La candidature et victoire du Rwanda fait grincer des dents : d'abord, parce que le pays africain a tourné le dos à la langue de Molière en remplaçant le français par l'anglais dans son cursus d'enseignement en 2010, et son bilan en matière de droits humains est bien peu reluisant. Sur les 54 États membres de l'OIF sur le continent, une vingtaine sont des dictatures ou des régimes autoritaires !

Cela dit, même dans les milieux politiques de l'Hexagone, l'appui d'Emmanuel Macron à Louise Mushikiwabo a suscité du mécontentement, si bien que quatre ex-ministres français responsables de la francophonie ont publié en septembre une tribune dans le quotidien Le Monde pour critiquer la Rwandaise. Le titre de leur lettre, Louise Mushikiwabo n'a pas sa place à la tête de la Francophonie, dit tout.

La Rwandaise Louise Mushikiwabo remporte la mise ! La Francophonie mondiale sera dirigée par une ressortissante d'une nation où à peine moins de 1 % de la population parle le français - et elle aura été désignée à l'issue d'un sommet qui se sera tenu dans un pays, l'Arménie, où ce pourcentage est similaire, voire inférieur.

Et sur les 84 États membres de plein droit, associés et observateurs de l'OIF, nombreux sont ceux à ne pas avoir le français comme langue officielle ou d'usage. Quelle est donc la raison d'être de cette institution, et pourquoi des pays où le français est marginal cherchent-ils à y adhérer ? « C'est l'attrait pour le réseau coopératif. Le français reste la deuxième langue internationale, et il y a des pays qui veulent miser sur le français pour pouvoir s'intégrer dans des réseaux internationaux. Il y a peut-être des pays là-dedans qui ont de la difficulté à composer avec l'anglais et le Commonwealth, et qui voient dans l'OIF une alternative pour faire avancer d'autres projets » !

L'élection d'une secrétaire générale issue d'un pays où le français est bafoué pose problème !