Côte d'Ivoire: La visite Hilary Clinton peut-elle changer voire améliorer le cour de l'histoire pour les Ivoiriens ?
Par Freddy Mulongo, jeudi 19 janvier 2012 à 22:06 :: radio :: #2122 :: rss

La secrétaire d`État américaine Hillary Clinton au palais présidentiel d'Abidjan avec Alassane Ouatara, le 17 janvier 2012.
En visite à Abidjan, la secrétaire d’État américaine Hilary Clinton a affiché son optimisme envers la Côte d’Ivoire, et salué un "retour porteur d’espérance à la paix" suite à la crise postélectorale, tout en notant le travail qu’il restait à accomplir pour rétablir le dialogue politique. « Je veux dire mon admiration pour les progrès que votre pays fait, son retour progressif et porteur d'espérance à la paix et à la sécurité ». C’est en ces termes que Hilary Clinton, la secrétaire d’État américaine, s’est adressée au peuple ivoirien mardi 17 janvier, lors d’une conférence de presse avec le président Alassane Ouattara.
En visite dans le pays depuis la première fois depuis la crise postélectorale de 2010-2011, l’américaine a salué un « moment historique » en Côte d’Ivoire, même s’il reste encore « beaucoup de travail » à effectuer pour renforcer la démocratie. « C'est une période excitante pour la Côte d'Ivoire comme pour l'Afrique de l'Ouest », a estimé Hilary Clinton, faisant référence aux dernières élections présidentielles au Nigeria, au Niger, en Guinée et au Liberia.
Lors des quatre mois de crise postélectorale puis de guerre civile qui ont fait 3 000 morts en Côte d’Ivoire, les États-Unis ont été, aux côtés de la France et de l’ONU, les principaux alliés d’Alassane Ouattara durant son bras-de-fer avec l'ex-président Laurent Gbagbo, qui refusait de se retirer après sa défaite à la présidentielle de novembre 2010. "Inclure toutes les voix" La secrétaire d’État américaine a noté « la rapidité avec laquelle le pays est passé de la violence et du conflit du printemps dernier aux élections législatives réussies de décembre ».
Toutefois, Hilary Clinton a estimé qu’il fallait tout mettre en œuvre pour rétablir le dialogue entre les différentes forces politiques. Si elles ne sont pas totalement rompues, les discussions entre le nouveau pouvoir et le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo qui a boycotté les législatives, restent limitées. « Sécuriser ces gains pour la démocratie, la prospérité et la sécurité - pour les gens d'ici comme pour vos voisins - demandera beaucoup de travail. Il sera particulièrement important d'inclure toutes les voix, y compris celles qui sont discordantes, dans le dialogue politique », a clamé Hilary Clinton. En réponse, Alassane Ouattara a fait part de sa « ferme volonté de construire un État de droit, avec une justice impartiale, et respecteux des droits humains ».
Résolument optimiste, la secrétaire d’État a rappelé que le président américain Barack Obama, tout comme elle-même, ne doutaient pas « que la Côte d'Ivoire (puisse) être de nouveau le moteur de la croissance économique pour les Ivoiriens mais aussi pour la région ».
Pour l'intelligentsia ivoirienne, après avoir aidé Ouattara à arriver au pouvoir, Les Etats-Unis viennent réclamer leur part du gâteau ! L’heure ayant sonné pour le gâteau de l’après guerre postélectorale, Hillary Clinton vient rappeler à Ouattara que son pays ne l’a pas soutenu pourqu’il aide seulement ses seuls proches et membres de famille.

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, est arrivée, à l’aéroport Félix Houphouet-Boigny pour un séjour de 48 heures. Elle a été accueilli au bas de la passerelle par Kablan Duncan, le ministre Ivoirien des Affaires étrangères et l’ambassadeur des Etats-Unis, Philippe Carter III.
La visite de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton à Abidjan, ce 16 janvier 2012, contrairement aux allures de soutien au pouvoir Ouattara, répond à une autre motivation : principalement, les affaires.
Après avoir participé à une coalition pour l’avènement d’Alassane Dramane Ouattara au pouvoir, l’heure est au partage du gâteau. Il faut bien rester dans la logique selon laquelle les Etats n’ont pas d’ami, mais des intérêts. On sait que c’est à cause du cacao ivoirien que les Etats-unis ont soutenu la guerre postélectorale en Côte d’Ivoire.
On se souvient même que dès la prise du pouvoir par Ouattara, la levée de l’embargo sur ce secteur a commencé un chargement de bateaux en cacao vers le pays de Barack Obama.
Seulement après, le fils de Dominique Ouattara, Loïc Folloroux, beau fils du chef de l’Etat, a mis la main sur le binôme café-cacao ivoirien à travers sa société Armajaro Trading Limited. Et ce, au détriment du géant américain Cargill, présent en Côte d’Ivoire depuis 1997, spécialisée entre autres, dans la commercialisation et la transformation de fèves de cacao.
Dans Jeuneafrique.com du 11-08-2010, Loïc Folloroux, déclarait alors : «Armajaro est reconnue comme l’un des leaders mondiaux de l’approvisionnement de cacao et de café, avec des structures d’achat et d’exportation dans tous les principaux pays africains producteurs».
Clinton vient à Abidjan pour dire à Ouattara, de vive voix, que son pays ne s’est pas battu à ses côtés pour qu’il soit au pouvoir pour que le monopole du café-cacao soit offert à son beau fils, Loic, alors que les chocolatiers américains font pression sur le gouvernement Obama.
Il faut qu’il revoie cette situation au plus vite possible. On peut dire sur sujet que face à Ouattara, les Etats-unis et le Pdci se trouvent dans la même farine. L’un attend un cacao, l’autre, la Primature.
La seconde raison de la venue de la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton à Abidjan, c’est pour régler le cas Soro Guillaume. Selon des confidences dignes de foi, les Etats-unis ne veulent plus voir Soro à la Primature. Son statut d’ancien chef rebelle, d’une ex-rébellion dont les co-auteurs directs et indirects des violations de droits de l’homme et crimes contre l’Humanité, ont le profil pour devenir d’un moment à l’autre, pensionnaires de la prison de la Cpi à la Haye, ne l’autorise pas à jouer les grands démocrates, donneurs de leçons, qui feraient le boucan à la tête des Institutions républicaines.
De même, l’Assemblée nationale étant le temple de la démocratie, le parcours rebelle du Secrétaire général des Forces nouvelles ne l’aide pas non plus à ce niveau pour que le chef de l’Etat l’y pousse comme une roue. Les Etats-unis ne voudraient Soro ni à la Primature, ni à l’Assemblée nationale. C’est pour ces deux raisons que, réellement Clinton a pris son avion pour trouver Ouattara et lui parler.


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