Corruption, prévarication et népotisme rongent le Congrès national africain (ANC), parti de la libération, et gangrènent l’ensemble des rouages de l’Etat, de l’économie, du système social. l’oligarchie noire, souvent issue des rangs de l’ANC, avec sa mainmise sur les banques, groupes miniers et autres entreprises d’Etat, engendre un nouveau type d’apartheid. Non plus Blancs contre Noirs, même si la ségrégation raciale n’a pas disparu du jour au lendemain. Mais riches contre pauvres. Très riches contre très pauvres. Une logique insupportable dans un pays dit “émergent”.

Achille Mbembe est lui aussi revenu sur le racisme intériorisé, théorisé par Frantz Fanon en 1952 dans Peau noire, masques blancs, et qui fait dire à certains que les violences relèvent de «l'afrophobie». «Comme Frantz Fanon l'avait prévu, les formes sud-africaines du nationalisme noir se transforment en formes virulentes de racisme noir contre noir. Projet ethno-racial, cette nouvelle forme de nationalisme noir cherche à faire sécession de l'Afrique et de ses diasporas. Elle s'est forgée deux ennemis, un ennemi qu'elle craint et qu'elle envie (la blancheur ou le capital monopolistique blanc) et un autre qu'elle déteste et méprise (les Noirs d'ailleurs)», a déroulé le penseur.

En Afrique du sud, des noirs contre des noirs, xénophobie et afrophobie. Charlie Mingiedi, président de la CCRSA sonne encore le tocsin.