Le sortant a usé de tous les moyens pour conserver le poste qu’il occupe depuis 1982. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), au pouvoir depuis trente-six ans, est parti une fois encore favori dans la bataille. Bien avant la convocation du corps électoral, ce parti a occupé la scène politique de manière permanente et large. De nombreux meetings ont été organisés sur toute l’étendue du territoire avec, en toile de fond, un appel à soutenir la candidature du président Paul Biya. Ses membres, en guise de bilan, Paul Biya, candidat du peuple. L’ensemble de ces actions a été assorti d’un grand tapage médiatique, mais aussi d’une présence constante dans des débats qualifiés de libres sur des chaînes de télévision privées.

Du côté de l’opposition, lorsque ce n’est pas la confusion qui régnait au sein des partis, c’est le pouvoir en place qui créait toutes sortes d’obstacles. Des autorisations de manifester délivrées au compte-gouttes, un accès aux médias publics très limité alors même que ces médias sont financés par les impôts des citoyens. Au sein de la société civile et d’une partie de l’opposition, on a d’autres préoccupations. Déjà l’absence, dit-on, d’ouverture dans la manière dont le scrutin se prépare. Les arguments ne manquent pas. Le régime a réussi à mettre en place une instance de supervision des élections telle qu’il l’avait voulue [Elections Cameroun (Elecam)]. Le vote de la diaspora est complètement verrouillé en l’absence de toute statistique fiable et connue. Face à un régime prêt à tout pour conserver le pouvoir, on retrouve une opposition qui semble essoufflée.