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dimanche 30 juin 2013

Martinique: Allocution de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre - "Hommage à Aimé Césaire" à Fort-de-France !

Jean-Marc Ayrault a rendu un hommage appuyé mercredi à Fort-de-France au poète et homme politique Aimé Césaire, "le meilleur des fils de la Martinique" né il y a cent ans. En présence des enfants du poète et de plusieurs ministres, il a dans la foulée inauguré l'"espace muséal" Aimé Césaire, situé dans son ancien bureau de l'hôtel de ville de Fort-de-France. "Il y a cinq ans, la France attristée perdait le meilleur des fils de la Martinique", a rappelé M. Ayrault sur le parvis de la mairie de Fort-de-France dans un hommage adressé "au nom du gouvernement de la République et de la Nation toute entière". Il a notamment souligné qu'Aimé Césaire avait repris le terme de "nègre" pour "faire de l'insulte un cri tout entier issu de la chair même de l'Histoire". M. Ayrault a aussi rappelé l'oeuvre de M. Césaire à la tête de la mairie de Fort-de-France "pendant plus d'un demi siècle". M. Césaire, décédé en 2008, avait notamment "remplacé les bidonvilles par des centaines de maisons". Il a aussi rappelé avoir siégé "sur les même bancs (à l'assemblée) que lui et dans le même groupe parlementaire de 1986 à 1993". "Je regrette de ne pas m'être assis à ses côtés pour lui dire: "Aimé, mon cher Aimé, votre vie donne plus de sens à mon engagement politique", a-t-il conclu. Mercredi, 26 juin 2013, François Hollande, Président de la République avait lui aussi rendu hommage au Panthéon à M. Césaire.

Jean-Marc Ayrault et Brigitte Ayrault son épouse dans le bureau d'aimé Césaire. Photo Réveil FM

La première édition de " Tropiques" d'Aimé Césaire. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault lors de son hommage à Aimé Césaire. Photo Réveil FM


«Aimé Césaire nous a fait prendre conscience... par Matignon

Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, Hommage à Aimé Césaire, Fort-de-France (Martinique).

Mercredi 26 juin 2013.

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Monsieur le Préfet,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Monsieur le Président du conseil régional, mon cher Serge,

Madame la Présidente du conseil général,

Monsieur le Maire de Fort-de-France, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames,

Messieurs les membres de la famille d’Aimé Césaire,

Chers amis,

Aujourd'hui à cette heure-ci, je voudrais vous parler d’Aimé Césaire. Il y a cinq ans, la France attristée perdait Aimé Césaire, le « meilleur des fils de la Martinique ». Au prix d’une juste révolte et d’un engagement de toute une vie pour son « pays natal », Aimé Césaire n’a eu de cesse de rappeler ce qu’il faut de courage pour faire respecter la dignité d’un homme et celle de tout un peuple.

C’est avec le sentiment de l’honneur qui m’est fait, et conscient du respect dû à une si haute conscience intellectuelle, politique et morale, que je veux aujourd’hui lui rendre hommage, au nom du gouvernement de la République et au nom de la nation toute entière. Je tiens à saluer la présence à nos côtés de ceux, sa famille bien sûr mais aussi beaucoup d’autres, qui l’ont bien connu et parfois accompagné des décennies durant ; mais aussi la présence de ceux qui ont agi sans relâche pour faire connaître sa pensée et poursuivre, comme nous venons de le voir à travers cette inauguration, son action. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. Et puis, si je peux faire d’emblée une confidence : je me sens en cet instant plein d’humilité devant l’homme que fut Aimé Césaire.

Dans l’avion, il y a quelques heures maintenant, j’ai relu avec une vraie jubilation, mais aussi avec une authentique admiration quelques-uns de ses discours et de ses grands poèmes. Cela m’a persuadé que la parole politique a besoin de poésie, peut-être plus encore dans une nation comme la France, laquelle est littéraire par tradition depuis des siècles.

Et j’entends naturellement par ce mot de « poésie » bien d’autres choses que des songes creux. C’est la manière la plus haute, il me semble, de traduire en images ce que nous sommes tous en train de vivre. En tout cas, une certaine poésie peut avoir cette capacité prodigieuse de transmettre, par la voix d’un seul homme, la sensibilité collective d’un peuple ou d’une génération.

Vous, chers compatriotes Martiniquais, vous savez cela d’instinct, parce que vous avez lu, parce que vous avez entendu parler Césaire. Vous l’avez peut-être même croisé dans la rue, quand il surveillait avec scrupule les travaux de sa ville ; quand il a fait construire le premier hôpital ou quand il a fait remplacer les bidonvilles par des centaines de logements décents. Vous savez avec justesse combien la poésie appartient au quotidien des gens. Lui Césaire, à Dakar, quand il s’est exprimé sur l’art dans la vie du peuple, considérait la poésie comme le seul remède contre, et je le cite, « l’apparition d’un univers inhumain, sur la trajectoire duquel se trouvent le mépris, la guerre, l’exploitation de l’homme par l’homme. » « Par l’art », disait-il, « le monde réifié redevient le monde humain, le monde des réalités vivantes, le monde de la communication et de la participation. » Sa parole, son ton d’invective si particulier, était capable, en vous touchant au fond du cœur, de faire comprendre la souffrance des opprimés. Et pour nous, les Français de l’Hexagone, sa poésie était presque seule à pouvoir révéler, et donc à pouvoir dénoncer la situation d’injustice que vous viviez ici. Le choc que nous avons ressenti quand nous avons écouté Césaire à Paris, tenait à l’exactitude des mots qu’il employait. Dans un long poème tel que le Cahier d’un retour au pays natal, ou dans Les Armes miraculeuses, il est tout à fait impossible d’interchanger les mots : chacun est à sa place, chaque mot est le porte-drapeau d’une identité.

Ainsi le mot « Nègre » ne peut être remplacé par le mot « Noir » ! Césaire a choisi de dire « Nègre » comme un emblème, parce que dans l’Europe d’avant-guerre, il voulait retourner en éloge un mot qui était de mépris : « Nègre, oui ! Faire de l’insulte un cri d’identité issu de la chair même de l’histoire. » C’étaient ses paroles ! Mais bien sûr, selon la façon dont on utilise les mots, ils peuvent se charger tantôt de tendresse, tantôt d’une cruauté ou d’une violence de fer. En tant que responsable politique, j’ai beaucoup appris en m’imprégnant des mots de Césaire. Je sais combien il faut oser parfois des mots durs, des mots de sang et de larmes, dès qu’il s’agit d’affranchir une condition inadmissible d’esclave. Il faut savoir parler fort quand on veut prendre le parti des hommes dominés. Dans l’exercice de l’État, je sais combien ce que nous disons compte à égalité de ce que nous faisons.

Notre parole engage un acte, sans quoi elle se vide de substance. Cette leçon de morale politique, je la tiens de Victor Hugo comme je la tiens de Césaire. Cette exigence qu’on peut dire « martiniquaise » est celle du meilleur de notre classe politique aujourd’hui, de gauche comme de droite. Chaque fois que Césaire a saisi la parole publiquement, ce fut pour de grandes causes et pour prendre de justes positions. Il s’est opposé au Régime de Vichy et à son représentant aux Antilles. Il a dénoncé à l’Assemblée nationale la colonisation et la traite des Noirs d’Afrique. Il fut rapporteur de la loi du 16 mars 1946 qui fit de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, et de la Réunion des départements français, parce qu’il pensait à raison que la France était en mesure de respecter des cultures différentes, des identités multiples.

Il a souvent évoqué l’humble désarroi des habitants de son île natale, leur misère, le manque d’infrastructures des villes martiniquaises. Il tenait à s’exprimer dans l’hémicycle avec une rigueur de langage, une invention verbale puisant aux sources de son identité, de ses identités. Cela nous imposait. Ses biographes racontent qu’en mars 1941, le Capitaine Paul-Lemerle, un vapeur de la Société Générale des Transports maritimes, parti de Marseille et ayant pour destination les États-Unis d’Amérique, fut arraisonné à Fort-de-France. Et dans ses cales, surveillées par des gardes mobiles casqués, s’entassaient environ trois cents migrants dont beaucoup de Républicains espagnols et des intellectuels européens qui fuyaient la barbarie nazie. Alors qu’ils étaient précisément fidèles aux valeurs éternelles de la France, ils furent conduits dans un camp d’internement à l’extrémité de Pointe-Rouge, en lieu et place de l’ancienne léproserie du Lazaret. Parmi eux : Wilfredo LAM, Victor SERGE, Anna SEGHERS, Claude LÉVI-STRAUSS, Jacqueline LAMBA, et le pape du surréalisme, André BRETON.

On les libéra après quelques jours et c’est à ce moment-là que BRETON, « au hasard de l’achat d’un ruban pour sa fille », découvre dans une mercerie une revue intitulée Tropiques, que nous avons revue dans le bureau d’Aimé Césaire. « J’abordai ce recueil avec une extrême prévention, rapportera-t-il. Je n’en crus pas mes yeux, mais ce qui était dit là, c’était ce qu’il fallait dire, non seulement du mieux mais du plus haut qu’on pût le dire ! Ainsi la voix de la Liberté n’était en rien brisée, elle se redressait ici comme l’épi même de la lumière. Aimé Césaire, c’était le nom de celui qui parlait. » J’aime énormément cette reconnaissance par BRETON d’un inconnu, surréaliste sans le savoir encore. J’aime surtout que dans ces temps difficiles, « où l’on croit », comme BRETON lui-même, « assister à l’abdication générale de l’esprit », le premier souffle « apte à redonner toute confiance » ait été « l’apport d’un Noir qui est non seulement un Noir mais tout l’homme », ainsi s’exprime BRETON. La France, que j’aime, celle qui était défendue depuis Londres par le général de GAULLE dans les maquis par des hommes et des femmes courageux, la France des Droits de l’Homme était aussi là ce jour-là, défendue par un Martiniquais qui avait retrouvé dans son pays natal le « Nègre fondamental ».

Ce jour-là, le visage de la France était celui d’un Nègre inconsolé. Ce jour-là, Aimé Césaire montrait également, par-dessus le poète, sa carrure d’homme de réflexion et d’homme politique. Au lendemain de la guerre, il fut élu maire de Fort-de-France. Il obtint du même coup un mandat de député qu’il conservera sans interruption jusqu’en 1993.

Pensez-y, chers amis, un des plus longs mandats parlementaires du vingtième siècle ! À cause du blocus imposé par Vichy, à cause de l’effondrement de l’industrie sucrière, la Martinique dont il devenait l’élu était un territoire en détresse. Or pendant plus d’un demi-siècle, Césaire entreprit le redressement de cette île. Il développa, je l’ai dit, un réseau d’infrastructures qui au vrai n’existait pas. Il encouragea les initiatives urbaines et culturelles : le Festival de Fort-de-France, le Parc Floral, le SERMAC. Bâtisseur infatigable, il n’est pas une rue, n’est-ce pas, pas un quartier de cette ville qui ne lui doive quelque chose. En politique, Césaire resta un homme libre. Il n’eut jamais tout à fait ce qu’on appelle l’esprit de parti.

C’était un homme de gauche, oui ; un anticolonialiste véhément, cela va de soi, mais, sa sympathie envers le communisme ne l’a pas empêché de répondre avec force à Maurice THOREZ quand les positions staliniennes du Parti communiste lui parurent inacceptables.

Il sut batailler avec son ami haïtien René DEPESTRE sur l’idée d’une poésie nationale d’assimilation parce qu’il refusait de nier la spécificité de sa culture créole, et de sacrifier la poésie à une quelconque idéologie. Chaque élu de la République devrait avoir le même sens des responsabilités qui fut le sien. Bâtir était essentiel à Césaire. Bâtir un poème, bâtir la Martinique ; bâtir Fort-de-France. Quelques jours avant sa mort, sa fidèle secrétaire Joëlle JULES-ROSETTE, que j’ai eu l’honneur de rencontrer il y a quelques instants, rapporte qu’il s’est rendu sur les chantiers, même s’il fallait mettre encore les pieds dans la boue. C’est peut-être ça le véritable engagement, l’art de vivre d’un poète.

Comme on l’a parfois noté, Césaire a su rester pareil à la flamme d’un de ses poèmes : « seule et splendide dans son jugement, intègre ». Oui, il faut je crois aussi un bon professeur. Il avait été le premier normalien noir de la Martinique et quand il enseignait le français et le latin au lycée Schoelcher, il savait conjuguer savoir et drôlerie. Son zézaiement et son superbe complet vert perroquet le firent surnommer par ses élèves le Lézard vert. On le décrit d’ailleurs comme nerveux, à la fois tendre et colérique. Ah ! Quand on est jeune, mes chers amis, on aime ce qui est vif.

Quand on est jeune, on ne peut résister chez nos professeurs à l’enthousiasme ! Et de fait, Césaire a marqué plusieurs générations d’élèves. Sa saine influence est notable en particulier chez le sociologue Frantz FANON ou dans l’oeuvre du poète-essayiste Édouard GLISSANT.

Permettez-moi qu’enfin je sois, pour mon compte, très sensible au rôle qu’a joué l’école de la République dans les premières années de sa vie. Dans sa formation d’humaniste, l’École de la République lui a légué quelques valeurs universelles comme la tolérance, ou disons plutôt qu’elle a renforcé chez lui une tolérance native. Je suis d’ailleurs heureux que longtemps avant que la France lui rende un hommage officiel au Panthéon, on ait fait le choix ici, en Martinique, de lui remettre une bourse d’études. Je suis fier qu’il ait reçu ensuite au lycée Louis-le-Grand, à Paris, un enseignement dur peut-être, mais sans nul doute utile pour qui veut développer une pensée libre. L’École de la République, je ne fais que répéter-là les mots d’un professeur de khâgne en 1934, n’avaient jamais eu d’autre mission que de développer chez tous ses élèves l’esprit d’observation. Jamais d’autre mission que d’encourager un art de mettre les idées en ordre, une habitude de les exprimer clairement, car l’École de notre République cherche à faire naître chez ceux qu’elle éduque une probité intellectuelle. Elle cherche à nourrir cette capacité non pas d’avaler sans broncher une leçon dogmatique, mais aussitôt entendue, de la juger par soi-même. J’aurais aimé mieux connaître Césaire.

J’ai siégé sur les mêmes bancs que lui et dans le même groupe parlementaire entre 1986 et 1993, lorsque nous étions tous les deux députés. Parfois il écrivait ses poèmes dans la grande bibliothèque de l’Assemblée nationale. Je regrette de ne pas m’être alors assis à ses côtés pour lui dire : « Aimé, mon cher Aimé, votre vie donne l’un de ses sens à mon engagement politique ». J’aurais dû lui rapporter qu’il était l’inspirateur secret de cette importante loi que Madame Taubira a réussi à faire voter en 2001 : la reconnaissance par la France de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité. J’aurais voulu lui dire qu’il m’avait donné l’impulsion pour réaliser à Nantes, d’où partirent au dix-huitième siècle tant de sinistres bateaux négriers, un Mémorial de l’abolition de l’esclavage. J’aurais aimé lui faire part de mon affection.

Cet écrivain martiniquais Aimé Césaire rejoint dans mon esprit son ami Léon-Gontran DAMAS. Il rejoint son aîné sénégalais Léopold Sédar SENGHOR. Ce dernier avait fait de Césaire son bizut dans les couloirs du lycée Louis-le-Grand ; ils s’aimaient comme des frères. Tous les deux, ils furent ce que la France pouvait espérer de mieux après la Seconde Guerre mondiale. À bon droit, ils furent notre mauvaise conscience jusque récemment. Je me rappelle que le 23 février 2005 fut voté au Palais Bourbon, une nuit, un article de loi sur la reconnaissance dans les programmes scolaires du rôle positif de la présence française dans la colonisation. Aimé Césaire est alors sorti de son silence pour s’en indigner, et heureusement, parce qu’il avait parfaitement raison.

Aimé Césaire, Léon-Gontran DAMAS, Léopold Sédar SENGHOR furent les écrivains des confins de notre monde. Par leurs discours, leurs poèmes et leur théâtre tragique, ils nous rendirent sensibles à un pan méprisé de la condition humaine.

Et c’est le premier d’entre eux, Aimé CÉSAIRE, qui nous a fait prendre conscience, à nous Français blancs et métissés de l’Hexagone, que la Nation s’accorde avec la négritude. Je dirai même plus : il nous a fait prendre conscience que par l’histoire, par la richesse des migrations, par le partage d’une même langue, nous avons eu la chance de devenir à la fois Français et Nègres, indissociablement. Je vous remercie.

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Martinique: Jean-Marc Ayrault "Césaire a fait d'une insulte le mot "Nègre" une identité ! "

"Admiratif" et "humble" face à la parole de Césaire, à sa vie et à son oeuvre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lui a rendu hommage le mercredi 26 juin dernier sur le parvis de l'ancien hôtel de ville, affirmant que "la Nation s'accorde avec la Négritude".

Portrait d'Aimé Césaire à Fort-de-France. Photo Réveil FM

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lors de son hommage à Aimé Césaire. Photo Réveil FM

Le poète, l'homme politique, le bâtisseur, le professeur: en une quinzaine de minutes, Jean-Marc Ayrault a retracé la vie et l'oeuvre d'Aimé Césaire, "le meilleur des fils de la Martinique". Si le Premier ministre n'a pas caché avoir relu " avec admiration" quelques-uns de ses discours et poèmes dans l'avion l'amenant à Fort-de-France, il a aussi profité du vol pour retravailler longuement sa propre allocution qu'il savait très attendue. Et c'est d'abord au poète que le locataire de Matignon a rendu hommage, "au nom du gouvernement et de la Nation". "Sa parole, son ton d'invective si particuliers étaient capables, en vous touchant au plus profond du cœur, de faire comprendre la situation des opprimés. A travers elle, il a dénoncé la situation d'injustice que vous viviez ici", a-t-il lancé à la foule présente devant l'ancien Hôtel de ville. Applaudissements chaleureux.

Pour lui, " chaque mot est le porte-drapeau d'une identité: "nègre" ne peut être remplacé par "noir". Et de lâcher, face à un auditoire à l'unisson: "Aimé Césaire a su faire de l'insulte un cri d'identité issu de la chaire même de l'histoire".

Français et nègres

"Dans un monde où la parole politique a besoin de poésie", il a salué le "courage" du chantre de la Négritude, "pareil à la flamme d'une poésie, seul et splendide dans son jugement, intègre",. Cette parole libérée, libre et indépendante, Jean-Marc Ayrault l'a évidemment replacée dans le champ politique et dans l'action d'un homme qui " a su la prendre, à chaque fois, pour une cause juste": son opposition au régime de Vichy, ses prises de position, à l'Assemblée nationale, contre la colonisation et la traite des noirs, son indignation face au "rôle positif" de l'esclavage...

"Il a fait l'un des plus longs mandats parlementaires du XXème siècle", a-t-il rappelé alors qu'il héritait "d'un territoire en détresse", dû au blocus imposé sous Vichy et à l'effondrement des usines sucrières. "Mais, aujourd'hui, il n'existe pas une rue, pas un quartier de cette ville qui ne lui doivent quelque chose".

J'aurais aimé mieux connaitre Césaire", a enfin avoué le chef du gouvernement, rappelant avoir siégé sur les mêmes bancs que lui et dans le même groupe parlementaire de 1986 à 1993. " Je lui aurais dit: "votre vie donne un sens à mon engagement politique".

Aimé Césaire a été le premier à nous faire prendre conscience, à nous, Français blancs et métisses, que la Nation s'accorde avec la Négritude. Et c'est m^me une chance, par une langue et une histoire communes, de devenir Français et nègres. Indissociablement".

Chaque élu de la République devrait avoir le même sens des responsabilités qui fut le sien.

Reportage photos

1. Arrivée de Jean-Marc Ayrault à l'ancien hôtel de ville de Fort-de-France

Jean-Marc Ayrault a serré quelques mains de Foyalais avant de se rendre dans le bureau d'Aimé Césaire. Une rencontre populaire qui sied à sa volonté d'être aussi "normal": Photos Réveil FM

Le chef de camp du Premier ministre Ayrault. Photo Réveil FM

2. Ballet d'accueil par des jeunes filles Foyalaises

Ballet d'accueil par des jeunes Foyalais pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Photos Réveil FM

C'est dans la cour de l'ancienne mairie de Fort-de-France que Jean-marc Ayrault a reçu les discours de bienvenue du maire de Fort-de-France, de la présidente du Conseil général et du président du Conseil régional. Trois déclinaisons d'un appel au chef de gouvernement pour "davantage d'engagement et de solidarité"

Raymond Saint Louis, maire de Fort-de-France. Photo Réveil FM

C'est Raymond Saint Louis Augustin qui a ouvert le ban des discours de bienvenue dans la cour de l'ancienne mairie de Fort-de-France. Un maire en verve malgré un lapsus, citant"jacques et Mireille Darsières" en lieu et place des enfants du poète. Il rattrapait rapidement le fil d'un discours savamment construit autour de l'oeuvre municipale menée par le chantre de la négritude comme le prolongement de sa poésie, de sa vie d'homme et de responsable politique. Une oeuvre qui prend racine dans une ville " à construire, une ville sans souffle culturel, un peuple qui ne sait qu'il est peuple".

De cette évocation très lyrique, le maire ne manquera pas de rappeler " douvan zié, sé an gran chimin !" pour mieux citer son prédécesseur en ajoutant. "Gardons chaque pas gagné".

"La muraille de Bercy" de Josette Manin

Josette Manin, présidente du Conseil général. Photo Réveil FM

Tonalité plus pragmatique et plus politique chez Josette Manin, présidente du Conseil général. " Nous avons un modèle qui s'essouffle. Nous le savons et vous le savez. Mais en espérant vraiment que pour la Collectivité territoriale que nous construisons ensemble, nous n'aurons pas à constater que 1+1 ne fait que ". Un avertissement clair qu'elle allait illustrer en évoquant " la muraille de Bercy" pour mieux prendre comme référence la Corse ou l'Etat a su établir un contrat de partenariat avec la collectivité territoriale. "Un contrat social de développement". La tonalité politique n'allait pas s'arrêter avec l'intervention de Serge Letchimy. Le président du Conseil régional s'adressant à "mon cher Jean-marc" allait rappeler que le Premier ministre, alors maire de Nantes, avait su mettre la mémoire de l'esclavage au cœur de sa ville avec le musée édifié sous sa mandature "laissant ainsi un message pour l'avenir".

"La Nation s'accorde avec la négritude"

Serge Letchimy, président du Conseil régional. Photo Réveil FM

Mais l'actualité étant césarienne c'est surtout à l'ancien président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale que Serge Letchimy s'adressait en soulignant l'importance de ce groupe, lors du vote de la résolution en hommage à Césaire, le lundi dernier au Palais Bourbon.

"L'héritage que Césaire nous a laissé, c'est la conscience d'une société imprégnée par le multiculturalisme. Il faut la construire ensemble dans le respect de la différence et l'égalité des droits".

Le Premier ministre a évité de répondre directement, rappelant qu'il aurait à s'y exprimer. Jean-Marc Ayrault a évoqué l'homme Césaire, le député qu'il côtoya sur les bancs de l'Assemblée nationale de 1986 à 1993. Et dans une envolée digne d'un convaincu, il lançait alors une profession de foi très césairienne: "La Nation s'accorde avec la Négritude !"

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vendredi 28 juin 2013

Martinique: Jean Marc Ayrault s'incline devant la tombe d'Aimé Césaire au cimetière La Joyaux !

Cimetière La Joyaux en Martinique où repose Aimé Césaire. Photo Réveil FM

La tombe d'aimé Césaire. Photo Réveil FM

Une policière avec la couronne de fleurs du Premier ministre Jean Marc Ayrault pour aimé Césaire. Photo Réveil FM

Après une courte allocution à la presse à sa descente d’avion, le Premier ministre est allé se recueillir sur la tombe d’Aimé Césaire au cimetière La Joyaux. Après avoir déposé une gerbe de fleurs d’hibiscus sur laquelle, on pouvait lire “Jean Marc Ayrault, Premier ministre”, Jean Marc Ayrault a ensuite lu en silence ce qui est gravé sur la stèle : “j’habite une blessure sacrée j’habite des ancêtres imaginaires j’habite un couloir obscur j’habite un long silence j’habite une soif ...” extrait de “Moi Laminaire”.

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jeudi 27 juin 2013

Première visite de Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme au Cameroun du 30 juin au 2 juillet 2013

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, effectuera sa première visite officielle au Cameroun du 30 juin au 2 juillet prochains, à l’invitation du Gouvernement camerounais.

Navi Pillay, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Au cours de ce séjour, Mme Pillay rencontrera le Président de la République, le Premier Ministre, les ministres des Relations extérieures, de la Justice, de la Promotion de la femme et de la famille ainsi que des représentants des institutions judiciaires. La Haut-Commissaire rencontrera également le Président du Sénat, le Président de l’Assemblée nationale ainsi que le Président et les membres de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés. Elle s’entretiendra aussi avec des membres de la société civile.

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Paris, François Hollande rend hommage à Césaire au Panthéon

Le poète et homme politique Aimé Césaire aurait eu 100 ans le mercredi 26 juin 2013...

Mercredi 26 juin 2013, François Hollande a rendu hommage à Aimé Césaire au Panthéon.

François Hollande a rendu hommage ce mercredi matin au Panthéon au poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, à l'occasion du centenaire de sa naissance, saluant une figure «intimement liée à l'esprit de la République» et à «la lutte contre l'esclavage, le colonialisme, la brutalité».

Arrivé à 8h, le président de la République a traversé seul la nef du Panthéon, avant de descendre dans la crypte pour déposer une gerbe de fleurs devant la plaque dédiée à l'écrivain, chantre de la négritude.

«Je tenais à venir ce matin honorer la mémoire d'Aimé Césaire à l'occasion du centenaire de sa naissance», a ensuite déclaré François Hollande dans une courte allocution, en présence des ministres Aurélie Filippetti (Culture) et Victorin Lurel (Outre-mers).

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui doit quitter Paris après le conseil des ministres pour se rendre aux Antilles dira lui aussi, «au nom de la nation tout entière, combien la forte personnalité d'Aimé Césaire le poète, l'homme politique trouve sa place dans notre panthéon», a ajouté le chef de l'Etat.

«La figure d'Aimé Césaire est intimement liée à l'esprit de la République»

«Je souhaite dire à tous les Martiniquais, mais aussi au-delà des Martiniquais, au-delà des Antilles, au-delà même de la France, combien la figure d'Aimé Césaire est intimement liée à l'esprit qui est celui de la République, c'est-à-dire la diffusion de valeurs, la promotion de chacun, la capacité à être digne en toutes circonstances, la lutte contre l'esclavage, contre le colonialisme, contre la brutalité», a-t-il poursuivi.

Aimé Césaire «l'a fait avec ses mots de poète et il l'a fait aussi avec ses actes d'homme politique», a dit le Président de la République. L'écrivain, mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France, est enterré à la Martinique mais une plaque lui a été dédiée au Panthéon en avril 2011, lors d'un hommage national.

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mercredi 26 juin 2013

Paris: Va-t-on vers le boycott de la pompeuse fête du 30 juin organisée par Christian Atoki Ileka à l'hôtel George V ?

Avec ses 8 millions de morts, le viol des femmes congolaises qui fait du Congo la capitale mondiale du viol, la prise en otage des institutions républicaines par des soudards et seigneurs de guerre, le tripatouillage de la Constitution de Liège qui régit la République démocratique du Congo par des députés et sénateurs godillots et ventripotents qui ne sont pas au service du peuple congolais mais de leur insatiable ventre...A Paris, Christian Atoki Ileka, l'ambassadeur plénipotentiaire de Joseph Kabila fait fausse route. Alors que les Congolais de France malgré les paiements de leur passeport-biométriques attendent toujours cette sésame devenue arlésienne...Christian Atoki Ileka organise une grande fête-pour l'indépendance de la RDC-le vendredi 28 juin de 18h à 20h à l'hôtel George V à proximité du Fouquet's là où Nicolas Sarkozy, une fois élu président de la Républicaine Française en 2007 avait fait sa fête avec ses amis. Pourquoi Christian Atoki Ileka tient-il à une grandoise fête au George V alors que la majorité de congolais sont des précaires, vivent dans la pauvreté et misère ? Notre compatriote Jacques Towolafonu de Villeneuve d'Ascq dans le Nord de France, n'y va par le dos de la cuillère, il réfute l'invitation alambiquée de Christian Atoki Ileka par lettre recommandée avec accusé de réception.

Jacques Towolafonu réfute l'invitation de l'hôtel George V organisée par Christian Atoki Ileka pour l'indépendance de la RDC

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Antilles : Jean-Marc Ayrault se rend en Martinique et en Guadeloupe sur fond de chômage et d’insécurité

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault entame ce mercredi une visite de trois jours en Martinique et en Guadeloupe pour tenter de répondre aux inquiétudes dans ces îles victimes d’une insécurité croissante et d’un chômage qui touche plus de 20% de la population. Pour sa première visite en outre-mer depuis son arrivée à Matignon en mai 2012, le Premier ministre a choisi de débuter par la Martinique où est célébré le 26 juin le centenaire de la naissance du poète et homme politique Aimé Césaire. Dès son arrivée à Fort-de-France mercredi, le chef du gouvernement ira ainsi fleurir la tombe de celui en qui Monsieur Ayrault voit une «référence politique et intellectuelle», selon un conseiller.

La Martinique et la Guadeloupe

Mais le Premier ministre, qui reste comme le chef de l’Etat sont bas dans les sondages, va surtout tenter d’apporter des réponses concrètes aux problèmes que rencontrent les deux îles, qui avaient massivement voté pour François Hollande en 2012.

Avec des taux de chômage supérieurs à 20% en Martinique comme en Guadeloupe, l’emploi sera au centre de la visite de Monsieur Ayrault. «Dans un passé récent, les département d’outre-mer ont eu un sentiment d’abandon», relève un membre du cabinet de M. Ayrault. Montrer que «l’Etat a repris sa place» sera un des enjeux de la visite.

Sur ce volet de l’emploi, la visite ne devrait cependant pas donner lieu à des annonces nouvelles. La promotion de la «boîte à outils» du gouvernement, dont les emplois d’avenir, sera par contre assurée. Le Premier ministre rencontrera ainsi vendredi des jeunes en emploi d’avenir dans le Parc national de Guadeloupe.

M. Ayrault, qui multipliera matin et soir les interventions dans les médias locaux, est aussi très attendu sur le volet fiscal. Le gouvernement reviendra-t-il sur le système de défiscalisation dans les territoires ultramarins? Le Premier ministre devrait préciser la position de l’Etat jeudi devant les milieux économiques à Fort-de-France.

«L’enjeu est d’avoir des dispositifs plus efficaces pour le développement économique de l’outre-mer», explique un conseiller de M. Ayrault, sans lever le voile sur de futures annonces. Les acteurs économiques de l’île craignent un changement dans la future loi de finances 2014 au moment où les Antilles restent confrontées à la question de la «vie chère» et un ralentissement de l’économie.

Guadeloupe: 19 morts violentes depuis janvier

La grave crise sociale et économique qui a ébranlé les départements d’outre-mer en 2009 «n’était rien» comparée à la crise que génèrerait l’arrêt de toute défiscalisation, a ainsi mis en garde mercredi Jean-Paul Le Pelletier, le président de l’Association des chambres de commerce et d’industrie des Outre-mer (ACCIOM).

Si le système d’aide fiscale à l’investissement est remplacé uniquement par du crédit d’impôt, «on sera sans capacité d’investir en 2013 mais aussi en 2014 et 2015», a pronostiqué le président de l’ACCIOM.

M. Ayrault devrait aussi promouvoir le «bouclier qualité-prix», un dispositif créé dans le cadre de la loi Lurel de régulation économique outre-mer, destiné à lutter contre les mécanismes de la vie chère. Il porte sur une liste de 101 produits, pour un montant maximal de 365 euros, dont le prix est censé baisser de 10,3%.

Notamment en Guadeloupe à partir de jeudi, la sécurité sera aussi un aspect majeur du déplacement. «Il y a un contexte un peu lourd en matière de sécurité», confirme-t-on dans l’entourage de M. Ayrault. La Guadeloupe a ainsi vu se multiplier depuis le début de l’année braquages et morts violentes (19 depuis janvier).

Le Premier ministre se rendra jeudi en Guadeloupe dans la commune des Abymes, où a été créée en novembre une zone de sécurité prioritaire (ZCP) intégrant également la ville voisine de Pointe-à-Pitre. Il y prononcera un discours sur la sécurité et la politique de la ville, en présence du ministre François Lamy.

Outre MM. Sapin et Lamy, la délégation comprendra plusieurs parlementaires et les ministres George-Pau Langevin (Réussite éducative), Guillaume Garot (Agroalimentaire) et Victorin Lurel (Outre-mer).

Les journalistes qui l’accompagnent ont quitté Paris, le mardi 25 juin 2013

Avec la loi contre la vie chère Outre-Mer, le Gouvernement a pris des mesures fortes dans les territoires ultramarins. La visite du Premier ministre aux Antilles, du 26 au 28 juin, vient réaffirmer l’importance de l’Outre-Mer dans la République.

Roissy-Charles-de-Gaulle, 25 juin 2013. Photos Réveil FM

"Aujourd’hui, les Outre-Mer sont au cœur de la préoccupation et de la réflexion du Gouvernement" soulignait Victorin Lurel en novembre dernier, lors de la réunion annuelle des maires d’Outre-Mer. Le budget de la mission Outre-Mer du projet de loi de finances 2013 a été augmenté de manière significative avec une hausse des crédits de 5 %. Cette évolution est intervenue après plusieurs années de diminution de l’effort de l’Etat en faveur des Outre-Mer.

Mardi 25 juin 2013, des journalistes accrédités à Matignon à Roissy Charles-de-Gaulle. Photos Réveil FM

Des mesures fortes pour la régulation économique du pays ont été décidées par le Gouvernement. La loi contre la vie chère Outre-Mer qui inaugure le dispositif "bouclier qualité-prix"1, fait partie des actions de redressement économique déclinées spécifiquement dans les Outre-Mer.

Freddy Mulongo dans l'A310 de la République française Paris-Martinique. Photo Réveil FM

Le service dans l'avion par des hôtesses est impeccable. Photo Réveil FM

La Tour de contrôle de Roissy-Charles-de-Gaulle. Photo Réveil FM

Décollage et vitesse de croisière. Photo Réveil FMSi les sociétés ultramarines sont plus durement touchées par la crise, celles-ci disposent néanmoins d’atouts considérables de développement. Cécile Duflot avait notamment pointé la richesse des ressources de ces territoires, en matière de biodiversité, lors de la Conférence environnementale.

Reportage photos Paris-Port de Prince en Martinique

Bienvenue à l' aéroport international de la Martinique-Aimé Césaire. Photos Réveil FM

La Martinique fête le centenaire d'Aimé Césaire 1913-2013. Photo Réveil FM

Des journalistes à la sortie de l'aéroport Aimé Césaire. Photo Réveil FM

Fort de Prince. Photos Réveil FM

L'hôtel Batelière, lieu de la réunion. Photos Réveil FM

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lundi 24 juin 2013

A coeur ouvert avec Armand Mavinga Tsafunenga de la 3C-RDC !

L'affiche d'Armand Mavinga Tsafunenga.

Armand Mavinga Tsafunenga, Coordonnateur de la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC) et Président National du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC), est un érudit et un leader politique qu’on ne présente plus, tant il est connu au niveau congolais, africain et international. Certaines langues le considèrent déjà comme "l’oiseau rare" que recherchent les Congolaises et Congolais pour prendre en main leur destin. D'autres sont dubitatifs et se posent des questions: Armand Mavinga Tsafunenga qui prône tant l'union et la réconciliation entre les congolais a-t-il une longue fourchette ? Ceux qui dirigent par défi le Congo-Kinshasa sont-ils prêts à laisser filer le bifteck qu'ils ont entre les dents ? Peut-on reconstruire le Grand Congo avec ceux-là même qui ont contribué à mettre le pays à feu et à sang pour leurs intérêts égoïstes et ventripotents ? Au delà de la foi visionnaire qui peut animer chaque homme, le Congo actuel ne ressemble-t-il pas à un marigot où des crocodiles, anacondas et serpents de tous espèces sont à jeun et donc prêts à bondir et tout dévorer ? Ancien expert de l’Unesco et d’autres organisations internationales gouvernementales et non gouvernementales, il est écrivain poète, chercheur, enseignant, Ambassadeur de paix, combattant de la justice, reconnu parmi les plus grands humanistes africains, expert en formulation des politiques culturelles pour le développement en Afrique, membre de sociétés savantes dont la Société française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC). Armand Mavinga Tsafunenga est auteur de plusieurs ouvrages. Ses réponses sont toujours percutantes, comme en témoignent déjà ses réponses à l’époque à nos 10 questions en février 2009.

1. Réveil FM International: Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga où en êtes-vous avec le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) ? Comment pensez-vous le mettre en place ? A l’heure où les Congolais de l’Etranger se cherchent encore une telle structure est-il possible voire envisageable ?

Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Monsieur Freddy Mulongo, avant toute chose je vous remercie pour l’interview que vous avez bien voulu m’accorder. Depuis le 09 mars 2013, nous sommes décidément à pied d’œuvre pour la mise sur pied du Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) très attendu par la diaspora congolaise dans les quatre coins du monde. Il importe de souligner d’emblée que j’ai pris l’initiative de la création du CMDC en ma qualité de Président du Centre d’études et de promotion de la culture et de la communication en Afrique (CEPROCOM). Le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) fait partie de ma vision du Grand Congo du XXIème siècle, car la Diaspora Congolaise doit être la vitrine digne, forte, unie et responsable du Peuple Congolais et de la République Démocratique du Congo dans le monde. Le CMDC est une organisation non gouvernementale de développement, de solidarité, de citoyenneté et d’aide humanitaire à vocation internationale. Comme vous le savez, un bon leader est celui qui se sent responsable face aux besoins et problèmes de sa communauté, la mobilise et s’investit dans la recherche des solutions individuelles et collectives les plus appropriées.

Pour votre gouverne, le samedi 09 mars 2013, un pré-dialogue inter-congolais de la Diaspora Congolaise a été organisé dans la Salle Denis Diderot à Bobigny à Paris. Dans l’invitation à ce pré-dialogue, il était prévu d’envisager la création du Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC). Le thème de ce pré-dialogue était : « La Diaspora Congolaise, force incontournable du changement et d’un nouveau départ de développement économique, socioculturel, scientifique, technologique et écologique, maillon de la cohésion et de l’unité nationales, province spéciale de la République Démocratique du Congo ». A notre agréable surprise, l’idée de la création du CMDC a capté totalement l’attention de Congolaises et Congolais de la diaspora qui ont demandé la mise sur pied sans tarder d’une telle structure. Les messages d’appui ont commencé en Irlande, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Afrique du sud et ainsi de suite. La diaspora congolaise en Allemagne a même demandé d’abriter le siège mondial du CMDC et par la suite a accepté que ce siège soit à Paris. Il m’a été demandé par un large consensus d’accepter de présider le CMDC, en ma qualité d’initiateur, aux fins de la mise en place de toutes ses structures. Aujourd’hui, nous sommes littéralement harcelés pour la mise sur pied d’urgence de cette institution. J’attire votre attention sur le fait que ce pré-dialogue de la diaspora n’avait pas pour objectif de préparer la participation de la diaspora à un éventuel dialogue national au Congo, mais d’aider la diaspora congolaise, évaluée à plus ou moins 7.000.000 de personnes, à s’organiser, à s’unir, à prendre ses responsabilités et à travailler ensemble dans la diversité.

Monsieur Freddy MULONGO, pour bien répondre davantage à votre grande question, il m’est un devoir de vous rappeler l’objet et les modalités d’action du CMDC qui est créé sous forme d’association loi 1901, déclaré le 24 mai 2013 à la Préfecture de Paris sous le numéro W751219882. Aux termes de l’article 6 de ses statuts, le CMDC a pour objet :

(a) contribuer à la construction du Grand Congo, un Etat de droit modèle et émergent en Afrique ;

(b) contribuer au développement et au renforcement de l’unité, de la fraternité, de l’égalité, de la justice, de la paix, de la liberté, de la solidarité et de la cohésion nationale en République Démocratique du Congo ;

(c) promouvoir l’exemplarité culturelle et l’esprit d’excellence et du mieux vivre ensemble du peuple congolais au pays et de la diaspora congolaise dans les pays d’accueil ou d’existence;

(d) défendre les intérêts de la diaspora congolaise dans le monde, tout en renforçant la solidarité panafricaine et internationale;

(e) contribuer à la justice, à la paix et au mieux vivre ensemble dans le monde ;

(f) défendre les droits citoyens de la diaspora congolaise d’élire ses dirigeants au pays et ses députés et sénateurs, en appuyant le statut de la diaspora congolaise comme province spéciale de la République Démocratique du Congo ;

(g) contribuer à l’émergence des Maisons du Grand Congo dans les capitales et lieux importants du monde ;

(h) jouer un rôle consultatif auprès des autorités congolaises et au niveau international.

Conformément à son objet, les activités du CMDC empruntent notamment les modalités d’action suivantes :

(a) études et recherches spécialisées ;

(b) mobilisation, dans la mesure du possible, des ressources humaines, matérielles et financières nécessaires et disponibles ;

(c) édition, production, diffusion, documentation et information (collecte, diffusion et échange d’informations et de données) ;

(d) consultation et participation à la mise en œuvre des activités opérationnelles ;

(e) formulation de politiques et de plans, identification, exécution et évaluation des projets ;

(f) collecte et distribution de l’aide humanitaire ;

(g) organisation du corps électoral de la diaspora congolaise en collaboration avec les autorités congolaises, notamment au niveau des représentations diplomatiques de la République Démocratique du Congo ;

(h) organisation des commissions et groupes de travail ;

(i) formation et éducation ;

(j) information et sensibilisation du public ;

(k) stimulation et orientation de la coopération et de la solidarité humaine.

Comme vous pouvez le constater, la création du CMDC est importante et urgente, en témoigne l’accueil que lui réserve déjà la diaspora. Je suis invité à voyager à travers le monde pour la mise sur pied des structures du CMDC qui comprend les organes suivants :

- le Congrès ;

- le Bureau Exécutif ;

- le Conseil économique, social, culturel et environnemental ;

- la Commission Parlementaire ;

- les Conseils Locaux.

Il n’y a pas de souci à se faire, car même le plus long chemin commence toujours par un premier pas. Je mettrai à profit mon expérience de la création et de la mise sur pied des organisations internationales non gouvernementales. Le CMDC sera un organe consultatif des Nations Unies et d’autres organisations internationales ainsi que des organisations régionales comme l’Union Africaine, l’Union Européenne et autres. Au sein du Bureau Exécutif, il est prévu cinq coordinations suivant la répartition géographique des Nations Unies, à savoir : Afrique, Amériques, Asie, Europe et Océanie.

Il y aura un Conseil Général du CMDC au niveau de chaque pays, coiffé par une coordination régionale ou continentale. Un Conseil économique, social, culturel et environnemental, summum de l’intelligentsia congolaise de la diaspora, sera mis sur pied. La Commission Parlementaire sera mise sur pied quand la diaspora congolaise commencera à voter ses dirigeants et notamment ses députés (16) et ses sénateurs (4) dans le cadre de ma vision de la diaspora congolaise province spéciale de la République Démocratique du Congo. Toutes les informations seront publiées incessamment dans le site de CMDC en construction. La mise sur pied du CMDC se fera graduellement et méthodiquement pour déboucher sur le Congrès mondial de la Diaspora Congolaise qui se tiendra à Paris en France.

Cela devra être un grand moment dans l’histoire de notre pays, car seront aussi invités les responsables de missions diplomatiques du Congo et les autorités gouvernementales congolaises ayant une légitimité populaire.

Vous comprenez Monsieur Freddy Mulongo l’importance du CMDC et pourquoi il est très attendu par la diaspora. C’est un cadre d’unité, de réflexion, de dialogue, de conciliation, de réconciliation, d’action et de défense de nos intérêts. Beaucoup m’ont demandé si cette action était nécessaire au moment où beaucoup de compatriotes parlent du combat de libération ?

Je dis oui, car la libération n’est pas un problème ponctuel de guerre ou de révolution à mener pour se libérer, mais c’est un processus global, à la fois spirituel, moral, social, politique, diplomatique, militaire, pour ne pas dire culturel. Il faut éviter de tomber dans le piège de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) que le Président Laurent-Désiré Kabila a traité par la suite de conglomérat d’aventuriers.

Le CMDC est une réponse appropriée aux problèmes et soucis de la diaspora congolaise. Problèmes sociaux, d’identité, de citoyenneté, d’intégration, de protection des familles congolaises, de changement tant attendu au pays et d’unité.

Pour terminer, il me paraît essentiel de préciser que les membres du CMDC sont de deux catégories, à savoir des membres individuels et des membres institutionnels. Les associations et plateformes peuvent aussi être membres du CMDC. Ce dernier ne se substitue pas à aux associations et plateformes existantes, mais travaillent avec elles en leur donnant plus de visibilité et en créant une synergie entre elles. Le CMDC permet de mettre en commun les actions de différentes plateformes congolaises. Pour ne citer que quelques unes : Fédération des Congolais de l’Etranger (FCE), Congrès Congolais de la Diaspora (CCD), Unité Centrale de la Diaspora Congolaise, Rassemblement de la Diaspora Congolaise, La Diaspora Congolaise Unie, Coordination de la Diaspora politique avisée de la République Démocratique du Congo (CODIPOA), Plateforme des Associations Congolaises de France (PACOF), Union des Associations Congolaises de France, Communauté Congolaise d’Atlanta, Communauté Congolaise de Charlotte, Communauté Congolaise de Toronto, Communauté Congolaise de Montréal, Communauté Congolaise de Japon, Communauté Congolaise de Chine, Collectif des Associations Congolaises à Montréal, Congrès des Congolais en Amérique, Congrès des Congolais du Canada, Union des Patriotes de la Diaspora Congolaise (UPDC), Association Civile Congolaise d’Italie. Monsieur Freddy MULONGO, je peux continuer à énumérer des initiatives congolaises qui appellent une synergie sans altérer la spécificité de chacune d’elles. Le CMDC ne peut pas, par exemple, se substituer au laboratoire qu’est la Fédération des Congolais de l’Etranger, mais travaille avec elle et sollicite son expertise. Ensemble, nous pouvons facilement monter un fonds d’investissement pour investir de manière coordonnée, planifiée et efficace au pays. Quand les Congolaises et Congolais sont expulsés ou veulent rentrer au pays, le CMDC peut travailler avec l’association 3RA (Retour Reconversion Retraite en Afrique) pour leur retour dans la dignité et la réinsertion facile. Les récents événements de l’agression et de l’arrestation des étudiants congolais à Punjab en Inde ne justifient-ils pas la nécessité d’un CMDC fort et efficace ?

Pour conclure, à l’heure où les Congolais de l’étranger se cherchent, le Conseil Mondial de la Diaspora Congolaise (CMDC) est un cadre privilégié d’unité, de cohésion, de réflexion, de solidarité, de synergie et d’action pour se retrouver ainsi pour connaitre les chemins et trouver les solutions adéquates à leurs problèmes.

Armand Mavinga Tsafunenga au salon aéronautique et de l'espace 2013 au Bourget

2. Réveil FM International: On connait votre humilité mais il y a quelques mois vous avez publié la liste du gouvernement melting pot dans lequel il y avait des Congolais de l’Etranger associés aux dinosaures mobutistes, et vous-même en tant que Président de la République. Un gouvernement des brontosaures, dinosaures mobutistes et mammouths joséphistes, pour quoi faire ?

Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Merci Monsieur Freddy Mulongo pour cette pertinente question. Je suis flatté que vous commenciez votre question en mettant en exergue mon humilité. Oui je reste un homme humble, car l’humilité et la serviabilité font partie de ma nature. Quelle que soit l’importance des activités que je mène, je reste toujours humble. Ce dossier de gouvernement d’union nationale et de transition démocratique continue toujours de faire l’actualité jusqu’aujourd’hui. En effet, après les ratés des élections de novembre 2011, une crise s’est installée au sommet de l’Etat de la République Démocratique du Congo.

Le pouvoir souffre d’une crise de légitimité après des fraudes électorales dignes d’un roman policier et la crise sociale est à son comble. Une crise majeure peut à tout moment arriver au Congo, on n’est pas sorti de l’auberge avec la crise de l’autorité de l’Etat ; le fléau de la corruption a affaibli l’Etat et le peuple s’inquiète et s’interroge. Il y a un danger quand un Etat n’arrive pas à assumer ses devoirs régaliens de défense de la nation et de la sécurité des biens et des personnes.

Les voix se sont élevées et s’élèvent dans le monde pour rechercher des solutions visant à résoudre le problème d’un leadership crédible, visionnaire, responsable et outillé pour la République Démocratique du Congo. Certaines langues n’ont pas hésité à dire qu’il n’y a pas de bons leaders congolais.

Vous vous souvenez, Freddy Mulongo, de la forte réaction du compatriote Jean Kalama Ilunga à la journaliste Colette Braeckman sur l’existence d’un vrai et sérieux leadership congolais. Aussi des appels à l’unité nationale, à la réconciliation et à une transition apaisée ont fusé de tous les coins jusqu’à ce jour.

Face aux enjeux d’une crise majeure dans notre pays, de la recherche d’un nouveau leadership crédible, visionnaire, responsable et compétent, et d’un changement global tant attendu, nous avons créé le 26 novembre 2012 à Paris la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo, 3C-RDC en sigle.

Un changement décisif qui va au-delà d’un simple besoin de changement des hommes, face à un leadership faible, non visionnaire et affaibli par la corruption et l’égoïsme aveuglant à la tête du pays. Un changement vers un nouveau destin de bonheur social, de paix, de dignité, de prospérité, de liberté et de solidarité nationale.

La 3C-RDC est une plateforme qui a pris une vitesse de croisière et compte à son sein des représentants de toutes les couches de la population congolaise, à savoir : des leaders politiques de différentes tendances, des responsables des associations, des groupements des jeunes, des résistants, des cadres des églises, des intellectuels, des artistes et différents professionnels.

Pour répondre à cette dynamique de leadership, des membres de 3C-RDC ont pris l’initiative d’organiser un sondage autour d’un gouvernement d’union nationale et de transition démocratique. Face à la crise des élections, il fallait le construire autour d’un nouveau leader qui n’était pas candidat aux élections présidentielles. Consulté, j’ai accepté de mettre mon leadership sur le lieu public, fort de ma vision du Grand Congo du XXIème siècle.

Ce n’est pas moi qui ai pris l’initiative de ce sondage, mais le grand public s’est focalisé sur celui qui était suggéré au poste de Président de la Transition. Etant consulté, je devais veiller à ce que les propositions correspondent à des critères précis, étant donné que le sondage fait partie de la démocratie participative.

Ainsi, le besoin de faire un sondage sur un projet de gouvernement d’union nationale et de transition démocratique part d’un constat et de déclarations incendiaires contre l’élite congolaise et notamment la classe politique qui n’arrive pas à s’entendre sur un leadership commun, responsable, crédible et visionnaire. Ce n’est point le lieu ici de citer des remarques violentes, voire humiliantes adressées à la classe politique congolaise où tout le monde veut devenir Président de la République, et où la plupart des acteurs politiques privilégient leurs intérêts personnels, au détriment de ceux du Peuple et du pays. Faire la politique devient donc un métier pour bien vivre avec sa famille et non une vision qui s’accompagne d’une mission. Les ennemis du Congo se sont appuyés sur cette faiblesse pour dire qu’il n’y a pas de leaders congolais crédibles.

En outre, ce sondage n’a pas porté seulement sur le gouvernement : des propositions importantes ont été faites pour les institutions comme la Cour Constitutionnelle, le Conseil économique, social et culturel, et la Commission Vérité, Justice et Réconciliation Nationale. Le sondage était anonyme et la 3C-RDC n’apparaissait nulle part. Diriger c’est prévoir, c’est savoir anticiper.

C’est ici l’occasion de féliciter Mr Bob Masala Maku et Mr Jerry Izouele Djamba qui ont organisé et suivi ce sondage du lundi 17 au dimanche 30 décembre 2012.

L’équipe du sondage a reçu beaucoup de mails et d’appels téléphoniques du pays et de toute la diaspora congolaise, sans parler des centaines de contacts interpersonnels. De nombreux échanges ont enrichi ce sondage sur les réseaux sociaux. Il y a eu plus de 75% d’avis favorables à l’architecture proposée.

Il y a eu unanimité sur mon profil comme leader pouvant conduire le Peuple Congolais à la justice, à la paix, à la réconciliation nationale et au bonheur social. Par exemple, à la question de proposer une femme au poste Premier Ministre, les gens ont proposé Mme Justine Kasa-Vubu sans tenir compte du fait qu’elle était d’une même province que le leader proposé comme Président de la Transition.

Et cette réponse a été confirmée une semaine après quand des Congolais réunis le vendredi 21 décembre 2012 en Congrès à Anvers en Belgique ont plébiscité encore cette dernière comme potentielle Première Ministre de la Transition. L’équipe du sondage était loin d’imaginer l’engouement qu’allait susciter cette initiative au pays et dans la diaspora.

La 3C-RDC a été d’office coptée comme un laboratoire de propositions, au point que les gens ont demandé que des propositions soient faites aussi pour la Cour Suprême de Justice et les services de défense et de sécurité dont l’armée. La plupart des sondés ont préféré la formule de Vice-Premiers Ministres à celle de Ministres d’Etat.

Pour ce sondage, c’est la méthode suggestive qui a été utilisée. Le sondage est un outil de la démocratie participative. Quand un acteur veut devenir un acteur politique public, il peut faire l’objet d’un sondage pas pour le nuire, mais pour connaître les attentes populaires. Le sondage peut être anonyme. Dans ce cas, on demande au public de proposer des noms. Cette approche est fastidieuse, prend du temps et n’amène pas aux objectifs visés, car souvent le public n’a pas le temps de connaître en profondeur ces acteurs politiques et surtout de lire ce qu’ils écrivent et/ou proposent.

Ce qui amène parfois les gens à privilégier plus le critère ethnique, au détriment des autres critères. Le sondage peut être aussi suggestif. Il est précédé d’un travail de fond sur le grand panel des acteurs politiques congolais. L’équipe du sondage a utilisé l’approche suggestive et il est heureux de constater qu’elle a été très fructueuse, vu le nombre de réactions enregistrées.

Plusieurs critères ont été utilisés : la compétence, le militantisme, l’équilibre politique, le socle d’union nationale, la répartition géographique, la continuité de l’Etat, les éléments de connaissance (publications, discours, déclarations, etc.). L’équipe du sondage y a travaillé à fond pour essayer d’être impartial.

Aujourd’hui, cette architecture de gouvernement d’union et de transition démocratique est devenue un précieux outil de travail dans les différents états-majors politiques congolais. Deux leaders politiques ont demandé que leurs noms soient retirés de cette liste.

Par contre, beaucoup de leaders politiques étaient mécontents de ne pas voir leurs noms sur cette liste, même s’il s’agit d’un sondage. La plupart n’ont pas voulu qu’on leur parle du sondage, ils voulaient être repris dans ce projet de gouvernement. Ce n’est pas facile de ramener une liste de 100 personnes en une trentaine.

Il ne s’agissait pas d’un projet melting pot, mais d’un projet visant à dégager une architecture type de notre leadership d’union nationale et de transition démocratique, sans esprit d’exclusion ni d’intolérance. J’insiste que c’était un sondage et non une nomination. Il faudra un jour un leader politique qui va mettre tous les acteurs politiques congolais ensemble sans esprit de haine, de vengeance, de revanche et de règlement des comptes, un leader politique qui va impulser la cohésion, l’unité et la réconciliation nationales dans la justice.

C’est une tâche ardue. Mais comme je le dis chaque jour, « demain n’est pas à attendre mais à inventer et demain se prépare aujourd’hui. » Me préparant à diriger un jour mon pays et à le mettre de façon décisive sur l’orbite de l’émergence, je me dois de travailler avec tous les Congolaises et Congolais autour de la vision du Grand Congo que je porte sans distinction d’appartenance politique, sociale, ethnique et religieuse. Il sera un Grand Congo de justice, de paix, de sécurité, de liberté et de bonheur social pour le Peuple Congolais.

En me projetant dans cette vision de gouvernement d’union nationale, de réconciliation et de transition démocratique juste et apaisée pour demain, je reste toujours humble, car pour moi diriger un jour le Congo n’est pas une ambition mais un destin.

3. Réveil FM International: Malu Malu revient à la CENI après avoir orchestré les fraudes électorales lors des élections Louis Michel de 2006, qu’augure ce retour ? Pensez-vous que cela soit une bonne chose ?

Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Le retour de l’Abbé Malu-Malu à la tête de la Commission Electorale Nationale et Indépendante (CENI) pose problème. Il convient de signaler d’abord que je ne suis pas contre l’Abbé Malu-Malu qui est un homme sympathique et intelligent.

Les élections organisées en 2006 ont été largement financées par l’Union Européenne que représentait Monsieur Louis Michel. Il était tout à fait normal que ce dernier veille sur les intérêts de l’Union Européenne. Les élections de 2006 ont été émaillées de beaucoup d’irrégularités sous la direction de l’Abbé Apollinaire Malu-Malu.

Je me souviens que le Cardinal Etsou Bamungwabi avait réclamé la vérité des urnes à cette époque, comme le Cardinal Laurent Monsengwo l’a reclamée pour les élections de novembre 2011. S’il avait bien son travail à l’époque, on ne l’aurait pas évincé à la tête de la CENI en faveur du Pasteur méthodiste Daniel Ngoy Mulunda Nyanga. Nous ne devons pas oublier les violences préélectorales, électorales et postélectorales de 2006 et 2007.

Avant de parler de la désignation nomination de l’Abbé Apollinaire Malu-Malu à la tête de la CENI, je vous fais remarquer que la composition déjà de la CENI pose problème. La CENI n’est pas indépendante, mais une institution politique partisane d’organisation des élections. En vertu de quoi la majorité doit avoir six places et l’opposition quatre places au sein de la CENI.

C’est ni plus ni moins de la maffia politique. La CENI devrait être tenue par des experts qui ne sont pas membres de partis politiques, mais qui sont d’une neutralité avérée. Comme l’a souligné la Coalition pour le Changement en République Démocratique du Congo (3C-RDC, la majorité présidentielle et plusieurs membres de l’opposition ont peur de la démocratie.

Les membres de la majorité et de l’opposition de la CENI veulent procéder à des nominations de leurs membres aux élections locales, urbaines, municipales et provinciales sous l’égide d’Abbé Malu-Malu.

La composition de la CENI n’étant ni nationale ni indépendante, le décor de l’aggravation de la crise actuelle est planté. Les autorités actuelles ont donc refusé de tenir compte des manquements graves des élections de 2011.

Abbé Malu-Malu doit être sincère et transparent pour faire le bon choix, car l’hypocrisie ne paie pas et finira par le rattraper un jour dans sa vie. L’Abbé Malu-Malu et le Pasteur Daniel Ngoy Mulunda sont des éléments d’une même figure, à savoir des membres de la majorité présidentielle dirigée par le PPRD. Qui a oublié que l’Abbé Malu-Malu est Co-chef de la délégation gouvernementale aux pourparlers de Kampala avec le M23, sans citer les multiples fonctions qu’il a assumées dans le cadre de signature de plusieurs accords de paix sans paix entre le gouvernement et les mouvements rebelles et mercenaires à l’est de la République Démocratique du Congo.

Il est temps que l’Abbé Malu-Malu écrive à sa hiérarchie pour demander une mise en disponibilité aux fins de travailler avec Joseph Kabila, parce qu’il est devenu un leader politique à part entière de la majorité présidentielle.

Ce sera un bonheur pour nous de le compter clairement parmi nous comme acteur politique et non comme Président de la CENI. Ce qui pourrait permettre à son Président de lui confier le poste qu’il aimerait lui confier en dehors de la CENI. Le retour de Malu-Malu, loin d’apaiser les esprits, va déboucher sur un climat de suspicion qui va aggraver la crise actuelle de légitimité du pouvoir. Toutes les forces vives de la nation sont appelées à une vigilance tous azimuts pour dénicher à temps le plan caché de ce retour.

Armand Mavinga Tsafunenga au Centre d'Accueil de la Presse Etrangère. Photo Réveil FM-CAPE

4. Réveil FM International: Ancien expert de l’Unesco, les rumeurs courent que les lobbyistes belges et angolais veulent vous placer à la tête du Congo. Pourquoi d’autres pays : la France, les Etats-Unis…ne vous appuient-ils pas seulement les Belges et les Angolais ?

Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Merci Monsieur Freddy Mulongo pour cette question. Depuis que j’ai annoncé que je me prépare et suis prêt à changer le destin du Peuple Congolais et de la République Démocratique du Congo, je suis au cœur de toutes les discussions sur le changement en République Démocratique du Congo.

Eu égard à la centralité et à la position géostratégique de notre pays, il est tout à fait normal que les gens se posent tant de questions et essaient de répondre selon les éléments à leur disposition.

La question que vous me posez est délicate, car je sais que c’est le Peuple Congolais qui va un jour me placer à la tête du pays, car le pouvoir émane du peuple. C’est ce qui justifie le rallye que je viens d’amorcer pour atteindre toute la diaspora congolaise et mes compatriotes au pays pour leur présenter ma vision du Grand Congo du XXIème siècle. Ce qu’il faudra d’abord noter c’est l’unanimité qui se crée autour de cette vision et du projet global ad hoc.

Vous vous souvenez d’ailleurs de l’engouement déjà créé par ma vision en 2008 en ma qualité du Président National du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC). Vous avez participé avec moi au Congrès organisé les 28 et 29 novembre 2008 à Paris, si j’ai encore bonne mémoire, par la Fédération des Congolais de l’Etranger (FCE) sur le thème : « Mondialisation et migration, mondialisation et double nationalité, mondialisation, décentralisation, développement local et emploi, mondialisation, décentralisation et démocratie locale ». Lors de ce congrès, vous avez été témoins comment des participants et des députés venant du Congo avaient littéralement sauté sur mon livre intitulé « A la recherche d’un modèle de développement culturellement durable. Pour bâtir une nouvelle et vraie République Démocratique du Congo » (Paris, Pyramide Papyrus Presse, 2007). C’est après d’ailleurs ce congrès que vous m’avez posé vos 10 questions légendaires d’un bon journaliste.

La République Démocratique du Congo traverse une crise multiforme sans précédent à l’image de l’holocauste silencieux qui s’y passe. L’espérance de vie est réduite à 43 ans, plus de 8.000.000 de morts directs et indirects, plus de 3.000.000 de personnes déplacées qui vivent comme des réfugiés sur le sol de leurs ancêtres, des frontières troublées avec le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, l’autorité de l’Etat est sapée, la corruption a ébranlé l’Etat incapable de tenir ses devoirs régaliens de protection de la nation, des biens et des personnes. Une crise majeure peut à tout moment ébranler le pouvoir en place qui souffre de légitimité.

La République Démocratique du Congo transformée est devenu le ventre mou de la région des Grands Lacs malgré ses immenses ressources naturelles et stratégiques à l’ère de la mondialisation. Des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme assassinés sans aucune forme de procès et une dictature se met tranquillement en place au détriment des règles démocratiques élémentaires. Des défis immenses attendent celui qui va remplacer Joseph Kabila parce que ce dernier ne pourra pas modifier la constitution pour briguer un troisième mandat. J’ai été préparé et me suis préparé à relever ces défis ensemble avec mon peuple. Pour votre information, c’est depuis le 11 juillet 1991 à 13h00 que je suis préparé et me prépare à assumer mon destin pour le Peuple Congolais et notre pays.

Diriger le Congo pour moi est le fruit d’une longue préparation. Je suis appelé à être une charnière entre l’ancien Congo qui se termine avec le Président Joseph Kabila et le nouveau Congo qui commencera avec moi. Cette rétrospective me permet de revenir maintenant à votre question.

Beaucoup de gens se demandent qui est derrière Armand Mavinga Tsafunenga ? Quels sont ses appuis pour briguer la présidence de la République Démocratique du Congo. Il faut faire très attention avec les rumeurs, car elles peuvent être montées de toutes pièces pour nuire à la mise en œuvre de notre vision.

Ces rumeurs des lobbyistes belges et angolais sont fausses et il faut éviter d’embarrasser inutilement les autorités belges et angolaises.

Je compte d’abord sur l’Eternel et le Peuple Congolais, ensuite sur toute la communauté internationale parce que le Congo est un pays stratégique dont tout le monde a besoin. Nous avons besoin de soutien de tous les pays pour la concrétisation de notre vision.

Il nous faut une Afrique centrale apaisée et prospère, notamment dans la région des Grands Lacs, avec la revitalisation de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) qui pourra s’ouvrir aussi à l’Ouganda et à la Tanzanie, à côté de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi.

Mon profil de grand humaniste africain, d’Ambassadeur de paix et d’expert du développement et des organisations internationales est important pour la paix, la justice, la réconciliation, la stabilité, le mieux vivre ensemble et la prospérité dans la région, comme au niveau international. Je suis aussi un spécialiste de la lutte contre le terrorisme, notamment en ce qui concerne l’approche anticipative, ce qui renforce mon profil d’acteur approprié dans la protection des biens et des personnes ainsi que dans la sécurisation des investissements de nos partenaires extérieurs au Congo.

J’ai tout d’un profil typique du leader qu’attendent le Peuple Congolais et la communauté internationale impliquée dans les grands enjeux géostratégiques de la République Démocratique du Congo.

5. Réveil FM International: Comptez-vous vous présenter en 2016, si oui croyez-vous que les élections seront libres, démocratiques et transparentes ? Que pensez-vous de tous ceux qui disent 2006=2011=2016 ?

Pasteur Armand Mavinga Tsafunenga: Monsieur Freddy Mulongo, il ne fait l’ombre d’aucun doute que je serai candidat aux élections présidentielles de 2016, car cette élection finira par avoir lieu. Dans les magazines « Echos des tropiques » (janvier-mars 2013) du Journaliste Mbamba Toko et Panafrica International (mars-avril 2013) de James Ngumbu, j’ai annoncé que je serai candidat, notamment dans l’interview du Journaliste Anicet Muzinga.

Vous avez sans peut-être déjà lu l’affiche qui est publiée sur laquelle est écrit ce qui suit : « Mettons-nous tous ensemble autour de Papa Armand Mavinga Tsafunenga pour changer notre destin en République Démocratique du Congo. Demain n’est pas à attendre, mais à inventer. 2016 c’est demain matin. Demain se prépare aujourd’hui ». C’est pour dire que nous avons déjà commencé à préparer 2016.

Nous ne croyons pas mais nous allons nous investir pour que les élections soient libres, démocratiques et transparentes. Le premier combat est d’empêcher le Président actuel de changer la constitution pour briguer un nouveau mandat. Une constitution est un texte sacré et non un règlement d’ordre intérieur d’un pouvoir qui le change à sa guise. Avec l’Abbé Malu-Malu ou pas, 2016 ne sera pas comme 2006 et 2011. En 2006 et en 2011, des groupes de Congolaises et Congolais étaient prêts à soutenir ma candidature aux élections présidentielles, mais je leur avais dit que ces élections ne me concernaient pas et qu’ils devaient garder leur argent. Et j’ai souligné que le jour où je serai candidat aux élections présidentielles, je les gagnerai sans contestation. Les élections de 2011 étaient celles de notre Père Etienne Tshisekedi, considéré comme le Moïse de l’Etat de droit au Congo ; celles de 2016 seront les élections de Papa Armand Mavinga Tsafunenga, le Josué de l’Etat de droit au Congo. Le Peuple Congolais, grâce à la mobilisation de sa diaspora, n’acceptera plus qu’on lui vole sa victoire et deviendra de plus en plus exigeant.

Il faut savoir lire les signes des temps avec tous les mouvements qui se développent comme les résistants et notamment les combattants, les bana bilaka (les enfants de la promesse), les bana mvuluzi (les enfants du sauveur libérateur Kimbangu), la COFAC ( Coalition des Forces Armées congolaises), etc.

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Paris: Nous y étions au cinéma Paradiso au Grand Palais

Jusqu’au vendredi 21 juin dernier, installé de façon éphémère au Grand Palais, le Cinéma Paradiso, « drive-in » à l’ancienne, ne désemplit pas. Un cinéma et des restaurants ont été installés de manière provisoire sous la verrière du Grand Palais. Le Grand Palais, posé en bord de Seine dans le 8e arrondissement de Paris, est envahi par un brouhaha joyeux. Certains jouent au baby-foot, d’autres investissent des jeux vidéos rétro. Sur l’un des stands, un groupe de cinq jeunes gens, sages et concentrés, est assis autour d’une table. Ils s’initient aux joies du tricot. À côté, un coiffeur tient boutique et attend le client. Au milieu du grand hall d’exposition, trône une ancienne affiche Coca-cola, entourée de buvettes. Affiche cinéma Paradisio Grand Palais Fiat & MK2 Les 12 000 m2 de la verrière ont été investis pour vous proposer un drive-in, un dinner, une piste de roller, un espace de jeu, une discothèque et bien d’autres animations.

Cinéma Paradiso. Photo Réveil FM

France Culture. Photo Réveil FM

On nous a dit « drive-in ». On a pensé pare-chocs, frotti-frotta et sièges en skaï. Alors, en pénétrant dans la nef du Grand Palais, où MK2 organise « le plus grand drive-in jamais réalisé dans une capitale », on a comme un moment de flottement. Où sont les voitures ? Sous la voûte majestueuse, on ne voit d'abord que des parasols rouges, une pub Coca avec pin-up blonde, des stands en bois croulant sous les gadgets et des enseignes lumineuses « Diner » – dites « daïneure », à l'américaine – et « Super Club ». Au fond, derrière un échafaudage surmonté de l'inscription « Cinema Paradiso », des carrosseries rutilantes finissent par nous faire de l'œil. Face à l'écran, trente-quatre Fiat 500 décapotables donnent au lieu un air de Salon de l'auto. Pour les Ford et la poussière, c'est raté. Pour l'ambiance ciné paroissial en Sicile, aussi. 19h30. D'ici à la séance de The Big Lebowski, on a le temps de faire un tour. Entre les stands où tout s'achète (cher) – des cosmétiques Kiehl's au pop-corn bio en passant par les DVD MK2 – circule une faune plutôt jeune et branchée. Hipsters, bobos et quelques rares familles avec enfants. Une foire pour CSP+, avec un côté camping au musée pour l'odeur de graillon. Maxime, du staff MK2, dit que l'opération est « un grand événement populaire ». La preuve avec la piste de disco roller et l'expo sur le « retrogaming » ! « C'est plein de vieilles bornes, vous verrez. » Vieilles bornes ? Pas sûre qu'il faille bien le prendre.

Freddy Mulongo dans l'un des trente-quatre Fiat 500 décapotables. Photo Réveil FM

On va voir quand même, et oh, magie de la culture régressive, les jeux de notre enfance sont tous là, Pac-Man en tête. 20h15. Une fille commente : « C'est l'Amérique pour de faux, quoi ! » Le cheeseburger sur l'estomac, les tympans saturés de disco, on se sent faible soudain, aspirée par le fond d'une « Piscine » chèrement acquise (une coupe de champagne avec glaçons). Finalement, c'est l'heure. On n'a pas droit aux décapotables, il faudra se contenter d'un siège ou d'un transat. Un type râle : « La prochaine fois, au lieu de raquer 20 euros pour voir un film dans un fauteuil, j'irai à la Villette, au moins c'est en plein air et gratuit ! » Les rangs sont clairsemés. Des hôtesses nous distribuent des casques, « son immersif » garanti. Alors que la verrière est toujours inondée de lumière, le film commence.

Dès 21 heures, une file d’attente se constitue peu à peu à l’entrée du cinéma signalé par des lettres roses lumineuses. La programmation rend hommage à des classiques du cinéma américain. La séance de Taxi Driver doit commencer à 21 h. Des trentenaires portant blazer, barbe de trois jours et grandes lunettes noires arrondies discutent entre eux. Les filles ont des jupes à fleurs, des petits blousons de cuir, et une tresse sur le côté…

Derrière un grand rideau noir se trouve la salle de projection improvisée. Des sofas rouges sont étendus au pied de l’écran, puis sont alignés des transats, des sièges de cinéma, et au fond, trente-deux Fiat 500 toutes neuves occupées par les spectateurs les plus chanceux.

UN CASQUE AUDIO PAR SPECTATEUR

Un jeune homme, cheveux bruns, tenue décontractée, grand sourire, arpente les allées de la salle. C’est Elisha Karmitz, fils cadet de Marin Karmitz, patron du réseau de salles MK2. « Je n’avais jamais connu de drive-in de ma vie, confie le jeune organisateur. Mais ce n’est pas une démarche nostalgique. J’ai voulu utiliser certains codes de notre enfance pour les moderniser. Ce qui est moderne, c’est le mélange très contemporain entre l’esprit discothèque, les créations lumineuses et la salle de cinéma. »

« Je n’ai pas voulu faire un événement pour les parisiens branchés, ajoute-t-il. J’ai appelé cet événement Cinéma Paradiso en référence à la scène du film du même nom où Alfredo (Philippe Noiret) projette la séance de cinéma sur la place du village ».

Les gens s’installent dans les fauteuils. Ils ont à la main des coupes de champagne, des verres de vin ou de bière. 21 h 30 : le film tarde à se lancer. La lumière est encore vive sous la grande verrière. Lorsqu’il démarre, les formes se devinent à peine sur la toile blanche. Les spectateurs portent des casques dans lesquels résonne le saxophone entêtant de Taxi Driver.

DERRIÈRE LE RIDEAU, LA PISTE DE DANSE SE PRÉPARE

Au bout d’une demi-heure, la nuit tombe enfin. Le film sort peu à peu de l’écran. Robert de Niro se raconte des histoires d’héroïsme, torse nu devant son miroir, revolver au poing.

Quand les bruits entêtants de la rue new-yorkaise s’estompent dans le casque, le brouhaha qui règne derrière le rideau, où l’on prépare la piste de danse, prend le relais. Au-dessus des têtes, des éclats de couleurs se reflètent dans la verrière. La structure métallique du Grand Palais s’illumine peu à peu. Elle encadre l’écran de sa charpente teintée d’un violet éclatant. Pendant ce temps, sur l’écran, se déploient les bas-fonds d’un New York nocturne.

Quand le film s’arrête, les spectateurs se lèvent paresseusement de leur siège. Des couples s’embrassent. Comme un clin d’œil involontaire à la scène finale de Cinéma Paradiso, où le héros visualise une bande qui reprend tous les baisers de cinéma censurés par le curé de la paroisse.

LE PUBLIC PARTAGÉ

Il y a foule, à la sortie. Un groupe de jeunes filles reste planté, en proie à une discussion animée. Manifestement, elles n’ont pas également apprécié la séance. « Je suis très déçue, lance la plus vive du groupe. C’est un événement pour « bobos ». Et toutes ces pubs coca-cola dans le Grand-Palais, ça m’énerve ».

Son amie n’est pas vraiment d’accord : « Moi, j’ai trouvé ça sympathique. La programmation est prometteuse. Les Dents de la mer est bientôt au programme. Ce film dans un tel cadre, c’est tout de même du jamais vu. »

Freddy Mulongo dans un playstation. Photo Réveil FM

Stand Barbie pour les petites filles. Photo Réveil FM

Asterix et ses amis. Photo Réveil FM

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dimanche 23 juin 2013

Affaire Ambassade de Berne: Le chargé d'Affaires ai, Jean Claude Kalala, Chick Munduki, Evelyne Milolo et Mado Ntumba Munduki sont attendus le lundi 29 juillet au tribunal fédéral de Bellinzona

Jean-Claude Kalala Muayika

Chick Munduki Osonga. Photo Réveil FM

Pour une première c'est vraiment une première dans l'histoire de la diplomatie mondiale. L'ambassade de la République démocratique a accusé ses ressortissants auprès des autorités suisses. Le 29 juillet 2013, Jean Claude Kalala, Chick Munduki Osonga, Evelyne Milolo et Mado Ntumba Munduki vont se retrouver face à leur accusateur Sébastien Mutomb Mujing, chargé d'Affaires ai de la Mission diplomatique de la République démocratique du Congo au tribunal fédéral de Bellinzonna. Qu'ont fait les Congolais résidents en Suisse pour être accusé par l'ambassade qui devait les protéger ? En effet, lors du second hold-up électoral du régime de Joseph Kabila suite aux fraudes massives orchestrées par Daniel Ngoyi Mulunda le fameux président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), fraudes dénoncées par plusieurs organismes internationaux: Institut Carter, Union européenne...Des congolais avaient manifesté pacifiquement dans l'enceinte de l'ambassade de la RDC à Berne. Une ambassade fantôme, une ambassade pres qu'abandonné où les herbes folles risquaient d'abriter des serpents et scorpions. Pour avoir chanté à tue-tête contre le hold-up électoral, dénoncé la dictature totalitaire installé au Congo-Kinshasa et la prise en otage de ses institutions par une bande mafieuse, en bon calculateur Sébastien Mutomb Mujing, chargé d'Affaires ai, qui est toujours intérimaire alors selon la loi congolaise l'intérim ne peut dépasser 12 mois, a cru tomber sur une occasion en or pour se faire mieux voir du régime de Kinshasa va sauter sur l'occasion. Sans contre expertise d'une institution indépendante, espérant en tirer les dividendes "Que le régime le nomme Ambassadeur", Sébastien Mutomb Mujing va accuser faussement ses compatriotes congolais à la police suisse, de violation de domicile comme si la résidence de l'ambassade était sa propriété ou celle de ses parents. Il est allé trop en insinuant que ses compatriotes avaient cassé vitres, portes et que certains documents avaient disparu !

Le régime de Kinshasa compte envoyer des hauts cadres du PPRD pour soutenir le Chargé d'Affaires ai. Les Résistants-Patriotes-Combattants seront-ils aux côtés de leurs frères ?

De toutes les façons les congolais qui savent et sont conscients que le tribunal Fédéral de Bellinzonna est une tribune qui leur est offert pour expliquer la situation abracadabrantesque que vivent les congolais de la République démocratique du Congo avec 8 millions de morts, tripatouillages, fraudes électorales, le viol des femmes utilisé comme arme de guerre, des milices tutsi rwandaises fabriquées et soutenues par le régime de Kinshasa pour piller, assassiner, massacrer des paisibles citoyens...

Le clivage est net entre le peuple congolais et ceux qui sans légitimité dirigent par défi ! Le peuple congolais muselé, chosifié, appauvri à outrance par le régime totalitaire, n'a qu'un seul recours et secours, celui des Résistants-Patriotes-Combattants, ces congolais de l'étranger sont devenus la voix des sans voix pour la République démocratique du Congo. Ces sont eux qui nourrissent des familles au Congo, ce sont eux qui soignent des familles, envoient les enfants à l'école...Ils pallient à qui mieux mieux les carences et incohérences d'un régime d'occupation.

Le procès de Bellinzona du 29 juillet 2013 est un procès du peuple congolais contre un régime dictatorial qui dirige par défi sans légitimité et de manière illégale. C'est le refus de payer 300 Francs suisses chacun pour payer la nouvelle clôture de l'ambassade de la RDC à Berne qui amènent ces 4 congolais à Bellinzona. Ils estiment dans leur âme et conscience qu'ils n'ont jamais violé le domicile de qui que que ce soit, en se rendant à la maison commune de tous les Congolais qui est l'ambassade de la RDC, qu'ils n'ont rien casser dans cette ambassade et qu'ils ne vont pas enrichir un pouvoir d'occupation, d'usurpation et d'imposture qu'est le régime de Joseph Kabila et ses sbires de l'ambassade.

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Savigny-Suisse: Ré-visitation de la dictature mobutienne par Bwana Paul Kahumbu !

On ne peut pas parler de la résistance congolaise, en Suisse dans le canton de Vaud, notamment à Lausanne sans penser à Bwana Paul Kahumbu, membre influent du directoire du Front Civil de Résistance Populaire. Incontournable et irréductible, Paul Kahumbu est un Résistant-Patriote-combattant de la première heure. Le président honoraire du Forum des étrangers et étrangères de Lausanne (FEEL) s'est battu pour l'intégration des étrangers dans son canton de Vaud, Paul Kahumbu continue de siéger a siégé au conseil municipal à la Mairie de Lausanne, pour représenter les étrangers. L'homme n'a pas sa langue dans la poche et il est précis dans son combat. Il sait d'où il vient où il veut aller et surtout où il ne voudrait plus aller. Depuis des lustres, Paul Kahumbu a déjà choisi son camp, celui de la résistance congolaise contre la dictature totalitaire qui sévit en République démocratique du Congo. Depuis plus de 27 ans, il se bat contre toutes les dictatures qui s'installent au Congo Kinshasa, du mobutisme au joséphisme. Il y a une année Bwana Paul Kahumbu, nous avait amené à Savigny, il s' était exprimé devant l'ex-résidence et lieu de villégiature du feu Maréchal Mobutu. Paul Kahumbu avait revisité l'histoire du Grand Congo avec nous et pour nous.

Bwana Paul Kahumbu, premier résistant congolais à Lausanne. Photo Réveil FM


Savigny, Paul Kahumbu s'exprime devant l'ex... par reveil-fm


Paul kahumbu parle de Savigny par reveil-fm


Savigny visite chez le boucher de Mobutu par reveil-fm

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samedi 22 juin 2013

Berne-Suisse: Des journalistes invités par la Chancelière Corina Casanova à la Maison Béatrice de Watteville

Mercredi 5 juin dernier, une vingtaine des journalistes de la presse étrangère ont été invités par la chancelière de la Confédération, Corina Casanova, à la Maison de Watteville. A quelques jours sur le vote sur le droit d'asile, la chancelière a pris l’initiative d’informer les journalistes étrangers accrédités à l'ONU sur le vote électronique, des subtilités du fédéralisme, de la démocratie directe, du droit d’initiative, du référendum, etc. Corina Casanova a d’ailleurs fait de la promotion du système politique suisse l’un de ses chevaux de bataille. La chancelière de la Confédération a expliqué aux journalistes présents que les droits politiques et l'organisation des élections et votations fédérales comptaient parmi les tâches-clés de la Chancellerie fédérale. Le droit fédéral régissant l'organisation des élections au Conseil national, c'est la Chancellerie fédérale qui est compétente en la matière. L'organisation des élections au Conseil des Etats est en revanche régie par le droit cantonal et incombe donc aux cantons.

Le vice chancelier André Simonazzi et la Chancelière Corina Casanova à la maison Béatrice de Watterville. Photo Réveil FM

La Maison Béatrice de Watteville est une demeure patricienne située au coeur de la vieille ville de Berne. Elle fut construite en 1446 et abrita de nombreuses générations des familles Frisching et de Watteville. En 1934, Emanuel de Watteville la légua à la Confédération au nom de son épouse Béatrice, décédée en 1929. Aujourd'hui, le Conseil fédéral l'utilise pour y recevoir ses hôtes, mais aussi pour y mener des entretiens politiques comme les «entretiens de la Maison de Watteville» avec les leaders des partis politiques, qui se déroulent avant les séances des Chambres fédérales. Depuis 1848, année de naissance de la Suisse moderne et de l'entrée en vigueur de la Constitution fédérale, des élections au Conseil national ont lieu à intervalles réguliers.

Freddy Mulongo devant le Palais fédéral de Berne. Photo Réveil FM

La Maison de Watteville se situe à la Junkerngasse 59, dans la vieille ville de Berne. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo à la Maison Béatrice de Watteville. Photo Réveil FM

Jean Paul Hoarreau, Emilia Nazarenko, président de l'APES. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo sur le balcon de Watteville avec vue magnifique sur le jardin et la rivière la rivière Aar. Photo Réveil FM

Le buffet de la Chancelière Corina Casanova aux journalistes. Photo Réveil FM

Barbara Perriard, responsable de la Section des droits politiques de la Chancellerie et Freddy Mulongo. Photo Réveil FM

Emilia Nazarenko, Freddy Mulongo, la Chancelière Corina Casanova...Photo Réveil FM

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vendredi 21 juin 2013

Tchad: Reporters sans frontières empêchée de se rendre à N'Djaména

Reporters sans frontières dénonce avec la plus vive énergie le comportement des autorités tchadiennes qui, par des manœuvres dilatoires, viennent de faire échouer une mission de l'organisation à N'Djaména. Le responsable du Bureau Afrique de RSF devait se rendre au Tchad du 20 au 25 juin 2013 pour s'entretenir avec des journalistes tchadiens, rendre visite à ses confrères emprisonnés (Eric Topona, Moussaye Avenir de la Tchiré et Jean Laokolé) et être reçu par certaines autorités de l'Etat. Sa demande de visa n'a pas abouti, pour un prétexte fallacieux.

Ambroise Pierre, responsable bureau Afrique à RSF. Photo Réveil FM, archives

"Notre organisation n'a aucune mauvaise intention vis-à-vis du Tchad et souhaitait simplement se rendre sur place. Nous ignorons la motivation des autorités tchadiennes mais ne pouvons que déplorer cette situation. Elle nous empêche de marquer notre solidarité avec des journalistes emprisonnés. Elle nous empêche également de tenir avec les autorités des discussions que nous espérions pouvoir être constructives. Elle nous empêche de nous enquérir des raisons pour lesquelles nos trois confrères sont privés de leur liberté. Elle nous empêche plus généralement de faire le point sur la situation de la liberté de l'information au Tchad avec l'ensemble des acteurs et responsables politiques, y compris des ministres qui avaient accepté le principe d'un rendez-vous", a regretté Reporters sans frontières. Le gouvernement de N'Djaména a procédé à plusieurs arrestations abusives entre mars et mai dernier. L'écrivain et blogueur Jean Laokolé a été arrêté le 22 mars. Les 6 et 7 mai, c'était au tour de Eric Topona et Moussaye Avenir de la Tchiré, en même temps que plusieurs députés de l'opposition. Les autorités annonçaient alors avoir déjoué un complot présumé contre l'Etat. Il semble que N'Djaména reproche à Eric Topona et Jean Laokolé leurs échanges avec le blogueur tchadien en exil Makaila Nguebla (http://makaila.over-blog.com/). Secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens (UJT) et ancien journaliste de la Radiodiffusion nationale tchadienne, Eric Topona est inculpé pour "atteinte à l’ordre constitutionnel". Il souffrirait depuis quelques jours de malaria. Moussaye Avenir de la Tchiré, directeur de publication du journal Abba Garde et trésorier de l’UJT, est lui poursuivi pour "incitation à la haine et au soulèvement populaire". Tous deux n'ont pas obtenu de réponse positive aux demandes de libération provisoire introduites par leurs avocats.

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Journée mondiale des réfugiés: L'ACAT publie "Paroles de réfugiés"

Le 20 juin, est célébrée partout dans le monde la Journée mondiale des réfugiés visant à faire connaître la situation particulière et l’urgence dans laquelle se trouvent les dizaines de millions de réfugiés dans le monde. À cette occasion, l’ACAT vous invite à découvrir le livre « Je n’avais plus le choix, il fallait fuir. Paroles de réfugiés », qu’elle publie aux éditions Les Petits Matins.

Chaque année, l’ACAT accompagne plus de 200 personnes dans leurs démarches pour obtenir l’asile. « Parmi tous ces récits, certains nous ont davantage frappés ou émus. Au-delà des souffrances endurées, les paroles des réfugiés ont forcé notre admiration par leur volonté de résister ou celle de survivre » explique Florence Boreil, responsable des programmes France de l’ACAT en introduction de cet ouvrage. L’occasion de revenir sur les multiples embûches qui attendent les réfugiés dans leur parcours d’exil mais aussi d’examiner la situation du droit d’asile dans notre pays : un droit garanti par les conventions internationales et qui connaît pourtant d’inquiétantes restrictions, plaçant de nombreuses personnes en situation de grand danger.

L’asile, c’est l’ultime liberté qui reste lorsque l’on a perdu toutes les autres. Les hommes et les femmes qui témoignent dans cet ouvrage ont subi des persécutions en raison de leurs convictions politiques ou religieuses, de leur orientation sexuelle, pour avoir voulu s’opposer à une injustice, parce qu’ils n’avaient pas la « bonne » nationalité au bon endroit… Quelle que soit la cause de leur exil, tous le disent : ils n’avaient pas le choix, ils ont dû fuir.

« Je n'avais plus le choix, il fallait fuir » rassemble les témoignages de vingt réfugiés : ils racontent les persécutions de leur pays d'origine, la route pour atteindre l'Europe, et la survie en France pendant la demande d'asile. Florence Boreil, responsable « Programmes Asile et Lieux d'enfermement » à l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT)-France a coordonné la conception de cet ouvrage.

Florence Boreil, responsable « Programmes Asile et Lieux d'enfermement » à l'ACAT. Photo Réveil FM

Le changement de regard : une première étape pour améliorer le système

Le livre s'adresse à un public large pour « se défaire des idées reçues sur les réfugiés » et alerter sur « les conditions d'accueil et sur le système de protection des personnes ».

« Tout n'a pas été écrit car il est difficile de revenir sur le détail des persécutions et des actes de torture, précise Florence Boreil. Les réfugiés viennent de Guinée, du Cameroun, de Bangladesh, de Syrie... Ils ont fuit leur pays pour des raisons politiques, religieuses, d'orientation sexuelle, de mariage forcé ou d'esclavage. Ces récits aident à poser un état des lieux sur la situation. Ils sont corroborés par les chercheurs de l'ACAT. »

Le service juridique de l'ACAT est présent auprès des réfugiés pour : leur expliquer la procédure, écrire leur histoire, les préparer à la raconter, exercer les recours en cas de rejet de la demande, faire venir leur famille une fois la protection obtenue.

Un allègement des procédures à la préfecture pour les demandeurs d'asile

Depuis quatre ans, la refonte des textes pour un régime d'asile européen commun (RAEC) est en projet. Le Parlement a approuvé ces règles le 12 juin 2013 : le nouveau système entrera en vigueur à partir du second semestre 2015.

La procédure de demande d'asile peut durer parfois jusqu'à trois ans. « C'est très humiliant de savoir que vous dites vrai, que vous ne mentez pas, mais de n'être pas crue ». Les réfugiés, souvent fragilisés psychologiquement et physiquement, ne parlant pas la langue, ont des difficultés à comprendre les démarches administratives compliqués et longues qui les attendent. Et ils n'ont pas toujours d'adresse fixe et ne peuvent travailler.

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jeudi 20 juin 2013

Journée Mondiale des Réfugiés: Journalistes en exil, un soutien sans frontières

Près de 90 journalistes contraints à l'exil en 2012. A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin 2013, Reporters sans frontières publie le témoignage de journalistes ayant dû se résoudre à quitter leurs pays pour assurer leur sécurité. Syriens, Iraniens, Erythréens, Somaliens, Sri-Lankais… Chacun nous rappelle à quel point informer est un métier dangereux, exercé parfois au péril de sa vie et de sa liberté. En 2012, ils sont près de quatre-vingt-dix à avoir fui l’arbitraire, les promesses d’incarcération, la répression et les menaces. La tendance se confirme en ce premier semestre 2013. Les soutenir est plus que jamais nécessaire.

A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin 2013, Reporters sans frontières publie le témoignage de journalistes ayant dû se résoudre à quitter leurs pays pour assurer leur sécurité. Syriens, Iraniens, Erythréens, Somaliens, Sri-Lankais… Chacun nous rappelle à quel point informer est un métier dangereux, exercé parfois au péril de sa vie et de sa liberté. En 2012, ils sont près de quatre-vingt-dix à avoir fui l’arbitraire, les promesses d’incarcération, la répression et les menaces. La tendance se confirme en ce premier semestre 2013. Les soutenir est plus que jamais nécessaire.

Le conflit syrien a précipité le départ de dizaines de journalistes, trop exposés à l’insécurité et pris pour cible par un régime obsédé par la volonté de cacher aux yeux du monde l’ampleur des violations des droits de l’homme commises dans le pays.

L’hémorragie continue en Iran. Quatre ans après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République Islamique, plus de deux cents professionnels des médias ont fui. Le musèlement de la presse continue au delà des frontières du pays. Le scrutin présidentiel de juin 2013 a été marqué par de nombreuses menaces et intimidations de proches de journalistes exerçant depuis l’étranger.

Chaque mois, la violence des miliciens somaliens d’Al-Shabaab provoque le départ de journalistes craignant pour leur vie. Jour après jour, l’arbitraire et la tyrannie du régime d’Asmara, en Erythrée, poussent des acteurs de l’information sur le chemin de l’exil. Les professionnels des médias sri lankais refusant de suivre la ligne éditoriale dictée par le gouvernement de Colombo doivent parfois fuir face à la gravité des menaces.

Le soutien de Reporters sans frontières aux journalistes en exil

Le départ forcé ne signifie que rarement la fin des menaces et des difficultés. Les professionnels de l’information fuyant leur pays échouent le plus souvent dans des pays limitrophes des leurs. Les frontières sont largement poreuses aux émissaires des régimes qu’ils cherchent à fuir, et les témoignages de surveillance et de menaces de journalistes en exil par des représentants d’ambassades ou des agents de leur pays d’origine sont nombreux.

La précarité de la situation financière de ces acteurs de l’information, privés de tout revenu, souvent condamnés à diverses sanctions pécuniaires avant leur départ, les fragilise largement et ajoute à leur insécurité.

Consciente de la vulnérabilité de ces acteurs de l’information, bannis pour avoir tenté d’ouvrir une fenêtre sur la réalité quotidienne de leurs concitoyens, Reporters sans frontières lutte jour après jour pour les soutenir.

Ainsi, sur la soixantaine de bourses octroyées par Reporters sans frontières depuis le début de l’année 2013, la moitié de cette assistance financière a été attribuée à des journalistes en exil. Près de 75% des bourses d’assistance délivrées à des journalistes originaires du Moyen-Orient l’ont été à des journalistes syriens en exil. L’organisation les a aidés à faire face à leurs besoins de première nécessité ou a pris en charge leurs frais de transports vers un pays plus sûr.

Reporters sans frontières a rédigé plus de quatre-vingt dix courriers depuis le début de l’année. La quasi-totalité de ceux-ci étaient destinés à soutenir des acteurs de l’information en exil et à obtenir une réponse rapide et adéquate de la part des autorités en charge de leur garantir une protection internationale.

Regardez les interviews de 6 journalistes contraints de fuir la Syrie, l'Iran, l'Erythrée, la Somalie et le Sri Lanka.

Journaliste professionnel, correspondant pour l’agence de presse officielle Sana, Fuad Abdel Aziz a été contraint de relayer les mensonges du régime suite au soulèvement de Deraa, première ville syrienne insurgée et envahie par l’armée régulière à la fin du mois d’avril 2011. Soupçonné dès le début des événements de sympathie envers le mouvement révolutionnaire, il raconte la mise en place, au sein de l’agence, de mesures exceptionnelles de surveillance des journalistes. Son témoignage illustre les pressions exercées à l’encontre des journalistes de la presse officielle syrienne qui remettent en cause la stratégie de désinformation du régime.

Blogueur emprisonné en Arabie saoudite pour avoir lancé une pétition appelant à la libération de prisonniers politiques saoudiens, Rafaat Al-Ghanem a été remis par les autorités saoudiennes aux services de renseignement syriens, après le début du soulèvement populaire en Syrie. Dès sa sortie de prison en juillet 2011 il s’est engagé auprès de jeunes militants syriens en faveur d’une révolution pacifique en Syrie et a de nouveau fait face au harcèlement des services de renseignement. Le journaliste a dû se résoudre à quitter son pays pour la Jordanie voisine comme des centaines de milliers de ses compatriotes. C’est en Jordanie qu’il a rencontré Radio El Balad, une radio jordanienne qui a lancé un programme animé par des journalistes syriens. Il revient sur son parcours et évoque le sujet sensible des camps de réfugiés syriens en Jordanie ainsi que les difficultés auxquelles font face les journalistes voulant informer sur les conditions de vie dans les camps.

Dans son pays, l’Erythrée, bon dernier du classement mondial de la liberté de l’information et plus grande prison d’Afrique pour les journalistes, Amanuel Ghirmay a travaillé dix ans au sein du ministère de l’Information. Pas d’autre choix possible puisque la presse privée et indépendante est « suspendue ». A Asmara, le jeune homme était contraint de relayer la propagande gouvernementale. Ne supportant plus de servir un régime tyrannique et cruel, et craignant de subir le même sort que nombre de ses confrères détenus au secret dans les multiples geôles du pays, Amanuel a fui au péril de sa vie. Journaliste connu et respecté, il est devenu un réfugié parmi d’autres, anonyme, éprouvant comme nombre de ses compatriotes les dures conditions de vie des camps en Ethiopie. Aujourd’hui établi en France, il travaille pour la station érythréenne en exil Radio Erena. Son témoignage illustre les douleurs des journalistes et réfugiés érythréens.

Licenciée des différents médias pour lesquels elle travaillait en raison de sa liberté de ton, M. a quitté l’Iran pour se réfugier en Malaisie en 2011. Sa persévérance à poursuivre ses activités en exil et à dénoncer les agissements des Gardiens de la Révolution lui a valu de subir des menaces de la part du régime de Téhéran et de ses sbires, sous le regard complaisant des autorités malaisiennes. Aujourd’hui, M. vit cachée dans la crainte d’être expulsée vers son pays d’origine. Récit d’une journaliste en cavale.

Journaliste au sein de Radio Shabelle Network, Ahmednor a fui la Somalie pour assurer sa sécurité en 2009. Représentant de la National Union of Somali Journalists (NUSOJ) au Kenya, Ahmednor s’efforçait de soutenir ses confrères réfugiés comme lui à Nairobi. En 2013, le journaliste a pu bénéficier d’une réinstallation pour les Etats-Unis. Il revient pour nous sur la terrible situation de la liberté de la presse en Somalie, l’un des pays les plus meurtriers au monde pour les professionnels de l’information, et sur les difficultés auxquelles ses confrères font face, une fois franchie la frontière vers le Kenya.

Krishan Rajapakshe fait partie des rares journalistes cinghalais à avoir couvert les violations des droits de l’homme subies par la communauté tamoule. Il a participé à la création du site d’information Yukthiya (www.yukthiya.com) en 2011, dans le but de sensibiliser les Sri Lankais cinghalophones à la situation de cette minorité. Seul contributeur du site depuis le Sri Lanka, il s’est exposé à de grands risques pour enquêter sur le terrain et a finalement fuit son pays à l’automne 2012, suite à des menaces répétées d’éléments radicaux et d’agents proches du gouvernement. Il revient sur les risques encourus par les journalistes qui osent aborder des sujets sensibles au Sri Lanka.

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Journée mondiale des réfugiés -20 juin: L'OFPRA, 61 ans déjà !

À l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, la France réaffirme son engagement aux côtés du haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, dont elle soutient activement l’action. Soixante-et-un ans après sa création, cette institution est plus que jamais indispensable. Son rapport publié le 19 juin souligne que les besoins restent immenses avec, fin 2012, plus de 45 millions de personnes déracinées dont 15 millions de réfugiés - chiffres en constante augmentation. Ces souffrances humaines ne doivent pas rester sans réponse. La France contribue chaque année à hauteur de 15 millions d’euros aux actions menées par le haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Traditionnellement terre d’accueil et d’asile, elle est le deuxième pays européen en termes de demandes de protection internationale, avec 55 255 demandes en 2012 (52 147 en 2011). Au 31 décembre 2012, 176 984 personnes - dont 162 882 réfugiés - étaient ainsi placées sous la protection de l’office français de protection des réfugiés et apatrides.

L’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides.

L'OFPRA est un établissement public doté de l'autonomie administrative et financière, chargé de l'application des textes français et des conventions européennes et internationales relatifs à la reconnaissance de la qualité de réfugié, d'apatride et à l'admission à la protection subsidiaire.

L'asile est une protection qu'accorde un état à un étranger qui est ou qui risque d'être persécuté dans son pays que ce soit par les autorités de son pays ou par des agents non étatiques. Deux formes de protection sont possibles: le statut de réfugié et la protection subsidiaire qui n'ouvrent pas aux mêmes droits.

L'OFPRA exerce la protection juridique et administrative des réfugiés et apatrides ainsi que celle de certains des bénéficiaires de la protection subsidiaire. Cela se traduit notamment par l'établissement d'actes ou de documents que les personnes protégées par l'OFPRA ne peuvent obtenir auprès des autorités de leur pays d'origine.

Selon la Convention de NewYork de 1954, le terme "apatride" s'applique à toute personne qu'aucun état ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. La reconnaissance de la qualité d'apatride entraîne une protection spécifique assurée par l'OFPRA.

Déjà 61 ans de l’Ofpra

Méconnu du grand public en dépit des précieux services rendus, l’Ofpra a célèbré l' année dernière ses soixante ans d’existence en publiant pour la première fois les parcours et témoignages de celles et ceux qui, un jour, ont trouvé en France une terre d’asile, après avoir échappé aux persécutions dont ils faisaient l’objet dans leurs propres pays.

Plutôt que de nous livrer des statistiques de son exercice depuis sa création en 1952, l’Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides, Ofpra, avait publié trente parcours individuels remarquables dans un joli livre blanc.

Miguel Angel Estrela, ambassadeur d’Argentine à l’Unesco et Nina Mitz, Pdg de FTI consulting, anciens réfugiés, témoignant de leurs extraordinaires parcours.

Sobrement intitulé « Réfugié en France, de l’exil à la reconnaissance », cet ouvrage permettra pour la première fois au grand public de mettre des paroles et des visages sur des chiffres, ainsi que sur la noble mission de protection qu’exerce cette institution. « Je souhaite rendre sensible et intelligible, l’histoire de ces migrants particuliers que sont les réfugiés aux XXè et XXIè sièce », écrit Jean-François Cordet , directeur général de l’Ofpra en préface. L’exercice est d’autant plus délicat que le statut de réfugié ou apatride nécessite un minimum de discrétion pour des raisons évidentes de sécurité. Ce qui sans doute confère à l’ofpra l’image d’une institution froide, assez éloignée du public.

Pourtant, à lire les trente parcours relatés dans ce livre, on mesure le service combien humain que cette institution a rendu à plus de 800.000 personnes venues de tous les continents, menacés dans leurs pays ou privés de leur nationalité. De son côté, Agnes Fontana, sécrétaire générale de l’Ofra, reconnaît que cet office « n’a jamais su parler de lui. Notre mission est encore mal connue du grand public ». D’où l’idée de publier un livre sous forme de galerie de portraist de réfugiés venus du monde entier. Comme celui de Nina Mitz, réfugiée polonaise de 1951 à 1965, actuellement Pdg de FTI consulting, l’un des plus importants cabinets internationaux de conseil en communication stratégique financière et média, en tête du classement mondial sur les opérations financières et la communication avec les média.

Nul ne sait si son brillant parcours eut été possible sans la protection accordée par l’Ofpra à ses parents, entrés clandestinement en France en 1947, après avoir fui les persécutions dont les Juifs avaient fait l’objet en Pologne entre 1939 et 1945. Nina ne peut oublier que pendant 15 ans, le passeport Nansen délivré par l’OIR, organisation internationale de réfugiés, a été le seul document qui leur donnait « une existence légale ». Elle est convaincue que « l’image de la France dans le monde dépend aussi du droit asile ». Aussi, a- t elle déploré qu’aucun ministre ne soit venu pour commémorer les 60 ans de l’Ofpra au Centre d’accueil de la presse étrangère ce mardi 25 septembre à Paris.

"Au sommet des institutions des droits de l’homme"

Des témoignages, les uns aussi poignants que les autres se sont succédés au Cape, dévoilant à la fois la noblesse et la complexité de la mission de l’Ofpra. Pour Miguel Angel Estrella, ancien réfugié argentin, actuellement ambassadeur de son pays à l’Unesco, l’Ofpra devrait « être classé au sommet des institutions de droits de l’homme ». Grâce à l’Ofpra, dit-il « je suis encore en vie ». Et de raconter comment il est arrivé en France en 1980, avec plein de séquelles de torture, après avoir échappé à ses bourreaux. Allusion ainsi faite à l’implacable dictature instaurée en Argentine à partir des années1976, avec son cortège d’enlèvements et de disparitions. Passionné de musique, c’est dans ce domaine qu’il poursuit sa lutte pour la promotion des droits humains. Reconnu comme un des plus prestigieux pianistes argentins, Estrella a crée la fondation Musique Espérance dont l’Orchestre pour la paix réunit jeunes arabes et israéliens. Ils ont donné des concerts en France et au Luxembourg afin de promouvoir les idéaux de l’Unesco. En 2000, Estrella a reçu le prix Nansen et le prix de Nations–unies pour les trois Amériques.

Les parcours exceptionnels révélés dans ce livre, sans être exhaustifs, ne devrait cependant pas occulter les problèmes et la stigmatisation dont sont parfois victimes les réfugiés. Surtout en ce temps de crise économique et financière où les migrants passent pour de bouc émissaires que certains politiques tentent de sacrifier sur l’autel de l’austérité en Europe.

A ce propos, Jean Gaermink, président du Conseil d’administration de l’Ofpra affirme que depuis des années, l’Ofpra se bat pour emmener l’administration publique à faire la différence entre réfugiés et immigrés. « La logique de protection ne devrait pas être celle appliquée à tous les étrangers » pense t’il.

La confusion vient souvent du fait que les demandeurs d’asile, même s’ils n’obtiennent pas systématiquement le droit d’asile, bénéficient d’une protection de l’Ofpra le temps de l’examen de leur demande.

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Journée mondiale des réfugiés -20 juin 2013: Message de Ban Ki Moon

« En cette Journée mondiale des réfugiés, je l’exhorte [la communauté internationale] à redoubler d’efforts pour prévenir et résoudre les conflits et favoriser l’instauration de la paix et de la sécurité, afin que les familles puissent se réunir et les réfugiés rentrer chez eux. » M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU

Vendredi 7 décembre 2012, visite du camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie, près de la frontière syrienne par le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.

Message du Secrétaire général de l'ONU

Les déplacements forcés ne cessent d’augmenter. Il y a aujourd’hui dans le monde plus de 45 millions de réfugiés ou de déplacés, un chiffre inégalé depuis près de 20 ans. L’année dernière, une personne a été forcée d’abandonner son foyer toutes les quatre secondes.

La guerre reste la cause principale de ce phénomène, et la crise en Syrie offre un exemple frappant de déplacement massif de population. D’après un nouveau rapport publié par le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, plus de la moitié des réfugiés viennent de seulement cinq pays en guerre : l’Afghanistan, la Somalie, l’Iraq, la Syrie et le Soudan. Le Mali et la République démocratique du Congo ont également été le théâtre de nouveaux exodes de grande ampleur.

Les chiffres ne suffisent pas à rendre compte de l’immensité de cette tragédie humaine. Les conflits brisent tous les jours des milliers de familles, certains étant contraints de quitter leurs proches et d’autres s’en voyant séparés par le chaos de la guerre. Les enfants en sont les premières victimes. Près de la moitié des réfugiés ont moins de 18 ans, et ils sont de plus en plus nombreux à prendre seuls la fuite.

Les déplacements forcés ont également d’importantes répercussions économiques, sociales et parfois politiques pour les populations qui abritent les réfugiés. Le fardeau de l’accueil des réfugiés est de plus en plus inégalement partagé. Les pays pauvres hébergent en effet la grande majorité des déracinés. Près de 81 % des réfugiés du monde sont accueillis dans les pays en développement, contre 70 % il y a 10 ans.

Pour offrir des solutions durables aux déplacés, la communauté internationale doit faire preuve d’une plus grande solidarité et mieux se répartir le fardeau de leur prise en charge. En cette Journée mondiale des réfugiés, je l’exhorte à redoubler d’efforts pour prévenir et résoudre les conflits et favoriser l’instauration de la paix et de la sécurité, afin que les familles puissent se réunir et les réfugiés rentrer chez eux.

Une femme et son enfant dans un camp de réfugiés en Jordanie, qui accueille des dizaines de milliers de Syriens déplacés par le conflit. Photo ONU / Mark Garten

Thème 2013 : Prenez 1 minute pour aider une famille déracinée

Les Nations Unies aident les réfugiés à recommencer une nouvelle vie grâce à la réinstallation, au rapatriement librement consenti ou à l'intégration locale dans le pays d'exil.

En 2001, l’Assemblée générale a décidé de célébrer la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin [A/RES/55/76] .

Cette année, l'Agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) poursuit sa campagne primée « 1 » avec son premier site de collecte de fonds qui nous demande de prendre 1 minute pour soutenir une famille forcée de fuir.

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Paris-32 Cour Albert Ier: Christian Atoki Ileka fait un don de 49 mille $ Us à la première secrétaire de l'ambassade en France !

Secret de polichinelle, Christian Atoki Ileka, l'ambassadeur plénipotentiaire de la République démocratique du Congo en France dont les accointances avec la famille Kabila fait de lui, l'un des ambassadeurs protégés par le régime de Kinshasa, peut toujours continuer à dormir sur ses deux oreilles. Son Raïs, qui vient de nommer un mort comme juge après avoir nommé Malu Malu pour mieux tripatouiller les élections en 2016, lui n'a pas la conscience tranquille, le bunkerisé de Kingakati qui après l'assassinat de M'zée Laurent Désiré Kabila, la confiscation du pouvoir et les deux hold-up électoraux, Joseph Kabila recherche le sommeil. A Réveil FM International, nous faisons une différence nette entre rapidité et précipitation. Nous prenons le temps et laissons le temps au temps. Après plusieurs investigations menées par nos fins limiers au Ministère des Affaires étrangères, le service financier n'a jamais été tenu au courant de l'ordre de virement de 49 mille $us que l'ambassadeur Christian Atoli Itela a ordonné à la BIAC pour la première secrétaire de l'Ambassade à Paris, Madame Germaine Lubasu Noki, comme bénéficiaire !

Christian Atoki Ileka, ambassadeur de Joseph Kabila à Paris

Pourquoi 49 mille $ Us ont été virés dans le compte de la première secrétaire de l'ambassade ?

On aurait pensé après le départ outre tombe du barbouze Myra Ndjoku , de triste mémoire, que son successeur Christian Atoki Ileka allait renverser la tendance qu'il y ait une synergie entre les Congolais de France et leur ambassade de Paris, la mayonnaise n'a pas pris. Si Christian Atoki Ileka n'est pas barbouze, il s'avère être un véreux affairiste comme la majorité des ambassadeurs joséphistes à la tête de nos ambassades. Ils ne savent que s'enrichir et ne sont pas au service de notre peuple. Nommé début octobre 2011, Christian Atoki Ileka n'a même pas eu le courage de décrépir la vielle façade du 32 Cour Albert Ier, l'ambassade de la RDC est situé dans le 8ème arrondissement, l'un des plus huppés de Paris. Aucune grande dépense effectuée au profit de l'ambassade. Par contre, Christian Atoki ileka a supprimé le compte bancaire à la poste initié à l'époque d'Eddy Angulu. Tous les paiement ayant trait avec les documents de l'ambassade: visas, passeports, laissez-passer tenant lieu de passeport etc étaient effectués pour un compte de l'ambassade à la Poste. Avec Christian Atoki Ileka, c'est désormais le fameux "Mandat Cash". Or avec le mandat cash, la traçabilité voire la transparence posent problème. Les Congolais continuent de faire la queue devant l'ambassade pour l'hypothétique passeport biométriques.

Pourquoi avoir demandé le virement de 49 mille $ us au bénéfice de Madame Germaine Lubasu Noki, première secrétaire à l'ambassade de la RDC à Paris ? Pourquoi ce virement ? Le service financier du ministère des Affaires étrangères a-t-il donné son accord ? Était-il au courant de cette transaction financière ?

L'ambassade de la RDC n'étant pas sa maison, Christian Atoki Ileka doit des explications à la communauté congolaise ! Le virement aurait été effectué pour un fournisseur de services ou travaux , cela se comprendrait mais à la première secrétaire de l'ambassade cela pose problème. 49 mille $ Us, ce n'est pas pour acheter un ticket de métro ! A quoi à servi cet argent ? Ce n'est pas non plus pour préparer les festivités du 53e anniversaire de l'indépendance du Grand Congo, car l'ordre du virement bancaire date du 6 décembre 2012 !

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Vidéo de la conférence de presse de Cécile Kyenge à l'ONU

Elle est, en Italie, la première personne noire à devenir ministre. Ce qui lui vaut d’être insultée par l’extrême droite, mais fait d’elle une figure emblématique, seule capable de susciter l’enthousiasme dans un gouvernement gris. Premier ministre à la peau noire de l’histoire italienne (“Je ne suis pas une femme de couleur, je suis une femme noire”, souligne-t-elle), Cécile Kyenge est un hymne vivant à l’intégration et à l’antiracisme. Elle est l’incarnation du cheval de bataille démocrate, de la proposition la plus progressiste pour l'intégration des immigrés en Italie. Au Palais des Nations à Genève, Cécile Kyenge, Ministre italienne de l'intégration a répondu aux questions des journalistes. Nous vous proposons l'intégralité de la conférence de presse dans cette vidéo.

Cécile Kyenge © Dessin de Hajo, Amsterdam, pour Courrier international.

La semaine dernière, une politicienne de la Ligue du Nord, un parti xénophobe, a été expulsée de la formation après avoir écrit sur Facebook que quelqu'un devrait violer Mme Kyenge afin qu'elle sache ce que ressentent les victimes de viol. La politicienne, Dolores Valandro, voulait insinuer que les immigrants sont responsables des crimes violents en Italie.

La ministre a admis avoir été victime d'«épisodes racistes», mais a refusé de dire que l'Italie est un pays raciste. Elle est restée silencieuse face aux attaques verbales lancées contre elle depuis qu'elle a été nommée ministre, estimant qu'il revient à l'Italie tout entière d'y répondre.

«Ces actions sont dirigées contre nous tous, pas seulement contre moi», a dit Mme Kyenge lors d'une rencontre avec les journalistes. «Évidemment, ça ne me laisse pas indifférente. Mais je pense que la réponse que le pays donne est importante.»

Contrairement à la France, à l'Allemagne ou au Royaume-Uni, où des immigrants de deuxième ou troisième génération ont fait leur place dans la vie politique, il s'agit d'un phénomène relativement nouveau en Italie, qui a reçu ses premières vagues d'immigration dans les années 1980 seulement. Jusqu'à maintenant, le racisme s'exprimait surtout dans les stades de soccer, où des joueurs noirs comme Mario Balotelli recevaient régulièrement des insultes racistes.

Mais l'émergence de Cécile Kyenge sur la scène politique a braqué les projecteurs sur le problème, en particulier depuis qu'elle a appelé le pays à changer ses lois sur la citoyenneté afin de permettre aux enfants nés en Italie de parents ayant immigré légalement d'obtenir la nationalité plus facilement.

En ce moment, ces enfants doivent attendre d'avoir 18 ans avant de demander la citoyenneté italienne, qui peut leur être refusée à cause d'erreurs bureaucratiques ou d'omissions. Mme Kyenge estime que changer la loi est un élément central du changement de mentalité des Italiens au sujet de la citoyenneté.

Les étrangers représentaient environ 2% de la population italienne en 1990, comparativement à 7,5% actuellement.

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mercredi 19 juin 2013

Cécile Kyenge à l'ONU-Genève: La nationalité à accorder aux immigrés, question centrale de la politique de la ministre italo-congolaise !

Genève-ONU, mardi 18 juin 2013, Cécile Kyenge la ministre italienne de l'intégration. Photo Réveil FM

Madame Cécile Kyenge est la deuxième congolaise a être ministre dans un pays qui n'a pas coloniser la République démocratique du Congo. Malgré leur racisme, les italiens ont montrés leur considérations envers les africains. La ministre italienne de l’Intégration, Cécile Kyenge, d’origine rdcongolaise, a assuré, hier à Genève, que la question centrale de sa politique sera la nationalité à accorder aux immigrés. «Ce débat concerne toute l’Europe», a-t-elle affirmé en marge d’une conférence de presse accordée aux journalistes accrédités à l'ONU, en marge d’une conférence ministérielle internationale sur la diaspora, organisée par l’OIM, l’Organisation internationale pour les migrations.

Il y a actuellement 600 000 enfants mineurs, nés en Italie de parents étrangers, qui sont concernés par un changement du droit de la nationalité basé sur le droit du sol, a-t-elle expliqué. Si l’Italie adoptait cette modification, ces enfants seraient italiens de par leur naissance. Si l’Italie adoptait cette modification, ces enfants seraient italiens de par leur naissance. "Il y a cinq millions de migrants étrangers en Italie, dont la grande majorité a moins de 40 ans, il faut les intégrer", a ajouté la ministre. Sur ce total, un million sont des enfants mineurs. Quelque 600.000 d’entre eux sont nés en Italie et 400.000 sont arrivés en bas âge. La plupart des migrants en Italie viennent d’Europe de l’Est, d’Afrique du Nord et d’Afrique sub-saharienne. Selon la loi en vigueur actuellement en Italie, un mineur étranger peut y demander la nationalité italienne quand il atteint les 18 ans, et il a un an pour le faire.

Freddy Mulongo et Cécile Kyenge à l'ONU. Photo Réveil FM

Cécile Kyenge a aussi revendiqué avoir émigré vers l’Italie pour «réaliser un rêve», celui de devenir ophtalmologue. «J’étais seule, j’avais 18 ans, j’ai eu un parcours difficile, mais j’ai réalisé mon rêve, et à présent je suis ministre», a-t-elle raconté.

Depuis sa nomination, la ministre italienne, la première d’origine africaine dans l’histoire du pays, est la cible de nombreuses insultes et menaces racistes. Jeudi dernier, une élue locale de la Ligue du Nord a notamment appelé à la violer. Ces déclarations ont cependant suscité une indignation générale et son expulsion du parti régionaliste et anti-immigrés.

A la question de Réveil FM International Interrogé sur les attaques racistes et xénophobes dont elle fait l’objet en Italie depuis sa nomination, la ministre Cécile Kyenge a répété que ces insultes s’adressaient "à chaque personne opposée au racisme, la réponse doit venir des institutions, de la population, pas de la ministre".

Cécile Kyenge, la ministre de l'intégration et Freddy Mulongo. Photo Boris Heger

Ophtalmologue de 48 ans, d'origine congolaise, Cécile Kyenge est le premier ministre noir de l'histoire de l'Italie. Et, malgré les attaques racistes dont elle est la cible, elle assume avec panache ses origine. Cécile Kyenge Kashetu (48 ans) n'est manifestement pas une personnalité effacée. À peine avait-elle pris place qu'elle lançait avec aplomb : « Je ne suis pas une femme de couleur, je suis noire. Et je le dis avec fierté. » Elle renvoyait ainsi dans les cordes ses détracteurs racistes, qui, depuis sa nomination, se déchaînent dans les médias et sur les réseaux sociaux, la traitant de « guenon », de « négresse », de « zouloue » et autres gracieusetés. Mario Borghezio, député européen et membre de la Ligue du Nord - parti réputé pour sa xénophobie -, y est allé de son petit couplet, décrétant qu'elle était « sans doute une bonne femme au foyer, mais pas une ministre ». Il n'avait visiblement pas lu son curriculum vitæ...

Car la carrière de Cécile Kyenge est aussi fulgurante qu'originale. Ophtalmo­logue de formation (elle est diplômée de l'Université catholique du Sacré-Coeur de Rome et de l'Université de Modène et de Reggio d'Émilie), elle se fait d'abord remarquer en s'impliquant dans des associations de défense des droits des immigrés. Ce n'est qu'en 2004, à l'âge de 40 ans, qu'elle entre en politique.

Elle est élue conseillère municipale de Modène (nord de l'Italie) sous les couleurs des Démocrates de gauche (DS) - aujourd'hui Parti démocrate (PD) -, puis, en 2009, au conseil provincial. Parallèlement, elle fonde le Comité du 1er-Mars, une association qui, dit-elle, « a permis aux immigrés de se faire entendre de manière citoyenne ».

Aux législatives de février 2013, elle figure en sixième position sur la liste du PD dans la région d'Émilie-Romagne - l'une des plus importantes du pays - et devient députée. Le 30 avril, elle est nommée ministre. « Cette nomination ne doit rien au hasard, elle a été longuement pesée, confie Davide Sardo, membre du PD depuis des années. Notre parti doit montrer des visages neufs. Et puis, l'immigration ayant été l'un des principaux thèmes de la campagne électorale, il fallait montrer qu'il ne tomberait pas dans l'oubli. »

Née à Kambove, dans la province du Katanga, en RDC, elle a quitté le pays à l'âge de 18 ans, se fixant pour objectif de devenir médecin. Elle l'a atteint, et s'en est fixé d'autres : « Ce qui me donne la force de continuer, c'est l'idée que si nous, Africains, ne sommes pas représentés dans les institutions, là où les décisions sont prises, nous serons les premiers à le regretter. Et ce sera ensuite au tour de nos enfants d'en subir les conséquences. » Mère de deux adolescentes, elle affirme sans complexe : « On naît africain et on le reste. Peu importe le pays où l'on vit, on est africain pour la vie. »

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50e salon aéronautique et de l'espace au Bourget: Impressionnantes démonstrations en vol du premier jour devant le Premier ministre Jean -Marc Ayrault !

Après son discours au stand l'avion des métiers, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en compagnie de Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, Claude Bartolone, Président de l'Assemblée nationale, Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche et Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche se sont rendus à la tribune pour le défilé aérien.

Au pas de course Claude Bartolone et Jean-Marc Ayrault se parlent. Photo Réveil FM

Arrivée du premier ministre Jean-Marc Ayrault à la tribune pour le défilé et salutation des officiers militaires étrangers. Photo Réveil FM

La chaise non loin du Premier ministre Ayrault intrigue ! Photo Réveil FM

La chaise vide était réservé pour Serge Dassault, l'avionneur. Photo Réveil FM

Le meeting aérien du salon international du Bourget a commencé fort : L'A400M a effectué un passage bas le lundi 17 juin 2013, accompagné de la Patrouille de France sous les yeux du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

L'A400M accompagné de la Patrouille de France. Photo Réveil FM

L'A400M dans le ciel du Bourget. Photo Réveil FM

Atterrissage de l'A400M. Photo Réveil FM

Applaudissement dans la tribune. Photo Réveil FM

Rafale Dassault avec un bruit assourdissant. Photo Réveil FM

Atterrissage de la rafale Dassault. Photo Réveil FM

L'imposant A380 capable de transporter 350 passagers. Photo Réveil FM

L'A380 décolle sans faire le taxi. Photo Réveil FM

L'A380 dans le ciel du Bourget. Photo Réveil FM

L'atterissage de l'A380. Photo Réveil FM

Après plusieurs autres vols d'avion dont le petit simba pour deux passagers, c'est presque la fin du défilé officiel.

Jean-Marc Ayrault se lève et applaudit la fin du défilé aérien. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault boutonne sa veste. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault quitte la tribune. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo au salon aéronautique et de l'espace au Bourget. Photo Réveil FM

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50e salon aéronautique et de l'espace au Bourget: Visite sous pluie battante du Premier ministre Jean-Marc Ayrault

C’est sous une pluie d’orage que s’est ouvert la cinquantième édition du salon international de l'aéronautique et de l'espace au Bourget, le lundi 17 juin 2013.

Reportage photos.

Simulateur A380, chalet EADS. Photo Réveil FM

Le cockpit de l'A380. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault dans le cockpit de l'A380. Photo Réveil FM

Jean Marc Ayrault saluant le pilote de l'avion militaire A400M, un gros porteur. Photo Réveil FM

Yves Le Drian, ministre de la Défense, Claude Bartolone, Président de l'Assemblée nationale et Jean-Marc Ayrault quittent l'A400M. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault et Claude Bartolone. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault répond à la presse. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault au stand du ministère de la défense. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault au stand l'avion des métiers. Photo Réveil FM

Freddy Mulongo au salon aéronautique et de l'espace au Bourget. Photo Réveil FM

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mardi 18 juin 2013

Jean-Marc Ayrault au 50e Salon aéronautique du Bourget

La grande foire de l'aéronautique, qui a ouvert hier au Bourget, a entamé sa 50e édition sous un ciel déchiré d'orages et de violentes rafales de vent, qui ont perturbé le programme matinal des démonstrations. Mais le mauvais temps n'a pas contrarié le Premier ministre jean-Marc Ayrault qui a inauguré le salon du Bourget qui attend 350 000 visiteurs cette année.

Lundi 17 juin 2013, Jean-Marc Ayrault Premier ministre au salon aéronautique du Bourget. Photo Réveil FM

Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, Inauguration du 50ème Salon international de l’aéronautique et de l’espace

Le Bourget, lundi 17 juin 20013

Messieurs les ministres, Monsieur le président de l’Assemblée nationale,

Monsieur le président du GIFAS,

Mesdames et Messieurs les parlementaires, les maires,

Lorsque tout à l’heure, dans l’hélicoptère militaire NH90, construit par Eurocopter, à Marignane près de Marseille, qui me menait jusqu’à vous, je regardais le visage de celles et ceux qui le découvraient comme moi, et qui étaient de ce bref voyage, j’ai lu et partagé avec eux l’admiration et l’enchantement. Pour la plupart d’entre eux, c’était le premier vol en hélicoptère mais quel hélicoptère ! De leur regard pendant ce vol dont …tout à l’heure nous aurons l’occasion de voir, j’espère, la Patrouille de France dont c’est le 60ème anniversaire, je me dis que l’aéronautique, plus d’un siècle après les pionniers du « plus lourd que l’air », continue à faire rêver et moi, je trouve que c’est bien de faire rêver.

Je ne suis pas de ceux qui ne voient dans l’histoire de l’air qu’une histoire au passé, rassurez-vous, je ne vois pas cette histoire comme un patrimoine qui serait coupé du présent. J’aime, comme vous, célébrer les grands pionniers. J’aime arpenter leurs terrains dans tant de lieux de France, et en particulier d’Ile-de-France qui fut l’un des berceaux de l’aéronautique française, et ici même au Bourget. Mais, si le passé peut provoquer des émotions particulièrement légitimes, ce qui est important et ce qui me passionne comme vous, c’est l’avenir de l’aéronautique. En songeant aux quelques mots que je m’apprêtais à prononcer devant vous, j’ai voulu qu’ils soient placés précisément sous le signe de l’avenir.

De l’avenir, ce que j’en entrevois, c’est que le monde a et aura besoin de plus de moyens de transports aériens. C’est une tendance séculaire. Le monde est désormais structuré par la qualité, par la quantité, par la richesse des échanges qui se nouent entre les continents, entre les peuples, entre les cultures, entre les économies et je ne vois pas ce qui pourrait mettre fin à ce processus.

Le monde aura donc besoin d’échanger davantage et il aura besoin aussi de davantage de moyens de transports aériens, de davantage d’avions. La question qui nous est posée en permanence et à vous, les industriels, c’est : saurons-nous répondre à cette attente, à cette nécessité ? Chacun le comprend, l’avion a été un acteur clé de l’histoire du XXe siècle, c’est vrai d’abord au service d’une petite partie de la population, mais la donne a profondément changé. L’avion est le mode de transport qui augmente le plus rapidement : 262 millions de passagers en 1989 et plus d’un milliard aujourd’hui. Eh bien, j’en suis convaincu, il sera au coeur du monde dans lequel nous sommes maintenant entrés et celui de demain. Et quand je dis « l’avion », je ne devrais pas le dire de façon si générale. La question, en effet, c’est : à quoi ressemblera le transport aérien de demain ? C’est dans des occasions comme celle-ci, comme ce 50ème salon international du Bourget, que cet avenir est en train de s’inventer.

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre en compagnie de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, Claude Bartolone, Président de l'Assemblée nationale, Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche et Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Photo Réveil FM

Je le disais, le monde aura besoin de plus d’avions. Mais je crois qu’une fois que l’on a dit cela, c’est sur ce type d’avions nouveaux qu’il faut maintenant travailler –et j’ai vu là quelques exemples tout à fait concrets, convaincants. Des avions qui soient plus économes en énergie, des avions qui soient plus légers, qui soient toujours plus sûrs. Sur des infrastructures au sol plus intelligentes, qui soient mieux pensées, plus respectueuses, elles aussi, de l’environnement qui les entoure. C’est avec ces idées que l’on réussira à faire voler plus d’avions, à les faire mieux voler, à faire en sorte que leur empreinte demeure raisonnable aussi bien en l’air qu’au sol. Voilà donc pour l’avenir du secteur aérien. Mais dans cet avenir, il y a plus : ce que j’entrevois, en effet, c’est combien l’industrie aéronautique et spatiale est un modèle pour tout l’avenir industriel de la France et de l’Europe. Ce secteur est depuis un siècle toujours à l’avant-garde. Il l’est plus que jamais et doit être une source d’inspiration pour toute l’économie, pour d’autres filières. Et c’est de cela que je voudrais vous parler aujourd’hui également.

L’excellence de la filière aéronautique et spatiale est une magnifique réussite. C’est une réussite française mais c’est aussi une réussite européenne. Elle doit nous inspirer en permanence pour bâtir la France et l’Europe de demain. Elle doit nous inspirer car les partenariats européens sont une clé de sa réussite. Nous en avons eu un très bel exemple vendredi dernier avec le premier vol de l’Airbus A350. J’étais moi-même allé inaugurer la chaîne d’assemblage à Toulouse. J’avais été très impressionné par la qualité remarquable de l’organisation.

C’est un défi technologique formidable, c’est un défi humain qu’ont relevé les équipes d’Airbus, celles de ses équipes et partenaires et aussi de nombreuses PME qui travaillent pour ce grand projet et j’ai pu voir leurs réalisations depuis le début de cette visite en visitant les centres de Thales, les centres de Zodiac, les centres de Safran, les stands de Dhiel, des industriels passionnés, des ingénieurs, des techniciens, des ouvriers qui aiment leur métier. Je voudrais les féliciter tous, leur adresser mes encouragements les plus sincères. Je connais beaucoup d’entre eux mais je vois toujours la même passion, la même envie, la même ambition.

Eh bien, la France est attachée, je dirais même très attachée à ce schéma industriel européen qui, vous le savez, a donné naissance il y a quelques années maintenant à EADS. Et malgré les contraintes budgétaires que vous connaissez, qui ne sont pas seulement celles de la France, en tout cas la France, elle, entend rester un partenaire de premier plan de l’industrie aéronautique pour les programmes en cours et à venir comme les démonstrateurs de recherche. Ils sont indispensables au développement de tous les projets industriels.

Je souhaite que tous les pays partenaires d’EADS fassent de même. Les Etats européens viennent d’ailleurs d’apporter une nouvelle preuve de leur attachement à cette belle aventure commune. Je pense aux nouveaux programmes qui ont été lancés dans le domaine spatial fin 2012, pour un montant de 10 milliards d’euros. L’accord qui est intervenu en novembre dernier à Naples est une très bonne nouvelle. L’accès des Européens à l’espace, c’est un enjeu de souveraineté. Nous en sommes tous conscients. Tant dans le domaine des satellites, où nous disposons de positions particulièrement fortes que nous devons préserver, accompagner, que dans celui des lanceurs.

Je voudrais à cette occasion saluer le 55ème lancement avec succès d’Ariane, une nouvelle mission qui a été menée il y a quelques jours sur notre base de Kourou. Je ne voudrais pas non plus pour autant oublier le secteur de la défense. Dans le domaine de la filière aéronautique et spatiale, les partenariats européens sont aussi déterminants pour faire progresser l’Europe de la défense.

Au Mali récemment, nous avons vu que le soutien en particulier logistique de nos partenaires, en premier lieu européens, a été particulièrement précieux ; il confirme tout le potentiel d’un effort commun pour développer, mutualiser nos capacités. La France y est déterminée. Je pense en particulier au domaine spatial ou à celui du ravitaillement en vol où les Européens ont une occasion majeure d’avancer ensemble avec le MRTT. Ce potentiel de mutualisation existe aussi pour nos industries : en témoigne la consolidation de la filière des missiles qui a, elle aussi, tout notre soutien.

C’est en portant ces projets que nous allons relancer l’Europe de la Défense. Une Europe qui rassemble ses capacités, une Europe qui se donne les moyens d’une industrie autonome et conquérante, une Europe capable d’agir sur le plan militaire quand c’est nécessaire. A la fin de l’année, au mois de décembre, un Conseil européen y sera entièrement consacré. Je souhaite que ce soit l’occasion pour progresser. En tout cas, le président de la République avec moi-même et le ministre de la Défense, nous y travaillons activement avec nos partenaires, avec les institutions européennes pour franchir une nouvelle étape vers l’Europe de la Défense.

Il faut conserver une base industrielle et technologique de la défense qui soit d’excellence, c’est une ambition essentielle. Il y a quelques jours, je l’ai confirmé devant les deux Chambres du Parlement, à l’Assemblée nationale comme au Sénat, en présentant les grands axes du Livre blanc de la Défense et de la Sécurité nationale que le président de la République a approuvés il y a quelques semaines. Ces décisions stratégiques sont une garantie de souveraineté pour notre pays et avec le maintien, malgré les difficultés financières, avec le maintien de notre effort de défense dans la durée, nous nous donnons les moyens de préserver cette excellence industrielle.

Les performances de notre aviation ont été capitales dans le succès de notre intervention au Mali. Je veux dire ici aux aviateurs en particulier, mais aussi à tous nos soldats, la fierté que leur action nous a inspirée. Je veux leur rendre hommage ; je veux rendre hommage en saluant en particulier ceux qui ont payé de leur vie leur engagement pour la France mais aussi pour la sécurité du Mali, de l’Afrique de l’Ouest mais aussi la sécurité de la France et de l’Europe.

Je veux également confirmer à nos armées qu’elles continueront de bénéficier des meilleurs équipements : l’avion de combat Rafale que nous venons de voir dans une impressionnante démonstration et qui s’est particulièrement illustré en Libye et au Mali. Je pense aussi aux hélicoptères, les hélicoptères Tigre qui ont été eux aussi déterminants en opérations. J’ai cité NH90 d’Eurocopter ; très bientôt, et j’ai pu le voir très concrètement, l’Airbus A400M dont le premier exemplaire sera livré dans les prochaines semaines.

Cela a été une belle bataille. Une belle bataille collective, ce n’était pas gagné d’avance, sur le plan de la mobilisation de tous les partenaires, sur le plan financier. En tout cas, cette réussite technologique ouvre de nouveaux horizons aux transports stratégiques et tactiques. Et puis, demain, je l’ai cité, l’avion multirôle MRTT, pour renouveler nos capacités de ravitaillement en vol aussi essentielles dans toutes les opérations.

Le maintien à un niveau élevé de nos investissements consacrés à la recherche nous permettra de maintenir notre avance technologique. Je pense au domaine spatial, crucial pour notre autonomie, je pense aussi au domaine des drones, qu’il s’agisse de préparer une génération européenne de drones d’observation ou de développer des drones susceptibles de s’intégrer à une flotte de combat. Le Neuron, issu d’un partenariat européen emmené par Dassault, en est un précurseur, nous en avons vu le démonstrateur. Nous poursuivrons notre investissement dans ce domaine de pointe avec nos partenaires, c’est la volonté de la France.

L’Etat, vous le savez, joue un rôle déterminant dans le maintien d’une filière d’excellence dans le domaine de l’aéronautique. L’Etat a toujours soutenu cette filière et continuera à le faire pleinement pour accompagner cette réussite industrielle. Et, bien sûr, en soutenant l’effort de recherche. Ces investissements sont typiquement des investissements de l’avenir et parce que la filière aéronautique et spatiale est exemplaire. Exemplaire pour la valorisation des compétences mais aussi des complémentarités des entreprises –grands groupes internationaux, équipementiers, petites et moyennes entreprises– toutes mobilisées autour d’objectifs communs. Une filière exemplaire aussi pour sa capacité à promouvoir l’innovation et à proposer des produits de très haute technologie qui prennent aujourd’hui en compte les enjeux énergétiques. Une filière organisée, une filière structurée, une filière qui joue collectif et dont le dynamisme développe un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie.

Alors, oui il faut continuer à soutenir cette filière ! Soutenir l’industrie aéronautique et spatiale, c’est soutenir une industrie qui est au premier rang de la bataille pour l’emploi, bataille de toute la France, pour l’emploi de tous et d’abord pour l’emploi des jeunes. Ici, c’est vrai, et ce n’est peut-être pas vrai de tous les secteurs, les carnets de commandes sont pleins, il faut s’en réjouir, ils garantissent des années de travail pour des dizaines de milliers de salariés. Et la conséquence, c’est que les entreprises de la filière recrutent –15 000 recrutements en France pour l’année 2012, c’est un record–, et de nombreuses entreprises, je le sais, éprouvent des difficultés parfois à recruter dans certaines spécialités. Ce n’est pas acceptable quand tant de jeunes diplômés sont à la recherche d’un emploi.

Il faut impérativement adapter notre système de formation. Il faut le rendre plus performant. Il faut répondre davantage aux besoins de nos entreprises. Ce sera d’ailleurs l’un des points à l’ordre du jour, un des points centraux de la grande conférence sociale qui s’ouvre cette semaine. Et de ce point de vue, « l’avion des métiers » que je viens de visiter brièvement, mais j’en ai bien sûr compris tout le sens, ce n’est pas un hasard non plus si c’est devant « l’avion des métiers » que je prononce ce discours : je voudrais saluer cette initiative exemplaire.

C’est l’occasion de faire connaître à toutes et à tous la diversité des compétences dont la filière a besoin. Elle a besoin d’ingénieurs bien sûr, mais elle a aussi besoin d’ouvriers qualifiés. Elle a besoin d’électroniciens. Elle a besoin de spécialistes de matériaux composites. Tous les métiers industriels sont concernés, y compris les plus traditionnels, la chaudronnerie, la fonderie, la soudure. J’ai parlé il y a quelques instants avec des représentants de ces métiers. Parfois, il y a des images qui sont injustes. Ce sont de très beaux métiers, des métiers de qualité, valorisants pour ceux qui les pratiquent, mais souvent méconnus.

Alors ce Salon qui vient d’ouvrir, il s’adresse aux professionnels pendant quelques jours, mais à la fin de la semaine, ce sont tous les Français et d’autres venus d’Europe qui sont invités à y venir. Je suis sûr que les jeunes seront nombreux, et je souhaite qu’ils soient nombreux à venir vous voir pour parler de vos métiers. Et je crois qu’il faut valoriser davantage dans nos écoles, dans les établissements scolaires, partout, porter ce message pour les métiers de l’industrie. Parfois, certains disent « mais je ne sais pas faire, je ne pourrai pas faire ». Alors la méthode qui est, je dirais, celle que le professeur Charpak avait initiée et qu’il faut absolument développer partout dans nos écoles primaires, d’abord, celle de la « main à la pâte ». Celle de place aux gestes. Un geste que, peut-être, on n’imagine pas être capable de réaliser qui va nous convaincre ou va convaincre un jeune garçon ou une jeune fille ou parfois quelqu’un de moins jeune qu’il est capable de pratiquer ce métier industriel. Parmi les jeunes diplômés recrutés dans la filière (3 000 en 2012), plus d’un tiers sont issus des voies technologiques et professionnelles. En ce jour de bac, je veux valoriser aussi les bacs professionnels qui donnent aux jeunes de belles perspectives. Oui de belles perspectives de réussites professionnelles, de réussites sociales, de réussites humaines. Et beaucoup de ces jeunes que je viens de mentionner ont eu cette chance de pratiquer leur formation en alternance.

Je voudrais remercier les entreprises qui acceptent d’accueillir des apprentis de tous niveaux, des apprentis qui vont apprendre le goût des métiers, du métier, et découvrir leurs capacités et ensuite réussir un parcours. J’appelle justement les entreprises à renforcer encore ces capacités d’accueil en apprentissage. Les objectifs que j’ai présentés en novembre dernier à la suite du rapport de Louis Gallois, pour le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, prévoient d’augmenter très fortement le nombre de places en alternance. Eh bien, c’est face à ce défi que nous sommes pour aller encore plus loin. Mais pour cela, nous avons besoin de tous. Ce que montre « l’avion des métiers », c’est que ce secteur d’avenir, en pleine croissance encore une fois, je le répète, est accessible à tous.

Mesdames, Messieurs, ce salon du Bourget nous en apporte la démonstration de manière éclatante : le savoir-faire de l’industrie aéronautique et spatiale européenne est remarquable et son avance technologique reste intacte. C’est ce qui lui permet de faire face à la compétition internationale. C’est ce qui lui permet aussi d’exporter avec succès. L’aéronautique civile est le premier poste des exportations françaises mais nous pouvons encore progresser. Je compte sur les mesures, les 34 mesures du pacte de compétitivité qui renforce les capacités exportatrices de nos entreprises, qui va les accompagner – je pense aux PME, je pense aux ETI– personnellement pour traiter les problèmes qui se posent à l’export, problèmes réglementaires, problèmes financiers. Je compte sur la capacité des entreprises de la filière de partir ensemble, de jouer collectif à la conquête de nouveaux marchés. Encore une fois, les grandes entreprises aux côtés de leurs PME partenaires pour les épauler dans leur stratégie.

Nous continuerons aussi à soutenir les exportations de matériels militaires dans la transparence et le respect de nos engagements internationaux. C’est essentiel pour conforter notre outil industriel de défense dont la haute valeur ajoutée, je devrais même dire la très haute valeur ajoutée, est reconnue dans le monde entier. Et puis, c’est un moyen de développer de véritables partenariats avec les Etats qui se tournent vers nos industries. Beaucoup sont déjà représentées depuis l’ouverture de ce salon et je voudrais leur souhaiter la bienvenue. J’en ai salué quelques-uns tout à l’heure.

Oui, Mesdames, Messieurs, nous pouvons être fiers, très fiers de cette filière aéronautique et spatiale qui est l’une des très grandes réussites de la France et de l’Europe. Elle est un symbole d’excellence. Elle est porteuse de croissance. Elle est juin créatrice d’emplois. Elle est porteuse d’espoirs.

Lundi 17 juin 2013, Freddy Mulongo au salon aéronautique du Bourget. Photo Réveil FM

Pour un Premier ministre, venir ici accompagné de plusieurs ministres et être avec vous, à vos côtés, c’est venir à la rencontre de ce qui se passe dans l’aéronautique et le spatial mais c’est aussi attirer l’attention de tous les Français vers un secteur qui a su se rénover, se reconfigurer, s’adapter en permanence, pas regarder tout le temps vers le passé comme une forme de nostalgie mais en s’appuyant avec confiance sur ce qui a été capable de marcher, sur les défis humains, sur les défis technologiques mais avec la conscience, sans doute peut-être encore plus forte que dans d’autres filières, qu’il faut sans cesse inventer, réinventer pour être plus fort et pour durer. Etre à l’avant-garde et revendiquer ce rôle de leadership que nous pouvons parfaitement reconquérir dans beaucoup d’autres domaines. La France en a la capacité. C’est l’avenir de notre pays qui est en jeu.

C’est vrai que depuis maintenant près de cinq ans l’augmentation des chiffres du chômage -due sans doute à une baisse de capacité de notre appareil productif qu’il faut absolument redresser mais aussi à une insuffisance de croissance en Europe- peut provoquer du découragement et parfois de la démoralisation, surtout quand il se traduit en souffrances sociales pour ceux qui perdent leur emploi. Mais je voudrais dire à l’occasion de ce 50ème salon du Bourget qu’il y a des raisons d’espérer, à condition que nous soyons suffisamment lucides en nous appuyant sur ce qui marche aussi, sur cette capacité d’invention, de mobilisation, de ne jamais renoncer et d’être toujours à l’avant-garde partout et de montrer que la jeunesse a un avenir dans les métiers de l’industrie.

Eh bien, moi, j’ai confiance dans les capacités de la France comme dans celles de l’Europe, si nous savons faire les efforts nécessaires. C’est vrai qu’il faut maîtriser notre dette et nos déficits, c’est indispensable. Pourquoi ? Pour retrouver des marges de manœuvre pour investir.

Dans quelques semaines, je serai amené à présenter de nouveaux plans d’investissements, en particulier dans le domaine technologique en renforçant le programme d’investissements d’avenir, ce que l’on a appelé le grand emprunt. Mais pour que ces choix que je prépare avec le Commissaire général à l’investissement, Louis Gallois, soient pertinents, il faut s’appuyer sur ce qui marche, sur ce que vous faites, vous, dans la filière aéronautique et spatiale pour l’appliquer aussi aux autres filières de l’avenir. Je suis sûr que nous pourrons ainsi redonner confiance. Redonner espoir et surtout mobiliser, partout mobiliser. Mobiliser sur nos territoires, mettre ensemble les forces, les forces de la science et des universités, les forces de l’industrie, des grands groupes et des PME, les forces aussi des travailleurs et de leurs représentants, les forces des collectivités territoriales, les forces des Françaises et des Français.

Au 50ème salon du Bourget, nous montrons notre compétence, nous montrons notre force et nous montrons notre capacité à redevenir un grand pays leader en Europe et dans le monde. Merci ! Bon salon ! Belle réussite !

En attendant Ayrault au stand l'atelier des avions

Présence très remarquée de l'avionneur Serge Dassault. Photo Réveil FM

Claude Bartolone, Président de l'Assemblée nationale. Photo Réveil FM

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Paris : le nouveau visage de la place de la République

EN IMAGES- Un an et demi de travaux auront été nécessaires pour rénover totalement cette place historique de la capitale, dorénavant réservée aux piétons. L'inauguration a eu lieu ce dimanche, en présence du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de milliers de Parisiens.

Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë ainsi que la candidate PS à sa succession, Anne Hidalgo, lors de leur arrivée sur la place toute juste ouverte au public pour l'inauguration officielle. Ce projet de rénovation a été l'un des projets urbains majeurs du second mandat de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris.

La circulation autour de la place de la République a totalement été repensée pour laisser la place aux pietons et aux transports en communs. La partie Nord de la place a été fermée à la circulation, et laisse la voie libre aux vélos et aux bus de la RATP.

La statue de 9, 5 mètres de haut, plantée depuis 1883 au centre de la place de la République a été totalement rénovée. Les fontaines aux dauphins ont été retirées, et remisées dans un entrepôt de la ville de Paris.

Un bassin circulaire a été crée autour de la statue. Les piétons peuvent s'assoir et profiter de la fraîcheur.

L'"R de jeu" est une ludothèque gérée par la ville de Paris. Elle propose, tous les jours, des dizaines d'ateliers de création ou de jeux pour les enfants et les parents. On peut également y emprunter gratuitement toutes sortes de jeux de sociétés ou de construction pour jouer sur place.

Des chaises et des tables ont été installés sur la partie Est de la place pour que les familles puissent jouer aux cartes ou aux jeux de société empruntées à la ludothèque.

Le mobilier urbain a été totalement repensé en fonction des nouvelles activités de la place.

A la sortie du métro, une grande estrade en chêne, d'une soixantaine de mètres carrés, permet de faire une pause. Elle est destinée à devenir un point de rendez-vous.

Vingt-trois bancs en bois, comme celui-ci ainsi que des chaises sont répartis sur la place. Ces bancs "écologiques" sont dans le même esprit que ceux installés au jardin de Luxembourg et sur le quai de Seine, devant le musée d'Orsay.

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vendredi 14 juin 2013

Matignon: Stephen Harper, le Premier ministre canadien reçu avec honneur par Jean-Marc Ayrault

Réveil FM International avait accompagné le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors de sa visite officielle au Canada et au Québec du 13 au 16 mars 2013. Ce déplacement l'avait conduit successivement à Ottawa (13-14 mars), Toronto (14 mars), Montréal (14 et 15 mars) et Québec (15 et 16 mars). A Ottawa, Stephen Harper, le Premier ministre canadien avait reçu son homologue français à La Colline du Parlement avec 9 coups de canon. Paris, hier jeudi 13 juin 2013, il est 20h40 passé, Jean-Marc Ayrault accueille son homologue canadien avec honneur sur le perron de l'hôtel Matignon. Il faut préciser que l'agenda de Jean-Marc Ayrault était hyper-chargé: Le matin il était à Lille pour les obsèques de Pierre Mauroy, le premier Premier ministre de François Mitterrand, rentré à Paris vers 18h30, il s'est tout de suite rendu au 104 pour l'inauguration de Futur en Seine et à 20h30, il devait normalement recevoir son homologue canadien Stephen Haper. A travers ce reportage photos, nous vous faisons vivre ce qui s'est réellement passé à Matignon.

Reportage photos

Matignon, jeudi 13 mai, il est 20h40, la porche de la résidence du Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'ouvre. Photo Réveil FM

La voiture officielle du Premier ministre canadien Stephen Harper arrive dans la cour de Matignon. Photo Réveil FM

La chef du protocole de Matignon se précipite vers la portière de la citroën officielle. Photo Réveil FM

Stephen Harper descend attendu par Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

Chaude poignée de main entre Stephen Harper et Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

Stephen Harper répond à la question de Jean-Marc Ayrault sur le voyage. Photo Réveil FM

Des journalistes insistent pour la photo sur le perron de Matignon. Photo Réveil FM

En attendant Stephen Harper à Matignon

Normand Smith, Porte-parole, Ambassade du Canada et Freddy Mulongo. Photo Réveil FM

La garde républicaine prête pour les honneurs militaires. Photo Réveil FM

Les motards de Matignon vont en renfort de ceux qui escortent Stephen Harper le Premier ministre canadien. Photo Réveil FM

Le Gendarme en chef arrive. Photo Réveil FM

La garde républicaine se met au garde à vous. Photo Réveil FM

Yamina Benguigui, la ministre de la francophonie. Photo Réveil FM

Pas de doute, c'est le Premier ministre canadien qui est attendu à Matignon, la presse canadienne est là! Photo Réveil FM

La garde républicaine se replie. Photo Réveil FM

Le cortège du Premier ministre canadien dans la cour d'honneur de Matignon. Photo Réveil FM

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Futur en Seine, Jean-Marc Ayrault et Fleur Pellerin à l'école de l'éducation numérique

A l’occasion de Futur en Seine, le rendez-vous numérique de l’Île de France qui se tient au CENTQUATRE jusqu’au 16 juin, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et Fleur Pellerin, Ministre de l’économie numérique ont visité l’école numérique entièrement créée pour l’événement. Les ministres ont pu assister à un petit cours d’histoire interactif bien sagement assis sur des petits bancs. Dans cette classe, pas de tableau noir, pas de craie, tous les outils mis à la disposition des enfants et des enseignants sont liés au High-tech et le résultat est assez convaincant ! Cette classe numérique est ouverte à tous pendant 3 jours encore :Manuels scolaires interactifs conçus par divers éditeurs : Bordas, Nathan, Le Robert, CLE international, Retz et Paraschool, la tablette Ted dédiée aux collèges, Dokéo la télé connectée ludo-éducative, le robot Nao qui interagit avec les élèves, tous ces concepts peuvent être testés par les visiteurs. L’école de demain est une réalité, tous les principes existent, il suffit de les adopter !

Jean Marc Ayraut s'exerce au numérique grandeur nature. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault au baby foot. Photo Réveil FM

Visite des stands

Visite des stands au 104. Photos Réveil FM

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Futur en Seine au 104: Plongée dans les usages du numérique de demain, du 13 au 16 juin à Paris

La 4e édition de Futur en Seine présente les innovations qui pourraient peupler notre avenir au 104 dans le 19e arrondissement de Paris jusqu’à dimanche…

Au 104 dans le 19e arrondissement de Paris. Photo Réveil FM

Un robot à la gestuelle humaine, des «serious games» qui apprennent à jouer avec les savoirs, les instruments de musique du futur… Les propositions de Futur en Seine, festival du numérique francilien, piloté par la région et Cap Digital qui a investi ce jeudi matin le 104, donnent parfois le vertige. Et dessinent des usages et services qui pourraient s’avérer utiles. Car les petits robots et autres écrans qui peuplent jusqu’à dimanche le village des innovations peuvent aider les personnes âgées à rester chez elles ou encore démocratiser l’accès aux informations… ou au solfège. Parmi les 120 prototypes à peine lancés ou sur le point d’être commercialisés, Réveil FM International a sélectionné certaines innovations qui pourraient révolutionner votre vie quotidienne.

Weezic. Photo Réveil FM

La partition 2.0. Weezic devrait faire grand bruit auprès des mélomanes néophytes comme professionnels. «Pour une expérience de la musique plus stimulante, on propose une immersion dans la partition», résume Nicolas Arbogast, cofondateur de cette innovation côté musique. Cette partition intelligente tourne les pages au bon moment, permet au musicien qui répète d’accélérer le tempo, de transposer les notes ou de répéter sa voix avec un orchestre. Plus original: quand le ténor ou le violoniste veut travailler sa partie, le logiciel indique sur la partition en rouge les notes qui ne sont pas justes. «Un logiciel qui joue et écoute», voilà comment les créateurs en parle, qui travaillent déjà avec une quarantaine de conservatoires et de nombreux éditeurs. Car le public pourra télécharger l’application gratuite et rechercher ensuite la partition dans le corpus alimenté au fur et à mesure. «A la rentrée, on proposera des morceaux pour guitare pas forcément classique», souligne le cofondateur. Pour le moment développé sous forme de logiciel pour iPad (10.000 téléchargements), cette partition augmentée devrait être disponible d’ici la fin de l’été sur le site weezic.com.

Samy. Photo Réveil FM

Samy, le compagnon numérique. On est encore loin de «Real Humans», mais Samy pourrait être un aïeul des «hubots» de la série suédoise. Les créateurs du projet E-motions peuvent imaginer bien des utilités à ce robot à roulettes, qui emprunte une gestuelle et des expressions aux humains. Ses sourcils se froncent, ses bras se tendent, le regard au ciel ou la mâchoire baissée, Samy alterne expression de tristesse et de joie. Et avec la vocal Apps, le robot peut répondre aux questions (basiques) de son interlocuteur. «La question va être envoyée à un serveur via Internet qui va générer une réponse toute faite, explique Benoît Pironnet, du centre robotique intégré d’Ile-de-France. Si on lui demande quelle météo il fera et qu’il répond des nuages, il affiche un visage triste.» Ce prototype, en cours de perfectionnement, pourrait un jour aider les personnes âgées dans les tâches ménagères. «Grâce à des capteurs il peut éviter des obstacles, reprend Benoît Pironnet. Il peut aussi serrer les mains donc attraper des objets… De même on pourrait sans doute l’envoyer dans des endroits dangereux pour l’homme, on pense notamment au nucléaire.»

Les MobileArGlass. Photo Réveil FM

Les lunettes informatives. Une paire de lunettes futuriste qui dévoile la réalité augmentée sans fil. Voilà le bébé de Zile Liu, cofondateur de Mobile AR-Glass. SMS, météo ou mail s’affichent sur l’écran relié à la lunette (attention à choisir son œil directeur), tout en gardant l’impression de recul. Le prototype pourrait servir aux malvoyants comme aux sportifs qui en aviron ou en deltaplane glaneraient sur leur lunette et en gardant les mains libres quelques informations sur le paysage alentour. «On a choisi de ne pas mettre trop d’informations. Si l’alarme de votre maison se déclenche, par exemple, vous pourriez être alerté sur votre lunette par un pop-up», souligne Zile Liu. Le président la société Laster assure que son prototype est plus confortable (avec un champ de visions 3 fois plus grand) et moins cher que les Google glass. Et que ces lunettes (un poil lourdes) intelligentes seront disponibles pour 300 euros en septembre sur le site de cette société.

Le robot footballeur et danseur. Si vous vous baladez ce week-end dans les allées du 104, vous découvrirez que le virus du Gangnam style touche aussi nos amis les automates. Car Cogibot invite petits et grands à construire et à contrôler des petits robots contorsionnistes. « Ce robot peut jouer au foot, danser, faire des acrobaties qu’un humain n’arrive pas à faire…, dévoile Stéphane Bonnard-Cantegreil, l’un des concepteurs. On voudrait que la robotique arrive plus tôt chez nos enfants… et de manière ludique.»

Le Cogibot. Photo Réveil FM

Dans un premier temps, le propriétaire de ce cogibot, mis sur le marché (via le site) depuis quelques mois pour 400 euros, joue les bricoleurs pour monter le robot. Puis il lui apprend des séquences: marcher, bouger les bras, se relever. Et jouer au foot. «C’est un vrai robot humanoïde!», se targue Stéphane. «Est-ce qu’il parle mieux français que certains de nos footballers?», ironise un visiteur.

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Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, inaugure "Futur en Seine"

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, a inauguré "Futur en Seine", le festival du numérique, au CentQuatre, Paris 19e, en présence de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique.

Paris, jeudi 13 juin, Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique à l'inauguration de Futur en Seine. Photo Réveil FM


Continuer à appuyer de toutes nos forces le... par Matignon

Paris soigne son image de capitale de l'innovation face à Londres

La capitale multiplie les incubateurs et les pépinières à start-up.Futur en Seine, vitrine technologique, ouvre ses portes aujourd'hui.

La Manche, qui les sépare, est devenue un océan. Entre Paris et Londres se livre une bataille sans merci pour conquérir le titre de Tech City, ville numérique de demain. Dopée par ses JO, la capitale britannique s'est offert de dispendieuses campagnes de pubs (« technology is GREAT Britain ») pour appâter les start-up. Au grand agacement de Paris, qui se revendique en tête des palmarès. Pas en reste, la ville s'offre une vitrine de choix, le festival Futur en Seine, auquel ont assisté le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, la ministre de l'Innovation, Fleur Pellerin, mais aussi les incontournables candidates aux municipales, Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo.

Jean-Marc Ayrault avant de monter sur la tribune pour son discours. Photo Réveil FM

De fait, le sujet est devenu plus sensible depuis que la candidate de la droite pour 2014 s'appelle Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l'Economie numérique. Face à cette candidate aguerrie, la ville soigne encore plus son bilan. « Le pari de la mandature, c'était 1 milliard d'euros investis et 100.000 mètres ­carrés d'incubateurs. Il sera tenu », martèle Jean-Louis Missika, adjoint au maire chargé de l'innovation. Paris reste une ville attractive pour les start-up : si les loyers sont élevés - plus qu'à Berlin -, les diplômés sont nombreux et les salaires compétitifs. « Le niveau de compétences est comparable à Paris, dans la Silicon Valley et à Londres, mais les développeurs sont moins chers à Paris », juge Hervé Parienti, cofondateur de l'agence de marketing digital Les Nuages.

Pour aller plus loin, la ville a créé son propre dispositif financier : Paris Innovation Amorçage (PIA), géré par Oséo, est doté de 21 millions d'euros. Surtout, elle a multiplié les pouponnières : on compte 26 incubateurs municipaux presque tous rempis et abritant 550 start-up sur les 3.000 abritées par Paris. Sans compter la dizaine d'incubateurs privés. La Mairie s'est empressée d'en revoir le modèle économique : leur taux de réussite devait plus à leur sélectivité à l'entrée qu'à un bon accompagnement. « Au lieu de ­subventionner les animateurs, maintenant nous donnons directement l'argent aux start-up, qui choisissent où elles vont », explique-t-elle. Une pression supplémentaire sur les incubateurs. On en trouve désormais de toutes sortes : petits ou gigantesques (Nord Express 8.000 mètres carrés, 600 emplois), publics ou privés, low cost ou plus haut de gamme, et bien sûr, thématiques (arts, numérique, développement durable, tourisme.) Sans parvenir encore à satisfaire tout le monde. « Leur nombre est très insuffisant par rapport aux besoins et aux villes étrangères », déplore Patrick Dalsace, cofondateur du site LaFourchette, également critique sur les conditions d'admission.

Jean-Marc Ayrault visitant les stands de Futur en Seine. Photo Réveil FM

Incubation sur mesure

Pour attirer les grands comptes, la Ville Lumière a même inventé le ­concept d'incubation sur mesure pour les industriels. A la mi-2012, Renault essuie les plâtres avec un petit incubateur dédié à la mobilité connectée à Paris Massena, où 10 start-up sont accompagnées par des équipes du constructeur. A l'automne dernier, JCDecaux signe à son tour avec le laboratoire Paris Région Innovation et sélectionne 5 jeunes pousses dans les services urbains connectés. Et en mars 2013, le Comptoir de l'Innovation lance le « Social Good Lab », dédié à l'entrepreneuriat social technologiquement innovant. Pour avoir la main sur les nouvelles technologies liées au ­tourisme, la ville a ­convaincu Aéroports de Paris, Sodexo Prestige ou Amadeus de monter le premier ­incubateur dédié à cette thématique chère à la capitale, qui sera inauguré, rue de Rennes, en 2014.

Edith Cresson, l'ancienne Première ministre dans l'assistance pour écouter Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

La ville revendique aussi de devenir « un terrain d'expérimentation grandeur nature ».

Dans ses appels d'offres, elle laisse la porte ouverte à l'innovation. Sans cela, Autolib'n'aurait sans doute jamais été remporté par Bolloré, qui n'est pas un constructeur automobile. « On sent évoluer les esprits. Certains ont compris que l'innovation ne se résume pas à la technologie et qu'il y a aussi des innovations d'usage qui doivent être testées, pour lesquelles il faut coller au marché », admet Marie-Vorgan Le Barzic, déléguée générale de Silicon Sentier, une association représentant les entreprises parisiennes du numérique.

Manque de marketing

Pour l'heure, les incubateurs ont essaimé dans Paris, au gré des projets urbanistiques. Certes, il existe bien, au coeur de la ville, un « Silicon Sentier » qui vient de lancer une opération de « crowdfunding » pour réunir les 250.000 euros nécessaires à l'aménagement de son futur espace. Mais rien d'aussi formel qu'à Londres. Les choses pourraient encore évoluer avec la décision du gouvernement de faire de la halle Freyssinet (13 arrondissement) un gigantesque incubateur, lieu emblématique du numérique. Le projet inquiète certaines collectivités qui redoutent une concentration des moyens sur cette seule halle. « Paris et la région font beaucoup de choses, et très bien, mais cela manque un peu de marketing. Pour se faire connaître à l'étranger, il faut une tour Eiffel du numérique, une figure ou un lieu plus incarné », justifie-t-on au gouvernement.

Autre point faible, que le gouvernement cherche à combler le manque de relais à l'international. De quoi, peut-être satisfaire la mairie, qui peine encore à attirer les investissements étrangers dans la capitale.

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jeudi 13 juin 2013

Berne-Suisse: La Chancelière Corina Casanova explique le vote électronique aux journalistes !

Réveil FM International a décidé de mettre à votre disposition, l'intervention de la Chancelière Corina Casanova pour expliquer le vote électronique en Suisse. D’un côté, en sa qualité d’autorité exécutive suprême, le Conseil fédéral doit avoir une approche visionnaire et aller résolument de l’avant. De l’autre, il ne doit jamais perdre de vue qu’il partage le pouvoir politique avec le peuple. Le peuple dispose en effet de deux outils « puissants », le référendum et l’initiative. Et grâce à eux, il a directement son mot à dire dans la définition des orientations du pays. J’y reviendrai tout à l’heure. Permettez-moi maintenant de vous rappeler brièvement les activités de la Chancellerie fédérale. D’une part, la Chancellerie fédérale gère le traitement des affaires du Conseil fédéral. Avant qu’une affaire politique ne soit inscrite à l’ordre du jour, elle passe par différentes étapes. C’est à la Chancellerie fédérale qu’il incombe de garantir le bon déroulement de ce processus. D’autre part, la Chancellerie informe la population des décisions et des projets du Conseil fédéral. Enfin, la Chancellerie fédérale assume des tâches de coordination. Elle joue un rôle de charnière entre le Conseil fédéral et l’administration fédérale, l’Assemblée fédérale et les pays étrangers. C’est ainsi qu’elle est qualifiée d’« état-major du gouvernement », état-major que j’ai l’honneur de diriger en ma qualité de chancelière de la Confédération. D’une certaine façon, on pourrait dire je suis le huitième membre du gouvernement, investi d’un simple droit de proposition, mais non d’un droit de vote.

Berne, mercredi 5 juin, la Chancelière Corina Casanova explique le vote électronique aux journalistes. Photo Réveil FM

Quelques mots à propos de la séance hebdomadaire du Conseil fédéral… Elle a normalement lieu le mercredi. Et le vendredi en période de session du Parlement. La séance du Conseil fédéral commence en général à 9 heures précises (il arrive qu’elle commence plus tôt) et réunit dix personnes : les sept conseillers fédéraux, le chancelier – ou la chancelière – de la Confédération et les deux vice-chanceliers.

Une séance dure de trois à six heures en moyenne. Quelque 2’500 objets sont traités chaque année. Une telle charge de travail implique que le collège gouvernemental ne puisse traiter en détail chaque affaire : c’est pourquoi l’ordre du jour fait la distinction entre les affaires sur lesquelles le consensus est acquis, les affaires de portée majeure – sur lesquelles il y a une discussion - et enfin les dossiers confidentiels.

Le Conseil fédéral tient également des séances spéciales (les séances dites de « retraite » ou de « Klausur ») pour certains objets d’une portée particulière.

Barbara Perriard, la Chancelière Corina Casanova et George Gebex, le porte parole de la Chancellerie . Photo Réveil FM

Berne, mercredi 5 juin, les journalistes dans le centre de presse du Palais Fédéral. Photo Réveil FM

Ces séances spéciales ont parfois lieu au Palais fédéral, mais aussi à l‘extérieur – par exemple à la Maison de Watteville, une résidence patricienne construite en 1446 (mille quatre cents quarante-six) et léguée à la Confédération en 1934 par Emanuel de Watteville.

C‘est aussi dans cette demeure qu‘ont lieu les traditionnels "Entretiens de Watteville".

Il s‘agit de rencontres régulières d‘une délégation du Conseil fédéral avec les présidents des partis gouvernementaux, comme on peut le voir sur cette photo. Rencontres qui permettent d‘aborder les principaux thèmes politiques du moment.

Vous aurez l‘occasion de découvrir aujourd‘hui cette belle Maison de Watteville, située dans la vieille ville de Berne, puisque nous nous y rendrons ensemble tout à l‘heure !

Je vous l’ai dit tout à l’heure, la communication des décisions du Conseil fédéral est une tâche centrale de la Chancellerie fédérale. En général, à l’issue de chaque séance du gouvernement, un, deux, voire parfois même trois conseillers fédéraux se présentent devant les médias. Si tel n’est pas le cas, c’est au minimum le porte-parole du CF, le vice-chancelier André Simonazzi qui se tient à disposition des correspondants parlementaires, au Centre des médias du Palais fédéral. On compte environ 70 conférences de presse chaque année. Sur ce folio, vous voyez les moyens à notre disposition pour la conduite de la communication:

•Les conférences de presse, retransmises en "live" sur www.tv.admin.ch

•La brochure des Explications du Conseil fédéral, à propos des objets des votations fédérales. Un lien direct avec 5,5 millions de votants. C‘est un „best seller“, en quelque sorte!

•Diverses publications, comme p. ex. „la Confédération en bref“.

•La Chancellerie fédérale assume la responsabilité de divers portails soit un million de pages Internet.

•Nous sommes naturellement aussi présents sur les médias sociaux. Depuis environ un an, André Simonazzi alimente un compte Twitter!

André Simonazzi, le vice Chancelier. Photo Réveil FM

La chancellerie fédérale au service des droits politiques. Photo Réveil FM

J’en viens maintenant aux droits politiques. Sur ce chapitre, la Chancellerie fédérale joue un rôle central. Elle veille à ce que leur exercice se déroule sans heurt et conformément aux textes :

- la Chancellerie conseille les comités d’initiative et les comités référendaires,

- elle contrôle les listes de signatures déposées,

- elle vérifie les initiatives populaires,

- elle organise les votations populaires fédérales et les élections du Conseil national. En Suisse, les citoyens disposent de trois possibilités d’action au niveau national:

• L’initiative populaire: avec 100’000 signatures, il est possible de demander une modification de notre Constitution. C’est une particularité unique! Qui étonne souvent, à l’étranger.

• Le référendum facultatif: avec 50’000 signatures, il est possible de faire modifier un texte de loi. Là aussi, c’est un phénomène unique que le peuple ait son mot à dire après que le Parlement a pris ses décisions!

• Le référendum obligatoire: chaque modification de la Constitution doit être soumise au peuple. L’adhésion de la Suisse à une organisation internationale est aussi soumise au référendum obligatoire.

On voit ici, par comparaison avec les autres régions du globe, combien les Suisses sont attachés à leurs droits populaires. Depuis 1789, en effet, ce ne sont pas moins d’un tiers de tous les référendums du monde qui ont eu lieu chez nous.

Une parenthèse à propos des initiatives populaires: depuis l’introduction du droit d’initiative au niveau fédéral, en 1891, 183 initiatives ont été soumises au peuple. Jusqu’ici, 20 ont passé la rampe, les dernières en date étant l’initiative sur les résidences secondaires, en mars 2012, et l’initiative Minder contre les rémunérations abusives, dimanche 3 mars.

En l‘an 2000, la Chancellerie fédérale a lancé le projet „Vote électronique“ . Pas à pas, en collaboration étroite avec les cantons, nous avons ainsi rendu possible le vote via Internet. Nous avons voulu avancer dans ce projet avec pragmatisme, en faisant preuve de la plus grande prudence. Il faut en effet garder à l‘esprit qu‘une panne sérieuse pourrait entamer la confiance des citoyens en ce mode de vote.

Le développement continu du système relève de la responsabilité des cantons, mais il est clair que la Confédération définit les conditions-cadres.

Le Conseil fédéral fixe par exemple les étapes d‘élargissement du projet. Et avant chaque votation, les cantons intéressés à faire usage du vote électronique doivent demander l‘autorisation du Conseil fédéral. Le but est qu‘un jour, encore lointain, tous les citoyens puissent faire usage du vote électronique.

Pour l‘instant, néanmoins, les Suisses de l‘étranger et les personnes handicapées de la vue ont la priorité pour l‘introduction du vote électronique . Ce sont ces deux groupes-cibles, qui peuvent en faire le plus grand usage.

Freddy Mulongo et la Chancelière Corine Casanova. Photo Réveil FM

Emanuel Schluss, le chef du protocole de la Chancelière. Photo Réveil FM

Dimanche 9 juin 2013, dans 4 jours, les citoyens suisses seront appelés à voter sur deux objets:

D’une part, sur l’initiative populaire pour l’élection directe du Conseil fédéral par le peuple D’autre part, sur la modification urgente de la loi fédérale sur l’alise.

Au total, 70’000 Suisses de l’étranger - de 12 Cantons - et 90’000 Suisses des Cantons de Genève et de Neuchâtel ont la possibilité de voter par Internet lors de ce scrutin. Lors du scrutin du 3 mars 2013, jusqu’à 58% des votants (Canton FR), ont pu se prononcer par voie électronique.

Madame Perriard, cheffe de la section des droits politiques auprès de la Chancellerie fédérale, va vous exposer en détail, tout à l’heure, les secrets du vote électronique ainsi que tout le chemin accompli depuis l’an 2000.

Madame la Chancelière de la Confédération,

Mesdames, Messieurs,

Avant de passer aux détails du projet de vote électronique, je vous propose de jeter un regard en arrière et d’examiner de plus près le système politique suisse, pour identifier les facteurs qui encadrent le projet de digitalisation des droits politiques en Suisse.

Deux facteurs peuvent être identifiés:

• Premièrement, les instruments de la démocratie directe, tels que présentés tout à l’heure par Madame la Chancelière de la Confédération.

• Deuxièmement, la structure fédéraliste de l’Etat. La structure fédéraliste de l’Etat - avec les trois niveaux Confédération, cantons et communes - se reflète avec force dans le domaine des droits politiques. Ces droits sont réglés au trois niveaux et les cantons - subsidiairement à la Confédération - jouent un rôle fondamental dans leur mise en oeuvre.

Les cantons constituent aussi le moteur du développement et de l’extension de « bonnes pratiques » dans une vrai approche « bottom-up ».

Pensons à l’introduction du vote par correspondance dans un nombre limité de cantons au début, jusqu’à sa complète libéralisation aujourd’hui. La complexité du système des droits politiques suisse réside dans l’interaction entre les deux facteurs mentionnés. Les différents instruments de la démocratie doivent être considérés dans le contexte même de la structure fédéraliste de l’Etat, qui multiplie par 26 cantons et par trois niveaux les possibilités de participer au processus de décision démocratique. Le projet de digitalisation des droits politiques doit être situé dans ce contexte. L’introduction du vote électronique traduit la culture et la structure des droits politiques en Suisse avec les nouvelles technologies.

Le contexte que je viens de vous présenter a déterminé l’introduction du vote électronique en Suisse. Cette introduction s’articule en quatre phases:

1.Votation par internet

2.Election par internet

3.Collecte des signatures électroniques pour des initiatives populaires et des référendums

4.Collecte des signatures électroniques pour les listes électorales. Les cantons, partenaires de la Confédération, se situent dans les phases une ou deux du projet. Pour ce qui concerne la troisième phase du projet, la Chancellerie fédérale suit avec intérêt les démarches de l’Union européenne dans le domaine de l’initiative populaire européenne, qui prévoit la collecte de signatures électroniques. Cette approche « pas à pas » reflète la volonté exprimée par la Conseil fédéral et le Parlement en 2006, en faveur d’une introduction contrôlée - par étapes - du nouveau canal électronique.

Comme je viens de le dire, la Suisse à choisi une stratégie des petits pas dans ce domaine. Mais pourquoi cette prudence? Cette approche est dictée par les enjeux liés à la digitalisation des droits politiques:

• La confiance à l’égard des autorités, en matière de droits politiques, est forte et elle doit être maintenue. L’acceptation et la confiance au sujet du canal électronique doivent être favorisées.

• Les défis dans le domaine de la sûreté doivent être traités prioritairement. La sûreté des systèmes et leur adaptation aux nouveaux risques représente une tâche permanente.

• Finalement, les processus existants doivent être examinés et, si nécessaire, ajustés. Ces défis ne sont surmontables que d’entente avec les cantons qui peuvent être considérés, à juste titre, comme les vrais « chefs du projet ». Ils décident si - et quand - introduire le canal du vote électronique.

En Suisse nous avons trois systèmes de vote électronique. Le système de Genève, le système de Neuchâtel et celui de Zurich, dont la copie est la propriété du Consortium. Conformément à la gestion des droits politiques en Suisse, où les cantons sont responsables pour la mise ne place des droits politiques, la Confédération n’a pas de système de vote électronique propre.

Les trois systèmes ont été développés avec des caractéristiques différentes. Le système de Genève a été conçu pour les cantons avec un registre électoral centralisé. Le système de Zurich a été pensé pour les cantons disposant d’une gestion décentralisée des registres électoraux. Le système de Neuchâtel est partie intégrante du Guichet Unique – l’application « e-gov » du Canton. Entre temps, les systèmes ont été développés et aujourd'hui ils s’adaptent à tous les cantons, indépendamment de la structure de gestion des registres.

Les trois systèmes sont aussi gérés de façon différente. Le système de Genève a été développé par le canton - qui le gère toujours. Le canton de Neuchâtel gère lui-même le système développé par une entreprise privée. Le système de Zurich a été développé par une entreprise privée, qui en assure aussi la gestion.

Dans un esprit fédéraliste, les cantons ont choisi quel système utiliser, en évaluant la structure du système et la façon dont il était géré.

Grâce à des contrats d’hébergement, les trois systèmes de vote électronique se sont répandus en Suisse.

Après avoir analysé les facteurs contraignants, les défis et la complexité de la matière, on pourrait se demander pourquoi veut-on introduire ce troisième canal électronique? Le vote électronique présente une série d’avantages pour les électeurs et pour les autorités compétentes:

• Grâce au vote électronique, les électeurs ne pourront pas émettre de votes nuls. Des erreurs qui pourraient rendre les bulletins nuls ne seront pas possibles.

• Les électeurs seront accompagnés au cours du processus de vote, qui peut se révéler parfois compliqué.

• Les dépouillement sera plus rapide, de même que l’élaboration de statistiques. Dans cette phase d’introduction par étapes du vote électronique, le Conseil fédéral a identifié deux groupes cibles à traiter de façon privilégiée, vu les grands avantages qui vont découler de l’introduction ce canal de vote. Il s’agit des Suisses de l’étranger et des personnes malvoyantes.

La Suisse compte plus de 700’000 expatriés. Environ 135’000 d’entre eux sont enregistrés auprès d’une représentation suisse et sont immatriculés comme ayant de droit de vote dans une commune suisse.

Les Suisses de l’étranger dénoncent régulièrement les problèmes rencontrés avec le vote par correspondance, lesquels sont liés aux fréquents retards postaux. Les Suisses de l’étranger sont de facto empêchés parfois d’exercer leurs droits politiques.

L’introduction du vote par Internet permet de combattre ce type de problèmes et de répondre aux besoins d’une mobilité croissante.

Les personnes malvoyantes ont été identifiées comme le deuxième groupe cible à devoir être traités prioritairement.

Les malvoyants et les handicapés, de manière plus générale, profitent du vote électronique, grâce auquel ils peuvent exercer leurs droits politiques pour la première fois de façon autonome.

Même si les systèmes de vote électronique prévoient déjà des mesures qui permettent une certaine autonomie, des progrès ultérieurs peuvent être faits dans le domaine de l’accessibilité des systèmes.

Pour ce but, un sous-groupe de travail « accessibilité des systèmes de vote électronique », réunissant des représentants des offices fédéraux concernés, des organisations et des cantons, a été lancé sous la direction de la Chancellerie fédérale. Ce sous-groupe de travail a comme objectif l’élaboration de recommandations à l’attention du Groupe de travail Vote électronique.

Objectif: améliorer l’accessibilité des systèmes de vote électronique.

Un rapport est attendu pour l’été 2013.

Le travail accompli dans le domaine du vote électronique vise les perspectives suivantes…

A court terme:

Jusqu’à fin 2013, la moitié des Suisses de l’étranger peut voter par voie électronique lors des votations.

A moyen terme:

En 2015, la grande majorité devrait avoir recours au vote électronique, lors des prochaines élections fédérales

A long terme:

Extension à l’ensemble du corps électoral

 Introduction du VE comme troisième canal de vote (complémentaire au vote dans le secret des urnes et au vote par correspondance)

Actuellement ,12 cantons ont introduit le vote électronique. Trois autres cantons (OW, UR, VS) ont annoncé vouloir procéder à de premiers essais de vote électronique dès novembre 2013. Le canton de ZH a manifesté la volonté de reprendre les essais de vote électronique.

16 cantons, à savoir une majorité des cantons suisses, auront introduit le vote électronique dès 2014. Comme vous pouvez le constater, nous sommes donc sur le bon chemin.

Laissons brièvement de côté la perspective nationale pour jeter un coup d’oeil sur la dimension internationale du projet.

Actuellement, seules la Suisse, l’Estonie, la Norvège et la France mènent des essais de vote par Internet. Toutes les autres nations (Autriche, Hollande,…) qui avaient lancé de projet de vote électronique ont entre temps interrompu leurs démarches pour des raisons diverses, à propos desquelles je ne veux pas entrer en matière.

L’introduction du canal électronique est un projet qui présente un caractère pionnier. Cette situation rend difficile l’échange de bonnes pratiques et met les nations qui conduisent des essais de vote par internet au centre de l’attention critique de l’opinion publique, de la politique et des milieux de la science.

En conclusion, je pense que la Suisse a su garder son rôle de pionnier dans le domaine de la digitalisation des droits politiques. Nous avons identifié les facteurs-clés suivants pour la bonne réussite du projet suisse:

• L‘introduction a eu lieu par étapes, selon la devise: "la sûreté avant tout"

• La planification a été concertée d’entente avec les cantons.

• L’approche fédéraliste a respecté la structure du système des droits politiques

• La collaboration avec le monde de la science (Haute école spécialisée bernoise, Ecole polytechnique fédérale de Zurich) a garanti le développement du projet, tout en prenant en considération les voix parfois critiques de ce milieu. Le processus de digitalisation des droits politiques a débuté avec succès. Bien sûr, la voie est encore longue et nous continuerons d’accompagner le projet Vote électronique au cours des prochaines années.

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Ceux qui veulent éliminer le Cardinal Laurent Monsengwo: Réaction du pasteur-théologien Philippe Kabongo M'baya !

Dans un article intitulé: "Malu Malu à la CENI : Monsengwo embrase le Congo", alias "Pascal Debré Mpoko" vulgaire pseudonyme derrière lequel se cache lâchement Omer Songo Die Lema un coupagiste de la presse mangeriste de l'imposteur Joseph Kabila. Ils sont un petit groupe de minables scribouillards qui se décarcassent pour donner la réplique à toutes les vérités qui mettent à nu l’usurpateur Joseph Kabila! Ces apprentis-snipers, visiblement, pris de panique, tirent, de façon désordonnée, sur tout ce qui bouge ! La peur de la fin du régime illégal et illégitime qu’ils servent, étant leur véhicule, ils tentent de refaire le monde à partir événements mineurs, s’emploient à tourner en dérision l’essentiel en célébrant la vacuité qui tient lieu de pouvoir par la dramatisation avec gravité du clownesque! La résistance patriotique les connaît tous.

Paris, le Cardinal Laurent Monsengwo et le pasteur-théologien Philippe Kabongo M'baya. Photo Réveil FM

1. Réveil FM International: Pasteur Philippe Kabongo M'Baya votre réaction aux propos de "Pascal Debré Mpoko" sur la position du Cardinal Monsengwo face à l'imposition de l'abbé Apollinaire Malu Malu à la CENI après avoir dirigé la CEI avec les élections Louis Michel 2006, par le régime des joséphistes peut paraître alarmiste...

Pasteur Philippe Kabongo M'baya: Parmi tout ce qu'alias Pascal Debré Mpoko dit, une phrase me fait frémir : il faut tout faire pour mettre le Cardinal « Monsengwo hors d’état de nuire ». Intimidation, provocation, diffamation : l’exégèse de cette affirmation me semble claire dans le contexte général des autres propos de ce journaliste clairement kabiliste. C’est haineux et c’est infâme. Entre juillet 1960 et janvier 1961, ceux qui voulaient la déstabilisation du Congo et sa mise à genoux devant les intérêts de la haute finance internationale opéraient de la même manière. Le martyr et l’assassinat de Patrice Lumumba avaient été précédés par les mêmes méthodes, les campagnes de presse, les gesticulations farouches, avant le passage à l’acte. Je ne suis pas alarmiste par nature. Mais connaissant assez bien l’histoire politique de notre pays, je reste plus que vigilant.

2. Réveil FM International : Vous auriez peut-être préféré un autre candidat que l’Abbé Malu-Malu à la tête de la CENI ?

Pasteur Philippe Kabongo M'baya : La réforme de la CENI s’imposait d’elle-même. Son fonctionnement catastrophique de 2011-2012 a plongé le pays dans le cauchemar du traumatisme toujours actuel. Or, ce qui s’est produit-là n’était au fond que l’aboutissement grotesque des turpitudes, vite dissimilées, de la CEI en 2006. Tous les observateurs indépendants et sérieux ne voulaient pas d’élections en 2011, à cause du contentieux non épuré de celles de 2006. De la même manière que le Cardinal Etsou avait critiqué et dénoncé les basses œuvres de Malu-Malu en 2006, de la même manière le Cardinal Monsengwo a dit sans ambages qui avait gagné l’élection présidentielle de 2011, malgré les tricheries et les fraudes. Mais, certains milieux occidentaux qui dominent sur les affaires du Congo voulaient Malu-Malu. Ce sont des milieux pervers. Car, la nuit ils complotent contre Kabila ; le matin, ils traitent avec lui. Le reste du temps, ils étudient comment s’en débarrasser. L’intéressé n’est pas dupe. Il trouve son compte dans ces agissements, gagne du temps et arrive même à complexifier le jeu à son avantage…Les milieux dont je parle sont plus rassurés avec des hommes viles et nuls comme le « bonhomme » et son entourage, plutôt qu’avec les congolais et les congolaises valables, soucieux des intérêts du pays et de sa souveraineté. Ce qui vient d’arriver avec la nomination de Malu-Malu à la tête d’une CENI, qui n’a fait l’objet d’aucune réforme digne de ce nom, présage de ce qui risque fort de se produire en 2016. Ce n’est pas à l’homme Malu-Malu que l’on doit s’en prendre, même si tous les congolais savent à quel point il est corrompu et pour quels intérêts il roule, c’est aux manœuvres des acteurs invisibles, qui ont tout l’air d’un complot, qu’il faut nous insurger. Qui se souvient que cette affaire de la réforme de la CENI était un élément majeur de la conditionnalité posée par Monsieur François Hollande, lors du Sommet de l’OIF à Kinshasa ? Or, on le voit bien, une transition politique interminable et des institutions étatiques bancales arrangent tout le monde, sauf les congolais. Devant cette situation attentatoire pour la stabilité de notre nation, devant cette gouvernance du pourrissement, il est plus qu’urgent de penser autrement, d’agir sans atermoiements. Sans se distraire. C’est pourquoi la lucidité et la cohérence maintenue du Cardinal Monsengwo sur cette question ne laissent personne indifférente.

Réveil FM International: Vous rêvez d’une « union sacrée » des Eglises contre Joseph Kabila ? Le Cardinal Laurent Monsengwo est-il un modèle ou un moteur pour un engagement ?

Pasteur Philippe Kabongo M'baya : Il est déplacé de parler d’une « union sacrée » entre les Eglises. Déjà à l’intérieur de l’épiscopat catholique romain, l’unité des vues reste acrobatique, comment espérer que les dirigeants protestants, ceux de l’Eglise du Christ au Congo par exemple, qui se partagent entre les kabilistes opportunistes et ont les kabilistes radicaux, puissent s’entendre pour former un front commun avec les catholiques et les kimbanguistes ? Non, la vocation des Eglises n’est pas de descendre en tant que telles dans l’arène politique, s’emparer du pouvoir de l’Etat. Je suis très laïc sur ce point et reste parfaitement protestant. Lors de la réception de son titre de Docteur honoris causa à l’Université catholique de Paris, l’Archevêque de Kinshasa a développé dans sa leçon doctorale des idées dans le même sens, sur le « service politique comme une forme de charité », non pas la recherche du pouvoir par l’Eglise ni le pouvoir lui-même, mais le secours que l’on est en droit d’apporter à une collectivité humaine menacée par un chaos politique. Le Cardinal Joseph Malula avait incarné cette exigence. Le Prophète Simon Kimbangu est un autre exemple. Vous souvenez-vous de ce que Mgr Desmond Tutu a fait pendant le pouvoir raciste de l’apartheid en Afrique du Sud et durant la transition démocratique dans ce pays jusqu’en 1994 ? Dois-je évoquer la figure de Martin Luther King ? Dans tous ces cas, les Eglises n’ont pas formé une alliance. Elles ont formidablement soutenu la société civile, les organisations politiques crédibles, pour renverser les situations d’injustices et d’avilissements. Le Congo est en danger avancé. La convergence des engagements ne peut que nourrir un même mouvement et l’imposer pour le salut du Congo. Sans les associations et les réseaux catholiques multiformes, qui rejettent et combattent le pouvoir de l’occupation dans notre pays, la voix de Monsengwo serait un cri dans le désert.

Réveil FM international : Et pourtant, il n’arrive ni à mobiliser ni à soulever la population contre le régime; c’est un peu un cri dans le désert, non ? S’adressant aux congolais de la diaspora, n’est-ce pas l’aveu qu’il est incompris à l’intérieur du pays ?

Pasteur Philippe Kabongo M'baya: Vous reflétez là une vision assez répandue parmi nos compatriotes. Mais cette manière de voir les choses est un peu infantile à mes yeux. Les congolais aiment que les choses soient instantanées. Qu’elles s’accomplissent d’elles-mêmes, d’une manière magique : tout et tout de suite. L’archevêque de Kinshasa a plus d’une fois appelé les jeunes de son archidiocèse à se préparer pour sauver le Congo. Tout le monde veut que cela s’accomplisse, mais qui cherche à soutenir ces jeunes-là, à savoir ce qu’ils font ou ne font pas en ce moment et ce qu’ils peuvent faire. Personne. Le Cardinal dit aux congolais de la diaspora : j’ai fait mon mieux. Les turpitudes kinoises et l’idiotie de nos « politiciens » nous maintiennent dans les mêmes impasses, les mêmes logiques d’asservissement. Je m’en lave les mains. Qui interprète cela correctement ? Personne. Au contraire, d’aucuns croient même que Monsengwo construit une carrière politique personnelle ! Mon Dieu, comment sommes-nous, nous autres congolais ? Je n’attends rien de traîtres et de vendus. Mais tout de même ! Pourquoi cette culture d’aveuglement et cette indigence d’esprit ? Comment avancer sans une vraie vision l’histoire? Le vrai front commun n’est pas « politique » ou politicien, il est « spirituel », c’est-à-dire la force intérieure largement partagée, qui consiste à refuser l’abdication et le défaitisme dans lesquels une majorité de nos compatriotes est enlisée. C’est à ce front que j’appelle de toutes mes forces. Nous devons nous unir sur un pacte national, un socle de citoyenneté si solide, que nous trouvions l’axe majeur de notre initiative historique. Plus rien ne nous fera sortir de cet axe et de sa détermination. Nous cesserons d’être désorientés, politiquement frivoles et humainement indignes. Quand les kabilistes appellent à mettre Monsengwo hors d’état de nuire, nous devons être capables d’interpréter correctement ce qui est véritablement visé par ces menaces, par ces plans aussi sordides que tragiques. Mais, n’est-ce pas donner une importance exagérée ou indue à des gens trop occupés par leur mangeoire, qu’ils ne sont même pas capables de d’organiser leur propre sécurité d’abord ? C’est aussi vrai. En tous les cas, cette situation de pression a du bon ; elle nous rend solidaires et vigilants. Elle contribue à l’accumulation des énergies indispensables au soulèvement populaire combativité. Un jour, bientôt, j’espère, les populations du Congo secoueront leur peur. Elles n’attendront pas que le salut lui vienne d’ailleurs. Et le Congo sera sauvé.

L'article ci-dessous donne froid dans le dos. Il ne s'agit ni plus ni moins que de mettre le Cardinal "Monsengwo hors d'état de nuire"! Parce qu'il a osé critiquer la nomination connue d'avance de Malu-Malu à la présidence de la CENI; parce qu'il a appelé la diaspora congolaise à redoubler de détermination pour que le pays soit sauvé;parce que, tout simplement, il n'est pas kabiliste. De sources certaines, je savais moi-même que Malu-Malu était le candidat de ce que l'on appelle "communauté internationale" à ce poste... C'est-à-dire, ceux qui, grâce à la misère politique qui juchée au sommet du pouvoir à Kinshasa, espèrent maintenir pour longtemps leur tutelle sur le Congo. Mais ce que nous pouvons savoir est infiniment dérisoire à côté des informations que détient un homme comme le Cardinal Monsengwo sur les ressorts du chaos qui frappe le pays , ses responsables, leurs manœuvres et leurs objectifs; bref, l'archevêque de Kinshasa connaît largement les dessous des turpitudes qui font notre asservissement . On nous tourne en rond. Comme des bourriques. On nous inflige de contempler notre propre déchéance, à boire une intarissable humiliation, afin que sur des longues générations, le Congo reste sans espoir. C'est l'acharnement de l'annihilation, qui mise sur une dépersonnalisation collective et le découragement. La campagne de haine contre Monsengwo en dit long sur ce que l'on veut faire de nous. Cet aboiement est éloquent! Ouvrons encore mieux les yeux, chers compatriotes. Ressaisissons-nous. Philippe kabongo M'baya

Malu Malu à la CENI : Monsengwo embrase le Congo !

Dans une insidieuse démarche de subornation de l’opinion, l’Archevêque de Kinshasa tente de discréditer la nouvelle centrale électorale pour miner l’avenir des élections. Dans sa croisade personnelle contre Malu Malu comme en 2006, et suite à l’échec de son candidat Botalo Magoza au bureau de la CENI, Monsengwo a manifestement décidé de mettre le Congo à feu et à sang en dressant les Congolais les uns contre les autres.

C’est une véritable bombe sans retardement que le Cardinal Monsengwo vient de larguer au sein de l’opinion congolaise. En effet, l’Archevêque de Kinshasa a tenu, lundi 10 juin 2013 à 21h30’ au Canada, une rencontre avec des Congolais de la diaspora à Montréal dans une salle située au 5621, Boulevard Gouin Ouest. Au cours de cette rencontre, il a regretté que l’Abbé Malu Malu ait accepté sa désignation comme Président de la CENI. Il s’est fait un point d’honneur de le faire échouer avec le concours de la communauté internationale et de l’église catholique.

Dans son envolée oratoire, le prélat catholique reproche aux Congolais d’avoir peur et de ne pas l’écouter et le suivre. Dans ce cas, il prétend se laver les mains et dit qu’il ne va pas mourir seul bêtement.

Manifestement, Monsengwo savait ce qu’il était en train de faire, c’est-à-dire engager une guerre des tranchées avec le pouvoir en place. Poursuivant son speech, en effet, il affirme connaître les mouchards qui se trouvent dans la salle et qui s’empresseront de rapporter ses propos à Kinshasa. N’en ayant cure, l’Archevêque de Kinshasa s’en remet à la diaspora congolaise à qui il demande d’être courageuse, car c’est elle, selon lui, qui incarne les aspirations au changement. Pour galvaniser cette diaspora et la chauffer à blanc contre le pouvoir, il affirme qu’elle est abandonnée par le pouvoir de Kinshasa, alors que c’est elle qui nourrit des familles entières au Congo. Subornation de l’opinion

Pour un pavé dans la marre, c’en est plus qu’une. La sortie de Monsengwo au Canada a tout l’air d’un acte délibéré visant à créer les conditions d’une insurrection populaire au Congo. Ce sont donc des déclarations d’une extrême gravité puisqu’étant de nature à diviser la population et à la dresser contre l’ordre institutionnel établi et ses animateurs.

Monsengwo voudrait, par ailleurs, maintenir le contentieux politique des élections de 2006 sans considérer les risques de briser l’accalmie qui s’observait déjà au sein de l’opinion tant nationale qu’internationale. Tout en faisant semblant de viser la personne de Malu Malu, Monsengwo tente subtilement de jeter le discrédit sur la CENI réformée et créer des conditions de tensions et de contestation des résultats des futures élections.

Les choix sociologiques que Monsengwo remet en cause

D’autre part, en s’élevant contre le choix opéré par le groupe des confessions religieuses, et entérinée par l’ensemble des composantes sociopolitiques qui ont participé à la désignation des 13 membres qui vont diriger la CENI réformée, Mgr Monsengwo tente de remettre en cause la légitimité de cette chaîne sociologique au profit de ses propres choix tout aussi sociologiques. Nous savons, en effet, que le groupe des confessions religieuses qui a désigné l’Abbé Malu Malu par voie du vote est composé de 7 sous-groupes. 6 groupes ont participé au vote et un seul, l’église catholique, s’est abstenu de participer au processus de désignation des animateurs de la CENI. Les autres groupes du processus sont constitués des partis politiques et d’organisations de la société civile.

Après cet étape de la société civile et des partis politiques, l’on est passé au niveau de l’Assemblée nationale où la composition définitive du bureau et de la plénière de la CENI a été entérinée en toute transparence et dans la démocratie la plus totale. C’est donc toute cette démarche, par ailleurs prévue dans la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI, que Mgr Monsengwo remet en cause et tente de torpiller.

Pareille manifestation de l’égocentrisme ne peut que choquer lorsque l’on sent cette tentation à imposer l’église sur la Nation. La République Démocratique du Congo est un état laïc, et si l’église catholique s’empêtre dans des contradictions internes, elle ne peut pas se permettre de les faire déteindre sur l’Etat jusqu’au point de pourrir l’atmosphère de la vie nationale, troubler la sérénité nationale et hypothéquer les perspectives de reconstruction et de modernisation du pays pour le bien-être du peuple congolais.

Après analyse des différents cas de figure, l’on constate que Monsengwo mène une croisade personnelle contre l’Abbé Malu Malu qui a remporté les faveurs de la chaîne de désignation des membres de la CENI au profit de M. Botolo Magoza que Mgr Monsengwo avait proposé en dehors de l’avis de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). Ceci est d’autant plus plausible que depuis la publication de la composition du bureau et de la plénière de la CENI, la CENCO, qui est la voix autorisée de l’église catholique, ne s’est pas encore exprimée.

Une subversion avérée

Toutes ces observations nous amènent à conclure que le Cardinal Laurent Monsengwo est dangereusement en train de suggérer la désobéissance civique à travers une subtile subversion. Il exploite, en effet, son ascendant moral sur les fidèles et une bonne frange de la population congolaise en général.

Il s’agit-là d’une subornation manifeste de l’opinion de nature à mettre à mal le processus de déploiement de la dynamique démocratique selon les convictions des Congolais et non par contrainte.

Les connexions politiciennes de ces derniers temps pourraient produire un cocktail détonnant avec cette production de Monsengwo. En effet, depuis l’annonce – et même avant - de la désignation de l’Abbé Malu Malu comme Président de la CENI, une certaine opinion l’a présenté comme étant, en réalité, un agent de la Majorité et de son Autorité morale.

Il aurait été positionné à la tête de la centrale électorale nationale pour organiser la prochaine victoire du Président Joseph KABILA KABANGE. Cette rumeur a été couplée à une autre qui attribue à la Majorité l’intention de modifier la Constitution pour accorder un troisième mandat au Président de la République. On observe, par ailleurs, que ces derniers temps, de plus en plus de fidèles catholiques déclarent qu’ils ne participeront pas aux prochaines élections.

Barrer la route à Monsengwo.

Voilà donc l’étendue des dégâts que Laurent Monsengwo, en Kamikaze des temps nouveaux, voudrait infliger à la RDC au nom de ses intérêts personnels que l’on a du mal à recouper avec les aspirations de l’église catholique à laquelle il appartient. Loin de faire droit à la position de l’église qui a préféré ne pas se mêler de la politique, l’Archevêque semble s’y trouver à l’aise comme un poisson dans l’eau.

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mercredi 12 juin 2013

Guinée: "Vous journalistes, vous parlez trop. Vous êtes des espions, nous allons vous dépecer"

Reporters sans frontières exprime sa vive préoccupation face à l'aggravation de la situation sécuritaire pour les acteurs de l’information à Conakry.

Le président guinéen Alpha Condé, le 23 mars 2011 à l'Elysée, à Paris.

Une quinzaine de journalistes ont été violemment agressés et leur matériel a été endommagé depuis que le contexte politique s'est considérablement tendu après l’annonce par le président Alpha Condé, le 13 avril 2013, de sa décision de fixer la tenue des élections législatives au 30 juin prochain. Plusieurs manifestations organisées par l'opposition ont dégénéré en affrontements entre manifestants et forces de l'ordre et ont fait une quinzaine de morts et une centaine de blessés.

"Aujourd'hui en Guinée, les journalistes qui se rendent sur le terrain pour couvrir l'actualité politique exercent dans un climat détestable, pris en étau entre la répression brutale des forces de l'ordre et l'hostilité de certains manifestants survoltés. Les attaques survenues contre les journalistes au cours des dernières semaines constituent des violations flagrantes de la liberté d'information. Nous rappelons qu'un processus électoral sérieux et transparent ne saurait se tenir sans garantie de pluralisme ni de sécurité pour les reporters", a déclaré Reporters sans frontières.

Six journalistes de la station de radio privée Lynx FM et près d'une dizaine d'autres reporters ont été agressés par des manifestants ou des groupes impliqués dans les violences. Interrogé par la Media Foundation for West Africa (MFWA), l'un d'entre eux a confié avoir été ciblé spécifiquement pour son travail de journaliste. "Vous journalistes, vous parlez trop. Vous êtes des espions, nous allons vous dépecer", lui a lancé un jeune manifestant.

De son côté, un autre journaliste, Thierno Alpha Ibrahima Balde, de Lynx FM, a été pris pour cible par des agents de police qui l'ont tabassé avec des fusils puis ont détruit son matériel. Il a ensuite été transféré dans un hôpital de Conakry dans un état grave.

Reporters sans frontières publie ici une liste non exhaustive de journalistes agressés dans l'exercice de leur mission :

Nom du journaliste- Nom du média- Date- Lieu

Djamila Thianguel Bah- Lynx FM- 02.05.2013- Aéroport de Conakry

Thierno Alpha Ibrahima Balde- Lynx FM- 23.05.2013- Quartier de Bambeto

Mohamed Bangoura- Lynx FM- 02.05.2013- Aéroport de Conakry

Mamadou Bobo Barry- Lynx FM- 18.04.2013- Siège du RPG, quartier d'Hamdallaye

Idiatou Diallo- Lynx FM- 18.04.2013- Siège du RPG, quartier d'Hamdallaye

Asmou Diallo- Lynx FM- 18.04.2013- Quartier de Taouyah, "Petit Lac"

Souleymane Bah- Espace FM- 02.05.2013- Aéroport de Conakry

Amadou Bah- Bonheur FM- 02.05.2013- Aéroport de Conakry

Ibrahima Sory Cisse- Bonheur FM- 02.05.2013- Quartier de la Casse

Moussa Cepha Camara- Planète FM- 23.05.2013- Aéroport de Conakry

Mohamed Albe Bangoura- Horizon FM- 18.04.2013- Quartier de la Casse

N'Fanly Guilavogui- Evasion FM- 18.04.2013- Quartier de la Casse

Saran Camara- Evasion FM- 18.04.2013- Dialo Bachir- Evasion FM- Elhadj Oumar Barry- Evasion FM

Depuis mi-avril, l'opposition a organisé des manifestations à Conakry pour protester contre le manque de consensus sur l'organisation d'un scrutin législatif "libre et transparent." Cellou Dalein Diallo, le chef de la Coalition des partis d'opposition, met en question l'impartialité de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Lors de l'intensification des violences entre les 22 et 25 mai derniers, le président Condé est rentré précipitamment d'Addis Abeba où il assistait au cinquantenaire de l'Union Africaine. "Personne ne doit être victime du fait de ses origines ou de ses opinions', a-t-il déclaré, tout en demandant au ministre de la Justice de "faire la lumière" sur les violences.

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Charly Esalo:"Le fameux dialogue inter-congolais est un poker-menteur exécrable, un gigantesque attrape-nigaud de Joseph Kabila"

Charly Esalo: "Le fameux dialogue inter-congolais est un poker-menteur exécrable, un gigantesque attrape-nigaud de Joseph Kabila"

La République démocratique du Congo n'a pas une armée digne de nom, une armée républicaine qui protège les citoyens et nos frontières. L'armée de Joseph Kabila est une armée d'infiltrés. Au lieu des Etats généraux des Forces Armées de la République démocratique du Congo (Fardc), Joseph kabila, Léonbitch Kengo wa Dongo, Edouard Mokolo, Evariste Boshab, François Mwamba, Koyagalio...veulent d'un dialogue inter-congolais ! Pour une majorité présidentielle qui a soit disant gagnée les élections du 28 novembre 2011, n'est pas ahurissant ? Le feu Général Mahele disait que "Armée ezali ekunde té", c'est-à-dire l'Armée n'est pas une poubelle ! L'Armée de Joseph Kabila ressemble beaucoup plus à une déchetterie qu'à autre chose: une armée des seigneurs de guerre, pillards, violeurs, massacreurs...et qui n'arrive même pas à récupérer un seul territoire des mains de miliciens tutsi rwandais. Le peuple congolais est abandonné à son propre sort ! Dialogue inter-congolais, pour quoi faire ? Les congolais sont-ils en conflit entre eux ? Non ! Un dialogue Inter-congolais pour le partage des pouvoirs ? Non ! Actuellement le peuple Congolais n’est ni disposé ni préparé à cautionner une diversion supplémentaire à échelle nationale pour l’humilier d’avantage et le faire perdre sa démocratie. Les Congolais : n’ont pas des problèmes entre eux pour assister à un dialogue inter-congolais, ils jouissent déjà d’une cohésion nationale qui les unie et les protègent contre toute agression extérieure voulant les séparer ou les diviser. Joseph Kabila et sa bande ont le plein pouvoir: toutes les institutions républicaines sont prises en otage pour servir les intérêts d'un individu. Pour Charly Esalo, le dialogue inter-congolais est un poker-menteur, un gigantesque attrape-nigaud pour des congolais amnésiques. Comment voulez-comprendre qu'au premier hold-up électoral lors des élections Louis Michel 2006, les congolais de l'Etranger ont été exclus, pour le second hold-up électoral de novembre 2011, les Congolais ont été de nouveau exclus. Chose étonnante, c'est à Liège , en Belgique fief de Louis Michel, que la Constitution de la République démocratique du Congo a été rédigée sans congolais-sauf deux naturalisés Belges: Evariste Boshab et Bob Kazadi kabamba, deux aphones qui ont meublé la salle. D'ailleurs cette Constitution porte bien son nom: La Constitution de Liège. C'est dans cette ville belge, après avoir organisé le premier hold-up électoral au profit de Joseph kabila, candidat de Louis Michel et de la communauté internationale, que l'abbé Malu Malu a été fait Docteur honoris causa, sans doute Docteur es fraude et tricherie électorale. C'est à Liège qu'enseigne Bob Kazadi Kabamba, individu ombrageux et obscurantiste qui doit tout à "Big Loulou", c'est ce dernier qui a payé ses études. C'est encore à Liège que quelques congolais sans légitimité dans notre Communauté congolaise vont se réunir du 28 au 30 juin 2013 afin d'aller participer on ne sait pas au nom de qui au fameux dialogue inter-congolais de Joseph Kabila. Les congolais doivent se réveiller et comprendre ce qui se passe. Si Joseph Kabila veut son dialogue inter-congolais, c'est parce qu'il a un problème de légitimité. Lui, son gouvernement fantoche, ses parlementaires godillots, ses juges achetés, ses policiers anti-peuple dirigent par défi. Limpide comme l'eau de source, l’illégitimité de Joseph Kabila à la tête de la RDC est connue de tous. La crise actuelle en République Démocratique du Congo n’est ni tribale, ni ethnique, ni fatalité ni prédestination, mais une réalité, celle de « l’illégitimité de Joseph Kabila » qui s’est installé à l’aide des multinationaux à la tête de la RDC par la force des armes, par les fraudes massives et les tricheries. Le tout dans l’ignorance des Institutions de l’Etat, de l’absence du respect des droits de l’homme et de la dignité humaine.

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mardi 11 juin 2013

Paris-Rue Solférino: Pierre Mauroy, la touchante émotion de ses camarades de lutte

Hommage à Pierre Mauroy au siége du PS rue de Solférino à Paris. Photo Réveil FM

Un cadre infiniment moins solennel qu'aux Invalides. Une petite cour intimiste et charmante, au coeur du siège du PS, rue de Solférino. La cour Pierre Bérégovoy, pierres de taille et roses rouges, un lieu que Pierre Mauroy aimait beaucoup. C'est ici qu'il sont arrivés les uns après les autres, tous ses compagnons de lutte, des jours glorieux et des soirs amers. Tous ceux qui, rose à la main, ont suivi la grande idée de François Mitterrand et Pierre Mauroy, celle qui allait les mener au pouvoir en 1981.

Jean-Marc Ayrault entouré de ses prédécesseurs. Photo Réveil FM

Aux côtés du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, quelques uns de ses prédécesseurs : Edith Cresson, Michel Rocard, Lionel Jospin, et tant de ministres, Jack Lang, Jean le Garrec, Daniel Vaillant, Charles Fiterman... et beaucoup d'autres. Poignées de mains et sourires, bises et clins d’œil, et puis juste quelques mots. Ou pas de mots du tout. L'essentiel, au fond, c'est ce qui est blotti dans leurs coeurs mis à rude épreuve aujourd'hui, et qu'ils partagent discrètement.

Vibrant hommage de Lionel Jospin à Pierre Mauroy. Photo Réveil FM

Martine Aubry, ancienne Première Secrétaire du PS et maire de Lille. Photo Réveil FM

Harlem Désir, premier Secrétaire du PS. Photo Réveil FM

Applaudissements nourris des socialistes. Photo Réveil FM

Quand tous furent en place, Martine Aubry est apparue avec la famille de Pierre Mauroy, Gilberte en tête. Alors, ils se sont levés, ont applaudi longuement, doucement, le temps que puisse s'asseoir Mme Mauroy et que les deux écrans, sur fond de quelques notes de piano, diffusent deux phrases - juste deux phrases, mais quelles phrases du grand homme.

La première, toute en conviction, appelait à l'union de la gauche. Le militant sûr et convaincu du milieu des années 70 a dû les interpeller encore. Qu'ont-ils pensé tous ceux-là en l'attendant scander : « Les divisions sont préjudiciables ! »...

Le quator qui a interprété la musique. Photo Réveil FM

La seconde, voix déjà un peu effacée et débit plus laborieux, est cette fameuse tirade encore très récente sur la fin de vie. On l'a lue un peu partout, cette idée de la fin de vie qui lui inspirait la première fois qu'il a vu la mer. Mais ici, sur cet écran, c'est Mauroy qui parle. Avec ses intonations, avec ses tics de langages fameux : « La fin de vie, je la vois un peu comme la mer, quoi... »

C'est fou ce que cette petite locution était de lui. C'est fou cette émotion qui les emplit tous, juste au moment de ce mot-là... Mauroy était là. Au milieu d'eux, comme si souvent. Alors Lionel Jospin a retracé toute l'histoire de son glorieux prédécesseur au PS. Le militant des jeunesses socialistes, l'inlassable combattant, celui qui a accompagné François Mitterrand jusqu'en haut : « Oh, ils n'ont pas toujours été d'accord, mais quand ils se sont retrouvés, la victoire, alors, était en marche. François Mitterrand, c'était la figure de proue, le leader, et à ses côtés, Pierre Mauroy était le second indispensable.

Une période « fondatrice », a dit Jospin. Fondatrice d'une victoire historique, pour les hommes et les femmes qui sont ici, dans cette cour soudain fière : « Il a dirigé le premier gouvernement d'union. Il a laissé tant de réformes ! »

Martine Aubry aussi a dit l'homme de convictions : « Il a toujours gardé la nuque raide, tant il pensait juste ce qu'il voulait faire. » La maire de Lille a fait à son tour un bout de chemin avec Mauroy. Vers Lille, bien sûr. Elle dit « chez nous », regarde la famille assise au premier rang, et quitte son discours écrit pour parler de l'homme, de celui avec qui elle a fini par partager « une affection, une complicité ».

« J'étais fascinée par ses mains... » dit-elle. Comme sa fameuse manière de ponctuer ses phrases, les mains de Mauroy étaient uniques. Et chacun y pense, ici. Harlem Désir, plus en fougue, parle alors de l'homme ouvert sur le monde, du président de l'Internationale socialiste, de son héritage : « Ses valeurs et ses convictions continuent de nous guider. » Puis il lève la tête, et s'impose alors cette phrase, inscrite au dessus de cette cour baignée d'émotion : « Mettez du bleu au ciel », qu'avait dite François Mitterrand à Pierre Mauroy, la dernière fois que les deux hommes se sont vus. « C'est un haute exigence qu'il nous laisse. Au service du peuple et de la République. » Un quatuor à cordes, alors, a aidé chacune et chacun à se faire une idée de cette ambition-là, en jouant un très joli Temps des cerises. L'esprit de Mauroy, ici non plus, n'est pas près de s'éteindre.

Quelques photos

Martine Aubry et Harlem Désir raccompagnant Gilberte Mauroy. Photo Réveil FM

Harlem Désir dans la rue jouxtant Solférino. Photo Réveil FM

Lionel Jospin accordant l'interview à une consoeur de LCI. Photo Réveil FM

Un couple remplissant le livre de condoléances à Pierre Mauroy. Photo Réveil FM

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Aux Invalides, Hollande salue le «réformisme» de Pierre Mauroy

Quatre jours après sa mort, un hommage national, avec François Hollande et la famille socialiste au complet, a été rendu mardi matin aux Invalides à Pierre Mauroy, ancien Premier ministre (1981-84) et maire de Lille, unanimement salué comme un grand homme d’Etat voire «un modèle» pour le PS.

Paris, 11 juin, François Hollande rend hommage à Pierre Mauroy, devant son cerceuil, dans la cour des Invalides.

Le chef de l'Etat, son Premier ministre et ses ministres dans la cour des Invalides.

Martine Aubry, qui a succédé à Pierre Mauroy comme maire de Lille, et son père Jacques Delors, aux Invalides le 11 juin 2013.

Paris, le 11 juin 2013, plusieurs personnalités politiques sont présentes pour les obsèques de Pierre Mauroy, à Paris, le 11 juin 2013 Avant de se retrouver pour la plupart au siège du PS, rue de Solférino, le chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault, ministres, anciens ministres de l’ère Mitterrand, élus nordistes, entouraient aux Invalides sa veuve, Gilberte Mauroy, son fils Fabien et les petits-enfants de l’ex-Premier ministre. Les présidents de l’UMP Jean-François Copé, de l’UDI Jean-Louis Borloo et du MoDem François Bayrou étaient aussi présents.

«Pierre Mauroy est entré dans l’Histoire pour avoir été l’artisan de grandes conquêtes sociales et de libertés nouvelles», a dit le chef de l’Etat à l’occasion de cet hommage. Mais il a souligné que cet «enfant du peuple» «a surtout fait des choix, des choix essentiels dont nous sommes les uns les autres, quelle que soit notre place dans la vie politique, les héritiers».

«Les choix du réformisme d’abord. Pour Pierre Mauroy, réformer ce n’était pas renoncer, c’était réussir. Réformer, c’était se défaire de l’illusion des mots pour passer à la réalité des actes, réformer ce n’était pas céder à la réalité, c’était la saisir à la gorge pour la transformer», a ajouté François Hollande.

«Pour Pierre Mauroy, réformer c’était aussi inscrire la gauche dans la durée, et pour y parvenir il lui fallut faire face aux espoirs, aux attentes sans limites après 23 ans dans l’attente de l’alternance». «Il fallu donc assumer et Pierre Mauroy assuma», a ajouté François Hollande, relevant qu'«il n’avait pas besoin d’être méchant pour être craint».

«Volonté de changement»

Le chef de l’Etat a cité «le sérieux budgétaire, le blocage des prix et des salaires, les restructurations industrielles». Ces décisions difficiles, à peine deux ans après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, lui «coûtèrent», «mais il sut prendre ces décisions parce qu’il les savait non pas inévitables, mais nécessaires pour reconvertir, redresser et repartir».

Alors que l’exécutif est attaqué par la gauche de la gauche sur l’austérité imposée selon eux par Bruxelles, François Hollande a salué en Pierre Mauroy celui qui avait «compris que le destin de la France passait pas l’Europe, que faire cavalier seul pouvait finir en une cavalcade sans lendemain».

«Par facilité ou commodité de langage, on désigna cette orientation d’un même mot: la rigueur. Et le même homme, Pierre Mauroy, qui avait été choisi par François Mitterrand pour incarner la volonté de changement, conçu, engagea, appliqua cette politique». «La rigueur, c’était la condition pour poursuivre la réforme, le changement», a lancé François Hollande. Il a souligné que «peu d’hommes, même éminents, peuvent s’enorgueillir d’avoir fait l’Histoire de leur pays. Pierre Mauroy est incontestablement de ceux-là».

Autour de Gilberte Mauroy, l’épouse de l’ancien dirigeant socialiste, de nombreuses personnalités de gauche comme de droite, à commencer par les anciens Premiers ministres Michel Rocard, Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin et Edith Cresson, étaient réunies dans la cour des Invalides.

Tous les membres du gouvernement étaient également présents, de même que la maire de Lille, Martine Aubry, et son père Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne et ministre des Finances de Pierre Mauroy. Plusieurs anciens ministres de Mitterrand, comme Jack Lang, Robert Badinter ou Michel Charasse, étaient aussi présents, ainsi que les présidents de l’UMP, Jean-François Copé, de l’UDI, Jean-Louis Borloo, du MoDem, François Bayrou.

Après la cérémonie nationale, un hommage des socialistes doit avoir lieu au siège du parti, rue de Solférino. Autour de sa veuve Gilberte Mauroy et des anciens ministres des cabinets Mauroy, Lionel Jospin, Martine Aubry ou encore Harlem Désir doivent s’exprimer pour saluer la mémoire de celui qui fut aussi premier secrétaire (1988-92).

La dépouille retournera ensuite à Lille, pour que ses anciens administrés puissent venir se recueillir à l’Hôtel de ville. Le corps y sera visible par le public de mardi soir à mercredi soir. Les funérailles seront célébrées jeudi après-midi à la cathédrales Notre-Dame de La Treille par l’archevêque de Lille, Mgr Laurent Ulrich. Pierre Mauroy devrait être inhumé au cimetière de l’Est, dans la ville dont il fut maire de 1973 à 2001.

INTERVENTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CEREMONIE D'HOMMAGE NATIONAL A PIERRE MAUROY

Hôtel National des Invalides – Mardi 11 juin 2013

Mesdames, Messieurs, Madame, chère Gilberte MAUROY,

Peu d’hommes, même éminents, peuvent s’enorgueillir d’avoir fait l’histoire de leur pays. Pierre MAUROY est incontestablement de ceux-là. Non par la durée de son gouvernement – un peu plus de trois ans – mais par les circonstances dans lesquelles il eût à agir et par les choix qu’il eût à faire.

Pierre MAUROY fut en effet le « premier Premier ministre » de l’alternance sous la Vème République après l’élection de François MITTERRAND, le 10 mai 1981. Il forma, en juin 1981, un Gouvernement de l’Union de la Gauche. C’était une formule inédite depuis 1947.

A la tête du pays, il engagea de grandes réformes qui demeurent, encore aujourd’hui, comme autant d’acquis, de la décentralisation à l’abolition de la peine de mort, de la 5ème semaine de congés payés à l’instauration de l’impôt sur les grandes fortunes. Il accorda le droit de partir à la retraite à 60 ans à ceux qui n’avaient plus le temps d’attendre, tant la vie les avait usés.

Ce destin exceptionnel, rien ne le disposait à l’accomplir mais tout le conduisait à en rêver.

Pierre MAUROY était un enfant du peuple. Aîné de sept enfants, il avait grandi dans un village de mineurs. Le centre de sa vie, c’était l’école de la commune, l’école de la République où son père était instituteur. Pour lui, aimer le peuple, ce n’était pas le flatter et encore moins l'abuser. Aimer le peuple, c'était le respecter. C'était le servir.

Il s’y était préparé à sa façon.

Sa formation, ce fût l’Ecole Nationale d’Apprentissage, « son ENA à lui ». Son apprentissage, ce fût le syndicalisme, pour défendre les engagements des professeurs du technique. Sa culture, ce fût le socialisme. Il en avait embrassé très tôt la cause.

Le socialisme, il en épousera tous les rôles. Jeune cadre de la SFIO, il fonda avec François MITTERRAND le Parti d’Epinay en 1971. Il fut le Premier secrétaire en 1988, puis – consécration suprême à ses yeux – il succéda à Willy BRANDT en 1992, à la présidence de l’Internationale Socialiste. Jusqu’à la fin de la vie, jusqu’à son dernier souffle, il anima la fondation Jean JAURES, pour bien marquer la continuité de son engagement.

Sa terre, c’était le Nord, c’était Lille.

Devenu maire en 1973, il modernisa sa ville, la transforma, la tourna vers l’Europe. Lille dont il fit, avec la Communauté urbaine, une grande métropole économique et culturelle. Lille, c’était sa fierté, son refuge, sa ressource. Lille, c’était sa capitale. La capitale des Flandres. La capitale de son coeur.

Mais si nous sommes rassemblés aujourd’hui, ici dans ce lieu, ce n’est pas simplement parce que Pierre MAUROY fut un enfant du peuple, un socialiste, un élu local d’une dimension exceptionnelle. Non ! Si nous sommes réunis, c’est parce que Pierre MAUROY est entré dans l’histoire. Pour avoir été l’artisan de grandes conquêtes sociales et de libertés nouvelles.

Sûrement. Rien que pour cela, il a sa place.

Mais il a surtout fait des choix, des choix essentiels dont nous sommes les uns et les autres – quelle que soit notre place dans la vie politique – les héritiers.

Le choix du réformisme, d’abord. Pour Pierre MAUROY, réformer ce n’était pas renoncer. C’était réussir. Réformer, c’était se défaire de l’illusion des mots pour passer à la vérité des actes. Réformer, ce n’était pas céder à la réalité, c’était la saisir à la gorge pour la transformer. Pour Pierre MAUROY, réformer c’était inscrire la gauche dans la durée.

Et pour y parvenir, il lui fallut faire face. Faire face aux espoirs et aux attentes sans limites, après vingt-trois ans dans l’attente de l’alternance. Faire face aussi aux difficultés, aux défis du monde, d’un monde nouveau qui commençait à émerger. Faire face aux impatiences et aux colères.

Il lui fallut assumer. Et Pierre MAUROY assuma le sérieux budgétaire, le blocage des prix et des salaires, les restructurations industrielles. Des décisions qui lui coûtèrent, surtout quand lui, l’homme du Nord-Pas-de-Calais, il lui fallut fermer le dernier puits de mines, lui qui entreprit de moderniser les laminoirs de Lorraine. Oui, cela lui coûtait, mais il sut prendre ces décisions parce qu’il les savait non pas inévitables, mais nécessaires pour reconvertir, redresser et repartir.

Il avait surtout compris que le destin de la France passait par l'Europe. Que faire "cavalier seul" pouvait finir en une cavalcade sans lendemain. Qu'il fallait donc faire la France en construisant l'Europe.

Tout était lié. Par facilité ou commodité de langage, on désigna cette orientation d’un même mot : « la rigueur ». Et le même homme, Pierre MAUROY, qui avait été choisi par François MITTERRAND pour incarner la volonté de changement, conçut, engagea, appliqua cette politique. Il n’y voyait pas de contradiction. Il n’y en avait d’ailleurs pas. La rigueur, c’était la condition pour poursuivre la réforme, le changement.

Le rôle historique de Pierre MAUROY se révéla dans ces semaines décisives du printemps 1983, lorsque se jouèrent le sort de la France et l'avenir de l'Europe. Il sut convaincre François MITTERRAND, avec le concours de Jacques DELORS, pour rester dans le système monétaire européen et, ainsi, préparer la création de l’euro.

La vie de Pierre MAUROY est une belle leçon politique pour l’ensemble des Français. Elle nous montre que l'on peut avoir le sens des responsabilités et conserver son idéal. Que l'on peut servir l'intérêt supérieur de l’Etat et garder ses valeurs. Que l’on peut concilier la justice sociale et l’ambition économique. Que l'on peut porter la modernité et préserver son authenticité. Que l'on peut défendre les classes populaires et travailler pour tous les Français.

Que l'on peut être fidèle à sa tradition et préparer l’avenir. Que l’on peut faire de grandes réformes et faire preuve de réalisme. Que l'on peut se révéler homme d'Etat et demeurer homme du peuple. Que l'on peut être patriote et Européen. Que l’on peut exercer les plus hautes fonctions et rester un « militant ».

Pierre MAUROY avait cette formule citant KIPLING. Il disait : « Dans ce monde, il y a ceux qui restent chez eux et puis il y a les militants ». Il se méfiait des idéologies, mais il croyait aux idées, à celles qui entraînent, à celles qui mobilisent, à celles qui élèvent. Et notamment à l’éducation populaire qui le conduisit à créer, jeune homme, une institution qui demeure aujourd’hui : la Fondation Léo LAGRANGE.

Pierre MAUROY, c’était une stature imposante, une voix chaude avec des phrases longues, des intonations tumultueuses. Pierre MAUROY, c’était un visage bienveillant, solide, ferme. Mais Pierre MAUROY, c’était aussi un homme d’une grande finesse.

Finesse d’esprit, avec une intelligence des gens et des situations. Il voyait tout et parfois ne disait rien ou il le gardait pour lui et le confiait plus tard. Sans acrimonie, car Pierre MAUROY n’avait pas besoin d’être méchant pour être craint. Finesse politique pour parvenir habilement – quelques fois dans des circonstances laborieuses – à ses fins.

Oui, Pierre MAUROY avait de l’élégance, de la subtilité. Ses mains, longues, interminables, blanches qui, telles deux oiseaux, accompagnaient ses discours, étaient par elles-mêmes aussi le reflet de sa personnalité. Sa force et sa finesse : c’est cet alliage qui lui donnait la « sérénité du couvreur sur le toit » pour reprendre une belle formule de Léon BLUM pour qualifier les bâtisseurs.

Pierre MAUROY aimait les gens et les gens l’aimaient. Il avait cette qualité rare de prendre du temps, y compris avec les humbles. Il savait raconter les histoires, émouvoir par les mots, donner ses impressions. Il avait le sens de la camaraderie comme d’autres ont le sens de la chevalerie. Il n’était pas familier, mais il était chaleureux.

Mesdames, Messieurs, Madame,

Rendre hommage à Pierre MAUROY, c’est faire l’éloge du courage en politique, de la constance et de la fidélité. Fidélité à ses origines, fidélité aux ouvriers, fidélité à son parti, fidélité à ses amis, à ses idées, à sa ville, à son pays, fidélité à l’Europe. Oui, fidélité à ce qui fait le sens d’une vie, l’accomplissement d’un destin, la contribution à l’Histoire.

En ce moment où tout s’achève, je repense à l’ultime ligne du dernier livre que Pierre MAUROY publia. Il écrivait : « Les hommes passent avec le reste. Mais les justes causes, elles, ne meurent jamais ».

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lundi 10 juin 2013

Kabilapocalypse: Bob kazadi Kabamba, le garçon de course de "Big Loulou" à la manoeuvre mafieuse !

Après Malu Malu à la CENI pour un troisième hold-up électoral, sans doute Modeste Mutinga Mutuishayi à la CSAC pour museler les journalistes, bâillonner des médias et des opposants ? Les fossoyeurs de la République sont de retour ! Des requins occultistes et obscurantistes, fourbes, roublards se liguent pour rafistoler la tricherie électorale, la fraude électorale, le tripatouillage qui se profil à l'horizon pour maintenir coûte que coûte Joseph Kabila malgré son illégitimité à la tête de la République démocratique du Congo. Voler le vote du peuple congolais, avec mépris sans gène tel est l'un des objectifs des mafieux lobbyistes qui n'ont rien aucun respect de la souveraineté du Grand Congo. Nous apprenons qu'un groupe d'universitaires européens principalement belges et français participent à un think tank à la solde de Joseph Kabila afin de réfléchir sur les pistes de prolongation de son mandat soit à travers une modification de la constitution ou encore en se basant sur l'exemple du tandem Poutine - Medvedev. Parmi ces universitaires, la présence du professeur belgo-congolais, Bob Kazadi Kabamba, connu pour être le garçon de course de Louis Michel et professeur à l'université de Liège, est confirmée. Farfelu, fourbe, bluffeur et pyromane, Bob Kazadi Kabamba n'a pas bonne réputation dans la Communauté congolaise.

Garçon de course de Louis Michel "Big Loulou, Bob Kazadi Kabamba le congolo-belge n'a pas bonne réputation. Photo Réveil FM, archives

En Belgique, par connivence, Bob Kazadi Kabamba a été fait spécialiste de la politique congolaise par des mafieux lobbyistes mafieux. Les ambitions ambiguës du calculard et combinard, les appétits gargantuesques et pantagruéliques à l'égard du Congo de Bob Kazadi Kabamba sont connu de tous. Bob Kazadi Kabamba et Evariste Boshab sont les deux Belges d'origine congolaise qui comme observateurs et figurants ont assisté sans broncher à la rédaction la "Constitution de Liège" qui régit la République démocratique, tripatouillée par Joseph Kanambe pour se faire réélire au premier tour lors de l'élection présidentielle du 28 novembre dernier.

Homme de main de Louis Michel "Big Loulou", Bob Kazadi Kabamba est un calculard et combinard. Ses appétits gargantuesques et pantagruéliques pour ramener le Congo dans le giron du pays colonisateur, la Belgique, sont patentes. Le matamore s'auréole d'avoir bidouillé avec d'autres de ses compatriotes belges, la Constitution de la fameuse Troisième République du Congo: la Constitution de Liège.

Ses pèlerinages en République Démocratique du Congo pour influer sur un mariage contrarié entre la Belgique-la RDC ont été souvent réalisé sous les rodomontades et sa couardise. Petit esprit, margoulin de grand chemin, Bob Kazadi Kabamba préfère l'ombre à la lumière.

Alors que le Congo est déjà au-bas fond, il contribue à l'enfoncer davantage pour ses commissions.

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Souvenirs: Avec Bartabas, c'est trot dansant et pluie de sable au Teatro Municipal de Santiago

Alors que je ne connais rien en cheval, par curiosité je m'étais inscrit pour la spectacle de Bartabas à Santiago au Chili. L’idée que ce célèbre dresseur équestre français puisse mettre en scène ses chevaux dans des pièces de théâtre me faisait un peu rêver. Le voir à 12 000 kilomètres de Paris, à l’occasion du Festival Santiago a Mil qui s’est déroulé dans la capitale chilienne en cette fin janvier 2013. A l’intérieur du bâtiment, très joli soit dit en passant, le beau monde arrive. Ça parle beaucoup français, évidemment. Assisteront à la représentation le président de l’Uruguay, l’écrivaine chilienne Isabel Allende, ainsi que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Au Chili à l’occasion du sommet UE-Celac réunissant tous les chefs d’Etat d’Europe et d’Amérique latine, après 15 heures de vol, Jean-Marc Ayrault en a profiter pour venir honorer l’art équestre français.

Santiago de Chili, janvier 2013, Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et Bartabas, célèbre dresseur équestre français. Photo Réveil FM

Le spectacle commence enfin, la salle plongée dans le noir le plus profond. Dans un éclair éblouissant, un grand rideau blanc s’éclaire et une voix entame le récit de l’histoire du « Centaure et l’animal. » Le silence dans la salle est complet, mis à part une spectatrice probablement allergique aux poils de chevaux qui ne s’est arrêté d’éternuer. On avait dit pas de bruit, bon sang ! ça déconcentre les chevaux ! Évidemment, on a aussi eu droit à l’andouille qui n’a pas pu s’empêcher de prendre une photo avec son gros flash professionnel du haut d’une loge. Peut-être qu’il n’a pas compris les consignes prononcées en espagnol au début du spectacle. Ni celles en anglais, d’ailleurs.

Le danseur japonais Ko Murobushi

Bartabas sur scène

Le spectacle a démarré et j’ai d’abord éprouvé une certaine frustration. Pendant les premières vingt minutes, j’ai eu l’impression de passer à côté de la pièce, de ne pas saisir quelque chose de fondamental à la compréhension de l’histoire. Une vraie déception pour un néophyte. Puis le déclic s’est fait, et ce devint un réel plaisir de regarder ces chevaux évoluer face au danseur japonais Ko Murobushi, dont le talent a donné un réel sens à la pièce, selon mon humble opinion.

« Le Centaure et l’animal » raconte l’animalité et la relation entre l’homme et l’animal, à travers leurs soumissions respectives l’un à l’autre.

Le premier cheval entrant en scène a la robe noire, représentant le cheval à l’état sauvage. Murobushi, tordant son corps peint en argenté dans tous les sens, transmet de manière magistrale l’idée d’un retour à l’état primitif, l’idée d’un corps venant à la vie.

Les jeux de lumière, de miroirs, les sons du piano et les enregistrement de chevaux apeurés et essoufflés donnent au spectacle un aspect extrêmement angoissant et presque surnaturel.

Alors que la rencontre en l’homme et l’animal se poursuit avec les chevaux blancs, une pluie de sable s’abat sur le danseur, qui semble se laver le corps de toute impureté et prendre des forces, s’élevant face à l’animal qui finit par l’accepter.

Le moment le plus beau reste pour moi la chasse entre Murobushi et le cheval blanc dans une chorégraphie accélérant de plus en plus au rythme de la musique. Plus le danseur tente de s’approcher, plus l’animal recule, dans des mouvements finement étudiés, qui prennent la forme d’une danse infernale.

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Suisse: Pas de panique, campagne d'Amnesty International contre un nouveau durcissement de la loi sur l'asile

La Suisse envahit par les demandeurs d'asile ?

«Pas de panique!» Avec cette campagne, la Section suisse d'Amnesty International avait appellé la population à voter NON, le 9 juin, contre une nouvelle réduction des droits des réfugiés. Au mythe d'une Suisse «envahie par une vague de réfugiés», Amnesty oppose une vidéo humoristique. La vidéo relève la contradiction entre slogans populistes et faits reconnus, dans le but de gagner le public à la cause d'une politique d'asile juste et humaine.

L'argumentation populiste des politiciens est toujours la même: «Pour que les réfugiés n'accaparent pas toute la Suisse, il faut durcir la législation.» Mais cette argumentation est erronée à deux titres. D'abord, les requérants d'asile ne représentent que 0,5 pour cent de la population résidante, soit une portion minime. Ensuite, une telle «politique de dissuasion» n'atteint pas le but visé. De toute évidence, les requérants ne sont pas moins nombreux des suites de cette politique.

«Les durcissements constants de la Loi sur l'asile ne résolvent aucun problème. La dissuasion et les restrictions n'empêchent pas les gens de fuir. Au contraire, elles mettent les réfugiés dans la précarité et rendent leur intégration difficile», a déclaré Magdalena Urrejola, responsable de campagne à la Section suisse d'Amnesty International.

L'objectif de la Loi suisse sur l'asile est de fournir une protection aux personnes persécutées dans le sens de la Convention relative au statut des réfugiés. A chaque durcissement de la Loi sur l'asile, cet objectif devient plus difficile à réaliser. Amnesty International exige donc un changement de paradigme et la mise en place d'une politique d'asile juste et humaine. Des procédures courtes avec une assistance juridique professionnelle pour les requérants d'asile, des conditions de logement dignes avec un encadrement professionnel, des aides au retour et l'abandon dans une large mesure des renvois forcés en constituent les points essentiels.

Contexte

En 2012, plus de 42 millions de personnes ont fui la guerre et des situations de persécution dans le monde. En Suisse, il y avait 44'863 demandeurs d'asile au total. Cela représente 0,5 pour cent de la population résidente. Toute personne qui doit quitter son pays en raison de persécutions qu'elle subit a droit à une protection. Le droit des réfugiés s'applique dans le monde entier et ne peut être remis en question.

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Les suisses durcissent leur droit d'asile

Les Suisses ont voté massivement dimanche 9 juin en faveur du durcissement de la loi sur l'asile, entrée en vigueur à l'automne dernier et contestée par la gauche et les Eglises. Ces mesures ont été approuvées par 79% des Suisses, selon une compilation des résultats des cantons du pays, établie par les médias suisses lors de ce dimanche de votations, l'un des quatre dans l'année où les Suisses se rendent aux urnes, conformément à leur système politique de démocratie directe, pour voter sur des sujets d'ordre fédéral, cantonal ou communal.

Les Suisses se sont largement prononcés en faveur du durcissement de la loi sur l'asile.

Le référendum sur la révision de la loi sur l'asile avait été demandé par un comité réunissant les opposants à la loi, et appelé "Stop exclusion".

Satisfaction à droite, déception à gauche

Dès l'annonce des résultats, le comité a dénoncé ce "résultat alarmant pour la défense des droits fondamentaux" et regrette "les conséquences néfastes et dans certains cas funestes, qu'il aura pour les demandeurs d'asile et les réfugiés". "Tant qu'il y aura des conflits et des crises, et que la Suisse sera l'un des pays les plus sûrs et les plus riches au monde, nous aurons à parler d'asile", a encore averti "Stop exclusion", qui n'entend pas baisser les bras.

De son côté, la députée PDC (centre), Anne Seydoux-Christie, a indiqué que ce résultat illustre "un affaiblissement de notre tradition humanitaire, et montre un manque de solidarité envers ce qui se passe dans des pays en crise". Pour sa part, Céline Amaudruz, députée UDC (droite populiste), a salué le résultat du référendum, assurant que 9 personnes sur 10 demandant l'asile en Suisse, le font pour "des raisons économiques". Pour Isabelle Moret, députée PLR (Parti Libéral), qui a soutenu le renforcement des mesures, les requérants d'asile qui viennent en Suisse pour des motifs économiques et non politiques, auront ainsi un "signal clair". Ils sauront qu'ils ne peuvent plus "venir pendant une période de 4 ans en Suisse", la durée moyenne actuelle pour l'examen d'un dossier, et être pris en charge pendant cette période, avant d'être renvoyés.

La députée socialiste Cesla Amarelle, qui a mené le combat contre ces mesures, s'est déclarée surprise. "L'ampleur du 'oui' à ces mesures est impressionnante, on s'attendait à perdre", mais pas avec un tel score, a déclaré la députée.

Ce que prévoit la loi sur l'asile

Parmi les principales dispositions de la révision, figure la suppression de la désertion comme motif pour demander l'asile, une disposition qui concerne essentiellement les Erythréens. En outre, il n'est plus possible de demander l'asile dans une ambassade suisse à l'étranger. La Suisse était le seul pays en Europe à offrir cette possibilité aux requérants d'asile.

D'autre part, la révision de la loi limite le regroupement familial des demandeurs d'asile, qui est désormais limité au conjoint et aux enfants. Des centres pour requérants "récalcitrants", qui ne respectent pas l'ordre public suisse, vont également être mis en place.

La révision de la loi avait pour but de raccourcir le délai de traitement des dossiers à quelques mois, au lieu de quelques années actuellement, en raison de la multitude des recours possibles.

La Suisse, terre d'accueil des réfugiés

Actuellement, quelque 48.000 personnes sont dans la procédure d'asile en Suisse. Ce nombre tient compte des 28.631 nouveaux arrivants en 2012, un chiffre record depuis 1999. Seuls 11,7% des requérants ont décroché l'asile en 2012, après des années d'attente.

La Suisse accueille aujourd'hui proportionnellement 4 à 5 fois plus de réfugiés que la France, l'Allemagne ou l'Italie. En 2012, les requérants d'asile en Suisse provenaient principalement d'Erythrée, du Nigeria, de Tunisie, de Serbie et d'Afghanistan.

Pour le député UDC Guy Parmelin, les débats en Suisse ont été marqués ces derniers mois par les questions liées aux requérants d'asile délinquants, et aux requérants "économiques", et expliquent le résultat du référendum.

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Souvenirs: Deuxième conférence de presse de Hollande à l'Elysée, Le Mouv' interpelle le Président !

Le changement c'est pour quand ? La jeunesse s'impatiente Monsieur le Président ! C'est le sens de la question que la rédaction du Mouv' a pu poser, à François Hollande, Président de la République lors de sa grande conférence de presse à l’Élysée, le 16 mai dernier.

Le Mouv est une station de radio française ciblant le public « jeune » créée le 17 juin 1997, elle appartient au service public au sein de Radio France.

Deuxième conférence de presse à l'Elysée pour François Hollande. Un rendez-vous solennel, traditionnel sous la Cinquième République. 400 journalistes étaient accrédités pour assister à cet exercice d'auto-justification et d'explication des réformes. Pas d'annonces fracassantes pendant les deux heures et demie de conférence et de questions-réponses. Pas de remaniement en vue, un volontarisme affiché pour sortir l'Europe de sa "langueur", le droit de vote des étrangers reporté après les municipales de 2014, une réforme des retraites en chantier et surtout pas de changement de cap : allier sérieux budgétaire et croissance. C'est la ligne du gouvernement. Mais avant tout, François Hollande avait un message à faire passer devant la presse réunie dans son palais : il est à l'offensive ! Offensif façe à la courbe du chômage qui crève le plafond. Le président a réitéré son intention de l'inverser d'ici la fin de l'année.

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samedi 8 juin 2013

Pillage du groupe Bolloré en Afrique: Après le bras de fer, des collectifs africains optent pour le dialogue sans renier leurs revendications !

Le mercredi 5 juin 2013, avant le début de l’assemblée générale de son groupe, Vincent Bolloré est venu chercher lui-même la lettre de revendication, et il s’est vu remettre en main propre un message d’alerte signé par plusieurs collectifs africains, rassemblant les riverains des plantations détenues par Bolloré dans quatre pays : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Liberia et le Sierra Leone.

Le Congolais Lucien D'zata avec son Vuvuzéla devant le siège du groupe Bolloré.

Vincent Bolloré recevant la lettre de revendication des collectifs africains.

Dans quatre pays d'Afrique, les riverains des plantations contrôlées par le groupe Bolloré ont organisé des actions simultanées ce mercredi 5 juin 2013, jour de l'AG de ses actionnaires. A Paris, des ressortissants des pays concernés ont porté les revendications aux dirigeants du groupe. Le même jour, les villageois libériens occupent les terrains de la plantation SRC, des paysans et chefs traditionnels camerounais se rassemblent devant le siège de la Socapalm à Douala...Disons qu' en parallèle, des actions symboliques ont été menées autour des plantations dans les trois premiers pays.

A Paris, une réunion de travail s'était tenue dans l'après-midi avec les représentants des collectifs, et qu'un « plan d'action » avait été élaboré.

Paris, mercredi 5 juin, réunion de travail et dialogue entre les représentant de Bolloré et les militants des collectifs africains.

Les militants, coordonnés par l’association ReAct, qui soutient les populations en butte aux activités des multinationales, sont porteurs de revendications et d’accusations anciennes, que le groupe Bolloré connaît bien.

Leur lettre dénonce les conditions de vie et de travail, au sein ou à proximité des immenses plantations d’hévéas et de palmiers à huile que détient le groupe, en général minoritaire dans les sociétés les exploitant.

« L'impact du groupe que vous contrôlez sur nos vies est immense et pourtant, nous n'avons jamais eu de relations directes avec ses représentants », soulignent les collectifs, qui dénoncent « les pratiques dominantes » des entreprises contrôlées par Vincent Bolloré.

Le texte vise cinq plantations de palmiers à huile au Cameroun, une au Nigeria, une plantation d’hévéas et de palmiers en Côte d’Ivoire, et deux autres au Liberia. Au cœur de leurs doléances, l’« accaparement aveugle des terres ne laissant aux riverains aucun espace vital », même pas pour développer des cultures vivrières, la « faiblesse des compensations accordées aux populations riveraines », la « réduction forte des services et des contributions au développement social des villages », contrairement aux bonnes intentions affichées et parfois aux conventions signées, et enfin le « mauvais traitement des populations par des escouades de gendarmes commandités ou employés de sociétés de gardiennage privées ».

Les plantations de Bolloré en Afrique

Vincet Bolloré et les militants, le 5 juin devant le siège de son groupe© ReAct Voilà pour « quelques exemples d'une longue liste de problèmes, source de conflits récurrents ». L’association ReAct n’hésite pas à parler de « “Germinal” sous les tropiques ».

Dans les quatre pays, les collectifs, qui revendiquent d’être reconnus comme des interlocuteurs valables localement, réclament que les plantations ne s’étendent plus sur « l’espace vital des villages riverains » et même des rétrocessions de terres, mais aussi le financement par les entreprises de services sociaux pour les habitants, et « l’appui au développement de plantations villageoises ». « Cette première action internationale n’est que le début.

Nous sommes déterminés à faire respecter nos droits et M. Bolloré devra finir par l’entendre. (…) Nous demandons maintenant que soit organisée une négociation transnationale, avec des représentants des de riverains de tous les pays concernés », a indiqué dans un communiqué Emmanuel Elong, le porte-parole du collectif camerounais.

Les plantations de Bolloré en Afrique© ReAct Les griefs des activistes visent principalement les plantations appartenant à la société luxembourgeoise Socfin, dont le groupe Bolloré est actionnaire à hauteur de 38,7 %, selon les chiffres officiels du groupe. Socfin est l’un des premiers planteurs indépendants du monde, avec environ 150 000 hectares de plantations, principalement de palmiers à huile et d'hévéas, en Afrique et en Asie. Les surfaces plantées de ses plantations seraient passées de 87 303 à 99 683 hectares en 2 ans, selon les militants. Au Cameroun, Bolloré contrôle aussi directement 8 400 hectares de plantations, via la Safacam (contre 31 000 gérés par Socfin).

Même s’il en parle sur son site, le groupe explique généralement qu’il n’est qu’un actionnaire minoritaire de Socfin. C’est vrai, mais comme l’a raconté Mediapart dans son enquête sur la face cachée du groupe, Vincent Bolloré demeure très actif dans les choix stratégiques concernant l’entreprise.

Il est présent au conseil d’administration de Socfin (qui s’appelait Socfinal jusqu’en 2011), aux côtés d’un autre représentant de son groupe. Le président est Hubert Fabri, à la tête de la société belge du même nom. Il connaît bien Bolloré, avec qui il s’est partagé les restes (considérables) de l’ex-groupe colonial Rivaud, dont l’homme d’affaires a pris le contrôle en septembre 1996.

Selon son dernier rapport annuel, Socfin se porte plus que bien : 637,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 659,3 millions l’année précédente, et 249 millions d’euros de résultat opérationnel. Soit une marge de 39 %, un chiffre colossal que seules quelques marques de luxe peuvent oser concurrencer.

Des journalistes attaqués en justice

Le symbole des plantations aux pratiques décriées est bien connu du groupe : il s’agit de la Socapalm, au Cameroun. Constituée par l’État camerounais à partir des années 1960, cette gigantesque exploitation de plus de 25 000 hectares de palmiers et d’hévéas a été privatisée en 2000, sous l’impulsion du FMI, appelé au chevet d’un pays exsangue « économiquement ».

Socfin en est aujourd’hui l’unique propriétaire. Lors de la privatisation, la convention de cession décrivait les devoirs de la société vis-à-vis des populations riveraines, avec notamment une responsabilité sociale, éducative et sanitaire. Ces textes n’ont pas été respectés, selon le collectif camerounais.

« L’arrivée et le développement de la plantation ont entraîné le défrichage d’hectares de forêt jusqu’alors utilisée par les populations locales pour les activités de chasse et de collecte, détaille-t-il. Des terres arables ont également été réquisitionnées pour la monoculture, privant les populations de terres utiles pour cultiver. » La perte de ces terres « n’a jamais fait l’objet de compensation de manière satisfaisante, malgré les multiples promesses qui ont été faites pendant 40 ans » (le problème existait donc déjà lorsque la plantation était publique).

Par ailleurs, les produits chimiques utilisés dans la monoculture, et les rejets d’une usine polluent les cours d’eau avoisinants. Dans la plantation, les conditions de vie et de travail sont très mauvaises.

On ne découvre pas aujourd’hui les conditions de travail très dures à la Socapalm, ni les revendications des populations locales. Elles ont déjà été décrites par des journalistes s’intéressant à l’empire camerounais de Bolloré, par exemple France Inter en mars 2009 et Le Monde diplomatique en juin de la même année. À cette occasion, le site du journal avait diffusé le travail d’une photo-reporter, Isabelle Alexandra Ricq, qui avait passé de longs moments avec les travailleurs de la plantation.

Bolloré avait porté plaint

e contre le travail de la photographe, avant de se désister, à l’été 2010. Auparavant, il avait fait condamner le journaliste de France Inter, Benoît Collombat, en mai 2010. Pour « l’exemple », assurait à l’époque son communicant Michel Calzaroni. Rue89 avait suivi de près le procès, où avait notamment témoigné Martine Orange de Mediapart, sur l’organisation financière de Socfin.

Collombat avait été condamné pour un passage jugé diffamatoire concernant l’exploitation du chemin de fer camerounais, mais pas pour son enquête sur la Socapalm.

Quelques mois après ce procès, quatre associations, dont la française Sherpa et deux camerounaises, avaient à leur tour livré le résultat d’une longue enquête autour de la plantation. Elles démontraient que les bénéfices de l’exploitation de l’huile de palme sont rapatriés vers des holdings luxembourgeoises, afin de payer moins d’impôts sur les sociétés, et que les autochtones, notamment les populations pygmées « bagyéli », bénéficiaient très peu de la présence de cette formidable machine à cash.

Les associations avaient porté plainte auprès d'un pôle de l'OCDE.

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Un hommage aux Invalides pour Pierre Mauroy

Pierre Mauroy

La mort de Pierre Mauroy, à 84 ans, hier vendredi matin, a provoqué une vive émotion dans la classe politique, où les messages de condoléances et de respect sont parvenus de tous bords.

Un hommage mardi aux Invalides. Martine Aubry, qui a succédé à l'ancien Premier ministre socialiste à la mairie de Lille (Nord) en 2001, a annoncé hier vendredi que François Hollande et Jean-Marc Ayrault lui rendront un hommage «aux Invalides en début de semaine» prochaine.

La cérémonie, avec honneurs militaires, revue des troupes et éloge funèbre, aura lieu mardi à 10 heures, confirme l'Elysée.

Une cérémonie populaire à Lille. «Comme il l'aurait souhaité, dès la fin de la cérémonie aux Invalides, son corps reviendra ici (NDLR : à Lille). Le cercueil sera présenté ici, dans la ville de Lille, pour que les Lillois puissent lui rendre un dernier hommage et nous lui rendrons un hommage républicain en milieu de semaine, juste avant les obsèques, qui auront certainement lieu à la cathédrale», a détaillé Martine Aubry.

«Profondément bouleversée», Martine Aubry a évoqué «un maire d'exception pendant 28 ans», «un géant». «Homme politique hors norme dont l'action a tant marqué l'histoire de notre République, il a modernisé, depuis Matignon, la France et la société en engageant le pays dans une nouvelle ère de progrès social.»

François Hollande salue «un homme de fidélité». En visite au japon, François Hollande a salué un homme «qui a servi la France dans des moments exceptionnels. Il prit des mesures courageuses qu'on a appelées la rigueur, il a servi son pays sans jamais occulter ses valeurs fondamentales. Pierre Mauroy ne trompait pas, il ne mentait pas, il allait jusqu'au bout de ses convictions en prenant la réalité telle qu'elle était. C'était un homme de fidélité, fidélité à ses origines ouvrières, à sa région, à une cause, le socialisme, et à l'unité de la gauche»

Pour Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, Pierre Mauroy était de «quelqu'un de profondément humain, qui aimait la France et les Français.»

LA GAUCHE BOULEVERSÉE :

Jacques Delors, son ami (et père de Martine Aubry), qui a ressenti au moment de cette funeste annonce «une énorme et grande tristesse», a salué sur BFMTV « un grand Premier ministre, ce n'est pas aisé sous la Ve République. Il a contribué à ce qu'en 1983 nous restions en Europe qui ont permis ensuite d'autres progrès.»

Toujours sur BFMTV, Edith Cresson, elle aussi ancienne Premier ministre socialiste, a expliqué garder de lui «un souvenir vraiment extraordinaire. C'était un homme calme, avec beaucoup de simplicité mais en même temps une véritable vision.» Harlem Désir, premier secrétaire du PS, a loué cette «immense figure du socialisme français et international», «son combat inlassable pour la justice sociale.»

Lionel Jospin a salué vendredi sur France 2 «l'authenticité» de Pierre Mauroy. L'ancien Premier ministre «a laissé une belle trace, et ce qu'il avait envie d'être, ce qu'il avait envie de servir, ce qu'il avait envie de faire, il l'a accompli», a souligné Lionel Jospin. Il a été, a-t-il dit, «un reconstructeur du PS au côté de François Mitterrand» dont il «était l'indispensable second». «Il a été le grand élu d'une région dont il a partagé les souffrances et les restructurations, il a redonné de l'éclat à Lille, et il a été le dirigeant d'un parti qu'il aimait tant», a-t-il souligné. Il a également estimé que le choix de l'Europe, «c'est le choix déterminant fait par Pierre Mauroy en 1981. Si nous ne l'avions pas fait, tout aurait dérivé».

Au gouvernement, les messages ont afflué très vite sur Twitter. Cécile Duflot (Logement) a posté une citation de Pierre Mauroy, Michèle Delaunay (Personnes âgées) a évoqué «sa personnalité à la fois éminente et attachante.» Frédéric Cuvillier (Transports) a salué «un homme qui a porté haut la voix des ouvriers du Nord.» Marie-Arlette Carlotti (personnes handicapées) a été la première à réagir en évoquant la «disparition d'une grande figure de la gauche et d un homme fraternel.» Pour Laurent Fabius (Quai d'Orsay), qui a annoncé sa mort à la presse, c'est «un pilier du socialisme démocratique qui s'en va. Il avait la gauche chevillée au cœur.» Quant à Stéphane Le Foll (Agriculture), «un grand responsable socialiste nous quitte.»

Dans l'hémicycle, Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, a expliqué être «très fier d'avoir toujours eu autant d'admiration pour lui.» Pour Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, «la gauche perd aujourd’hui une de ses grandes figures, et la République, un serviteur.» Quant à Ségolène Royal, elle a rappelé qu'«on lui doit les grandes lois de décentralisation.»

Jean-Luc Mélenchon, le leader du Parti de Gauche, rend un hommage à Pierre Mauroy qui étrille François Hollande au passage. Jean-Luc Mélenchon salue l'homme qui instaura la retraite à 60 ans, en critiquant le projet de réforme de François Hollande dans ce domaine. «Pierre #Mauroy ne s'oublie pas. Ce que défait #Hollande porte son nom. #Retraiteà 60ans», a écrit sur son compte Twitter Jean-Luc Mélenchon.

LA DROITE SALUE L'HOMME :

De l'autre côté de l'échiquier politique, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin, a rendu «hommage à une figure du socialisme populaire.» La députée UMP des Yvelines Valérie Pécresse a évoqué un «homme de convictions et d'engagement qui impressionnait par la force de sa personnalité.» Alain Juppé gardera «le souvenir d'un grand serviteur de la France.» Pour Bernard Accoyer, il a «su défendre les intérêts de la France.» Et Jean-Louis Borloo a estimé que «les gens du Nord sont un peu orphelins aujourd'hui.»

MÊME L'EXTRÊME DROITE S'INCLINE :

Même à l'extrême droite, on salue la mémoire de Pierre Mauroy. «Au-delà de nos divergences politiques, toutes mes condoléances aux proches de l'ancien premier ministre et homme du Nord», a réagi Florian Philippot, vice-président du FN sur Twitter.

Quand Mauroy rappelait à Jospin qu'«ouvrier» n'est pas «un gros mot»

Figure tutélaire du PS, Pierre Mauroy avait secoué Lionel Jospin en 2002 en rappelant ses fondamentaux au Premier ministre en campagne présidentielle contre Jacques Chirac.

«Il faut utiliser les mots de travailleurs, d'ouvriers ou d'employés : ce ne sont pas des gros mots ! La classe ouvrière existe toujours. Pour le premier tour, et le second, il faut donc des gestes à l'égard du mouvement populaire. », avait-il déclaré dans une interview accordée au «Parisien» - «Aujourd'hui en France», le 5 avril 2002.

Un rappel effectué quelques semaines avant le tremblement de terre du 21 avril qui a vu le candidat de la gauche éliminé de la course au soir du premier tour, évincé par Jean-Marie Le Pen.

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Le double héritage de Pierre Mauroy, un "géant" du socialisme

Pierre Mauroy, un "géant" du socialisme

C'était un homme de fidélité, fidélité à ses origines ouvrières, à sa région, à une cause, le socialisme, et à l'unité de la gauche" (François Hollande). "Un homme qui incarnait le progrès social" (Jean-Marc Ayrault). "Il était et restera un géant" (Martine Aubry). "Une grande voix de la gauche, fidèle aux racines du socialisme historique" (Pierre Laurent). "Un grand serviteur de la France" (Alain Juppé). "Un homme exceptionnel d'une dimension historique" (Jean-Louis Borloo). Le monde politique a rendu un hommage quasi-unanime à Pierre Mauroy, mort vendredi 7 juin à 84 ans. Mais, au-delà de ce concert de louanges, la question est de savoir ce qui restera du double héritage de l'ancien premier ministre de François Mitterrand, un homme qui incarna à la fois la social-démocratie et la rigueur.


Hommage à M. Pierre MAUROY par elysee


Jean-Marc Ayrault rend hommage à Pierre Mauroy par Matignon

"Enfant de la balle de la social-démocratie", Pierre Mauroy n'a jamais rougi, dans un pays dont ce n'était pas la tradition, de ses convictions sociales-démocrates. Dès son plus jeune âge, lors de son engagement aux Jeunesses socialistes, il se positionne en adversaire du "verbalisme gauchiste" et du "terrorisme du dogme" et, s'il se réclame de Jean Jaurès et de Léon Blum, son "socialisme du quotidien", qu'il sait rendre flamboyant dans ses longs discours, se veut d'abord pragmatique. "Changer de société, c'est refuser l'illusion de la révolution", affirmait-il. L'ancien maire de Lille, à qui le Parti socialiste doit, en 1974, son ouverture aux chrétiens et aux syndicalistes de la CFDT – la deuxième gauche –, incarnait aussi une gauche populaire qui rêvait de rassembler la classe ouvrière et la classe moyenne. En 2002, celui qui avait présidé une Internationale socialiste profondément sociale-démocrate reprochait à Lionel Jospin de ne jamais employer le mot "ouvrier". Comme si c'était un gros mot.

Pierre Mauroy a été l'homme des paradoxes. En 1971, à Epinay, il s'allie à François Mitterrand, qui recherche l'union avec le Parti communiste, à laquelle il n'est pas favorable. Mais celui qui s'est employé à effacer l'empreinte du marxisme au PS sera le premier premier ministre d'un gouvernement d'union de la gauche. Et il y restera fidèle jusqu'à sa mort, même après l'écroulement du mur de Berlin. L'autre paradoxe de Pierre Mauroy est d'avoir combattu, avec Michel Rocard, François Mitterrand au congrès de Metz en 1979 et d'être devenu, deux ans plus tard, son premier chef de gouvernement. Il a vécu ses quatre années à la tête du PS comme "une épreuve", mais c'est lui qui a amorcé, en 1991, son aggiornamento réformiste.

Mais le grand mérite de Pierre Mauroy, son principal héritage, est d'avoir réussi ce que Léon Blum appelait "l'exercice du pouvoir". Après les échecs du Front populaire en 1936 et de Guy Mollet en 1956, il a apporté à la gauche son certificat de gestionnaire. Il a à la fois incarné les réformes emblématiques du premier septennat de François Mitterrand – abolition de la peine de mort, décentralisation, nationalisations, retraite à 60 ans, cinquième semaine de congés payés, lois Auroux sur les nouveaux droits des salariés qui préfiguraient la démocratie sociale chère à François Hollande –, réformes très critiquées aujourd'hui, et le tournant de la rigueur, amorcé en 1982, amplifié en 1983.

PASSEPORT DE BONNE GOUVERNANCE

C'est pour ne pas tourner le dos à l'Europe et éviter une sortie du système monétaire européen que Pierre Mauroy a imposé courageusement, avec Jacques Delors, la rigueur à un président tenté alors par "l'autre politique ". Si on peut lui reprocher d'avoir un peu masqué le tournant au début, en tenant un discours optimiste sur des indicateurs économiques se remettant "au vert", il a rapidement assumé son choix. "La voie de la rigueur nous permettra de bâtir une société plus juste", soulignera-t-il le 1er mai 1983. En ferraillant contre son propre parti pour lui faire admettre que "la politique de rigueur n'est ni une régression ni un renoncement, mais la condition même de la poursuite des réformes", il a indéniablement gagné ses galons d'homme d'Etat.

Pierre Mauroy a délivré un passeport de bonne gouvernance de gauche à Lionel Jospin en 1997 et à François Hollande aujourd'hui. Mais quand Benoît Hamon, ministre délégué à l'économie sociale, un des porte-parole de l'aile gauche du PS, fait entrer l'ancien premier ministre dans "le panthéon de la gauche", tient-il compte de son double héritage ? A défaut de se dire, comme Jean-Marc Ayrault, social-démocrate, le chef de l'Etat s'avouera-t-il, en France, réformiste ? Le 23 mai, devant le SPD allemand à Leipzig, il a reconnu les apports de la social-démocratie : "Le sens du dialogue, la recherche du compromis et la synthèse permanente entre la performance économique et la justice sociale." "Le réformisme, a-t-il ajouté, ce n'est pas l'acceptation d'une fatalité mais l'affirmation d'une volonté."

Avec le même souci de ne pas s'éloigner de l'Europe, François Hollande fait l'inverse de Pierre Mauroy : la rigueur d'abord, les grandes réformes ensuite. La crise économique justifie sans doute ce choix. Mais, là encore, il n'emploie pas les mots.

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Mort de Pierre Mauroy, figure de la gauche socialiste

Pierre Mauroy et François Mitterrand le 27 avril 1981, lors du Conseil national du PS qui précéda la victoire de la gauche à l'élection présidentielle.

Premier ministre de François Mitterrand après la victoire de mai 1981, figure tutélaire de la gauche socialiste, Pierre Mauroy s'est éteint, vendredi 7 juin, à l'âge de 84 ans. Il était hospitalisé depuis le 1er juin dans un établissement de la région parisienne. Maire de Lille pendant vingt-huit ans, Pierre Mauroy a dirigé trois gouvernements d'union de la gauche jusqu'en 1984, date à laquelle Laurent Fabius, qui a annoncé son décès depuis Tokyo, lui a succédé à Matignon. C'est sous son égide que fut abolie la peine de mort, lancée la décentralisation, introduits l'impôt sur les grandes fortunes, la cinquième semaine de congés payés, les 39 heures... Il fut l'un des promoteurs du virage de la rigueur de 1983 qui conduisit François Mitterrand à faire le choix de l'Europe et de rester dans le système monétaire européen.

BRISÉ MORALEMENT ET PHYSIQUEMENT

Maire de Lille de 1973 à 2001, Pierre Mauroy fut député du Nord (1973-1981 et 1986-1992), président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais (1974-1981) et président de la Communauté urbaine de Lille (1989-2008). Il n'avait plus de mandats locaux depuis qu'il avait laissé en avril 2008 ce dernier poste à Martine Aubry. Ces derniers mois, Pierre Mauroy était apparu fatigué. Ce 4 décembre 2012, à Lens, quand François Hollande inaugure le Louvre hors-les-murs, il est là, arborant une fine moustache blanche. Il est brisé moralement et physiquement depuis sa condamnation, le 4 février 2011, à 20 000 euros d'amende avec sursis pour "abus de confiance". On lui reprochait un "emploi fictif" à la Communauté urbaine de Lille en 1992. Cette condamnation, lui l'homme qui s'était voué entièrement à sa ville et à sa région, l'avait profondément blessé.

En septembre 2011, il avait abandonné son dernier mandat, celui de sénateur, au moment où le Sénat basculait à gauche, transformant ses adieux en émouvant plaidoyer pour la retraite à 60 ans qu'il avait instaurée en 1983. Il était toujours président de la Fondation Jean-Jaurès, sise 12, cité Malesherbes, dans cet immeuble où la SFIO s'était installée en 1937, ce think tank avant l'heure qu'il avait créé en septembre 1990.

Pierre Mauroy était aussi blessé dans sa chair. Le 14 avril 2012, il avait subi sa première anesthésie générale pour une "petite tumeur cancéreuse" au poumon qu'on lui avait retirée à l'hôpital Percy à Clamart (Hauts-de-Seine). Il était contrarié de n'avoir pu donner de lui-même lors de la campagne présidentielle de François Hollande.

"SON" SOCIALISME

Comme il aurait aimé jouer l'ouvreur du meeting de Lille du candidat socialiste ! Comme dans tant d'autres campagnes, il aurait dressé une vaste fresque de l'histoire du mouvement ouvrier, de "la terrifiante Commune" à "la formidable victoire de Lionel Jospin". Ses bras scandant le rythme, sa voix s'envolant, il aurait fait défiler Jules Guesde, Jean Jaurès, Roger Salengro, Léon Blum, François Mitterrand. Autant de maillons d'une "longue chaîne", celle de "son" socialisme, dont il a voulu jusqu'au bout, encore et toujours, être acteur.

Ainé d'une famille de sept enfants, petit-fils de bûcheron et fils d'instituteur, Pierre Mauroy naît le 5 juillet 1928 à Cartignies (Nord). Le Nord et ses corons, le socialisme et ses figures légendaires, comme celle de Léo Lagrange, dont il se rappelait la visite à son grand-père, baignent son enfance. "Je suis issu d'une longue lignée de bûcherons journaliers, accidentellement mineurs", aimait-il rappeler. Le 17 mai 1940, il est jeté avec sa famille sur les routes de l'exode. Il suit le collège au Cateau-Cambresis et atterrit, en juillet 1944, à Cambrai où son père dirige une école. En 1945, "entré en socialisme comme on entre en religion", il adhère aux Jeunesses socialistes. "C'est avec l'image de Léo Lagrange, raconte-t-il dans ses Mémoires, que j'entre dans la salle où se réunit la section. Ah le parti ! Ce soir-là, le Parti socialiste que je découvre, je suis loin d'imaginer à quel point il va me dévorer."

En mars 1947, à Montrouge, premier congrès des Jeunesses socialistes, premier choc. "Enfant de la balle de la social-démocratie", il se frotte aux trotskistes. D'emblée, ils menacent de traduire "Pierrot" en commission de discipline. Son crime est de ne pas manger de viande, ce vendredi avant Pâques, par respect pour une tradition familiale que sa mère, très catholique, a imposée. Face à une salle hostile, il prononce son premier discours. "C'est de ce congrès, racontera-t-il, que m'est venu le refus de la démagogie virulente, du verbalisme gauchiste, du terrorisme du dogme."

Secrétaire national des Jeunesses socialistes en 1949, il conserve ce mandat jusqu'en 1958. En 1951, il fonde la Fédération nationale des clubs Léo Lagrange, mouvement d'éducation populaire et de loisirs. De 1951 à 1956, après avoir étudié à l'école normale d'apprentissage à Cachan, il est professeur de l'enseignement technique à Colombes. Il devient ensuite, jusqu'en 1959, secrétaire général du Syndicat de l'enseignement technique, affilié à la Fédération de l'éducation nationale (FEN).

"IL SUFFIT DE CENT HOMMES DÉCIDÉS, ET TOUT SERA POSSIBLE"

Membre du bureau national de la SFIO, dès 1963, il est alors proche de Guy Mollet qui le surnomme "le boy-scout". Artisan de l'unité de la famille socialiste, il accueille François Mitterrand, candidat unique de la gauche à la présidentielle, en octobre 1965 à Lille. En reprenant le train pour Paris, il a avec lui un premier échange qui restera gravé dans sa mémoire, point de départ d'une aventure, et bientôt d'une amitié, de plus de trente ans. Le candidat n'aime ni la SFIO ni Guy Mollet. Mais déjà il croit en sa capacité d'entraîner les grands partis, même contre leur gré. "Vous savez, Pierre Mauroy, lui confie-t-il, il suffit de cent hommes décidés, et tout sera possible."

De 1966 à 1969, il est secrétaire général adjoint de la SFIO, souvent en bisbille avec Guy Mollet. En mai 1969, quand naît le nouveau Parti socialiste sur les ruines de la SFIO, au congrès d'Alfortville, il aurait aimé jouer le premier rôle. Il ne récoltera qu'un "lot de consolation", un poste de "secrétaire à la coordination". En juillet 1969, il est battu d'une voix par Alain Savary qui devient premier secrétaire. Qu'importe ! L'héritier spirituel de Jean Jaurès et de Léon Blum sera un passeur entre la vieille SFIO et un parti réformiste moderne.

Au congrès d'Epinay-sur-Seine, en juin 1971, il se prête au jeu de François Mitterrand qui, pour prendre le contrôle du PS, s'allie aux grosses fédérations du Nord et des Bouches-du-Rhône, "supposées les moins favorables à un accord avec les communistes". L'ancien candidat de la gauche l'emporte mais, plutôt que de "s'asseoir dans le fauteuil de Guy Mollet", il veut confier la direction du parti à Pierre Mauroy, patron de la fédération du Nord. Alors premier adjoint du maire de Lille, Augustin Laurent, qui en avait fait son dauphin, il lui avait promis de refuser cette couronne pour lui succéder le moment venu. C'est ainsi que François Mitterrand devint, malgré lui, premier secrétaire du PS, Pierre Mauroy gardant, comme secrétaire à la coordination, un poste de numéro deux. Le 8 avril 1973, il est élu maire de Lille et, la même année, député.

Allié fidèle de François Mitterrand, ce social-démocrate bon teint est l'artisan, en 1974, des Assises du socialisme qui voient Michel Rocard, les chrétiens et les syndicalistes CFDT de la deuxième gauche rejoindre le PS. Mais il joue à fond la carte de l'alliance avec le Parti communiste et du programme commun. "Les communistes, racontera Pierre Mauroy, tant que nous étions derrière eux, tout cela leur allait très bien. A partir du moment où nous sommes passés devant, rien n'allait plus."

"CHANGER DE SOCIÉTÉ C'EST REFUSER L'ILLUSION DE LA RÉVOLUTION"

Au congrès de Metz, en avril 1979, Pierre Mauroy refuse de suivre les mitterrandistes qui veulent éliminer les rocardiens. Il quitte la majorité et défend avec l'ancien dirigeant du PSU une motion intitulée "socialisme et réalité". Avec son lyrisme habituel, il plaide pour le "socialisme du quotidien" – "le socialisme, quoi !" – et dénonce ceux qui s'abritent derrière "la mythologie" ou "l'habileté tactique". "L'épreuve des faits" le conduit à penser qu'on ne changera pas en cent jours "l'idéologie et la culture produites par cent années de capitalisme". "La transformation de la société, tonne-t-il, exige un programme dont le contenu explore le possible : changer de société c'est refuser l'illusion de la révolution."

Avec le temps, Pierre Mauroy verra dans ce congrès de Metz, qui "préfigurait la question qui allait se poser en 1982, celle de l'adéquation du projet socialiste avec son époque et le monde contemporain", "une erreur manifeste". Battu, il est rejeté dans la minorité avec Michel Rocard. Mais avec le vainqueur de Metz, il n'y a pas de rupture. Chaque mois, ils ont un tête-à-tête. Et en 1981, pour sa troisième campagne présidentielle, François Mitterrand en fait son porte-parole.

A l'époque, celui qui préside le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, depuis 1974 a conscience que les 110 propositions du candidat n'incarnent pas "un programme de gouvernement". "Cela aurait pu durer longtemps, expliquera-t-il, tellement le marxisme imprégnait les partis de gauche et leur mode de fonctionnement. Il a fallu que les socialistes arrivent au pouvoir pour qu'on en sorte." Mais il veut faire le lien être entre "les idéalistes obnubilés par la construction de la société future" et les "pragmatiques préoccupés de gestion quotidienne".

"LE SOCLE DU CHANGEMENT"

Le 21 mai 1981, celui que les vainqueurs de Metz n'attendaient pas est nommé premier ministre. Dans la voiture qui les conduit à l'Arc de triomphe, il s'inquiète des attaques contre le franc mais le président élu écarte toute dévaluation. A Matignon, où il restera mille cent cinquante-trois jours, dirigeant trois gouvernements, sans se soucier jamais de son image – "le look, ce n'est pas mon fort" –, sa vie ne sera jamais "un long fleuve tranquille". Au départ, c'est l'euphorie de l'état de grâce : hausse de 20 % du minimum vieillesse, de 25 % des allocations familiales, de 10 % du smic horaire. Quand au soir du second tour des législatives de juin 1981, une vague rose déferle, il retrouve des accents lyriques : "Nous sommes les défricheurs de l'avenir !" Les socialistes ont la majorité à eux tout seuls mais quatre ministres communistes entrent au gouvernement. Dans l'union, Pierre Mauroy va installer "le socle du changement".

Le 8 juillet 1981, dans sa très longue déclaration de politique générale, il s'engage à "jeter les bases d'une nouvelle citoyenneté", notant que les Français "attendent un pouvoir qui ne soit pas seulement exercé par d'autres mais exercé autrement". Quelques jours plus tard, à la télévision, il attaque – "les gens du Château sont partis" – et se dépeint en "chef de guerre dans la lutte contre le chômage". Quatre mois après, le franc est dévalué. "Il fallait remettre les compteurs à zéro", explique-t-il. Homme du verbe, il ne sait pas toujours tempérer. En novembre 1981, décidé à tenir la "ligne de crête" des deux millions de chômeurs, il proclame : "Les conditions de la reprise économique sont réunies" même s'il subsiste "une ombre de morosité héritée de ces dernières années". Et quand, le 29 novembre, Jacques Delors réclame une "pause", il réplique que les réformes seront menées "de manière permanente et continue".

Dans Le Monde du 20 avril 1982, Pierre Mauroy explique que "gouverner autrement", c'est accorder aux ministres la possibilité de "participer à la discussion politique" même s'il pense plutôt que c'est le silence qui sied le mieux à la solidarité gouvernementale. En mai, des indices alarmants laissent augurer d'un infléchissement de la politique économique. Mais si le premier ministre constate que "la relance des économies occidentales n'est pas au rendez-vous", et se dit prêt à "changer de vitesse", il claironne qu'il ne se résignera pas à "faire du barrisme".

Il avait pourtant sous la main les 40 feuillets d'un plan d'austérité déjà adressé à l'Elysée. Et, au beau milieu des fastes du sommet des pays industrialisés à Versailles, il arrache au président un blocage des prix et des salaires. "Je lui demandais trois mois de blocage et il m'en a donné quatre." Le 13 juin, un dimanche, il convoque un conseil des ministres extraordinaire pour faire entériner par un gouvernement très partagé ses décisions. Et il en donne la primeur, le même jour, à Georges Séguy et à Henri Krasucki, les dirigeants de la CGT, réunie en congrès à Lille, en les décorant de la médaille d'or de la ville.

A l'approche des municipales de 1983, alors que les rumeurs disent l'inverse, Pierre Mauroy dément tout plan d'austérité et affirme tranquillement, le 16 février : "Franchement, les gros problèmes sont derrière nous. La politique du gouvernement est fixée et, actuellement, pratiquement tous les indicateurs de la politique gouvernementale se remettent tranquillement au vert." Depuis le début de l'année, pourtant, il croise de plus en plus souvent à l'Elysée "les visiteurs du soir" – Pierre Bérégovoy, Laurent Fabius, Jean-Pierre Chevènement, Jean Riboud – qui plaident auprès du président pour la sortie du franc du système monétaire européen (SME). L'offensive reprend de plus belle après la sévère défaite de la gauche aux municipales et une nouvelle dévaluation du franc. "Non, je ne sais pas conduire sur le verglas", répond le premier ministre quand François Mitterrand lui propose, le 14 mars, de mener cette "autre politique". Le président consulte, hésite mais, au bout d'une semaine de flottements, il revient vers le maire de Lille : "Il n'y a pas d'autre politique, il n'y en a qu'une, la vôtre." Le 22 mars, Pierre Mauroy, qui a affiché son caractère et contredit son image de velléitaire, est reconduit à la tête d'un troisième gouvernement. Son nouveau plan de rigueur, un "réajustement", sera mis en route par ordonnances.

Cette politique, proclame-t-il, le 8 avril 1983 à l'Assemblée nationale, "demande un effort de l'ensemble de la collectivité nationale pour des succès qui ne peuvent pas être immédiats" mais l'effort est "équitablement" réparti. "La voie de la rigueur nous permettra de bâtir une société plus juste", ajoute-t-il le 1er mai. "J'ai dû me dépenser beaucoup, écrira-t-il dans ses Mémoires, pour convaincre le pays, et plus encore mes propres amis, que la politique de rigueur n'est ni une régression ni un renoncement, mais la condition même de la poursuite des réformes."

Le chemin de croix de Pierre Mauroy continue. En 1984, la gauche s'attaque aux restructurations dans les charbonnages, l'automobile, la sidérurgie, les chantiers navals. "C'est dramatique pour moi", confiera celui qui est né dans un village de sidérurgistes du Nord. Mais il tient bon : "Si on ne supprime pas des emplois, les entreprises seront condamnées." Les communistes manifestent, Georges Marchais en tête, avec les sidérurgistes. Pierre Mauroy flétrit cette "médiocrité dans l'union". Pour obtenir une "clarification", il engage sa responsabilité, le 19 avril, devant l'Assemblée nationale. Les communistes votent la confiance en pensant le contraire. En prime, les défenseurs de l'école privée battent le pavé. Le 24 juin 1984, ils sont plus d'un million et demi à gronder. Le 12 juillet, François Mitterrand met fin à la guerre scolaire en retirant son projet. Et il accepte, le 17 juillet, la démission de celui qui ne sera pas parvenu à maintenir le chômage sous la barre des deux millions.

Avec l'abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans, la décentralisation, les nationalisations, les lois Auroux sur les nouveaux droits des salariés, la libération des ondes, entre autres, Pierre Mauroy se flatte d'avoir appliqué 96 des 110 propositions. Cet humaniste, à la fois idéaliste et pragmatique, est sûr d'avoir changé la réalité, convaincu que "si nous n'avions pas fait ces réformes, les gens nous auraient abandonnés. Nous aurions reproduit le schéma de 1936".

A 56 ans, l'heure n'est pas venue pour l'homme qui a voué sa vie au rassemblement de la gauche, de prendre sa retraite. Au lendemain de la présidentielle de 1988, où François Mitterrand joue l'ouverture au centre, "une immoralité" à ses yeux, Lionel Jospin et ses amis lui forcent la main pour barrer la route à Laurent Fabius qui guigne le poste de premier secrétaire du PS pour assurer son avenir présidentiel. Dans la nuit du 13 au 14 mai 1988, Pierre Mauroy bat le favori du président par 63 voix contre 54. Chef de parti, c'est pour lui "une épreuve". Face à des jospinistes et des fabiusiens qui s'affrontent pour préparer l'après-Mitterrand, il peine à imposer son autorité.

Ce "sale boulot" atteint son paroxysme au congrès de Rennes, en mars 1990. Il fait adopter une nouvelle "déclaration de principes" mais assiste impuissant aux chipotages et déchirements internes. A la fin du congrès, il se retrouve seul à la tribune, une rose à la main. Deux jours plus tard, il est réélu à l'unanimité par le comité directeur mais il n'a pas réussi à être le passeur vers l'après-mitterrandisme. En décembre 1991, le congrès de l'Arche incarne un aggiornamento qui se veut une réponse à l'effondrement du communisme. Mais harcelé par les fabiusiens et les rocardiens, il démissionne le 7 janvier 1992. En septembre, il quitte l'Assemblée nationale pour le Sénat et il est élu président de l'Internationale socialiste. Jusqu'en novembre 1999, il tente d'y poursuivre la rénovation de la pensée socialiste... mondiale. "Vous feriez un bon candidat", lui lance François Mitterrand en décembre 1994, soucieux de contrer une candidature de Lionel Jospin à la présidentielle de 1995 après le retrait de Jacques Delors. "Je n'avais pas envisagé cette hypothèse", répond Pierre Mauroy, suscitant l'agacement du président.

Militant jusqu'au bout, il soutient Ségolène Royal en 2007 et Martine Aubry, à la primaire socialiste de 2011. Et il cultive le souvenir de ses derniers moments d'intimité avec François Mitterrand, le 24 août 1993. Le président était venu à Hardelot-Plage, sur la côte d'Opale, là où il passait ses vacances d'été avec sa femme Gilberte et son fils, lui avait murmuré avant de partir : "Et vous, continuez de mettre du bleu au ciel." En plus de soixante ans de vie politique, il avait le sentiment d'avoir accompli sa tâche.

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jeudi 6 juin 2013

Reporters Sans Frontières se désolidarise officiellement de Robert Ménard

Les dirigeants de Reporters sans frontières ont rappelé jeudi que les prises de position de son ancien président n'engageaient pas l'organisation. Reporters sans frontières se désolidarise officiellement de Robert Ménard, désormais engagé en politique avec le soutien de l'extrême droite.

Reporters sans frontières se désolidarise officiellement de Robert Ménard, désormais engagé en politique avec le soutien de l'extrême droite.

Les dirigeants de Reporters sans frontières (RSF) ont rappelé jeudi que Robert Ménard, ancien dirigeant de RSF, désormais engagé en politique avec le soutien de l'extrême droite, ne faisait plus partie de l'organisation. "Le président de Reporters sans frontières, M. Dominique Gerbaud, le président de RSF International, M. Gérald Sapey, et le secrétaire général M. Christophe Deloire rappellent que M. Robert Ménard a démissionné de son poste de secrétaire général en septembre 2008", écrivent dans un communiqué les responsables de l'organisation de défense de la liberté de la presse.

"Ses prises de position politiques n'engagent d'aucune manière l'organisation dont il fut l'un des fondateurs en 1985 et qu'il dirigea pendant vingt-trois ans", souligne RSF. Le Front national a apporté officiellement son soutien à Robert Ménard pour qu'il soit tête de liste aux élections municipales à Béziers en mars 2014. Le journaliste et polémiste a décidé d'affronter le maire UMP sortant, Raymond Couderc, en place depuis 1995. De nombreux collaborateurs ou anciens collaborateurs de RSF ont signé mercredi dans Libération une lettre ouverte à l'ancien secrétaire de l'ONG lui disant : "Ta route s'est définitivement écartée de la nôtre, comme elle s'est écartée de RSF."

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mercredi 5 juin 2013

Hollande reçoit un prix de l'UNESCO pour son courage dans l' intervention au Mali

Plus de dix chefs d`Etat africains assistent à la cérémonie traditionnelle du prix international Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, décerné, chaque année, depuis 1991, par un jury d`experts.

Paris, mercredi 6 juin 2013, François Hollande et Irina Bokova, directrice de l'Unesco lors de la remise du prix Houphouët Boigny. Photo Réveil FM International

L'ancien président du Sénégal qui dirige l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf a estimé mercredi que le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a consacré le ‘’courage’’ du Président français, François Hollande pour son intervention au Mali.

Abdou Diouf, également Parrain du Prix Félix Houphouët-Boigny, a au cours d'une cérémonie de remise de ce Prix au Chef de l'Etat français, organisée au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la sciences et la culture (UNESCO) à Paris, rendu un hommage mérité à François Hollande qui a répondu sans ‘'calcul'' à l'appel des autorités maliennes en engageant la guerre du Mali.

‘'Le Prix Félix Houphouët-Boigny consacre le courage du Président François Hollande'', a-t-il insisté en souhaitant que ce ‘'courage'' soit une source d'inspiration et d'encouragement pour tous les acteurs de la paix. ‘'Il n'est pas question de livrer le monde aux assassins'', a conclu le Parrain du Prix Félix Houphouët-Boigny.

Le Protecteur du Prix, l'ancien Président ivoirien, Aimé Henri Konan Bédié, a souligné pour sa part, le caractère ‘'symbolique'' du Prix qui porte le nom, a-t-il rappelé, d'un ‘'ancien parlementaire et ministre français, Félix Houphouët-Boigny, apôtre de la paix''.

‘'Le Prix Félix Houphouët-Boigny ne pouvait qu'être attribué qu'au Président François Hollande'', a dit M. Bédié, estimant que M. Hollande a libéré le peuple malien d'une ‘'action terroriste''.

Dans le même registre, le Président malien, Dioncounda Traoré et son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, par ailleurs Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont salué et félicité le Président, François Hollande pour avoir redonné le goût de la vie à la population malienne.

Le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix a été créé en 1989 par une résolution parrainée par 120 pays et adoptée lors de la 25e session de la Conférence générale de l'UNESCO.

Par la création de ce Prix, l'institution tenait à réaffirmer son ‘'attachement à la paix et au dialogue des civilisations et des cultures''.p> Elle se dotait ainsi d'un ‘'instrument de portée universelle pour encourager et honorer ceux et celles qui contribuent à bâtir un monde plus fraternel et plus solidaire''.

Le Prix porte le nom du premier Président de la Côte d'Ivoire indépendante, Félix Houphouët-Boigny surnommé ‘'sage d'Afrique'', dont le parcours et la philosophie rimaient, rappelle-t-on, avec les vertus et les principes de paix et de fraternité.

Ce Prix auquel est attaché un chèque de 150 000 dollars des Etats-Unis, une médaille en or et un diplôme signé du Directeur Général de l'UNESCO, a été décerné mercredi à François Hollande en présence d'une dizaine de Chefs d'Etat africains.

François Hollande a reçu le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la paix ce mercredi. Avant la cérémonie, le Président et ses partenaires africains se sont retrouvés à l'Elysée pour évoquer la sécurité en Afrique.

Présent lors de la remise du prix, le président malien par intérim Dioncounda Traoré s'est exclamé "François Hollande, nul mieux que toi ne mérite ce prix".

DISCOURS DE M. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

CEREMONIE DE REMISE DU PRIX FELIX HOUPHOUËT-BOIGNY POUR LA RECHERCHE ET DE LA PAIX

UNESCO -Paris, Mercredi 5 Juin 2013

C’est avec une immense fierté que je reçois aujourd’hui le prix prestigieux portant le nom d’Houphouët-Boigny. Un homme, porteur de valeurs universelles, qui était le premier président de la République de Côte d’Ivoire et avait servi, pendant un temps, la République Française.

Il fût même, si je peux faire moi aussi oeuvre d’historien, membre du même groupe parlementaire, sous la IVème République, que François MITTERRAND.

Je reçois ce prix des mains de Mario SOARES, un ami, mais surtout un homme qui a consacré sa vie à la démocratie et à la décolonisation.

Je suis devant mes collègues, Chefs d’Etats et Chefs de Gouvernement africains, qui m’ont accompagné dans la décision qui me permet aujourd’hui d’être lauréat de ce prix. Ils y sont donc associés. Je salue le Jury, son président, je l’ai fait, son Secrétaire général, ses membres, son parrain, son protecteur, et je félicite le président Abdou DIOUF, qui est capable de parler de Jaurès en wolof.

Je vous salue, Mesdames et Messieurs les ambassadrices et ambassadeurs, Mesdames et Messieurs, qui me faites le plaisir de m’accompagner dans cette cérémonie, qui est pleine de reconnaissance, pleine de gratitude et en même temps pleine d’émotion.

Je le fais ici, dans un cadre qui est symbolique.

Madame la Directrice, nous sommes à l’UNESCO.

L’UNESCO, cette grande organisation qui porte des valeurs de culture, de dialogue, de compréhension et de paix.

Je salue l’action que vous menez à la tête de cette grande organisation, qui lorsqu’elle pratique le multilinguisme, cher au monde francophone, est fidèle à sa mission.

Lorsque l’UNESCO met l’émancipation des femmes au cœur de l’éducation, elle est exemplaire.

Lorsqu’elle place la culture au cœur de son projet, elle est visionnaire.

Lorsqu’elle défend partout le pluralisme, l’accès à l’information, l’UNESCO est libératrice.

Alors, il est vrai que, recevoir le prix Houphouët-Boigny, ici, à l’UNESCO, prend une portée particulière.

Il peut paraître paradoxal de recevoir une récompense pour la recherche de la paix après avoir porté la responsabilité d’une guerre.

Mais la décision que j’ai prise au nom de la France, le 11 janvier, n’avait pas d’autre but que de mettre fin à une agression. La pire qui soit. Celle qui voulait par la terreur soumettre un pays ami. Face à la haine, c’est la faiblesse qui aurait été coupable et c’est la force qui était légitime. Tout retard aurait été désastreux. Toute hésitation aurait été tragique. Toute inertie aurait été fatale. Il est effectivement des moments dans la vie d’un Chef d’Etat, où il s’agit, non pas de prendre la bonne décision, nous l’avions déjà prise, les uns et les autres, depuis longtemps. Mais de la prendre au bon moment, et de faire en sorte qu’à l’instant où elle est effectivement actée, elle puisse être pratiquement mise en oeuvre.

La France est donc intervenue avec ses forces armées.

La CEDEAO, M. le Président OUATTARA, l’a accompagnée, je vous en remercie. L’Union africaine, cher Thomas Boni YAYI, l’a soutenue, l’Union européenne l’a appuyée, et enfin les Nations Unies lui ont donné son cadre, sa légalité, sans laquelle la France ne serait pas venue au Mali.

Cela a été dit avant moi : la France n’a pas seulement arrêté les terroristes avant qu’ils n’arrivent à Bamako -car ils étaient sur le chemin-, elle a prévenu une opération qui visait à soumettre tout le Sahel et à faire en sorte que chaque pays de l’Afrique de l’Ouest ait à craindre pour sa souveraineté, pour sa liberté, pour son indépendance.

C’est pourquoi l’appel des autorités maliennes, était un geste salvateur.

L’Histoire retiendra, cher Dioncounda TRAORE, que c’est vous qui, par votre acte courageux de faire appel à la France, avez permis la survie de votre pays et la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.

Car je veux restituer aussi les choses telles qu’elles se sont passées. La France était prête. La France avait décidé. Mais elle ne serait pas venue au Mali si elle n’avait pas été appelée par le président légitime de ce pays. Elle ne serait pas venue non plus seule ; c’est parce que les Maliens eux-mêmes, les Africains qui l’ont soutenue, voulaient faire cette reconquête de la souveraineté du Mali, que nous sommes venus à l’heure dite à vos côtés.

Ce n’est pas la France qui a libéré le Mali, ce sont les Africains qui eux-mêmes se sont libérés du terrorisme et de la servitude. Cette guerre de libération nous a réunis, Français et Africains. Elle est l’exact contraire d’une guerre de civilisation car c’était une bataille pour la dignité humaine, pour la démocratie, pour le respect. Notamment le respect des religions et de la religion musulmane.

A Tombouctou, les mausolées des saints étaient réduits à l’état de poussière, des manuscrits étaient brûlés. En chassant les terroristes, nous avons préservé un symbole de l’Islam, de culture, de tolérance et d’échanges.

C’est aussi le symbole que je voudrais donner à cette intervention. Car l’Islam est une religion de paix, et ceux qui s’en réclament pour faire la terreur ne sont pas – tel que je le conçois – des hommes qui peuvent porter des valeurs universelles, celle que les religions – heureusement – ont à cœur de défendre.

La France a été au service de l’émancipation. Le fait que l’Union Africaine, dont la vocation première était en 1963 de lutter contre le colonialisme, à Addis-Abeba, ait salué notre décision, est un beau symbole de la reconnaissance de l’intervention de la France.

Je l’ai dit à Bamako, dans la foule qui se pressait autour de nous avec le président malien : c’est une dette que mon pays avait à acquitter à l’égard de l’Afrique. Parce que la France ne pouvait pas oublier la participation des soldats d’Afrique à nos côtés lors des deux dernières guerres mondiales. Non, la France ne pouvait pas oublier les dizaines de milliers d’Africains qui ont laissé leurs vies sur les champs de bataille pour la liberté de la France, pour les libertés de l’Europe.

Les survivants du second conflit mondial – il y en a encore – ont été parfois bien mal récompensés, souvent discriminés dans la perception de leurs pensions. Et bien la moindre des choses, c’était de leur porter secours au moment où ils faisaient appel à nous.

Au lendemain de la première guerre mondiale, un monument en mémoire à ces soldats d’Afrique avait été érigé, en 1924, à Reims. Ce sont les nazis qui l’ont démonté en 1940.

Une deuxième statue identique à la première avait été érigée elle aussi à Bamako, sur la place de la liberté. Aujourd’hui la ville de Reims – et je rends hommage à son maire Adeline Hazan – pour lancer les commémorations de la première guerre mondiale, a décidé de reconstruire un monument comparable à celui qui avait été détruit et à celui qui est resté à Bamako.

C’est une belle initiative qui me permet d’inviter toute l’Afrique, tous les chefs d’Etats africains, à la célébration de la guerre de 1914 pour que plus rien ne soit oublié et que nous puissions encore servir la paix.

L’intervention de la France a permis de faire cesser un ordre brutal, inhumain.

Je pense d’abord aux femmes victimes de viols, d’agressions sexuelles, soumises à des privations de liberté. C’est pour les femmes que la France est intervenue. Je pense aux enfants, aux adolescents, hélas certains enrôlés de force dans les groupes terroristes, et qui ont été victimes – ces enfants là – de la guerre. C’est pour les enfants d’Afrique que la France est intervenue.

Je pense aux Maliens amputés, châtiés sans jugement. C’est pour la justice que la France est intervenue.

Je pense aussi à ces interdictions d’écouter de la musique, même de jouer au football ! Je pense à ces mesures vexatoires, humiliantes, qui démontrent la nature totalitaire des groupes qui voulaient imposer un mode de vie … Non, ce n’était déjà plus la vie.

Ce sont ces brutalités qui ont fait fuir près d’un tiers de la population du Nord du Mali. 400.000 personnes qui sont parties sur les routes. Je veux ici remercier les pays voisins et leurs Chefs d’Etats pour avoir accueilli ces réfugiés, pour les avoir nourris et pour leur avoir permis d’attendre de longs mois avant de pouvoir enfin revenir dans leur pays.

Il fallait mettre fin à ce désastre, mais avec un souci qui ne nous a pas quitté depuis le 11 janvier : ne pas ajouter un drame à un autre, ne pas frapper les populations civiles, rester dignes, servir le droit. Nous y sommes parvenus.

De même, les insurgés, les terroristes que nous avons pu faire prisonniers, ont été remis aux autorités maliennes, font l’objet d’un suivi par la Croix Rouge, car Mesdames et Messieurs, on ne combat pas les terroristes en adoptant leurs méthodes mais en les privant de toute justification de leurs dérives.

Les sanctions, et il y en aura, qui frapperont ceux qui se sont rendus coupables d’exactions et de crimes dans le nord du Mali, ces sanctions seront judiciaires. La justice ne sera pas celle des vainqueurs, mais celle qui, impartiale, punira les coupables et relaxera les innocents. C’est le sens aussi du combat que nous avons livré.

Mais il n’est pas fini. Même si le Mali a retrouvé son intégrité, sa souveraineté, sa stabilité, il y a encore beaucoup à faire, au Mali, et au-delà. C’est une grande partie de l’Afrique qui est aujourd’hui menacée. Et donc l’enjeu, celui que nous avons porté ensemble au cours de cette journée, c’est de tout faire pour renforcer les capacités des pays africains pour qu’ils puissent assurer eux-mêmes leur sécurité. Je l’avais dit à Dakar, dans un discours que j’avais prononcé devant le Parlement. Ce sont les Africains qui doivent assurer leur sécurité, et eux seuls. Mais le rôle de la France, le rôle de l’Europe, c’est de leur donner tous les moyens : formation, encadrement, équipement, pour leur donner la possibilité d’assurer cette mission. Qui n’est pas une mission simplement pour l’Afrique, qui est une mission pour la paix et la stabilité du monde.

Nous avons aussi un autre défi à relever, reconstruire le Mali. Ce fut l’objet, et j’en remercie ceux qui y ont contribué, de la conférence du 15 mai à Bruxelles. Plus de trois milliards d’euros ont été promis pour financer un plan de renouveau sur deux ans. Il reviendra aux autorités maliennes de le mettre en oeuvre, de faire que chaque euro puisse aller vers celles et ceux qui en ont le plus besoin, que les collectivités locales maliennes puissent être impliquées dans cette reconstruction, que cette aide permette de favoriser le dialogue et donc la paix et d’assurer le développement.

La paix, il nous faut aussi la gagner. Elle passe par la démocratie.

Le président Dioncounda TRAORE a eu, une nouvelle fois, le courage de confirmer que les élections se tiendraient, se tiendront donc, à la date prévue.

Quand je dis à la date prévue, cela veut dire dans tout le Mali, dans toutes les villes du Mali, et donc à Kidal, comme partout au Mali. Et le processus qui est en cours doit permettre d’accompagner l’administration civile malienne, à Kidal comme dans tout le nord du Mali.

Aucun groupe armé ne peut rester armé au Mali. Les élections se tiendront donc à la fin du mois de juillet. Et je serais heureux, ainsi que les chefs d’Etat qui sont ici rassemblés, et beaucoup d’autres, d’être présent pour l’investiture du nouveau président du Mali.

Au moment où je m’exprime, la situation au Sahel reste préoccupante, fragile. L’intervention de 2011 en Libye, qui n’a pas été menée jusqu'à son terme, a conduit à l’intervention de groupes multiples, à la dispersion d’armes et de mercenaires.

Les terroristes se cachent donc dans toute la région et frappent aujourd’hui le Niger. Et je salue ici le premier ministre du Niger, et avec une pensée particulière pour le président ISSOUFOU. Mais peut-être se dirigeront-ils, ces mêmes terroristes, ailleurs en Afrique.

Alors c’est votre devoir, Mesdames et Messieurs, de faire en sorte que nous puissions être en solidarité par rapport au Sahel. De lui apporter l’aide pour son développement, de faire en sorte que sa population ait confiance, que les jeunes puissent trouver un espoir pour leur vie. Et en même temps, que nous puissions assurer la sécurité.

Et c’est la raison pour laquelle, à la fin de l’année, j’ai convié les chefs d’Etat africains à venir à Paris, pour que nous puissions mettre en place, avec eux, cette force d’intervention, qui pourrait agir là où elle sera nécessaire.

Mesdames et Messieurs, en février dernier, j’étais à Tombouctou et à Bamako. J’y ai reçu un accueil de la part du peuple malien que je n’oublierai pas. Je revois la joie de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants qui nous remerciaient.

Et notamment des femmes. Et c’est pourquoi j’ai décidé de remettre la moitié du prix Houphouët-Boigny à la branche malienne du réseau « Paix et sécurité des femmes de l’espace de la CEDEAO ». L’autre moitié, sera versée à l’association française « Solidarité défense », qui s’occupe des blessés de guerre et des familles de soldats français décédés.

J’ai, en cet instant, une pensée pour nos militaires morts pour la liberté du Mali. Vous avez cité leurs noms, je vous en suis reconnaissant. Le premier de ces soldats qui donna sa vie pour le Mali, c’était Damien BOITEUX. C’était dans les heures, je dis bien les heures, qui ont suivi la décision que j’avais prise de faire intervenir nos forces avec les armées maliennes. Il fut donc le premier, dans un hélicoptère, à prendre, avec d’autres, mais lui plus particulièrement, la responsabilité de casser la colonne terroriste et de faire en sorte qu’elle ne puisse plus nuire, et qu’il y ait ce message clair, à ces groupes qui voulaient envahir le Mali, qu’ils ne pouvaient plus avancer.

Il a donné sa vie pour cette cause-là. Et je sais que des enfants maliens portent son nom aujourd’hui, Damien BOITEUX. Un jour, dans plusieurs années, s’il m’est donné de rencontrer un enfant qui porte le nom de Damien BOITEUX, je le serrerai contre mon cœur en pensant à celui qui est mort pour le Mali, aux soldats qui ont donné le sacrifice de leurs existences, et je penserai, en l’ayant contre moi, au Mali et à cette indéfectible amitié entre la France et le Mali.

Car le prix qui m’est remis aujourd’hui, et une nouvelle fois, me tournant vers le jury, je vous en exprime ma gratitude, c’est un prix qui honore la France toute entière. La France des droits de l’Homme. La France des valeurs universelles. La France des libertés. La France de la solidarité avec l’Afrique. Merci, pour la France. Merci, pour le Mali. Merci, pour la paix. Merci, pour l’Afrique. Voilà, ce prix est un symbole, le symbole de peuples qui savent qu’au-delà de leurs intérêts, il y a, tout simplement, les valeurs qui nous unissent.

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Paris: Le chauffard était un ambassadeur suisse

La scène est digne d’un film de James Bond, les policiers tirant sur les pneus de la Mercedes d’un ambassadeur suisse en plein Paris. Dans la nuit de dimanche à lundi, aux alentours de minuit, quai Saint-Bernard, à l’angle du pont de Sully, en plein Ve arrondissement, des agents du commissariat local qui procèdent à des contrôles de vitesse de routine voient arriver une Mercedes aux plaques d’immatriculation diplomatiques « qui fonce à toute allure », selon une source proche du dossier.

Contrôle routier la nuit par la police française.

Le chauffard n'était autre que l’ambassadeur de Suisse auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Berne prêt à lâcher son diplomate chauffard.

Ils tentent alors d’intercepter le chauffard, qui n’est autre que l’ambassadeur de Suisse auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Celui-ci,âgé de 54 ans et dont les policiers ignorent l'identité tente de fuir en "faisant rugir le moteur et en accélérant", d'après une source policière. Au passage, il menace de renverser l'un des fonctionnaires. Ceux-ci le prennent alors en chasse.

Un peu plus loin, quai de Montebello, ils le rattrapent. A nouveau, l'ambassadeur se soustrait aux injonctions des forces de l'ordre et fonce, cette fois-ci délibérément, en direction des policiers. L'un d'eux tire alors dans les pneus de la Mercedes à deux reprises. Une balle vient éclater un pneu. Cependant, le diplomate suisse ne renonce pourtant pas, fuyant à coups d'embardée. Il est est enfin intercepté quelques minutes plus tard, roulant à contresens, boulevard Saint-Germain, dans le flot des automobilistes paniqués.

"ça aurait vraiment pu mal se terminer", déplore une source policière. Le chauffard n'avait pas de papiers sur lui mais révélé son identité, Stéphane Flückiger, diplomate suisse. Il est aussitôt soumis à un test d'alcoolémie qui se révèle positif. Conduit au poste, il est placé à garde à vue et l'ambassade de Suisse, contactée. Un représentant est dépêché d'urgence sur place pour confirmer l'identité de son diplomate aux policiers, son immunité, et ramener la voiture.

La Mercedes du diplomate chauffard suisse.

Sur instruction du parquet de Paris, le chauffard a été remis en liberté. Aucune poursuite n'a été engagée du fait de son statut diplomatique.

La police française a dû faire feu sur un ambassadeur suisse ivre qui s'était soustrait à des contrôles routiers. Son immunité pourrait être levée. Le DFAE se dit prêt à lever l'immunité de l'ambassadeur

Un Suisse a mis Paris en émoi dimanche vers minuit. Et ce n’est pas n'importe qui puisqu'il s'agit de Stefan F., représentant helvétique auprès de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

Une diplomatie un peu turbulente

Début février, l'épouse d'un consul suisse à Istanbul, en Turquie, avait heurté une moto avec son 4x4 avant de prendre la fuite et de se rendre quelques heures plus tard. La passagère arrière du deux-roues avait été gravement blessée. Ivre, comme Stefan Flückiger, elle se serait enfuie sous l'emprise de la panique. Risquant jusqu'à quatre ans et demi de prison, la femme de l'ambassadeur attend désormais son jugement.

Fuite et coups de feu

Selon «Le Parisien», ce dernier s'est soustrait à deux contrôles routiers dans le Ve arrondissement, non loin de la Cathédrale Notre-Dame. Au volant de sa Mercedes aux plaques diplomatiques, le Zurichois a accéléré manquant de renverser un policier. Au terme d'une course-poursuite, il a finalement été arrêté après avoir essuyé deux tirs d’un agent dans ses pneus.

L'ambassadeur a été emmené au poste où son taux d'alcoolémie s'est révélé positif. Faisant valoir son immunité diplomatique, il est ressorti libre du commissariat. «Il y a eu plus de peur que de mal, personne n'a été blessé, souffle la préfecture. Mais ce n'est pas commun en plein Paris.»

Berne prêt à lever l'immunité

Les Affaires étrangères suisses et françaises confirment les faits. «Nous sommes prêts à lever l'immunité de la personne concernée, si la demande lui en est faite par la justice française», avance la porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), qui se refuse à plus de commentaires «pour des raisons de protection de la personnalité».

«L'ambassadeur collabore pleinement avec la justice française, chargée de clarifier les circonstances exactes de cette affaire, précise-t-on. Une enquête est en cours. Le DFAE est par ailleurs en contact avec les autorités françaises.»

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mardi 4 juin 2013

Trois troubadours, infiltrés et écervelés créent l'association les amis d'Evariste Boshab en France

C'est à rigoler jusqu'à pisser debout ! La connerie n'a pas de borne ! Est ce que c'est du rêve ou de la réalité ? Narguer des congolais en supportant Evariste Boshab en plein Paris, on se pince pour croire que l'on rêve pas. Trois troubadours irresponsables, ignares, écervelés et corrompus par le fameux Evariste Boshab se sont autorisés à créer une association "Les amis d'Evariste Boshab en France". On croit rêver ! Ils n'ont même pas honte de témoigner qu'ils sont entrés en contact avec le mafieux-mangériste Evariste Boshab qui les a compris. Quelle bêtise ? Faut-il nécessairement s'appuyer sur des personnalités zéros qui ont contribué à enfoncer le Congo là où il est ? La résistance n'est pas l'opposition. Etre dans la résistance, c'est refuser le statu quo, c'est réfuter le régime actuel qui sévit au Congo-Kinshasa. A travers cette vidéo, on voit vraiment qu'il y a du travail à faire. Que des collabos corrompus aient le toupet de dicter aux Résistants-Patriotes Combattants la conduite à suivre, cela est plus que grave cela prouve à dessein que la France, pays de la résistance pour les Congolais est entrain de basculer. Les ignares qui ne connaissent pas l'histoire du Congo voudrait l'écrire avec leur petit cerveau. Une vigilance tous azimuts s'impose désormais.

Alors que la République démocratique du Congo est sous occupation, les infiltrés corrompus parlent de l'unité et du dialogue avec Evariste Boshab ! Il ne s'agit pas de refuser la liberté d'expression à qui que ce soit mais d'être responsable dans ce que nous passons comme message au sein de la communauté. C'est comme si après avoir accepté tous la fatwa contre les concerts des musiciens collabos, un quidam organisait son concert "Sima ekoli ". Il faudra dans l'avenir que les choses soient bien claires pour tout le monde, soit on est un résistant-patriote-combattant et on s'y tient dans sa ligne de conduite. Si l'on est un infiltré, un troubadour qui voudrait amuser la galerie, il faudrait qu'on soit exfiltrer sans ménagement !

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lundi 3 juin 2013

Val d'Yerres: La ligue des droits de l'homme s'informe sur le droit d'asile en France !

Il y a 3 ans, un collectif de soutien aux étrangers en difficulté a vu le jour sur le Val d’Yerres. «Il se composait de personnes préoccupées par leurs voisins, leurs collègues, etc., ayant des problèmes de droits», explique Fabrice Gauthier-Guenot, président de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme créée il y a bientôt un an. «Le collectif n’avait pas d’existence règlementaire ; nous avions donc besoin de créer une structure socialement reconnue.» D’autre part, le collectif n’apportait pas de soutien juridique. La Ligue des droits de l’homme apporte désormais son aide pour l’application du droit concernant les étrangers. Samedi dernier, nous étions dans le Val d' Yerres pour une conférence sur "Le droit d'asile en France" . Me Marianne Lagrue, avocat à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) et Freddy Mulongo, Réveil FM International, accrédité à l'ONU étaient des conférenciers. Nous ne pouvions ne pas répondre à cette invitation surtout que dans le Val d'Yerres, plusieurs requérants d'asile déboutés sont originaire de la République démocratique du Congo.

Fabrice Gauthier-Guenot, président de la section Val d'Yerres de la Ligue des droits de l’Homme. Photo Réveil FM

CNDA, seul recours contre les décisions de l'OFPRA

Pour contester le rejet de sa demande d’asile par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le demandeur doit s’adresser à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) dans un délai d’un mois. L’OFPRA dispose de quinze jours pour transmettre le dossier administratif à la Cour. Le cas échéant, le requérant peut être invité à le compléter. Le dossier est ensuite confié à l’une des dix divisions de la CNDA. S’il ne contient pas d’éléments sérieux de nature à remettre en cause la décision de l’OFPRA, il peut être rejeté par ordonnance. Dans le cas contraire, il est enrôlé à l’audience, et confié à un rapporteur pour être instruit et analysé au fond. Les parties et leur conseil sont convoqués cinq semaines avant la date de l’audience.

Juridiction administrative spécialisée, traitant les recours des demandeurs d'asile, la CNDA a été instituée en 2007 par la loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile. Administrée par le Conseil d’État, elle statue sur les recours formés contre les décisions de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en matière d’asile. Me Marianne Lagrue était à Kinshasa pour Avocats sans Frontières lors de la Transition 1+4=0. C'est à cette occasion qu'il avait pu rencontrer Floribert Chebeya, président de la Voix des Sans Voix (VSV). Assassiné en juin 2010 à Kinshasa, le dossier de l'affaire Floribert Chebeya, l'icône des droits de l'Homme a été volé chez l'un des avocats des parties civiles. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des voleurs se sont introduits dans le cabinet de Me Jean-Marie Kabengela Ilunga et ont pris "un poste téléviseur, une somme d'argent, des ouvrages, un sac contenant le dossier de l'affaire Floribert Chebeya et Fidèle Bazana" (Son beau frère et chauffeur, disparu). Me Marianne Lagrue s'occupe beaucoup plus actuellement des Guinéens. Aux Congolais déboutés et à ceux qui les accompagnent de savoir que l'expertise existe déjà.

Me Marianne Lagrue lors de son intervention sur le droit d'asile en France. Photo Réveil FM

Marianne Lagrue est présidente de la section parisienne du Syndicat des avocats de France (SAF) et membre du Conseil national des barreaux (CNB). Le contentieux de l’asile prospère d’année en année. En 2011, la CNDA a traité 34 595 dossiers (+ 44,6 % par rapport à l’année précédente), soit huit décisions de refus de l’OFPRA contestées sur dix. Pour faire face à cet afflux de procédures, les 70 présidents vacataires avaient déjà, en 2009, reçu le renfort de dix magistrats permanents. Depuis, un plan d’action a été décrété par les pouvoirs publics : embauche de rapporteurs supplémentaires – chargés d’instruire les dossiers –, révision des modalités d’enrôlement, dématérialisation des procédures… Objectif : ramener le délai prévisible moyen de jugement à six mois en 2013, contre quinze en 2010.

Les participants à la conférence sur le droit d'asile en France. Photo Réveil FM

Avant d'aller à la conférence, nous étions dans la salle paroissiale du secours catholique pour partager un repas. Éliane Charre, la responsable du secours catholique de Yerres était présente et avait disposé la salle. Jacques et Odette Jenny avaient apporté le repas, et Jacques nous avait impressionné avec sa scie à couper le pain québécois, Lorette Pasquier avait fait un gâteau, ... Fabrice Gauthier-Guenot avait ramené du pâté et de la boisson. Tout le monde avait apporté quelque, que les personnes que je n'ai pas cité les noms ne m'en tiennent pas rigueur.

Jacques et Odette Jenny, un couple engagé et généreux. Photo Réveil FM

Nathalie Bile, Lorette Pasquier, Odette Jenny et Eliane Charre du Secours Catholique. Photo Réveil FM

Jaques Jenny (debout) et Fabrice Gauthier-Guenot, président de la section Val d'Yerres de la Ligue des droits de l’Homme. Photo Réveil FM

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Rouge à lèvres – Obama ou l’art de justifier une marque suspecte par l’absurde

Barack Obama, le 28 mai à la Maison Blanche.

Mardi soir dernier, lors d'une soirée de gala organisée dans le cadre du mois de l'héritage des îles du Pacifique à la Maison Blanche, Barack Obama aurait pu être gêné d'arborer une trace de rouge à lèvres particulièrement visible sur le col immaculé de sa chemise. C'était sans compter les talents d'improvisation du président américain.

Alors qu'il entamait un discours très sérieux destiné à la communauté asiatique américaine sur la réforme de la loi sur l'immigration, Barack Obama a donc pris les devants face à ce qui sautait aux yeux de tous, et s'est livré à un petit sketch pour justifier la présence de cette marque d'affection.

"Je voudrais commencer par remercier tout le monde pour l'incroyable et chaleureux accueil que j'ai reçu ce soir. Un signe de cette chaleur est d'ailleurs... cette trace de rouge à lèvres sur mon col", déclare-t-il en pointant sa chemise du doigt.

"Je crois bien que je connais la coupable !", affirme alors le président. "Où est Jessica Sanchez [une ancienne candidate de l'émission de télé-crochet "American Idol"] ? Non, ce n'était pas Jessica, c'était sa tante ! Regarde, tata, ce que tu as fait !", s'exclame alors le président, provoquant les rires de l'assemblée.

"Je veux que tout le monde soit témoin. Je ne veux pas avoir d'ennuis avec Michelle. C'est pourquoi je donne votre nom devant tout le monde", conclut-il.

La fameuse Jessica Sanchez avait chanté sur la scène de la convention démocrate, en septembre 2012 :

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dimanche 2 juin 2013

Jean-Marc Ayrault, maître apiculteur

700 élèves ont découvert, vendredi 31 mai, le grand parc de Matignon. En effet, quelque 700 élèves de 38 classes parisiennes, franciliennes, et de provinces proches, ont découvert, le vendredi dernier, le grand parc de Matignon, résidence du Premier ministre.

Rue de Varenne (VIIe), depuis le 25 mai, le parc de Matignon compte trois nouvelles ruches, présentées aux élèves par Jean-Marc Ayrault

Dans le cadre de l'opération nationale, "rendez-vous au jardin", cinq classes ont ainsi pu rencontrer jean-marc Ayrault venu avec son épouse. "Ca c'est mon arbre. j'ai choisi de planter un magnolia Mont-Blanc parce qu'il a une histoire particulière avec la ville de Nantes", explique le Premier ministre aux apprentis fleuristes venus de Montreuil en Seine-Saint-Denis.

Pique-nique des élèves dans le jardin de Matignon.

Un immense parc de 3 ha

On poursuit la visite avec la présentation des trois nouvelles ruches du parc de Matignon, installées depuis le 25 mai, et qui fourniront bientôt le miel du Premier ministre. "Alors combien il y a d'abeilles dans une ruche ? " les enfants se disputent la réponse frénétiquement avant le verdict: "50 000" dévoile Brigitte Ayrault.

Brigitte Ayrault et un élève dans le jardin de Matignon.

Paris, hôtel Matignon, Brigitte Ayrault, l’épouse du Premier ministre, a accompagné les enfants dans la cuisine de l’hôtel Matignon, où ils ont confectionné un fraisier avec le chef pâtissier.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, son épouse Brigitte Ayraut , des élèves et enseignants.

Dans cet immense espace vert de 3 ha, le plus grand parc privatif de Paris, les élèves de la maternelle aux classes professionnelles ont pu admirer le travail des jardiniers comme celui des élèves de l'école Du Breuil (XIIe) qui a aidé à la conception des jardins de ministère. "C'est très revalorisant" d'être ici, souligne une enseignante; "On voit l'envers du décor des jardins de la République. "

Le couple de Matignon repart, tandis que continue le balais des élèves venus admirer les arbres des premiers ministres plantés depuis Raymond Barre, en 1979.

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Elections Louis Michel 2006: "Vérité des urnes", brouille entre le Cardinal Frédéric Etsou et l'abbé Apollinaire Malu Malu !

Hold-up électoral 2006=2011=2016 ? Les brontosaures du joséphisme y travaillent, les caciques de la Françafrique y veuillent, les lobbyistes affairo-mafieux continuent à faire mains basses aux ressources de la République démocratique du Congo. Et le peuple congolais ? Il continue depuis 2006 à aujourd'hui de réclamer la "Vérité des urnes". Sa voix est étouffée, ignorée, raillée...Plusieurs Congolais sont morts, assassinés, empoisonnés pour avoir réclamé cette vérité là, celle des urnes. Les élections ne sont pas une panacées dans une démocratie mais elles sont essentielles pour légitimer ceux qui aspirent à parler au nom du peuple. Les congolais sont-ils prêts à accepter que le cardinal Fédéric Etsou meurt pour la seconde fois avec Malu Malu à la tête de la CENI ?

Le Cardinal Frédéric Etsou est mort pour avoir dit la vérité aux congolais.

Comment comprendre que Joseph Kabila qui a soi disant était élu soit contraint d'organiser un dialogue inter-congolais (dialogue annoncée depuis le 15 décembre 2012 qui tarde à venir), alors qu'il a la majorité au parlement (chambre haute et basse), les ministres sont des joséphistes, les gouverneurs sont des Joséphistes, des juges et magistrats sont des joséphistes, même les bourgmestres sont tous des joséphistes. Précisons que les Congolais n'ont pas un problème entre eux, alors à quoi bon un dialogue inter-congolais ? Joseph Kabila n'est pas légitime, lui et sa bande gouvernent par défi en prenant en otage toutes les institutions de la République. Joseph Kabila est le vrai problème de la RDC !

Réveil FM International revient sur la brouille Cardinal Frédéric Etsou-abbé Malu Malu lors des élections Louis Michel 2006. L'arrogance de l'abbé Apollinaire Malu Malu de Butembo face à la demande du Cardinal Frédéric Etsou de dire la vérité au peuple, avait déjanté plus d'un. Quelques jours plus tard, le Cardinal Etsou mourrait, sans que sa mort ne soulève de l'émoi au sein de la population congolaise. Choc, tristesse, consternation, révolte, les mots ne sont pas suffisamment forts pour exprimer l’état d’âme des innombrables Congolaises et Congolais de Belgique et de l'espace Schengen partis à l’hôpital universitaire de Louvain au matin de ce dimanche 7 janvier 2007, rendre un dernier hommage au Cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa.

Dans son homélie du dimanche 7 janvier 2007 à 8 heures, le Cardinal Théodore Edgar Mc Carrick l'Archevêque de Washington annonce le décès de son grand ami le Cardinal Frédéric Etsou Nzabi Bamungwabi l'Archevêque de Kinshasa à l'âge de 77 ans. Le décès est survenu samedi le 6 janvier 2007 à 20h50' à l'Hôpital Universitaire (UZ) Gasthuis à Louvain en Belgique.

Selon les proches du Cardinal Théodore Edgar Mc Carrick, le Cardinal Frédéric Etsou souffrait d'un diabète instable mais son état de santé n'inspirait aucune inquiétude jusqu'à sa fameuse déclaration fracassante sur Radio France Internationale, dénonçant les irrégularités constatées par les témoins de l'église Catholique présents dans tous les bureaux de vote et, l'inexactitude des résultats officiels, du deuxième tour de l'élection présidentielle, publiés par la Commission Electorale Indépendante (CEI) au profit de Joseph Kabila. Le Cardinal Frédéric Etsou n'a pas hésité à mettre en doute publiquement la probité morale de l'Abbé Apollinaire Muholongu Malumalu Président de la CEI et son rôle très actif dans le hold-up électoral en RDCongo. Le Cardinal a eu le courage politique d'appeler les Congolais à ne pas laisser leur pays sous la coupe des étrangers…

Le Cardinal Frédéric Etsou, 77 ans, est décédé samedi 6 janvier à la Clinique universitaire de Louvain (KUL), en Belgique. Officiellement, il souffrait de diabète et d'un œdème pulmonaire qui l'aurait emporté. Les spéculations vont bon train tant sur les causes "réelles" de la "dégradation brutale" de sa santé ayant conduit à l'issue fatale que sur le nom du probable successeur. "On ne peut rien exclure !". C'est la déclaration faite sous l'anonymat par l'un des proches du défunt citant un des médecins traitants.

Depuis une semaine, confie cette source, "les organes vitaux du patient Etsou — à savoir les reins, les poumons et le foie — se sont détériorés en un temps record à la stupéfaction du corps médical". Selon certains témoignages, depuis quelques mois, le visage du cardinal était sujet à une "éruption cutanée" d'origine inconnue.

Des internautes ont affirmé le plus sérieusement du monde que le visage de Frédéric Etsou ressemblait de plus en plus à celui du président ukrainien Viktor Iouchtchenko, victime d'un empoisonnement à la dioxine. L'information n'a pas été démentie par les visiteurs qui ont eu accès au malade.

L'archevêque de Kinshasa, présentait, selon eux, les signes de quelqu'un qui a ingurgité des substances nocives. C'est un euphémisme. Certaines sources assurent que l'examen du sang aurait révélé "des traces de dioxine". D'autres sources parlent de "traces de cyanure". Qui dit vrai ? Spéculations ?

Vendredi 5 janvier, on apprenait dans la soirée que le prélat était placé sous assistance respiratoire. Un prêtre lui aurait même administré le "dernier sacrement". A l'évidence, la situation était aussi grave que désespérée. "Le Cardinal Frédéric Etsou-Nzabi-Bamungwabi est mort". Cette nouvelle s'est répandue le lendemain soir à Bruxelles et Paris comme une traînée de poudre. Contactés, certains membres de l'entourage du regretté cardinal dissimulaient à peine un certain sentiment de révolte. De quoi souffrait Frédéric Etsou ? Selon une source médicale congolaise, l'homme était sujet à des problèmes "diabétiques" depuis la fin des années 90. "Le diabète peut générer des complications cardiaques", ajoute-t-elle. Œdème pulmonaire Selon certains témoignages, les médecins de la KUL ont constaté, ces derniers jours, la présence d'une assez importante quantité "d'eau " dans les poumons du patient.

Selon un expert, "c'est un indice certifiant que le cœur ne pompe plus de manière optimale".

Apollinaire Malu Malu veut revenir en force à la CENI alors que la CEI a encore des cadavres non élucidés dans les placards.

L'évêque Melchisedek Sekuli est un proche de Joseph Kabila. Pour la petite histoire, Melkisedeck Sekuli serait le "parrain" de l'abbé Apollinaire Malu Malu de Butembo. Au début de l'an 2000, les deux religieux animaient une association de défense des droits humains dans la partie orientale du pays, occupée à l'époque par les rebelles du MLC de Jean-Pierre Bemba et ceux du RCD-Goma d'Azarias Ruberwa.

Selon Paul Nsapu, président de la Ligue des électeurs, c'est par cette voie que Sekuli et Malu Malu sont entrés dans les bonnes grâces de la Présidence de la République de Joseph Kabila. Selon des analystes, l'histoire du "cannibalisme" imputé à Jean-Pierre Bemba Gombo aurait été montée "de toutes pièces" par l'association dirigée par ces deux religieux.

Incompris par certains, applaudis par d'autres, le cardinal Frédéric Etsou a marqué son époque. L'homme aimait dire à haute voix son attachement à la vérité, à la paix et à la compassion. Dimanche 23 avril 2006, recevant des journalistes kinois à l'issue d'un séminaire, l'homme a dit tout haut ce que la majorité de ses concitoyens murmuraient tout bas : "Vous avez laissé ce pays entre les mains des étrangers qui sont en train de le diviser." C'est le tollé général. Chaque acteur donna à cette phrase sa propre interprétation. Certains n'ont pas hésité à y voir un hymne à la xénophobie. "Xénophobe", "mobutiste invétéré", autant de qualificatifs lancés à la face de l'outrecuidant prêtre accusé, plus à tort qu'à raison.

Après le second tour de l'élection présidentielle, Etsou est revenu à la charge en jetant un immense pavé dans la marre. Il accuse l'abbé Malu Malu, le président de la CEI (Commission électorale indépendante) de s'être livré au tripatouillage des résultats électoraux.

Dans une intervention faite le 13 novembre 2006 sur radio France internationale, qui prend désormais le relief d'un testament politique, le cardinal Etsou tonne : "Moi, personnellement, comme pasteur, je n'accepte pas ce mensonge. Il faut la vérité. L'abbé Malu Malu doit se conformer au verdict des urnes. Il ne peut pas se permettre qu'on falsifie le verdict des urnes". Et d'ajouter : "Je dis non à toute tentative d'imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ses commanditaires étrangers."

Cueilli à froid, Apollinaire Malu Malu de réagir : "Je suis étonné par cette déclaration, d'autant plus que le Cardinal n'a pas participé aux élections. Je trouve que c'est une déclaration dangereuse qui ne reflète pas la réalité." Dans une missive adressée à la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) en date du 30 novembre dernier, le cardinal note en liminaire qu'il est retenu à Bruxelles "pour raisons de santé". Commentant sa déclaration sur RFI, il écrit : "Nous pasteurs du peuple de Dieu, avons une mission délicate et difficile : celle d'être serviteurs de la vérité et non du mensonge. Et cela avec courage. (…). Notre prise de position en tout moment doit être en faveur du peuple de Dieu. Ouvrons nos yeux dans nos diocèses pour voir la misère de notre peuple, ouvrons nos cœurs devant plus de 4 millions de Congolais tués par la guerre inutile d'occupation, guerre qui a généré et continue de générer la faim et les maladies et la division des familles, pendant qu'elle a servi à tous les belligérants pour s'enrichir et vendre le pays aux étrangers."

Et de poursuivre : "Comme tout le monde, nous disposons des informations sur les vrais résultats électoraux du 30 octobre dernier. (…). Ces résultats diffèrent de loin de la mascarade politique que nous venons de vivre le mercredi 15 novembre par la déclaration de la CEI et du verdict de la Cour suprême de Justice du lundi 27 novembre 2006. (…)".

Pour le Cardinal Etsou, les Congolais doivent "fermement condamner la logique dans laquelle la communauté internationale avec la complicité de quelques Congolais nous a enfermés, logique selon laquelle l'Est appartiendrait à Joseph Kabila et l'Ouest à Jean-Pierre Bemba ! Un gros mensonge à rejeter en bloc".

Pour lui, les Congolais doivent, de même, affirmer "avec sérénité l'unité nationale et l'intégrité du territoire congolais".

Il souligne que "malgré les astuces de certains, moi, je continuerai à parler au nom des 8 millions d'habitants qui constituent l'Archidiocèse de Kinshasa !" Et de conclure : "Je plaide pour la libération de Me Marie-Thérèse Nlandu et d'autres innocents injustement retenus en prison. Et je désire tant la paix, la justice pour mon peuple. (…)."

Déclaration du cardinal Etsou

« Je dis fermement non, et non à toute manœuvre qui mettrait en cause le libre choix, transparent et démocratique du peuple congolais. Nous savons que le président sortant, dans beaucoup de coins, n’a pas les résultats qu’on essaie de faire sortir comme on a fait au premier tour. Je demande également à la communauté internationale de s’abstenir de toute tentative d’imposer au peuple congolais celui qu’il n’a pas choisi comme son président. Toute tentative de ce genre serait un acte grave d’irresponsabilité et pourrait entamer et hypothéquer tout ce qui fait le prestige et la fierté de l’Occident. Je dis non à toute tentative d’imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ces commanditaires étrangers». « Je suis très inquiet, parce que je vois que les choses ne se déroulent pas comme elles devraient se dérouler. La chose la plus importante, la publication des résultats des élections. Mais il me semble qu’il y a déjà des manœuvres. Des résultats que nous connaissons de plusieurs coins de la République ne sont pas les résultats qu’on semble essayer de publier. Nous savons que le président sortant, dans beaucoup de coins, n’a pas les résultats qu’on essaie de faire sortir cette fois, comme on l’a fait au premier tour. Alors que nous avions dit que nous voulons des élections libres, transparentes et démocratiques. Et ce n’est pas cela qui se manifeste. Moi, personnellement comme pasteur, je n’accepte pas le mensonge. Il faut la vérité, la vérité des urnes. L’abbé Malu Malu doit se conformer au verdict des urnes. Il ne peut pas se permettre qu’on falsifie le verdict des urnes. Après la publication du premier tour, il y a eu des bagarres, des affrontements, il y a eu des morts. Et c’est cela que je refuse. Je ne veux pas des morts inutiles dans mon pays. Ce que nous voulons, c’est la paix».

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samedi 1 juin 2013

Valérie Trierweiler à l'ONU, Sebastien Mutomb Mujing déclare que le viol en RDC n'est qu'un épiphénomène

Depuis que plusieurs médias dont Réveil FM International ont annoncé le déplacement de Valérie Trierweiler à l'ONU-Genève pour la cause des femmes congolaises violées au Kivu, le régime de Kinshasa a sombré dans le négationnisme. Le chargé d'affaires de Joseph Kabila, Sebastien Mutomb Mujing, qui a encore raté une occasion pour se taire, avait reçu une mission claire: il faut brouiller les cartes, nier publiquement que les femmes ne sont pas violées au Congo. Lui dont le légendaire absentéisme est connu de tous, Sebastien Mutomb Mujing était jeudi 30 mai 2013 dans la salle de conférence de Valérie Trierweiler. Pas tout seul avec son Atalaku, un chroniqueur musical qui jouait du rabatteur pour brouiller les conférenciers sur les vraies réalités du viol en République démocratique du Congo. Fort heureusement, comprenant la manœuvre ni Valérie Trierweiler, ni Paul Nsapu encore moins l'ambassadeur de France auprès de l'ONU n'ont cédé à la tentation de s'écarter de la ligne qu'ils s'étaient fixés pour atteindre leurs objectifs. Sebastien Mutomb Mujing, le chargé d'affaires ai Ad vitam æternam intervenant dans le panel, a réagi négativement à l' appel de Valérie Trierweiler contre les viol des femmes congolaises dans les kivu, qualifiant les viols "d'épiphénomène", appelant à "considérer le problème dans sa globalité (...) une conséquence de la guerre qui nous est imposée de l'étranger".

Jeudi 30 mai, Valérie Trierweiler à l'ONU-Genève. Photo Réveil FM

Sébastien Mutomb Mujing, le chargé d'affaires de Joseph Kabila (premier à gauche) a qualifié le viol des femmes congolaises d'épiphénomène. Photo Réveil FM

Un épiphénomène désigne ce qui se surajoute à un phénomène sans exercer sur lui aucune influence1. Autrement dit, c'est une manifestation pure, un aspect ou une apparence particulière d'un phénomène sous-jacent, et non une manifestation possédant une réalité indépendante capable d'exercer une rétroaction sur le phénomène qui lui a donné naissance.

On qualifie d'épiphénomène un phénomène dont on suppose ne percevoir qu'une petite partie de ce qui est à l'œuvre réellement. Un épiphénomène est donc la manifestation de mécanismes dont on ne connaît qu'une partie ou que l'on ne connaît pas encore. D'où le fait que l'épiphénomène soit usuellement considéré comme mineur et sans importance.

Projection du film: "Au Kivu, on viole et on massacre dans le silence" !

A Réveil FM International, nous avons toujours dit ouvertement que la mission diplomatique de la RDC auprès de l'ONU n'est pas bien tenue. Sébastien Mutomb Mujing est plus un enseignant son ancien métier qu'un diplomatique. En tentant de banaliser le viol des femmes congolaises pour sauver le régime dictatorial de Joseph kabila, Sébastien Mujing Mutomb pousse les gens bien intentionnés à mieux fixer leurs projecteurs sur la République démocratique du Congo, devenue, la capitale mondiale du viol. Être diplomate ne veut pas dire raconter des balivernes sur la vérité limpide comme l'eau de source, mais reconnaitre les insuffisance pour mieux avancer. Sébastien Mutomb Mujing n'a qu'aller se rhabiller ! Ses mensonges n'impressionnent que ceux qui ignorent encore qu'en République démocratique du Congo, Joseph Kabila dirige par défi car non légitime et non élu. Les institutions sont prises en otage par des mammouths joséphistes !

Interrogée sur la fameuse réaction de Sébastien Mutomb Mujing, Valérie Trierweiler a souligné qu'il "y a des diplomates qui sont là pour ça", pour faire passer une résolution. Avant de présider ce panel, Mme Trierweiler s'est entretenue avec la Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, Mme Navi Pillay.

Jeudi 30 mai, le docteur Bernard Creze et Valérie Trierweiler dans le TGV Paris-Genève.

Elle regarde les montagnes suisses encore partiellement enneigées dans le train qui file vers Genève puis revient aux quatre pages du texte de ses "élements de discours" dans son dossier jaune. Mais il ne faut surtout pas dire que Valérie Trierweiler va faire un discours à l'ONU. "Un discours, je ne sais pas faire", jure l'ambassadrice de France-Libertés. La compagne du chef de l'Etat était donc jeudi 30 mai au siège européen de l'ONU, à l'occasion de la 23ème session du Conseil des Droits de l'homme, pour une "simple intervention" visant à sensibiliser la communauté internationale aux centaines de milliers de viols en République Démocratique du Congo.

Installée avec ses deux gardes du corps, Patrice Biancone, son chef de cabinet, Emmanuel Poilâne, directeur de la fondation Danielle-Mitterrand-France-Libertés et le professeur Bernard Creze, Valérie Trierweiler indique que le projet a débuté cinq mois avant.

Des horreurs de femmes violées du Kivu étaient décrites dans une tribune publiée le 25 décembre dans Le Monde intitulée "Au Kivu, on viole et on massacre dans le silence". Valérie Trierweiler raconte comment elle a récolté la signature de Jacques Chirac "via Claude Chirac", énumère fièrement les autres signataires - Robert Badinter, Yamina Benguigui, Abdou Diou ou encore Muhammad Ali - et lance, catégorique, "si on avait eu plus de temps, on en aurait eu beaucoup plus". Mais pendant que Valérie Trierweiler plaisante - "J'ai hérité du don du président qui est de faire pleuvoir" - les hommes chargés de la protéger sont sur les dents. Ils se lèvent fiévreusement à chaque arrêt en gare, craignant une nouvelle confrontation avec les opposants au mariage homosexuel.

Arrivés à la gare de Genève, pas un T-shirt "manif pour tous" en vue. Direction le palais des Nations.

Début de la 23ème Session du Conseil des Droits de l'Homme, co-organisée par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme(FIDH).

L'ambassadrice de France-Libertés pose devant la dizaine de photographes. Son chef de cabinet s'installe derrière elle et tweete une photo de sa rencontre, en arrivant, quelques minutes plus tôt, avec la Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme. "Je voudrais d'abord dire combien je suis fière et heureuse d'être avec vous", commence d'une toute petite voix la Première dame venue demander le vote d'une résolution "pour mettre fin à l'impunité" devant une cinquantaine de délégations internationales. Dont "un nombre impressionnant d'ambassadeurs qui ne seraient pas venus sans elle", selon l'appréciation de la FIDH.

Valérie Trierweiler poursuit en rappelant son voyage en RDC, en octobre 2012, et les mots de François Hollande : "Le corps des femmes est le nouveau champ de bataille des groupes et des forces armées.""Il s'agit de détruire leur appareil génital", précise-t-elle. Quelques minutes plus tard, illustration dans une vidéo volontairement choquante. L'horreur. Des images insoutenables de vagins perforés par des bâtons et des témoignages sur des viols de femmes et d'enfants. Certains âgés de trois ans. La salle grimace.

Le jeune représentant de Grande Bretagne devient blême. Chacun adopte un Chacun adopte une stratégie pour détourner les yeux. L'ancienne présentatrice de Direct 8 distribue ensuite la parole à ceux assis à ses côtés puis aux différentes délégations. Celle de la République Démocratique du Congo, assise au premier rang. La Belgique, l'ancienne puissance coloniale. Le Canada - "Merci madame la présidente, merci de votre leadership" et la mission permanente de la France à Genève. Carambolage visuel étonnant. Alors que la salle évoque horrifiée les fistules, ces séquelles du viol, un projecteur diffuse une sélection automatique de tweets mentionnant @valtrier. Et l'on peut donc voir des tweets sarcastiques de la "manif pour tous" se moquant de "Pépère et la @Valtrier" défilant juste derrière la tête de Valérie Trierweiler pendant qu'elle s'exprime sur l'inextricable conflit congolais. Fin de "l'évènement parallèle".

Après un conciliabule avec trois ambassadeurs, la petite délégation française traverse l'immense palais des Nations.

Valérie Trierweier est attendue pour l'enregistrement d'une interview diffusée en début de soirée sur la radio télévision Suisse. Dernier rendez-vous avant de reprendre la route, une conférence de presse devant une quinzaine de journalistes. Outre les médias français, la presse suisse et plusieurs médias internationaux entendent Valérie Trierweiler répéter les mots de son compagnon - qu'elle appelle toujours très formellement "le président de la République" - et ajouter : Je crois qu'en commençant avec la RDC, on montrera l'exemple à toute la planète. [...] Ce sont des femmes qui sont violées, dont on détruit l'appareil génital, pour qu'elles ne puissent pas se reproduire. Cela s'appelle un génocide. Interrogée sur son rôle, l'ambassadrice de France-Libertés qui annonce une visite "prochainement"à l'hôpital de Panzi, en RDC - avec Yamina Benguigui et préconise la nomination d’un "expert indépendant", répond : Si ma petite voix peut apporter quelque chose... [...] Je n'arriverai pas à moi seule à mettre fin à ce conflit qui dure depuis 20 ans. Il faut le relayer. Je suis là pour être le porte-parole des femmes que nous n'entendons pas.

Quelques minutes plus tard, les policiers suisses ouvrent le convoi de voitures qui ramène Valérie Trierweiler à la gare de Genève. Et les policiers suisses sont fâchés avec les feux rouges. Alors que l'ambassadeur disparaît à l'horizon, petit point sur le quai de la gare, dans le train du retour, les gardes du corps sont beaucoup plus zen qu'à l'aller. Leur patronne n'a pas été confrontée directement à la poignée d'opposants au mariage homosexuel qui espéraient la rencontrer. Ils lui ont fait remettre une lettre.

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ONU, la courageuse Valérie Trierweiler "Pour briser le silence du drame des femmes violées en RDC"

La compagne de François Hollande a présidé jeudi un panel en marge de la session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, à Genève. «J’espère faire sortir du silence ce drame, un drame dont on ne parle pas, qui dure depuis plus de 20 ans: 500.000 femmes ont été violées», a-t-elle déclaré, entourée de Paul Nsapu Mukulu, le secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

Paul Nsapu Mukulu, le secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et Valérie Trierweiler, Présidente de France Libertés. Photo Réveil FM

Devant de nombreux ambassadeurs de pays occidentaux et de pays africains, elle a demandé que le Conseil des Droits de l'Homme "dans sa prochaine session en septembre adopte une résolution pour mettre fin à l'impunité", alors qu'elle présidait un panel en parallèle à la session du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU."La France soutiendra cette résolution de façon active", a-t-elle ajouté. "J'espère faire sortir du silence ce drame, un drame dont on ne parle pas, qui dure depuis plus de vingt ans, 500.000 femmes ont été violées", a-t-elle déclaré. Mme Trierweiler intervenait comme "ambassadrice" de la Fondation France Libertés, co-organisatrice de l'évènement avec la FIDH, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme.

Valérie Trierweiler, Présidente de France Libertés. Photo Réveil FM

"Si ma petite voix peut apporter quelque chose", a commenté pour les journalistes la Première dame en rappelant qu'elle s'était rendue en RDC en octobre avec le président François Hollande à l'occasion du Sommet de la Francophonie. Elle y avait rencontré des victimes de viols.

Pour France-Libertés il s'agit de soutenir les différentes mesures et initiatives déjà prises par la communauté internationale face à ce drame qui a fait du viol et des mutilations des femmes "une arme de guerre" dans les conflits qui ravagent l'est de la RDC.

Mais il faut aussi créer des "gardes fous afin d'éviter davantage de dommages infligés aux civils" avec un mécanisme onusien, comme un expert indépendant, pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme et des victimes des violations.

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