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dimanche 31 mars 2013

Toronto: Jean-Marc Ayrault à l'université de Toronto 2ème Partie !

Profitant de la visite du premier ministre français Jean-Marc Ayrault, la France et l’Université de Toronto ont signé jeudi dernier une convention pour l’échange d’étudiants entre la Faculté de Médecine de l’Université de Toronto et le Magistère Européen de Génétique de l’Université Paris Diderot-Paris 7. L’accord renforcera les liens déjà existants entre les deux universités par la création de partenariats scientifiques et académiques dans les domaines de la Génétique et de la Biologie Moléculaire via des échanges d’étudiants et d’enseignants-chercheurs.

La France et l’Université de Toronto se rapprochent, (de gauche à droite): Judith Wolfson, vice-présidente des relations publiques de l’Université de Toronto; Richard Nunn, président du Conseil de l’université; Brigitte Ayrault, épouse du premier ministre; Philippe Zeller, ambassadeur de la France au Canada; et, derrière lui, le premier ministre français Jean-Marc Ayrault, à l’Université de Toronto. Photo Réveil FM

La signature du livre d'or de l'université de Toronto par Jean-Marc Ayrault, Premier ministre et Brigitte Ayrault, son épouse. Photo Réveil FM

Après son discours devant les membres de l’Empire Club de Toronto, le premier ministre Ayrault a visité le laboratoire de recherche du Terrence Donnelly Centre for Cellular & Biomolecular Research (CCBR) et a assisté à un mini-forum sur les intérêts de la coopération entre la France et le Canada au niveau de la recherche scientifique.

Arrivée de Jean-Marc Ayrault dans la salle de réunion avec des chercheurs franco-canadiens. Photo Réveil FM

Installation du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

Le début de la réunion. Photo Réveil FM

Plusieurs professeurs et post-doctorants francophones ont pris la parole pour partager leur vécu sur les avantages de la coopération entre les deux pays. Trois post-doctorants français ont indiqué que leur travail à l’Université de Toronto ne sera certainement qu’une étape de leur parcours et qu’ils espèrent pouvoir revenir en France poursuivre leur recherche.

Par ailleurs, la France pourrait soutenir la mise en place d’une institution post-secondaire francophone pour le Sud-Ouest de l’Ontario. C’est en tout cas ce que laissait entendre une source proche du dossier, mentionné dans le discours du Trône de la nouvelle première ministre Kathlen Wynne.

Jean-Marc Ayrault s'entretient avec des jeunes chercheurs. Photo Réveil FM

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Toronto: Jean-Marc Ayrault à l'université de Toronto 1ère Partie !

Jeudi 14 mars à 15 heures précises, la délégation du Premier ministre Jean-Marc Ayrault arrive, sirènes hurlantes devant le bâtiment de l’Assemblée législative, gravit les marches au pas de course jusqu’au deuxième étage où des drapeaux canadien, européen, français et ontarien sont disposés. Madame Kathleen Wynne, Première ministre de l'Ontario sort de son bureau pour accueillir chaleureusement son homologue et sa délégation, devant les photographes et les caméras. La réunion se fera à huis clos. Au menu : des discussions, un nouvel accord sur la mobilité des jeunes Français au Canada, et des jeunes Canadiens en France, qui sera facilitée. Un accord allant dans ce sens a d’ailleurs été signé par l’ambassadeur Philippe Zeller et l’Université de Toronto. Le premier ministre Ayrault a fait mention à plusieurs reprises de la présence du fait français et de la langue française en Ontario, et plus précisément dans la capitale. « La langue française n’est pas dominante, mais elle n’est pas absente ici à Toronto (…) C’est une erreur de croire que le français n’est présent qu’au Québec. »

Le cortège du Premier ministre Jean-Marc Ayrault à Toronto. Photo Réveil FM

Madame Kathleen Wynne, Première ministre de l'Ontario et Jean-Marc Ayrault, Premier ministre Français. Photo Réveil FM

De très nombreuses voitures diplomatiques de la délégation française faisaient le tour du rond-point de l’Université de Toronto, le 14 mars dernier vers 16 h. Un étudiant demande la raison de ce vacarme. « Il s’agit du premier ministre français ». Moue étonnée de l’étudiant : « Nicolas Sarkozy? » Le premier ministre de la République française, Jean-Marc Ayrault, n’est pas aussi connu au Canada que l’ancien président Nicolas Sarkozy, battu au mois de mai dernier par le socialiste François Hollande. Pourtant, sa visite au Canada (Ottawa, Toronto, Montréal et Québec), et en particulier dans la Ville reine, est un évènement, quand on pense que les visites officielles françaises au pays ont tendance à se concentrer sur Ottawa et le Québec.

La statue de John A. Macdonald devant le Parlement d'Ontario, à Queen’s Park. Sir John Alexander Macdonald (11 janvier 1815 - 6 juin 1891) fut la première personne à occuper le poste de premier ministre du Canada. Figure dominante de la Confédération canadienne, sa carrière politique s'étendit sur près d'un demi-siècle. Macdonald resta premier ministre durant 19 ans. Photo Réveil FM

La police qui escortait Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo et des confrères à l'université de Toronto: Marc Antoine (France culture), Hélène Hugue (France télévision), Jean-Jérome Bortolus (i-Télé), et Marie Hélène de TF1. Photo Réveil FM

L'université de Toronto. Photo Réveil FM

La faculté de médecine de Toronto. Photo Réveil FM

La police veille. Photo Réveil FM

L'omniprésence de la police, sécurise en même temps. Photo Réveil FM

Le cortège de Jean Marc Ayrault. Photo Réveil FM

Le cortège de Jean Marc Ayrault. Photo Réveil FM

parmi les chercheurs rencontrés par le premier ministre se trouvait un historien spécialiste de la langue française, en particulier en Ontario, Paul Cohen, qui a expliqué les tenants et les aboutissants de ses recherches. Jean-Marc Ayrault a terminé la rencontre en allant à la rencontre d’étudiants français de l’Université de Toronto, qui représentent 10 % des étudiants étrangers de l’université. Parmi eux, Jean Sévalle, post-doctorant en biologie de haut niveau raconte : « Il m’a demandé ce que je faisais, il était très intéressé et m’a demandé si je comptais rentrer en France mettre mon expérience au service de la nation. »

L'université de Toronto, une propreté à vous couper le souffle. Photo Réveil FM

L'accueil avant l'entrée dans la salle. Photo Réveil FM

La salle de réunion du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault avec des éminents chercheurs franco-canadiens. Photo Réveil FM

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Toronto: Rencontre entre Jean-Marc Ayrault et des jeunes Volontaires Internationaux en Entreprise (VIE)

Après son discours à l'Empire Club of Canada, Jean-Marc Ayrault s'est entretenu avec des jeunes français volontaires internationaux en entreprise au Canada. Le Premier ministre a acquis des autorités canadiennes, le doublement à la fois des quotas et de la durée des Permis Vacances-Travail pour les jeune français au Canada d’ici les mois à venir. Jean-Marc Ayrault, souhaite vivement augmenter les quotas d’un autre tremplin à la mobilité internationale : le volontariat international en entreprise (VIE). Actuellement, ce sont 7 200 jeunes ayant entre 18 et 28 ans qui s’envolent via ce dispositif. Le Premier ministre français voudrait semble-t-il atteindre les 9 000 départs d’ici 2015 ! Le Volontariat International en Entreprise consiste, à travailler dans une grande entreprise française agréée implantée à l’étranger pour une rémunération comprise entre 1 449,69 € et 3 828,73 €, d’après le site officiel de l’administration française. Aussi, le gouvernement français aurait la volonté de diversifier les entreprises profitant de ce dispositif en accentuant son effort sur les PME. Notons que le VIE est souvent l’apanage des diplômés des grandes écoles. Avec cette réforme, l’accès au VIE devrait se populariser.

Jean-Marc Ayrault avec des jeunes volontaires internationaux en entreprise de Toronto. Photo Réveil FM

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault écoute les doléances de jeunes. Photo Réveil FM

L'une de grandes qualités de Jean-Marc Ayrault, c'est l'écoute. Photo Réveil FM

Après l'écoute, les réponses de Jean-Marc Ayrault aux jeunes ! Photo Réveil FM

Fairmont Royal York à Toronto. Photo Réveil FM

L'entrée latérale du Fairmont Royal York. Photo Réveil FM

Des confrères du BFM TV font un plateau. Photo Réveil FM

Les journalistes quittent Fairmont Royal York. Photo Réveil FM

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Toronto: Jean-Marc Ayrault invité d'honneur du prestigieux Empire Club of Canada

Le 14 mars 2013, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, était l’invité d’honneur d’un déjeuner-conférence organisé par l’Empire Club, en partenariat avec la Chambre de Commerce française de Toronto, réunissant plus de 150 personnes. Au cours de cet évènement, le Premier ministre a prononcé un discours sur l’économie et l’attractivité française. Établi en 1903, le prestigieux Empire Club of Canada a déjà permis à plus de 3,500 orateurs de s'y exprimer. Parmi d'illustres personnalités figurent : Indira Gandhi, Brian Mulroney, le Dalai Lama, Margaret Thatcher, Bill Gates, Audrey Hepburn, John Diefenbaker, Ronald Reagan, Margaret Mead, Winston Churchill, Billy Graham, Vladimir Poutine, Pierre Trudeau, Grey Owl, Henry N.R. Jackman, Jean Chrétien, Hilary Weston, Maureen Forrester, Roberta Bondar, Adrienne Clarkson, Paul Martin, Stephen Harper, Michael Ignatieff, Mark Carney, Christopher Plummer, Gordon Pinsent...

Jean-Marc Ayrault en dialogue avec l'honorable Joe Oliver ministre canadien des Ressources naturelles. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault peaufine son discours. Photo Réveil FM

150 personnalités attendent l'allocution de Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

Allocution du Premier ministre jean-Marc Ayrault à l'Empire Club de Toronto

Le président de l’Empire Club of Canada, mesdames, messieurs les ministres, ministres canadiens et de l’Ontario, et aussi mes collègues du gouvernement français qui m’accompagnent, mesdames et messieurs les parlementaires, canadiens et de l’Ontario, mais aussi ceux qui m’accompagnent, de la délégation française, mesdames et messieurs, je voudrais d’abord commencer par vous exprimer ma gratitude, Monsieur Schumar (phon), parce que vous me donnez aussi l’occasion de m’exprimer devant la communauté d’affaires de Toronto, mais dans un cadre prestigieux, et vous en avez rappelé l’histoire en quelques instants, des personnalités que vous y avez invitées, de grandes personnalités, vous citiez Winston Churchill, qui a lui joué un rôle tellement important dans l’histoire. Eh bien je me sens honoré d’être invité aujourd’hui par l’une des plus anciennes institutions, plus prestigieuses institutions, de la ville de Toronto, dont le rayonnement va bien sûr bien au-delà.

J’ai appris, en venant ici, que le nom de Toronto signifiait "le lieu de la rencontre", dans la langue des hurons, et je veux y voir évidemment un présage heureux pour notre première rencontre. Les liens qui unissent la France et l’Ontario sont anciens, ils sont également très solides, et je souhaite, pour ma part aujourd’hui, contribuer au renouveau, au renforcement, de cette relation. Je me réjouis que l’Ontario ait choisi le 400e anniversaire de l’arrivée de Samuel de Champlain en 2015 pour célébrer sa communauté franco-ontarienne et la France sera heureuse de s’associer à cet événement.

Vous disiez, Monsieur le président, il y a quelques instants, que Samuel de Champlain était venu avec 28 personnes, ils ne savaient pas forcément exactement où ils allaient, je ne suis pas sûr. Ils avaient un but, ils croyaient à leur aventure, ils voulaient arriver à la découverte d’un autre monde, ils cherchaient peut-être la voie de la Chine, ils sont arrivés ici, et ils ont créé un pays, mais ils n’avaient pas peur, ils avaient confiance, ils avaient de l’audace, ils avaient de l’énergie. eh bien, dans le monde d’aujourd’hui, parfois préoccupant, parfois instable, parfois dangereux, il faut aller chercher partout l’énergie et la confiance, et surtout avoir le courage et l’audace, justement pour aller plus loin et donner des perspectives à tous ceux qui dans le monde parfois s’inquiètent, que nous avons un avenir et que, ensemble, nous pouvons le construire.

Je profite de cette occasion pour saluer les nombreux francophones qui sont présents dans la salle, et en même temps la vitalité de la langue française en Ontario, dont témoigne le succès de l’Alliance française de Toronto, qui est la deuxième d’Amérique du Nord.

Et puis j’ai une pensée particulière pour mes 10 000 compatriotes, présents en Ontario, donc ils participent à cette très grande communauté française, environ 200 000 personnes, et qui témoignent ici par la diversité de leur talent, de la qualité des formations, et des savoir-faire français, je les remercie et je les salue tout particulièrement.

Et puis, je voudrais exprimer mon émotion, toute particulière, après avoir entendu le témoignage éloquent de monsieur Christian Petit-Frère (phon), qui vient d’Haïti, que vous avez accueilli au York Glendon College, j’y vois un beau symbole, lui qui représente un pays qui souffre, qui a subi tant de fois des catastrophes, eh bien, la France et le Canada, avec bien sûr d’autres pays, mais tout particulièrement nos deux pays, ont voulu accompagner l’effort qui est actuellement entrepris pour permettre à votre pays de trouver un avenir, lui aussi, qu’il mérite, bien sûr, depuis si longtemps.

Et donc, en exprimant notre solidarité, je crois que ce n’est que justice. Eh bien je voulais, à travers vous, vous exprimer, je dirais toute mon amitié, et l’amitié de la France, mais je sais que c’est aussi l’amitié des Canadiens, mais aussi de tous les francophones, pour ce pays qui se bat pour son avenir avec la dignité et le courage qu’on lui connaît. Vous avez accueil Christian Petit-Frère, il nous a adressé un message, je suis sûr qu’on ne repartira pas indifférent après ce qu’il nous a dit, parce que c’est un message d’espoir et de dignité.

Vous avez un déjeuner très bref, parce que c’est votre habitude, votre rituel, c’est un déjeuner de travail, mais je vais donc être bref aussi, comme le déjeuner, mais je voudrais aller à l’essentiel, avec deux messages simples.

Afin de répondre à des interrogations qui me sont transmises souvent et qui pourraient inquiéter votre communauté d’affaires, le premier message que je voudrais vous adresser, c’est que depuis l’élection du président de la République François Hollande, le 6 mai dernier, la France est engagée dans une vaste entreprise de redressement, qui demande du temps, des efforts, pour qu’on en perçoive les résultats, mais cette entreprise de redressement est nécessaire, et nous voulons la réussir. C’est un vaste chantier de réformes que nous avons engagé, qui permettra à la France de retrouver le chemin de la croissance, dans le cadre d’un pacte refondé, entre les chefs d’entreprise, les salariés, et les pouvoirs publics. C’est ce pacte que nous voulons faire vivre et réussir.

Le second message c’est que cet agenda de réformes ambitieux permettra de donner aussi une nouvelle impulsion aux relations économiques entre le Canada et la France, qui sont déjà excellentes, mais qui doivent se renforcer.

Mais, permettez-moi, avant toute chose, de saluer nos propres succès. En 2012 la France a été la première destination européenne, et on ne le sait pas assez, pour les investissements étrangers dans l’industrie. Le premier en Europe. Ce résultat, notre pays l’a obtenu grâce à sa tradition d’excellence en matière d’innovation, en matière de recherche, de formation, mais aussi à la qualité de notre main-d’œuvre, de nos salariés, et puis grâce aussi à la qualité de nos infrastructures. Eh bien ce sont des atouts que nous voulons aujourd’hui conforter, et le premier de ces atouts c’est notre appartenance à l’Union européenne.

L’Union européenne, mesdames et messieurs vous le savez, c’est un vaste marché, de 500 millions d’habitants, pour nos entreprises, c’est un vaste espace de mobilité pour nos travailleurs, et puis c’est notre appartenance à la zone euro. Alors je sais, je sais que, pour faire face à la crise de la dette qui frappe durement certains de nos partenaires en Europe nous avons décidé de conforter les mécanismes de solidarité et d’intégration au sein de la zone euro, nous avons engagé ce processus que le président de la République française appelle "l’intégration solidaire."

Mais je sais que les efforts des Européens, pour sauver l’euro, je pense notamment au risque majeur qui concernait la Grèce ou l’Irlande, et ces problèmes, même s’ils sont exigeants pour les pays concernés, et parfois douloureux pour leurs populations, sont traités efficacement. Mais vous avez pu, de l’extérieur, penser parfois que nous étions trop lents, que nous étions trop hésitants, pour décider. C’est vrai, c’est difficile de décider à 27, et en tout cas à 17 pour la zone euro, mais le cap est désormais fixé et les résultats sont là, avec un nouveau traité sur la gouvernance, une Banque Centrale Européenne dotée de nouveaux outils, une supervision bancaire intégrée qui sera mise en place très rapidement, et qui constitue la première étape vers une véritable Union Bancaire.

C’est donc une étape très importante qui est franchie, même s’il y a encore des fragilités, mais nous allons les traiter. Et après il faudra aller plus loin, sûrement, dans l’intégration. J’aurai l’occasion de l’expliquer davantage.

Mais en tout cas sachez que l’Europe est consciente de ses atouts, est consciente de sa force dans un monde qui se bouleverse, où de nouvelles puissances émergent, et se construisent à travers le monde, où d’ailleurs de nouvelles alliances s’organisent, en Amérique du Sud, en Amérique Latine, comme en Asie. Et ça ne serait donc pas le moment, où le monde se déplace, où l’Europe tournerait le dos à ce qu’elle a construit, pas à pas, après la Seconde Guerre mondiale ?

Eh bien c’est le moment justement d’avancer davantage, et de consolider ce que nous avons construit, qui est justement cette force, attractive, qu’est l’Union européenne, il faut d’abord que les Européens en soient les premiers conscients, eh bien la France, le gouvernement de la France, non seulement en est conscient, mais veut agir davantage dans cette direction. Et je crois que ça concerne à la fois les Européens, ce que je suis en train de vous dire, mais ça concerne le reste du monde, et si j’aborde cette question c’est parce que je sais que parfois vous vous interrogez, et qu’il nous appartient de répondre, pas seulement les Français, mais tous les Européens, et donc je le fais aujourd’hui, avec force et avec détermination.

Vous savez bien qu’un des défis auxquels est confronté l’ensemble de l’Europe est celui de la maîtrise de ses déficits publics, ou privés dans certains pays, en tout cas ce n’est pas le cas de la France. La France est confrontée, c’est vrai, à des déficits publics que nous voulons à tout prix traiter, et c’est pourquoi le gouvernement met en œuvre une stratégie de redressement rapide de ses finances publiques.

Alors que le déficit public de la France était supérieur à 5 % en 2011, nous l’avons ramené à 4,5 % en 2012, donc dès après le changement de président de la République et l’installation du nouveau gouvernement, et entre 2012 et 2013 nous réduirons ainsi le déficit structurel, c’est ça qui est le plus significatif, de 2 %, et ce qui signifie, pour la France, un effort sans précédent, et notre objectif c’est d’arriver à la fin du mandat du président de la République, à l’équilibre, à 0 déficit, en 2017. Et pour y parvenir, j’ai engagé avec l’ensemble du gouvernement un vaste chantier de modernisation de l’action publique, et l’objectif que j’ai fixé c’est d’économiser 60 milliards d’euros à l’horizon 2017.

C’est un effort, mais nous y parviendrons, si nous le faisons, j’allais dire avec méthode. mais je sais que le Canada a une longue expérience en la matière, a été confronté, il y a quelques années, à des déficits et une dette, encore plus importante, et vous avez trouvé la solution, et vous vous êtes redressés, vous êtes repartis de l’avant, retrouvant la croissance, sans pour autant défaire ce que vous êtes, votre originalité politique, votre État fédéral et ses systèmes culturels et sociaux.

Et donc c’est une étape, dans votre histoire, qui a été marquée par de vraies réussites. Et j’ai d’ailleurs eu l’occasion hier soir, avec votre chef du gouvernement, le Premier ministre Stephen Harper, d’évoquer cette période passée, et expliquer ce que la France était en train de réaliser.

Cette politique de redressement de nos finances publiques s’inscrit dans une stratégie cohérente et ambitieuse, qui vise à retrouver des marges de manœuvre, ce n’est pas la réduction de la dette et des déficits, simplement comme objectif, c’est pour redonner à la France une pleine souveraineté et une pleine capacité d’agir, et de décider par elle-même, et donc ces nouvelles marges de manœuvres, pour les mettre au service d’une croissance retrouvée, et de la compétitivité de l’économie française, et de l’attractivité de notre territoire.

C’est le sens du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, que j’ai annoncé le 6 novembre, dernier, et qui est en train de se mettre en œuvre. Il comprend 35 mesures concrètes pour améliorer la performance de notre économie. Avec ce pacte, c’est l’une des mesures, nous réduisons l’impôt sur les sociétés à hauteur de 20 milliards d’euros par an, nous mettons ainsi en œuvre une baisse de 6% du coût du travail pour les entreprises installées en France, et cela dès cette année, 4 % cette année et 2 % supplémentaires l’année prochaine, ce qui fera 6 %.

Mais, évidemment, ça ne suffit pas, il faut renforcer la compétitivité hors coût, comme on dit, en mettant en place un système, par exemple de financement efficace, en faisant émerger un écosystème favorable à l’innovation, à l’exportation.

Et s’agissant des exportations françaises, j’ai fixé un objectif, que je reconnais très ambitieux, parvenir à l’équilibre de notre balance commerciale, hors énergie, en 2017, toujours à la fin du mandat, alors que je suis arrivé aux responsabilités avec un déficit, hors énergie, de plus de 25 milliards d’euros. Pour cela nous venons de réformer en profondeur notre système de financement des exportations. C’est en prenant appui sur ce nouveau système que, par exemple, les chantiers navals français de Saint-Nazaire viennent d’engager la construction du plus grand navire de croisière au monde, qui n’est jamais été construit, avec une capacité d’accueil de 7500 personnes, pour le compte d’un commanditaire américain, c’est à la fois donc pour la qualité professionnelle, la qualité technologique, la qualité du produit, mais aussi pour les conditions de financement que nous avons pu réunir, que ce succès a été obtenu.

Mais, mesdames et messieurs, le plus gros potentiel de développement de nos exportations repose sur les entreprises de taille intermédiaire, et sur les petites et moyennes entreprises, auxquelles le gouvernement entend apporter un soutien important.

Elles pourront accéder plus facilement à des financements adaptés, grâce à la nouvelle Banque Publique d’Investissement que nous venons de créer. Elles bénéficieront également du soutien des grands groupes, dans le cadre de l’organisation des filières industrielles, qui doivent tenir compte alors non seulement de leurs sous-traitants, mais de les organiser, de les soutenir, de les conforter, dans leur stratégie de développement, tant à l’interne qu’à l’externe, et qui inciteront ainsi tous à se solidariser davantage, et aussi dans la conquête des marchés extérieurs à avancer de façon solidaire et groupée.

A cet égard je voudrais saluer l’ensemble de la délégation des entreprises françaises qui m’accompagne, ici au Canada, pendant ce déplacement, cette délégation est à l’image de notre ambition et de nos entreprises. Les grands groupes français, vous les connaissez, vous en connaissez l’excellence, ils sont bien représentés avec Thales, qui soutient cette manifestation, mais aussi avec Total, avec Alstom, avec Air Liquide, avec Safran, avec Sanofi, ou encore dans le domaine militaire avec Nexter et DCNS. Mais cette délégation comprend une majorité de dirigeants de petites et moyennes entreprises, qui sont impliquées dans des secteurs souvent très innovants, tel que les énergies renouvelables, les technologies vertes, les technologies de l’avenir, mais aussi les technologies de l’information, notamment dans les logiciels où nos entreprises sont très avancées et très performantes.

Oui, nous avons l’ambition de renforcer l’attractivité du territoire français, je l’ai dit tout à l’heure, avec 20 000 entreprises étrangères installées sur notre sol, 700 décisions nouvelles d’investissements étrangers par an, la France est d’ores et déjà une destination de premier ordre, mais nous voulons aller plus loin encore.

Nous avons donc fixé un objectif annuel de 1000 décisions d’investissements étrangers sur le territoire français d’ici 2017, ainsi que l’accueil, chaque année, de 300 nouvelles entreprises étrangères. Les entreprises étrangères installées en France bénéficieront, comme les autres, des mesures que nous avons prises, et que j’ai évoquées, en faveur de la compétitivité.

Nous mettons ainsi en place des dispositifs spécifiques, comment "le passeport talent", qui permettra de faciliter les démarches d’installation en France de talents étrangers. Je pense également au renforcement du crédit impôt recherche, en particulier en direction des petites et moyennes entreprises. ce crédit impôt recherche, qui est une particularité française, a contribué à la création, par des entreprises étrangères, au cours des 5 dernières années, de plus de 200 centres de recherche et de développement sur les territoires français.

Enfin je veux évoquer également devant vous l’accord, très ambitieux, de l’emploi, que les partenaires sociaux, patronat et syndicats de salariés, ont conclu, en France, au mois de janvier sur le marché du travail. Cette négociation a été lancée à l’initiative du gouvernement qui a pour objectif de renforcer la démocratie sociale, le dialogue social, dans notre pays, comme méthode pour trouver le bon chemin des réformes. Eh bien, cet accord, qui a été signé par une majorité de syndicats, vise à sécuriser les parcours professionnels des salariés, tout en renforçant la compétitivité de nos entreprises. Dans les prochaines semaines le Parlement va transcrire cet accord dans la loi, contribuant ainsi à accroître l’attractivité de notre territoire et la compétitivité de notre économie.

Redressement des comptes publics, compétitivité, attractivité, dialogue social, vous le voyez, en quelques mots, la France est un pays en mouvement, qui se réforme en profondeur, et qui s’est fixé cette ambition, et je souhaite que les relations économiques entre la France et le Canada puissent aussi bénéficier de cette dynamique. Je me réjouis que les échanges commerciaux entre nos deux pays continuent de progresser, dans le contexte économique que nous connaissons, mais je note que l’Ontario, où nous sommes aujourd’hui, représente un tiers des exportations françaises vers le Canada.

Je me félicite que ces échanges, qui sont dans l’ensemble équilibrés, soient fondés pour une grande part sur des produits à forte valeur ajoutée, je pense par exemple aux secteurs de la pharmacie, ou de l’aérospatiale, à l’aéronautique, je pense bien sûr aussi à des secteurs plus spécialisés qui caractérisent nos échanges commerciaux, mais qui témoignent d’un véritable partenariat entre nos économies. Mais ces relations commerciales peuvent et doivent se développer. C’est pourquoi le gouvernement soutient pleinement, et j’ai eu l’occasion de le réaffirmer encore ce matin avec le Premier ministre HARPER, les négociations commerciales en cours entre le Canada et l’Union européenne. Nous souhaitons un accord économique approfondi. Nous souhaitons que ces négociations puissent se conclure rapidement.

Bien entendu les relations économiques entre nos deux pays ne se résument pas à nos échanges commerciaux bilatéraux, elles sont en grande partie fondées sur des investissements croisés. Vous le savez, les entreprises françaises sont déjà très représentées au Canada, près de 550 entreprises françaises y sont implantées et ces entreprises emploient plus de 80 000 personnes, et au total la France se place ici au 7ème rang des investisseurs étrangers. Là encore nous pouvons faire mieux, nous voulons faire mieux.

C’est pourquoi je me réjouis de la diversification croissante de nos investissements, traditionnellement concentrés sur quelques grands secteurs d’excellence, l’aéronautique, les transports urbains, l’énergie, les ressources naturelles, et aujourd’hui nos investissements se développent également dans les services, et dans l’environnement, ils se diversifient également géographiquement au Canada, et ils couvrent désormais l’ensemble du territoire canadien, mais, je le dis vraiment, on peut faire beaucoup mieux. Mais la marge justement, de progression, des investissements canadiens en France, est également importante, mais la France n’occupe que le 19ème rang des pays destinataires des investissements canadiens dans le monde. Je vous invite donc, mesdames et messieurs, à profiter de la nouvelle stratégie que je viens de vous présenter, qui est de nature à créer de la confiance, de la visibilité, de la simplicité, de la durabilité, de vous engager pour mettre en œuvre vos stratégies d’investissement et accroître votre présence dans notre pays, en tout cas vous y serez les bienvenus.

Le renforcement de nos relations économiques est donc une priorité, c’est une perspective stimulante, pour les jeunes de nos deux pays. Le gouvernement français s’est engagé à accroître très sensiblement le nombre de volontaires internationaux en entreprise, ces jeunes qu’on appelle les VIE, qui aux sortir de leur école rejoignent une entreprise française à l’étranger, ils sont aujourd’hui 200, faisant de votre pays l’une des destinations les plus recherchées, je crois que plusieurs d’entre eux sont là aujourd’hui et je les salue, et j’aurai peut-être l’occasion tout à l’heure de les rencontrer, en tout cas je les remercie pour leur engagement.

Et je sais par expérience que ces jeunes, qui découvrent en quelque sorte un pays, mais qui découvrent aussi un métier, ont été parfois à l’origine de succès économiques et commerciaux formidables. J’ai en tête quelques exemples, et donc leur présence n’est pas qu’un stage de formation, elle est utile pour les entreprises où ils travaillent, ici, elle est utile pour les entreprises françaises, et donc c’est pourquoi le gouvernement est tout à fait déterminé à poursuivre et à renforcer ces initiatives en faveur des volontaires internationaux en entreprise.

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samedi 30 mars 2013

Ottawa-Toronto, un vol paisible malgré la neige !

Le 14 mars dernier était une journée marathon pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Après l'entretien avec son homologue canadien Stephen Harper au Parlement fédéral, la conférence de presse de deux personnalités a clôturé le séjour de Jean-Marc Ayrault à Ottawa. Le cortège s'ébranle, direction l'aéroport. Le Premier ministre français est attendu à Toronto et il passera la nuit à Montréal. trois villes canadiennes en un jour ! Le canada étant un pays vaste, heureusement il y a l'avion. Un bon vol avec le commandant Eric herbeaud et son équipage. L’abondance de photos dans cet article n'a rien à voir avec la m'astuvuïsme de mauvais goût mais une volonté d'informer d'informer au plus près de la réalité. Pour permettre à ceux qui n'ont jamais été au canada, plus précisément à Toronto de le découvrir ce grand territoire canadien et à ceux qui y ont déjà été d'apprécier dans quel pays ils vivent. Tout en tenant compte que notre vision est partielle n'ayant pas eu le temps de tout voir, ni de parler en profondeur avec ses habitants.

Aéroport d'Ottawa, le retour de véhicules du cortège. Photo Réveil FM

Le dégivrage de l'avion. Photo Réveil FM

Le taxi de l'avion avant le décollage. Photo Réveil FM

Ottawa après le décollage. Photo Réveil FM

Ottawa vu du ciel. Photo Réveil FM

Toronto, le poumon économique du Canada

Toronto est la capitale de la province de l'Ontario au Canada. L'Assemblée législative de l'Ontario y siège dans les édifices parlementaires situés dans le centre-ville à Queen's Park. Avec plus de 2,6 millions d'habitants, Toronto est la plus grande ville du Canada, devant Montréal et la quatrième pour la population en Amérique du Nord. La ville métropolitaine actuelle est issue de la fusion des municipalités du Toronto Métropolitain, en 1998, alors que l'ancienne ville comptait 653 734 résidents, deux ans avant la fusion. En 2011, 5 583 0644 personnes vivaient dans la région métropolitaine ainsi que huit millions dans la mégalopole Golden Horseshoe, située autour du bout ouest du lac Ontario.

La ville de Toronto vu du ciel. Photo Réveil FM

En tant que capitale économique du Canada, Toronto est une ville de classe internationale, ainsi qu'une des villes financières les plus importantes du monde. C'est une ville mondiale classée alpha. Les secteurs économiques les plus importants sont la finance, les télécommunications, le secteur aérospatial, les transports, les médias, les arts, le cinéma, la production de séries télévisées, la publication de documents, l'informatique, la recherche médicale, l'éducation, le tourisme et les sports. La majorité des entreprises canadiennes ont leur siège social dans la ville, ainsi que la Bourse de Toronto, la septième en importance dans le monde sur le plan de la capitalisation boursière.

Toronto vu du ciel. Photo Réveil FM

Toronto est une ville multiculturelle dont 49 % de la population est née à l'extérieur du Canada. La lingua franca a toujours été l'anglais, mais une centaine d'autres langues sont parlées. 50 % des habitants de la ville ont une langue maternelle différente et 32 % parlent à la maison une langue autre que l'anglais.

C'est surtout la croissance de l'industrie automobile dans la banlieue d'Oshawa qui a donné l'impulsion industrielle initiale à cet ancien centre d'abattoirs porcins. Toronto est aujourd'hui le cœur bancaire, financier et commercial du Canada. Les activités culturelles et l'informatique s'y développent à un rythme soutenu. Pourtant, depuis une quinzaine d'années, peu de nouveaux immeubles à bureaux ont vu le jour dans le centre-ville.

Toronto avant atterrissage. Photo Réveil FM

Toronto est d'abord un ancien fort français du nom de fort Rouillé fondé en 1750, dont le site fut abandonné en 17597. Au cours de la Révolution américaine, la région de Toronto a été le refuge de nombreux colons britanniques loyalistes en provenance des provinces instables. Après la révolution, le territoire faisait toujours partie de la province de Québec, mais l'arrivée des loyalistes, réfugiés américains, poussa les autorités britanniques à diviser cette province en deux parties avec l'Acte constitutionnel de 1791. La colonie du Haut-Canada fut ainsi établie sous le gouverneur John Graves Simcoe (1752-1806).

Toronto, attention l’atterrissage approche ! Photo Réveil FM

Simcoe s'établit à Newark (Niagara-on-the-Lake), mais en 1793 Guy Carleton, premier baron Dorchester, le gouverneur général du Canada accepta le second choix de Simcoe, un site sur le lac Ontario qu'il nomma York d'après Frederick, duc d'York et Albany, le second fils du roi George III. York a été le nom de la ville de Toronto de 1793 à 1834. Cette appellation reste en partie inscrite dans la cartographie du Toronto actuel par l'existence de quartiers comme York, East York et North York. Le 1er février 1796, Simcoe choisit York comme capitale du Haut-Canada en remplacement de Newark en pensant que la nouvelle ville était moins vulnérable aux attaques américaines8. Il y installa le gouvernement et l'Assemblée législative du Haut-Canada en 1796. Fort York fut construit à l'entrée du port naturel de la ville, abrité par un long banc de sable en forme de péninsule.

Toronto, atterrissage et taxi de l'avion. Photo Réveil FM

En 1891, les tramways à traction hippomobile furent remplacés par des véhicules électriques quand la ville de Toronto accorda une franchise de trente ans à la Toronto Railway Company. En 1921, les transports publics passèrent sous le contrôle de la municipalité avec la création de la Toronto Transportation Commission, renommée plus tard en Toronto Transit Commission.

En 1904, le grand incendie de Toronto détruisit une partie importante du centre de Toronto. Si la ville fut cependant rapidement reconstruite, les dégâts ont coûté plus de dix millions de dollars. Cet événement a entraîné un durcissement de la législation en matière de sécurité incendie et le développement des services de pompiers de la ville.

Toronto, le parking de l'avion officiel. Photo Réveil FM

Le drapeau canadien flotte à côté de celui de la France, c'est un vol officiel ! Photo Réveil FM

Des camions de sapeurs pompiers pour secourir l'avion en cas de problème. Photo Réveil FM

Des journalistes et hommes d'affaires français descendent de l'avion. photo Réveil FM

Des journalistes avec leurs matériels de reportage sur le tarmac. Photo Réveil FM

L'avion de la République française. Photo Réveil FM

Au cours de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, la ville de Toronto accueillit à nouveau de nombreux immigrants, principalement des Allemands, des Français, des Italiens et des Juifs venus de différents pays d'Europe de l'Est. Ils furent bientôt suivis par les Chinois, les Russes, les Polonais et les immigrants d'autres pays d'Europe de l'Est. Ceux-ci vivent principalement dans des baraques surpeuplées situées dans des quartiers pauvres comme The Ward qui était situé autour de Bay street. Malgré sa croissance importante, Toronto reste dans les années 1920 la seconde ville du Canada sur le plan économique et sur celui de la population, derrière la ville plus ancienne de Montréal. Néanmoins, en 1934, la bourse de Toronto devient la plus importante du pays.

En 1951, la population de Toronto dépassa le million d'habitants avec le commencement d'une grande suburbanisation. En 1953 la Municipality of Metropolitian Toronto fut créée par le gouvernement de l'Ontario pour regrouper plusieurs municipalités de l'ancien comté de York (notamment North York, Scarborough et Etobicoke).

En 1954, la ville fut frappée par l'ouragan Hazel. 81 personnes furent tuées dans la région de Toronto, près de 1 900 familles se retrouvèrent sans logement et l'ensemble des dégâts fut estimé à plus de 25 millions de dollars11. À cette époque, plusieurs entreprises d'importance nationale et multinationale ont déménagé leur siège social de Montréal à Toronto et dans d'autres villes de l'Ouest canadien en partie en raison de l'incertitude politique qui régnait à cause de la résurgence des mouvements souverainistes au Québec.

Dès les années 1960, de grands projets immobiliers sont entrepris comme la construction de la First Canadian Place, haute tour (72 étages) blanche du centre-ville qui sera le premier grand projet du futur milliardaire Paul Reichmann.

En 1971, Toronto comptait plus de deux millions d'habitants et dans les années 1980, elle devint la ville la plus peuplée et le principal centre économique du Canada, dépassant Montréal.

En 1998, la municipalité régionale disparaît au profit d'une seule ville, Toronto, le nouveau maire étant Mel Lastman, l'ancien maire de North York (devenu un quartier du nord du nouveau Toronto). Le maire actuel de Toronto est Rob Ford.

Autoroute, direction the Fairmont Royal York de Toronto. Photo Réveil FM

Toronto est aujourd'hui le cœur bancaire, financier et commercial du Canada. Les activités culturelles et l'informatique s'y développent à un rythme soutenu. Pourtant, depuis une quinzaine d'années, peu de nouveaux immeubles à bureaux ont vu le jour dans le centre-ville. La situation semble cependant changer avec le démarrage de nouveaux projets, dont la construction de la West Tower du Bay Adelaide Centre d'une hauteur de 50 étages (achevé en 2009), la construction de la deuxième tour (East Tower) de 44 étages vient d'être annoncée18, la tour RBC haute de 43 étages (achevée), et la tour Telus de 30 étages (achevée). Les immeubles relativement hauts du centre-ville bénéficient depuis 2004 d'un mode de réfrigération innovant par le biais de pompes à chaleur alimentées par l'eau froide des profondeurs du lac Ontario (EnWave). Depuis vingt (20) ans environ, les entreprises spécialisées dans la construction résidentielle ont bénéficié d'un marché en pleine croissance avec la construction de centaines de nouvelles tours résidentielles de 30 étages jusqu'à 60 étages et plus, comme la tour Trump. Trois nouveaux hôtels de renommée internationale sont actuellement en construction : l'hôtel Shangri-La (66 étages), l'hôtel Ritz Carlton (52 étages), et l'hôtel Four Seasons (55 étages). La tour résidentielle la plus haute du pays, la tour Aura, sera bientôt érigée (en construction), elle comptera 78 étages. Les tours jumelles nommées ICE de 57 et 67 étages (en construction), qui formeront le Centre York situé près des quais royaux (Queen's Quay), le Southcore Financial Centre qui comprend le nouvel hôtel Delta de 45 étages (en construction) viendront rejoindre un vaste corridor de gratte-ciel qui s'élèvent le long du havre de Toronto. De plus, Toronto est un centre très important pour la recherche médicale et scientifique avec de nombreux grands hôpitaux qui abritent des centres de recherche. L'hôpital pour enfants (SickKids) a récemment inauguré le début de la construction (désormais en construction) de sa tour baptisée « Learning Tower », qui consistera en une tour de 21 étages entièrement consacrée à la recherche sur les maladies qui touchent les enfants. Il y a 9 importants centres de recherche regroupés ensemble et surnommés « Discovery District » (quartier de La Recherche).

Impressionnants immeubles. Photo Réveil FM

Toronto est au cœur de la vie intellectuelle et culturelle du Canada anglophone. La chaîne anglophone de Radio-Canada, la Canadian Broadcasting Corporation, siège à Toronto, ainsi que TV Ontario et TFO, CTV, Global, CityTV, les chaînes anglophones et francophones du gouvernement ontarien. La plupart des maisons d'édition se trouvent à Toronto. L'International Festival of Authors (IFOA) au Harbourfront Centre est le premier festival littéraire au Canada anglophone, avec en deuxième place le festival littéraire The Word On The Street. Toronto est également un centre de productions pour le film et le théâtre (Festival international du film de Toronto) où se trouve le nouveau siège social du festival nommé Bell Lightbox avec sa tour de 45 étages. en:Pinewood Toronto Studios Les nouveaux Pinewood Toronto Studios, qui se trouvent dans le quartier Portlands, vont assurer une production de méga-productions étrangères avec le plus grand plateau de tournage en Amérique du Nord.

Taxi aux couleurs vives. Photo Réveil FM

Un train à étage roulant à vive allure. Photo Réveil FM

Taxi orange-vert de Toronto. Photo Réveil FM

On peut également voir des films de tous genres dans plus 300 salles de cinéma à travers la région métropolitaine. On y trouve aussi le National Ballet of Canada avec son siège social aménagé dans les anciens locaux historiques de la CBC, partagé entre la modernité des nouvelles salles de répétition et le manoir historique de Northfield entièrement restauré. Le Toronto Symphony Orchestra et le Conservatoire Royal de Musique avec son audacieuse rénovation font de Toronto un atout pour la culture. Depuis 1967 la compagnie de théâtre professionnelle du Théâtre français de Toronto propose une saison complète de spectacles en français. Certains spectacles sont présentés avec des Surtitres en anglais. Il y a deux quotidiens locaux, le Toronto Star et le Toronto Sun et deux quotidiens nationaux, The Globe and Mail et le National Post. De plus, il y a plusieurs journaux gratuits quotidiens (Metro, 24 Hours) et hebdomadaires (Now, Eye Weekly...).

La tour CN, splendeur de Toronto. Photo Réveil FM

La Tour CN, officiellement, la Tour nationale du Canada est une tour de 553,33 mètres située dans le centre de Toronto, au Canada, qui est devenue l'emblème de cette ville. La tour est parfois appelée la Tour du Canadien National car la compagnie ferroviaire du Canadien National (CN) était le propriétaire de la tour.

Elle a été construite en 1976 par le Canadien National (CN) qui désirait montrer la force de l'industrie canadienne en construisant le plus haut édifice du monde. Originellement prévue comme une antenne pour la radio et la télévision, elle est aujourd'hui une des principales attractions touristiques de Toronto. En 1995, la Société immobilière du Canada a acheté la tour. Cette société de la Couronne l'a depuis renommée Tour nationale du Canada, une appellation moins courante que tour CN.

Les touristes peuvent accéder à une plate-forme comportant plusieurs niveaux entre 342 m et 351 m d'altitude : un restaurant, une plate-forme d'observation à l'air libre, ainsi qu'un plancher transparent.

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"Chinafrique", les questions qui dérangent

Le président chinois Xi Jinping a entamé vendredi 29 mars la dernière étape de sa tournée africaine à Brazzaville, en République du Congo. Durant les deux jours, il devrait signer des accords, notamment pour le financement de plus de 500 km d'autoroute entre Brazzaville et la capitale économique Pointe-Noire. La présence chinoise croissante en Afrique provoque polémiques et interrogations en Occident.

Brazzaville, le 29 mars 2013, Denis Sassou Nguessou accueille le président chinois Xi Jinping à Hoyo

Liesse d'un Brazzavillois avec le drapeau chinois et congolais

La Chine se comporte-t-elle comme une puissance coloniale ?

C'est une controverse inépuisable. Juste avant la tournée africaine de Xi Jinping, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Lamido Samusi, fils d'un ancien ambassadeur à Pékin, l'a de nouveau alimentée en publiant, le 11 mars dans le Financial Times, un article d'opinion, jugeant qu'il était temps pour les Africains de "se réveiller sur les réalités de leur romance avec la Chine". "La Chine prend nos ressources naturelles et nous vend des biens manufacturés. C'était également l'essence du colonialisme. Les Britanniques sont allés en Afrique et en Inde pour s'assurer des matières premières et des marchés. L'Afrique s'ouvre maintenant de son plein gré à une nouvelle forme d'impérialisme", a-t-il écrit.

Lors de sa première étape en Tanzanie, avant de se rendre en Afrique du Sud, Xi Jinping a affirmé que Pékin "se confrontera sans faux-fuyant et sincèrement aux nouveaux développements et aux nouveaux problèmes concernant ses relations avec l'Afrique". "Et les deux parties devront traiter correctement tout problème qui se pose dans un esprit de respect mutuel et de coopération gagnant-gagnant", a-t-il déclaré dans un discours tenu à Dar es Salaam.

L'un des facteurs de l'avancée chinoise en Afrique est le retrait des Occidentaux. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne les entreprises, note Jean-Raphaël Chaponnière, chercheur associé à Asia Centre.

Bon nombre d'entrepreneurs européens se sont tournés, depuis la chute du Rideau de fer à la fin des années 1980, vers l'Europe orientale, délaissant le continent africain. Par leurs achats des matières premières africaines, les Chinois ont également permis aux cours de ne pas s'effondrer et ont permis un renouveau économique, dont les Chinois ont été les premiers à profiter en raison de leur présence.

C'est ce qu'a souligné le magazine chinois Outlook le 24 mars : "La croissance rapide du commerce sino-africain a commencé dans les années 1990, alors que les pays européens négligeaient l'Afrique, les uns après les autres, et que beaucoup de pays africains se trouvaient dans une impasse pour leur commerce extérieur et même pour leurs finances. Depuis vingt ans, la raison pour laquelle le commerce sino-africain a progressé rapidement et a suscité l'envie de l'Occident est que la Chine ne s'ingère pas dans les affaires intérieures africaines et qu'elle est prête à payer à l'Afrique un prix plus élevé que les pays occidentaux".

La structure du commerce entre Chine et Afrique peut-elle se maintenir ?

La Chine achète des matières premières à l'Afrique et lui vend des produits manufacturés. Elle met également la priorité sur les infrastructures, alors que les Occidentaux, non seulement conditionnaient leurs aides et crédits, mais laissaient aux acteurs privés ce genre de projets. Cependant, la structure du commerce bilatéral "n'est pas viable sur le long terme", a mis en garde le président sud-africain Jacob Zuma lors du Forum Chine-Afrique tenu à Pékin en juillet 2012.

En 2006, le gouvernement avait pris des initiatives pour tenter de calmer les craintes des pays africains en décidant de financer la construction de six zones économiques spéciales dans cinq pays africains (Maurice, Nigeria, Zambie, Egypte et Ethiopie), sur le modèle de Shenzhen, pour montrer sa volonté d'industrialiser le continent et de faire évoluer les termes de l'échange. Sept ans après, le bilan est mitigé, juge M. Chaponnière.

Brazzaville, 28 mars, sur le chantier de rénovation de la zone portuaire de Mpila, un des quartiers de Brazzaville, auquel participe la société chinoise Sinohydro

La Chine exporte-t-elle sa main d'œuvre excédentaire en Afrique ?

C'est un des reproches les plus entendus quand on parle des relations entre la Chine et l'Afrique. Les entreprises chinoises ne feraient pas appel à la main-d'oeuvre locale et Pékin en profiterait pour permettre à une partie de sa population de trouver du travail. La Chine se défend en mettant en avant le chiffre de 819 000 Chinois travaillant à l'étranger, la plupart en Afrique. Et surtout en soulignant qu'elle a de plus en plus besoin de la population active à l'intérieur de ses frontières, car le pays vieillit.

La Chine prend-elle possession de terres en Afrique pour alimenter sa population ?

C'est, selon la plupart des spécialistes des relations sino-africaines, une "légende" nourrie par certains articles. Mais, sur le terrain, les faits ne permettent pas d'étayer la réalité de l'accaparemment de terres par Pékin. "Il faut démythifier le fait que la Chine produit en Afrique pour ses besoins alimentaires, c'est faux. Il y a une grande part de fantasme dans cette question des accaparements agricoles chinois en Afrique ", indique Jean-Jacques Gabas, économiste et chercheur au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).

Si on regarde Land Matrix, la base de données du réseau International Land Coalition (ILC), en Afrique subsaharienne, la Chine est derrière les pays du Golfe et les pays européens. Une enquête effectuée dans plusieurs pays africains par le CIRAD pour le compte de l'AFD (Agence française de développement) confirme cet état de fait, indique M. Gabas. "Si l'accaparement foncier est trop compliqué, les Chinois trouvent une autre solution", relève-t-il, donnant un exemple au Bénin. Un projet d'achat de terres pour planter du manioc afin de produire de l'alcool a capoté face à la résistance locale. "Les Chinois ont alors décidé d'établir des contrats avec les paysans", dit-il. Au Sénégal, un projet très médiatisé de 60 000 hectares de sésame n'a jamais vu le jour. "Un investisseur est venu, il a essayé quelques hectares, ce n'était pas rentable, il est parti", explique M. Gabas.

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Louis Michel "Big Loulou" à Bangui, pour quoi faire ?

Nommé cette semaine par Abdou Diouf envoyé spécial de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en Centrafrique, Louis Michel "Big Loulou" est attendu samedi 30 mars à Bangui afin d'y conduire une mission d’information de cinq jours.

Louis Michel "Big Loulou" à Bangui, pourquoi faire ?

En Afrique, partout où il foule ses pieds, Louis Michel "Big Loulou", il laisse la poisse, son mauvais œil le poursuit partout. Il n'a jamais apporté aucune solution aux problèmes africains, il ramène plutôt des problèmes. Léopoldien, Louis Michel se comporte en néo-colonialiste en terres africaines. Il est plutôt un embrouilleur que autre chose pour l'Afrique

En République démocratique du Congo, les élections de 2006 sont surnommés par des congolais : "Élections Louis Michel". Les kits électoraux de la société belge Zetes et les fraudes électorales qui ont émaillé ces fameuses élections font douter de la bonne foi de l'ancien patron de la diplomatie belge. Placé Joseph Kabila à la trône du Congo telle était l'objectif de Louis Michel, les multinationales et la mafia internationale. Le mépris pour tout un peuple qui recherche encore sa souveraineté et son indépendance.

De 2003-2006, Louis Michel s'est rendu à Kinshasa plus d'une quarantaine à Kinshasa, afin d'imposer sa vision des choses aux Institutions de la transition issue du dialogue Intercongolais de Sun City. Il a fait rédiger la Constitution pour le Congo sans les Congolais à l'université de Liège.

Seuls deux Belges d'origine congolaise: Evariste Boshab, pseudo-professeur et Bob Kazadi Kabamba, garçon de course de "Big Loulou" y avaient été cooptés. Louis Michel a convaincu Olivier Kamitatu alors Président du parlement de transition de corrompre les députés de transition avec des espèces sonnantes et trébuchantes, et des Jeeps X-trail afin de voter la fameuse Constitution que les Congolais n'ont jamais lu. Prenant des Congolais pour de cancres, Louis Michel a contribué à la tricherie et hold-up électoral pour imposer son poulain Joseph Kabila à la tête de la République démocratique du Congo.

Depuis ses bévues au Congo, "Big Loulou" rase les murs et si par un pur hasard il croise des congolais de l'étranger, il change de trottoir.

Au Togo, où les mêmes kits électoraux de Zetes ont été utilisés, c'est Faure Eyadema qui a fraudé les élections.

François Bozizé est arrivé au pouvoir par un coup d'Etat contre Ange-Felix Patassé. Après 10 ans de pouvoir injuste et répressif, qu'il soit chassé de la même manière qu'il était arrivé au pouvoir à qui la faute ?

Il est étonnant que l'OIF qui ne s'est jamais préoccupé de la situation des centrafricains, puisse se préoccuper d'un Président de la République qui a fui les rebelles Séléka. Et Louis Michel dans tout ça ? Il va en villégiature à Bangui. "Big Loulou" qui est incapable de trouver des solutions à sa petite Belgique va en trouver pour les Centrafricains ? Faut pas rêver. D'après le communique de l'OIF, durant sa mission en Rca, Louis Michel prendra contact avec le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, les autorités de fait, les acteurs politiques, la société civile ainsi que les partenaires internationaux présents sur place. Il rencontrera également les chefs d’Etat de la sous-région impliqués dans la gestion de la crise centrafricaine.

L’objectif de cette mission, selon l’Oif, est de recueillir les informations pertinentes pour le Secrétaire général et les instances de la Francophonie suite aux évènements survenus à Bangui le 24 mars dernier, dans la perspective de la session extraordinaire du Conseil permanent de la Francophonie qui statuera, dans les meilleurs délais, sur la situation en Rca.

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vendredi 29 mars 2013

Au Mexique, une journaliste menacée pour avoir enquêté sur la corruption

La Mexicaine Anabel Hernandez est une journaliste d'investigation, pleine de fougue et de talent, qui a mérité le prix 2012 de l'Association mondiale des journaux et des médias d'information. Sa vie est en danger. Juste avant l'alternance entre le Parti d'action nationale (PAN, droite) et le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre), en décembre 2012, Anabel Hernandez avait publié l'ouvrage Mexique en flammes (non traduit). Elle y dresse un bilan sans complaisance de la présidence de Felipe Calderon (PAN), marquée par sa "guerre contre le narcotrafic". Au cours de son mandat, les violences ont explosé (120 000 homicides en six ans).

La journaliste Anabel Hernandez.

Anabel Hernandez estime que le gouvernement mexicain protégeait le cartel de Sinaloa, en réprimant les trafiquants des gangs concurrents. Elle dénonce les complicités entre des gradés de la police fédérale et le crime organisé. "Sous la présidence de Vicente Fox , puis de Felipe Calderon, le cartel de Sinaloa a bénéficié d'une protection spéciale", affirme-t-elle. Après sa fuite de prison, en 2001, le chef du cartel de Sinaloa, Joaquin "El Chapo" Guzman, devient le "narco" le plus puissant et le plus riche au monde, remarqué par le magazine Forbes.

Anabel Hernandez a révélé des documents sur l'enrichissement illicite de l'ancien ministre de la sécurité publique, le sulfureux Genaro Garcia Luna, l'homme que le tout-Mexico soupçonne d'avoir manipulé le président Calderon grâce à ses dossiers compromettants. Un proche de M. Garcia Luna, Luis Cardenas Palomino, avait été inculpé de complicité dans un triple homicide alors qu'il avait 18 ans. D'autres auraient été de mèche avec des kidnappeurs.

"Le régime le plus répressif de tous les temps est le produit de la convergence entre le crime organisé et le pouvoir politique et économique du Mexique, grâce à un système national corrompu, en toute impunité, souligne la journaliste mexicaine. Ajouté à une société endormie et divisée par l'indifférence ou la terreur, c'est le mélange parfait pour que ce régime pervers se maintienne et croisse."

"La communauté internationale ne saurait continuer à être indifférente"

Après la publication de son précédent ouvrage, Les Seigneurs du Narco (non traduit), fin 2010, Anabel Hernandez reçut ses premières menaces de mort. Sa famille fut inquiétée. Des policiers devaient simuler un accident. Elle porta plainte auprès du parquet chargé des délits contre la liberté d'expression, devenu depuis le parquet chargé des journalistes. Elle fut placée sous la protection d'agents dépendant de la municipalité de Mexico, contrôlée par la gauche.

Le 11 mars 2013, Anabel Hernandez apprend que son dossier et sa protection passaient de la municipalité de Mexico aux autorités fédérales, justement là où sévissent les policiers qu'elle avait dénoncés. Le nouveau président Enrique Peña Nieto (PRI) a dissous le ministère de la sécurité publique, au profit du ministère de l'intérieur, mais les échelons intermédiaires n'ont pas changé.

Une des sources d'Anabel Hernandez, le général Mario Arturo Acosta Chaparro a été assassiné en 2012. Un autre haut gradé a été emprisonné en mai. Une troisième source a été torturée pour dresser des charges contre la journaliste. "Le coût émotionnel et personnel a été très élevé, confie-t-elle. J'ai dû changer complètement ma vie. Je ne suis plus libre, je suis prisonnière des menaces. Mais je ne veux pas quitter mon travail, mon pays et ma famille."

Le Mexique est le pays le plus dangereux des Amériques pour la presse : 53 assassinats en six ans, sans compter 12 disparus. "Le mécanisme fédéral de protection des journalistes, sur le modèle de la Colombie, est d'une efficacité réduite, note Benoît Hervieu, de l'organisation Reporters sans frontières, qui revient de Mexico. A peine treize journalistes bénéficient d'une escorte."

"Les Mexicains sont responsables de leurs malheurs, mais la communauté internationale ne saurait continuer à être indifférente", ajoute Anabel Hernandez.

Ce début de mandat présidentiel, au cours duquel M. Peña Nieto prend ses marques sans que les anciens responsables aient quitté vraiment la scène, est propice aux règlements de comptes. Face à l'émoi suscité par les menaces qui pèsent sur la journaliste, les autorités de la municipalité de Mexico ont prolongé sa protection rapprochée pendant trois mois. Qu'en sera-t-il après ce sursis ?

Autocensure des médias après des agressions

Depuis le début de l'année, on compte plusieurs agressions contre les médias. Le 3 mars, Jaime Guadalupe Gonzalez, 38ans, directeur du site Internet Ojinaga Noticias, a été tué de 17 balles dans l'Etat de Chihuahua. Le siège du journal El Siglo de Torreon (Coahuila) a subi trois attaques, dont une s'est soldée par la mort d'une personne. Les locaux du quotidien El Diario de Juarez (Ciudad Juarez) ont été criblés de balles. Le directeur d'El Mundo de Orizaba (Veracruz) a été enlevé et torturé. Résultat, l'autocensure s'étend. Le quotidienZocalo (Coahuila) a annoncé qu'il renonçait à traiter l'actualité liée au crime organisé. Autocensure des médias après des agressions Depuis le début de l'année, on compte plusieurs agressions contre les médias. Le 3 mars, Jaime Guadalupe Gonzalez, 38ans, directeur du site Internet Ojinaga Noticias, a été tué de 17 balles dans l'Etat de Chihuahua. Le siège du journal El Siglo de Torreon (Coahuila) a subi trois attaques, dont une s'est soldée par la mort d'une personne. Les locaux du quotidien El Diario de Juarez (Ciudad Juarez) ont été criblés de balles. Le directeur d'El Mundo de Orizaba (Veracruz) a été enlevé et torturé. Résultat, l'autocensure s'étend. Le quotidienZocalo (Coahuila) a annoncé qu'il renonçait à traiter l'actualité liée au crime organisé.

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L'Encrier de l'Atlantique Nord, M'zée Djamba Yohé n'est pas un fantomas !

Ils prennent des pseudos car ils ont peur de se montrer. Contrairement aux bigorneaux et autres fantomas qui tapissent l'internet pour défendre la dictature totalitaire qui sévit en République démocratique du Congo, un régime usurpateur et d'occupation, M'zée Djamba Yohé, l'Encrier de l'Atlantique Nord existe, il est bel et bien vivant, sa plume navigue à contre courant de défenseurs de l'imposture au Congo. Son combat pour un Congo libre et libéré est connu de tous et il ne s'en cache pas. Payés par le pouvoir de Kinshasa, certains écrivaillons, Vuvuzélateurs et thuriféraires essayent de s'attaquer abusivement à l'Encrier de l'Atlantique Nord, sans doute pour le décourager. Ce n'est pas avec la bouche de l'Encrier de l'Atlantique Nord que les Joséphistes patentés arriveront à manger leur piment ! Chaque attaque tarabiscotée est toujours repoussée avec vaillance ! M'zée Djamba Yohé est un grand frère à qui nous avons beaucoup d'estime et du respect. Malgré l'utra-sécurité de l'hôtel l'hôtel Fairmont Château Laurie à Ottawa, l'Encrier de l'Atlantique Nord est venu me rendre visite, pas seul avec son comité d’accueil et nous avions passé 3h de bonheur ! Lorsque nous nous sommes séparés, il faisait tellement froid que je n'ai pas pu sortir dehors !

Florilège des Photos M'zée Djamba Yohé-Freddy Mulongo

M'zée Djamba Yohé à l'hôtel Fairmont Château Laurie à Ottawa. Photo Réveil FM

L'Encrier de l'Atlantique Nord, M'zée Djamba Yohé. Photo Réveil FM

Djamba Yohé et Freddy Mulongo. Photo Réveil FM

Une vareuse rouge du hockey canadien. Photo Réveil FM

Djamba Yohé et Freddy Mulongo. Photo Réveil FM

Djamba Yohé et Freddy Mulongo. Photo Réveil FM

L'Encrier de l'Atlantique Nord s'est placé derrière le piano et là j'ai eu droit à la musique classique de Beethoven, Schubert, Vilvaldi, Chopin et même du Mozart. mais aussi quelques chansons congolaises.

Djamba Yohé au piano. Photo Réveil FM

La surprise était de taille. Pendant que nous nous entretenions dans l'un des salons de l'hôtel, un comité d'accueil des canadiens m’attendait de l'autre.

Djamba Yohé et Freddy Mulongo devant la statue de Wilfrid Laurier. Photo Réveil FM

Djamba Yohé, Freddy Mulongo et des jeune canadiens.Photo Réveil FM

Djamba Yohé, Freddy Mulongo et des jeunes canadiennes. Photo Réveil FM

L'accueil à Ottawa a été chaleureux. Photo Réveil FM

Le grand au revoir de M'zée Djamba Yohé avant son départ. Photo Réveil FM

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Jean-Marc Ayrault: pas de «triangle» Paris-Ottawa-Québec

Jeudi 14 mars, il est 9h, nous quittons l'hôtel Fairmont Château Laurie à pied pour nous rendre à la colline du Parlement fédéral canadien à Ottawa. Le canal rideau est gelé. Il fait tellement froid que je préfère courir plutôt que marcher. Des confrères rigolent, mais la santé n'a pas de prix. Après le contrôle de sécurité, nous sommes dans le haut de la démocratie canadienne: le Parlement fédéral. En attendant les deux Premiers ministres, Jean-Marc Ayraul pour la France et Harper pour le Canada, chacun prend ses marques. La salle se remplit peu à peu.

Le canal rideau gelé ! Photo Réveil FM

Wellington Street qui mène à la Colline du Parlement. Photo Réveil FM

Colline du Parlement, la salle de conférence de presse à notre arrivée. Photo Réveil FM

Députés, sénateurs et hommes d'affaires français de la délégation de Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

La ministre de la Francophonie Yamina Benguigui et son homologue canadien. Photo Réveil FM

La salle est debout lorsque les deux Premiers ministres font leur entrée dans la salle.

Jean-Marc Ayrault et Stephen Harper. Photo Réveil FM

La France et le Canada ont manifesté un optimisme prudent sur la conclusion d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et Ottawa, à l'issue d'entretiens entre les Premiers ministres français Jean-Marc Ayrault et canadien Stephen Harper. Les deux hommes ont souhaité que cet accord devienne "précurseur" ou la "tête de pont" d'un accord similaire entre l'UE et les Etats-Unis. "Je suis optimiste, mais les choses les plus difficiles sont toujours à la fin", a estimé M. Harper à propos de cette négociation, qui achoppe encore sur quelques dossiers, dont celui des produits agricoles, lors d'une conférence de presse au terme d'entretiens entamés la veille. "Nous avons bien avancé.

Je confirme ce que dit le Premier ministre" canadien, a affirmé M. Ayrault. "Vous avez un souci concernant la viande bovine et porcine, et nous, nous avons un souci concernant la volaille", a précisé le Premier ministre français. Il a mentionné aussi d'autres questions qui restent à régler, concernant la propriété intellectuelle et le respect de la diversité culturelle. "Si cet accord aboutit et qu'il est exemplaire", notamment sur la diversité culturelle - objet de préoccupations québécoises face à la France, et françaises et européennes face aux Américains -, "il ne sera pas sans influence sur le contenu des négociations entre l'UE et les Etats-Unis", a-t-il poursuivi.

"Pour les Européens, a noté de son côté M. Harper, il sera important d'obtenir cette tête de pont au Canada, en vue de leurs ambitions pour une entente avec les Etats-Unis". Les pourparlers, engagés depuis mai 2009 et entourés de discrétion, visent à supprimer les droits de douane sur environ 98% des produits européens et permettre une baisse de 3% à 5% du prix de certains biens de consommation.

M. Harper a indiqué par ailleurs que la mission du grand avion de transport canadien C17, qu'Ottawa avait dépêché au Mali pour soutenir l'intervention française, se poursuivra encore, si le Canada le juge nécessaire.

"Nous avons été très heureux d'y aller avec notre avion et son équipage et ils y resteront, pourvu que le besoin soit là", a dit le Premier ministre, qui avait auparavant rendu hommage au "leadership" de la France face à la "menace terroriste".

Mobilité transatlantique Plusieurs accords ont été signés jeudi matin entre la France et le Canada. Le plus important porte sur l'amélioration de la mobilité des jeunes entre les deux pays. Il doit leur permettre de travailler jusqu'à 24 mois dans les deux pays, alors que l'accord précédent portait sur 12 à 18 mois.

Statue d'un chevalier sur Wellington Street à proximité de l'entrée principale de la Colline du Parlement. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo sur la Colline du Parlement à Ottawa. Photo Réveil FM

La province francophone étant actuellement gouvernée par un parti indépendantiste, toute expression risquant d'être interprétée comme introduisant une séparation entre le Québec et le reste du Canada ne peut qu'être scrutée à la loupe. "Le gouvernement français s'inscrit dans la continuité concernant le Canada et le Québec, celle des gouvernements depuis 30 ans", a souligné M. Ayrault en réponse à une question posée lors d'une conférence de presse.

"Il ne s'agit pas, je le précise, d'une relation triangulaire, il s'agit de deux relations d'amitié réelle, fondées sur des liens humains, culturels et linguistiques", a-t-il ajouté.

"C'est une chance pour la France d'avoir une relation si particulière avec le Québec et c'est une chance pour la France d'avoir une relation aussi étroite avec le Canada. Ces deux relations privilégiées sont un atout pour la France", a encore dit le Premier ministre Français. Son homologue canadien Stephen Harper a déclaré pour sa part que la relation France-Québec était "spéciale". "Nous respectons cela. A notre avis, cela est naturel", a-t-il indiqué. Les relations entre la France et le Québec ont été marquées pendant des décennies par la célèbre phrase "Vive le Québec libre" prononcée par le général de Gaulle lors d'une visite au Canada en 1967. Par la suite, Paris a adopté la politique de "non-ingérence, non-indifférence", dite "ni-ni".

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la position française s'en est éloignée, évoluant en faveur du fédéralisme, mais son successeur François Hollande a repris à son compte la formule "ni-ni", soulignant qu'elle existait depuis 30 ans et qu'il était favorable à la continuité.

Il n'y a pas de "relation triangulaire" Paris-Ottawa-Québec, a déclaré jeudi le premier ministre français Jean-Marc Ayrault, interrogé dans la capitale canadienne sur le communiqué annonçant sa visite officielle "au Canada et au Québec".

La province francophone étant actuellement gouvernée par un parti indépendantiste, toute expression risquant d'être interprétée comme introduisant une séparation entre le Québec et le reste du Canada ne peut qu'être scrutée à la loupe.

"Le gouvernement français s'inscrit dans la continuité concernant le Canada et le Québec, celle des gouvernements depuis 30 ans", a souligné M. Ayrault en réponse à une question posée lors d'une conférence de presse.

"Il ne s'agit pas, je le précise, d'une relation triangulaire, il s'agit de deux relations d'amitié réelle, fondées sur des liens humains, culturels et linguistiques", a-t-il ajouté.

"C'est une chance pour la France d'avoir une relation si particulière avec le Québec et c'est une chance pour la France d'avoir une relation aussi étroite avec le Canada. Ces deux relations privilégiées sont un atout pour la France", a encore dit le Premier ministre.

Son homologue canadien Stephen Harper a déclaré pour sa part que la relation France-Québec était "spéciale".

"Nous respectons cela. A notre avis, cela est naturel", a-t-il indiqué.

Les relations entre la France et le Québec ont été marquées pendant des décennies par la célèbre phrase "Vive le Québec libre" prononcée par le général de Gaulle lors d'une visite au Canada en 1967. Par la suite, Paris a adopté la politique de "non-ingérence, non-indifférence", dite "ni-ni".

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la position française s'en est éloignée, évoluant en faveur du fédéralisme, mais son successeur François Hollande a repris à son compte la formule "ni-ni", soulignant qu'elle existait depuis 30 ans et qu'il était favorable à la continuité.

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Ottawa: Toast de Jean-Marc Ayrault à l'occasion du dîner offert par le Premier ministre du Canada, Stephen Harper !

Au soir de son arrivée au Canada, le Premier ministre du Canada, Stephen Harper qui dans son discours d'accueil pour son homologue s'est exprimé en français et en anglais, a offert un dîner à l'occasion de la visite officielle de Jean-Marc Ayrault au Canada, mercredi 13 mars, au Fairmont Château Laurier, un hôtel cinq étoiles de grande renommée situé au cœur du centre-ville d'Ottawa, au Canada. De par sa proximité à la Colline du Parlement et parce qu'il a servi d'hébergement et de lieu de rencontre pour plusieurs politiciens notoires au fil des années, on a souvent fait allusion au Château Laurier comme étant la «troisième chambre du Parlement». L'hôtel est situé près de l'intersection de la rue Rideau et de la promenade Sussex. Il est à distance de marche de la Colline du Parlement, du canal Rideau, du Musée des beaux-arts du Canada, du Marché By, du Monument commémoratif de guerre du Canada, de l'Ambassade des États-Unis à Ottawa et du Centre Rideau.

Ottawa, 13 mars, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lève son verre à la France, au Canada et à l'amitié franco-canadienne. Photo Réveil FM

A cette occasion, Jean-Marc Ayrault s'est réjoui de la nouvelle page qui s'ouvre dans les relations franco-canadienne avec cette visite. Photo Réveil FM

Le Premier ministre canadien Stephen Harper était le premier à lever son verre pour l'amitié franco-canadien. Photo Réveil FM

Le Fairmont Château Laurier. Photo Réveil FM

Le Fairmont Château Laurier. Photo Réveil FM

Le Fairmont Château Laurier est un hôtel qui a été commissionné par le président de Grand Trunk Railway, Charles Melville Hays, et a été construit de 1909 à 1912 en tandem avec la gare Union, maintenant le centre de Services de conférences du gouvernement, qui se trouve de l'autre côté de la rue. Les plans initiaux de l'hôtel ont généré un peu de controverse car il devait être construit sur une partie du territoire qui incluait le Parc Major's Hill.

Wilfrid Laurier, le premier ministre du Canada de l'époque, a aidé à l'obtention de l'important terrain nécessaire pour la construction de l'hôtel. C'est pourquoi le Château a été nommé en son honneur. De plus, un conflit a éclaté lorsque l'architecte d'origine, Bradford Lee Gilbert, a été mis à la porte à cause de désaccords avec les exécutifs de Grand Trunk. La firme montréalaise Ross and Macfarlane a par la suite été sélectionnée pour en compléter le design.

L'hôtel devait être inauguré le 26 avril 1912 mais Charles Melville Hays, qui était en transit vers le Canada pour l'ouverture de l'hôtel, a péri lors du naufrage du RMS Titanic le 15 avril 1912. Une cérémonie d'ouverture sans éclat a donc eu lieu plus tard, le 12 juin 1912, en présence de Wilfrid Laurier.

Lorsque Grand Trunk s'est joint au Canadien National en 1923, le Château Laurier est devenu un des hôtels les plus importants du CN. Pendant des années, l'hôtel en a profité, étant l'hôte de la royauté, de chefs d'états, de personnalités politiques, de célébrités et de membres de l'élite canadienne. Pendant les décennies 1960 et 1970, la construction de plusieurs hôtels dans la capitale, en plus de la fermeture de la gare Union, ont mené à une lente diminution de ses revenus. Des rénovations de grande envergure ont eu lieu dans la décennie de 1980 afin d'améliorer sa situation, ce qui lui a permis de reprendre sa place en tant qu'hôtel de prestige d'Ottawa.

L'hôtel était contrôlé par Canadian National Hotels jusqu'à ce que cette chaîne hôtelière soit achetée par Canadian Pacific Hotels en 1982. En 1999, le Château a été renommé Fairmont Château Laurier après que Canadian Pacific Hotels ait acheté la chaîne hôtelière Fairmont et qu'il ait renommé la chaîne Fairmont Hotels and Resorts.

En plus des invités de l'hôtel, le Château Laurier a aussi servi au fil du temps de maison à deux institutions importantes d'Ottawa. De juillet 1924 à octobre 2004, le 7e étage de l'hôtel était l'hôte des stations de radio locales francophone et anglophone de la Société Radio-Canada, un héritage ayant débuté lorsque le Canadian National Railway a fondé la première station de radio d'Ottawa.

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jeudi 28 mars 2013

Paul Ricoeur, un chemin parsemé d'espérance !

En novembre 1969, le Collège de France préfère Michel Foucault à Paul Ricœur. Celui-ci est alors le doyen de la faculté de lettres et sciences humaines de l’université de Nanterre, dont il était l’un des fondateurs, en 1964, et où il avait appelé Emmanuel Levinas, alors peu connu. Il avait assisté là à l’éclosion de Mai 68. Regardant avec sympathie la révolte étudiante, il s’était fait l’avocat, avec Alain Touraine et Henri Lefebvre, de Daniel Cohn-Bendit, devant la commission disciplinaire qui devait décider de son renvoi. Mais, en tant que recteur, il est quotidiennement insulté et rudoyé par les «enragés». Le 9 mars 1970, il démissionne de sa charge (mais demeure professeur) et passe le flambeau à René Rémond.

Paul Ricoeur, un chemin parsemé d'espérance

Une double déception pour Paul Ricœur, qui n’est sans doute pas étrangère à son «exil». De foi protestante, politiquement situé à gauche mais non-marxiste, le philosophe sera absent de tous les débats «révolutionnaires» des années 70. Sa carrière se déroulera, pour une large part, à Louvain, à Genève, à Montréal, et, surtout, aux Etats-Unis : dans un collège quaker, puis à New York, enfin à la Divinity School de Chicago, où il succède à Paul Tillich, et, jusqu’en 1992, au département de philosophie de l’université de Chicago.

Fruits. Paul Ricœur aurait 100 ans . Rarement le centenaire de la naissance d’un penseur aura suscité, dans le monde entier, autant d’événements célébratifs, de publications, de séminaires, de colloques (1). Et ce n’est que justice ou, plutôt, «juste retour des choses». Non parce que la myriade d’initiatives «mesurerait» la notoriété internationale de Ricœur ou le nombre d’études qui sont consacrées à sa pensée. Mais parce qu’ayant lui-même exploré quasiment tous les domaines du connaissable, les philosophies de l’existence, la phénoménologie, l’herméneutique, la psychanalyse, la linguistique, l’exégèse biblique, la politique, la poétique, la théorie littéraire, l’épistémologie, la philosophie analytique, les théories de la justice ou l’histoire, n’ayant esquivé aucune confrontation avec les grandes pensées du siècle, il était «normal» que des champs ensemencés lui soient rapportés les fruits, que les pensées interrogées par son œuvre reviennent en écho interroger l’œuvre et en attestent encore la «vivacité» ou le pouvoir heuristique.

Les ouvrages qui paraissent à l’occasion du centenaire en sont autant d’exemples. Philosophe de l’écoute et du dialogue, lecteur par excellence, qui s’est nourri des plus grandes œuvres et les a nourries - Aristote, Jaspers et Husserl, Spinoza et Kierkegaard, Hegel, Freud, Marx et Nietzsche, Gadamer, Austin, Habermas, Arendt, Heidegger, Lévi-Strauss, Patočka, Levinas, Rawls… - Paul Ricœur s’est durablement confronté au structuralisme : aussi Johann Michel, dans Ricœur et ses contemporains, ajoute-t-il comme une «extension», qui laisse voir comment s’est établie la discussion critique avec les «poststructuralismes» français, incarnés, avec toutes les variantes possibles, par Deleuze, Derrida, Foucault, Bourdieu, Castoriadis. De même, dans Paul Ricœur : penser la mémoire, historiens et philosophes (Olivier Abel, François Azouvi, François Hartog, Henry Rousso, Jean-Marie Schaeffer, Myriam Revault d’Allonnes…), à partir de problématiques tout à fait actuelles et des controverses sur le «devoir de mémoire», «revisitent» les thèses que Ricœur exposait dans la Mémoire, l’Histoire, l’Oubli (2000).

Enfin, dans Souffrance et douleur, des spécialistes d’éthique médicale (Lazare Benaroyo), des sociologues (Natalie Rigaux, Nathalie Zaccaï-Reyners), des médecins (Jean-Christophe Mino), des philosophes (Frédéric Worms, Claire Marin), réunis par un même intérêt pour la question du soin ou care, aiguisent leur réflexion en revenant à un texte extraordinaire (1992) dans lequel Ricœur, partant du présupposé que «la clinique et la phénoménologie se recroisent dans la sémiologie, dans l’intelligence des signes du souffrir», tente «d’éclairer la compréhension que nous avons de l’humain, en tant qu’être capable de subir, d’endurer la souffrance».

Paul Ricœur est né à Valence, dans la Drôme, en 1913. Très tôt orphelin de père et de mère, il est élevé comme pupille de la Nation. Marqué, à 14 ans, par l’injuste condamnation à mort, aux Etats-Unis, des anarchistes Sacco et Vanzetti, il milite, étudiant, dans des mouvements pacifistes protestants, de teinte socialiste. Il fait ses études à Rennes et, l’agrégation obtenue (1935), enseigne la philosophie aux lycées de Saint-Brieuc, Colmar et Lorient. Mobilisé comme officier en 1939, il est un temps enfermé dans le camp de Gross-Born, en Pologne (où il a comme compagnon d’infortune le théoricien de l’art Mikel Dufrenne, avec lequel, en 1947, il signera son premier livre, Karl Jaspers et la philosophie de l’existence), et reste quatre ans prisonnier en Allemagne.

«Foyer». A son retour, Ricœur donne des cours au collège cévenol du Chambon-sur-Lignon, où des quakers américains étaient venus aider le pasteur et les enseignants qui avaient caché des enfants juifs. Ami d’Emmanuel Mounier, il fréquente la communauté intellectuelle formée autour d’Esprit, revue et famille de pensée auxquelles il restera toujours fidèle. Il est ensuite attaché de recherches au CNRS, jusqu’en 1948, année où il prend la succession de Jean Hyppolite à la faculté de lettres de Strasbourg. En 1956, il se voit attribuer la chaire de philosophie générale à la Sorbonne, qu’il abandonne pour participer à la création de la nouvelle université de Nanterre.

Lorsque Ricœur part aux Etats-Unis, après l’aventure nanterroise et la non-obtention de la chaire du Collège de France, il est essentiellement (re)connu par sa traduction des Idées directrices pour une phénoménologie d’Edmund Husserl, ses ouvrages d’ascendance existentialiste consacrés à Jaspers et à Gabriel Marcel, et sa thèse, le Volontaire et l’Involontaire, premier volume d’une Philosophie de la volonté dont la seconde partie (l’Homme faillible et la Symbolique du mal) sera publiée dix ans après sous le titre générique de Finitude et culpabilité, et qui constitue le «foyer» d’où se déploiera toute sa pensée. Le philosophe y élabore une phénoménologie existentielle de la volonté, à travers l’analyse des figures les plus simples de l’expérience vécue, comme l’hésitation, le choix, l’émotion, l’effort ou l’habitude, et met en relief le mystère de l’existence incarnée, relevant d’une «pathétique de la misère» dans laquelle la notion de faillibilité est utilisée pour inscrire la possibilité du mal moral, et la vulnérabilité, dans l’être même de l’homme.

La gloire de «grand penseur», c’est outre-Atlantique qu’il la connaît d’abord. En France, elle sera plus tardive : elle viendra avec la publication (1983-1985) des trois tomes de Temps et récit - reçus comme la «suite critique» de Etre et Temps, de Heidegger - et celle, en 1990, de Soi-même comme un autre. Sans doute pour déambuler à travers une œuvre «riche et complexe» a-t-on besoin d’un guide : le Paul Ricœur de Jean Grondin - lequel rappelle opportunément qu’à Ricœur rien de ce qui est humain n’a été étranger, rien en tout cas «de ce qui a été dit à propos de l’homme, par les mythes, les religions, la littérature, l’histoire, les sciences humaines comme les sciences exactes» - en est un excellent, clair et précis, qui dessine le passage d’une «philosophie des puissances et des impuissances de la volonté», à l’herméneutique et au «conflit des interprétations» puis à l’«herméneutique du soi».

Ricœur est en effet parti de l’existentialisme chrétien et de la «philosophie réflexive», où la compréhension de soi exige que le sujet saisisse le «principe unificateur» de ses opérations de connaissance, d’estimation et de volition. Il était normal, dès lors, qu’il se tournât vers la phénoménologie, qui du «retour sur soi» étudie les conditions de possibilité mais détruit aussi le «rêve» que le fondement puisse en être «la transparence du sujet à lui-même». Puis, entre autres dans le Conflit des interprétations, aujourd’hui réédité en poche, qu’il se confrontât à Freud, afin d’examiner le contrecoup que la psychanalyse a eu sur la philosophie, en déconstruisant les fausses évidences du cogito et en proposant une nouvelle vision de l’homme et du sujet, dans laquelle la conscience n’est plus une donnée (être conscient) mais une tâche (devenir conscient). Et, enfin, qu’il s’ouvrît à l’herméneutique, dans la mesure où il n’est pas de compréhension de soi et d’autrui qui «ne soit médiatisée par des signes, des symboles et des textes» (sa formule, «le symbole donne à penser», restera célèbre, comme celle de «maîtres du soupçon» par laquelle il désigne Marx, Nietzsche et Freud), et donc n’exige une science de l’interprétation : d’où le «dialogue critique» avec Dilthey, Schleiermacher, Gadamer, mais aussi Heidegger et la philosophie analytique anglo-saxonne.

En fait, les problèmes traités par Ricœur se déduisent tous, comme il l’a indiqué lui-même, des quatre usages majeurs que l’on peut faire de «je peux» : je peux parler (philosophie du langage), je peux agir (philosophie de l’action), je peux raconter (théorie narrative), je peux me tenir responsable de mes actions, me les laisser imputer comme à leur véritable auteur (philosophie morale). Aux questions du langage, de l’action, du récit, du temps, de l’éthique, de la justice, le philosophe, dans ses derniers ouvrages, va ajouter celle de l’oubli et du pardon, ou, plus généralement (l’analyse portant aussi bien sur la mnémotechnique que sur les neurosciences et le travail de l’historien), celle du rapport au passé, conditionné par les diverses modalités, us et abus, dont s’effectue cette présentification de l’absence en quoi consiste la mémoire. Ricœur, notent François Dosse et Catherine Goldenstein, «rappelle la fonction de l’agir, de la dette éthique de l’histoire vis-à-vis du passé», et «défend avec la même fermeté le devoir, la dette des générations présentes vis-à-vis du passé, source éthique de la responsabilité».

Fenêtres. Ricœur, dont l’adage pourrait être «expliquer plus pour comprendre mieux», ne sera jamais devenu un «maître-penseur», si l’expression renvoie à la «possession» d’une pensée tellement sûre d’elle-même qu’elle ne demande qu’à être reprise telle quelle et répétée. On le dira plutôt «semeur», ou «hôte», en se souvenant que l’idéal du «philosopher en commun» dont il rêvait est celui d’une pensée qui offre l’hospitalité à la pensée des autres, aux pensées autres, et leur donne tout ce qu’elle a. Le maître s’en est allé il y a huit ans, mais dans la «maison Ricœur», tout reste allumé et les fenêtres sont ouvertes. Les discussions s’y poursuivent, comme pour prolonger à l’infini celle que le philosophe n’a cessé de poser : comment l’homme, un homme au «cogito brisé», un homme fragile, obéré par le poids de l’échec ou de sa finitude, peut-il poursuivre sa quête du sens, de soi, des autres et du monde, ne pas renoncer à être juste, et maintenir son effort ou son désir d’exister ?

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Paul Ricoeur, un philosophe protestant !

Le centenaire Ricœur est passé quasiment inaperçu en France. Pourtant, il s’agit d’un des philosophes les plus féconds et les plus actuels ("modernes") de l’époque contemporaine.

Paul Ricoeur, un philosophe protestant (27 février 1913, Valence – 20 mai 2005, Châtenay-Malabry)

Le pape "renonciateur" Benoît XVI a fait ses adieux publics lors de sa dernière audience générale sur la place Saint-Pierre de Rome le mercredi 27 février 2013. Il quitte définitivement ses fonctions pour devenir "pape honoraire" et s’installer discrètement dans un monastère au Vatican après deux mois de vacances dans la résidence d’été des papes (j’imagine pour s’éloigner des discussions du futur conclave).

La coïncidence des dates veut que ce fut également la journée où l’on a fêté le centenaire de la naissance du grand philosophe protestant Paul Ricœur. Il est né en effet à Valence le 27 février 1913 et a disparu à Châtenay-Malabry le 20 mai 2005, il y a sept ans, à 92 ans.

Il faisait partie des penseurs qui ont impressionné et influencé le prédécesseur de Benoît XVI, à savoir Jean-Paul II, qui avait grandi avec la phénoménologie.

Paul Ricœur a très durement commencé son existence puisqu’il perdit sa mère en très bas âge, puis son père à l’âge de 2 ans, et sa sœur également un peu plus tard (son épouse et un de ses fils bien plus tard). Il se réfugia dans la lecture très rapidement et a dû gérer la contradiction entre la foi que sa famille lui a inculpée (« un hasard transformé en destin par un choix continu ») et le regard critique du philosophe.

À 22 ans, l’année 1935 fut celle de son départ dans la vie : Paul Ricœur fut reçu à l’agrégation de philosophie et il se maria à Rennes avec Simone Lejas, une amie d’enfance avec qui il engendra cinq enfants (sa épouse est morte le 7 janvier 1998). Il trouva à la Sorbonne dans les années 1930 de quoi remuer sa réflexion et s’initia à la pensée d’Husserl (il apprit l’allemand pour l’étudier ainsi que Heidegger) et celle du théologien Karl Barth. Les premières contributions de Paul Ricœur furent pour le journal "Terre Nouvelle" qui comptait unir christianisme et révolution sociale (le logo était composé d’une croix, d’un marteau et d’une faucille).

Il fut prisonnier par l’armée nazie pendant la guerre et fréquenta d’autres intellectuels prisonniers avec lesquels il étudia la pensée de Karl Jaspers. Ricœur se mit à traduire en cachette Husserl qui était interdit par les nazis. L’idée principale qui a retenu son attention fut de faire passer l’expérience dans sa réalité objective avant les idées préconçues pour avoir une vision la plus ouverte possible des choses.

Après la guerre, il s’attaqua à sa thèse de doctorat d’État, sur la volonté (dont il a eu l’idée dès 1937), inspiré par les idées de Gabriel Marcel, Kierkegaard et Jaspers, en pleine explosion de l’existentialisme sartrien. Il l’a soutenue le 29 avril 1950 à la Sorbonne ("Philosophie de la volonté") et l’a voulue axée vers une phénoménologie de l’action et complémentaire à la pensée de Merleau-Ponty. Ricœur insista notamment sur les deux versants de la volonté, en prenant en compte l’involontaire, clivant entre l’agir et le pâtir car tout n’est pas décidé : « vouloir n’est pas créer ».

Ricœur fut élu professeur à la Sorbonne en 1956 (jusqu’alors, il enseignait en Haute-Loire puis à Strasbourg ; il fut battu à la Sorbonne l’année précédente par Jean Guitton) et ses talents de pédagogues remplissaient les amphis lors de ses cours magistraux. Il se désola cependant de ne plus retrouver l’interactivité avec les étudiants qu’il avait connue antérieurement. Aimant l’esprit communautaire, il s’installa avec sa famille à Châtenay-Malabry dans une communauté créée par Emmanuel Mounier en 1939, communauté qui se définissait comme des chrétiens progressistes (contre la guerre en Algérie et qui a eu quelques soucis avec des menaces de l’OAS).

En 1956, Paul Ricœur prôna avec insistance l’engagement politique des intellectuels alors que les événements internationaux les encouragèrent à s’en éloigner (Suez, Budapest, Algérie, rapport Khrouchtchev sur les crimes de Staline etc.) : « L’existence politique de l’homme développe un type de rationalité spécifique et irréductible aux dialectiques à base économique. (…) La politique développe des maux spécifiques qui sont avant tout des maux du pouvoir politique. ».

Son article "Le symbole donne à penser" publié en 1959 à la revue "Esprit" fut à un tournant de sa réflexion qu’il qualifia de "greffe herméneutique". "Phénoménologie" et "herméneutique" sont en effet deux mots essentiels à la pensée de Ricœur. Faisons juste un petit rappel de définition par le dictionnaire. L’herméneutique est la « théorie de l’interprétation des signes comme éléments symboliques d’une culture » et la phénoménologie est la « méthode philosophique qui vise à saisir, par un retour aux données immédiates de la conscience, les structures transcendantes de celle-ci et les essences des êtres ».

Ricœur donna sa conception personnelle de l’herméneutique : « L’herméneutique (…) s’efforce de reconstruire l’arc entier des opérations grâce auxquelles l’expérience pratique se donne des œuvres, des auteurs et des lecteurs (…). L’enjeu, c’est donc le processus concret à travers lequel la configuration textuelle sert de médiateur entre la préfiguration du champ pratique et sa refiguration grâce à la réception de l’œuvre. ».

Cela le conduisit à étudier l’œuvre de Freud ("De l’interprétation, essai sur Freud" publié le 1er mai 1965) et à échanger avec Claude Lévi-Strauss (en particulier en 1963 dans "Esprit").

Très aimé des étudiants et intéressé par des sujets "baroques", Ricœur accepta de diriger beaucoup de thèses au sujet "non conventionnel" à une époque où il était fortement critiqué pour son supposé passéisme dépassé (selon la mode structuraliste).

Enseignant aussi à la Faculté de théologie protestante de Paris, Ricœur s’est beaucoup investi dans la création de l’Université de Nanterre, y développa le département de philosophie avec des amis comme Emmanuel Levinas et Henry Dumery. Dès 1964, il prôna d’ailleurs la suppression du centralisme à l’université et envisagea l’explosion de mai 1968 où, aux côtés notamment d’Alain Touraine (le père de l’actuelle Ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine), il prit la défense de Daniel Cohn-Bendit.

Pour Ricœur, mai 1968 a été la réaction salutaire d’une révolution culturelle face à la perte de sens due au développement de la société de consommation.

À la suite de la réforme des universités menée par le ministre Edgar Faure, Paul Ricœur est élu le 18 avril 1969 doyen de la Faculté de Nanterre par 34 voix contre 18. Mais il fut vite dépassé par les étudiants qui venaient jusqu’à l’insulter dans son bureau (on lui a même basculé une poubelle sur la tête !) et fut pris en tenaille par le ministre Raymond Marcellin qui envoya la police, ce qui provoqua une journée de violence qui se solda par près de deux cents blessés. Écœuré par la violence des deux côtés, Paul Ricœur donna alors sa démission le 9 mars 1970 pour ne pas approuver le gouvernement.

Cette période fut d’ailleurs peu agréable pour Paul Ricœur qui fut battu (en 1969) par Michel Foucault au Collège de France. Pendant les années 1970, Ricœur se consacra à l’enseignement au niveau international, appelé un peu partout dans le monde, en particulier à Louvain où sont conservées les archives Husserl, et à Chicago (il était très apprécié des Américains), tout en continuant à enseigner à Paris.

Il publia le 1er avril 1975 une étude sur "La Métaphore vive" où il a pointé du doigt un "travail de la ressemblance au travers de la différence". Très inspiré par les travaux d’Husserl, Ricœur y expliquait notamment : « Le langage poétique (…) exige que nous critiquions notre concept conventionnel de la vérité, c’est-à-dire que nous cessions de le limiter à la cohérence logique et à la vérification empirique, de façon à prendre en compte la prétention de vérité liée à l’action transfigurante de la fiction. » et il y écrivait aussi : « La métaphore, c’est la capacité de produire un sens nouveau, au point de l’étincelle de sens où une incompatibilité sémantique s’effondre dans la confrontation de plusieurs niveaux de signification, pour produire une signification nouvelle qui n’existe que sur la ligne de fracture des champs sémantiques. ».

Paul Ricœur mena une étude sur une approche linguistique et poétique parallèlement à une réflexion philosophique sur la nature du récit dans "Temps et récit" dont le premier tome est publié le 1er février 1983 (le troisième et dernier tome est publié le 1er novembre 1985).

Sa réflexion retrouva plus d’audience et d’intérêt à partir du milieu des années 1980 où il fut considéré comme un intellectuel toujours cohérent et en évolution permanente en fonction des nouveaux événements. Son livre "Soi-même comme un autre" publié le 14 mars 1990 est une synthèse des différentes traditions philosophiques européennes.

Cette consécration des travaux de Paul Ricœur a eu lieu au moment où le besoin d’éthique se faisait sentir. Le problème n’était plus le choix entre le bien et le mal mais "entre le gris et le gris", ce qui nécessite un échange sincère des arguments et des convictions. Ricœur s’est ainsi impliqué dans la réflexion sur des sujets d’actualité (sans-papiers, voile islamique, Nouvelle-Calédonie, sang contaminé etc.) où il mettait le juste entre le légal et le bon.

Paul Ricœur s’interrogea aussi beaucoup avec des juristes et des historiens sur la place de la mémoire collective et de l’oubli (y compris l’amnistie) et dans "La Mémoire, l’histoire, l’oubli", publié le 1er décembre 2000, il précisa : « Je reste troublé par l’inquiétant spectacle que donnent le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs, pour ne rien dire de l’influence des commémorations et des abus de mémoire, et d’oubli. L’idée d’une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués. ». La question portait aussi sur la pertinence des témoignages pour écrire (ou réécrire) l’histoire.

Présentant ses travaux notamment à Budapest le 8 mars 2003, il termina sa conférence sur ceci : « Grâce au travail de mémoire, complété par celui de deuil, chacun de nous a le devoir de ne pas oublier mais de dire le passé, si douloureux soit-il, sur un mode apaisé, sans colère. » ainsi que par cette citation de Isak Dinesen qu’Hannah Arendt a également mise en exergue à la tête d’un des chapitres de son livre "La Condition de l’homme moderne" : « Les chagrins, quels qu’ils soient, deviennent supportables si on les met en récit ou si l’on en tire une histoire. » (traduit de la phrase d’origine : « All sorrows can be borne if you put them into a story or tell a story about it. »).

Dans une conférence qu’il prononça au Vatican sur la science à l’occasion de la session plénière de l’Académie Pontificale des Sciences du 8 au 11 novembre 2002, Paul Ricœur exposa les deux points de vue différents du philosophe et du scientifique : « La philosophie, et pas seulement elle, mais les sciences sociales soucieuses de se démarquer de la biologie, ne se livreront pas à un combat perdu d’avance concernant les faits les mieux établis. Le philosophe se demandera comment il peut venir à la rencontre du point de vue naturaliste à partir d’une position où l’homme est déjà un être parlant et surtout un être questionnant concernant l’établissement de normes morales, sociales, juridiques, politiques. Alors que le scientifique suit l’ordre descendant des espèces et fait apparaître l’aspect contingent, aléatoire, improbable, de ce résultat que nous sommes de l’évolution, le philosophe-herméneute partira de l’auto-interprétation de sa situation intellectuelle, morale et spirituelle et remontera le cours de l’évolution à la rencontre des sources de la vie. Son point de départ avoué, c’est la question morale elle-même, donnée déjà là, surgissant dans une sorte d’auto-référentialité de principe. ».

Dans "Parcours de la reconnaissance" publié le 28 janvier 2004 (il avait plus de 90 ans), Ricœur se demandait pourquoi il n’existait pas de théorie de la reconnaissance comme il en existait pour la connaissance et invitait à la mettre sur le sceau de l’amitié : « Nous avons vu dans le recevoir le terme charnière entre le donner et le rendre ; dans le recevoir, lieu de gratitude, la dissymétrie entre le donateur et le donataire est deux fois affirmée ; autre est celui qui donne et celui qui reçoit ; autre celui qui reçoit et celui qui rend. C’est dans l’acte de recevoir et la gratitude qu’il suscite que cette double altérité est préservée. ».

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Affaire Bettencourt : Après le juge, des journalistes menacés de mort

Comme le juge qui a inculpé Nicolas Sarkozy, deux journalistes ont aussi reçu des menaces, accompagnées d'une balle de gros calibre. «La prochaine fois, elle sera chargée», dit l'une des lettres.

Les journalistes Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1) et Michaël Darmon (i-TELE) ont chacun reçu le 20 mars une lettre de menaces, accompagnée d'une balle de gros calibre, a annoncé jeudi Jean-Pierre Elkabbach, confirmant une information du site internet de L'Express.

Selon Jean-Pierre Elkabbach, ces lettres proviendraient «du même groupe» qui aurait adressé le mercredi un courrier de menaces et des munitions au juge d'instruction Jean-Michel Gentil, après la mise en examen le 21 mars de l'ex-président Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt. «J'ai reçu le 20 mars à Europe 1 dans mon courrier une lettre de menaces dans laquelle se trouvait une balle de gros calibre», a indiqué Jean-Pierre Elkabbach. «La lettre dit: cette fois ci, la balle n'est pas chargée. La prochaine fois elle sera chargée», a-t-il expliqué. Il a porté plainte le jour même, mais a refusé une protection policière.

Le journaliste d'i-TELE Michaël Darmon, qui co-anime les dimanches une émission politique avec Jean-Pierre Elkabbach a reçu une lettre similaire, selon Jean-Pierre Elkabbach. Dans le courrier adressé à Michaël Darmon, il lui est reproché d'être un «socialo-communiste», et celui reçu par Jean-Pierre Elkabbach «a des relents antisémites et xénophobes», a précisé Jean-Pierre Elkabbach. Le journaliste politique d'Europe 1 avait déjà été menacé en 2009. Une enquête avait alors montré que les menaces avaient été proférées par «un cinglé vivant dans l'Hérault qui s'amusait à faire peur».

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François Hollande, Président de la République devrait revisiter son discours du Bourget !

Dix mois après l'avoir emporté face à Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle, François Hollande continue de s'effondrer dans les sondages. Le chef de l'Etat, qui s'exprimera longuement sur France 2 dans la soirée, est considéré comme un "mauvais président de la République" par 51 % des Français, et seuls 22 % d'entre eux estiment qu'il remplit correctement son rôle de chef de l'Etat, selon un sondage CSA pour la chaîne BFMTV diffusé jeudi 28 mars. A noter que 27 % des personnes interrogées pour cette enquête n'ont pas souhaité se prononcer.

François Hollande, Président de la République

Lors de la campagne présidentielle 2012, Réveil FM International était accrédité pour suivre le candidat François Hollande. A Paris comme en provinces, nous avons couvert. De tous les discours entendus, celui du Bourget du 22 janvier 2012 était un vibrant discours programme fédérateur que le Président Hollande devrait revisiter pour garder son cap.

"Les cadres (63 % de jugements négatifs) et les personnes travaillant à leur compte (59 %), ainsi que les retraités (55 %), sont particulièrement sévères", souligne l'institut. CSA observe également que le socialiste "est considéré comme un bon président de la République par 60 % de ses électeurs de premier tour, proportion qui n'est que de 48 % parmi ceux qui l'ont choisi au second".

Seules 29 % des personnes interrogées estiment que le chef de l'Etat est "compétent", 27 % qu'il "a l'esprit de décision", 22 % qu'il "tient ses promesses de campagne", 21 % qu'il est dynamique et 20 % qu'il est "rassembleur". Ils sont un peu plus nombreux à le trouver "courageux" et "déterminé" (38 %), ainsi qu'"honnête" (43 %).

Sarkozy n'en profite pas

Toutefois, ces faibles taux de satisfaction du président Hollande ne bénéficient pas à son prédécesseur. 54 % des personnes interrogées affirment ne pas regretter Nicolas Sarkozy (- 1 par rapport à octobre 2012), contre 40 % qui le regrettent (- 4).

Ce sondage suit la même pente que l'enquête de l'IFOP publiée ce week-end par Le Journal du dimanche qui montrait une chute de popularité de 6 points du président par rapport au mois précédent. Selon l'institut, 68 % des personnes interrogées (contre 62 % en février) se déclaraient mécontentes de M. Hollande comme président de la République, contre 31 % se disant satisfaites, 1 % étant sans opinion.

Il s'agissait non seulement du plus mauvais résultat enregistré par le chef de l'Etat depuis son élection en mai 2012, mais aussi du plus mauvais résultat enregistré par un président français dix mois après sa prise de fonction, souligne l'enquête.

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Affaire Bettencourt : le juge Gentil aurait reçu des menaces de mort

Le juge d'instruction Jean-Michel Gentil, le 19 février.

Une lettre menaçante, accompagnée de munitions, visant notamment le juge d'instruction Jean-Michel Gentil qui vient d'inculper l'ex-président Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt, a été reçue mercredi au parquet de Bordeaux, a-t-on appris de sources concordantes.

L'affaire a été révélée par le Syndicat de la magistrature (SM), dont plusieurs membres étaient visés par ce courrier, et confirmée par d'autres sources. Dans un communiqué intitulé "Sérénité !", le SM annonce "qu'après les déclarations indignées voire injurieuses de certains politiques suite à la mise en examen (inculpation) de Nicolas Sarkozy, après la mise en cause de l'impartialité d'un des magistrats (M. Gentil) en charge du dossier par Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, ce magistrat est aujourd'hui destinataire d'un courrier, auquel étaient jointes des cartouches à blanc, le menaçant clairement de mort, lui, ses proches, et les membres du Syndicat de la magistrature dont il ferait partie".

Un proche de M. Gentil a précisé que ce courrier contenant "des menaces caractérisées" et visant "M. Gentil et d'autres magistrats", était arrivé au parquet de Bordeaux, "qui a dû diligenter une enquête préliminaire", et a saisi la police, a indiqué une autre source. Cette lettre était accompagnée "de munitions d'arme de guerre", selon ces sources.

"Groupuscule de juges rouges révolutionnaires"

La lettre aurait était adressée à "M. Gentil du Syndicat de la magistrature", alors qu'il n'en fait pas partie, et on l'y accuse d'avoir "franchi l'irréparable". Le syndicat lui-même, qui se classe à gauche, y est qualifié de "groupuscule de juges rouges révolutionnaires, totalitaires, enragés et engagés politiquement".

"Vous êtes physiquement bien protégé", lance l'auteur au juge, "mais l'un des vôtres va disparaître". Il est précisé que "les cartouches jointes sont à blanc, en attendant de monter nos interventions", et il est précisé que les laboratoires d'expertise ne parviendront pas à trouver trace des auteurs de ces lettres.

Selon Sud-Ouest.fr, les deux collègues du juges, Cécile Ramonatxo et Valérie Noël, ont également reçu des lettres de menaces, mais cela n'était pas confirmé mercredi soir. Dans son communiqué, le SM remarque que "la violence des propos de la 'garde rapprochée' de l'ancien président et l'œuvre de décrédibilisation de la justice à laquelle elle s'est livrée ne peuvent que susciter l'incompréhension des citoyens, la perte de confiance en l'institution judiciaire et, pour finir, l'insupportable déchaînement de haine envers les magistrats chargés de rendre la justice".

M. Gentil et ses deux collègues ont mis M. Sarkozy en examen pour abus de faiblesse à l'encontre de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, jeudi dernier. Une décision qui a suscité des commentaires particulièrement virulents de la part d'une grande partie de l'opposition, et notamment de l'ancien conseiller spécial de l'ancien président Henri Guaino, que M. Gentil a décidé de poursuivre pour ses propos.

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mercredi 27 mars 2013

Arrivée de John Kerry à Paris: Syrie, Mali et Centrafrique au menu des discussions

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé mardi soir à Paris, où il doit rencontrer mercredi son homologue Laurent Fabius pour discuter notamment de la situation au Mali et en Centrafrique, ainsi que du conflit en Syrie, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry arrive à Paris, le 26 mars 2013

Les deux ministres vont "discuter d'un large éventail de dossiers, tels que les efforts de la communauté internationale pour rétablir la démocratie au Mali, mettre un terme à la campagne brutale du régime d'Assad contre le peuple syrien et se pencher sur les inquiétudes à propos de la détérioration de la sécurité en République centrafricaine", a indiqué à la presse Jen Psaki, une porte-parole du département d'Etat.

Les deux hommes devraient notamment évoquer la récente tentative de Paris et de Londres de convaincre les autres pays européens d'accepter la fourniture d'armes aux rebelles syriens, une initiative jugée trop risquée par de nombreuses capitales de l'UE.

John Kerry va aussi "rencontrer des entrepreneurs français pour discuter des moyens de promouvoir la croissance économique et la création d'emplois des deux côtés de l'Atlantique", a-t-elle ajouté.

Le secrétaire d'Etat américain s'est posé en France à l'issue d'une tournée d'une semaine qui l'a d'abord conduit en Israël, dans les Territoires palestiniens et en Jordanie, suivie de visites surprises à Bagdad et à Kaboul.

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Militante et guerrière de la défense de la femme congolaise, Julienne Lusenge s'interroge sur le cas Bosco Ntaganda

Julienne Lusenge est défenseure des droits de l’homme et activiste travaillant sur la question de la violence sexuelle et basée sur le genre dans les zones de Béni et Ituri déchirées par la guerre en République Démocratique du Congo. Elle est la Coordinatrice de l’ONG Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) dont l’objectif est de promouvoir et de défendre les droits des femmes et des enfants et principalement de combattre l’impunité et promouvoir la justice afin d’arrêter les cycles de violence en RDC. Lors du premier forum mondial des femmes francophones qui s'est tenu le 22 mars à Paris, Julienne Lusenge était omniprésente et très sollicitée par des médias. L’organisation est en quête de justice pour les victimes de violences sexuelles commises par les éléments des groupes rebelles et les soldats de l’armée nationale. Mme Lusenge a été confrontée à des situations dangereuses où elle a fait l’objet de menaces pour ses efforts visant à créer de la visibilité et à exercer de la pression sur les organes internationaux et les Nations Unies afin qu’ils prennent des mesures contre la violence sexuelle en RDC.

Infatigable. Voilà plus de douze ans que Julienne Lusenge se mobilise pour aider et défendre les victimes de viols en République démocratique du Congo (RDC) au sein de l’association Sofepadi. Une ONG qui soutient les victimes sur le plan médical, psychologique et juridique

Paris, 22 mars 2013, Julienne Lusenge lors du premier forum mondial des femmes francophones au Musée Quai Branly. Photo Réveil FM

Julienne Lusenge est un emblème de la lutte contre le viol, cette arme de guerre massive qui ravage la République démocratique du Congo. Photo Réveil FM

Figure admirée contre le viol de la femme congolaise et cible des opposants aux droits des femmes, Julienne Lusenge est lauréate 2012 du Prix des droits de l'homme de l'Ambassade de France en République démocratique du Congo. Photo Réveil FM

Julienne Lusenge s'est confiée à nos confrères de TV5 Monde. Femme de terrain, elle est toujours en alerte !

Bosco Ntaganda était devant la CPI ce matin pour sa première comparution. Votre réaction ?

Je parle au nom des femmes victimes des exactions commises par Ntaganda. La communauté internationale se réjouit de cette arrestation, mais nous nous avons des doutes. Ce n'est pas le premier militaire soupçonné d'atrocités qui est devant la justice et aucun n'a été condamné jusque là ! La CPI a même acquitté Mathieu Ngudjolo Chui il y a quelques mois. Les victimes ont donc du mal à avoir confiance en la justice internationale.

Il y a déjà une impunité totale en RDC pour les auteurs de ces crimes sexuels, alors si cette impunité existe aussi à l'échelle internationale, où va-t-on ? Qu'est-ce que les femmes victimes vont devenir si ces personnes ne sont pas punies ? Nous espérons que la nouvelle procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a tiré des leçons du passé et mettra les moyens pour mener de vraies enquêtes. Il faut prouver que Bosco Ntaganda a commis des crimes contre l'humanité dans le Nord-Kivu et dans l'Ituri.

Paris, 22 mars 2013, Julienne Lusenge dans la cour d'honneur de l'Elysée. Photo Réveil FM

S'il n'est pas condamné, quel est le message transmis aux criminels ? Aujourd'hui, les groupes armés continuent de commettre des crimes car ils savent qu'ils ne seront pas inquiétés car il n'y a pas de preuves.

[La CPI a rendu son premier jugement en 10 ans d'existence le 10 juillet 2012 en condamnant Thomas Lubanga pour avoir enrôlé des enfants soldats, NDLR]

Ntaganda a clamé son innocence lors de la comparution.

C'est un mensonge. Bien sûr, ils disent tous qu'ils ont été instrumentalisés, par les Occidentaux, les multinationales, que sais-je encore ! Mais c'est lui qui a orchestré tout ça, en Ituri comme au Nord-Kivu. Les victimes ont vu Ntaganda entrer dans les maisons avec ses troupes, commander les violences faites aux femmes, tuer.

Ntaganda est le premier suspect de la CPI à s'être rendu soi-disant "volontairement". Qu'en pensez-vous ?

Cette reddition n'est pas volontaire. C'est le même scénario avec Laurent Nkunda [ancien chef du CNDP en résidence surveillée au Rwanda depuis 2009, NDLR]! Nous savons à quoi on joue. Il faudrait livrer tous les officiers impliqués dans les crimes sexuels, pas seulement deux ou trois personnes qu'on choisit comme des pions pour servir des intérêts politiques.

Nous voulons que le Rwanda ainsi que la RDC s'impliquent et livrent les coupables, au lieu de les intégrer dans le gouvernement ou dans l'armée à des grades d'officiers. Mais ce jeu est trop dangereux. Nous pensons que la paix ne peut pas se faire sans la justice.

Comment traduire tous les coupables en justice ? Tout le monde ne va pas aller à La Haye. Nous voudrions que le gouvernement congolais mette en place des tribunaux mixtes, avec des juges congolais et internationaux, pour juger les accusés en RDC. Ainsi les femmes verraient que la justice fait son travail, et qu'elles n'ont pas raconté leurs souffrances pour rien.

Julienne Lusenge à l'Elysée. Photo Réveil FM

Et les victimes dans tout ça ?

Jamais les autorités congolaises n'ont reconnu les crimes sexuels ni demandé pardon aux victimes. Il n'y a aucun programme national d'accompagnement et de réparation pour elles. C'est le désastre ! Ces victimes ont besoin de soins, les femmes ont besoin d'apprendre un métier, les petites filles de retourner à l'école.

Nous essayons donc de gérer cette situation avec notre association SOFEPADI. Nous accompagnons les victimes psychologiquement, juridiquement, nous les aidons à se réinsérer avec l'aide des communautés. Nous avons déjà enregistré 2800 cas de victimes de viols. En 2012, nous avons accueilli plus de 800 victimes supplémentaires, dont 12 hommes.

Mais le problème c'est le financement. Même si nous avons des soutiens étrangers, il nous manque de l'argent pour boucler notre budget 2013, 400 000 dollars US. C'est pour qu'avec des collègues nous avons initié le Fonds pour les Femmes Congolaises. Et les ONG ne peuvent pas remplacer le gouvernement.

Les femmes congolaises sont toujours en danger ?

Oui, le fait de vous parler pour cet entretien me met en danger mais on ne peut pas s'interdire de dénoncer notre situation. C'est la honte pour la RDC !

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CPI: Bosco Ntaganda, le Terminator Rwandais au Congo, répond en Kinyarwanda !

Bosco Ntaganda est l'un des plus grands criminels tutsi rwandais en République démocratique du Congo. Il est avec Laurent Nkundabatwaré, Jules Mutebusi, Runiga, Matenga...des criminels qui ont endeuillé le Congo, avec des crimes contre l'humanité, des viols utilisés comme arme de guerre, des pillages des ressources...Bosco Ntaganda qui né au Rwanda, grandit dans ce même pays agresseur du Congo, s'est autoproclamé congolais. Chose grave, il ne parle ni le swahili, langue parlée à l'est de la République démocratique du Congo, ni le kikongo, le Tshiluba ou le lingala-les trois autres langues nationales congolaises, Bosco Ntaganda ne sait pas parler le français, la langue officielle au Congo. Général d'opérette, dès sa comparution à la CPI, il demande la liberté provisoire. Quel culot !

Bosco Ntaganda, le terminator tutsi rwandais à la CPI

Bosco Ntaganda était entendu par la Cour pénale internationale de La Haye, mardi 26 mars 2013. Incarcéré depuis le 22 mars dans la prison des criminels de guerre, le milicien faisait l'objet de deux mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en 2002 et 2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

La Cour pénale internationale (CPI) attendait depuis plus de six ans l'arrivée de Bosco Ntaganda à La Haye. Incarcéré depuis vendredi 22 mars au soir dans la prison des criminels de guerre, le milicien faisait l'objet de deux mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en 2002 et 2003 en Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo.

Il y a dix jours, Bosco Ntaganda combattait encore au sein du Mouvement du 23 mars (M23), l'une des nombreuses milices de la région, soutenue par le Rwanda et l'Ouganda qui convoitent âprement les richesses de RDC depuis plus de quinze ans. Mais le 18 mars, Washington, allié de Kigali, annonçait sa "reddition volontaire" à l'ambassade des Etats-Unis au Rwanda. Deux jours plus tôt, le Rwanda l'aurait "évacué par hélicoptère de RDC", selon un expert de la région, après des combats au sein du M23 alors que des pourparlers de paix sont en cours avec Kinshasa.

Pourquoi une telle reddition ? Le milicien a-t-il été lâché par le Rwanda ? A-t-il promis à Kigali de dédouaner le Rwanda de son implication dans les violences en RDC ? Quoi qu'il en soit, Bosco Ntaganda commencera, lors d'une audience mardi 26 mars, un face-à-face avec des juges internationaux qui devrait durer plusieurs années.

A La Haye, le milicien serait "un peu perdu", affirme une bonne source. Il y a pourtant retrouvé Thomas Lubanga, sous les ordres duquel il a combattu en 2002 et 2003, au sein de l'Union des patriotes congolais (UPC), commettant alors les faits qui lui sont aujourd'hui reprochés : meurtres, viols, attaques de civils, persécutions, pillages...

L'Ituri n'est qu'un chapitre dans la carrière sanglante du milicien. Après 2003, Bosco Ntaganda a continué à piller les sous-sols congolais et commis d'autres massacres. En 2006, "nous avions un plan pour l'arrêter mais quelqu'un de l'ONU l'a prévenu, raconte un ancien enquêteur. C'était un peu déprimant de voir ce type-là se promener librement." A la faveur d'un accord de paix signé en 2009, Bosco Ntaganda intègre l'armée congolaise avec le grade de général malgré le mandat émis par la CPI. L'officier coule des jours tranquilles à Goma, sous l’œil de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc).

"Ce n'est pas l'arrestation de Ntaganda qui va régler le problème"

A ce jour, trois miliciens congolais ont comparu devant la Cour, mais leurs procès sont restés superficiels, ramenant à de simples conflits ethniques les drames de l'est du Congo. Les juges n'ont jamais appelé à la barre des responsables de Kampala, Kinshasa ou Kigali, pourtant mis en cause par les témoins. "Il faut aller au-delà des seigneurs de guerre locaux et poursuivre les hauts responsables qui les soutiennent", soutient Géraldine Mattioli-Zeltner de Human Rights Watch. En novembre, un rapport des Nations unies accusait le Rwanda de fournir "des armes, des munitions et des renseignements au M23 la chaîne de commandement dont fait partie Bosco Ntaganda a, à sa tête, le général James Kabarebe, ministre rwandais de la défense".

Il y a quelques années, le procureur avait commencé à enquêter pour arracher les racines du crime : le pillage du pays. Ce fut coûteux, mal mené et vite abandonné. D'autant que l'ancien procureur, Luis Moreno Ocampo, ne cachait pas son admiration pour le président rwandais.

Pourtant, dans l'est de la RDC, on estime que "ce n'est pas l'arrestation de Ntaganda qui va régler le problème". Lundi soir sur Radio Okapi, un auditeur s'inquiétait de l'attitude du Rwanda dans cette affaire : "Ils vont faire valoir à tout le monde qu'ils sont capables de coopérer. Mais le Rwanda est capable de produire encore un autre Ntaganda."

Sur la même radio, un autre regrettait que M. Ntaganda ne soit pas poursuivi "pour les crimes commis dans le Nord-Kivu". "Dans le dossier Ntaganda, nous en restons aux crimes commis en Ituri. Mais nous continuons nos enquêtes dans les Kivus", affirme Pascal Turlan, responsable de la coopération internationale au bureau du procureur. Beaucoup d'observateurs rappellent que le procureur, qui enquête déjà dans huit pays, a des moyens limités pour enquêter (moins d'un quart du budget de la CPI).

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lundi 25 mars 2013

Salon du livre de Paris 2013: 190.000 personnes se sont rendues à la Porte de Versailles

Du 22 au 25 mars s'est tenue la 33e édition du Salon du livre de Paris. Des lettres roumaines, à l'honneur cette année, à la ville de Barcelone, en passant par les incontournables de la vie littéraire et politique française. Le Salon du livre de Paris a fermé ses portes ce lundi soir. 190.000 personnes se sont rendues à la Porte de Versailles. C'est un peu mieux que l'an passé.

190.000 personnes se sont rendues à la Porte de Versailles

• Fréquentation en hausse de 3 %: 190.000 visiteurs

Il y a deux ans, le salon restait ouvert plus longtemps, la manifestation se déroulait sur six jours et non plus quatre comme aujourd'hui, perdant au passage la journée du mercredi toujours fortement fréquentée par les scolaires. Pour l'édition 2013, les organisateurs affichent une fréquentation de plus de 190.000 visiteurs, soit une augmentation de plus de 3 % par rapport à l'année passée. La tonalité a été très populaire, avec un public séduit par les 600 mètres consacrés à la cuisine.

Edilivre, une communauté de 5 000 auteurs

Edilivre

Louvre Édition

• Ventes: les éditeurs espéraient mieux

Si le public a répondu présent, il est tout de même reparti avec beaucoup moins de livres sous les bras. Est-ce un effet de la crise? Le magazine Livres Hebdo a sondé quelques grandes maisons d'édition. Résultat? Chez Fayard, on estime que le chiffre d'affaires est maintenu grâce aux dédicaces des auteurs populaires tels que Frédéric Lenoir, Jean-Louis Debré, Jean-François Kahn et François Lenglet. La maison d'édition Actes Sud est plus dubitative, fait remarquer l'hebdomadaire professionnel: les ventes ont été moins bonnes que l'an passé. Comme souvent, dès qu'il s'agit de parler argent, il n'y a plus personne dans les stands.

Écrivain, homme politique et diplomate congolais, Henri Lopes a été le premier ministre de la République du Congo de 1973 à 1975. Ambassadeur du Congo-Brazzaville en France depuis 1998, il est l'initiateur du stand Bassin du Congo, depuis 3 ans.

Du monde au stand Bassin du Congo

• Débats: des salles combles

Les débats ont fait salle comble. Avec une attention portée au numérique. D'ailleurs, cette année, une scène entière a été dédiée à ce phénomène, le Salon confirmant ainsi son intérêt pour les nouveaux modes de création et de diffusion: avec plus de 30 exposants, une journée entière d'Assises du livre numérique et le congrès mondial de l'IDPF (International Digital Publishing Forum), qui s'est déroulé pour la première fois en Europe. Craintes? Curiosités? Les enjeux autour de l'édition de demain ont attiré du monde.

Les assises du numérique ont attiré de nombreuses personnes. Des dizaines de débats ont été proposés, pour tous les goûts. Des rencontres qui s'adressaient aussi bien aux universitaires qu'aux lecteurs de polar. Avec le Syndicat national de l'édition, la Société des gens de lettres a donné son baromètre sur les usages du livre numérique: même s'il n'y a pas encore une comparaison possible avec ce qui se passe aux États-Unis, le numérique tente de perce en France.

L'exposition sur les 60 ans du Livre de poche a également séduit un public nombreux.

Les stands consacrés à la «cuisine», qui faisait partie des «invités d'honneur» avec 600 mètres carrés dédiés aux livres de cuisine, de gastronomie et d'œnologie, étaient particulièrement animés!

Nathalie Kosciusko-Morize qui vise la Mairie de Paris.

• Dédicaces: l'effet «vu à la télé» et les politiques en vedette

Bien sûr, il y a eu les traditionnelles files d'attente derrière les auteurs à succès: Marc Levy, Amélie Nothomb, Jean d'Ormesson, Amin Maalouf… Et comme chaque année, il est incroyable de constater à quel point l'effet «vu à la télé» joue à plein. On a vu une belle affluence au stand des éditions Fayard: Aymeric Caron, chroniqueur chez Ruquier, dans On n'est pas couché, signait à tour de bras son nouveau livre No Steak. Idem pour le comédien et ex-chroniqueur télé Nicolas Bedos, qui publie un nouveau Journal d'un mythomane.

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Bozizé n'est pas le premier président africain à s'enfuir avec fracas après des dégâts, sauf qu'il s'est réfugié à Zongo dans le fief de Jean-Pierre Bemba !

C'est l'ironie de l'histoire ! François Bozizé l'ex-président centrafricain qui a fui les rebelles Seleka dans son pays, il a traversé le fleuve Oubangui et s'est réfugié à Zongo dans la province de l’Équateur au Nord-Ouest de la République démocratique du Congo, avec toute sa famille. Pour mieux brouiller les pistes, certaines sources parlent de Gemena, d'autres de Mbandaka toujours dans l’Équateur. Pour bien enfoncer Jean-Pierre Bemba à la CPI, Joseph Kabila s'était ligué à François Bozizé. Des faux preuves ont été fabriqués, des faux témoins sont même passés à la barre de la Cour Pénale International pour mieux enfoncer le leader du MLC dont les soldats invités par Ange-Felix Patassé étaient sous commandement du pouvoir centrafricain. Patassé n'a jamais été inquiété par CPI, ni même interrogé jusqu'à sa mort mort le 5 avril 2011 à Douala au Cameroun.

François Bozizé, le dictateur fuyard de la Centrafrique

Jean-Pierre Bemba à la CPI

François Bozizé rebelle est devenu président autoproclamé de la République centrafricaine prenant les institutions en otage, trichant les élections pour se maintenir par la force. 10 ans d'une dictature dont les centrafricains pouvaient s'épargner, Bozizé a fui comme un bandit de grand chemin abandonnant tout sauf sa famille. Et le pouvoir usurpateur de la République démocratique du Congo couvre ses crimes, les Joséphistes ont même tenté de faire diversion en disant que François Bozizé n'est pas au Congo. Les dictatures se tiennent toutes par la barbichette. Après avoir commis des crimes odieux contre son propre peuple, Bozizé se pavane déjà en Équateur. Avec la complicité de Joseph Kabila et son régime le Congo malgré ses multiples fausses rébellions des tutsi rwandais, va devenir la base arrière de Bozizé pour revenir au pouvoir chez lui.

Le coup d’Etat du général Bozizé s’est fait en deux temps, à savoir la tentative échouée du 25 octobre 2002 et la prise du pouvoir le 15 mars 2003.

La première tentative a été marquée par deux faits majeurs, notamment la prise surprise de tous les quartiers nord de Bangui jusqu’au rond point du 4ème arrondissement et la prise d’un otage, non des moindres en l’occurrence Prosper Ndouba, conseiller spécial et porte-parole du président de l’époque. C’est à ce titre que la défense de Jean-Pierre Bemba a trouvé nécessaire l’audition d'un témoin victime. Notons qu’aussitôt libéré du rapt qui a duré trente-huit jours, Prosper Ndouba a publié en janvier 2006 chez l’Harmattan à Paris, un livre intitulé « L’otage du général centrafricain François Bozizé. Dans ce livre, l’ancien captif relate sa propre mésaventure ainsi que les scènes odieux d’exactions, de tortures, de crimes de guerre perpétrés par la rébellion bigarrée de Bozizé composée aussi bien de centrafricains que de mercenaires tchadiens recrutés pour la cause.

Du 14 au 18 septembre dernier à la Haye, Prosper Ndouba a axé son témoignage sur les mêmes faits relatés dans son livre. Selon lui, la seule alternative pour aider la Cour pénal internationale a faire la lumière dans le procès bemba est d’auditionner aussi le général Bozizé. L’ancien président Patassé au soin duquel les miliciens du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba Gombo ont traversé le fleuve Oubangui à la rescousse du pouvoir à l’époque menacé, n’étant plus de ce monde, il va falloir que Bozizé par qui est venu la menace devrait être auditionné.

Evidemment, la marche sur Bangui en son temps n’avait pas été aussi propre que cela. La bande des Zakawa recrutés au Tchad par Bozizé se sont livrés, à des pires exactions sur les populations civiles qu’ils rencontrent sur leur chemin. Village saccagés et pillés, viols meurtres…on jalonné leur parcours.

En sus de ces crimes, il y a les cas de violations des droits de l’hommes, des arrestations arbitraires et d’exécutions extrajudiciaires perpétrés à partir de 2005 dans le nord-ouest et attribués au capitaine Eugène Ngaïkosset alias « le boucher de Paoua » qui ont fait l’objet de nombreux rapports accablants des organisations nationales et internationales.

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samedi 23 mars 2013

Inculpation de Sarkozy: les acteurs de l'Affaire Bettencourt

Nicolas Sarkozy sortant du Palais de Justice de Bordeaux après son inculpation par le juge Jean Michel Gentil

LILIANE BETTENCOURT : la milliardaire au centre de l’affaire. L’héritière de L’Oréal, 90 ans, est depuis octobre 2011 placée sous la tutelle de son petit-fils Jean-Victor Meyers. Sur la foi d’une expertise, le juge Gentil fait remonter sa « démence mixte » au mois de septembre 2006. Conséquence : tous les actes accomplis par elle ou en son nom depuis cette date sont susceptibles de s’apparenter à des abus de faiblesse, y compris les retraits d’espèces qui, selon sa comptable, auraient été effectués, en février et avril 2007, au profit d’Eric Woerth.

CLAIRE THIBOUT : comptable et témoin clé. L’ex-comptable de la « maison Bettencourt » est à l’origine des soupçons de financement illicite de la campagne de Nicolas Sarkozy. Elle affirme qu’Eric Woerth, alors président de l’Association de financement pour la campagne de Nicolas Sarkozy, était le destinataire de certains retraits d’espèces effectués en février et avril 2007 à la demande de Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de la milliardaire. Le juge Gentil en a fait son témoin clé.

PATRICE DE MAISTRE : un conseiller financier au cœur des soupçons. L’ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt est mis en examen notamment pour « abus de faiblesse », « complicité d’abus de confiance et d’escroquerie aggravés » et « trafic d’influence actif », il est le seul à avoir effectué de la détention provisoire. S’il reconnaît avoir ordonné à la demande de Liliane Bettencourt le retrait de 4 M€ entre 2007 et 2009, il a toujours nié la moindre remise d’argent à Eric Woerth.

ÉRIC WOERTH : l’ex-ministre déjà mis en examen. « Je n’ai jamais reçu d’argent de Patrice de Maistre », affirme l’ancien président de l’Association de financement pour la campagne de Nicolas Sarkozy. Mis en examen notamment pour « trafic d’influence », l’ancien ministre du Budget connaît bien de Maistre, qu’il a lui-même décoré de la Légion d’honneur en 2008. Quelques mois auparavant, ce dernier avait embauché l’épouse du ministre du Budget au sein de sa société. Durant la campagne, les deux hommes ont eu rendez-vous les 19 janvier et 7 février 2007. LP/MATTHIEU DE MARTIGNAC

FRANÇOIS-MARIE BANIER : auteur d’un journal embarrassant. Ce photographe de 65 ans, intime de la maison Bettencourt, a été mis en examen pour « abus de faiblesse ». S’il affirme n’avoir jamais croisé Sarkozy chez les Bettencourt, il note cependant, dans son journal du 27 avril 2007, que son amie Liliane aurait accepté de donner de l’argent au candidat. Interrogé sur cette note par le juge, Banier en atténue la portée. Il devait s’agir d’un financement « officiel », croit-il se souvenir. LP/OLIVIER LEJEUNE

PASCAL BONNEFOY : il a « vu » l’ex- président chez les Bettencourt. Auteur des écoutes clandestines réalisées, de mai 2009 à mai 2010, au domicile des Bettencourt, ce majordome de 49 ans a été mis en examen pour « atteinte à l’intimité de la vie privée ». Si Nicolas Sarkozy ne figure pas sur les enregistrements, le majordome est formel : il a « vu » l’ex-chef de l’Etat au domicile des Bettencourt.

NICOLAS SARKOZY : l'ex-président mis en examen. Placé sous le statut de témoin assisté depuis le 22 novembre 2012, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, est finalement mis en examen pour abus de faiblesse le 21 mars.

La mise en examen jeudi à Bordeaux de Nicolas Sarkozy pour abus de faiblesse porte désormais à 17 le nombre de personnes mises en examen, à des titres variés, dans l'affaire Bettencourt depuis le 14 décembre 2011.

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Nicolas Sarkozy inculpé : le juge Jean-Michel Gentil, une main de fer dans un gant de… fer

De lui, on ne trouve qu'une ou deux photos. Jean-Michel Gentil n'est rien moins qu'un magistrat médiatique. Avec la mise en examen d'un ex-chef d'Etat à son actif, jeudi 21 mars, le juge d'instruction en charge du dossier Bettencourt se retrouve au centre de toutes les attentions. Le juge d'instruction qui a mis en examen Nicolas Sarkozy se distingue par son goût du secret et ses méthodes musclées. Fuyant comme la peste photographes et journalistes, il continue toutefois à se distinguer par son goût du secret. "Jusqu'à la paranoia", pointent certains avocats intervenant dans des dossiers qu'il a instruits. "Il est très secret, c'est vrai", reconnaît le procureur de Marseille Jacques Dallest, avec qui il a travaillé quand les deux hommes étaient en poste en Corse. "Il a pris le pli de la distance qu'implique sa fonction", estime celui qui voit en lui "le juge d'instruction par excellence".


Sarkozy mis en examen pour "abus de faiblesse... par BFMTV

Le juge Jean-Michel Gentil a mis Nicolas Sarkozy en examen.(PATRICK BERNARD/AFP)

C'est à ce poste que Jean-Michel Gentil a en effet effectué toute sa carrière : à 52 ans, il n'a jamais exercé d'autres fonctions au sein de la magistrature. Au fil de cette longue expérience débutée à Dunkerque, il se forge une réputation d'intransigeance – de "cow boy", rectifient ses adversaires. A Nanterre dans les années 1990, le juge n'hésite pas à s'attaquer à des policiers dans une affaire de proxénétisme. Au début des années 2000, nommé à Ajaccio, il met en examen le ténor local Antoine Sollacaro, assassiné en octobre, pour violation du secret de l'instruction.

Menottes et détention provisoire

Quand il reprend le dossier Bettencourt, dépaysé à Bordeaux fin 2010, avec ses collègues Cécile Ramonatxo et Valérie Noël, le magistrat met en œuvre les mêmes méthodes musclées. En décembre 2011, il impose deux nuits à la prison de la Santé et un vol Paris-Bordeaux menottes aux poings au photographe François-Marie Banier avant de l'entendre. En mars 2012, il place en détention provisoire Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, pendant près de trois mois.

Pour le moins inhabituel dans les dossiers politico-financiers. Choquant, pour les avocats qui interviennent en défense dans le dossier. "Jean-Michel Gentil instruit uniquement à charge", dénonce l'un d'eux. "C'est ce qu'on dit toujours d'un juge pugnace", note Jacques Dallest. "Il est très imprégné de sa fonction : chercher la vérité", selon l'avocat Léon Lef Forster, qui le connaît depuis de nombreuses années.

"Travailleur, serein, méthodique", "solide sur la procédure", "qui sait ne pas manquer d'humour" en privé, mais aussi "colérique", "hautain", "ayant pris la grosse tête" : sa personnalité suscite des réactions contrastées, jusque dans les couloirs du Palais de justice de Bordeaux.

Sans étiquette

Partisans comme détracteurs s'accordent à lui reconnaître une qualité : son indépendance vis-à-vis des cercles du pouvoir. S'il vient de mettre en examen un ancien président de droite, il n'a pas épargné la gauche par le passé. "C'est un homme qui s'est toujours battu pour que les juges aient une garantie d'indépendance", loue Léon Lef Forster.

Président de l'Association française des magistrats instructeurs (AFMI) à la fin des années 1990, Jean-Michel Gentil ferraille aux côtés de l'avocat contre le projet de réforme d'Elisabeth Guigou, garde des Sceaux du gouvernement Jospin, sur la présomption d'innocence. En septembre 2011, en pleine campagne pour la primaire socialiste, c'est à l'encontre de Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche et candidat, qu'il signe une ordonnance de renvoi en correctionnelle pour "prise illégale d'intérêt".

Sans étiquette politique donc. Une caractéristique tranchant singulièrement avec Philippe Courroye, qui dirigeait l'enquête sur le dossier Bettencourt avant lui.

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Brigitte Ayrault, francophile et militante de la francophonie

Présente mais très discrète, Madame Brigitte Ayrault a assisté au premier forum mondial des femmes francophones, le 20 mars 2013 au musée du Quai Branly à Paris. Difficile dès le premier abord de savoir qu'elle est l'épouse de Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre de la République française. Trois femmes la sépare de Yamina Benguigui, la ministre de la francophonie au premier rang. Pas non plus une sécurité envahissante et ultra-visible. Madame Brigitte Ayrault écoute les femmes francophones qui se relaient à la tribune. Elles sont militantes, spécialités de terrain, percutantes dans leurs propos sur les droits des femmes dans l'aire francophone. Elle prend tranquillement ses notes. Personne ne peut s'imaginer que la veille, cette femme qui affiche la simplicité, était à Rome reçue en compagnie de son mari par le pape François après la messe de son intronisation. Et qu'il y a quelques jours elle était au Canada, toujours accompagnant son mari qui est le Premier ministre de la République.

Paris, mercredi 20 mars 2013, Madame Brigitte Ayrault, l'épouse du Premier ministre Jean-Marc Ayraut a assisté au forum Mondial des femmes francophones au Musée du Quai Branly. Photo Réveil FM

Je me souviens encore comme si c'était hier, après l'inauguration du tram de Casablanca par le Roi Mohamed VI et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la conférence avec les hommes d'affaires franco-marocaines, nous prenons la route direction Rabat. L'équipe de presse de Matignon a reçu à arracher un off pour les journalistes avec le Premier ministre. Il est 23h passé lorsque Jean-Marc Ayraut accompagné de son épouse, ils entrent dans le salon réservé aux journalistes. Comme à l'accoutumée, le Premier ministre ne s'emporte pas, il garde toujours son calme mais les questions fusent: Quand parlerez-vous des droits de l'homme au Maroc ? C'est quoi la colocalisation ? etc...Je tourne mon regard vers la gauche, Madame Ayrault est là présente mais garde un silence olympien. Je ressens qu'elle soutient par et dans le silence.

Madame Maïga Hadizatou Hamzatou, enseignante à Gao au Mali qui a fait un témoignage émouvant. Photo Réveil FM

Des femmes francophones lors du forum mondial. Photo Réveil FM

Madame Ndioro Ndiaye, Madame Aïche Bah Diallo, Madame Zohra Ben Lakhdar et Madame Michel-Ange Dagrain interviennent sur sur la deuxième table ronde: Comment mieux assurer l'éducation des filles et des femmes, de l'alphabétisation à l'enseignement supérieur ? Photo Réveil FM

Je crois que c'est le même type de soutien que Madame Brigitte Ayrault a tenu à apporter aux 400 femmes de l'espace francophone présentes au musée du Quai d'Orsay: celles qui se battent l'excision, celles qui sont veuves et n'ont aucun droit, celles qui ont étudié mais ne gagnent pas pareil que leurs collègues hommes, celles qui n'ont pas été à l'école, celles qui sont victimes de viol comme arme de guerre, celles qui sont battues, celles qui en politique mais sont marginalisées, celles qui ont été victimes de toutes formes d'atrocités...

Madame Brigitte Ayrault et Freddy Mulongo à l'Elysée. Photo réveil FM

Dr. Aurore kinduelo, Madame Brigitte Ayrault, Freddy Mulongo et Hervé Kashama à l'Elysée. Photo Réveil FM

Elles sont militantes, étudiantes, professeures, politiques issues des 77 pays de l’espace francophone. Toutes militent dans leurs pays respectifs pour la défense des droits des femmes et se sont réunies, mercredi 20 mars, à l’occasion du premier forum de la femme francophone.Le 20 mars s’est déroulé le premier Forum mondial des femmes francophones à Paris. 400 invitées originaires de 77 pays y ont porté la parole des 120 millions de femmes francophones.

Le mercredi dernier s’est tenu le premier Forum mondial des femmes francophones au musée du Quai Branly. Parlementaires, personnalités politiques, ambassadeurs et militantes de la société civile se sont réunis pour échanger et proposer des axes de travail afin de promouvoir et protéger les droits des femmes dans le monde. Le rendez-vous, organisé par la ministre déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, a été ponctué par les interventions de Michelle Bachelet, directrice de l’ONU femmes, Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, et Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO. Intervenants et participants ont échangé leurs idées et expériences à l’occasion de débats portant sur les questions d’emploi, de santé, d’accès à l’éducation et à la culture.

« Sans la protection des femmes, il n’y a pas de développement possible »

Yamina Benguigui a ouvert la journée en pointant du doigt les atrocités commises envers les filles et les femmes dans certaines régions du monde, comme dans l’Est de la République Démocratique du Congo, où le viol est devenu une arme de destruction massive et les femmes des butins de guerre. « J’ai décidé de mettre au cœur de mon ministère la lutte pour les droits des femmes francophones et de militer pour que la société civile s’investisse dans la défense de vos droits. » a-t-elle déclaré. Elle a également souligné les menaces constantes qui pèsent sur les acquis, et le risque permanent de retour en arrière : exactions, violences de toutes sortes, absence de protection juridique ou sanitaire et exclusion du système scolaire sont autant de fléaux contre lesquels il faut lutter. « C’est bien dans l’espace francophone, c’est bien en langue française, la langue des droits de l’Homme, que cette tragédie se déroule », a rappelé la ministre, rajoutant que « sans la protection des femmes, il n’y a pas de développement possible ».

Le regard tourné vers l’Afrique

Les préoccupations s’orientent aujourd’hui vers les pays et les peuples qui se sont soulevés lors des « printemps arabes », en particulier la Libye, où les femmes sont encore meurtries par le souvenir vivace du colonel Kadhafi, et la Tunisie qui, dès le lendemain de la révolution, a retiré des droits acquis aux femmes lors de l’élaboration de la nouvelle Constitution. Yamina Benguigui a dénoncé le « sournois glissement sémantique » qu’a constitué la substitution du mot « complémentarité » au mot « égalité » femmes-hommes.

Le président de la République François Hollande a clôturé la journée par un discours prononcé à l'Élysée. Il a également fait référence à l’enjeu de la protection des droits des femmes en Tunisie, en Égypte, en Syrie, mais aussi au Mali : « Je pense aux femmes qui sont l’objet des conflits eux-mêmes, a-t-il déclaré. Si nous sommes au Mali, c’est parce que la cause des femmes vaut aussi que nous déployions nos armées pour les défendre. » Le président a affirmé sa volonté de faire des droits des femmes une grande cause de la francophonie, en annonçant notamment un plan d’action francophone sur les violences faites aux femmes.

Il n’a pas manqué de rappeler sur le ton de l’humour que le gouvernement français était désormais majoritairement féminin (19 femmes et 18 hommes), suite à la démission de Jérôme Cahuzac de son poste de ministre délégué Budget, qui n’a pas été remplacé numériquement. La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem avait déjà réagi sur ce sujet le matin même lors du compte-rendu du Conseil des ministres. En réponse à une question un tantinet ironique d’un journaliste sur cette nouvelle composition du gouvernement, elle a rappelé avec fermeté qu’il ne fallait pas « caricaturer l’enjeu de la parité ». Une manière de couper l’herbe sous le pied de tous ceux qui tendent à penser que la parité est désormais réelle, et qu’il est temps de passer à un autre sujet. La majorité de femmes au gouvernement est un signal positif, mais ne rend certainement pas caduque le combat pour l’égalité, bien au contraire.

« 650 000 femmes dans le monde font l’objet d’un trafic »

Lors de son intervention, Najat Vallaud-Belkacem a détaillé quelques chiffres sur la question des violences, rappelant notamment que chez les femmes âgées de 15 à 44 ans, elles causent plus de décès et de handicaps que le cancer, le paludisme, les accidents de la circulation et les guerres réunis : « On estime à 650 000 le nombre de femmes à travers le monde qui font l’objet d’un trafic chaque année, a-t-elle expliqué. Dans 80% des cas, il s’agit d’une traite pour exploitation sexuelle. » On dénombre aujourd’hui 100 à 140 millions de filles et de femmes dans le monde ayant subi des mutilations génitales. En réaction à ces chiffres alarmants, la ministre des Droits des femmes a formulé le vœu que « nous ne cessions plus de conjuguer ensemble les droits de l’homme au féminin. »

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vendredi 22 mars 2013

Nicolas Sarkozy mis en examen : ce qu'il risque

L'ancien président, soupçonné d'avoir profité des largesses de Liliane Bettencourt pour financer sa campagne de 2007, a été mis en examen jeudi pour abus de faiblesse.

L'ancien président Nicolas Sarkozy a été mis en examen jeudi 21 mars pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt.

Nicolas Sarkozy a-t-il oui ou non profité de la faiblesse de Liliane Bettencourt en lui demandant de l'aider à financer sa campagne électorale de 2007 ? Le juge bordelais Jean-Michel Gentil, en charge du tentaculaire dossier Bettencourt, veut en avoir le coeur net. Quatre mois après avoir été placé sous le statut de "témoin assisté", il a en effet mis en examen Nicolas Sarkozy pour "abus de faiblesse" à l'encontre de la milliardaire, pour des faits supposément intervenus "en février 2007 et courant 2007".

Qu'est-ce qu'un abus de faiblesse et que risque Nicolas Sarkozy ?

Le code pénal définit "l'abus de faiblesse" comme "un abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse (...) d'une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de son auteur".

En effet, pour que l'infraction soit constituée, l'auteur de l'abus de faiblesse doit avoir conscience de l'état de faiblesse de la personne sur lequel il l'exerce. Sarkozy était-il conscient de l'état de faiblesse de la milliardaire, quand il est venu lui rendre visite ? "Quand je la vois, je n'aperçois aucun signe apparent de cela. Elle est bien habillée, elle ne bégaie pas. Elle ne dit aucune invraisemblance" assurait-il au juge en novembre. Pouvait-il l'ignorer ? Disposait-il d'autres éléments lui permettant d'en savoir plus sur son état de santé ?

L'auteur d'un abus de faiblesse encourt une peine de 3 ans de prison et 375.000 euros d'amende. Elle peut être assortie d'une peine complémentaire d'interdiction de droits civiques, civils, et de famille de 5 ans. D'où une inéligibilité du même temps.

Nicolas Sarkozy risque-t-il un renvoi en correctionnelle ?

La mise en examen de Nicolas Sarkzoy va-t-elle se traduire par un renvoi en correctionnelle ? On l'ignore. Au vu de la suite de la procédure, Nicolas Sarkozy pourrait théoriquement être replacé sous le statut de témoin assisté, bénéficier d'un non-lieu, ou être renvoyé en correctionnelle. Son avocat Thierry Herzog, qui estime cette mise en examen "incohérente sur le plan juridique et injuste", a d'ores et déjà annoncé qu'il allait déposer un recours en nullité, "notamment" de la mise en examen. Enfin, comme a tenu à le rappeler le communiqué du tribunal de Bordeaux, Nicolas Sarkozy, comme toute personne mise en examen, "bénéficie de la présomption d'innocence".

Que reproche-t-on précisément à Nicolas Sarkozy ?

L'ancien président est soupçonné d'avoir soutiré de l'argent à Liliane Bettencourt pour financer sa campagne, alors que l'héritière de L'Oréal ne disposait déjà plus de toutes ses facultés – le début de son affaiblissement mental remontant, selon les experts, à septembre 2006. D'où sa position de "faiblesse".

Des soupçons nés en juin 2010 avec la divulgation des enregistrements du majordome Pascal Bonnefoy, puis en juillet 2010 avec les déclarations de l'ex-comptable de la milliardaire Claire Thibout. Elle affirmait avoir remis 50.000 euros à l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, qui devait les transmettre à Eric Woerth, trésorier de campagne de Sarkozy. Elle avait, disait-elle, refusé de lui donner plus, mais avait assuré s'être vue demander 150.000 euros. Toujours selon ses dires, Patrice de Maistre aurait alors transmis le reste depuis des comptes suisses des Bettencourt.

Par ailleurs, en 2007, deux retraits en espèces de 400.000 euros ont notamment été effectués sur les comptes suisses des Bettencourt par Patrice de Maistre, qui a rencontré Eric Woerth à la même période. Une période durant laquelle Nicolas Sarkozy se serait rendu à plusieurs reprises chez les Bettencourt, selon des notes d'agendas et les déclarations de certains proches et membres du personnel de la milliardaire.

Que dit Sarkozy et que change cette nouvelle confrontation ?

Plusieurs visites de Sarkozy chez les Bettencourt en 2007 ? L'ancien président a toujours démenti : il ne s'y est rendu qu'une fois pendant sa campagne, en février 2007. Il dit y avoir rencontré André Bettencourt lors d'une simple visite de courtoisie. "Les Bettencourt ne m'ont jamais donné un sou et je ne leur en ai jamais demandé" a par ailleurs déclaré l'ancien président, selon "Sud-Ouest", à l'issue de son audition de novembre.

Qu'ont déclaré les membres et anciens membres du personnel de Liliane Bettencourt, jeudi, lors de leur confrontation avec l'ancien président ?

Ces dernières semaines, le juge avait multiplié leurs auditions, tentant d'y voir clair : certains avaient dit avoir vu Sarkozy au moins deux fois chez les Bettencourt pendant la campagne, d'autres précisaient qu'il avait alors rencontré leur patronne, d'autres encore affirmaient qu'ils ne l'avaient pas vu.

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Inculpé, Nicolas Sarkozy contre-attaque

L'ex-président de la République a mis en cause la justice française qui lui a infligé «un traitement scandaleux». Au lendemain de son inculpation pour abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt, l'ex-président français Nicolas Sarkozy, soutenu par son camp, a contre-attaqué.

Nicolas Sarkozy

L'ancien président (2007-2012) «a considéré que le traitement qui lui était infligé» par la justice «était scandaleux», a dit sur la radio RTL son avocat Me Thierry Herzog, s'interrogeant sur l'impartialité du juge Jean-Michel Gentil qui mène l'instruction à Bordeaux (sud-ouest).

Nicolas Sarkozy a été inculpé pour abus de faiblesse à l'encontre de l'héritière de l'Oréal au terme de cinq ans de procédure ayant troublé sa présidence et alors qu'il n'excluait plus un retour en politique.

«Un coup de tonnerre», jugeait l'ensemble de la presse française vendredi pour qui cette mesure fragilise cet éventuel retour. L'avocat de Nicolas Sarkozy va demander l'annulation de cette mesure devant la cour d'appel de Bordeaux.

150 000 euros

Après plusieurs heures de confrontation jeudi avec des membres du personnel de Liliane Bettencourt, Nicolas Sarkozy s'est vu notifier une inculpation «du chef d'abus de faiblesse commis en février 2007 et courant 2007 au préjudice de Liliane Bettencourt», selon le parquet de Bordeaux.

L'affaire a été déclenchée en juillet 2010 par l'ex-comptable des Bettencourt, qui avait alors déclaré à la police s'être vu réclamer 150 000 euros en liquide par leur ancien homme de confiance, Patrice de Maistre, début 2007. Celui-ci lui avait assuré, selon la comptable, vouloir les donner à l'ancien ministre Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Des membres de l'entourage de la milliardaire ont déclaré avoir vu Nicolas Sarkozy plusieurs fois pendant cette période.

Les juges cherchent à établir si Nicolas Sarkozy a commis un abus de faiblesse aux dépens de Liliane Bettencourt, alors âgée de 84 ans, en lui demandant de l'argent pour financer sa campagne.

Critique lancée par Fillon

Le délit de financement illégal est prescrit au bout de trois ans, mais pas celui d'abus de faiblesse, puni jusqu'à trois ans de prison et 375 000 euros d'amende.

Me Herzog a réaffirmé avec force que Nicolas Sarkozy ne s'était rendu qu'une fois pendant sa campagne, le 24 février 2007, au domicile des Bettencourt, pour y rencontrer brièvement André Bettencourt, le mari de Liliane décédé en novembre de la même année.

A l'unisson, la droite dénonçait vendredi «un acharnement des juges». L'ancien Premier ministre François Fillon a qualifié cette inculpation «aussi injuste qu'extravagante». Et le président de l'UMP Jean-François Copé a dit ne pas comprendre les motivations de l'inculpation.

Sarkozy plébiscité

Ces attaques contre la justice ont été jugées «insupportables» par le numéro un du Parti socialiste Harlem Désir. Il a mis en garde la droite contre toute «pression» alors que la ministre du logement, l'écologiste Cécile Duflot, a estimé cette inculpation «normale».

La droite se relève cahin-caha de la crise qui a failli la briser en deux cet hiver, sans faire émerger, pour le moment du moins, une personnalité incontestable en vue de la prochaine présidentielle, en 2017.

Dans ce contexte, les sympathisants de droite continuent de plébisciter Nicolas Sarkozy, qui reste, de sondage en sondage et dix mois après sa défaite face à François Hollande, leur champion incontesté.

Autres affaires évoquées

Mais le calendrier judiciaire est loin de coller au calendrier politique.

Outre le dossier Bettencourt, Nicolas Sarkozy est menacé par deux autres procédures judiciaires susceptibles de viser ses proches, même s'il semble protégé par son statut d'ancien ministre et d'ex-chef de l'Etat.

Une enquête préliminaire a été ouverte sur des sondages d'opinion commandés par l'Elysée sous sa présidence pour un total de 9,4 millions d'euros. Et l'affaire Karachi concerne des soupçons de corruption en marge de contrats d'armement et de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était porte-parole.

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Paris, le CIDAL a fêté ses 20 ans !

Le Centre d’information et de documentation de l’ambassade d’Allemagne (CIDAL) a fêté son 20e anniversaire, dans le Quartier latin, au 31 rue Condé dans le 6è arrondissement de Paris. Le CIDAL a pour voisin, le Sénat, le jardin de Luxembourg et la Sorbonne. Depuis 2010, le CIDAL a quitté ses locaux de la rue Marbeau dans le 16è arrondissement de Paris, pour s' intégrer dans un paysage plus prestigieux que celui du quartier latin, au cœur du monde universitaire. Dans une ambiance détendue, l’ambassadeur d’Allemagne en France, Mme Susanne Wasum-Rainer, a loué « une institution jeune, plein de peps, moderne » qui joue un rôle précieux pour approfondir la compréhension et l’amitié entre Français et Allemands.

Madame Susanne Wasum-Rainer, ambassadrice de la République Fédérale d'Allemagne en France.

5 ans déjà, en effet en janvier 2009 je rencontrais au cours d'une réception à Paris, madame Foistner qui étais alors la Directrice du CIDAL, après plusieurs rencontres de travail avec Matthias Koch, deuxième Secrétaire du CIDAL, nous étions arrivés à mettre en place un partenariat journalistes africains de Paris et le CIDAL. Et le 19 février 2009, le CIDAL organisait une grande réception pour les journalistes africains. Ma liste proposée était longue, une vingtaine de journalistes avaient répondu présent : De Jeune Afrique, Afrique Rédaction, Imagazine, Fréquence Paris Pluriel en passant par la Radio Mangembo jusqu'à Maison des journalistes. J'obtins auprès du CIDAL que les journalistes africains soient invités à Berlin en 2010 pour les fêtes de cinquantenaire de l'indépendance de la majorité des pays africains. Après avoir bien boutiqué le projet, le bébé fut donné James Ngumbu, le Secrétaire Générale de l'Association de la Presse panafricaine (APPA). Le Ministère des Affaires Étrangères de l'Allemagne invita une dizaine de journalistes à Berlin et une autre dizaine alla à Bonn.

19 février 2019, une vingtaine de journalistes africains reçus à un déjeuner de travail au CIDAL, rue Marbeau dans le 16è arrondissement de Paris.

En 20 ans, le CIDAL a beaucoup vu le monde changer. Il était né d’une initiative du ministre allemand Hans-Dietrich Genscher au lendemain de l’unification allemande. Il avait ouvert ses portes au public, le 11 mars 1993, avec pour toute équipement ou presque, un téléphone... Mais la multiplication des moyens de communication a tout révolutionné, a souligné l’ambassadeur, Mme Wasum-Rainer.

Jeudi 21 mars 2013, au soir, une soixantaine d’invités étaient présents pour la fête du 20è anniversaire du CIDAL. Des personnalités officielles tel que Sebastian Groth, conseiller technique Affaires diplomatiques et relations franco-allemandes auprès du Premier ministre. Des représentants d’autres institutions allemandes ou franco-allemandes. Des partenaires, dont la présence reflétait la multiplicité et la diversité des projets lancés ces dernières années par le CIDAL.

Des journalistes étaient présents: James Ngumbu, Panafrica et Secrétaire Général de l'APPA, Lilo Miango, Ngambo Na Ngambo, Eric traoré de la Côte d'Ivoire, Kébir Mohamed Ahmed du Tchad et Freddy Mulongo pour Réveil FM International.

Madame Susanne Wasum-Rainer, ambassadrice de la République Fédérale d'Allemagne en France et des journalistes: Kebir Mohamed, James Ngumbu, Lilo Miango, Eric Traoré et Freddy Mulongo

Madame Susanne Wasum-Rainer, ambassadrice de la République Fédérale d'Allemagne en France entourée de l'équipe toute féminine du CIDAL

Madame Susanne Wasum-Rainer, la directrice du CIDAL et James Ngumbu

Freddy Mulongo et les 20 ans du CIDAL

Freddy Mulongo devant le tableau d'exposition du CIDAL

Freddy Mulongo et Heike Buhler du CIDAL

Freddy Mulongo, Stefanie Hallmann, la directrice du CIDAL et Eric Traoré

Le Centre d'Information et de Documentation de l'Ambassade d'Allemagne (CIDAL) fait partie du service de presse de l'Ambassade d'Allemagne à Paris. Il informe le public français et francophone sur l'Allemagne contemporaine, sur les relations franco-allemandes et germano-africaines. Le CIDAL propose des informations actuelles sur l'Allemagne dans les domaines suivants : la politique, l'économie, la culture, la société, les relations franco-allemandes, l'environnement et les transports.

Il renseigne les particuliers ainsi que les professionnels et les aide à trouver le bon interlocuteur en Allemagne.

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A Ottawa au Canada avec Jean-Marc Ayraut, le Premier ministre de la France !

Membre du Conseil de Sécurité de l'ONU, la France est un grand pays dans le concert des Nations et une grande puissance. Cela ne veut pas dire que les différentes crises économiques ne la touchent pas, si comme tous les pays mondialisés, sauf que la France a des amortisseurs. Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre de la France est légitime. Il parle au nom de la France, il la représente aux pays étrangers. Dans les voyages officielles, j'ai observé et remarqué que le Premier ministre est toujours accueilli avec beaucoup d'honneurs dû à son rang et c'est la France que l'on respecte à travers Jean-Marc Ayrault. Les liens historiques qui unissent la France au Canada, un autre grand pays, ont été plus que visibles. Comme promis, nous vous relaterons tout ce que nous avons vu et vécu, nous sommes aussi conscient que le temps nous file entre les doigts et qu'une information chasse une autre. Mais comme Réveil-FM International n'est pas un média marchand et tient à sa ligne éditoriale alternative, le reportage sur le Canada sera fait. Le mercredi 13 mars 2013, nous avions décollé en retard à cause de la neige qui avait paralysé la France la veille.

L'Airbus A310 de la République française givré à Roissy-Charles-de-Gaulle. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo serein à Roissy-Charles-de-Gaulle malgré le froid qui a paralysé la France le 12 mars 2013. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo. Photo Réveil FM

L'avion d'Air France qui passe au dégivrage avant le décollage ! Photo Réveil FM

Dans l'aéronautique, le dégivrage consiste à retirer la glace et le givre accumulés sur les avions et l'anti-givrage s'attache à éviter la formation de glace nouvelle. Le dégivrage peut être obtenu par des méthodes mécaniques comme le simple grattage ; par application de chaleur ; par l'utilisation de produits chimiques liquides ou secs conçus pour abaisser le point de congélation de l'eau (différents sels ou saumures, alcool, glycol etc.) ou bien encore par combinaison de ces techniques. L'anti-givrage est effectué par application d'une couche de protection à l'aide de fluides anti-glace.

40 minutes du dégivrage de l'avion. Photo Réveil FM

Au sol, en cas de conditions de gel et de précipitations, le dégivrage des appareils est crucial. Les particules de glace et/ou de givre peuvent en effet paralyser les surfaces de contrôle (volets, ailerons...) ou les rendre inégales, perturbant ainsi les flux d'air et dégradant fortement la capacité de l'aile à générer la portance et augmenter la traînée, pouvant aller jusqu'à provoquer un crash. De plus si des morceaux de glaces suffisamment importants viennent à se détacher alors que l'appareil est en mouvement, ceux-ci peuvent être ingérés par les moteurs ou frapper les hélices causant une panne majeure. Enfin la glace peut également empêcher l'appareil de se déplacer correctement au sol. Ce sont à cause de ces graves conséquences potentielles que le dégivrage doit être opéré au niveau du sol là où les températures sont les plus proches de 0 °C. Ces techniques de dégivrage sont également employées afin de s'assurer que les entrées d'air des moteurs et les différents capteurs externes restent libres de glace ou de neige.

Freddy Mulongo dans l'Airbus A310. Photo Réveil FM

C'est ici l'occasion de rendre un hommage appuyé à toute l'équipage de l'Airbus A310 qui nous a amené au Canada et nous a ramené à Paris pour le voyage officielle du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le chef de camp du Premier ministre toujours attentionné et disponible, le commandant Eric Herbaud qui a piloté l'avion dont la voix au microphone était toujours apaisant et rassurant ! Quand aux hôtesses, ils servent la République ! Ils étaient tellement sympa, qu'ils ont aidé à recharger en plein vol nos batteries pour les caméras, ils n'étaient pas obligés de le faire.

L'équipage sympa de l'Airbus A310 du voyage officielle du Premier ministre au Canada. Photo Réveil FM

Arrivée sous la neige à Ottawa au Canada. Photo Réveil FM

Des journalistes venant de Paris quittent l'avion. Photo Réveil FM

Vue partielle du cortège canadien pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

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jeudi 21 mars 2013

Joseph Kabila le planqué de Kingakati et ses gilets pare-balles en Kevlar !

La légitimité vient du peuple et rien que du peuple. Diriger un pays par défi sans aucune légitime est le comble Joseph Kabila. Son second hold-up électoral du 28 novembre 2011, pousse le planqué de Kingakati de s'isoler encore davantage. Le mal élu se maintient par la force en prenant toutes les institutions républicaines congolaises en otage. Tout est à son service: la banque centrale, la justice, les services de sécurité, la presse coupagiste...Mais au fait, de qui et de quoi Joseph Kabila le planqué de Kingakati qui trône abusivement à la tête de la République démocratiquement du Congo a-t-il peur ? Depuis un certain temps, lorsqu'il sort de sa tanière Joseph Kabila apparait gonfler par le gilet pare-balles en Kevlar. Heureusement, il n' existe pas de gilet pare balle pour des jambes, comment aurait-il pu continuer à marcher ? Joseph Kabila apparait de plus en plus comme David dans l'armure prêtée par Goliath, le Philistin.

Le jeudi 3 mars 2011, après sa disparition à Kinshasa Joseph Kabila était apparu à Naïrobi au Kenya. Photo Réveil FM, archives

Le gilet anti-balles de Joseph Kabila est plus que visible à Luanda

Ali Bongo et Joseph Kabila, lequel de deux a un gilet pare-balles Kevlar ?

Le gilet Kevlar toujours visible

Un gilet pare-balles est un équipement principalement destiné à protéger le thorax, l'abdomen et le dos contre le tir d'armes à feu en absorbant l'impact. Les gilets sont fabriqués avec des fibres tissées serrées, principalement le Kevlar. Ce type de gilet peut alors protéger celui qui le porte contre les projectiles d'armes de poing et de fusils, ainsi que les shrapnels de certains dispositifs explosifs comme les grenades. On peut glisser des plaques de métal ou de céramique dans des pochettes prévues à cet effet dans le devant et l'arrière des gilets afin de lui permettre d'arrêter des balles de fusil tel le 5,56 mm Otan, mais en augmentant de quelques kilogrammes le poids du gilet.

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Palais de l'Elysée: François Hollande, coqueluche du premier forum des femmes francophones

François Hollande s'est taillé un beau succès mercredi devant le premier Forum mondial des femmes francophones reçu à l'Elysée, en évoquant le gouvernement français, désormais majoritairement féminin après le départ de Jérôme Cahuzac. "Il y a aujourd'hui plus de femmes que d'hommes (...) Mais ce n'était pas le but"

A la fin de son allocution, François Hollande s'est retrouvé subitement entouré de dizaines d'admiratrices venues se faire photographier à ses côtés. Avec son gouvernement paritaire, le président est devenu la star des femmes du forum organisé à l'Elysée.

"Le gouvernement est strictement paritaire", a-t-il déclaré avant de se reprendre sur le ton de la plaisanterie: "Non, il ne l'est plus puisque, hélas, un membre nous a présenté sa démission et que nous ne l'avons pas remplacé" numériquement. Cette situation "fait que dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, il y a aujourd'hui plus de femmes que d'hommes", a enchaîné le président sous les acclamations des participantes au forum. "Mais ce n'était pas le but", a-t-il encore plaisanté sous les rires. A la fin de son allocution, François Hollande s'est retrouvé subitement entouré de dizaines d'admiratrices venues se faire photographier à ses côtés.

La délégation congolaise a parfaitement défendu la cause des femmes violées au Kivu, lors de la réception des participantes au premier Forum mondial des femmes francophones, organisée mercredi 20 mars au Palais de l'Elysée. Plusieurs personnalités congolaises ont participé au premier forum mondial des femmes francophones. Il est bon de rappeler que le mercredi 20 mars, la Francophonie a mis l'accent sur les combats de femmes dans l'espace francophone. 400 d'entre elles, venues de 77 pays, toutes issues de la société civile, se sont retrouvées à Paris au Quai Branly pour parler de leurs expériences, de leurs luttes pour plus d'égalité et pour dire non aux violences qu'elles subissent. Elles ont lancé un appel aux chefs d’État de l'espace francophone pour que "le principe universel des droits des femmes (...) trouve au quotidien sa pleine mise en œuvre".

Freddy Mulongo et Marylin Yav. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo et le Dr. Denis Mukwege qui répare les femmes violées à l'hôpital de Panzi de Bukavu. Photo Réveil FM

L'idée du Forum est "née de la colère et de l'indignation" de Mme Benguigui, lors de sa première visite en juillet 2012 dans le Nord Kivu en RDC, où "le viol est devenu une arme de destruction massive" contre des "centaines de milliers de femmes, de fillettes, parfois de moins de deux ans, victimes d'une guerre sans images", a-t-elle dit.

James Ngumbu et le professeur Isidore Ndayiwel é Nziem, Commissaire Général à l’Organisation du Sommet de la Francophonie qui a eu lieu à Kinshasa. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo et le Dr. Aurore Kinduelo. Photo Réveil FM

"Le viol n'est pas une valeur francophone, l'excision n'est pas une valeur francophone, la lapidation n'est pas une valeur francophone", a-t-elle déclaré.

Les femmes congolaises lors du Forum ont dénoncé dans leur majorité : le silence assassin et l'indifférence qui frise la complicité de la communauté internationale" face au drame qui dure depuis plus de 14 ans en République démocratique du Congo car le viol n'est pas un phénomène culturel congolais mais est bien lié à la guerre d'agression et d'occupation dont la RDC est victime. Pour lutter contre le viol utilisé comme arme de guerre contre les femmes, les congolais n'ont pas besoin de plus de lois. En République démocratique du Congo, la loi n'est pas appliquée. C'est l'impunité totale, institutionnelle et structurelle: les seigneurs de guerre, pillards, violeurs, bandits de grand chemin sont encensés et souvent récompensés avec des postes politiques alors qu'il aurait fallu appliquer la force de la loi pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Freddy Mulongo et Christine Boko Botefa

Nicole, Nicole Nzita et James Ngumbu. Photo Réveil FM

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Jean-Marc Ayrault répond: "Je sais où je vais" à la motion de censure de J.F Copé à l'Assemblée !

Le premier ministre a défendu la politique de son gouvernement, mercredi 20 mars, lors du débat sur la motion de censure de l’UMP à l’Assemblée nationale.

Jean-Marc Ayrault a défendu la politique du gouvernement, mercredi 20 mars, lors du débat sur la motion de censure de l’UMP à l’Assemblée nationale.

« Je sais où je vais », a affirmé le chef du gouvernement dans un discours destiné à montrer la « cohérence » de son action depuis mai 2012.

Sur la forme, le ton n’y était pas toujours, bien que plus pugnace, mais sur le fond, Jean-Marc Ayrault y est allé sans détour. En deux anaphores, « Ma rigueur » et « J’assume », le premier ministre a voulu démontrer qu’il était le responsable de la politique économique et sociale du gouvernement, contre laquelle l’UMP a défendu une motion de censure, mercredi 20 mars, à l’Assemblée nationale. Une motion rejetée sans surprise dans la soirée.

Lui à qui on prêtait un manque d’autorité a voulu se poser en patron : « Je sais où je vais. Je sais comment y parvenir et comment faire. Je sais ce que doit être la France à la fin du quinquennat ».

« Héritage d’impuissance et de renoncement »

Dès le matin, en conseil des ministres, le président de la République François Hollande avait indiqué ce qu’il attendait du discours de Jean-Marc Ayrault : « une bonne occasion pour s’adresser aux Français » et « revenir sur le bilan des réformes d’ores et déjà entamées ces derniers mois ». Au lendemain de la démission d’un pilier du gouvernement, Jérôme Cahuzac, et alors que le couple exécutif est au plus bas dans les sondages, la motion de censure soutenue par le président de l’UMP Jean-François Copé est donc tombée à pic pour tenter de combler le déficit d’explication sur la politique menée.

Après le « réquisitoire » de Jean-François Copé, le chef du gouvernement a fait valoir qu’il n’avait « ni le goût ni le temps » à l’« esprit de querelle ». « Le peuple français vous a censurés et il nous a mandatés », a-t-il toutefois lancé à l’adresse des députés de la droite, leur reprochant de ne pas avoir fait « l’inventaire de (leurs) propres échecs », « héritage d’impuissance et de renoncement ». « Vous avez affaibli la France », a-t-il l insisté, reprochant à l’ancien président Nicolas Sarkozy d’avoir dit que « la crise était derrière nous ». « Vous avez déposé le bilan de la France. Et bien nous, nous le redressons ! ».

« Compromis historique »

« Mon modèle à moi, c’est la France. Ma référence, c’est la République », a affirmé Jean-Marc Ayrault, citant encore une fois le « nouveau modèle français », concept qu’il défend depuis le congrès du parti socialiste d’octobre 2012. « Répondre à cette angoisse du déclassement personnel et collectif », « réduire les déficits, rétablir la justice des prélèvements, engager un programme sans précédent d’économies », « la grande bataille de l’emploi » : le premier ministre a rappelé ses objectifs, mais en se défendant de « substituer une austérité de gauche à une austérité de droite ».

« Ma rigueur, c’est d’abord cette détermination réformiste assumée et sans faille », « ma rigueur, c’est la justice sociale », « ma rigueur, c’est la réforme »… Comme il l’avait déjà fait devant les congressistes socialistes à Toulouse, Jean-Marc Ayrault a assumé et revendiqué sa méthode du « compromis » et du dialogue social. « On me dit : c’est trop long ! Eh bien c’est le contraire : on propose, on négocie, on décide ! ». Et il a appelé les Français à un « compromis historique pour vaincre la crise ».

Le premier ministre n’a pas fait d’annonces, même s’il a évoqué « les ordonnances à venir » pour nettoyer l’accumulation des normes, le dépôt du projet de loi abrogeant le cumul des mandats avant l’été, et un retrait des troupes françaises du Mali à partir de la fin avril.

Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre - Réponse à la motion de censure de Jean-François Copé, à l'Assemblée nationale

Réponse à la motion de censure de Jean-François Assemblée nationale - Mercredi 20 mars 2013

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

En vous écoutant, en écoutant votre réquisitoire contre mon gouvernement, je me rappelais cette phrase de Clemenceau, que vous avez d’ailleurs cité : « Ne craignez pas de vous faire des adversaires ; si vous n’en avez pas, c’est que vous n’avez rien fait. » Nous agissons pour la France ! Et je suis fier d’avoir des adversaires.

Mais, Mesdames et Messieurs les Députés, je n’ai ni le goût, ni le temps de me perdre dans cet esprit de querelles. Le 6 mai 2012, le peuple français a tranché les responsabilités. Il vous a censurés et il nous a mandatés. Alors, je le sais, je le sais bien, vous m’attendez pour un règlement de comptes. Aujourd’hui, je vous invite au redressement de la Nation.

J’ai une conviction profonde, l’honneur de la politique, c’est de s’élever à la hauteur des grandes épreuves que rencontre la France. L’honneur de la politique, c’est d’avoir le courage de transcender ses différences, quand l’intérêt général du pays l’exige. Mesdames et Messieurs les Députés, nous sommes à ce rendez-vous où il faut aller à l’essentiel !

Ce qu’il nous faut, c’est repenser un projet national et européen que la crise et les mutations du monde ont profondément ébranlé. Il nous faut répondre à cette angoisse du déclassement personnel et collectif qui s’est installée depuis plusieurs années dans tous les esprits, dans tous les foyers, même les mieux protégés.

Ce qu’il nous faut réveiller, c’est l’espoir, c’est l’espoir en nous-mêmes, en notre capacité de nous en sortir et j’ai la conviction que la France peut y parvenir.

Mais pour cela, Mesdames et Messieurs les Députés, la France doit savoir s’aimer davantage, apprécier ce qu’elle fait de noble, de grand, d’universel, reconnaître ses nombreux atouts, accepter de reconnaître qu’elle consent des efforts, beaucoup d’efforts, qu’elle fait preuve de courage, d’initiatives, d’audace, pour conserver son rang dans le grand concert des Nations.

Sans cesse, on lui renvoie la même image d’une puissance déclinante, incapable de se réformer, de s’adapter aux grandes évolutions. Un jour, on vante les vertus du modèle britannique, un autre, c’est le modèle allemand, un troisième, c’est l’exemple américain ou brésilien, et même, ces derniers jours, le modèle russe, pour certains. Mon modèle, à moi, Mesdames et Messieurs les Députés, mon modèle, à moi, c’est la France ! Ma référence, c’est la République !

Oui, à force d’entraîner le pays dans une vision négative de lui-même, ne jouez pas les étonnés de voir prospérer les démagogues. Quand, chaque jour, on concède un petit bout de nos valeurs, quand, chaque jour, on offre en pâture un petit morceau de dénigrement national, quand, chaque jour, on sème la peur, il ne faut pas alors s’étonner de récolter les fruits amers du populisme. La peur, Mesdames et Messieurs les Députés, ce n’est pas un programme ! La peur, c’est la paralysie ! Et ça, nous n’en voulons pas !

Alors, c’est pour lutter contre cette résignation que j’ai été mandaté par le président de la République. J’ai pour mission de traiter l’urgence économique, de vaincre le chômage de masse, de défaire l’injustice, mais il me faut surtout répondre au doute qui taraude la Nation tout entière.

Comment retrouver le chemin de notre destin ? Comment repenser le modèle français, quand tous vos discours paraissent le condamner ? Il ne s’agit pas de sortir d’une dépression passagère. Il s’agit de réarmer le pays, de lui donner la force de faire face aux nouvelles mutations du monde. Voilà notre mission, voilà celle du gouvernement !

A ces questions, il y a trois réponses possibles. La première, c’est celle du repli sur le carré national, la fermeture des frontières, la sortie de l’Euro, la fuite en avant dans la dépense publique. Cet enfermement est le contraire de la grandeur. Il désigne sans cesse des bouc-émissaires, cherche toujours des excuses à son impuissance et conduit au déclin les pays qui s’y sont abandonnés.

Mais je récuse avec la même force, Monsieur Copé, la tentation de ce qu’on appelle le Teapartysme, cette combinaison du libéralisme économique et d’une droite autoritaire et ultraconservatrice, ce qui conduit à amputer la République de ses valeurs d’égalité et de fraternité. Ce n’est pas la solidarité qui nous tire vers le bas, Mesdames et Messieurs les Députés, ce sont ceux qui défont et qui affaiblissent la solidarité, qui affaiblissent en réalité la capacité de la France à s’en sortir et à maîtriser son destin !

Le nouveau modèle français que je défends, c’est l’idée que les valeurs constitutives de la République sont les leviers de notre propre modernisation. Qu’elles ne sont pas le problème, mais qu’elles sont la solution. C’est parce qu’ils ont remis la France en concordance avec ses valeurs que les grands Républicains de notre Histoire ont réussi à redresser et à moderniser notre pays. C’est parce que nous aurons le même courage de changer, de réformer ce qui bloque notre société, que nous la redresserons. Cessons d’accuser les autres, de penser qu’ils sont la cause de nos difficultés. Le secret de notre réussite, ce sont nos réformes.

Ces réformes que nous avons engagées, je le dis et je l’affirme ici, sont dans la fidélité de ce que nous sommes profondément, nous le peuple français.

Mesdames et Messieurs, je sais où je vais.

Je sais comment y parvenir et comment faire. Mesdames et Messieurs les Députés, je sais ce que doit être la France à la fin de ce quinquennat et c’est à cela que, depuis le premier jour, je me suis attaqué.

C'est-à-dire, à la fin du quinquennat, d’avoir un Etat désendetté et qui soit respecté ; une fiscalité stable, mais juste ; une économie affermie par la réindustrialisation et par l’écologie ; des entreprises dont la compétitivité repose autant sur la montée en gamme, que sur leur qualité dans le dialogue social ; de nouvelles sécurités pour le travail qui cassent la logique du chômage de masse et la précarité et relancent la mobilité sociale et salariale ; une protection sociale assainie et plus juste ; une société responsabilisée et plus soudée qui fait vivre ses principes de laïcité et d’égalité des droits ; une jeunesse, enfin, qui a la certitude d’avoir sa place et qui réveille chez tous l’envie du progrès. De tout cela, je prends l’engagement devant vous, c’est le programme du quinquennat et c’est là que nous voulons conduire la France !

Oui, Mesdames et Messieurs les Députés, le pacte que nous voulons nouer avec les Français, il est d’abord là, dans cette volonté de retrouver la maîtrise d’un destin collectif.

C’est tout le sens de mon combat contre la dette. En se substituant à l’effort industriel et productif, en alimentant la spirale spéculative, la dette a aliéné la liberté de la France de décider par elle-même de sa propre politique. Elle l’a rendue dépendante des banques et des marchés financiers. Elle a affaibli son influence en Europe et dans le monde.

Oui, la dette est l’ennemie de la France. Parce qu’il n’y a pas de souveraineté dans la dépendance des marchés financiers et qu’il n’est pas juste de laisser la facture à nos enfants et à nos petits-enfants !

Oui, j’ai pris l’engagement, avec le gouvernement, de ramener les comptes à l’équilibre en 2017, parce que restaurer les finances publiques, c’est dégager des marges de manœuvre pour investir. Cet effort a démarré dès le 1er jour. La réduction de notre déficit structurel, oui, elle est sans précédent, elle représente 2 % de la richesse nationale en 2013, aucun gouvernement n’y était jamais parvenu !

Alors, oui, nous mettons de l’ordre dans les finances publiques. En dix mois, mon gouvernement a eu le courage de faire les trois choses que vous n’avez jamais osé faire. D’abord, la première, réduire les déficits comme aucun de nos prédécesseurs sous la Vème République ; rétablir la justice des prélèvements en demandant l’effort à ceux qui ont le plus, quand, vous, vous avez ponctionné les classes populaires et les classes moyennes ; et enfin engager un programme sans précédent d’économies, le gouvernement va continuer de le faire.

Vous avez déposé le bilan de la France, nous, nous le redressons !

Mesdames et Messieurs les Députés, quand je veux réhabiliter ce principe élémentaire de gestion rigoureuse de l’argent public, ce n’est pas pour substituer une austérité de gauche à une austérité de droite, ce n’est pas pour accabler les Français de taxes et d’impôts. L’essentiel du redressement de nos finances viendra de l’effort sur la dépense publique auquel chacun doit prendre sa part et la prendra !

Parce que ma rigueur, Mesdames et Messieurs les Députés, c’est d’abord cette détermination, oui, je dis bien cette détermination réformiste, assumée et sans faille. « Gouverner, c’est choisir », affirmait Pierre Mendès-France, parce que la politique, pour moi et les membres de mon gouvernement, ne peut se concevoir comme un simple ajout de promesses nouvelles que l’on additionne aux acquis, sans jamais se poser la question du règlement de la facture !

Oui, oui, j’assume, j’assume devant vous et devant les Français la stratégie de compétitivité où la Nation consent, en effet, un effort historique pour rétablir son appareil productif et industriel.

J’assume la Modernisation de l’action publique et la nouvelle loi de décentralisation. Parce que dans le pacte séculaire qui unit la France à son Etat, chaque fois que la puissance publique a donné l’exemple et l’impulsion, la société toute entière s’est alors mise en mouvement. C’est ce à quoi nous voulons parvenir.

Alors, j’assume, oui, j’assume d’entreprendre la rénovation complète de notre protection sociale. Parce que la laisser se scléroser dans les déficits, c’est la rendre inégalitaire et de moins en moins protectrice.

Mais j’assume aussi, avec la même fierté, d’avoir entrepris les grands programmes d’investissements qui vont produire de la croissance.

C’est le programme de transition écologique. C’est le plan numérique qui équipera tous les territoires de la France en haut débit. C’est le Nouveau grand Paris qui va remodeler la région capitale et qui bénéficiera à l’ensemble du pays.

C’est la relance du logement abordable avec l’encadrement des loyers, le programme de cession gratuite des terrains, le programme de 150 000 logements sociaux chaque année, l’isolation thermique, mais aussi, dans quelques jours, les ordonnances à venir, qui serviront exclusivement à nettoyer l’accumulation de normes et de réglementations bureaucratiques. Nous le ferons aussi pour les entreprises et les collectivités locales !

Mais la réforme que j’assume, c’est aussi la refondation de l’école, qui s’attaque aux racines du décrochage de notre système éducatif.

C’est surtout, Mesdames et Messieurs les Députés, c’est surtout et c’est partout la grande bataille de l’emploi. Nous lui avons donné tous les moyens disponibles. Nous lui avons consacré toutes les réformes : le pacte de compétitivité, les contrats de génération, les emplois d’avenir, la Banque publique d’investissement, la réforme bancaire, l’accord sur la sécurisation de l’emploi et la réforme à venir de l’orientation et de la formation professionnelle. C’est tout ce que vous avez voté et je vous en remercie, Mesdames et Messieurs les Députés de la majorité. Je le dis avec force, avec tous ces outils, ensemble, nous allons gagner la bataille de l’emploi !

Mais en dix mois, oui, je dis bien en dix mois, car ces réformes ont été votées en dix mois, nous avons fait ce que vous n’avez pas fait en dix ans. Je demande qu’on m’oppose un précédent dans l’histoire de notre pays, où des réformes d’une telle ampleur ont été conduites avec tant de constance et de cohérence en si peu de temps ! Je demande qu’on me le dise parce que ça ne s’est encore jamais produit !

Alors, oui, les outils, je viens de le dire, ils sont là. C’est pourquoi, j’appelle chacune et chacun à la mobilisation pour les mettre pleinement en œuvre, pour leur donner toute leur force et pour permettre aux Français d’avoir toutes leurs chances pour que les réformes, que vous avez votées, portent leurs fruits, pour eux, pour leurs enfants et pour la France ! Voilà notre responsabilité collective !

Alors, ma rigueur, Mesdames et Messieurs les Députés, ma rigueur, c’est l’esprit de responsabilité. Mais il n’y a pas de responsabilité sans exemplarité, pas de consentement aux réformes si ceux qui ont le plus ne contribuent pas le plus à l’effort nécessaire et c’est ce que nous avons engagé.

C’est pour ça que nous avons entrepris cette réforme fiscale, que vous avez contestée il y a quelques instants, qui rétablit l’équilibre entre le capital et le travail.

C’est pour ça que nous avons mis en place une tranche supérieure sur l’impôt sur le revenu, supprimé le bouclier fiscal et rétabli l’impôt de solidarité sur la fortune, que vous aviez supprimé.

Nous avons veillé à protéger le pouvoir d’achat des classes populaires, plafonné les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques. Dans quelques semaines, Mesdames et Messieurs les Députés, je vous proposerai un projet de loi pour que ces mesures s’appliquent aussi aux dirigeants des grandes entreprises privées.

Mais cette rigueur de comportement doit s’imposer également à nous, les élus, les représentants de la Nation, quoi qu’il en coûte, Mesdames et Messieurs les Députés, je dis bien quoi qu’il en coûte.

Je salue en cet instant Jérôme Cahuzac, qui a fait preuve de dignité et de responsabilité en présentant hier sa démission. Je tiens à le remercier, ici, pour son action remarquable et courageuse au gouvernement, car il a été un excellent ministre du Budget au service de la France.

Exemplarité, oui, exemplarité aussi quand nous demandons des efforts aux citoyens, la moindre des choses pour les responsables publics, c’est d’abord de donner l’exemple.

Avec le président la République et tous les membres du gouvernement, nous avons diminué de 30 % nos rémunérations. Nous avons établi des règles draconiennes de comportement et d’éthique au sein du gouvernement. Vos Assemblées, Monsieur le Président, ont entrepris la même démarche. Nous irons jusqu’au bout. Avant l’été, je vous soumettrai le projet de loi abrogeant le cumul des mandats.

Viendra juste après une loi contre les conflits d’intérêts. Vous aurez également à débattre, réunis en Congrès, des modifications constitutionnelles, qui enracineront la démocratie sociale et l’indépendance de la justice dans notre Loi fondamentale.

Ma rigueur, c’est l’égalité des droits et la responsabilisation des citoyens. Mon gouvernement s’honore, avec l’appui de la majorité parlementaire, d’ouvrir le mariage pour tous aux personnes de même sexe.

Mon gouvernement s’honore d’avancer dans l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, s’honore de traquer partout toutes les formes de discrimination et de marginalisation.

Mais il met la même détermination à faire respecter tout ce qui doit fonder notre vivre ensemble et le respect de l’autorité de la République : la sécurité, la laïcité, le civisme, la responsabilité personnelle.

Nous ne cèderons pas un pouce de terrain au crime et à la délinquance. Ils trouveront partout l’Etat en face d’eux, la police et la justice travailleront en commun. Dur avec la délinquance, dur avec les causes de la délinquance. Telle est, et telle restera la ligne de conduite de mon gouvernement. Mais ma rigueur, c’est la justice, la justice sociale ! Rétablir le primat du travail sur la rente, de l’utilité sociale sur le privilège, de la solidarité sur l’individualisme. Ma rigueur, c’est la réforme ! Et c’est un langage de vérité que j’assume. Ce langage de vérité, je le revendique parce qu’il est temps de sortir d’un paternalisme du non-dit qui infantilise le pays et qui au bout du compte bloque toutes les réformes et fait monter les corporatismes et empêche la France de retrouver la maîtrise de son destin !

Voilà la vérité que je dois au pays. Le courage pour le dire ne me fait pas peur parce que c’est l’exigence des Françaises et des Français et la confiance dont vous avez parlé, Monsieur Copé, c’est là qu’elle se construit, dans la vérité que l’on doit au peuple français.

Alors nous n’avons pas de temps à perdre pour redresser la France mais nous ne la redresserons pas sans les Français eux-mêmes. Nous ne pouvons pas reprendre notre destin en main sans construire avec eux un véritable compromis historique. Le gouvernement en a jeté les bases avec la conférence sociale ; il a fixé une feuille de route, avec des objectifs et un calendrier précis. Alors on me dit : c’est trop long. Eh bien c’est le contraire ! C’est exactement le contraire ! Le gouvernement propose. On propose, on négocie et on décide ! Et cela fait trente ans qu’on parlait de réformer le marché du travail en donnant plus de souplesse aux entreprises et plus de sécurité aux salariés. Là où tous les gouvernements s’y sont cassé les dents, six mois après, six mois de négociations permanentes encouragées par le gouvernement ont permis d’y parvenir. C’est donc bien la bonne méthode et cette méthode, je la revendique !

Et je voudrais à cet instant rendre hommage aux partenaires sociaux. Ils ont posé la première pierre de ce compromis ; il rompt avec la préférence nationale pour les licenciements. Il pose les fondations de la sécurisation des parcours professionnels, pour lequel la gauche et les organisations syndicales se battent depuis si longtemps. Le monde du travail doit retrouver toute sa place dans la République. Il est redevenu acteur à part entière de la bataille du redressement. Alors soyons-en fiers ! C’est une victoire collective ! Elle met fin à l’idée d’une France bloquée, incapable de se parler et de se réformer. Nous avons fait la preuve ensemble qu’un grand compromis était possible. C’est ça la solution pour réformer et réussir l’avenir de la France.

Eh bien ce qui a été possible pour le marché du travail, nous pouvons le réussir pour la réforme des retraites. Là-encore, la négociation a permis d’avancer avec un premier accord entre les partenaires sociaux sur les retraites complémentaires. Nous le savons, tous les colmatages d’urgence ne suffisent plus à endiguer la révolution démographique de l’espérance de vie. Pour sauver les principes solidaires du régime par répartition, il faut en réduire les injustices, mais il faut en consolider le financement. C’est la discussion que le gouvernement ouvrira avec les partenaires sociaux avant l’été. Chacun devra fournir des efforts, mais nous appliquerons le même esprit de justice que celui qui nous a conduits l’été dernier à rétablir pour ceux qui avaient commencé à travailler si jeunes et si dur, à partir à soixante ans. Il en ira de même pour la branche famille, où l’universalité devra se concilier avec la justice pour résorber son déficit. Le nouveau modèle français, ce n’est pas détruire les acquis de ce que nous avons construit pas à pas depuis le Conseil national de la Résistance, c’est de réformer pour sauver et préserver et construire l’avenir dans l’efficacité et la justice. Voilà ce que nous voulons pour la France ! Parce que ce que je veux aussi, c’est que chacun se sente pleinement responsable de la Sécurité sociale. C’est qu’elle fasse preuve qu’en se réformant justement, elle reste plus protectrice et moins chère que ceux qui ne cessent de vanter l’assurance privée. Nous sommes, nous, attachés à la Sécurité sociale comme ferment de l’unité et de la cohésion nationale.

Ce compromis historique pour vaincre la crise s’adresse à tous les Français et j’en appelle à la responsabilité et à la mobilisation de tous. Je sais pouvoir compter sur chaque membre du gouvernement et aussi sur tous les députés de la majorité et je suis fier d’être à la tête d’une équipe talentueuse, dont la seule préoccupation est l’intérêt général et le service du pays. Voilà, Mesdames et Messieurs, l’équipe que je dirige.

Mais je sais que pour les Français, les efforts que je demande sont difficiles. Je sais que, pour ceux qui souffrent, aucun changement n’est assez rapide. Mais ce que je veux, c’est que chaque Français soit partie prenante du redressement et s’approprie les réformes. Ce que je veux, c’est que nous écrivions ensemble un épisode majeur de notre histoire. La France s’est souvent crue à terre parce qu’elle n’avait plus le ciment d’un projet collectif, parce que les germes de la division avaient ruiné son âme. Chaque fois, elle s’est relevée parce qu’elle a trouvé en elle, non pas un homme providentiel, mais l’incarnation d’un grand dessein qui la mobilise et qui la fédère. Voilà ce que je propose aujourd’hui devant vous.

Et quand la France répond à l’appel des Maliens, nous sommes dans le droit fil de cet esprit de solidarité, au cœur des grands enjeux de ce siècle, de la lutte contre le terrorisme et toutes les formes d’intégrisme. Nous sommes là où nos valeurs nous conduisent naturellement, là où les peuples amis nous attendent. Au Mali, notre armée est notre honneur ; elle est la preuve que la France peut être à la hauteur de ses ambitions et je m’y engage, elle continuera à le faire partout où ce sera nécessaire. Et nous ferons tout pour libérer nos otages. J’aurai l’occasion d’ailleurs, lundi prochain, Mesdames et Messieurs les Députés, de recevoir les groupes parlementaires et les représentants des commissions de l’Assemblée nationale et les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. Nous aurons l’occasion de faire un point précis avant que s’engage, même si nos troupes vont commencer à partir de la fin du mois d’avril à rentrer, le débat à la suite des quatre mois d’engagement conformément à la Constitution.

Mesdames et Messieurs les Députés, et l’Europe ? ! L’Europe, comme le disait si bien Jean Monnet, « elle est née dans l’épreuve, elle grandira dans l’épreuve ». Eh bien c’est maintenant ou jamais de le prouver. Un monde de 9 milliards d’individus sur la planète confronte les vieilles nations européennes à leur destin : soit elles se replient sur elles-mêmes au risque d’une rivalité qui les a déjà conduites à la catastrophe ; soit elles forment un bloc de solidarité attentif à ses peuples, volontaire face à ses concurrents, uni devant les périls. Il faut changer l’orientation de l’Europe, dominée aujourd’hui par des majorités conservatrices. Les élections au Parlement européen l’année prochaine doivent être le grand rendez-vous des peuples européens qui doivent eux aussi prendre en main le destin de l’Europe. Et un bloc de solidarité, c’est tout de suite et c’est de porter secours à Chypre pour éviter la faillite de ce pays. Mais c’est aussi demander à son gouvernement et son Parlement comme l’a fait Pierre Moscovici, en toute clarté, contrairement à ce que j’ai entendu tout à l’heure, pour que les très riches déposants participent fortement à l’effort nécessaire aux côtés de l’effort qu’accorde à ce pays la mécanique européenne de stabilité, en justement, protégeant parce que c’est légitime, les petites gens, les gens modestes, les épargnants qui n’ont pas à payer la facture des erreurs graves qui ont été commises par les marchés financiers et y compris dans ce pays.

Voilà la position de la France. La solidarité, oui, mais la justice aussi et ça vaut pour l’Europe.

Mais ce bloc de solidarité, c’est bien sûr le respect des règles communes auxquelles les Etats ont souscrit librement ; c’est le cas de la France. Ces engagements doivent s’appliquer scrupuleusement. C’est l’engagement de la France et elle le respectera. Mais notre engagement, c’est aussi notre combat pour une nouvelle stratégie de croissance et la réorientation de l’Europe pour laquelle dès le premier jour, François Hollande, Président de la République, a donné toute sa ferveur et apporté toute sa force. Ce combat a porté ses fruits mais il est nécessaire de le poursuivre et de l’approfondir parce qu’aujourd’hui, nous avons besoin de croissance en Europe et la croissance ne peut pas seulement être les règles d’un marché unique à l’intérieur de l’Europe ; il faut aussi une politique industrielle, une politique énergétique commune. Nous avons des AIRBUS et un EADS qui marchent, il nous en faut beaucoup d’autres, c’est ainsi que nous redonnerons confiance dans l’avenir de l’Europe et du projet européen.

Mesdames et Messieurs les Députés, ce dont la France a besoin, encore une fois, je le redis, c’est d’une confiance en elle-même, c’est de forger une volonté commune pour se redresser. Votre motion de censure, Monsieur Copé, ne l’a absolument pas compris. Elle rejoue les divisions du précédent quinquennat et se trompe de destinataire. Ce n’est pas à mon gouvernement qu’il fallait l’adresser, c’est à mon prédécesseur, à son héritage d’impuissance et de renoncements. Vous vous êtes trompé tout simplement d’adresse ! Au lieu de commencer à faire l’inventaire de vos propres échecs, vous n’avez rien d’autre à proposer au pays qu’une censure. Nul n’a oublié ici et ailleurs et en France les 600 milliards de dettes supplémentaires, les 24 taxes supplémentaires, le million de chômeurs supplémentaire, l’industrie sinistrée avec 750.000 emplois détruit, le commerce extérieur dans un déficit inégalé, la part de la dépense publique qui est passée en cinq ans de 52 % à plus de 56 % de la richesse nationale. Oui Mesdames et Messieurs de l’UMP, vous avez affaibli la France et pourtant le président sortant, vous l’avez sans doute oublié, avait dit en janvier dernier que la crise était derrière nous. Au mois de juillet, dans ma déclaration de politique générale, j’ai dit que la crise n’était pas derrière nous ; j’ai dit la vérité, j’ai dit la tâche immense qui nous attendait, j’ai dit la formidable mutation du monde que nous devions affronter ; c’est pour ça que je ne regarde pas derrière moi, je veux regarder devant car c’est ça qui importe. Notre nation est à la croisée des chemins et c’est notre responsabilité de l’aider à réussir. Parce que vous savez, le risque existe, si on continue, ou si vous continuez de cette façon… continuer à s’enliser dans les confrontations stériles qui feront le bonheur de tous les populismes. Ou alors si nous prenons une autre voie et c’est celle que je propose, la France retrouvera le sens d’un destin commun. La crise n’efface pas les oppositions politiques. Elle ne fait pas disparaître les intérêts de classe. Mais la grandeur de la République est de savoir les dépasser ; elle est de faire de chaque citoyen le dépositaire du destin de tous. C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les Députés, en rejetant cette motion de censure, c'est à cette formidable mobilisation que je vous appelle, pour le redressement de la France.

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mercredi 20 mars 2013

Ayrault au Vatican : «Une intronisation émouvante et simple»

Rome, mardi 19 mars 2013. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a salué le nouveau leader spirituel de l'Eglise catholique, le pape François.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui représentait mardi la France à l'intronisation du pape François à Rome, a décrit sur LCI une cérémonie «émouvante, solennelle et simple». Le chef du gouvernement assistait à cette messe en compagnie de son épouse et avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Selon Jean-Marc Ayrault, le nouveau pape a «lancé un appel à la paix mais aussi à la lutte contre la pauvreté et à l'esprit de responsabilité». C'était à la fois «émouvant, solennel et simple, c'est ça qui m'a frappé», a jugé le Premier ministre. «Que l'on soit croyant ou incroyant, quel que soit le régime politique, le monde entier était là, ça veut dire que c'était un évènement très important», a-t-il estimé.

La présence de Jean-Marc Ayrault à cette intronisation a été critiquée par le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, au nom du respect de la laïcité. Matignon a relevé en retour qu'il était de «tradition» sous la Ve République que le Premier ministre représente la France à cette cérémonie.

Après la messe, concélébrée avec environ 150 cardinaux, dont les 114 "princes de l'Eglise" qui l'ont élu la semaine dernière, François a reçu les dirigeants étrangers présents à Rome. Plus de 130 délégations, six souverains, dont le roi des Belges et le prince de Monaco, des chefs d'Etat, comme la présidente argentine Cristina Fernandez, des chefs de gouvernement, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, ainsi que des dignitaires religieux sont venus du monde entier pour assister à la cérémonie.

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Hollande sacrifie sans tarder Cahuzac

François Hollande a dû trancher dans le vif le cas Jérôme Cahuzac, contraint de quitter le gouvernement à cause de soupçons de blanchiment de fraude fiscale. Bernard Cazeneuve le remplacera.

La position du ministre du Budget, sur le perron de l'Elysée avec François Hollande, était devenue intenable.

Il n'a fallu que trois heures entre l'annonce par le parquet de Paris de l'ouverture d'une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale visant Jérôme Cahuzac et l'annonce par l'Elysée de son départ.

Sans attendre une éventuelle mise en examen du ministre, l'Elysée a choisi de se séparer d'un des piliers du gouvernement, respecté, y compris dans l'opposition, pour sa maîtrise des dossiers.

C'est le fabiusien Bernard Cazeneuve, ancien porte-parole de la campagne de François Hollande, qui le remplacera à Bercy. Pas réputé pour être un spécialiste des questions budgétaires, Bernard Cazeneuve aura la lourde tâche de trouver dans les prochains mois les économies pour permettre d'atteindre les objectifs de réduction du déficit. Thierry Repentin, un fidèle de François Hollande jusqu'ici chargé de la Formation professionnelle, est nommé aux Affaires européennes.

«Talent et compétence»

Dans un communiqué distinct de l'annonce de ce mini-remaniement, le chef de l'Etat a tenu à «remercier» Jérôme Cahuzac, craint par nombre de ses collègues lorsqu'ils devaient négocier avec lui le maintien de leur budget, pour son action conduite avec «talent et compétence».

Selon Matignon, c'est Jérôme Cahuzac lui-même qui a fait part à Jean-Marc Ayrault de sa décision de quitter le gouvernement «pour assurer pleinement sa défense et ne pas gêner l'action du gouvernement».

«Le Premier ministre a dit regretter mais comprendre sa décision», a précisé l'entourage de Jean-Marc Ayrault. Début février, Jérôme Cahuzac, réputé pour son caractère de puncheur, assurait à l'AFP: «L'affaire? C'est fini».

«Politiquement, toute cette histoire n'a posé aucun problème. L'opposition a été très correcte et n'a pas fourni de relais politique à Mediapart», le site d'information en ligne qui avait mis en cause le ministre, se réjouissait l'ex-député du Lot-et-Garonne, qui reconnaissait toutefois que «médiatiquement, ça (avait) été pénible».

Présumé innocent

Les investigations menées par le parquet de Paris ont depuis validé les informations du site Mediapart, notamment un enregistrement de Jérôme Cahuzac dans lequel il mentionnerait un compte en Suisse non déclaré.

Durant sa campagne, François Hollande avait assuré qu'il «n'aurait pas autour de (lui) à l'Elysée des personnes jugées et condamnées». Jérôme Cahuzac n'est pas encore mis en examen et reste présumé innocent.

Mais dans un contexte marqué par une chute continue dans les sondages et des indicateurs économiques très dégradés, François Hollande, qui doit s'exprimer devant les Français dans les toutes prochaines semaines, ne pouvait prendre le risque d'une action gouvernementale parasitée par le cas Cahuzac.

Jusqu'ici plutôt respectueuse de la présomption d'innocence, l'opposition s'en serait sans doute donné à coeur joie contre le gouvernement, à quelques heures de l'examen d'une motion de censure UMP.

«Soupçons de collusion et de conflits d'intérêt»

L'ancien ministre UMP Laurent Wauquiez a ainsi déclaré que Jérôme Cahuzac «aurait dû démissionner plus tôt», en raison des «soupçons de collusion et de conflits d'intérêt» qui pèsent sur lui.

Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a affirmé que la démission de Jérôme Cahuzac ne changeait rien au débat sur la motion de censure prévu mercredi car «la politique menée par le gouvernement est tout autant condamnable aujourd'hui qu'hier».

«Il ne pouvait pas faire autrement. Je pense aussi que c'est plus facile pour lui d'organiser sa défense en étant en dehors du gouvernement qu'en étant en responsabilité», a-t-il estimé.

Mercredi, c'est Jean-François Copé qui mènera la charge dans l'hémicycle contre le gouvernement, avant que Jean-Marc Ayrault ne lui réponde et que les présidents de groupe s'expriment. La motion, soumise au vote en fin de journée, n'a aucune chance d'être adoptée, le PS disposant à lui seul de la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

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mardi 19 mars 2013

Lettre Ouverte: Sauver le Centre d'Accueil de la Presse Etrangère (CAPE) est une urgence !

Il serait plus qu'absurde et voire très rigolo que les journalistes installés à Paris de la presse étrangère se mettent à écrire sous des lampadaires puisque le Centre d'Accueil de la Presse Étrangère est contraint de fermer ses portes ! Le CAPE est plus qu'un lieu de travail pour des journalistes. Lieu de conférence par excellence, le CAPE permet aux journalistes de la presse étrangère de se retrouver et de se partager des informations mais surtout de travailler dans la sérénité et quiétude. Le CAPE a été créé en février 2001, en application de l'article 90 de la loi no 2000-719 du 1er août 2000 modifiant la loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, pour servir de lieu d'accueil et d'orientation des journalistes étrangers et faciliter leur travail en leur fournissant une infrastructure dotée d'équipements professionnels. Il sert également d'espace de réunion et de rencontre de la presse française et étrangère à Paris. Centre de presse international, il organise, à sa propre initiative ou en partenariat, des activités de communication ou d'information sur l'actualité nationale, européenne et internationale.

Nicolas Abena et Freddy Mulongo Lors de la présentation de mon livre "Les dix questions". Photo Réveil FM

Nicolas Abena, Freddy Mulongo et Nicoletta Fagiolo. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo, Francis Lalanne, auteur-compositeur-interprète de chansons et acteur français et Wedia. Photo Réveil FM

Engagement militaire au Mali, prises d’otages en Algérie, construction européenne en mal de projets, laborieuse sortie de crise... Rarement l’action de la France a été autant scrutée par la communauté internationale et les nombreux journalistes étrangers en poste à Paris.

Or, c’est en cette période cruciale qu’il est envisagé de fermer le Centre d’Accueil de la Presse Étrangère (CAPE), cette vitrine médiatique unique qui permet aux responsables de la vie politique nationale et aux personnalités étrangères de passage à Paris de s’adresser en direct aux journalistes français et internationaux. Et à ces derniers, organisés en associations représentatives de leur secteur d’activité, de bénéficier des services et du lieu d’échange exceptionnel que constitue ce Foreign Press Center à la française, comme en disposent toutes les grandes capitales. Surprenant paradoxe !

Depuis douze ans qu’il existe, après avoir été créé à l’initiative des ministres des Affaires Étrangères et de l'économie de l’époque, le CAPE a considérablement développé ses activités au service des journalistes et de « l’image de la France ». Ainsi, en 2012, le Centre a accueilli 223 évènements, pratiquement un par jour ouvrable, dont la qualité et la diversité ont été appréciées par les participants. Ceci en dépit de restrictions budgétaires qui se sont traduites par des coupes claires dans les effectifs et les moyens d’actions du CAPE dont la tutelle est assurée par différents ministères, le Quai d’Orsay et Bercy, pour une bonne part, mais aussi la Défense, l’Education nationale, le Travail, la Santé, l’Agriculture…

Freddy Mulongo au CAPE à Paris. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo et Davide Quaglio Cotti, journaliste et chargé de communication de l'Association de la Presse Étrangère. Photo Réveil FM

Nous savons tous que la France, comme bien d’autres pays européens, vit une période de « vaches maigres » budgétaires. Mais peut-on imaginer Paris sans un Centre de Presse comme le CAPE qui, sous des gouvernements successifs, a justifié le bien fondé de cette enceinte si spécifique ? Se priver de cet espace d’information, de communication et, quelque part, de liberté de la presse, serait un immense gâchis doublé d’un échec pour tous. Pour les journalistes français et internationaux, bien sûr, privés d’interlocuteurs, faute de pouvoir les rencontrer. Mais aussi pour le personnel politique, diplomatique, économique, social ne disposant plus d’un terrain neutre pour faire passer ses messages.

Par cette Lettre Ouverte, nous appelons le Chef de l’Etat et tous les ministères qui ont permis de faire de ce Centre une institution reconnue et apprécié par les médias comme par les acteurs politiques, diplomatiques et économiques français et étrangers, à tout faire pour que le CAPE surmonte ses difficultés actuelles – qui ne sont pas que comptables – et continue à vivre.

Car sans lui, ce serait un peu de l’image et du rayonnement de la France qui disparaitrait, au moment où elle en a particulièrement besoin.

• Voir le site du CAPE : www.capefrance.com

Ruggero DE PAS, Président du Conseil d’Administration du CAPE depuis sa création est l’initiateur et le premier signataire de cette lettre ; il n’en verra pas la publication. Infatigable défenseur du Centre, cet ancien Président de l’APE s’est éteint le 15 février, des suites d’un cancer.

Sont signataires de cette Lettre Ouverte : Les associations membres du Conseil d’Administration du CAPE : l’Association de la Presse Etrangère (APE) ; L’Association de la Presse Diplomatique (APDF) ; l’Association des Journalistes Économiques et Financiers (Ajef) ; l’Association de la Presse Africaine (APPA) ; Le Club de la Presse Arabe (CPA) ; ASIA Presse. Ainsi que : l’Association des Journalistes Européens (AJE) et Jean Quatremer ; l’Association Française des Journalistes Agricoles (AJFA); l’Association des Journalistes de l’Information Sociale (AJIS) ; l'Association de la Presse France-Japon (APFJ) ; l'Association de la Presse Latino-Américaine (APLA) ; l’Union Internationale de la presse Francophone (UPF)

Contact : Françoise CROUIGNEAU (Ajef): 06 86 58 43 88

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Michèle Alliot-Marie balance : "Nicolas Sarkozy rajoutait des caméras bidons lors de ses déplacements"

Selon Michèle Alliot-Marie, Nicolas Sarkozy convoquait parfois des cameramen bidons pour exagérer l'importance médiatique de ses déplacements officiels. En 2002, après une longue traversée du désert, Nicolas Sarkozy revient sous les projecteurs. Pendant presque toute la durée du deuxième mandat de Jacques Chirac, il est l'un des ministres les plus médiatiques, à l'Intérieur surtout qu'il a dirigé pendant presque 4 ans, mais aussi à l'Économie où il fit un bref passage en 2004. Avec sa femme Cécilia, il met habilement en scène une image d'homme d'état énergique, en multipliant les déplacements accompagnés d'une horde de journalistes et en se rendant très régulièrement dans les émissions de télévision.

Michèle Alliot-Marie balance sur Nicolas Sarkozy

Des caméras bidons pour l'image du présidentiable ?

Michèle Alliot-Marie "Au coeur de l'Etat"

A l'époque, l'agitation de ce ministre qui prépare ostensiblement la présidentielle de 2007 agace plusieurs de ses collègues. Dans son livre, "Une femme au coeur du pouvoir d'État", qui vient de paraître, Michèle Alliot-Marie accuse son ancien collègue du gouvernement d'avoir un peu exagéré l'ampleur de son attrait médiatique en ayant recours à des stratagèmes. L'ancienne ministre de la défense révèle en effet que Nicolas Sarkozy convoquait des caméras bidons pour accentuer l'effet de meute de journalistes à ses trousses, lors de ses déplacements officiels.

"Des caméras, placées par le cabinet même de Nicolas Sarkozy" "Avant son élection en 2007, je voyais toujours Nicolas Sarkozy arriver entouré d'une nuée de caméras. Certaines portaient les sigles de TF1, France 2, etc., mais d'autres étaient sans marque, écrit Michèle Alliot-Marie. Ces caméras, placées par le cabinet même de Nicolas Sarkozy, étaient destinées à véhiculer une image de futur président qui monopolise l'intérêt des médias", poursuit celle qui a succédé à Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur en 2007.

Ce n'est pas la première fois que le service de communication de l'ancien président de la République est accusé de "manipulation". On se souvient que tout au long de son mandat, Nicolas Sarkozy a souvent été soupçonné d'avoir recours à des figurants lors de ses déplacements en Province. L'idée était alors d'avoir de nombreux anonymes autour du Président de la République afin d'exagérer l'importance de ces discours pour les caméras de télévision.

Michèle Alliot-Marie a participé à quelque 700 Conseils des ministres, autour de trois présidents.

Dans son livre Au cœur de l'État, l'ex-ministre dit sa vérité sur la politique.

Elle a l'un des plus beaux CV de la République. De la politique, Michèle Alliot-Marie a tout connu ou presque, les honneurs et les succès, les déceptions et les trahisons. Elle a été députée des Pyrénées-Atlantiques, maire de Saint-Jean-de-Luz, secrétaire d'État à l'Enseignement, ministre de la Jeunesse et des Sports. En 1999, première femme élue à la tête d'un grand parti de gouvernement, elle a conquis le RPR, au nez et à la barbe de Jacques Chirac avant d'accéder aux ministères régaliens, Défense, Intérieur, Justice, Affaires étrangères. Elle a participé à quelque 700 Conseils des ministres, autour de trois présidents, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy.

Dans son livre Au cœur de l'État, qui vient de paraître chez Plon, MAM revient sur ce parcours auquel la révolution en Tunisie a donné un coup d'arrêt brutal, sur cette vie politique qui «n'est jamais un long fleuve tranquille mais plutôt un torrent bouillonnant».

«En politique, il faut avoir des plumes de canard. Tout glisse sur elles», lui disait sa mère. «En politique, il faut tenir», écrit Michèle Alliot-Marie. Pourtant, à la lecture, on décèle ici ou là quelques blessures que cette femme de devoir, fière et dure avec elle-même, raide au point d'apparaître rigide, a toujours cachées. La mort de sa jeune sœur, la mise en cause de son compagnon Patrick Ollier dans l'affaire Clearstream, «les attaques de la presse envers ses parents» au moment de ce qu'elle appelle «la chausse-trape tunisienne»… Elle explique pourquoi, à Noël 2010, l'envie de soleil et le besoin de se «remettre en forme physiquement» l'a conduite à choisir de passer des vacances en famille en Tunisie plutôt qu'en Dordogne. Ce choix «m'a amenée au mauvais endroit au mauvais moment», écrit-elle, refusant d'admettre son aveuglement face au «printemps arabe».

Jalousie et désinformation

Sur ce sujet, comme sur d'autres, MAM se lâche, elle qu'on a connue si corsetée. «Il faut se méfier de ceux qui se proclament vos amis. Après tout, un poste est un poste et ils sont nombreux à penser qu'ils le méritent plus que vous.» Défendant son honneur et celui de ses parents, elle pointe du doigt ceux qu'elle tient pour responsables de la désinformation et des «pseudo-informations» dont elle s'estime victime. «Les réseaux sociaux faisaient monter la pression. Nous avons retracé certains messages qui venaient curieusement du nord de l'Aquitaine.»

Envers le maire de Bordeaux, précisément, MAM se montre sévère: Alain Juppé «avait établi une relation privilégiée avec Jacques Chirac. Il cherchait à éliminer tous ceux qui auraient pu le concurrencer dans l'esprit ou l'affection du maire de Paris puis président de la République. Il voulait le monopole des relations directes avec lui, ce qui de plus confortait auprès de la presse son image d'héritier. Nicolas Sarkozy s'en est suffisamment plaint à l'époque».

Alliot-Marie dit avec beaucoup de sincérité sa vérité sur Sarkozy - auquel elle a envoyé son livre - et Chirac - auquel elle l'a remis en mains propres vendredi. Elle met surtout en garde contre «l'entourage présidentiel (qui) joue au quotidien un rôle pervers».

Battue aux législatives en juin pour avoir trop négligé le terrain, Michèle Alliot-Marie assure n'avoir aucune «nostalgie» et, à 66 ans, n'avoir pas renoncé à servir «la grandeur de la France». «Je suis toujours dans le présent ou dans le futur», confie-t-elle. Présidente du Chêne, le club des «gaullistes du renouveau», elle enchaîne les déplacements à l'étranger: Allemagne avec la Fondation Konrad-Adenauer, République dominicaine, pour une rencontre destinée à renforcer les liens entre pays de part et d'autre de l'Atlantique. Au printemps, elle se rendra à Abu Dhabi, au Forum de Doha, puis en Afrique du Sud et peut-être à Singapour. Elle a deux autres livres en préparation. Le premier, Résistance(s), est terminé et traitera de l'actualité des valeurs gaullistes. Le second évoquera «Dix questions stratégiques pour les 20 années qui viennent». Féministe, Michèle Alliot-Marie? Elle s'en défend, combat les quotas et la féminisation des titres. Mais, déclare-t-elle le 8 mars, Journée des droits des femmes, «je me battrai toujours pour qu'une femme qui a les compétences ait la place qu'elle mérite». «Aucun poste n'est réservé», ajoute-t-elle. Pas mécontente d'avoir ouvert des brèches dans le monde si masculin de la politique.

Michèle Alliot-Marie vient de livrer sa vérité politique dans son livre « Au coeur de l'Etat », paru chez Plon. Elle a l'un des plus beaux cv de la république : un parcours exceptionnel qui l'a conduite -seule femme élue- à la tête du Rassemblement Pour la République (RPR), puis, elle aura les quatre ministères régaliens : Défense, Intérieur, Justice et Affaires Étrangères. Elle a participé à quelques 700 Conseils des Ministres sous trois Présidents… Elle a connu les honneurs, les succès et les déceptions aussi, et les trahisons… Son départ du Ministère des Affaires étrangères au cours du Printemps Arabe fut d'autant plus brutal. Cette femme sérieuse mais aussi baroudeuse… parle désormais en toute liberté !

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Parlement du Québec: Jean-Marc Ayrault et Pauline Marois répondent à la question de Réveil FM International !

Contrairement à ce qu'ont voulu nous faire croire les Joséphistes sans légitimité qui régent par défi en République démocratique du Congo, le 14è sommet de la Francophonie tenu à Kinshasa du 12 au 14 octobre dernier n'avait pas pour objectif de légitimer le régime usurpateur et d'imposture de Joseph Kabila qui a commis son second hold-électoral suite aux élections du 28 novembre 2011. En répondant à notre question sur la francophonie institutionnelle qui met en mal la Francophonie des peuples, des cœurs et celle des valeurs démocratiques le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a bien précisé que la présence du Président de la République François Hollande à Kinshasa n'était pas en relation bilatérale et il n'avait pas hésité à parler des droits de l'homme du haut de la tribune du Palais du Peuple. D'ailleurs François Hollande est arrivé 45 minutes en retard et il s'était plutôt attardé en saluant Abdou Diouf, le Secrétaire Général de l'OIF que son hôte. Pire le président Français n'a jamais remercié son dans son discours et n'a même pas suivi le discours de celui qui avait rempli le Palais du Peuple avec ses courtisans et partisans. Madame Pauline Marois, Premier ministre du Québec a confirmé ce que l'on savait déjà. A Kinshasa, elle avait refusé de rencontré Joseph Kabila !

Parlement du Québec, le 15 mars, Jean-Marc Ayrault et Pauline Marois lors de la conférence de presse à l'issue du 17è Sommet Québec-France. Photo Réveil FM

Haro donc aux thuriféraires et laudateurs du régime des Mammouths Joséphistes qui croient qu'ils sont légitimes parce qu'il y a eu le 14è Sommet de la Francophonie à Kinshasa, malgré les fraudes électorales ! La légitimité vient toujours du peuple. Joseph Kabila a été nommé par la fameuse Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), confirmé par la Cour Suprême de Justice acquise à l'imposteur national.

Avant la conférence de presse de deux Premiers ministres Jean-Marc Ayrault pour la France et de Pauline Marois pour le Québec, la délégation française a rencontré a travaillé en toute quiétude avec les Québécois sur le 17è Sommet Québec-France.

Le plafond de l'entrée côté visiteurs. Photo Réveil FM

La salle de presse au Parlement du Québec. Photo Réveil FM

Des journalistes dans la salle où s'est tenue le 17è rencontre Québec-France. Photo Réveil FM

La première fauteuil à gauche est celle réservée pour Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

L'horloge tourne. Photo Réveil FM

Valérie Fourneyron Ministre de Sports et Jeunesse et Delphine Batho, Ministre de l'Écologie et Énergie. Photo Réveil FM

Yamina Benguigui , Ministre de la francophonie. photo Réveil FM

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Jean-Marc Ayrault accueilli avec 9 coups de canon à Ottawa au Canada !

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a effectué mercredi 13 mars 2013 à Ottawa la première étape d'une visite officielle au Canada. Il a également été à Toronto, à Montréal et à Quebec. Le Premier ministre était accompagné de quatre ministres: Benoît Hamon (Économie solidaire), Delphine Batho (Écologie et Energie), Valérie Fourneyron (Sports et Jeunesse) et Yamina Benguigui (Francophonie). Le ministre de l'économie Pierre Moscovici, qui devait faire partie de la délégation, avait été retenu par une réunion de l'Eurogroupe sur Chypre, le vendredi dernier à Bruxelles. Plus d'une vingtaine de chefs d'entreprise (Alstom, Air liquide), ainsi que des responsables de PME spécialisées notamment dans les énergies renouvelables et les nouvelles technologies, étaient également du voyage. Jean-Marc Ayrault a été accueilli avec pompe par le Premier ministre canadien, Stephen Harper ! Honneurs militaires, hymnes nationaux et 9 coups de canon pour Jean-Marc Ayrault sur la colline du parlement !

Descente de l'avion du Premier ministre Jean-Marc Ayrault à Ottawa.

Le symbole est très fort ! C'est une femme qui accueille le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault au pied de l'avion.

L'aéroport international Ottawa Macdonald-Cartier se situe à 25 minutes en voiture du centre-ville d'Ottawa, dont la colline du Parlement, le cortège du Premier ministre a mis 15 minutes pour atteindre le haut lieu de la politique fédérale canadienne.

Jean-Marc Ayrault reçoit les honneurs militaires de la Garde de cérémonie à Ottawa. Photo Réveil FM

La garde d'honneur, montée par la garde de cérémonie, sur la Colline du Parlement à Ottawa. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault passe en revue la Garde de Cérémonie. Photo Réveil FM

La Garde de cérémonie est une unité des Forces canadiennes regroupant divers éléments et constituée de plus de 400 membres de la Force de réserve et de la Force régulière. Photo Réveil FM

La chèvre tenue par la garde de Cérémonie n'a pas eu peu des coups de canon dont aperçoit la fumée derrière le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

C'est quand même très particulier de voir s'aligner ces militaires en uniformes anglais avec leurs hauts chapeaux à poils, qui étaient destinés à laisser supposer à l'adversaire que le soldat était de haute taille !

La tour de la paix de l'édifice central du parlement, à Ottawa. Photo Réveil FM

La Colline du Parlement, en anglais Parliament Hill, est l'endroit où est situé le Parlement du Canada, à Ottawa...En 1855, la ville est renommée Ottawa et accède, en 1857 au statut de capitale de la Province du Canada. La construction des édifices parlementaires autour d'une vaste esplanade (un immeuble pour le corps législatif au nord et deux édifices administratifs à l'est et à l'ouest) débute dès 1859 sur la colline, qui devient alors la Colline du Parlement.

Le choix d'un édifice à l'architecture néogothique, plutôt qu'un style inspiré du néoclassicisme alors en vogue aux États-Unis, est un symbole des liens qui unissent toujours le Canada à la Grande-Bretagne, où le palais de Westminster vient d'être reconstruit dans ce style.

Jean-Marc Ayrault et le Premier ministre canadien Stephen Harper se dirigent dans l'enceinte du Parlement. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault et le Premier ministre canadien Stephen Harper au sein du Parlement. photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault et le Premier ministre canadien Stephen Harper en causerie. Photo Réveil FM

La construction des édifices parlementaires débute en 1859 et s'étalera sur près de vingt ans, soit jusqu'en 1878. Les parlementaires s'y installèrent néanmoins dès 1867, année marquant la création de la Confédération canadienne.

L'incendie de 1916

Le 3 février 1916 vers 20h50, un incendie se déclare dans la salle de lecture de l'édifice central. Un député qui s'y trouvait remarque la présence de flammes. De celui-ci ne seront épargnées que l’aile nord-ouest et la Bibliothèque grâce à un employé, M.C. « Connie » MacCormac.

Ce dernier, averti par un messager qui entra en hurlant que le feu ravageait la salle de lecture eut la présence d'esprit de fermer les portes de fer la reliant à l'édifice du Centre. Ce simple geste sauva la vie des personnes présentes dans la Bibliothèque à ce moment, ainsi que des dizaines de milliers de livres et de documents, dont certains inestimables.

Tout au long de l'incendie, l'horloge de la Tour Victoria sonne les heures. À minuit, la cloche sonne onze fois, puis s'écrase au sol, tandis que les flammes gagnent le Sénat. Le lendemain, l'édifice central était en ruines, recouvert d'une épaisse couche de glace due aux vains efforts des pompiers.

Après l'incendie, la Chambre des communes et le Sénat se déplacent au Musée commémoratif Victoria (aujourd'hui le Musée canadien de la nature), où ils siégeront jusqu'en 1920. Sir Wilfrid Laurier, ancien premier ministre, décède avant la fin des travaux de reconstruction et fut exposé à l'intérieur du musée.

La tragédie épargnera les édifices de l'est et de l'ouest, qui sont toujours en place de nos jours.

Édifices du parlement actuel de 1916 à aujourd'hui

Les édifices du parlement actuel sont au nombre de quatre et sont répartis sur un terrain s'étendant sur environ 88 840 m2, composant la Colline du Parlement. On appelle la «Cité parlementaire» «la zone compacte se trouvant au nord de la rue Wellington, à l'est de la rue Kent et à l'ouest du Canal Rideau».

Les travaux de reconstruction débutent quelques mois seulement après la tragédie, le 24 juillet 1916, sous la direction des architectes John A. Pearson et Jean-Omer Marchand. Ceux-ci sont mandatés par le gouvernement pour formuler des recommandations concernant la reconstruction des nouveaux édifices. On demanda à ce qu'ils soient conformes au style néogothique des anciens édifices tout en intégrant davantage d'espace pour accueillir les députés.

La pierre angulaire de l'édifice original fut retrouvée parmi les décombres et posée par le prince Arthur William Patrick, duc de Connaught le 1er septembre 1916, soit 56 ans après avoir été posée par son frère Édouard VII.

Un étage complet fut ajouté à l'édifice du centre; les murs intérieurs sont construits en calcaire et les planchers sont faits de marbre, dans le but d'éviter les risques d'un nouvel incendie. Les travaux sont d'autant plus difficiles que le Canada est en guerre, la main-d'œuvre est rare et les matériaux sont très coûteux.

Le 26 février 1920, soit environ quatre ans après l'incendie, a lieu la première session du corps législatif dans le nouvel édifice. La Chambre des Communes se trouve du côté ouest du bâtiment central, tandis que le Sénat est à l'est.

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lundi 18 mars 2013

Le cardinal sud-africain Wilfrid Napier s'excuse sur son dérapage sur la pédophilie !

Le cardinal sud-africain Wilfrid Napier a présenté ses excuses aux victimes de pédophiles. Il avait affirmé dans une interview diffusée samedi que la pédophilie devait être traité comme une «maladie» et non comme un crime. «Je présente mes excuses aux victimes d'abus sexuels pendant leur enfance offensés par la mauvaise interprétation de ce qu'est ma préoccupation, qui s'adresse à tous ceux qui sont victimes d'abus, y compris les auteurs qui sont eux-mêmes des victimes», a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Le cardinal sud-africain Wilfrid Napier a présenté ses excuses aux victimes de pédophiles

«Je crois que tous les dictionnaires confirment que la pédophilie est un trouble médical. Ce qui est un crime, c'est l'abus sexuel d'enfants. La pédophilie doit donc être soignée. Ce qui doit être puni, c'est le crime d'abus sexuel contre des enfants», a-t-il ajouté.

«C'est là l'ironie suprême: j'ai soulevé la question de la victime qui commet ensuite des abus, et on m'accuse d'être insensible aux souffrances des victimes», a-t-il encore noté.

«D'expérience, la pédophilie est vraiment une maladie, ce n'est pas un problème criminel, c'est une maladie», avait dit à la BBC le cardinal-archevêque de Durban, l'un des participants au conclave qui a élu le pape François.

Une maladie psychologique

«C'est une maladie psychologique. Que faites vous avec les maladies? Vous devez essayer de les guérir. Si moi, en tant qu'individu normal, je choisis sciemment de violer la loi, je dois être puni», avait poursuivi le prélat âgé de 72 ans, connu pour ses positions conservatrices.

Le cardinal avait indiqué qu'il connaissait deux prêtres qui avaient été victimes d'abus sexuels dans leur enfance et qui étaient ensuite eux-mêmes devenus pédophiles.

«Ne me dites pas que ces personnes sont pénalement responsables au même titre que quelqu'un qui choisit de faire cela», avait-il dit sur la BBC. «Je ne pense pas qu'on puisse estimer qu'une personne mérite d'être punie quand elle a elle-même été blessée».

Au début des années 2000, il avait été critiqué pour sa passivité face à un scandale de prêtres pédophiles, en refusant d'expulser les coupables de l'Eglise sud-africaine.

Dans un communiqué, la Conférence épiscopale d'Afrique australe a souligné que «la pédophilie est de facto un crime». «Les auteurs doivent prendre la responsabilité de leurs actes», a-t-elle ajouté, notant que «malheureusement il y a eu des manquements de la part de l'Eglise».

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Mama Ange Kassia Kahumbu Bandjo, présidente de l'Association "La Baume au Coeur" !

Alors qu'à Paris se prépare le premier Forum mondial des femmes francophones pour le 20 mars 2013 qui se tiendra au musée du Quai Branly, une rencontre de 400 femmes des 77 pays francophones dont plusieurs femmes congolaises de la République démocratique du Congo, – des combattantes, des militantes, des inconnues – qui vont réclamer la protection des droits et feront des propositions d’engagement au président François Hollande, Yamina Benguigui, la ministre déléguée fait de la francophonie une arme au service des femmes. En Suisse, à Lausanne dans le canton de Vaud, Mama Ange Kassia Kahumbu Bandjo avec son association "la Baume au Cœur" continue allégrement de venir en aide aux femmes congolaises violées et aux veuves de soldats congolais, sans tambour ni trompette. L'épouse du grand résistant Congolo-Lausannois Paul Kahumbu a radicalisé ses positions sur la dictature totalitaire qui sévit en République démocratique du Congo dont les premières victimes sont les femmes et enfants.

A Lausanne, Mama Ange Kassia Kahumbu Bandjo, présidente de l'Association "La Baume au Coeur". Photo Réveil FM

On aurait pensé que la sœur du guitariste Lokasa Ya Bongo serait plus clémente avec les musiciens-propagandistes de Joseph Kabila et de son régime, eh bien non ! Depuis que les résistants-patriotes-combattants congolais ont déclenché la fatwa anti-concerts en Europe et dans le monde pour des musiciens-joséphistes, Mama Ange Kassia Kahumbu Bandjo a consigné ses Cds, Dvds de la musique congolaise dans un grand carton de sa cave ! Elle écoute les chansons engagées et préfère lire "Amina", le magazine féminin mensuel francophone créé en avril 1972, qui a fêté ses 40 ans l'année dernière que d'écouter la musique tintamarresque non respectueuse de la femme congolaise, la musique de Sima Ekoli ! Avec quelques femmes de son association, elles se cotisent et font des envois pour les femmes en détresse dans le Kivu et à Kinshasa. L'association "Baume au Coeur" a imprimé des calendriers RDC 2013 dont la vente soutiendra des femmes congolaises dans le grand besoin abandonnées à elles-mêmes.

Les femmes congolaises de l'étranger sont de plus en plus engagées dans les associations pour venir en aide, elles qui sont restées au pays. D'ailleurs, La République démocratique du Congo compte l’un des plus grands nombres d’organisations de femmes en Afrique. Les crises économiques, politiques et sociales des dernières décennies ont inspiré la population locale à se mobiliser afin de combler l’absence ou les carences de l’État dans certains secteurs tels que la santé, l’infrastructure et l’éducation. Dans les années 1970 et 1980, le système d’enseignement supérieur de l’ancien Zaïre a produit des diplômés hautement qualifiés qui, ne disposant que de rares possibilités d’emploi mais désirant utiliser leurs compétences pour changer la société congolaise, ont décidé de créer des ONG militantes locales.

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mercredi 13 mars 2013

Chaine humaine contre le nucléaire à Paris, où sont passés les Congolais de Kinshasa ?

Pour la chaine humaine contre le nucléaire, le samedi dernier à Paris, les antinucléaires français, européens ont manifesté pour les deux ans de Fukishima. Nous avons vu aussi quelques polynésiens-Kanaks. Il y a eu des polynésiens, plus précisément des Kanaks qui se disent victimes des essais nucléaires. Pas des Congolais ni des Nigériens, pourtant la République démocratique du Congo et le Niger sont deux pays aux potentialités énormes en uranium sur le continent africain. La vague d’angoisse liée à la catastrophe nucléaire au Japon épargne-t-elle l’Afrique ?

La République Démocratique du Congo a été l’un des précurseurs dans l’exploitation nucléaire sur le continent. Déjà, par le biais des colons belges de l’époque, le Grand Congo pays au cœur de l'Afrique a fourni aux américains l’uranium ayant servi à fabriquer les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945. D’ailleurs, les américains ont longtemps soutenu le dictateur de l’ex-Zaïre, Mobutu Sese Seko, pour avoir la mainmise sur cette matière première.

L'ex-président du Zaïre, le maréchal Mobutu Sese Seko, dans la salle des commandes du réacteur en 1974. Photo Cren-K, archives

Actuellement, le Congo-Kinshasa retient toujours l’attention américaine car il conserve des installations dédiées à la recherche nucléaire. Il s’agit du site abritant les réacteurs nucléaires Triga Mark I, fonctionnel entre 1958 et 1970, et Triga Mark II, mis en service en 1972. Ce dernier matériel aurait « arrêté de fonctionner depuis 1992 », selon un rapport diplomatique datant de 2006 révélé par Wikileaks.

D’après la même source, le Centre régional d’études Nucléaires de Kinshasa (le Cren-K) compte 138 barres d’uranium faiblement enrichies, 2 de moins qu’à l’origine. De quoi inquiéter les américains qui craignent que cette matière première ne tombe entre des mains éventuellement belliqueuses à l’instar de l’Iran. En plus, le rapport déplore le manque de sécurité nucléaire.

Le Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa, le Cren-K, dispose d'un bâtiment blanc et bleu, entouré d’arbres immenses et d’herbes folles, sur les collines de l’université surplombant la mégapole congolaise. Endormi depuis 2004, soit huit ans, il n’en reste pas moins un danger potentiel, tout comme les déchets radioactifs encore stockés sur le site.

Pas toujours éclairée la nuit, l’enceinte du site est souvent aussi victime de délestage, de caméras de surveillance pas toujours fonctionnelle et des étudiants de l’université voisine ont pris l’habitude de la traverser pour raccourcir leurs itinéraires. En outre, près d’un bâtiment où sont stockés des déchets nucléaires incorrectement gérés, des paysans entretiennent des champs de manioc, au péril de leur santé. En 2006, selon les révélations faites récemment par WikiLeaks, les États-Unis s’inquiétaient des lacunes dans le dispositif de sécurité.

Le vol dans les années 1970 de deux barres de combustibles nucléaires faiblement enrichis, dont l’une n’a jamais été retrouvée, avait montré les défaillances du système.

Les États-Unis avaient noté, entre autres, le faible salaire des employés (entre 40 et 150 dollars par mois) qui pourraient être tentés de monnayer leur accès au site ou de se lancer dans d’autres activités illicites.

L’autre inquiétude porte sur les glissements de terrain. Plusieurs têtes d’érosion menacent le site. Le Cren-K est situé sur le campus de l’Université de Kinshasa, une zone soumise à une forte érosion.

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lundi 11 mars 2013

Paris, une chaîne humaine de milliers de personnes contre le nucléaire !

Deux ans après la catastrophe de Fukushima, plusieurs milliers de personnes (20.000 selon les organisateurs, 4.000 selon la police) se sont rassemblés samedi après-midi à Paris, formant une longue chaîne humaine afin de réclamer l'arrêt du nucléaire civil et militaire en France. «Nous demandons la fin du nucléaire civil et militaire, et notamment l'arrêt de toutes les centrales nucléaires de plus de 30 ans», a lancé Pierric Duflos, porte-parole de Sortir du nucléaire. Une vingtaine des 58 réacteurs nucléaires français ont aujourd'hui plus de 30 ans. Aux cris de "Fukushima, plus jamais ça", les manifestants, vêtus pour la plupart de gilets fluos jaunes et dont beaucoup étaient venus de province, se sont déployés à partir de 18 points de ralliement pour former une longue chaîne humaine allant du quartier de la Défense au ministère de l'Economie.

La chaine humaine a rassemblé 20 000 personnes selon les organisateurs, 4 000 selon la police.

Ils se sont donné la main et ont scandé des slogans anti-nucléaires sur des trottoirs encombrés de badauds. Dans plusieurs quartiers de Paris où ils ont "encerclé" symboliquement le siège de la BNP et de la Société générale, deux banques finançant des projets de centrales nucléaires. D'autres "lieux de pouvoir" étaient visés comme l'Assemblée nationale, des ministères, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), ainsi que les sièges des groupes énergétiques EDF et Areva.

"Message d'indignation"

Coordonnée par le réseau "Sortir du nucléaire", la mobilisation était notamment destinée à "envoyer un message d'indignation aux décideurs" ainsi qu'un message de solidarité au peuple japonais. "Nous demandons la fin du nucléaire civil et militaire, et notamment l'arrêt de toutes les centrales nucléaires de plus de 30 ans", a précisé le porte-parole du réseau, Pierric Duflos.

Une dizaine de députés du parti Europe Ecologie les Verts (EELV), mais également des représentants du Parti de Gauche, participaient entre autres à la mobilisation.

C'est dans ce contexte qu'un sondage (IFOP pour Dimanche Ouest-France) indique que 42 % des Français se disent inquiets à propos des centrales nucléaires sur le territoire national. Ils étaient toutefois 56 % en avril 2011, deux semaines après l'accident de Fukushima.

Des milliers de manifestants à Tokyo

Des milliers de manifestants ont défilé samedi à Tokyo pour exiger l'abandon rapide de l'énergie nucléaire au Japon, près de deux ans jour pour jour après le début de la catastrophe de Fukushima. Des milliers de manifestants ont défilé samedi à Tokyo pour exiger l'abandon rapide de l'énergie nucléaire au Japon, près de deux ans jour pour jour après le début de la catastrophe de Fukushima.

Au Japon, des milliers de manifestants ont également défilé samedi à Tokyo pour exiger l'abandon rapide de l'énergie nucléaire au Japon. Les participants se sont d'abord rassemblés dans un parc du centre de la capitale : la foule comprenait des résidents de la région de Fukushima (nord-est du Japon) et des personnalités, dont le prix Nobel de littérature, Kenzaburo Oe.

Les protestataires ont ensuite défilé dans les rues de Tokyo pour appeler le premier ministre japonais Shinzo Abe, au pouvoir depuis la victoire de son parti aux élections législatives de décembre, à ordonner le démantèlement de toutes les centrales nucléaires du pays. Les organisateurs ont affirmé que 15 000 personnes avaient participé à la manifestation, tandis que la police n'a fourni aucune estimation dans l'immédiat.

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Funérailles grandioses d’Hugo Chavez

Les funérailles d’État du président vénézuélien Hugo Chavez, décédé mardi soir à l’âge de 58 ans, ont eu lieu vendredi dernier à Caracas, en présence d’une trentaine de chefs d’ État et de gouvernement dont la plupart des dirigeants latino-américains. Plus de 100 000 Vénézueliens étaient dans la rue pour pleurer leur défunt président.

Des Vénézueliens ont réclamé l'entrée de Chavez au Panthéon National.

La présidente du Brésil Dilma Rousseff, accompagnée ici de son prédécesseur Lula et de la fille d'Hugo Chavez, s'est recueillie jeudi soir devant le corps du président vénézuélien La présidente du Brésil Dilma Rousseff, accompagnée ici de son prédécesseur Lula et de la fille d'Hugo Chavez, s'est recueillie jeudi soir devant le corps du président vénézuélien.

100 000 Vénézueliens dans la rue pour Hugo Chavez

La cérémonie a débuté vendredi dernier par la lecture des noms de tous les dirigeants étrangers venus rendre hommage au chef de file de la gauche sud-américaine, décédé des suites d’un cancer.Le cercueil d’Hugo Chavez, entièrement recouvert du drapeau jaune, bleu et rouge étoilé du Venezuela était exposé au centre du salon d’honneur de l’Académie militaire de Caracas.La journée a été déclaré fériée au Venezuela, où la cérémonie était retransmise en direct par toutes les télévisions.Vendredi soir, l’ancien vice-président Nicolas Maduro, désigné par M. Chavez comme son dauphin, prêtera serment comme président par intérim. Il "convoquera des élections en temps voulu, dans les 30 jours à venir, en accord avec la Constitution", a annoncé plus tôt le président de l’Assemblée nationale, Diosdado Cabello. Les obsèques nationales du président vénézuélien, embaumé "comme Lénine", se sont déroulées vendredi dernier. Plus d'une trentaine de chefs d'Etat et des centaines de milliers de Vénézuéliens ont assisté à la cérémonie.

21h37 : Après trois jours d'impressionnants hommages populaires, la politique va reprendre ses droits. "Aujourd'hui, nous n'assisterons pas" à la prestation de serment de M. Maduro comme président par intérim "parce que nous considérons (...) qu'elle constitue une violation" de la Constitution "et un nouvel acte de propagande électorale", a annoncé à la presse le parlementaire Angel Medina, membre de la principale coalition de l'opposition.

21h05 : Les Etats-Unis, cible de prédilection des diatribes enflammées d'Hugo Chavez, et les Européens, n'ont envoyé que des délégations de second rang. A l'exception de l'Espagne, qui, protocole oblige, a dépêché le prince héritier Felipe.

20h20 : "La lutte continue!"

"La lutte continue! Vive Chavez! Vive Chavez ! Jusqu'à la victoire toujours, Comandante!", a scandé Nicolas Maduro, acclamé debout par la foule de dignitaires et militaires vénézuéliens, et applaudi par les dirigeants étrangers rassemblés autour du cercueil d'Hugo Chavez, dans le salon d'honneur de l'Académie militaire de Caracas.

20h18 : Maduro promet loyauté au-delà de la mort à Chavez

Dans un discours enflammé et lyrique d'une demi-heure, le dauphin a promis d'honorer le testament moral du leader de gauche sud-américain décédé mardi à Caracas d'un cancer, en poursuivant "son combat pour les pauvres, pour l'éducation et un monde plus juste".

20h12 : Raul Castro salue la dépouille de Chavez

Fidel Castro, l'ex président cubain, n'a pas fait le déplacement jusqu'à Caracas mais l'actuel président, son frère Raul Castro, s'y est rendu pour rendre hommage à Chavez.

20h08 : Hugo Chavez avait pris soin de préparer sa succession en chargeant son vice-président Nicolas Maduro d'assurer la transition et de se présenter comme candidat du parti socialiste au pouvoir pour d'éventuelles élections anticipées qui devraient se dérouler dans un mois.

19h42 : Maduro dépose l'épée sur défunt sur le cercueil. C'est l'un des moments les plus émouvants de ces funérailles. Nicolas Maduro, vice-président, dépose l''épée de Chavez sur son cercueil.

18h53 : Le révérend américain Jesse Jackson , figure du mouvement des droits civiques, prend la parole pendant la cérémonie.

18h40 : Sans surprise, le "gouvernement révolutionnaire" cubain a rendu un hommage vibrant au leader vénézuélien.

Déclaration du Gouvernement révolutionnaire Hasta siempre, Comandante !

Chaavez, Fidel, Evo

C’EST AVEC UNE DOULEUR PROFONDE ET LANCINANTE que notre peuple et le Gouvernement révolutionnaire ont appris la nouvelle du décès du Président Hugo Chavez Frias, et nous tenons à lui rendre un hommage vibrant et patriotique pour son entrée dans l’Histoire comme un enfant illustre de Notre Amérique.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à ses parents, à ses frères, à ses filles et à son fils, ainsi qu’à toute sa famille, qui est désormais la nôtre, tout comme Chavez est aussi un enfant de Cuba, de l’Amérique latine et de la Caraïbe, et du monde.

En ce moment d’immense tristesse, nous partageons les plus profonds sentiments de solidarité avec le peuple vénézuélien, que nous accompagnerons en toutes circonstances.

Que la Révolution bolivarienne soit assurée de notre soutien le plus total et inconditionnel en ces journées difficiles.

Nous tenons également à réitérer notre soutien, notre encouragement et notre foi dans la victoire aux camarades de la Direction politico-militaire bolivarienne et du Gouvernement vénézuélien.

Le Président Chavez a livré une bataille extraordinaire tout au long de sa vie courte et féconde. Nous nous souviendrons toujours de lui comme le militaire patriote au service du Venezuela et de la Grande Patrie ; comme l’honnête, lucide, téméraire et vaillant combattant révolutionnaire ; comme le leader et commandant suprême qui a réincarné Bolivar, accomplissant son œuvre inachevée ; comme le fondateur de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique et de la Communauté des États latino-américains et caribéens.

Son combat héroïque et courageux contre la mort constitue un exemple inégalable de fermeté. Le dévouement admirable de ses médecins et infirmière a été une prouesse d’humanisme et d’abnégation.

Le retour du Président dans sa très chère Patrie vénézuélienne a changé l’histoire. « Nous avons une Patrie ! », s’était exclamé Chavez avec émotion le 8 décembre dernier, et il y est retourné pour affronter les plus grands risques que lui imposait sa maladie. Rien ni personne ne pourra arracher au peuple vénézuélien sa Patrie retrouvée.

Toute l’œuvre de Chavez nous apparaît invaincue. Les conquêtes du peuple révolutionnaire, qui le sauva du putsch d’avril 2002, et qui l’a suivi sans hésiter, sont désormais irréversibles.

Le peuple cubain le revendique comme l’un de ses enfants les plus illustres, et l’a admiré, suivi et aimé comme l’un des siens. Chavez est aussi cubain ! Il a senti dans sa propre chair nos difficultés et nos problèmes, et il a fait tout ce qu’il a pu, avec une extrême générosité, en particulier durant les années les plus dures de la Période spéciale. Il a accompagné Fidel comme un véritable fils, et son amitié avec Raul fut profonde.

Il a brillé dans les batailles internationales face à l’impérialisme, toujours dans la défense des pauvres, des travailleurs, de nos peuples. Enflammé, persuasif, éloquent, ingénieux et émouvant, il parlé depuis les entrailles des peuples, il a chanté nos joies et déclamé nos vers passionnés avec un éternel optimisme.

Les dizaines de milliers de Cubains qui travaillent au Venezuela lui rendront hommage en accomplissant avec ferveur leur devoir internationaliste, et ils continueront d’accompagner avec honneur et altruisme l’épopée du peuple bolivarien.

Cuba gardera une loyauté éternelle à la mémoire et à l’héritage du Commandant Président Chavez, et persistera dans ses idéaux d’unité des forces révolutionnaires et d’intégration et d’indépendance de Notre Amérique. Son exemple nous guidera dans les prochaines batailles.

Hasta la victoria siempre !

18h25 : Place maintenant à l'orchestre Simon Bolivar, dirigé par le chef Gustavo Dudamel.

18h15 : Invité de France 5, Jean-Luc Mélenchon , coprésident du bureau national du Parti de gauche, expliquait il y a quelques jours pourquoi il apprécie tant le leader du Vénézuela. Au risque de quelques approximations...

18h10 : Les personnes qui assistent aux funérailles d'Hugo Chavez se recueillent au son de chansons aux rythmes latino. Après avoir interprété "Linda Barinas", Cristobal Jimenez chante "Corrio de Maisanta".

18h05 : Les députés de la Table de l'unité démocratique (MUD), principale coalition de l'opposition au Venezuela, ont annoncé qu'ils n'assisteraient pas à la prestation de serment de Nicolas Maduro comme président par intérim, qu'ils considèrent comme une "violation" de la Constitution.

En vertu de cette dernière, c'est le président de l'Assemblée nationale qui aurait dû occuper l'intérim. Mais Hugo Chavez a nommé Nicolas Maduro avant de partir se soigner à Cuba.

18h05 : Les partisans du défunt président vénézuélien attendent des heures pour pouvoir apercevoir son corps à l'Académie militaire Les partisans du défunt président vénézuélien attendent des heures pour pouvoir apercevoir son corps à l'Académie militaire.

17h55 : En dehors de l'Académie militaire, les sympathisants du président vénézuélien entonnent en choeur "Todos somos Chavez" ("Nous sommes tous Chavez").

17h55 : Conséquence étonnante du décés d'Hugo Chavez, l'Etat a décidé d'interdire la vente d'alcool dans le pays pendant une semaine.

17h50 : Les chefs d'Etat et représentants forment une haie d'honneur devant le cercueil d'Hugo Chavez.

17h45 : Le vice-président Nicolas Maduro a déposé une réplique de l'épée du héros national Simon Bolivar sur le cercueil d'Hugo Chavez. L'assistance a applaudi ce geste.

17h40 : Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a pris place aux côtés des ses homologues biélorusse et cubain Alexandre Loukachenko et Raul Castro.

17h35 : Les obsèques d'Hugo Chavez s'ouvrent avec l'hymne national du Venezuela. Celui-ci est joué par l'orchestre symphonique Simon Bolivar et par la chorale nationale, tous deux dirigés par le chef Gustavo Dudamel.

17h25 : La blogueuse et opposante cubaine Yoani Sanchez, en visite en Espagne, estime que la mort d'Hugo Chavez, le principal allié régional de La Havane, pourrait stimuler des réformes sur l'île et inciter le régime à s'ouvrir.

Le futur gouvernement vénézuelien "pourrait réduire l'importante aide économique que reçoit Cuba de la part du Venezuela", ce qui pousserait le régime castriste à s'ouvrir sur l'extérieur car l'île "aurait alors du mal à subsister par elle-même", a affirmé Yoani Sanchez.

16h55 : Pourquoi la France est-elle représentée aux funérailles d'Hugo Chavez par Victorin Lurel? Le ministre de l'Outre-mer est notamment le seul membre du gouvernement à l'avoir rencontré de son vivant.

16h50 : L'acteur américain Sean Penn est arrivé il y a quelques minutes, en compagnie du violoniste et chef d'orchestre vénézuélien Gustavo Dudamel.

16h45 : Le prince Felipe d'Espagne a foulé le tapis rouge de l'Académie militaire quelques minutes avant le président iranien.

16h40 : Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé vers 16h heure française à l'Académie militaire de Caracas.

16h35 : Un invité de marque a fait son entrée dans l'Académie militaire de Caracas: Sean Penn. L'acteur américain a fait le déplacement dans la capitale vénézuélienne pour rendre hommage à Hugo Chavez. Les deux hommes se sont notamment rencontrés pour venir en aide à Haïti après le tremblement de terre en 2010. Le président vénézuélien Hugo Chavez accueille Sean Penn au palais Miraflores de Caracas en février 2012. L'acteur américain était alors en visite pour évoquer la reconstruction d'Haïti Le président vénézuélien Hugo Chavez accueille Sean Penn au palais Miraflores de Caracas en février 2012. L'acteur américain était alors en visite pour évoquer la reconstruction d'Haïti.

16h25 : Le président colombien s'est fait remarquer lors de son arrivée à l'Académie militaire de Caracas. Juan Manuel Santos a rompu le protocole en allant saluer et serrer la main des partisans d'Hugo Chavez présents pour rendre hommage à leur défunt président.

16h15 : Sur la télévision vénézuélienne teleSUR, des experts interprètent la présence du président iranien Mahmoud Ahmadinejad -dont la délégation vient d'arriver à l'Académie militaire de Caracas- comme un symbole du rapprochement économique et industriel de la république islamique avec plusieurs pays sud-américains, dont le Venezuela, la Bolivie, le Brésil ou l'Argentine.

16h15 : Le président du Chili Sebastian Piñera, le chef de l'Etat mexicain Enrique Peña Nieto et le dirigeant iranien Mahmoud Ahmadinejad sont les derniers responsables à être arrivés à l'Académie militaire de Caracas, où les obsèques d'Hugo Chavez se tiendront d'ici quelques minutes.

16h10 : Dans les rues de Caracas, les détracteurs d'Hugo Chavez retiennent surtout "la haine et la division", semées selon eux par le président défunt. Ceux-ci font part de leur crainte de voir le dirigeant socialiste transformé en "martyr", voire en "dieu" par ses successeurs.

"La seule chose que Chavez a faite a été de répandre la haine et la division. Il veulent faire de lui un martyr. Cela me fait rire", lance José Mendez, un programmateur informatique de 28 ans, alors que le président par intérim Nicolas Maduro a annoncé que le corps d'Hugo Chavez serait embaumé.

16h00 : Dans le journal vénézuélien d'opposition El Universal (en espagnol), l'éditorialiste Luis Leon revient sur la popularité inébranlée de Chavez. "Comparé aux autres leaders de chavisme ou de l'opposition, son charisme est sans limite", estime-t-il.

Il cite l'avis d'un chauffeur de taxi peu avant la mort du président. "J'apprécie le gouverneur de ma province, dans opposition, et je critique le gouvernement central (...), racontait-il. Mais quand je vois Chavez à la télé, je ne peux pas m'empêcher de dire à ma femme: 'Il se peut que ce bonhomme raconte des bobards, qu'il ne résolve pas les problèmes du pays, mais lui au moins, il est comme moi'."

15h45 : Le président défunt du Venezuela rejoint le club VIP de révolutionnaires du XXe siècle dont le corps a été embaumé et livré à l'adoration des foules. Espérons que les médecins vénézuéliens maîtrisent mieux la technique que celui de Mao, en 1967...

14h50 : Les membres de l'équipe de Formule 1 Williams sont en deuil. Le président vénézuélien Hugo Chavez, décédé mardi d'un cancer, était depuis trois ans le principal parraineur de l'écurie. La société nationale des pétroles vénézuéliens (PDVSA) est en effet présente sur les carrosseries des monoplaces anglaises depuis 2011, notamment celle du héros local Pastor Maldonado, victorieux l'an dernier au Grand Prix d'Espagne. Le soutien du Venezuela à l'écurie n'est pas remis en question par la mort du leader socialiste.

14h30 : Des milliers de Vénézuéliens vêtus de rouge affluent vers l'Académie militaire de Caracas pour assister aux funérailles d'État de leur président Hugo Chavez. Certains ont passé toute la nuit sur l'immense esplanade militaire jouxtant le bâtiment et dormi sur des cartons ou des journaux.

11h20 : Le père du président vénézuélien s'est recueilli jeudi soir dans la chapelle ardente de l'Académie militaire de Caracas pour rendre un dernier hommage à son fils.

10h55 : L'ancien vice-président Nicolas Maduro, désigné par Hugo Chavez comme son dauphin, prêtera serment comme président par intérim dans la soirée.

Nicolas Maduro "convoquera des élections en temps voulu, dans les 30 jours à venir, en accord avec la Constitution", a indiqué le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello. Selon la Constitution, c'est ce dernier qui aurait dû assurer l'intérim.

10h35 : La présidente du Brésil Dilma Rousseff, accompagnée ici de son prédécesseur Lula et de la fille d'Hugo Chavez, s'est recueillie jeudi soir devant le corps du président vénézuélien La présidente du Brésil Dilma Rousseff, accompagnée ici de son prédécesseur Lula et de la fille d'Hugo Chavez, s'est recueillie jeudi soir devant le corps du président vénézuélien

10h30 : Un thanatopracteur philippin, célèbre pour avoir "embaumé" le dictateur Ferdinand Marcos, a proposé ses services au Venezuela pour envelopper le corps d'Hugo Chavez d'un halo d'éternité, comme le prévoient les autorités vénézuéliennes.

09h50 : La plupart des chefs d'Etat latino-américains seront présents aux obsèques d'Hugo Chavez, tout comme certains alliés controversés de l'ancien président "anti-impérialiste": outre l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad, le Cubain Raul Castro et le Biélorusse Alexandre Loukachenko sont également invités. Les Etats-Unis, cibles de prédilection des diatribes enflammées d'Hugo Chavez, comme les Européens n'ont envoyé que des délégations de second rang.

09h45 : Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé tôt ce vendredi à Caracas pour les funérailles d'Etat. Hugo Chavez était le principal allié de Téhéran en Amérique latine.

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L'hommage de la nation à Stéphane Hessel,"homme libre"

Les adieux de l'Etat à Stéphane Hessel, un «homme libre». François Hollande a rendu hommage à l’humaniste le jeudi dernier lors d’une cérémonie nationale aux Invalides...

Une cérémonie solennelle d'hommage national à Stéphane Hessel, décédé à l'âge de 95 ans, se tenait jeudi matin dans la cour d'honneur des Invalides en présence du président François Hollande et du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Un petit crachin tombe dans la cour d’honneur des Invalides ce jeudi matin. Comme une allégorie de la tristesse digne des participants à l’hommage rendu à Stéphane Hessel, en présence du président de la République, François Hollande, et du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault et de la famille du l’intellectuel. Parmi eux, des personnalités (Carole Bouquet, Guy Bedos…), des hommes politiques (Michel Rocard, Lionel Jospin, Martine Aubry, Jean-Marc Ayrault, Charles Pasqua…). Mais aussi beaucoup d’inconnus du grand public, notamment d'anciens résistants et des représentants de différentes associations que soutenait l’humaniste. Car il croyait «au pouvoir de l’action individuelle» et «était à la recherche d’une plus grande justice sociale», a rappelé dans son oraison funèbre, son ami, l’ancien résistant Jean-Louis Crémieux-Brilhac. l'actrice Carole Bouquet a lu un poème d’Apollinaire.

Un poème d’Apollinaire lu par Carole Bouquet Une cérémonie très solennelle qui a duré plus d’une heure. Le cercueil, recouvert du drapeau français, a été porté au centre de la Cour d’honneur des Invalides par des militaires de l’armée de l’air, au son de la marche funèbre de Chopin. Après les honneurs militaires rendus à l’ancien résistant et déporté, l’actrice Carole Bouquet a lu un poème d’Apollinaire, «La jolie rousse», que Stéphane Hessel «aimait tant».

Puis, François Hollande a salué en Stéphane Hessel, résistant, intellectuel et militant, un «homme libre», «un grand Français», «un juste». Rappelant qu’Hessel fut arrêté par la Gestapo, torturé, déporté et ne dut sa survie qu’à une ruse, grâce à une substitution d’identité avec un prisonnier mort du typhus. Avant d’évoquer sa carrière de diplomate et ses différents engagements vis-à-vis des sans papiers, des Palestiniens... «C'était un citoyen sans frontière, un européen sans condition, un militant sans parti», a résumé François Hollande. Sans oublier d'évoquer le coup de maitre d'Hessel avec l’écriture, «à plus de 90 ans», du célèbre Indignez-vous! , vendu depuis 2010 à 4 millions d'exemplaires dans le monde. «Son indignation était une exigence d’action», a commenté le chef de l'Etat, avant de s’incliner devant la dépouille de Stéphane Hessel et d’accompagner le départ du cercueil au son du Chant des partisans.

Stéphane Hessel parmi les siens au cimetière du Montparnasse

Jeudi 7 mars, les émouvantes obsèques populaires, à la fois familiales et amicales, de Stéphane Hessel au cimetière du Montparnasse ont été marquées par deux discours, l'un de Michel Rocard, l'autre d'Edgar Morin, que Réveil FM International vous permet de découvrir à travers les vidéos de Médiapart. Voir Edgar Morin en colère est une rareté. C'est pourtant bien ce qui s'est passé au début de son bel hommage à l'ami disparu, avec lequel il avait publié, en 2011, Le chemin de l'espérance (Fayard), prolongation, approfondissement et développement du propos d'Indignez-vous! (Indigène), paru un an auparavant. Une colère bouleversée et bouleversante, sans artifice ni calcul. C'est à 1 mn 10 sec de la vidéo ci-dessous et c'est à propos de la Palestine.


L'hommage d'Edgar Morin à Stéphane Hessel par Mediapart


L'hommage de Michel Rocard à Stéphane Hessel par Mediapart

La vérité, c'est qu'en illustrant ainsi, dans des circonstances qui auraient plutôt incité à l'élévation, le conformisme et la frilosité de sa présidence, François Hollande a aussi montré sa méconnaissance, sinon son inculture. Stéphane Hessel ne fut jamais homme de déclarations à l'emporte-pièces ou de propos excessifs, qui ne soient pas mûris et raisonnés. Son engagement sur et pour la Palestine est l'aboutissement logique du chemin de toute sa vie: une bataille pour le droit, et donc l'égalité des droits, et pour la justice, et donc la justice pour tous. La seule passion qui animait Hessel, loin de tout angélisme ou de toute sensiblerie, était justement celle de la vérité. D'une vérité sincèrement vraie. Vérité du droit, vérité de la justice.

L'an passé, un an avant sa disparition, Stéphane Hessel s'expliquait précisément et posément sur cette «exigence de justice» qui est au cœur de la question israëlo-palestinienne. C'était dans une conversation avec Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l'Unesco, Le rescapé et l'exilé, dialogue paru aux éditions Don Quichotte. Confronté au questionnement amical de Sanbar, il y retrace son cheminement, et sa cohérence, depuis son arrivée à New York en février 1946 pour la mise sur pied de l'Organisation des Nations Unies. Il y rappelle que l'idée de base inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948) était la suivante: «Les empires sont périssables, les empires doivent se dissoudre en peuples, et chacun de ces peuples a droit à un État. La notion de passer de peuple à État est une notion qui est inscrite dans la Chartes de Nations unies.»

C'est ce passage – cette normalité en somme – que doivent encore forcer les Palestiniens, toujours et encore confrontés à un mur d'hostilité ou d'indifférence. Dans Le rescapé et l'exilé, Stéphane Hessel résume sa position avec une telle clarté qu'on ne voit pas, excepté le préjugé ou la médisance, ce qui permet d'y suspecter, comme le laisse entendre François Hollande, un mensonge à l'abri de la sincérité. A moins, et peut-être est-ce là l'impensé de l'attitude présidentielle, que les attitudes impériales aient toujours cours, admettant une inégalité foncière des droits selon que l'on est puissant ou faible…

«Il est inacceptable, expliquait Stéphane Hessel, que des Etats, qui se disent des Etats de droit, définissent le droit selon leur bon vouloir. Des Américains ou des Européens, et ile ne sont pas les seuls dans ce cas, nous disent: “Nous respectons le droit international, mais il n'est pas applicable partout. Il y a des situations où nous nous trouvons obligés de défendre nos intérêts vitaux, et c'est impossible si l'on ne transgresse pas les règles établies.” A mon avis, dès que l'on commence à sortir du cadre légal, sous n'importe quel prétexte, on risque de provoquer de très graves désordres et , parfois, à l'échelle mondiale. La paix entre les peuples dépend d'une stricte application du droit international, qu'il s'agisse d'Israël dans ses relations avec les Palestiniens, de l'Irak de Saddam Hussein ou des talibans en Afghanistan.»

Ses proches avaient aussi demandé à son ami Michel Rocard d'être l'autre orateur, avec Edgar Morin, de cet hommage fraternel. Lequel Rocard a évoqué avec justesse la cohérence de l'engagement palestinien de Hessel, le soulignant d'un salut amical à Leïla Shahid, ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union européenne:

Auparavant, les enfants de Stéphane Hessel (xxx, Antoine, Michel) et ses petits-enfants avaient partagé avec lui sa véritable passion, qui le réconciliait avec la beauté du monde tant malmenée par les hommes: la poésie. Evoquant avec humour et tendresse ce père qui leur avait transmis ce goût de la poésie apprise par cœur, comme un talisman et une promesse, ils lui ont donc offert des poèmes, comme il l'auraient fait lors d'un repas familial:

«La poésie est, à mes yeux, une forme supérieure du politique», dit Elias Sanbar à la fin de son dialogue avec Stéphane Hessel. Le traducteur de l'immense Mahmoud Darwish et l'auteur de Ô ma mémoire, sous-titré La poésie, ma nécessité, communient alors autour de ces voyants que sont les poètes, habiles à trouer nos nuits de leurs éclairs. Échange que conclut ainsi Stéphane Hessel, Stéphane notre ami d'inquiétude et d'espérance:

«Je voudrais vous donner à méditer un vers, un seul, qui aidera les jeunes générations à entreprendre, poétiquement ou politiquement, la construction d'une société radicalement nouvelle par rapport à celle dont nous déplorons l'existence de nos jours. Il est extrait de La jolie rousse de Guillaume Apollinaire: “Nous voulons explorer la bonté, contrée énorme où tout se tait.”»

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samedi 9 mars 2013

"Femmes debout, femmes de demain", deuxième édition AFAS !

"N'est-ce pas une aberration de célébrer uniquement les femmes le 8 mars de chaque année ? Qu'elles soient "pagneuses", "pantaloneuses", "jupeuses", "robeuses"...les femmes sont femmes 24h/24 et 365 jours l'année. Ce n'est pas du tout du féminisme béat ou revendiquée mais la vraie réalité. Nous fêtons le 8 mars comme la journée internationale de la femme mais revendiquons aussi les 364 jours restantes de l'année." déclare Madame Bintu Mulongo, la présidente et fondatrice du Réseau de l'AFAS (Action des Femmes Africaines Solidaires pour le Développement). "Si en France, la situation monoparentale devient de plus en plus une cause nationale, les femmes élèvent seules leurs enfants. En République démocratique du Congo, on ne peut que déplorer la situation humiliante des veuves, le viol contre les femmes utilisé comme arme de guerre, les enfants sans familles qui deviennent "enfants soldats" ou "enfants sans collier" ou "Shégués". Dissocier les problèmes de femmes à ceux des enfants, est une grave erreur ! Il nous faut briser le silence pour mieux prendre en compte nos réalités sociétales" renchérit Madame Bintu Mulongo

Madame Bintu Mulongo, Présidente et fondatrice du Réseau de l'AFAS

A Paris, les femmes doivent "s'investir, se former, se reconvertir, se valoriser, connaitre leurs droits, se coacher, travailler en réseau pour mieux préparer l'avenir de leurs enfants nés et vivant en France".

Le samedi 23 mars 2013, à la Cité des Sciences à Paris, Métro: Porte de la Villette, l'AFAS avec ses partenaires: "Entreprise Lobiko", ACS, Dibenisha, Resana Radesa, Un jeune, un métier, le club entreprendre au féminin, la cité des sciences et métiers, la Fondation Poweo, l'association oser dans l'Oise, le Lycée technique Saint-Nicolas, le GRDR, l'APECEC, Pacof, Cojed-IDF...organise une journée de réflexion: "Femmes debout, femmes de demain" au tour d'un buffet purement exotique, pour valoriser les talents et compétences de femmes.

Mai 2012, les femmes d'AFAS lors du 9è Édition du Festival International du Film Panafricain à Cannes

Les enjeux sur lesquels vont plancher les femmes sont de taille:

-Quel avenir pour nos enfants en France ?

-Quel retour pour l'Afrique ?

-Quelle insertion professionnelle pour les femmes ?

AFAS: 2 projets à soutenir pour 2013

-la réhabilitation d'un centre multifonction à Moux dans l'Oise.

-la construction d'une maison d'insertion professionnelle pour femmes à Uvira et la relance d'une activité de pêche sur le Lac Tanganyka toujours à l'est de la République démocratique du Congo.

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Christiane Taubira, garde des Sceaux et ministre de la Justice face aux journalistes étrangers à Paris

La loi sur le “mariage pour tous” qu'elle a présentée et défendue avec brio à l'Assemblée Nationale sera discutée au Sénat à partir du 2 avril. La nouvelle loi pénale axée sur la prévention de la récidive, la refonte de la justice des mineurs et la réforme constitutionnelle sont ses plus gros chantiers en préparation. Également d'actualité, la justice commerciale et la nouvelle organisation de la carte judiciaire de proximité... Les thèmes d'actualité suscitant débats en France ne manquent pas pour la conférence avec la garde des Sceaux Christiane Taubira au Centre d'Accueil de la Presse Étrangère (CAPE) le jeudi 7 mars 2013 que l'Association de la Presse Etrangère (APE) a d'ailleurs connu lors d'une première rencontre ... lors d'un voyage en Guyane en 1998! Madame la Ministre de la justice est une combattante pour l'égalité, de la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité. Face aux journalistes, elle ne fuit aucune question, elle répond à toutes avec poigne et convictions !

Paris, jeudi 7 mars, Christiane Taubira, garde des Sceaux et ministre de la Justice au CAPE. Photo Réveil FM

Quel journaliste ne connait pas la loi Taubira ? La loi Taubira, du nom de Christiane Taubira-Delannon, députée au Parlement français, 1ère circonscription de Guyane, rapporteuse de la loi, est une loi mémorielle française concernant la reconnaissance comme crime contre l'humanité des traites et des esclavages pratiqués à partir du XVème siècle sur certaines populations. Selon cette loi, ne sont donc pas considérées comme crime contre l'humanité : - les traites et esclavages pratiqués avant le XVème siècle (par exemple dans l'empire romain ou en Orient) - les traites et esclavages pratiqués après le XVème siècle à l'encontre de populations non-visées par la loi (par exemple les Européens réduits en esclavage par les corsaires algérois) .

Avec Christiane Taubira, c’est le monde à l’envers. La femme politique accusée d’avoir fait perdre les socialistes en 2002 est aujourd’hui couverte de roses. La gauche, c'est elle ! Dans le baromètre CSA- « Les Echos », la garde des Sceaux est la seule personnalité de gauche dont l'image progresse positivement. L'énergique ministre de la Justice grimpe de 8 points sur l'échelle de popularité du dernier baromètre CSA pour « Les Echos ». Les Français qui ont d'elle un image plutôt positive sont plus nombreux (40 %) que ceux qui l'apprécient plutôt négativement. Dans son bureau de la Chancellerie, les bouquets s’entassent. En quinze jours, Christiane Taubira, ovationnée, a fait la démonstration de son talent et pris une revanche aux allures de rédemption. Qualifiée au printemps de “maillon faible”, au moment de l’annonce de la constitution du gouvernement, sa prestation lors des débats sur le mariage pour tous l’a propulsée au rang de poids lourd de ce même gouvernement. Au même titre que Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur.

Christiane Taubira lors de la conférence de presse au CAPE. Photo Réveil FM

Une oratrice bien rôdée

D’un coup, en janvier 2013, la gauche au pouvoir a changé d’air. En lieu et place des “petites phrases” et autres “éléments de langage” aussi désincarnés que robotiques, Christiane Taubira a scotché son monde en citant René Char, Léon-Gontran Damas ou Emmanuel Levinas. En quinze jours, la garde des Sceaux a réintroduit dans la parole politique profondeur et complexité. Elle a séduit la gauche et dessoudé quelques adversaires.

Christiane Taubira traîne sur les bancs de l’Assemblée depuis 1993 où elle prend avec son parti Walwari une circonscription à l’hégémonique PSG (Parti socialiste guyanais). Ses discours lyriques séduisent les jeunes et les femmes. Pour les européennes de 1994, Bernard Tapie flaire le bon coup, la bombarde en quatrième position sur la liste Énergie radicale, qui emporte 12 % des suffrages, presque autant que Michel Rocard. “En meeting, elle était aussi bonne que Tapie, voire meilleure”, raconte Isabelle Boyer qui organisait sa campagne.

“Je sais que ma liberté est autant mon œuvre que mon risque”

“On n’a pas de charisme quand on a eu une vie de pot de yaourt”, rigole son amie Esther Benbassa, sénatrice EÉ-LV. Née en 1952, Christiane Taubira grandit à Cayenne dans une fratrie de six, sous l’égide d’une mère gaulliste et bourrée de principes. “Femme, noire, pauvre, quel fabuleux capital ! Tous les défis à relever”, ironise-t-elle dans Mes météores (Flammarion, 2012). Ses années d’étudiante l’éveillent à la politique. Elle lit Frantz Fanon, se coiffe comme Angela Davis et pleure Salvador Allende. Diplômée d’économie, elle fraye avec les indépendantistes guyanais, passé qu’elle ne renie pas.

“Je sais que ma liberté est autant mon œuvre que mon risque”, écrit-elle. Christiane Taubira a varié ses alliances et multiplié d’autant ses ennemis. En 2001, elle défend la loi qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Elle est aussi la candidate du Parti radical de gauche à la présidentielle de 2002. Lionel Jospin, trop confiant, ne la retient pas. Elle obtient 2,32 % des suffrages. Le candidat socialiste est éliminé au premier tour et Taubira désignée responsable. La “dégelée de coups”, écrit-elle, s’abat. Dix ans plus tard, à la primaire socialiste, elle ralliera Montebourg.

Elle apprend à encaisser les coups

Femme, noire, de Guyane. En la nommant à la Chancellerie, Hollande réussit un coup. “Quand on vote FN, on a la gauche qui passe et on a Taubira”, déclare alors Jean-François Copé. “Pauvre Copé… Christiane, parce qu’elle est qui elle est et vient d’où elle vient, a toujours droit à son lot d’idées préconçues, de sarcasmes et de plaisanteries douteuses”, critique Bernard Tapie. Le 18 mai, pour sa première sortie comme garde des Sceaux, Christiane Taubira assiste à un match de basket entre détenus, dont l’un s’évade. Les snipers de l’UMP s’en donnent à cœur joie : “incompétente”, “angélique”. Elle qui n’a pas la langue dans sa poche choisit de se taire.

Christiane Taubira n'a pas bronché. Depuis des mois, la garde des Sceaux a toujours pris soin de laisser les sujets touchant à la famille et la santé (comme la PMA) hors du cadre du projet de loi sur le mariage pour tous. Ministre du code civil, elle sait que c'est d'abord elle qui restera dans l'histoire comme la ministre ayant ouvert le mariage et l'adoption aux couples de même sexe, même si sa collègue de la famille, à ses côtés, ne ménage pas sa peine.

L'ancienne candidate à la présidentielle de 2002 (sous la bannière du parti radical de gauche), entrée en mai dernier dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, a pris une dimension nouvelle à la faveur du premier (le seul ?) grand débat parlementaire du quinquennat. À coups de discours offensifs face à la droite, la ministre a semblé réveiller la majorité après un début de quinquennat bien morne. Elle a même réussi à la ressouder alors que, sur d'autres sujets, la rupture du PS majoritaire est consommée avec le Front de gauche, et que les relations sont détériorées avec les écologistes.

Tout a commencé le 29 janvier, avec son premier discours pour présenter cette réforme. En une demi-heure, sans lire ses notes, Christiane Taubira rappelle l'histoire du mariage civil, la longue marche vers l'égalité républicaine que parachève cette loi. Du droit, rien que du droit, et un soupçon de poésie. « Nous sommes fiers de ce que nous faisons. Nous en sommes si fiers que je voudrais le définir par les mots du poète Léon Gontran Damas : l’acte que nous allons accomplir est “beau comme une rose dont la tour Eiffel assiégée à l’aube voit s’épanouir enfin les pétales”. Il est “grand comme un besoin de changer d’air”. Il est “fort comme le cri aigu d’un accent dans la nuit longue”. La gauche l'ovationne.

Les députés sont subjugués. « Sous la cinquième république, il y a eu trois grands discours, explique le socialiste Bernard Roman : Simone Veil sur l'IVG, Robert Badinter lors de l'abolition de la peine de mort. Et Christiane Taubira. » Le réseau social Twitter se pâme. Des internautes se cotisent pour lui offrir un bouquet « géant » et récoltent 7 500 euros, qu'elle décide de reverser à l'association d'accueil des jeunes homosexuels Le Refuge.

Aux suspensions de séance, les députés se bousculent pour la saluer ou l'embrasser. Vendredi soir, Claude Bartolone fête son anniversaire pendant la séance, la soirée se termine à la buvette. Le lendemain, il lui organise une haie d'honneur surprise. Dans l'après-midi, le socialiste Nicolas Bays se glisse jusque son banc pour lui offrir un livre d'estampes japonaises. « Pour lui apporter douceur et sérénité », dit-il. En quelques jours, Christiane Taubira est devenue une mascotte. « C'est le moment Taubira », résume Christian Paul (PS).

À gauche, les compliments sont unanimes. Matthias Fekl (PS) : « C'est une femme extraordinaire qui donne beaucoup de dignité à ses débats. » Sa collègue socialiste Corinne Narassiguin : « Face à elle, la droite a du mal à imposer sa présence. » Alain Tourret (radical de gauche): « C'est un grand orateur. » Sergio Coronado (écologiste) : « Elle est géniale. » Marie-George Buffet (Front de gauche) : « Cette femme a une compétence réelle au niveau du droit, elle connaît ses dossiers. Mais surtout, elle donne du sens à ses propos. Quand on l'entend, on a l'impression d'être intelligent. »

« On est tous un peu amoureux de Christiane », s'amuse Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée.

Candidate à la présidentielle sous l'étiquette du parti radical de gauche en 2002, cette ancienne indépendantiste, députée de Guyane depuis 1993, a un temps été accusée au PS d'avoir divisé la gauche au premier tour. Et d'avoir contribué, avec 2,32 % des voix, à l'élimination de Lionel Jospin – en réalité, elle ne souhaitait pas se présenter et avait proposé d'être sa porte-parole de campagne, mais celui-ci avait refusé. Un épisode que certains députés UMP n'ont d'ailleurs pas manquer de lui rappeler au cours des débats...

« Elle incarne la gauche »

En 2012, elle soutient Arnaud Montebourg à la primaire socialiste. Elle entre ensuite au gouvernement par défaut, à la place de Jean-Michel Baylet, président du parti radical qui refusait de quitter la présidence de son conseil général. « Il fallait trouver un autre radical », explique Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois de l'Assemblée nationale.

De son ministère de la justice, elle était restée relativement discrète. Au début du quinquennat, la droite voyait même en elle un des maillons faibles du gouvernement et l'éreintait lors des séances de questions. Ces derniers mois, elle avait surtout fait parler d'elle pour les difficultés d'organisation de son cabinet, son caractère réputé pas facile, ou encore la relative lenteur de son équipe à mettre en œuvre certaines promesses de campagne de François Hollande en matière de justice.

Au deuxième jour du débat sur le mariage pour tous, la publication par son administration d'une circulaire sur les enfants nés de mères porteuses à l'étranger a d'ailleurs été jugée peu opportune par Matignon et l'Élysée, et déclenché les foudres de l'opposition.

Mais depuis le début de l'examen du texte sur le mariage pour tous, Christiane Taubira s'est révélée par quelques interventions très marquantes, qui ont souvent fait mouche face à l'opposition. « Elle a un truc que n'ont pas les autres ministres. On la voit comme la femme d'un combat. Elle parle sans notes, dans un français soutenu et avec une musicalité dans la voix qui nous emporte », détaille Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois. « Elle ne se contente pas de son charisme. Si elle sait parler à nos émotions, elle parle surtout à notre raison et notre intelligence. Ces interventions ne sont jamais “faciles”, toujours charpentées, argumentées, fines, précises... », explique Barbara Romagnan, de l'aile gauche du PS.

Ses interventions sont surtout des “précipités” de ces principes fondamentaux de la gauche (République laïque, démocratie, foi en l'éducation, référence aux Lumières qui émancipent, ouverture au monde, etc.), dont l'évocation galvanise immanquablement la majorité. « Quand elle parle, c'est sans compromis, explique Sébastien Denaja (PS). Elle assume tout. En plus elle n'est pas socialiste, donc elle incarne la gauche à merveille. »

Le 30 janvier, quand l'UMP Wauquiez demande un référendum sur le mariage pour tous, la réponse fuse, cinglante et ovationnée par son camp. « Nous posons les mots sur des sentiments et des comportements. Oui, il reste hypocrite de ne pas voir ces familles homoparentales et ces milliers d'enfants exposés au regard social réprobateur. Vous nous parlez des effets psychologiques sur les enfants, mais ces effets sont d’abord le fait du regard social, des discriminations, du rejet, du refus d’une citoyenneté !(...) Nous statuons en droit. Il s’agit ici de droits et de libertés. »

Mariage pour tous, Christiane Taubira !

Quelques heures plus tard, à 2 h 20 du matin, elle termine la première journée complète de débats par une salve de remerciements. Aux socialistes Patrick Bloche et Bernard Roman, « qui ont joué un rôle pionnier en la matière depuis de nombreuses années et ont eu raison de ne pas désespérer ». À Élisabeth Guigou, garde des Sceaux au moment du Pacs, « qui a marqué l’ouverture de quelques droits pour les couples homosexuels ». Elle cite les députés d'opposition Franck Riester et Yves Jégo, rares pro-mariage à droite, et l'ancienne ministre Roselyne Bachelot qui a « osé affronter » son camp.

Christiane Taubira évoque aussi la « désespérance » des jeunes homosexuels, le « suicide » de certains. Elle rappelle que « souvent dans l'histoire, c'est la mobilisation de groupes minoritaires qui a fait progresser le droit général sur les questions d'égalité ».

Christiane Taubira profite aussi de ce moment pour répondre à Bruno-Nestor Azerot, député de Martinique (apparenté Front de gauche), élu d'outre-mer comme elle, qui dans l'après-midi a dit son opposition au texte en invoquant l'esclavage, à la grande joie de l'opposition. « Au temps de l’esclavage les couples n’avaient pas le droit de se marier, car chacun, selon le code noir, était un bien meuble et appartenait, en cette qualité, au patrimoine de son maître, dit-elle. Il est certain qu’on ne reconnaît pas aux meubles le droit de se marier ! »

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mercredi 6 mars 2013

10 Questions au théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'baya !

Brillantissime, le théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya est un expert "non autoproclamé" du protestantisme congolais. Sans aucune prétention, il est l'un de meilleurs connaisseurs de l'histoire de l'Eglise en République démocratique du Congo. Philippe Kabongo M'baya est pasteur de l'Eglise Unie de France, paroisse de Robinson, dont l'un des paroissiens fut l'illustre philosophe français Paul Ricoeur. Son livre "Eglise du Christ au Zaïre", Edition Karthala, Paris, 2000 est le fruit de sa thèse de doctorat dont l'un de membres du jury n'était autre que le professeur Elika Mbokolo, Directeur d’études à l’EHESS qui à travers la thèse de Philippe Kabongo M'Baya découvrait en même temps le protestantisme de son pays d'origine. En 1994, venant de la France, nous étions tous les deux à participer au Synode national de l'Eglise du Christ au Congo (Zaïre à l'époque) au Lycée Shahumba à Kinshasa. Tout en s'engageant au nom de l'Eglise auprès des pauvres, des mal-logés, des isolés, des personnes fragiles et des migrants, l'engagement politique de Philippe Kabongo M'baya, pour la démocratie et contre la dictature totalitaire en République démocratique du Congo, est connu de tous. Le théologien Philippe Kabongo Mbaya est du côté de la résistance congolaise, de même sous le régime nazi en Allemagne avec Adolphe Hitler, il y eut des théologiens protestants résistants, le plus connu demeure Dietrich Bonhoeffer. Dans l'engagement du pasteur Philippe Kabongo M'baya, deux images de Jésus transparaît: la première est celle de la compassion de Jésus et du miracle de la multiplication de cinq pains et deux poissons pour nourrir la grande foule (Matthieu 14:14-21). La seconde est celle de l'indignation de Jésus qui chasse les marchands du Temple de Jérusalem (Jean 2: 13-22). Jésus le Christ détestait voir des marchands faire du commerce à l'intérieur d'un lieu saint et sur le compte de Dieu. Car la maison du seigneur n'étant pas une boutique, mais plutôt celle de la prière. Par métaphore, pour ne pas tomber dans le premier degré, il faut voir le Temple comme l’âme de l'être humain et les marchands comme des impuretés qu’il faut ôter, tandis que Jésus-Christ est la lumière du Divin en soi-même ! Les réponses à nos 10 questions par Philippe Kabongo M'Baya sont directes, intelligentes, limpides sans bafouillement !

Le théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya est professeur à la Faculté Protestante de Paris. Photo Réveil FM

1. Réveil-FM International: Chez les protestants depuis la Réforme, tout le monde est pape Bible à la main. En tant que théologien comment analysez-vous la démission du pape Benoît XVI ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: On doit d’abord se mettre à la place de beaucoup de nos amis catholiques. Bien que le pape ne soit pas mort, je ferais néanmoins cette comparaison. Le jour où la reine Elisabeth fermera les yeux, il y aura des foules de Britanniques en larmes, et même ailleurs dans le monde. Que l’on soit monarchiste ou républicain, admirateur de la reine ou non, on ne peut pas ignorer la peine des autres. Je pense donc aux catholiques qui sont inquiets et tristes.

Les conflits, les crises et les scandales qui balafrent cette Eglise sont profonds. Qui peut s’en réjouir? Cela étant dit, Benoit XVI n’a pas laissé un héritage glorieux pour l’œcuménisme. C’est un l’euphémisme.

Sous Jean-Paul II et Benoît XVI, le rejet des protestants et la phobie à l’égard des évangéliques ont pris une tournure affolante. La réhabilitation des catholiques intégristes, réactionnaires, parmi eux beaucoup de racistes, s’est accomplie avec empressement. Presque allégrement !

Benoît XVI a travaillé acharnement pour mettre à genoux la théologie de la libération. Je pense qu’un théologien non occidental peut lui accorder toutefois d’avoir posé le problème de la sécularisation et, surtout, celui de la légitimité des Lumières.

Mais ses réponses et ses orientations nous laissent sur notre faim. Enfin, comme je l’ai indiqué sur mon mur du compte Facebook, cette démission m’a révélé quelque chose sur le rapport des catholiques à la souffrance. «  Qu'il s'agisse de la force qui endure la souffrance jusqu'à l'impossible (le cas de Jean-Paul II) ou de celle qui, par la souffrance, opère le retrait telle une faiblesse (l'exemple de Benoît XVI), l’ambiguïté demeure. » Je n’en dis pas plus. L’actualité très troublée y va avec de nouvelles supputations...

Philippe Kabongo M'baya dans le temple de Robinson. Photo Réveil FM

2. Réveil FM International: Le protestantisme en RDC est présenté comme la plus dynamique en terre africaine voire dans le monde, quels sont ses atouts et ses faiblesses ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: Voilà une question qui tue ! Faisons tout de suite une distinction nécessaire. Il y a le protestantisme des princes de l’Eglise, celui de la mangeoire ; mais il y a aussi le protestantisme de la base, celui du peuple souffrant, qui endure un destin injuste et cruel. C’est ce dernier qui m’intéresse. C’est lui également qui impressionne des démographes et des missiologues, car sa croissance, numériquement, est exponentielle.

Cette évolution est un atout important. Elle recoupe d’ailleurs la tendance démographique générale en cette région de l’Afrique. Il est intéressant de voir qu’à la différence de l’autre épicentre de ce même phénomène, c’est-à-dire le Nigéria et sa sous-région, la compétition avec l’Islam est quasi nulle en Afrique centrale. Comme beaucoup de ces experts sont d’une manière ou d’une autre proches des visions occidentales pour ces choses, la résistance et le développement du christianisme (et surtout du protestantisme) en Afrique rassure face à l’islam.

Evidemment les sociologues et les historiens du continent n’ont pas d’emblée cette priorité en tête. Le vrai défi pour nous, c’est l’enracinement du protestantisme dans la condition réelle de nos sociétés.

Les guerres, les pillages de nos ressources, la pauvreté, la loi de la jungle, la barbarie politique, l’urbanisme de détresse, la mort établie partout : nous avons affaire à un christianisme du désarroi, qui profite de la crédulité atavique et de l’obscurantisme généralisé qui déshumanisent nos populations !

Dans une société marquée par un imaginaire de duperie, d’escroquerie, on vit d’une formidable illusion que tout est « possible ».

Habituellement, le protestantisme se caractérise par trois traits : la centralité de la Bible pour la vie religieuse individuelle et collective ; la certitude de l’amour de Dieu qui relève et régénère; le sens de discernement, le libre examen et le jugement critique. Du kimbanguisme aux Eglises de réveil, en passant par les communautés protestantes classiques, la religiosité populaire reprend à sa manière pas mal de ces critères.

Cependant elle repose sur un socle fragile, peu viable. Bien que diffus, le protestantisme dans ce sens large reste influent dans le pays. Toutefois, c’est un protestantisme du désarroi qui prolifère comme certaines herbes folles poussent et meurent sur de tas d’immondices. Il manque de théologiens capables de transformer cette décomposition en énergie pour nourrir des milieux et des groupes moteurs. Je ne m’attarderais pas sur le protestantisme du spectacle et de l’envoûtement, qui ne jure que par le « m’as-tu vu ».

La célébration de l’arrivisme cliquant chez certaines Eglises de réveil cultive le désengagement et fait ses choux gras avec la résignation des foules face aux fléaux et à toutes les misères qui les accables.

Un « protestantisme » profondément cynique et sans piété, qui n’est au fond qu’une traduction de la prédation économique dans l’espace spirituel !

Sola scriptura (ablatif latin signifiant « par l'Écriture seule ») désigne le principe protestant selon lequel la Bible est l'autorité ultime à laquelle les chrétiens et l'Église se soumettent, pour la foi et la vie chrétiennes. Philippe Kabongo M'baya lisant la grande Bible de sa paroisse de Robinson. Photo Réveil FM

3. Réveil FM International: L'Eglise du Christ au Zaire avec l'évêque Bokeleale était un mimétisme sur le MPR de Mobu tu Sese seko : "Tata bo Moko, Mama Moko ekolo moko". On a l'impression que l'Eglise du Christ au Congo avec Marini Bodho est devenue politico-religieuse, un soutien au régime des joséphistes, régime d'imposture et d'usurpation...La vision est-elle correcte ? Est-ce que l'évêque Marini Bodho n'est-il pas pire que Monseigneur Jean Bokeleale ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: Oui, hélas, pour le déshonneur de l’Evangile et pour notre honte à tous ! Le matraquage des esprits, la démagogie « nationaliste », le verrouillage de la société : ce slogan de Mobutu n’était que le grondement d’une machinerie redoutable, lancée contre toute forme de critique et de liberté. Les cercles qui s’enrichissaient et prospéraient sous le MPR étaient les mêmes. Ce sont les mêmes qui ont d’ abord cassé l’économie du pays dans les années 1970 avec la zaïrianisation, avant de saccager tous les grands groupes miniers et les pôles économiques porteurs, pour enfin finir par le sabotage de l’espace financier, qui n’était plus d’ailleurs que son ombre, par des réseaux incroyables de blanchiment d’argent. C’était cela le vrai « Tata bo moko, Mama moko… ». Entre temps le FMI et la Banque mondiale sont passés par là, ce slogan d’embrigadement résonnait comme une exhortation machiavélique sur le vide !

Les dirigeants protestants, accrochés à une légitimité acrobatique, ont trouvé dans ce système vampirique de Mobutu le soutien politique dont ils avaient besoin, mais surtout la source principale de leur perfusion. La bâtardisation de l’Eglise s’est ainsi mise en place. Toute la trahison et la perversion du protestantisme d’en haut, depuis Bokeleale jusqu’à Marini et Ngoy Mulunda, relèvent de cette dépravation première.

C’est comme ce que fait aujourd’hui Lambert Mende ou Sakombi Inongo en son temps : on se complait dans l’abjection et l’immoral sans états d’âme. Les Kinois le savent : « miso makasi, ndoki te… » A côté de ces hommes d’Eglise ignobles, il y a eu des dignes fils du protestantisme. Je rends grâce pour le professeur Jean Masamba Ma Mpolo. Mais nous voyons ce que fait aujourd’hui le Dr. Mukwege.

  Est-ce que Marini Bodho n'est-il pas pire que Jean Bokeleale ?

Ils sont identiques, chacun d’eux dans son espèce. Brutal, brillant et assez illuminé : c’était Bokeleale. Sournois, médiocre, sans vision : c’est Marini. Tous les deux incarnent un système rodé de manipulation et de nihilisme dans l’Eglise.

Leur niveau intellectuel problématique et leurs qualités morales modiques ont fait qu’ils soient perpétuellement complexés devant la hiérarchie catholique romaine et ses pompes.

Ce phénomène a été si profond chez eux que le mimétisme des évêques romains, de leur posture, et de leur gestuelle, et même la reprise des appellations de choses, ce mimétisme est devenu pathétique.

Voilà ces « seigneurs » protestants, qui intriguent tout le monde : certains les trouvent folkloriques, d’autres loufoques.

Corsetés dans un maniérisme pitoyable, ils se donnent une identité d’esbroufe, surréaliste et toujours de mauvais goût. Ils ont toujours cru qu’ils pouvaient personnifier une Eglise respectable, sans se poser la question de la source de leur propre dignité !

C’est donc le système qu’il faut voir, et non ses animateurs. C’est pour cela qu’il y a cette étonnante continuité. Ces deux personnalités ont eu la même intelligence de ce que l’on doit être, non pas tant devant Dieu, mais dans le regard des hommes. Et donc pour eux, l’Eglise est avant tout la courtisane de l’Etat, une séductrice perpétuellement en quête de reconnaissance. Quel naufrage !

C’est en grande partie à cause d’eux, de l’étendue de leur contre-témoignage, que beaucoup de membres ont quitté nos communautés pour rejoindre les Eglises de réveil. Avec leurs réseaux de sous-fifres et de subalternes, ils ont pompé comme il faut les organismes « bailleurs » à l’étranger, mais également asséché toutes les ressources, dilapidé tous les moyens des communautés locales.

Bokeleale et Marini ont fait des émules, qui vivent largement aujourd’hui de cette rente de la honte, aux crochets de Kanambe ou d’autres personnalités corrompues, en toute quiétude. Les milieux qui contrôlent ou s’accaparent toutes les liquidités du Congo sont les seules relations qui les intéressent. Y compris les réseaux de trafic d’armes, de minerais, d’animaux rares et d’objets précieux de notre art ! Que dire alors de mabonza ? Du vivant de Bokeleale, le combat autours la collecte lors du culte au temple du Centenaire a été homérique.

C'est la Croix qui nous a valu le salut et rien d'autre, dixit Philippe Kabongo Mbaya. Photo Réveil FM

4. Réveil FM International: Le protestantisme, c'est le respect de la diversité: il y a des baptistes, luthériens, réformés, évangéliques, pentecôtistes... pourquoi avoir imposé l'épiscopalisme à tous les représentants de l'Eglise du Christ au Congo ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: La cupidité est quelque chose qui concerne le pouvoir et pas seulement l’argent. Une organisation homogénéisée, centralisée, hiérarchisée, est un système où la domination et la subordination sont conjointes de manière efficace et majestueuse. Le mimétisme caricatural des pompes ecclésiastiques romaines déjà évoqué a joué aussi un rôle. Mon livre sur l’ECC est éclairant, je crois, pour quiconque cherche à approfondir la question.

Mais ces évêques de l’ECC me font surtout penser aux officiers et aux soldats de notre pays, ces personnages d’apparat, performants à souhait pour les cérémonies exhibitionnistes et solennelles, mais inutiles et nuls pour leur unique et véritable mission. C’est comme une malédiction pour le Congo.

Il n’y a que chez nous, il me semble, qu’on trouve une telle abondance de rôles et de fonctions de pacotille. L’amour des titres ronflants, le besoin d’en mettre plein la vue aux autres, qui ne sont pourtant pas dupes : cela participe de cette culture de duperie, de cette superficialité illusoire, qui favorise l’escroquerie et la forfaiture.

Kinshasa est peuplé de médecins improbables, d’avocats invraisemblables, etc. qui sont responsables de malheurs inconsolables! Regardez le nombre de Bishops et d’Archi-bishops  auto-proclamés, le délire est sans limite. Les fous et les conduites collectives indéfinissables en disent long, vous savez, sur l’équilibre sociétal.

  5. Réveil FM International: Les congolais de France vous considèrent comme leur pasteur aumônier, comment voyez-vous le mouvement des Résistants-Patriotes-Combattants Congolais, en France et dans le monde ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: Je ne suis flatté qu’à moitié par cette « considération » que selon vous nos compatriotes me vouent. Je suis pasteur de l’Eglise protestante unie de France.

J’ai fait toute ma carrière au sein du protestantisme français, « grâce » au mobutisme…Mais, quand on dit « aumônier », étymologiquement cela veut dire celui ou celle qui apporte l’aumône.

J’aimerais savoir la nature de l’aumône que j’apporte aux combattants. Une crise d’un tribalisme terrifiant, par sa haine, a été orchestrée par des infiltrés et des manipulateurs de toujours.

L’affaire a pris une dimension cataclysmique. Une campagne haineuse endiablée, destinée à produire de la désorientation parmi les combattants...

Alain Badiou, un philosophe marxiste aux idées claires, a montré comment les français étaient gagnés par cet état, à la suite de l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007.

La presse, les intellectuels, les artistes, les experts (comme on dit) étant passablement devenus des agents d’une vaste mystification qui fait perdre le nord.

Dans notre cas, cette désorientation, distillée par des aboiements effroyables sur le thème de la trahison, a été le fait d’un homme et de ses réseaux. C’est un homme qui n’a rien construit avec ses illustres compères en mobutisme ; cet homme n’a pas beaucoup aidé Jean-Pierre Bemba en 2006; et c’est le même qui s’autoproclame incontournable, aujourd’hui encore, pour les services de l’imposteur au pouvoir à Kinshasa, c’est-à-dire, les mêmes milieux notoirement infectés par les hommes de Kagame…

Des combattants se sont mis à douter ; d’autres ont frénétiquement relayé les torrents d’indignation et de réprobation de l’homme en question. Ledit « Traité de Nice » n’était au fond qu’un prétexte, une affaire dont beaucoup ignorent jusqu’à présent les tenants et les aboutissants. Devant ce confusionnisme atterrant, très peu de combattants ont cherché à avoir mon avis ! J’ai compris pourquoi.

Mais peu importe. Je croyais que face aux graves périls qui nous menacent, ces combattants auraient eu, eux-mêmes, un réflexe de base en matière de discernement : au front, la logique ne peut être que binaire.

Le camp des ennemis et le nôtre. Ils ont leurs collabos et nous nos alliés et nos sympathisants. Et comme les ennemis ne peuvent nous atteindre frontalement, ils ne pourront qu’utiliser les infiltrés et leurs collabos. Comment les identifier ? Comment s’en protéger ? Comment ne pas se laisser encercler par leur propagande et leurs actions destructrices ?

Ces questions élémentaires sont restées sans réponse ! Pire, elles ont été balayées du revers de la main chez certains exhibitionnistes invétérés. Ils feignent servir le Congo, mais, en réalité, ce sont des gens qui ne savent pas quoi faire de leur vie ni de leur mort.

Il n’est pas rare que la notoriété d’un engagement sert à dissimiler des objectifs qui lui sont contraires. Ainsi agissent certains provocateurs et certains collabos ! Devant cette situation, comment aurais-je pu être utile ?

La théologie n’est pas là pour soutenir la bigoterie, les superstitions, les histoires sans tête ni queue que l’on trouve largement dans la Bible et dans les croyances des Eglises.

La théologie est une discipline critique. Elle est là avant tout pour le renouvellement de l’intelligence.

C’est une des fonctions de la théologie dont on parle peu. Avec un pays comme le Congo, et nous, devenus ce que nous sommes,  réduits à ce point à tourner en rond comme des drogués ou des tarés, qui peut le comprendre?

  C’est la preuve aveuglante de notre carence en matière de l’intelligence critique, de la perspicacité historique, de l’organisation des capacités en vue de maîtriser cette réalité !

C’est à cette aumône que je voudrais apporter mon obole, en plus de mon engagement personnel contre ce régime odieux que nous avons à détruire. Il y a là un devoir historique majeur qui consiste à éliminer ce pouvoir par tous les moyens imaginables et nécessaires.

Philippe Kabongo M'Baya fixant la Croix du Christ crucifié et réssuscité. Photo Réveil FM

6. Réveil FM International: Joseph Kabila Kanambé est légitimé malgré son imposture et fraudes électorales, les Congolais doivent-ils attendre jusqu'à 2016 ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: Même si la réponse était « oui », alors c’est absolument maintenant que tout se détermine. Attendre serait contre-productif. Mais ma réponse est non. Un non catégorique. Pour trois raisons. Premièrement, par quel pouvoir et par quel mécanisme ces élections-là pourraient-elles être organisées et menées à bien ? Après les tours de Malu-Malu et de Ngoy Mulunda, devons-nous attendre sagement qu’on nous sorte du chapeau un dignitaire kimbaguiste, qui présiderait une nouvelle CENI ?

Actuellement, toutes les institutions au Congo sont fausses, perverties et inefficaces. Les puissances qui ont le dessus sur nous nous ont testés avec le tripatouillage de la « transition » de Sun-City (Afrique du Sud), qui a suivi l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila.

Ces gens-là ont vu que nous pouvions gober et supporter n’importe quoi. Ils ont fait le coup à Jean Pierre Bemba, et donc contre une majorité du peuple congolais ; ils ont vu que les congolais s’excitaient mollement... Le clou sera enfoncé avec les évènements de novembre et décembre 2011. Mais, qu’attendons-nous pour comprendre ce qui se passe ? Regardez avec quelle hargne le Rwanda s’impose sur les dossiers congolais.

Avec une arrogance absolue, les extrémistes tutsi disent à qui veut les entendre : si nous sommes un problème dans cette région de l’Afrique, ce que nous pouvons être aussi une solution.

Acceptez-nous tels que nous sommes… ! Je fais un amalgame ? Pas du tout. La reconstruction d’un Etat digne de ce nom et le relèvement du Congo sont les seules choses que le tutsi-power redoute le plus au monde en ce moment.

Eux qui détruisent et pillent notre pays, qui humilient notre peuple et qui appréhendent le retournement des cycles dans la marche chaotique de l’histoire. Il faut secouer cette malédiction et aller de l’avant.

La deuxième raison est que les générations passent. Si nous en sommes là, c’est dû en grande partie à la casse du pays et au démantèlement de l’Etat par Mobutu et son système. La démolition de l’éducation publique a entrainé un alphabétisme social et un délabrement culturel terrifiants.

Dans vingt-trente ans à venir, quelles seront les conséquences du non-Etat, des guerres, des viols massifs de femmes, de la folie pour Dieu, de tous ces fléaux et abominations sous Kanambe ? Même si, de plus en plus les congolais et les congolaises prennent conscience sur le risque d’annihilation collective, rien n’est gagné.

L’agitation et les actions de résistance devraient redoubler de puissance. Au Congo et dans la diaspora, beaucoup sont d’avis qu’il faut rendre ce pays ingouvernable. Mais pourquoi cela tarde tant à s’affirmer ?

On voit où nous conduisent les petits calculs politiciens et les intérêts égoïstes. C’est la loi d’un petit individualisme de survie…

Nous voici devenus la risée du continent. Le point zéro ou la pente manifeste des « moins » ceci, « moins » cela, de la logique perdante d’une Afrique que tout le monde convoite !

Il faut nous projeter en une renouvelle ambition pour le Congo. La prise de pouvoir n’est pas du tout un but, mais un moyen pour sauver la Nation. C’est le Congo qui est en danger.

Troisièmement, attendre passivement 2016 serait de l’irresponsabilité totale. Qui nous dit que d’ici là tout tiendra encore ? Il faut anticiper et faire comme si demain ce système devait s’effondrer. La légitimité de Joseph Kabila ( Kanambe) n’est pas aussi bien établie que ça. Je pense que l’imposteur aurait mille fois préféré l’absence de François Hollande à Kinshasa, lors du sommet de la francophonie, que de l’accueillir pour l’entendre dire, le voir faire, ce que l’on sait. Le monde entier a vu la détermination qui a animé les combattants de France, et en particulier Jean-Louis Tshimbalanga, pour cette cause.

A Kinshasa, la position du Président François Hollande n’a pas été un simple coup de semonce ; il n’a pas fait cela uniquement pour la dignité de la France ou celle de l’OIF. Je pense qu’il a pris date. Car c’est aussi de ses propres faiblesses que le régime mordra la poussière.

Je ne suis pas sûr qu’un pouvoir bien assuré de sa légitimité aille à Kampala ou à Addis-Abeba en une telle légèreté. Nous savons maintenant comment interpréter le rire si inconvenant de Joseph Kabila aux différentes négociations régionales sur le Congo.

Il a affiché une assurance déplacée, faussement joyeuse, comme un fou cherche à cacher son malaise. Le régime est désemparé par la conscience qu’il a lui-même de son illégitimité, pas seulement de son impuissance militaire ou son incapacité administrative.

7. Réveil FM International: Que pensez-vous du traité de Nice ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: Lequel ? Celui de la propagande haineuse dont j’ai déjà parlé ou le protocole des négociations entre un groupe de congolais et les représentants de l’Ordre de Saint-Jean de Malte ?

Soit dit en passant, le « Traité de Nice » est aussi le nom d’un important document relatif à la construction européenne. On devrait toujours le préciser. Par rapport au texte que chacun peut lire sur le Net, portant sur le Congo, je n’ai pas grand-chose à dire qui ne soit pas déjà dit.

N’y ayant pas participé moi-même, j’ai besoin de connaître d’autres éléments du contexte afin de mieux cerner certains enjeux. Mais, c’est avant tout l’exploitation et l’instrumentalisation de cette affaire, dans un sens comme dans l’autre, qui me paraissent irresponsable et franchement infâme.

A cause des aboiements et des suites minables que l’on connait, on croise toujours quelqu’un, dans un colloque ou une rencontre importante, pour vous balance sur un ton bénévole  ces paroles de mépris : « ah, vous êtes toujours comme ça, vous autres congolais… »

Il y a une manière de défendre une cause qui la rend indéfendable et une manière de l’attaquer qui met la puce à l’oreille. Sur le principe, les congolais et les congolaises ont non pas seulement le droit, mais encore le devoir de reprendre l’initiative sur leur pays par tous les moyens imaginables et nécessaires. Avant d’ostraciser une catégorie de citoyens, de les accabler de tous les péchés, ouvrons les yeux sur ce qui se passe en ce moment même.

Cessons d’être ridicules. On a envie de dire à tous ces messieurs : pour revendiquer le monopole de la manipulation, gardez-vous d’abord de celui de la bêtise.

Peine perdue : c’est aussi à cause d’eux que le monde entier nous déconsidère.

Au lieu de porter la Croix, Philippe Kabongo Mbaya se répose sur elle. Photo Réveil FM

8. Réveil FM International: Les accords d'Addis Abeba qui viennent d'être signés, sans consultation des Congolais concrétisent-ils la balkanisation du Congo ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: Cette question peut surprendre. Pourquoi pensez-vous qu’un pouvoir qui dirige le pays par défi devrait consulter les congolais ? Qui sont-ils pour lui ? Est-ce la première fois qu’il procède ainsi ?

En 2009, les troupes rwandaises sont rentrées au Congo, dans le Nord-Kivu notamment, sans qu’une information, même de courtoisie, soit communiquée au Parlement !

Monsieur Vital Kamerhe, à l’époque Président du Parlement et personnalité éminente de la majorité présidentielle, dut rompre avec J.Kabila. Les accords du 23 mars de la même année ont-ils été soumis aux autres institutions du pays ?

Quant aux Accords-cadres d’Addis-Abeba, signés par onze pays de l’Afrique centrale et australe, et auxquels quatre organisations internationales sont également parties prenantes au titre de « témoins », leur logique de base devrait nous interpeller.

C’est la mise sous-tutelle de la RDC, avec comme contrepartie diplomatique affichée des considérations sur le militarisme et les ingérences des voisins.

C’est qui nous intéresse c’est ce qui touche au Congo. Or sous ces accords, notre pays apparaît comme soumis à un condominium de 11+ 4 (c’est dans le document !). La souveraineté du Congo se trouve chapeautée par un cartel de « partenaires » d’importance inégale.

Au plan local, il y a un groupe de pays (le Congo-Brazzaville, la RCA, le Sud-Soudan, la Zambie), qui fait plutôt une « force d’appoint », et qui présente à peine une importance comparable à celle de la Tanzanie ou du Mozambique.

Mais, on voit immédiatement un autre cercle d’Etats, formés de « pays incontournables », qui sont l’Angola et l’Afrique du Sud. Viennent enfin les deux pays « moteurs », impliqués jusqu’au cou dans ce qui se passe au Congo, mais qui ne sont pourtant ni marginalisés ni sanctionnés : le Rwanda et l’Ouganda.

Après cet ensemble composite et inégal de pays africains, s’ajoutent les organisations intergouvernementales du continent. Ce sont l’UA, la SADEC et la CIRGL. Sans budget ni vision identifiable sur ces affaires, l’UA délègue systématiquement aux organismes sous régionaux  (La CIRGL et la SADEC) ces dossiers.

Cette dernière apportera d’ailleurs l’essentiel des troupes (sud-africaines, tanzaniennes et angolaises), dans le cadre de ce mécanisme.

La SADEC peut-elle ne pas tenir compte des intérêts des Etats majeurs qui la composent ? Peut-elle ne pas respecter l’équilibre de leurs intérêts ?

A côté de ces organisations africaines, on voit indiquée l’implication de l’ONU, de l’EU et de la France. La Monusco de l’ONU est sur le terrain, avec plus de 17.000 hommes. Que font-ils ? Les affaires criminelles et des scandales à répétition.

Son chef, Monsieur Messy, un américain, se perd toujours dans un verbalisme confondant. C’est intéressant de noter que la France est spécifiée, comme si elle n’était pas comprise dans l’UE !

En procédant par une soustraction logique liée au poids réel de chaque institution dans ce condominium, on constate que l’instance faîtière de l’édifice est en réalité confiée aux Etats Unis, à la France (ou à l’UE) ; l’ONU n’étant habituellement que l’instrument international attitré des USA.

Et comme il est difficile d’ignorer les pays limitrophes du Congo, les pays impliqués dans sa crise et ceux qui comptent, les raisons idéologiques et stratégiques semblent avoir déterminé l’attelage, tel qu’il est. En somme, ces Accords-cadres d’Addis Abeba ont un air de famille avec le dispositif des années 2002-2006, dont le pivot était le CIAT après l’Accord global inclusif de Pretoria. On ne change pas une équipe qui gagne ! Kiadi…

S’agit-il d’un processus déguisé de « balkanisation » de la RDC ? Bien malin qui aurait une réponse simple et sûre à cette question ! Faisons cependant deux hypothèses, car chacune d’elle a sa propre solidité.

Les Accords parlent de : « la revitalisation de la communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) » et de « soutenir la mise en œuvre de son objectif de développement économique et d’intégration régional » Si derrière cette phraséologie reste positionnée l’idée de partage de ressources et de territoire, qui le plan majeur des extrémistes tutsi dans leur vision expansionniste et hégémonique, il s’agirait là d’une approche soft de la « balkanisation ». Ce que l’on empêcherait à Kagame d’obtenir par les voies des armes, il demanderait à la communauté internationale que les congolais le lui concèdent par consentement, à la faveur des pressions diplomatiques.

L’autre hypothèse serait que ces arrangements négociés ne seraient en fait qu’une étape préparant l’avènement des petits « Etats » fantoches, vassalisés par Kigali. Le plaidoyer sur la décentralisation et les déclarations de J. Carson dissimileraient-elles la même chose ?

A bien y regarder, les extrémistes tutsi n’ont guère de choix. Passer à une vitesse supérieure,…cela les démange. Car, aucune des hypothèses évoquées ne pourrait être facilement acceptée par les populations congolaises. Mais, combien de bataillons ont-elles ?

Les experts eux sont, en général, beaucoup plus prudents. Dans ce domaine, en effet, il convient de garder la plus grande circonspection. Il n’y a rien d’aussi imprévisible qu’un peuple faible, poussé à l’extrémité de l’inacceptable.

Pour toute la sous-région, le passage en force ou toute autre aventure stratégique et politique du Rwanda créerait une situation de danger généralisé.

Car ce serait un message limpide adressé à l’Angola.

Or tout engagement significatif de l’Angola dans la partition du Congo ne laisserait pas l’Afrique du Sud insensible au partage du butin ! Cela sans compter ses propres plans et affaires en la RDC. Mais ce n’est pas tout.

Le Congo-Brazzaville et le Gabon déstabilisés par un tel chaos, c’est tout le pétrole et d’autres intérêts français qui se trouveraient menacés.

En sachant que sur le terrain, à travers tous ces pays, les investissements américains, britanniques et français non seulement se croisent, mais sont souvent imbriqués, on voit tout de suite pourquoi une « balkanisation » militariste du Congo serait une solution très risquée pour tout le monde. On comprend peut-être aussi ce qui justifie l’engagement des puissances non-africaines aux Accords-Cadres d’Addis Abeba.

9. Réveil FM International: L'intelligentsia congolaise joue-t-elle vraiment son rôle ? Pourquoi avec tant d'intellectuels notre pays n'arrive pas à s'en sortir ni à décoller ? En un mot est-ce-que les intellectuels ont échoué ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: Je serais bien présomptueux pour répondre à cette question. Mais, n’est-ce pas la même interrogation quand on dit : il n’y a pas de leadership dans ce pays …

Ce pays n’a-t-il pas une élite ? Cette question n’est-elle pas sournoisement accusatoire ? Si j’étais de mauvaise foi, je répondrais : un peuple a l’élite qu’il mérite. C’est-à-dire, celle qu’il se donne. Ce n’est pas qu’une pirouette, après tout !

La panique alimentaire fait que tout le monde au Congo est devenu négociant. Parmi tous ces petits commerçants, il y a des vrais génies en affaires, vous savez ? Tout ce qui manque ce sont des vrais moyens d’investissement et un climat de stabilité. L’analogie est valable pour les « entrepreneurs religieux ».

Leurs talents sont époustouflants, leurs réussites aussi ! Dans tous les domaines, les congolais qualifiés sont disponibles. On trouve parmi eux des gens tout à fait excellents dans leur discipline.

Pourquoi en ce qui concerne l’organisation du pays et la prise en charge de sa direction le manque est-il béant ? Simplement parce que depuis la colonisation, nous avons appris que la réussite est une affaire personnelle, individuelle. Pendant le mobutisme, les choses se sont aggravées.

Le Parti-Etat étant responsable de tout, jusque dans les vies privées, le sens de l’initiative étant combattu, l’égoïsme est devenu la règle, une seconde nature.

Je ne parle pas de l’embrigadement intensif des intellectuels dans le système. Je ne parle pas de ceux qui ont été condamnés à l’exile.

A l’effondrement du mobutisme, nous nous sommes retrouvés avec une société matériellement et mentalement exsangue. Une société complètement laminée au plan de ses ressources de confiance en vue d’un destin commun. Ainsi toutes les conditions de la désorientation et du désarroi étaient-elles réunies.

C’est très évident que dans pareille situation, seuls les aventuriers les escrocs osent ; mais ce sont les hommes en armes qui tranchent, et pas seulement les décisions, mais également les têtes.

Quand on ajoute à cela le problème terrible que nous avons avec l’organisation, avec l’intelligence pratique, l’anticipation…tout se complique.

Un congolais veut tout faire tout seul. Il est capable d’aspirer à une chose et en même temps d’aimer son contraire. De préférence en en brulant les étapes ; au dernier moment, c’est la précipitation portée par une frénésie aveugle en faveur d’un résultat immédiat.

Les contraintes de la coordination et le temps indispensable aux processus permettant que les choses murissent nous insupportent ! Cette culture de l’instantané, reliquat de certaines croyances, est un grand handicap.

Quand les choses demandent plus d’effort et nous imposent de la patience, beaucoup s’en désintéressent ou croient qu’il y a anguille sous roche. Et comme il faut à tout prix y arriver, on devient paranoïaque. On n’a pas échoué par que l’on n’était pas bon, mais à cause des autres qui nous en veulent… Cet état d’esprit n’épargne pas les intellectuels. Ils sont plus individualistes, c’est vrai. Le pourcentage d’arrivistes et de carriéristes est fort prononcé dans ces milieux.

Ce n’est pas nécessairement parmi eux qu’on va trouver les initiatives les plus audacieuses et déterminantes. L’opportunisme et le louvoiement, voilà ce qui les caractérise, au Congo comme partout ailleurs.

Mais l’espérance que beaucoup placent dans les élites ou les hommes providentiels n’est-elle pas surdimensionnée en ce moment chez les congolais ? Il faut que le peuple congolais sorte de ses chimères qui consistent à croire qu’un messie lui est promis.

Cette disposition mentale ne donnera jamais rien de bon. Si un messie existe et que par bonheur il vienne nous délivrer, nous deviendrions nationalement ses obligés, courbés par une dette de soumission, ses esclaves. Je répète toujours cette phrase de Hegel : « Malheureux le peuple qui a besoin de héros… ».

Si le messie ne vient pas, parce qu’il n’existe pas, alors nous mourrions de l’attendre. Dans un cas comme dans l’autre, nous aurions intérêt à penser et à nous positionner différemment. Et cela radicalement. C’est le choix de la liberté qui fera de nous des hommes et des femmes méritant un tel pays. Ayons le courage de devenir notre propre libérateur.

En octobre et novembre 2011, j’avais interprété l’extraordinaire mobilisation du peuple congolais en faveur d’Etienne Tshisekedi comme un signe justement de l’auto-détermination du peuple lui-même.

Comme s’il n’avait fait que prendre possession ce leader, se l’appropriant pour le changement qu’il voulait coute que coûte s’octroyer.

C’est cela la construction d’un leadership collectif, avec un projet, un nom et une volonté historique partagée. La répression, mais sans doute aussi un fond de ce messianisme de la résignation, ont vite refroidi les enthousiasmes. Les habitudes et les contraintes quotidiennes ont repris leurs droits.

Je remarque qu’une majorité de nos compatriotes souhaiteraient que le Cardinal Laurent Monsengwo soit promu le prochain Pape des catholiques.

De même qu’en 2008 tous les africains rêvaient de voir B. Obama aux manettes des USA. Ces compatriotes s’imaginent que l’archevêque de Kinshasa contribuerait ainsi plus efficacement à la résolution de la crise du Congo.

Or, c’est le contraire qu’il faut craindre avec cette hypothèse, qui n’a d’ailleurs qu’une chance infime de se réaliser. Promu Pape, le Cardinal congolais perdrait à coup sûr tout ce qui lui reste encore de liberté. Sans compter les vastes problèmes qui l’accapareraient pour la gouvernance aujourd’hui minée du catholicisme mondial.

Si Jean-Paul II a pu peser sur le changement en Pologne, c’est que l’opposition sur place, farouchement déterminée, était solidement et puissamment organisée autour du mouvement « Solidarité » de L.Walesa. Les USA et tout l’Occident soutenaient cette dissidence. L’empire soviétique en pleine mutation n’était plus qu’un intitulé étatique.

Ces conditions sont loin d’être comparables aux nôtres au Congo. La recherche d’un messie est un millénarisme attardé, qui empêche toute lucidité sur les vrais problèmes et ce qui nous arrive.

10. Réveil FM International: Macky Sall, le président sénégalais voudrait réduire son mandat actuel à 5 au lieu de 7 ans. Au Congo, le tripatouillage de la Constitution de Liège a ouvert la porte à tous les abus, on a réduit les deux tours de l'élection présidentielle à un tour rien n'est nous dit pas que Joseph Kabila va encore tricher...Faut-il une Constitution écrite par des Congolais eux-mêmes?, quelles sont les garde-fous pour que les élections soient libres, démocratiques et transparentes en RDC ?

Théologien-Pasteur Philippe Kabongo M'Baya: Pour mettre les pendules à l’heure, il faut préalablement disposer d’une horloge. Nous parlons du salut de la Nation. Dans le discernement des priorités, cette question est cruciale.

C’est une question de vie ou de mort touchant à notre devenir collectif. Particulièrement en ce moment. L’organisation des institutions, la mise en place de mécanismes de leur contrôle, les solutions permettant de vaincre les dysfonctionnements, les abus, etc. : ces questions ont toutes leur légitimité, bien sûr. Toutefois, dans mon entendement, elles ne sont ni des préalables ni des conditions obligatoires au regard de ce qui menace le Congo.

Puisque le texte de la Loi fondamentale qui régit les institutions actuelles a été rédigé à Liège, avec toutes les conséquences que vous relevez, que faut-il faire afin que cela ne se reproduise plus?

Bien évidemment compte tenu du fait que ce sont les mêmes protagonistes locaux et étrangers qui sont toujours là, la même compréhension des enjeux qui prédomine, les mêmes manœuvres et manipulations qu’on privilégie, ces choses vont nécessairement se reproduire. Peut-être dans un format encore plus effroyable ! Ce que font les élus venus de l’opposition, ayant décidé de siéger au Parlement de Kanambe, est tout-à-fait édifiant.

Les uns courent vers des alliances rocambolesques et ruineuses avec les forces négatives… ; les autres lancent des plates-formes d’équilibristes, etc. : la conscience que le piège est en train de se refermer est assez palpable.

Il aurait fallu tenir ferme. La lutte concernant la « vérité des urnes » aurait été plus claire, plus cohérente. Un Parlement sans opposition crédible, c’était la seule chose à faire pour mettre à nu le « vice de fabrication » en amont, lors du sabotage et de la perversion des élections.

Même dans cette incertitude, il est possible que des élus se disant de l’opposition votent en faveur de la modification de la Constitution au mépris de l’article 220 ! Par réalisme alimentaire, mais également par cet illettrisme politique et l’indigence de convictions ou plutôt de vision.

S’il est stratégiquement normal d’être présent partout où les affaires du pays sont concernées, on ne devrait pas pour autant perdre de vue l’essentiel : il s’agit de changer de paradigme. C’est une obligation de penser et d’agir autrement pour le Congo. Conscients de cela, nous savons ce qui nous reste à faire.

Nous doter d’une intelligence et d’un courage à la hauteur de l’épreuve. Seuls les congolais pourront sauver leur pays. Que Dieu nous viennent en aide.

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mardi 5 mars 2013

Hugo Chavez est mort !

Le président vénézuélien est mort mardi 5 mars à l'âge de 58 ans des suites d'un cancer, a annoncé le vice-président Nicolas Maduro à la télévision. "Nous avons reçu l'information la plus dure et la plus tragique que nous pouvions annoncer à notre peuple. A 16h25 [21h55 à Paris], aujourd'hui 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chavez Frias", a déclaré M. Maduro.

Hugo Chavez le Commandante est décédé

AGGRAVATION DES PROBLÈMES RESPIRATOIRES

Lundi, le gouvernement avait déclaré que les problèmes respiratoires d'Hugo Chavez s'étaient aggravés et que le président vénézuélien souffrait d'une nouvelle et sévère infection pulmonaire. Dans un bref communiqué lu par Ernesto Villegas, le ministre de l'information, le gouvernement avait ajouté que l'état de santé du président socialiste restait "délicat".

"A ce jour, il y a une aggravation de la fonction respiratoire en relation avec son état d'immuno-dépression, propre à son état clinique", avait déclaré M. Villegas en lisant un communiqué diffusé dans tous les médias du pays depuis l'hôpital militaire de Caracas où le président vénézuélien est soigné. "Actuellement, il présente une nouvelle et grave infection", avait ajouté le ministre.

Le président vénézuélien, 58 ans, était rentré à Caracas il y a deux semaines et avait été immédiatement admis à l'hôpital militaire de la capitale après avoir été hospitalisé pendant plus de deux mois à La Havane où il a subi en décembre une quatrième intervention chirurgicale pour un cancer diagnostiqué en 2011 dans la région pelvienne.

M. Chavez subissait "une chimiothérapie très puissante, entre autres traitements complémentaires", avait rappelé le ministre de la communication. "L'évolution de son état clinique continue d'être très délicate", avait ajouté le ministre.

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Genève: "L'agriculture familiale s'est progressivement féminisée" a déclaré Olivier De Schutter, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation

«Le partage du pouvoir avec les femmes est un outil indispensable de la lutte contre la faim et la malnutrition, c'est aussi la démarche la plus efficace pour la réalisation du droit à l'alimentation», a déclaré Olivier De Schutter, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, en engageant les gouvernements du monde à adopter des stratégies de sécurité alimentaire qui répondent aux contraintes culturelles et redistribuent les rôles entre hommes et femmes.

Genève, la salle du Conseil des droits de l'homme. Photo Réveil FM

Une agricultrice au Libéria. Photo ONU

«L'agriculture familiale s'est progressivement féminisée, à mesure que les hommes ont quitté l'exploitation agricole pour chercher du travail. Et pourtant les femmes, qui portent de plus en plus leur exploitation et leur famille à bout de bras, se voient trop souvent refuser les appuis qui leur permettraient de prospérer et d'améliorer leur situation – que ce soit dans l'agriculture ou en dehors», a souligné M. De Schutter lors de la présentation aujourd'hui à Genève de son rapport sur les droits des femmes et le droit à l'alimentation au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

L'expert des Nations Unies a salué les initiatives visant à renforcer le pouvoir des femmes, comme la création de quotas pour les femmes dans les programmes de travaux publics en Inde, tout en mettant en garde contre la persistance des obstacles à la participation des femmes dans les activités qui les concernent. «Les femmes ne tireront aucun profit des quotas de femmes dans les programmes de travaux si aucune disposition n'est prise en matière de services de garde d'enfants», a-t-il par exemple expliqué. «Les mesures individuelles ne suffiront pas – les rôles et les responsabilités de chaque sexe doivent être remis en question de manière globale et systématique. »

M. De Schutter a suggéré comme première mesure immédiate à mettre en œuvre la suppression de toutes les lois et pratiques discriminatoires qui empêchent les femmes d'avoir accès aux ressources agricoles telles que la terre, les intrants et le crédit. Il a parallèlement appelé à soulager les femmes du poids des responsabilités domestiques en leur offrant des services publics adéquats tels que gardes d'enfants, eau courante et électricité. Des tâches comme aller chercher de l'eau et s'occuper des enfants et des personnes âgées peuvent représenter l'équivalent de 15 % du PIB dans les pays à revenu intermédiaire, et jusqu'à 35 % dans les pays à faible revenu.

Il a par ailleurs demandé que l'on accorde une plus grande priorité à l'éducation. D'après les données issues d'un échantillon de pays en développement, pas moins de 55 % de la réduction de la faim enregistrés entre 1970 et 1995 pourraient être imputés à l'amélioration de la situation des femmes dans la société. À eux seuls, les progrès enregistrés dans le niveau d'instruction des femmes (43 %) ont eu un impact presque aussi important que l'augmentation de la quantité de nourriture disponible (26 %) et l'amélioration des conditions sanitaires (19 %) prises ensemble.

«Si les femmes bénéficient de l'égalité d'accès à l'éducation, plusieurs pièces du puzzle de la sécurité alimentaire se mettront en place», a-t-il expliqué. «Les dépenses des ménages consacrées à l'alimentation augmenteront, la santé des enfants s'améliorera et les systèmes sociaux seront repensés – pour les femmes, par les femmes – afin de leur offrir un soutien avec les plus grands effets multiplicateurs».

Olivier De Schutter, le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation avait frappé un grand coup en 2011 en publiant un rapport présentant l’agroécologie comme une solution crédible pour nourrir la planète. Pour ce juriste Belge intransigeant et passionné, la faim justifie ce moyen !

L'expert des Nations Unies a par ailleurs appelé les États à mettre en œuvre des stratégies pluriannuelles de sécurité alimentaire qui favorisent la pleine égalité des femmes en œuvrant à une redistribution active des rôles et des responsabilités traditionnels entre hommes et femmes.

M. De Schutter a cité en exemple un programme mis sur pied au Bangladesh intitulé «Bousculer les frontières de la lutte contre la pauvreté» pour montrer que les systèmes de protection sociale peuvent être sensibles aux contraintes auxquelles les femmes sont confrontées, tout en œuvrant parallèlement à réduire ces contraintes. Dans le cadre de ce programme, des biens demandant un travail moins intensif, comme la volaille, sont fournis aux femmes, de même qu'une formation approfondie en gestion des actifs et en développement social.

Cependant, s'il est souhaitable que ces programmes reconnaissent la position spécifique des femmes, ils devraient en même temps pouvoir remettre en cause les structures dont nous héritons: «Entre prendre en considération les contraintes spécifiques et renforcer les rôles et stéréotypes hommes-femmes, la frontière est ténue. Les stratégies en matière de sécurité alimentaire devraient être jugées sur leur capacité à remettre en question la répartition des rôles entre les sexes et à permettre une réelle capacité des femmes d'influencer sur les décisions».

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Vatican: Faux évêque expulsé du conclave

Un Italien déguisé en évêque a réussi à s'immiscer brièvement lundi 4 mars 2013 parmi les cardinaux réunis en «congrégations générales» pour préparer le prochain conclave, avant d'être conduit hors du Vatican.

Rome (Italie), 4 mars 2013. A gauche Ralph Napierski, déguisé en évêque, s'est entretenu notamment avec le cardinal Sergio Sebiastiana, dont il serre la main.

L'homme, portant une soutane noire un peu courte aux jambes ceinte à la taille d'une écharpe violette d'évêque, mais aussi un étrange chapeau mou, a posé pour des photos avec des cardinaux ignorant sa farce. Il a serré des mains et discuté avec un certain nombre de prélats arrivés pour ces réunions, avant d'être reconduit à la sortie par des gardes suisses.

Promouvoir «le Yoga de Jésus»

L'homme, identifié comme Ralph Napierski sur son propre blog, a dit être membre de «l'Eglise orthodoxe italienne» qui n'existe pas et s'appeler «Basilius» (Basile en latin).

Avant que le pot aux roses ne soit découvert, le faux prélat a critiqué les évêques catholiques pour avoir «commis une erreur en déplaçant les prêtres» accusés de pédophilie d'une paroisse à une autre. Ralph Napierski dit avoir fondé l'ordre catholique du «Corpus Dei» et promouvoir «le Yoga de Jésus». Il affirme aussi avoir inventé un «système qui permet aux personnes de contrôler des ordinateurs avec le pouvoir de la pensée».

Ce n'est pas la première mystification dans le cadre de la «campagne» pour l'élection d'un nouveau pape. Des affiches parodiques appelant le Sacré Collège à voter en faveur du cardinal ghanéen Peter Turkson avaient été placardées vendredi dans les rues de Rome.

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lundi 4 mars 2013

Vatican: Chaque cardinal y pense " Et si c'était moi le nouveau pape ?"

Plusieurs noms circulent au Vatican pour le successeur de Benoît XVI.

Après le renoncement de Benoît XVI, un nouveau pape va être élu par les 201 cardinaux actuels. Jusqu'à la semaine dernière, ils étaient 117 âgés de moins de 80 ans à devoir participer au conclave. Après le désistement du cardinal de Jakarta pour raison de santé et la démission du cardinal écossais Keith O'Brien, accusé dans des affaires de mœurs, ils ne sont désormais plus que 115 à prétendre au trône de Saint-Pierre, dont 67 ont été directement nommés par Benoît XVI.

Depuis l'annonce de la démission du pape, chacun des 115 cardinaux électeurs du conclave s'interroge inpetto: "Et si c'était moi ?" Avant de baisser précipitamment la mitre pour éviter les balles perdues et les révélations sur la vie privée des uns et des autres qui sifflent de toutes parts pour dégommer les "papabile" et leurs soutiens dans la curie. Tous les coups sont permis.

Dernière victime en date: le cardinal O'Brien, primat de l'Eglise d'Ecosse et grand pourfendeur de homosexualité, a démissionné le 25 février. Trois prêtres en activité et un curé défroqué venaient de déterrer des histoires vieilles de trente-trois ans, en reprochant au prélat d'avoir eu-sans leur consentement-les mains baladeuses durant des séances de prières nocturnes ou des soirées trop arrosées entre copains de séminaire.

Des rumeurs vont également bon train sur des cardinaux africains soupçonnés d'entretenir en loucedé une nombreuse et peu apostolique progéniture.

Plus délicat: quelques-uns de leurs collègues, en Europe comme aux Etats-Unis, sont accusés d'avoir enterré des affaires de pédophilie dans leur diocèse.

A Rome, le quotidien laïque "La Répubblica" s'est taillé un joli succès en évoquant un "lobby gay" au Saint-Siège. Le journal affirme que certains homos en soutane ont joué un rôle clé dans l'affaire des fuites du Vatican ( le"Vatileaks" ), qui s'était soldéee par la condamnation du majordome du pape. Benoît XVI aurait même décidé de démissionner après avoir lu le rapport secret sur cette affaire, qu'il avait commandé à quatre cardinaux.

A en croire "La Repubblica" , ce texte évoquerait également un sauna romain fréquenté par des ecclésiastiques, un centre esthétique ou des "Monsignores" viendraient se refaire une beauté, une résidence universitaire où d'autres éminences prendraient des bains de jouvence, etc.

A croire que les cardinaux-enquêteurs ont payé de leur personne pour tirer l'affaire au clair...

"Médisance, désinformation, calomnie !" a tonné la papauté. Sa Sainteté a pourtant refusé net de communiquer au Sacré Collège le contenu du fameux rapport. Les cardinaux devront donc élire son successeur sans savoir quel fantôme d'éphèbe ou de garde-suisse hante les caves du Vatican. Seul le successeur de Benoît XVI aura le droit de lire en cachette ce texte sulfureux.

Le démenti le plus drôle est venu du "Figaro" (23 février), qui rappelle que le pape sortant n'avait nul besoin de découvrir le poids des gays dans la cité du Vatican. Et pour cause, il connaît bien le terrain: cela fait trente-deux ans qu'il arpente les couloirs du Saint-Siège, d'abord comme cardinal, où il a dirigé l'ex-Saint-Office-chargé de sonder les reins et les cœurs-puis comme pape tout-puissant.

D'autres âmes charitables soulignent que, malgré ses accents anticléricaux, "La Repubblica" compte parmi ses collaborateurs quelques bons chrétiens particulièrement introduits au Vatican.

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dimanche 3 mars 2013

Souvenirs, souvenirs: Jean-Marc Ayrault rencontre des Argentins dans une bidonville de Buenos Aires !

Dans un voyage officiel, tout est programmé. Il n'avait qu'une demi-journée du vendredi 25 janvier pour Buenos Aires et il devait prendre son vol pour Santiago au Chili pour le Sommet du CELAC-UE. C'était courageux pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault de visiter une bidonville, aller à la rencontre des argentins. Lorsqu'on a été pendant longtemps Maire de Nantes et durant 15 ans Président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, le contact avec la population est primordiale voire importante. Pour mieux agir, il faut connaître la ou les réalités par soi-même pour ne se tromper de diagnostique. Même lorsqu'on est Premier ministre, son coeur demeure à gauche ! On peut continuer à aimer les gens, à les respecter pour ce qu'ils sont et sans vouloir les humilier. Et en Argentine, comme dans beaucoup des pays en voie de développement les bidonvilles sont des quartiers pauvres.. situés sur des terrains occupés illégalement, le plus souvent insalubres, marécages, pentes raides des collines, et dont les habitations sont construites avec des matériaux de récupération. Les argentins qui y vivent sont autant argentins que d'autres.

Sur ce petit pont de fortune, notre consoeur Marion Lagardère de France Inter tout en tenant son micro, pour s'être équilibrée touche sa tête...tandis que Jean-Marc paraît serein. Photo Réveil FM

Geste expressif d'une Argentine face au T-Shirt, à l'éffigie de la présidente d'Argentine, tenu par Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

La dame se fait photographier avec le Premier ministre. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault parlant à un artisan et vendeur ambulant. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault salue un marchand ambulant. Photo Réveil FM

Un tailleur de rue explique son travail à Jean-Marc Ayrault . Photo Réveil FM

Deux jeunes argentins avec Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

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Souvenirs, souvenirs: Ayrault rencontre Trezeguet à Buenos Aires !

Du 25 au 29 janvier, le Premier ministre Jean Marc Ayrault était en voyage officiel en Amérique du Sud. Nous étions plusieurs journalistes accrédités à Matignon à l'accompagner. Le vendredi 25 janvier, lui était destiné à aller à la rencontre de la communauté française de Buenos Aires. Coïncidence ou non, le plus Argentin des Français, David Trezeguet, actuellement joueur de River Plate était présent. Pour information l’Argentine est la troisième communauté française d'Amérique latine derrière le Brésil et le Mexique, avec 15 225 inscrits. Et Trezeguet c’est 34 buts en 71 matchs pour les bleus. De bons services rendus à la nation, que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a certainement dû saluer.

Jean-Marc Ayrault en causerie avec David Trezeguet. Photo Réveil FM

David Trezeguet a offert son maillot de River Plate au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

Arrivé un peu plus tôt dans la matinée sur le sol argentin, en compagnie de Benoît Hamon, ministre délégué à l'économie sociale et solidaire et de Bernard Cazeneuve ministre délégué aux Affaires européennes et député-maire de Cherbourg, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault a tenu une allocution devant une foule nombreuse et matinale, rassemblée dans les salons fastueux de l’ambassade de France, sur l’avenue 9 de Julio, à Buenos Aires.

C’est François Hollande qui initialement était attendu pour cette escale rapide (une matinée) à Buenos Aires. Mais les événements au Mali en avait décidé autrement. Jean-Marc Ayrault avait donc fait le déplacement, qui le conduisait quelques heures plus tard vers Santiago du Chili, où se tenait actuellement le Sommet UE-CELAC (la CELAC est la communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes).

Devant les Français de Buenos Aires, Jean-Marc Ayrault avait rappelé les liens anciens qui unissent les deux pays : immigration du 19e et culture sont indispensables dans tout discours officiel impliquant France et Argentine ! Il avait également évoqué la dictature et ses victimes françaises ; il avait déposé plus tôt des fleurs devant les photos de celles-ci, dont les familles étaient présentes.

La sécurité des « compatriotes » avait également été mentionnée, sujet difficilement évitable, en raison des deux faits-divers tragiques ayant touché des Français en Argentine au cours de ses deux dernières années.

Bien sûr, il avait également été question du Sommet UE-Amérique latine, où il se rendait. Le Premier Ministre avait rappelé l’importance des pays émergents aux yeux de l’Union européenne (UE).

Entreprises françaises en Argentine, crise économique, guerre au Mali, avaient constitué les autres chapitres de son discours. Pas de scoop bien sûr, pas de questions-réponses, l’événement se voulait avant tout convivial. Après son allocution, un bon bain de foule était de mise. De nombreuses mains serrées, de nombreuses photos-souvenirs prises, et bientôt Jean-Marc Ayrault s’éclipsait pour aller retrouver Cristina Kirchner, la Présidente de la République d'Argentine. Au programme de l’entretien ? Le premier ministre a évoqué les échanges universitaires… Et les échanges commerciaux ?

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Les trains sont-ils à l'heure en Suisse ?

Boutade, provocation ou plaisenterie de mauvais goût ? Pour un pays fabricant des montres dont l'horlogerie est réuptée au niveau mondial, d'ailleurs pour la majorité de Suisses cette question ne mérite même pas d'être posée: Mais bien sûr que les trains sont à l'heure en Suisse ! Pour un journaliste libre et indépendant qui n'aime pas s'encombrer d'une montre pour garder sa liberté mais qui fait l'effort mental d'être ponctuel, cette question a sa raison d'être. Sans fausse modestie, il faut l'affirmer haut et fort que les trains sont à l'heure en Suisse ! Au début on s'étonne de la ponctualité des trains en Suisse puis on s'y habitue ! Avec Suisse tourisme, nous avons pu vérifier par nous même. Le transport ferroviaire en Suisse se caractérise par un réseau de chemin de fer dense et relativement décentralisé de 5 124 km de lignes et par une desserte assez fine et cadencée du territoire. La majeure partie du réseau suisse (3 754 km) est en voie normale de 1 435 mm, viennent ensuite les voies en 1000 mm (1 312 km), plus 68,5 km de voie de moins de 800 mm. Le réseau est en grande partie (4 984 km) électrifié en alternatif, selon les normes allemandes avec du 15 kV 16 Hz 2/3, à l'exception de quelques tronçons transfrontaliers.

Suisse italienne, un sympathique contrôleur qui parle un français châtié, qui voyant que nous prenions de photos, nous a amené dans le wagon panoramique pour mieux faire notre travail. Malheureusement nous n'avions pas eu le temps de lui demander son nom. Photos Réveil FM

Les quatre principales entreprises actives sont les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF), société anonyme appartenant à la confédération suisse13 opérant sur l'ensemble du pays avec 3 011 km de ligne, le Chemin de fer du Lötschberg (BLS), actif principalement dans la région de Berne avec 449 km de ligne, les Chemin de fer rhétique (RhB), basés dans le canton des Grisons avec 366 km de ligne en voie étroite de 1 000 mm et enfin les Matterhorn-Gotthard-Bahn (MGB) entre Brigue et Coire, avec 144 km de ligne dans le même écartement que les RhB.

Le réseau est ouvert aux marchandises et aux passagers ; 61,8 millions de tonnes ont été transportées en 2009, dont un important pourcentage pour le trafic transalpin; la même année, 437 millionsn 4,9 de voyages en trains ont été effectués, en grande partie autour des agglomérations et sur les lignes Est-OuestSpiess ; le réseau de grandes lignes est complété par de nombreuses lignes régionales.

Le réseau ferroviaire suisse se distingue par le nombre élevé d'ouvrages d'art, avec d'importants viaducs et tunnels ayant mobilisés des moyens importants pour leur construction. Les ouvrages d'art les plus connus sont le tunnel du Simplon et celui du Saint-Gothard, ils font partie des plus grands tunnels construits à la force humaine. Pour assurer l'augmentation du trafic transalpin, plusieurs tunnels ont été construits ou sont en construction, tels que le nouveau tunnel du Lötschberg, fini en 2007, et le tunnel de base du Saint-Gothard, prévu pour 2015.

Le pays est coupé par deux axes, l'un est-ouest et l'autre nord-sud. Ces axes sont considérés comme vitaux pour la Suisse en raison du transit important qu'ils permettent.

L'axe est-ouest reliant Genève (à l'ouest) à Saint-Gall (à l'est) en passant par les principales agglomérations du pays tel que Zurich, Berne, Lausanne, Olten, etc. Il sert surtout au trafic voyageur et au transit de marchandises nationales, contrairement à l'axe nord-sud basé sur le transit international principalement.

De nombreux travaux d'amélioration ont été entrepris ou programmés sur cet axe comprenant la création de lignes nouvelles (ligne Mattstetten-Rothrist) et de contournements (Contournement de Baden). L'acquisition de matériel performant a également contribué à baisser les temps de parcours et augmenter les cadences sur cet axe.

L'axe nord-sud est composé de deux lignes, l'une transitant par le tunnel de base du Lötschberg et l'autre par le tunnel du Saint-Gothard. Pour répondre aux prévisions d'augmentation du trafic des tunnels de base ont été construits. Leur cahier des charges prévoit une vitesse de 250 km/h et des rampes maximales inférieures à 1 %.

Parmi eux il y a le tunnel de base du Lötschberg sur l'axe éponyme de 34 km de long, le premier des tunnels du programme mis en service.

Sur l'axe du Saint-Gothard, trois tunnels sont en construction: le Tunnel de base du Saint-Gothard, celui du Ceneri et celui du Zimmerberg. Leur longueur sont respectivement 55, 22 et 15 km; ils sont programmés par ordre pour 2016, 2018 et 2016.

Les lignes sont dites principales pour le trafic voyageur lorsqu'elles sont fréquentées par des trains d'une certaine importance, ceux-ci sont : les intercity, les interregions, les ICE, les Cisalpin, les TGV et les EuroCity.

Pour le fret, une ligne importante se dit selon le nombre de tonnes transportées, celles-ci se situent aux environs de 2 millions de tonnes/année.

Les lignes à grande vitesse telles que la ligne Mattstetten-Rothrist ou les tunnels ferroviaires construits ou en construction sous les Alpes, sont ou seront ouverts aux marchandises et aux passagers; les tunnels sous les Alpes sont eux construits surtout pour les marchandises, alors que les lignes comme celle citée plus haut pour les passagers. Ces lignes ne font pas comme en France ou au Japon des nouvelles dessertes directes, mais des raccourcis à la ligne de base et/ou des augmentations de vitesses, qui conduisent en tout cas à une baisse du temps de trajet.

En Suisse, les lignes principales sont toutes à voie normale de 1 435 mm et sont toutes électrifiées en 15 000 V et 16 Hz 2/3, à l'exception de 17 km de voie vers la France depuis Genève électrifié en 1 500 V continu.

Cependant, les lignes principales ne sont pas forcément des lignes rapides; par exemple sur la ligne Berne-Lausanne les trains dépassent rarement les 115 km/h.

La plupart des lignes principales appartiennent aux CFF, à l'exception des tronçons ou des lignes de la région de Berne, appartenant pour la plupart au BLS, dont l'important axe des deux tunnel du Lötschberg.

Sur ces lignes circulent presque tout le temps des trains moins importants tels que les S-Bahn, régionaux, etc.

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L'armée tchadienne dit avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar

Après la mort annoncée vendredi de l’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelhamid Abou Zeid, l'armée tchadienne affirme avoir tué le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar.

Le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar dit "Le borgne".

L'armée tchadienne affirme avoir tué, samedi 2 mars, le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar dans le massif des Ifoghas dans le nord du Mali, selon un communiqué de l'état-major tchadien. "Les forces tchadiennes au Mali ont détruit totalement la principale base des jihadistes dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, plus précisément dans la vallée d'Ametetai", samedi à midi, affirme le communiqué, précisant que "plusieurs terroristes" ont été tués "dont le chef Mokhtar Belmokhtar dit 'le borgne'".


COMMUNIQUE DE GUERRE LE GAL ZAKARIA GOUBONGUE... par tchadonline

ATTAQUE CONTRE LE SITE GAZIER D'IN AMENAS

Mokhtar Belmokhtar est un ex-chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avec laquelle il est entré en dissidence en octobre dernier en formant sa propre unité combattante. Chef de la brigade des Moulathamine ("Ceux qui signent avec leur sang"), il a revendiqué l'attaque contre le site gazier algérien d'In Amenas suivie d'une prise d'otages. Mokhtar Belmokhtar, ou son groupe, a menacé à plusieurs reprises de commettre de nouvelles attaques si la guerre au Mali menée par la France ne cessait pas.

Selon le Wall street journal début février, de hauts responsables militaires et des services de renseignement américains envisageaient d'inscrire Mokhtar Belmokhtar sur une liste secrète des personnes à "tuer".

L'annonce intervient après celle, vendredi, par le président tchadien Idriss Déby de la mort d'un des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelhamid Abou Zeid, également tué par l'armée tchadienne, ce qui n'a pas été confirmée par Bamako, Paris ou Alger.

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samedi 2 mars 2013

Syrie: Ban Ki-Moon a rencontré Lakhdar Brahimi le médiateur international pour la Syrie sur les hauteurs de Vevey

La rencontre entre Ban Ki-Moon le secrétaire général de l'ONU et Lakhdar Brahimi le médiateur pour la Syrie a eu lieu au Mont-Pèlerin dans le canton de Vaud, dans le cadre de la réunion annuelle avec les 30 missions de maintien de la paix.

Samedi, 2 mars, à 17h, Ban Ki-Moon s'est entretenu avec Lakhdar Brahimi au Mont Pèlerin. Photo ONU-Evan Schneider

L’ONU est prête à «faciliter un dialogue» entre le gouvernement et l’opposition syrienne, selon un compte-rendu d’une rencontre samedi au Mont-Pèlerin (VD). Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a notamment discuté avec le médiateur international pour la Syrie Lakhdar Brahimi.

Cette rencontre a eu lieu dans le cadre de la réunion annuelle entre le chef de l’ONU et les représentants et envoyés spéciaux qui dirigent 30 missions de maintien de la paix et missions politiques.

Messieurs Ban Ki-Moon et Lakhdar Brahimi ont «discuté des récentes déclarations du gouvernement syrien et de l’opposition faisant part de leur volonté d’engager un dialogue», a dit l’ONU dans un compte-rendu de la réunion.

A ce sujet, les Nations unies soulignent aussi qu’elles «accueilleraient chaleureusement et seraient prêtes à faciliter un dialogue entre une délégation solide et représentative de l’opposition et une délégation du gouvernement syrien crédible et habilitée» à discuter.

Près de 70'000 tués

Vendredi à Genève, le chef de l’ONU avait estimé qu’il y a actuellement «une très petite fenêtre d’opportunité» pour avancer vers une solution politique du conflit, et avait précisé qu’il se référait à un éventuel projet de rencontre entre des représentants de l’opposition et du gouvernement.

Lors de leur rencontre samedi, Messieurs Ban Ki Moon et Lakhdar Brahimi ont exprimé leur «profonde frustration face à l’échec de la communauté internationale à agir dans l’unité» pour mettre fin au conflit qui a fait selon l’ONU près de 70 000 tués en près de deux ans.

Ils ont par ailleurs déploré le manque de respect croissant pour la vie humaine de la part du gouvernement et des forces armées syriennes, et ont souligné l’importance que justice soit faite pour les cas de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

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Tombeau de Marie-Madeleine à Saint Maximin la Sainte Baume dans le Var !

Depuis deux mille ans, Marie Madeleine intrigue, passionne, fascine le monde. Saint Maximin la Sainte Baume est une commune française, située dans le département du Var et la région PACA (Provence Alpes Côte d'Azur). Saint Maximin la Sainte Baume compte 6235 Saint-Maximinoises et 6170 Saint-Maximinois, soit un total de 12405 habitants. Villa-Latta, petite bourgade gallo-romaine, qui après la mort de saint Maximin prit son nom, doit sa célébrité depuis le XIIIe siècle à la découverte des tombeaux de saint Maximin et de sainte Marie-Madeleine. Saint-Maximin-la-Sainte-Baume occupe le fond d'un ancien lac. L'altitude de la commune varie de 264 m au bord de l'Argens qui prend sa source dans la commune voisine de Seillons, à 773 m au sommet du Baou Rouge à l'est de la ville. Saint-Maximin-la-Sainte-Baume a connu une forte démographie depuis 1968, elle est passée de 3180 à 12 402 habitants 31 ans plus tard en 1999.

Saint-Maximin, le troisième tombeau de la chrétienté. Photo Réveil FM

Saint-Maximin-la-Sainte-Baume possède quelques monuments remarquables comme la Basilique Marie Madeleine commencée à la fin du XIIIe siècle, la construction va durer 3 siècles et au début du XVIe siècle la construction est arrêtée ainsi le portail principal est absent et le clocher n'a jamais été construit.

La Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Photo Réveil FM

La Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume 2. Photo Réveil FM

La Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume 3. Photo Réveil FM

Selon la tradition, Marie-Madeleine, après avoir passé de longues années de pénitence dans la grotte de la Sainte-Baume, aurait été ensevelie dans la crypte de saint Maximin. Baume est l’équivalent provençal de « grotte ». Les reliques, cachées le 6 décembre 710 dans la crainte des Sarrasins qui dévastaient la région, sont découvertes en 1279 par Charles d’Anjou qui, sur l’emplacement de la crypte, bâtit une basilique et à côté un couvent. Il y installe les dominicains comme gardiens du tombeau.

Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine.

À la Révolution, les dominicains sont chassés, mais la basilique et le couvent ont la bonne fortune d’abriter Lucien Bonaparte, frère cadet de Napoléon. Il se marie, en 1794, avec la fille de son aubergiste. Remuant, bon orateur, Lucien, dit Brutus, est devenu président du club jacobin local. Il établit un dépôt de vivres dans la basilique et sauve les grandes orgues en y faisant jouer La Marseillaise.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795. Elle a pris pendant un temps le nom de Marathon en honneur de Marat. Le 9 décembre 1279, sur l'initiative du futur roi Charles II, est entreprise l'excavation d'un mausolée familial romain contenant quatre sarcophages en marbre que l'on attribue à sainte Marie Madeleine, saint Maximin et saint Sidoine. Cette découverte constitue à ce jour la plus ancienne entreprise de fouille archéologique en Provence.

La Basilique

L'entrée de la Basilique. Photo Réveil FM

L'intérieur de la Basilique. Photo Réveil FM

L'intérieur de la Basilique 2. Photo Réveil FM

En 1295 Charles II d'Anjou décide de faire construire sur les lieux mêmes de la découverte du tombeau, une basilique et un couvent ; il confie l'établissement des plans de l'ensemble de la construction au « Magister Petrus Gallicus, protomagister operum curiæ » : ce serait donc Pierre d'Agincourt, mais il n'est pas certain qu'il ait effectivement réalisé le début de la construction.

Après quelques années d'arrêt, la reprise des travaux avec l'architecte du palais des comtes de Provence, Jean Baudici, s'effectue avec une grande ampleur à partir de 1305. Ce renouveau a été possible grâce à la nomination à la tête du couvent de Saint-Maximin de Jean Gobi qui en sera le prieur de 1304 à 1328.

En 1320 le chevet et la dernière travée sont terminés. Les quatre travées suivantes sont réalisées de 1330 à 1345.

L'entrée de la crypte se situe alors en dehors de l'église. En 1404 Jean II Le Meingre dit Boucicaut, maréchal de France, décide pour couvrir la crypte de faire édifier la partie nord de la quatrième travée ; la crypte est alors nivelée à hauteur du sol de la nouvelle basilique. Les travaux reprennent sous Louis XII en 1508 avec la nomination d'un nouveau prieur, Jean Damiani qui exercera le plus long prieurat du couvent durant trente cinq ans de 1508 à 1543. Les travaux de la quatrième travée sont repris et terminés en 1513 sous la direction de l'architecte Hugues Caillat. Les trois premières travées sont achevées en 1532 après quelques interruptions dues notamment à la peste. Les architectes seront Pierre Garcin et son père Jean Garcin.

1295-1316 (abside et chœur) : construite sur l’emplacement d’une vieille église mérovingienne, sur les plans de Pierre d’Angicourt, architecte des rois de Naples (dont le Château-Neuf à Naples), comtes de Provence, les travaux furent entrepris et interrompus pendant près d’un siècle.

1508-1532 : les travaux furent portés en l’état où ils se trouvent aujourd’hui. À l’extérieur, l’aspect trapu de la basilique est dû à l’absence de clocher, à sa façade inachevée, aux contreforts massifs qui soutiennent, en s’élevant très haut, les murs de la nef. Il n’y a ni déambulatoire ni transept.

L’intérieur comprend une nef, un chœur et deux bas-côtés aux lignes sobres et pures. C’est le plus important exemple de style gothique en Provence. L'édifice comprend une nef de neuf travées munie de collatéraux de huit travées auxquelles correspondent des chapelles latérales placées entre les contreforts.

L'abside est polygonale ainsi que les deux chapelles flanquant la dernière travée de la nef. Cette église ne comporte ni transept ni déambulatoire et possède trois étages de voûtes ; la nef 28,7 m, les collatéraux 17,5 m et les chapelles latérales 10,25 m.

Cet étagement des voûtes se rencontre dans quelques-unes de nos plus vastes cathédrales notamment celle de Bourges à laquelle elle ressemble beaucoup par suite de l'absence de transept. C’est le plus important exemple de style gothique en Provence.

Selon la tradition, Marie-Madeleine (ou Marie de Béthanie) sœur de Marthe et de Lazare fuyant les persécutions d'Hérode, aurait trouvé refuge en Provence en compagnie de son frère et de sa sœur. Après avoir débarqué aux Saintes-Maries-de-la-Mer, elle aurait occupé pendant trente ans une grotte du massif de la Sainte-Baume pendant qu'elle évangélisait la Provence. À sa mort, elle aurait été ensevelie à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Devenu célèbre son tombeau qui se serait trouvé dans la crypte actuelle de la basilique, sera gardé par des moines cassianites (disciples de saint Cassien) venus de l'abbaye de Saint-Victor à Marseille. Au VIIIe siècle les invasions sarrasines obligent les religieux à combler la crypte qui abritait le tombeau afin de mettre à l'abri les précieuses reliques. Le culte de la sainte reste cependant vivace.

Le souvenir de cette sépulture ne s'étant pas perdu, le prince de Salerne, Charles II, fils du comte de Provence Charles Ier fait entreprendre en 1279 des recherches pour retrouver les reliques de sainte Marie-Madeleine à laquelle il voue une grande dévotion. Ces recherches aboutissent à la découverte d'une tombe paléochrétienne, la crypte actuelle, contenant des ossements qui auraient appartenu à la sainte. Charles II, comme il l'affirmait lui-même, aurait agi par « inspiration divine ».

Philippe de Cabassolle parle, dans son Libellus hystorialis, de céleste inspiration. Charles II devenu comte de Provence et roi de Naples, se rend en avril 1295 auprès du pape Boniface VIII apportant avec lui les procès-verbaux rédigés par les évêques de Provence authentifiant sa découverte. Il obtient du pape des bulles qui accordent des indulgences aux visiteurs et certifient l'authenticité des reliques.

Cette confirmation était d'autant plus précieuse que la Basilique de Vézelay affirmait posséder le corps de Marie-Madeleine. Le pape décide également de confier la garde de Saint Maximin et de la Sainte-Baume aux frères prêcheurs de saint Dominique au lieu et place des moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Victor.

Des fouilles réalisées en 1993 au sud immédiat de la basilique ont mis à jour un complexe religieux datant du début du VIe siècle composé d'une église à laquelle était accolé un baptistère dont les dimensions, 11 m. de côté environ, sont voisines de celles des baptistères de Cimiez, Fréjus ou Riez. Le mausolée correspondant à la crypte actuelle se serait donc élevé à la périphérie de cet habitat à une date antérieure d'un siècle seulement8.

Cela contredit donc l'hypothèse faite avant la réalisation de ces fouilles selon laquelle ce caveau aurait été réalisé par une riche famille qui aurait choisi de reposer sur les terres qu'elle possédait à la campagne. Vers l'an mil cette église primitive est reconstruite et agrandie au détriment du baptistère ; restaurée vers 1200, elle devait être encore en place lors de la découverte des reliques présumées de Marie-Madeleine.

Le Couvent-Royal

Le couvent Royal devenu l'hôtel. Photo Réveil FM

Le couvent Royal devenu l'hôtel 2. Photo Réveil FM

L'office de tourisme au rez de chaussée, les étages de l'hôtel le Couvent Royal. Photo Réveil FM

Le Couvent Royal, commencé au XIIIe siècle, en même temps que la basilique à laquelle il s'adosse, fut achevé au XVe siècle. Administré par les Dominicains, il est aujourd'hui converti en hôtel. Le cloître, d'une grande pureté de lignes, compte 32 travées. Autour des galeries se répartissent une ancienne chapelle aux belles voûtes surbaissées et l'ancien réfectoire des religieux. La salle capitulaire, qui s'ouvre par une porte flanquée de deux fenêtres, présente une belle voûte gothique sur de fines colonnettes aux chapiteaux ornés de feuillage et prenant appui sur des culs-de-lampe placés très bas.

L'hôtel de ville

L'hôtel de ville de Saint Maximin-Sainte Baume. Photo Réveil FM

L'éffigie de Charles II d'Anjou orne l'échaffaudage de l'hôtel de Saint Maximin-Sainte Baume. Photo Réveil FM

Les travaux de la construction de l'hôtel de ville ont débuté en 1750. Les plans ont été dessinés par Jean-Baptiste Franque, architecte de la cour de France en remplacement d'un édifice vétuste.

Vendu comme bien national à la Révolution française, l'immeuble fut acheté pour pouvoir installer la mairie.

La basilique de Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, achevée en 1532 est le plus important édifice religieux de style gothique bâti en Provence.

Elle est inscrite sur la liste des monuments historiques de 1840.

Entre Pays d'Aix et massif de la Sainte Baume, Saint-Maximin, ancienne ville gallo-romaine, vibre chaque année lors des fêtes de Marie-Madeleine et de la foire médiévale de la quinzaine.

La ville a vraiment pris son essor au 13e siècle, lorsque Charles II d'Anjou, fils de Béatrix de Provence et de Charles Ier d'Anjou (frère de Louis IX), décida de renforcer sa position en Provence. Quoi de mieux qu'une célébrité pour y parvenir ? On dit que Marie Madeleine aurait passé de longues années de pénitence dans la grotte de la Sainte-Baume... le comte fait rechercher et trouver en 1279 les reliques de la Sainte, cachées en 716 par crainte des Sarrazins. Sur l'emplacement de la crypte, il fait bâtir une basilique et un couvent dominicain. Saint-Maximin prospère, d'autant plus que Charles II voulant accroître la population exempte d'impôts tous ceux qui viennent s’y établir. De nombreuses familles s'installent, y compris les juifs persécutés par Philippe le Bel.

La basilique de Saint-Maximin est le plus vaste édifice gothique provençal, classé aux Monuments Historiques. Les travaux commencent en 1295 sur l’emplacement d’une vieille église mérovingienne. Charles II fait les choses en grand : l’édifice doit pouvoir accueillir de nombreux pèlerins. Sa construction dure trois siècles, ralentie par les difficultés financières du comté de Provence au 14e s, réactivée au 15e siècle grâce à la générosité de Louis XI. Au fil des siècles, le style évolue, moins provençal, davantage français, les fenêtres s’ornent de fleur de lys. En 1532, le gros œuvre est terminé, mais les guerres et d’épidémies stoppent de nouveau le chantier. La nef principale reste inachevée, fermée par une haute muraille aveugle, et le portail et le clocher ne seront jamais été édifiés.

Pourtant, ce puissant vaisseau a belle allure, tout en verticalité avec sa grande nef et ses seize chapelles. Comme beaucoup d’églises provençales, pas de transept ni de déambulatoire. Des artistes provençaux inspirés par l’Italie ont achevé sa décoration en 1684. Les 94 stalles illustrant la règle des Dominicains (vie intellectuelle, prédication, mortification et oraison) sont un chef d’œuvre de la sculpture sur bois provençal de la fin du 17e siècle.

Dans la crypte, le sarcophage de Marie-Madeleine en marbre, daté des années 360, sert d’autel. Il est accompagné des sarcophages de saints (Maximin, Marcelle et Suzanne). A découvrir aussi, le retable de la Passion, chef d’œuvre de la Renaissance d’Antoine Ronzen, dit le Vénitien, sur lequel on aperçoit la plus ancienne vue connue du Palais des Papes d’Avignon. L’orgue, construit en 1772 fut sauvé à la Révolution par Lucien Bonaparte, marié à la fille de l’aubergiste local, qui y fit jouer la Marseillaise : c'est l’un des deux derniers orgues français qui permette d’écouter les sonorités telles qu’elles étaient perçues au 18e siècle.

Après des restaurations qui ont fait sans doute plus de mal que de bien, la commune a décidé d’engager des travaux pour protéger l’édifice des intempéries et préserver les ensembles mobiliers. Le Crédit Agricole a apporté son soutien afin que la basilique prenne toute sa place dans la vie culturelle et touristique de la ville.

La vieille ville (se situant au cœur de Saint-Maximin), a abrité durant le Moyen Âge une forte communauté juive, qui avait de grandes richesses artistiques. La vieille ville contient le Couvent Royal, Les Arcades, l'Hôtel Dieu, et la basilique.

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Afrique du Sud : Un taximen Mozambicain meurt, traîné par un camion de police mort pour s'être mal garé !

Quand la police très démocratique post-apartheid sud africaine se met au travail, ça donne cette vidéo ! Pour s'être mal garé, un chauffeur de taxi mozambicain est mort en Afrique du Sud, après avoir été attaché au camion de policiers qui l'ont traîné à terre. Une vidéo de la scène provoque l'indignation et scandalise le gouvernement mozambicain. "Les images de cet incident sont horribles, indignes et inacceptables", a réagi le président sud-africain Jacob Zuma. Une réaction à la hauteur de l'acte : un chauffeur de taxi mozambicain est mort dans un commissariat d'Afrique du Sud, après avoir été attaché au camion de policiers qui l'ont traîné à terre. Sa seule faute : s'être mal garé.

Quand la police très démocratique post-apartheid sud africaine se met au travail, elle fait pire !

L'affaire aurait pu être malheureusement noyée dans l'océan de faits divers qui entachent régulièrement l'actualité sud-africaine. Sauf que là, la scène a été filmée par un témoin. La vidéo, diffusée sur le site du quotidien The Sun provoque choc et stupéfaction. L'affaire a même pris une tournure diplomatique dans la soirée quand le gouvernement mozambicain a déclaré, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Oldemiro Baloi: . "Évidemment, nous sommes scandalisés par ce qui est arrivé. Il est très triste qu'une vie ait été perdue aussi stupidement." "Quelle que ce soit la dimension que l'on peut donner (à cette affaire) - humaine ou celle des relations entre les deux pays - c'est absolument inacceptable", a ajouté le chef de la diplomatie à Maputo, évoquant "la violence extrême" avec laquelle les Mozambicains sont traités en Afrique du Sud "quand ils commettent des crimes".

"Des criminels en uniforme"

Les faits remontent à mardi soir quand Mido Macia, 27 ans, a arrêté son minibus-taxi à la tombée de la nuit dans une rue de Daveyton, township à 25 kilomètres de l'aéroport international de Johannesburg, selon la police des polices qui a ouvert une enquête pour meurtre. Interpellé, il s'est retrouvé encerclé par une demi-douzaine d'agents en tenue, l'un d'eux au moins brandissant son arme, selon les images vidéo divulguées par le Daily Sun. La suite est particulièrement choquante : on y voit le jeune homme menotté dans le dos puis attaché à un camion de police, d'abord tenu par les pieds par un policier puis traîné à terre par le véhicule en marche jusqu'au commissariat, sous l'oeil médusé de nombreux passants. "Eh ! Pourquoi vous le frappez ?", interpelle en zoulou quelqu'un dans la foule. Placé en détention préventive, Mido Macia est mort moins de deux heures et demie plus tard, selon le communiqué de la police des polices (IPID). Selon l'enquête, il est mort des suites d'une hémorragie interne et d'un traumatisme crânien.

La police sud-africaine, évidemment embarrassée, tente d'expliquer l'action de ses membres : "Les circonstances entourant sa mort restent pour l'heure des allégations... attendons de savoir ce qui s'est réellement passé", a déclaré le porte-parole de la police, assurant que l'homme aurait tenté de désarmer un officier de police. Une version cependant démentie par des témoins interrogés sur place jeudi. Le jeune homme tentait de récupérer son permis de conduire quand l'altercation a éclaté. "Il les a seulement poussés, sans essayer de prendre le pistolet", a déclaré un habitant. En attendant, la patronne de la police sud-africaine Riah Phyiega a annoncé vendredi la mise à pied des huit policiers impliqués dans le décès du chauffeur mozambicain. Quoi qu'il en soit, l'affaire fait remonter toute la rancœur à l'encontre de la police sud-africaine : "Ce sont des criminels en uniforme, on n'en veut plus", critiquait un homme, dans un commentaire qui rappelait les réactions au drame de Marikana, en août 2012, lorsque la police avait tué 34 mineurs en grève. La police sud-africaine est connue pour son manque de formation et ses méthodes parfois brutales : la police des polices a été saisie de 712 bavures sur la période de avril 2011 à mars 2012 selon Amnesty International.

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Ban Ki-Moon face aux journalistes à Genève !

Ce n'est pas tous les jours que Ban Ki- Moon est à Genève, ce dernier étant le siège du Conseil des droits de l'homme, le Secrétaire Général de l'ONU est à New-York. Il est arrivé hier pour participer à la 22è Session des droits de l'homme qui a débuté le 28 février et se terminera au 22 mars 2013, qui se tient au Palais des Nations, à Genève. Les mesures de sécurité sont drastiques. Puisque son temps est minutée et que les journalistes sommes plusieurs à vouloir lui poser des questions diverses et variées. Et que cela est mission impossible. On aurait aimé que le Secrétaire Général réponde à cette question avec ses variantes concernant la République démocratique du Congo: Quelles sont les raisons qui le poussent à croire que l'accord d'Addis Abeba sur la paix au Congo, signé dimanche 24 février à Addis-Abeba, en Ethiopie, par onze Etats africains, est bon ? Pourquoi malgré plusieurs rapports accablants de l'ONU sur les protagonistes et les seigneurs de guerre qui endeuillent le Congo, aucun d'eux n'est indexé dans l'accord d'Addis Abeba? Peut-on parler dans un pays comme la RDC de la paix sans la justice juste ?

Genève, vendredi 1 mars, Ban Ki Mon face aux journalistes accrédités à l'ONU. Photo Réveil FM

Les photographes en première ligne ! Photo Réveil FM

Les journalistes dans la salle de conférence. Photo Réveil FM

Les journalistes dans la salle de conférence 2. Photo Réveil FM

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Ban Ki-Moon a appelé à «une transversalisation» des droits de l'homme devant le Conseil des droits de l’homme à Genève

14h50, Ban KI-Moon sort d’une salle de réunion précédé par l’ambassadeur de Suisse à l’Onu, Alexandre Fasel. Direction la salle des droits de l’homme. Au niveau de la passerelle couverte qui relie le Palais des Nations au bâtiment voisin, le secrétaire général fait un arrêt. Dans le cadre d’une exposition sur les mines antipersonnel, des photos d’engins explosifs recouvrent le sol. Le cortège repart vers la salle des droits de l’homme.

Ban Ki-Moon avant son entrée dans la salle du Conseil des droit de l'homme. Photo Réveil FM

Dans le hall, la Cheikha Mozah, l’épouse de l 'émir du Qatar accueille Ban Ki-moon. Reminigiusz A. Hencel président du Conseil des droits de l’homme ouvre le débat de haut-niveau sur «l’intégration des droits de l’homme». «Le débat d’aujourd’hui ne pouvait pas subvenir à un meilleur moment. La paix, le développement et droits de l‘homme sont liés», déclare Ban Ki-moon. «Il faut renforcer la cohérence du système au sein de l’Onu et parmi les Etats membres pour éviter grandes disparités », poursuit le secrétaire général de l’ONU qui appelle à «une transversalisation» des droits de l’homme.

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vendredi 1 mars 2013

Suisse: Direction Zermatt !

Pour les étrangers, Zermatt est le symbole même de la Suisse avec ses hautes Alpes, sublimes et authentiques. Près d'un tiers des sommets alpins de plus de 4000 mètres encadrent majestueusement le village, devenu depuis la première ascension du Cervin en 1865 le paradis des alpinistes les plus chevronnés. Zermatt se situe au fond de la vallée du Mattertal, au pied du Cervin à une altitude de 1 620 m, dans le Haut-Valais, la partie alémanique du canton. C'est une station de ski qui offre un domaine skiable de 350 km de pistes et culminant à 3 900 m (Zermatt Bergbahnen), ainsi qu'un important centre d'alpinisme et d'escalade. Grâce à Suisse tourisme, nous avons visité ce haut d'alpinisme.

Zermatt se niche tout au bout des 30 km de la vallée Nikolaital, au pied du Cervin, la montagne la plus photographiée au monde.

A la frontière italienne du Valais, canton le plus au Sud de la Suisse romande, Zermatt se niche tout au bout des 30 km de la vallée Nikolaital, au pied du Cervin, la montagne la plus photographiée au monde.

Et son domaine skiable ne se contente pas d'être le plus haut des Alpes; il est aussi considéré comme l'un des mieux aménagés au monde, proposant 365 jours par an une expérience sportive audacieuse au coeur de la destination la plus abrupte qui soit. Le climat est d'une qualité exceptionnelle: avec 300 jours de soleil par an, les précipitations enregistrées sont les plus faibles de Suisse. L'air à Zermatt est clair, sec et propre, puisque ne sont autorisés à circuler dans le village que les véhicules électriques sans moteur à combustion - et ce depuis 1947.

La région de Zermatt abrite un grand nombre de glaciers dans les vallons et sur les hauts sommets des alentours tels que le Glacier du Gorner, Glacier de Findelen ou le Glacier de Zmutt. Le Cervin, qui culmine à 4 478 m, est l'emblème de Zermatt.

La température moyenne annuelle est de +3,5 °C à la station de sport d'hiver de Zermatt contre +9,2 °C à Sion située 1 156 mètres plus bas en raison de la déperdition de chaleur avec l'altitude. On y compte 182,2 jours par an de gel (la température minimale est inférieure à 0 °C). La température maximale y est inférieure à 0 °C en moyenne 51,7 jours par an et supérieure à +25 °C 4,4 jours par an. La pluviométrie annuelle y est de seulement 611 mm en raison de la situation d'abri au fond d'une vallée profondément encaissée dont elle bénéficie.

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Mali : la France porte un coup dur aux islamistes

Abdelhamid Abou Zeid, l'un des principaux chefs d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) aurait été tué, selon plusieurs sources. Quarante-trois autres islamistes seraient morts avec lui dans le nord du Mali, tandis que trois djihadistes auraient été arrêtés par les troupes françaises. Présenté comme l'un des chefs d'AQMI dans la zone sahélienne, Abdelhamid Abou Zeid, de son vrai nom Mohamed Ghdiri, est un Algérien d'une quarantaine d'années.

Abdelhamid Abou Zeid

Il était apparu pour la première fois en 2003 comme adjoint d'Abderazak El-Para, principal instigateur de l'enlèvement de 32 touristes européens dans le grand Sud algérien au cours de cette même année. Les troupes françaises (4 000 hommes) et le contingent du Tchad (environ 2 000 hommes) sont en première ligne dans l'extrême nord du Mali face aux islamistes, qui ont opté pour la guérilla et des attentats-suicides.Toutefois, la France bénéficie de l'aide de plusieurs Etats. Ainsi, les Etats-Unis ont déployé des drones au Niger voisin pour observer les mouvements des islamistes. Les députés du Bundestag ont approuvé jeudi à une très large majorité l'envoi de soldats allemands, en soutien à la mission internationale pour sécuriser le pays. Les soldats déployés ne participeront à aucun combat ou opération militaire.

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Cours Albert Ier à Paris, l'ambassadeur Christian Atoki Ileka refuse de recevoir M'zée Pierre-Victor Mpoyo

C'est inacceptable et inadmissible ! Décidément les choses ne changent pas au 32 Cours Albert Ier siège de l'ambassade de la République démocratique du Congo à Paris. Alors que Myra Djoku, le défunt ambassadeur-barbourze de triste mémoire, avait transformé l'ambassade en lieu de tortures, n'hésitant pas à faire fouetter des Congolais qui s'y rendaient, usant et abusant de ses barbouzeries. Avec son départ outre tombe, on croyait que les choses allaient changer ! Christian Atoki Ileka le nouvel ambassadeur qui fait profil bas et qui jouit apparemment d'une relative bonne réputation contrairement à son tortionnaire de prédécesseur voudrait-il ternir son image ? Où peut-être des mains noires sont payés pour le faire à sa place ? Christian Atoki Ileka peut-il refuser l'hospitalité à l'ambassade de la RDC à un dignitaire congolais malade, M'zée Pierre-Victor Mpoyo dans ce froid hivernal ?

M'zée Pierre-Victor Mpoyo. Photo Réveil FM, archives

Nous vivons en France, nous voyons comment ce pays se bat pour ses ressortissants. En France, les bailleurs n'ont pas le droit de déguerpir les locataires pendant l'hiver, c'est une question du respect des droits humains !

M'zée Pierre-Victor Mpoyo n'est pas n'importe qui ? Il a sorti l'argent de ses banques pour que la dictature mobutienne soit mis hors d'état de nuire. C'est M'zée Pierre-Victor Mpoyo, en 1998, qui a fait intervenir ses relations pour les troupes angolaises, Namibiennes, Zimbabwéennes interviennent face à l'agression Rwando-Burundo-Ougandaise ! Si l'armée angolaise a mis en déroute fait les soudards rwandais à Mwanda et à Kitona dans le Bas-Congo ! A l'assassinat de M'zée Laurent-Désiré Kabila, le président Bill Clinton l'avait personnellement appelé pour qu'il pèse de tout son poids pour Joseph Kabila.

Avait-il toutes ses capacités ? Ministre de l'économie, puis ministre d'Etat, malade souffrant de la maladie de Parkinson, c'est le gouvernement congolais qui l'avait envoyé en soins à Paris. Or depuis qu'il est à Paris, Joseph Kabila qui trône par imposture à la tête de la République démocratique du Congo et son gouvernement fantoche, illégitime et caricatural font le mort et M'zée Pierre Victor Mpoyo s'est ruiné pour ses soins.

C'est depuis 2001, qu'il se prend tout seul en charge ! L’alerte qui est parvenu à la Rédaction de Réveil FM International nous afflige :

Flash! Flash! Flash! Maître Pierre Victor Mpoyo serait entre la vie et la mort à Paris en France ? D’après les informations dont nous disposons, Maître Pierre Victor Mpoyo est malade et il est en soins médicaux à Paris depuis plusieurs années à ses frais! Il semble que, sur ordre de Joseph Kabila, le passeport diplomatique de Pierre Victor Mpoyo n’a pas été renouvelé! La précarité avait gagné son quotidien! Grâce à ses anciens amis, il survivait! Joseph Kabila ne voulait même pas entendre parler de lui, alors que c'est grâce Pierre Victor Mpoyo qu'il est là où il est! Scandale! Scandale! Hier, le grand maître Pierre Victor Mpoyo aurait été mis dehors de l'hôtel où il vivait depuis quelques mois! Il s'est retrouvé dans la rue et dans le froid hivernal! Très malade et n'ayant pas d'autres choix, il serait allé à l'ambassade de la RDC en France! L'ambassadeur aurait refusé de l'accueillir! Voilà, quel type d'humiliation, ce pouvoir cynique de Joseph Kabila fait subir aux meilleurs d'entre nous! Pierre Victor Mpoyo aurait retrouvé devant l'ambassade de la RDC, inconscient dans le froid hivernal! Affaire à suivre!

Nos fins limiers nous disent que M'zée Pierre-Victor Mpoyo serait logé dans un hôtel ** dans le XXè arrondissement de Paris. Pour combien de temps ? S'agit d'une situation provisoire qui va perdurer ?

Comment la République démocratique du Congo peut-il compter sur ses fils et filles lorsque ceux des aînés qui se sont battus pour elle sont humiliés, laissés pour compte ? Confisqué le passeport diplomatique à M'zée Pierre-Victor Mpoyo, c'est de faire de lui un sans papiers ! Est-ce que c'est la stratégie qu'ont choisi Joseph Kabila, ses Mammouths Joséphistes et leurs mentors pour faire tuer à petit feu l'un des camarades de M'zée Laurent-Désiré Kabila ?

Homme affable, qui ne se plaint jamais, M'zée Pierre-Victor Mpoyo mérite mieux. A Christian Atoki Ileka et l'ambassade de la République démocratique du Congo à Paris de trouver une solution pérenne à cette situation humiliante, qui jette l'opprobre à toute une nation.

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