Il aurait pourtant été simple de trouver la vérité dans l'histoire du père Wenceslas pour ses actions à la tête de la paroisse de la Sainte-Famille à Kigali, transformée en camp de déplacés, rassemblant jusqu'à 18 000 personnes entassées sur moins d'un kilomètre carré. Quand j'ai écrit, en 2005, Noires Fureurs, blancs menteurs, il m'a fallu moins d'un mois pour constater que le vicaire de Gisors était victime d'un montage de fausses accusations, lancées dès le début par les autorités de Kigali qui l'avaient inscrit sur la liste des « génocidaires » sous le numéro 421. J'avais notamment rencontré l'abbé Célestin Hakizimana, considéré à Kigali comme un juste, qui, au centre pastoral Saint-Paul mitoyen de la Sainte-Famille, était mieux placé que quiconque pour me décrire la vraie attitude de Wenceslas, celle d'un homme actif qui a fait tout ce qu'il a pu pour protéger les réfugiés de la Sainte-Famille. Même si, inévitablement, des gens ont été tués, c'est l'une des rares paroisses où les réfugiés ont pu se cacher jusqu'à la fin du génocide. Le prêtre n'a jamais laissé les réfugiés aux mains des miliciens.