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Sans transports, la RDC ne vaut pas ....

Le train congolais

Henry Morton Stanley s'adressait ainsi au roi Léopold II: " Sans le chemin de fer le Congo ne vaut pas un penny ". Ce qui manque à  la République Démocratique du Congo, pays aux dimensions d'un continent, ce sont les transports de masse. Kinshasa, la capitale de 8 millions d'habitants manque cruellement de transports publics. Dans la majorité de grands centres urbains provinciaux, ces sont les "toléka", vélos taxis et motos qui font l'affaire. Les antonov 26, 28 et 32, véritables cercueils volants polluent le ciel congolais. Les crash ne sont plus à  compter. Quand aux trains s'ils ne sont pas en retard, ils déraillent une ou deux fois par semaine...

Bourlingueur, j'ai pris souvent l'avion pour sillonner la République démocratique du Congo.. Mais rien n'est plus risquant de prendre les antonov qui polluent le ciel congolais. Appareils vétustes aux cargaisons douteuses. Ces vieux coucous surchargés qui gagnent l'intérieur du pays et livrent habituellement du fuel, de la bière et des produits alimentaires, notamment les poissons chinchards surnommé " Thomsons" par les congolais. Les vols passagers - semi cargo sont fréquents. Parmi les destinations à  risque: Tshikapa dans le sud du Kasaï Occidental. Les avions partent de Kinshasa sur-booké et rentrent souvent vides. Un avion ou plusieurs avions atterrissent toutes les heures à  Tshikapa. Et c'est à  l'aéroport que les passagers achètent leurs billets pour la capitale. Rien d'étonnant qu'il y ait autant des crach au congo-démocratique, dans une période de moins de deux ans , nous en avons répertorié quelques uns: Convair 58 affrété par la compagnie peace airlines compagnie (PAC) qui avait décollé le jeudi 27 avril 2006 vers 7h30 GMT de Goma s'était écrasé sur la piste de l'aédrome d'Amisi à  400 km de Goma; juin 2006, un Antonov 28 de la compagnie Air Traset s'écrase près de Bukavu: 17 morts; 8 juillet 2006, un cargo-Antonov de Mango airlines se crashe près de Goma; l'Antonov de Malila- Airlift s'était écrasé à  Bandundu ville, Karibu Airways à  Kamina, un député de la transition trouva la mort le 21,06, 2007; l'Antonov d'air Kasaï à  Boende dans l'Equateur...

Clandestins ou irréguliers ?

Mettre le drapeau en berne, décréter un deuil national de trois jours, c'est très louable de la part du gouvernement congolais. Mais , on aura tout du même, tout entendu avec le déraillement du train de Kakenge dans le Kasaï Occidental. " Les morts voyageaient clandestinement sur les toits des wagons ou entre les wagons de marchandises lorsque l'accident est survenu". " Ce sont les sacs de maïs qui ont favorisé les décès de plusieurs clandestins". Peut- on "Kabayïder" ou faire le "Kambelembele" sur les toits des wagons sans être vu et demeurer un clandestin?. Peut-on être un clandestin dans son propre pays?. On peut voyager d'une manière irrégulière sans toutefois être un clandestin, les voyageurs ont besoin des titres de transport et non pas des titres de séjours. Les expressions des autorités congolaises face au déraillement du train de la SNCC ont été parfois décoiffantes. Les agents de la SNCC, qui sont impayés depuis 28 mois, s'arrangent toujours pour percevoir quelques sommes d'argents auprès des "Damnés" congolais, ceux qui n'ont rien et sont encore dépouillés. Les images de la calamité sont insoutenables: les cadavres jonchés par terre recouverts à  peine des pagnes de leurs proches. Qu'à -ton fait des cadavres?. Ont-ils été identifiés et remis à  leur famille?. Les irréguliers sans papiers ont-ils été enterrer dans les fosses communes? Quel est le nombre exacte des morts 100, 120,160 ou plus? . Les congolais ont droit de savoir. A l’hôpital de référence de Kalenge, les blessés sont allongés sur les lits métallurgiques sans matelas, soit sur les nattes. Nous demeurons très sceptique pour la suite du traitement de la situation des accidentés de kalengé. Car face aux différentes catastrophes qui ont touchés la République Démocratique du Congo,depuis une dizaine d'années, les autorités congolaises ont pris l' habitude de s'exprimer, avec des phrases pompeuses, ronflantes et d'une manière tonitruante mais hélas les enquêtes n'aboutissent jamais. Souvenons-nous !!!

Les aspirés du ciel !!!

C'était le 8 mai 2003, à  19h30, un Illiouchine 76, immatriculé UL76/UR-UCR appartenant à  la société nationale ukrainienne de transport aérien - Ukrainskaya Aviatransportnaya Kompaniya- affrété par les Forces Armées Congolaises décollait de l'aéroport international de N'djili à  destination de Lubumbashi situé à  2000 km de la capitale, au sud-est du pays. Abord de cet avion russe, des Policiers d'Intervention Rapide (PIR) qui réjoignaient leur poste d'affectation, beaucoup de civils qui attendaient un vol depuis plusieurs semaines. Au total plus de 200 personnes, mais aussi un camion militaire, des uniformes, des munitions, et du ravitaillement. Le survol de la province du Kasaï se déroula dans des conditions météorologiques pas facile tout à  coup, le Illiouchine qui croisait déjà  à  plus de 2.200 m d'altitude, bascule à  droite puis à  gauche. On entendit un sifflement suivi d'une détonation, la porte ventrale s'est ouvert. Panique à  bord, le pilote demande aux passagers de rejoindre l'avant de l'appareil séparé de l'arrière par le camion militaire. L'appel d'air crée par le trou béant va aspirer les passagers, dont certains auront les membres arrachés. D'autres s'accrocheront aux filets qui fixent les caisses de munitions ou aux cordes qui pendent aux parois de l'avion. Pas plus on ne saura le nombre de passagers du départ, on ne saura non plus exactement combien de passagers manqueront à  l'appel lorsque le Iliouchine 76 attérira à  N'dlili ayant fait un demi tour. 4 ans à près, l'enquête annoncée n'a jamais aboutie.

Le crash du marché type Ka

Le 8 janvier 1996, un Antonov 32 avait raté son décollage à  aérodrome de N'dolo et avait dévasté le marché type Ka. Bilan 300 morts et 200 blessés. Officiellement l'avion russe ne transportait que 2700 kilos de fret: huiles, farines, poissons,tissus...Mais les premiers éléments d'enquête révélèrent qu'il y avait bien davantage que cela à  bord. Sans compter quelques passagers no déclarés, morts carbonisés lors du crash. L'avion ne se rendait pas à  Kahemba dans le Bandundu, comme le prévoyait le plan du vol. Il devait effectuer en réalité un transport " sensible" vers l'Angola. Les blessés qui ont survécus au crash n'ont jamais été accompagné ni indemnisés par les autorités congolaises. La compagnie qui avait affrété l'avion n'a jamais été inquiété. Beaucoup des rescapés qui ont été à  charge de leur famille sont déjà  décédés.

Pour mieux comprendre ce qui s'est passé à  Kalenge, il faudra s'en remettre à  une commission d'enquête qui s'activera à  rechercher d'évidences évidentes: vétusté du chemin de fer, des trains, corruption des agents de la SNCC qui font embarquer des individus dans des wagons marchandises.

La SNCC devra prendre ses responsabilités. L'ignorance, l'amnésie, la déraison, le jeu de dupes, le sentimentalisme et l'émotionnel sont les grands ennemis des congolais moyens. Il faut exiger que toute la lumière soit faite, les résultats de l'enquête soient publiés. Dans un Etat démocratique chaque vie fauchée est une perte pour la nation. Il n'y a jamais eu de petite mort. Les crash, les déraillements de trains sont devenus une ritournelle catastrophique qui pour une fois doivent pousser les autorités congolaises à  agir efficacement.

 Dommage que la sécurité ne figure pas en premier dans les cinq chantiers du gouvernement de la troisième République.

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