989.
1954-1975 : de jour et de nuit Depara photographie l’ambiance des bars-dancings et des clubs mais aussi les athlètes ou les bandes de jeunes sapeurs et de Bills.
1956 : ouvre son studio photo “Jean Whisekys Depara” au 54 rue Kato.
1966 : ferme son studio pour se consacrer à ses reportages.
1975-1989 : photographe officiel et salarié attaché au Parlement.
1989 : prend sa retraite et abandonne la photographie.
1996 : première publication dans Revue Noire de son travail d'“artiste”.
1997 : meurt à Kinshasa.
Bibliographie
“Depara”, collection PhotoBolsillo, texte de Pascal Martin Saint Leon et Jean Loup Pivin, publié par Revue Noire (France) et La Fabrica, Paris-Madrid 2010.
Catalogue de l’exposition “A useful dream, african photography 1960-2010”, Musée des Bozarts de Bruxelles. Commissaire Simon Njami.
“C magazine N°5”, Jean Depara, André Magnin, publié par Ivory Press 2007.
Catalogue de l’exposition “100% Africa”, publié par TF Editores et FMGB Guggenheim Bilbao Museum, 2006.
Catalogue de l’exposition “African Art Now, Masterpieces from the Jean Pigozzi Collection”, André Magnin, publié par Merrell, 2005.
“L’Afrique par elle-même”, publié par Revue Noire Editions, Paris 2003.
“Photographes de Kinshasa”, N’Goné Fall, publié par Revue Noire Editions, Paris 2001.
Catalogue des Rencontres de la Photographie de Bamako, “Mémoires Intimes d’un Nouveau Millénaire - Intimates Memories of the New Millenium”, commissaire Simon Njami, publié par Edition Eric Koehler 2001.
Catalogue de l’exposition “Africa Inside”, du Noorderlicht photofestival, Fries Museum, Leeuwarden, Netherland 2001.
“Anthology of African Photography” Pascal Martin Saint Léon, N’Goné Fall, Simon Njami, Jean Loup Pivin, publié par Revue Noire et DAP Editions, Paris-New York 1999.
“Anthologie de la Photographie africaine et de l’Océan indien” Pascal Martin Saint Léon, N’Goné Fall, Simon Njami, Jean Loup Pivin, publié par Revue Noire Editions, Paris 1998.
“Kinshasa”, Revue Noire magazine N°21, publié par Revue Noire Editions, Paris 1996.
Expositions personnelles
2011 : "DEPARA, NIGHT & DAY IN KINSHASA, 1955-1965" première rétrospective de 150 tirages photographiques argentiques ou inkjet au Piezo Charbon.
L'oeuvre de Jean Depara est présentée à Paris Photo 2011 au Grand-Palais sur le stand Revue Noire A43 (09-13 novembre 2011) et dans son circuit de visites privées Close Up VIP.
2009 : “Les nuits de Kinshasa, Jean Depara, 1955-1975”, Rencontres de la Photographie de Bamako, commissaires Pascal Martin Saint Leon, Francis Articlaut, Jean Loup Pivin, Mali.
1998 : Galerie Jean Marc Patras, Paris
2007 : “Le rituel de la pose” Musée des Arts derniers, Paris, France.
2006-2007 : “100% Africa”, commissaire André Magnin, Guggenheim Museum de Bilbao, Espagne.
2005 : “Arts of Africa”, commissaire André Magnin, Grimaldi Forum, Monaco.
2002 : Centre de la photographie Genève, commissaire André Magnin Pigozzi Collection, Suisse.
2001 : Photographes de Kinshasa, commissaire N’Goné Fall Mali, Rencontres de la Photographie de Bamako, Mali.
2000 : Noorderlicht 2000 photofestival, Fries Museum Leeuwarden, Pays-Bas.
2000 : “Africa Past-Present”, Seydou Keita, P.K. Apagya, Jean Depara, Cornélius Aaugustt Azaglo and Ojeikere, Fifty One Fine Art Photography Gallery, Anvers, Belgique.
1998-2001 : “L’Afrique par elle-même” - "Africa by Africans", "Tour exposition" présentée par Revue Noire (Maison européenne de la Photographie, Paris ; Pinacotteca de São Paulo, Brésil ;
South African National Gallery, Cape Town, Afrique du Sud ; Rencontres de la Photo à Bamako, Mali ; Haus der Kulturen der Welt, Berlin, Allemagne ; Barbican Museum, Londres, UK ;
Anacostia Museum, Smithsonian Institute, Washington, USA ; New African Museum, New York, USA ; Bologne, Italie ; Royal Museum of Central Africa, Tervuren, Belgique.


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