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RDC: Christian Badibangi, l'insurgé !

Les photos de M.Christian Badibangi, président de l'union des socialistes congolais interné aux cliniques universitaires sont insupportables. Son bras droit a été broyer par les militaires qui ont attenté à  sa vie.

Il est rare de voir les acteurs politiques congolais rouler à  vélo ou sur une moto. Si l'acteur politique Christian Bandibangi, le jour de son agression était sur sa moto et avait emprunté la route qui va de rond point Ngaba vers l'Upn en passant par la commune de Selembao. Cela prouve à  dessein qu'il n'avait pas peur de son peuple surtout que son quartier général est à  Ngaba, l' une des quatres communes populeuses de Kinshasa. Durant la transition congolaise, j'ai eu l'occasion à  deux reprises d' interviewer M.Christian Badibangi, président du Parti Socialiste Congolais (USC). La première fois il était venu avec son fils dans notre studio et la seconde fois par téléphone. A la station, l'émission qui dervrait durée une demi-heure avait pris une heure. Christian Badibangi est un revolté, un insurgé qui est passionné pour son pays. Il vous emballe, vous embarque , il faut être assez fin pour toujours revenir aux sujets traités. L'ancien ministre des Affaires étrangères issu de la conférence nationale souveraine (cns) n'a jamais renié sa filiation politique tshisekediste. Ce qui est tout à  son honneur. Fin juillet 2006, à  quelques jours du premier tour des élections du présidentielles , dans l'avion Hewa Bora, qui nous amenait à  destination de Mbuyi-mayi dans le Kasai Oriental, Christian Badibangi m'invite à  sa place pour discuter, notre causerie dure une trentaine de minutes avant que les hà´tesses nous servent à  bord. Le drame qui vient de frapper Christian Badibangi nous pousse à  réflechir sur deux institutions: l'armée et la Haute autorité des Médias.

Les soudards ou élèments incontrà´lés ?

L'expression "Makila na biso pona Ekolo" " Nous verserons notre sang pour la patrie" doit sa place dans le lexique de notre armée. Dans dans toutes les armées du monde , il ya de bons militaires et moins bons. Le nombre de meilleurs élements doit toujours supérieur par rapport au mois bons pour ne pas altérer l'image de l'armée. Or qui sont les miltaires dans nos FARDC?. Sont-ils vraiment bien formés?. Savent-ils qu'ils ne sont pas ennemis de la population congolaise?. Leur ont-ils appris qu'ils sont là  pour protéger et sécuriser tous les congolais sans tenir compte de leur tribus, religions ou partis politiques? Savent-ils qu'ils ont à  l'objection de conscience?. Et qu'ils ne sont pas obligé d'agir contre leur gré même si l'ordre vient d'en haut?. Ignorent-ils que M.Christian Badibangi de l'opposition extraparlementaire qu'ils viennent de broyer le bras avec leur Kalachnikov peut demain occuper une fonction importante dans ce pays?. L'alternance politique fait toujours que l'opposition politique non armée arrive au pouvoir. Tant que notre armée ne sera pas une armée de professionnels mais plutà´t des miliciens brassés, des soudards et "élèments incontrà´lés" de telles bavures ne sont pas à  exclure. L'armée étant la colonne vertébrale de la démocratie, il est plus qu'urgent que les acteurs politiques au pouvoir comme ceux de l'opposition soient respectés et protegés. A quoi bon voter au parlement un amendement spécial pour l'opposition si les opposants ne sont pas sécurisés.

La Haute Autorité des Médias

Durant la transition, en vue de régenter les esprits, la Haute Autorité des Médias (HAM) n'a fait que museller les acteurs politiques, les journalistes et les médias. Prédateur de la liberté d'expression, Modeste MUTINGA, qui aujourd'hui siège au sénat pour le compte de l'AMP, avec ses suspensions alambiquées, farfelues, ne visait qu'une chose "diaboliser" les acteurs politiques de l'opposition avant et pendant les élections. Ceux qui avaient leur médias pouvaient s'exprimer et ceux qui n'en avaient pas , leur salut était dans le "Silence". M.Christian Badibangi, M.Gabriel Mokia, M. Gaston Dindo, M. Roger Lumbala, M. Jean Baptiste Bomanza, Mme justine Kasa-vubu et autres... ont souvent été frappés abusivement par les embargos de la HAM pour s'être librement exprimés. L'obscurantisme prà´né et défendu par la HAM a fait que tout devenait "tabou" alors que le rà´le d'une élection est de "détabouïser" la politique et ceux qui la font en informant clairement les populations. Ce n'est que mieux informés par les partis politiques et les médias que les populations mettent leur bulletins dans les urnes. Or à  force de suspendre les acteurs politiques pendant la période électorale pour un seul et même motif: "propos discourtois et discriminatoires", un délire paranoïaque. Inconsciemment, dans un pays aux règles non démocratiques, les acteurs politiques paraissent comme des boucs émissaires auprès des hommes en uniformes. Ces derniers se croient tout permis sur eux: ce sont les militaires qui arrêtent les acteurs politiques, ce sont eux qui assiègent leur maison. La démocratie n'est pas un état , mais un voyage qui se confirme par la pratique et non le discours.

 La HAM, a sa part de responsabilité dans ce qui est arrivé à  Christian Badibangi, elle a souvent empêcher ce dernier de s'exprimer librement dans les médias congolais

La Solidarité de la diaspora congolaise

Elle est manifeste, l'information est passée au sein de la diaspora congolaise. Il faut simplement mieux l'organiser. Une solidarité individuelle est moins éfficace que groupée et structurée. Il faudrait par exemple contacter une ou deux agences congolaises qui ont pignon sur rue. Négocier avec eux, pour les envois d'aide groupés pour M.Christian Badibangi dont la seule réceptionniste ne pourra être que son épouse Mme Sylvie Badibangi.

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