La radio qui vous écoute !

Réveil-FM

La première radio associative et communautaire de Kinshasa.

lundi 24 août 2009

Après Didace Namujimbo, Serge Maheshe, Pascal Kangundu, Bapuwa Muamba ... Encore un journaliste tué à l’arme blanche en République Démocratique du Congo !

Bukavu, une ville qui tue ses journalistes

Un journaliste d’une radio privée a été assassiné par des hommes en armes, à Bukavu, dans la nuit de samedi à dimanche a-t-on appris auprès de la direction de la radio.

«Bruno Koko Chirambiza, âgé de 24 ans, a été abattu de deux coups de poignard au thorax, par un groupe d’hommes en armes alors qu’il revenait à pied avec un ami d’un mariage qu’il avait animé », a déclaré le député d’opposition, Pierre Pay Pay, propriétaire de cette radio locale, candidat malheureux qui avait soutenu Jean-Pierre Bemba lors de la présidentielle en 2006.

«Il s’agit d’un acte prémédité, un assassinat crapuleux. Ils étaient suivis depuis la fête qui se déroulait à 5 Km de son domicile, près duquel il a été tué. C'est lui qui était visé et on ne lui a rien volé », a-t-il ajouté.

C’est donc un meurtre qui vient d’allonger la liste des victimes dans le milieu de la presse congolaise. Le dernier cas en date est celui de Didace Namujimbo, journaliste de Radio Okapi assassiné en novembre 2008, après Serge Maheshe, un autre journaliste de Radio Okapi, en juin 2007, Bapuwa Mwamba, journaliste indépendant tué en 2006 et la liste de ce safari macabre qui se passe au pays de Joseph Kabila, est très longue.

Outre la presse congolaise qui travaille presque dans un contexte de guérilla (alors que la tenue des élections en 2006 devrait être une occasion de remettre le pays sur la voie de la démocratisation), on se rappellera que les professionnels des médias tant Congolais qu’étrangers sont devenus des véritables cibles des autorités congolaises. Pour preuve, le 28 juillet dernier, le régime en place a coupé les antennes de Radio France Internationale (RFI), qui selon le ministre de la communication, ‘’devient un média dérangeant’’ (sic).

Les émissions de Radio France Internationale en République démocratique du Congo ont été interrompues sur toute l’étendue du pays. A Kinshasa, Matadi, Kisangani, Lubumbashi, les émetteurs ont été coupés sur décision des autorités congolaises. Cette action serait justifiée par la diffusion sur les antennes de RFI, d’informations émanant de la MONUC.

Des informations expliquant les raisons pour lesquelles certaines unités d'anciens rebelles, récemment intégrées dans l'armée congolaise, ont choisi de déserter. En réalité, l’Etat congolais bâillonne à la soviétique, tous les médias et journalistes qui résistent à la corruption (coupage), à la propagande ou mieux à l’établissement de la pensée unique qui est entrain de naître en République Démocratique du Congo.

Le Ministre de la communication et porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a beau demander une enquête pour mettre la main sur ces assassins, on n’est pas sûre que les auteurs seraient sanctionnés d’autant que pour tous les cas précédents, les procès sont toujours truffés d’incohérences et demeurent de parodie de justice.

En effet, les assassins de Serge Maheshe, Pascal Kangundu, Didace Namujimbo tout comme ceux des opposants politiques, notamment le cas du vice-président de l’assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Boteti, appartiennent tous à la garde présidentielle et ils sont toujours en fonction.

Au regard de cette situation, l’appel lancé par Mende Omalanga, ancien propagandiste de la JMPR, (section Belgique), ressemble tout simplement à une farce dont l’objectif est de brouiller les pistes et organiser une simulacre de procès.

Voilà ce qui relance encore une fois, l’hypothèse d’un musellement de la presse au Congo-Kinshasa. En tout cas, le silence de la communauté internationale qui ne semblerait pas être à l’écoute de la tragédie qui secoue la presse congolaise, ne se justifie pas.

On sait que dans certains pays, tels que le Zimbabwe ou le Niger, la communauté internationale a fait des pressions sur des régimes hostiles à la liberté de la presse. Tout récemment, la disparition de notre regretté confrère, Guy-André Kiffer, en Cote d’Ivoire, fait objet d’une enquête internationale et le sujet est à la Une de tous les médias.

Triste constat, en RDC, on a l’impression que les meurtres des journalistes n’interpellent personne. Dommage !

Lire la suite

jeudi 20 août 2009

10 Questions au Professeur Julien Kilanga, ancien recteur de l'Université de Lubumbashi

Julien Kilanga, ancien Recteur de l’université de Lubumbashi parle de l’université congolaise et lève le voile sur «Lititi Mboka». L’allure de Julien Kilanga fait penser à un homme réservé, mais dès qu’on évoque avec lui la situation de l’université congolaise et ses péripéties, l’homme des sciences qu’il est se découvre littéralement.

Docteur en langues et Recteur de l’Université de Lubumbashi (Unilu) entre 1992 à 1997, Julien Kilanga a passé tout son cursus universitaire à l’Unilu. Il est mieux placé pour faire une analyse sur l’enseignement supérieur du pays. Sous d’autres cieux, on le verrait surtout très bien parti pour apporter un souffle nouveau à ce ministère qui se cherche. Le Professeur Kilanga qui est actuellement directeur de la division de la langue française et des langues partenaires à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à Paris et qui est connu pour son honnêteté intellectuelle, porte un regard dans le rétro des événements « malheureux » de 1990.

1. Réveil-FM : Vous avez été étudiant, professeur et recteur de l’université de Lubumbashi. Quelle est votre vision de l’université congolaise?

Julien KILANGA: Quand on parle de l’Université congolaise, sans vivre l’expérience sur le terrain, on a tendance à croire que plus rien n’existe, que tout s’est dégradé. Je vais partir de l’expérience de l’Université de Lubumbashi que je connais le mieux pour y avoir évolué de la base au sommet.

Je donne tous ces détails pour que vous vous rendiez compte que je suis un pur produit de l’université congolaise et que je connais tous les rouages de ce milieu, même si depuis quelques années, je poursuis ma carrière en France à l’Organisation internationale de la francophonie. Cette université a formé beaucoup de personnalités reconnues sur le plan international. La formation qui y est donnée est de grande valeur. Les personnes sortant de cette institution ont un grand pouvoir d’adaptation et s’intègrent sans trop de peine dans d’autres milieux.

Mais notre université n’a pas échappé à la l’instabilité politique qui a frappé le pays au cours des années 1990 caractérisée par la démocratisation des institutions. Il a fallu beaucoup d’efforts pour récadrer les choses car l’université était devenue totalement politisée. La lecture de ces analyses, précise ma vision de l’université congolaise qui apparaît en filigrane à travers les réponses aux différentes questions.

Lire la suite

vendredi 14 août 2009

Jean Pierre Bemba en liberté... provisoire

Jean-Pierre Bemba durant le "meeting" de campagne au stade Tata Raphaël, le 27 juillet 2006, à Kinshasa.

Aujourd’hui 14 août 2009, la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale a décidé de faire droit, sous condition, à la demande de mise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba Gombo.

La nouvelle est tombée comme un couperet et a fait le tour du monde. Le leader de l’opposition congolaise voit le boulevard de la liberté s’ouvrir devant lui !

Lire la suite