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Musique Congolaise, la Cinquième génération est-elle une relève ou une révolution ?

Au moment où notre musique se vide de plus en plus de ses grands ténors, à  l`instar de Grand Kallé, Dr Nico, Johnny Bokelo Isenge, Mujos, Kwamy Munshi, Lengi lenga, Djo Poster Mumbata, Pepe Kallé, Grand Maître Luambo Makiadi, Djo Mpoy, Ntesa Nzitani, Abeti Masikini, Mpongo Love, et récemment Madilu, une controverse se fait de plus en plus jour auprès des mélomanes autour l`avènement d`une nouvelle génération musicale congolaise. Depuis la nuit des temps, la musique congolaise dite moderne ou contemporaine a conquis les à¢mes de plusieurs mélomanes dès par la qualité et la variété innovatrice de sa prestation. Depuis les premiers précurseurs, les Wendo, Adou Elenga et autres Bowane, elle a étonné par sa fébrilité et sa nette volonté de ne pas dormir sur ses lauriers.

D`ailleurs, la République Démocratique du Congo est l`un des rares pays en Afrique où il faut avoir des reins solides pour produire un tube qui trà´ne au Hit parade pendant plus d`une année. La concurrence est tellement à¢pre qu`un artiste vigilant, s`il veut perdurer, doit déjà  se mettre au travail pour préparer une nouvelle parade même s`il a sur le marché une œ“uvre qui fait tabac. Les Papa Wemba, Koffi Olomide, Werrason et autres J.B. Mpiana n`ont pas le droit de baisser les bras au risque de se faire détrà´ner par leurs propres poulains.

Des gars comme Fally Ipupa, Ferre Gola, Mulopwe Jus d`été, Lacoste Muke Tonga ainsi que Kalonji Bill Clinton n`ont de cesse qu`à  envoyer aux oubliettes leurs anciens patrons. En plus de ces jeunes turcs, les outsiders comme Félix Wazekwa Landu Kabila Kabange, le Karmapa, Jean Goubald sortis ex nihilo pour se hisser au premier peloton tiennent coà»te que coà»te à  damner les pions aux vieux apparatchiks. Ce phénomène ne date d`ailleurs pas d`aujourd`hui ; l`apparition des Kallé Jeef, Franco de mi amor, Tabu Ley Rochereau et autres, devenus de nos jours des icà´nes de la musique congolaise moderne avait déjà  à  l`époque suivi la même trajectoire. En tout cas, les mélomanes congolais ont de tout temps et de tout lieu été impitoyables vis-à -vis de ceux qui ont d`une manière prématurée perdu l`inspiration. Sans aucune autre forme de procès, les relégués au second rà´le se sont effacés au profit des plus doués. De grands musiciens comme Mujos, Kwamy, Zato, Evoloko Jocker, Manuaku Waku, Nyboma, voire Verckys Kiamungana ont été ainsi supplantés par des jeunes loups aussità´t qu`ils avaient fait des signe d`essoufflement.

Cette émulation s`est confirmée à  travers les âges dans des vagues successives dites générations. Jusqu`à  présent, la chronique fait état de quatre saisons ayant fortement influencé la musique congolaise moderne. Peut-on à  l`heure actuelle vraiment parler de l`avènement d`une cinquième génération musicale en RDC ? Pour répondre à  cette préoccupation, nous allons d`abord circonscrire les quatre générations déjà  reconnue par la critique musicale. Nous examinerons ensuite leur substrat pour percevoir comment se perpétue une génération musicale. L`évolution du clan Wenge d`où est partie le schisme sera ainsi abordée. Nous ne manquerons pas par ailleurs de donner un aperçu de cette mouvance qui revendique son appartenance à  la G5. Et dans la chute, nous tenterons d`affirmer ou d`infirmer la thèse qui voudrait accorder aux grouillements musicaux actuels de la jeunesse la présomption d`une nouvelle génération. D`emblée, nous nous empressons de préciser que notre étude n`a nullement l`ambition de départager les protagonistes en présence, mais seulement celle d`apporter notre eau au moulin de l`analyse artistique pour éclairer la lanterne des mélomanes congolais sur une querelle qui risque à  la longue de donner un vrai coup de massue à  notre ingéniosité musicale.

LES QUATRE GÉNÉRATIONS DE NOTRE MUSIQUE

Comme l`assure le musicologue Maluengo, notre musique contemporaine a évolué en vagues successives ou générations d`artistes. D`après ce dernier, ``Une formation musicale naît à  un moment donné de l`histoire, évolue et s`épanouit dans un environnement spatio-temporel précis, s`identifiant à  la jeunesse de son époque, par laquelle elle traduit en effet les sensibilités et les préoccupations essentielles. Puis, elle vieillit avec cette jeunesse et finit par disparaître. La première vague de notre musique se situe entre 1930 et 1950, laquelle a consacré l`avènement des pionniers comme Avandole, Ferruzi, Rossignol, Desaio, Adou Elenga et Wendo Kolosoy. Elle était caractérisée par un mélange des instruments traditionnels (Likembe, Tam-tam) avec ceux modernes (Accordéon, guitares).

La deuxième génération musicale connaît de 1950 - 1960 l`apport des instruments électro-acoustiques et à  vent (saxo, trompettes. Elle bénéficie aussi de nouvelles structures d`enregistrement ainsi que du développement de l`industrie phonographique. La création des ensembles musicaux tels que African Jazz, Dynamique Jazz, Ok Jazz, etc. en est également une de marquantes caractéristiques. Les Kabasele Tshamala, Lwambo Makiadi, Pascal Tabu, Lucie Eyenga, Madiata , Vicky Longomba ou Franck Lassan sont là  les quelques figures de proue de cette deuxième vague.

Quant à  la troisième génération, elle surgira dans la mouvance musicale post-indépendance avec des formations musicales plus raffinées comme l`African Fiesta National de Rochereau et Sukisa du Virtuose de la guitare Dr Nico Kasanda, Ok Jazz de Franco de Mi Amor, Conga succès de Johnny Bokelo, Vévé de Verckys Kiamungana. Cette nouvelle effervescence qui s`estompa vers 1970 amène la création de plusieurs maisons d`éditions musicales, des studios d`enregistrement modernes et la professionnalisation des artistes dynamiques évoluant dans des orchestres affermis ayant rompu avec les pesanteurs de la colonisation. Et puis vint la quatrième vague née de l`imaginaire scolaire vers les années 1968, à  la suite de Los Nyckelos, ensemble musical composé des étudiants congolais vivant en Belgique. Les jeunes élèves voulant faire comme les grands créèrent alors les orchestres Thu zaina, Stukas boys et puis Zaiko Langa-langa. Les bella-bella, Sosoliso, Symba, Empire Bakuba, Lipua-lipua, les Grands Maquisards, etc. viendront à  leur tour s`incruster dans ce tableau déjà  riche en péripéties. Le phénomène dislocation des groupes fera apparaître d`autres ensembles comme le Grand Zaiko, Isifi Lokole, Yoka Lokole, Viva la musica, Langa Langa Stars, Choc stars, Anti-choc, Victoria Eleison, Quartier Latin etc. les principales vedettes de cette génération de la Rumba congolaise s`avèrent être Tabu ley, Franco, Lutumba, Kiamuangana, les Trio Madjesi, tandis que chez les jeunes, ce fut l`éclosion des stars comme Evoloko, Shungu Wembadio, Nyoka Longo, Pepe Kallé, les frères Soki, Canta Nyboma, Bozi Boziana, Madilu system, King Kester Emeneya, Manuaku Waku, Koffi Olomide, etc. Ce fut le règne sans partage du clan Langa Langa qui atteint son apothéose à  la moitié de la décennie 80.

Le CLAN WENGE ET SES COMPOSANTES

La quatrième génération qui donnait des signes évidents d`essoufflement vivait au rythme des dislocations successives des orchestres. Ses différentes têtes de proue comme papa Wemba, Manuaku, Evoloko, Emeneya et Cie iront finalement s`exiler en Europe pour toucher  des expériences plus professionnelles, voire plus lucratives, du genre `` World Music », emboîtant ainsi les pas aux aînés comme Kalle Jeef, Tabu Ley, ou Lwambo Makiadi dont les quartiers généraux devinrent Bruxelles ou Paris. A la fin des années 80, King Kester Emeneya qui voulut quitter les sentiers battus en proposant des chansons comme `` Nzinzi», et ``Mukussa» laissa tomber le rythme de Victoria Eleison, pourtant fort prisé par les mélomanes congolais. La nature ayant horreur du vide, Wenge Musica, un groupe des jeunes de Bandalungwa, avait à  son profit récupéré le rythme que venait d`abandonner Kester Emeneya. D`après Dr Mayengo, les musiciens de Wenge Musica ajoutèrent à  la proposition originale de Victoria une sensibilité du rythme Zoulou mélangé à  celui de Zaïko Langa Langa, avec une systématisation du phénomène `` ATALAKU». Dix ans durant, Toute l`Afrique dansa alors au rythme de ``Ndombolo". Cette nouvelle donne musicale imposa la création des danses et des cris comme composantes indissociables de la prestation musicale. Il faut alors à  chaque sortie d`album proposait la chorégraphie y afférente. Mais nonobstant leurs prestations foudroyantes, ces derniers ne se sont pas pour autant identifiés à  une nouvelle génération musicale quelconque, conscients que leur musique tenait sa vraie vitalité de celle de la quatrième génération. La Rumba congolaise qui allait alors connaître l`invasion de la `` Wolrd Music» fut sauvée de justesse par l`irruption de `` Mololo, Kalayi Bwingi, Kin é bouger, etc.». Pour résister, Les Emeneya, Koffi Olomide, Papa Wemba furent obligés de revenir à  la rumba congolaise, et surtout, d`engager des jeunes musiciens capables de rivaliser avec les `` jeunes premiers de Bandalungwa». Finalement, cet orchestre connut un éclatement spectaculaire. En dépit de toutes les tentatives de réconciliation, et de conciliation, JB Mpiana et Werrason décidèrent de prendre chacun sa destinée musicale en main.

LA G5, UNE GENERATION HYPOTHETIQUE ?

Pour garder leurs leaderships respectifs, les deux barons de Wenge Musica, JB Mpiana et Ngiama Werrason, aussità´t emboîtés par leurs aînés, notamment Papa Wemba et Koffi Olomide, cherchèrent à  se ressourcer auprès des débutants, lesquels devraient donner le meilleur d`eux-mêmes pour mériter leurs places à  côté des dieux de la scène musicale congolaise. C`est ce qui expliquera une présence pléthorique des musiciens, notamment des chanteurs et des lanceurs des cris appelés à  tort et à  raison ``Animateurs» à  leurs côtés. En effet, chacun de ces leaders s`assurait par-là  une réserve d`inspiration avec ce fourmillement de jeunes artistes. Mais depuis un certain moment, une volonté d`émancipation de ces jeunes talents vis-à -vis de l`emprise de leurs anciens patrons est perceptible dans la musique congolaise. Pour avoir presté à  l`ombre des grands avec une efficacité déterminante, ces ``petits nègres» cherchent maintenant à  évoluer en solo ou à  créer leurs propres ensembles. Les premières tentatives remontent de plusieurs années avec la défection de Bendo Son et Cie de Viva Nouvelle Ecrita. Les musiciens d`Emeneya de Victoria Dream Team, abandonnés à  eux-mêmes après le succès de l`album `` Succès Fou» et surtout de la danse Kiwanzenza tentèrent, eux aussi, d`évoluer d`une manière indépendante mais sans en vain.

Lorsque les frères Mpela quittèrent leurs patrons respectifs, en l`occurrence JB MPIANA et Koffi Olomide, ces artistes talentueux tentèrent eux aussi de se frayer un chemin en sortant leur propre album qui malheureusement ne fit que l`écho d`une timide prestation. A la mesure des défections, le premier réflexe de ces stars de seconde zone fut de se mesurer à  l`aune des ``vieux» en sortant leurs propres opus. Malheureusement, le public, souvent acquis à  l`une ou l`autre cause, percevait ces velléités d`indépendance comme des actes de traîtrises voulant gruger la popularité de leurs stars adulées. Qu`ils produisent des œuvres de qualité ou non, les baby Ndombe, Savanet Depitchou, Manda Chante, Bourreau Mpela, Afande, et tant d`autres, n`ont pas pu émouvoir un public sceptique.

Alors, pour se démarquer des anciens, ces jeunes ambitieux commencèrent à  clamer haut et fort l`avènement de la G5, autrement dit la cinquième génération musicale. Mais compte tenu de leurs tentatives sans grand impact, leurs élucubrations faisaient juste sourire les aînés, jusqu`au jour où trois transfuges de Wenge Musica Maison Mère de Werrason, en l`occurrence Jus d`été Mulopwe, Kalonji Bill Clinton et Ferre Gola vont sous l`emblème des `` Marquis de Wenge» mettre sur le marché un tube titré `` Miracle» en 2005. A force de bravades et de coups de bélier, le miracle tant attendu s`est produit avec ces anciens lieutenants de Werrason qui vont ramener les sceptiques à  une réalité évidente : les ploucs d`hier sont déterminés à  faire entendre leurs voix. Mais aussitôt, les démons de la séparation furent au rendez-vous : le trio Ferre, Jus d`été et Bill Clinton ne fut qu`un feu follet. Comme l`a dit Pierre de Ronsard : et rose, il n`a vécu que le temps d`une rose, l`espace d`un matin. Grâce au sponsoring d`une société brassicole, le torrentueux Kalonji Bill Clinton annonça les couleurs avec Kizoba-zoba, un opus alliant rythmes endiablés, vociférations et danses frénétiques. Contre toute attente, jus d`été Mulopwe fait de même et sort son album `` Eluka Makambo» tout à  fait bien accueilli par un public médusé. Aussitôt, Fally Ipupa, l`ancien chef d`orchestre de Quartier Latin de Koffi Olomide surprendra tout le monde avec son album ``Droit Chemin» qui connaît jusqu`alors un succès fulgurant. Et Ferre Gola entra aussitôt en lice pour mettre sur le marché de disque son album `` Sens Interdit». Ses prouesses vocales dans l`imitation de feu Kabasele Yampanya lui valent les ovations des mélomanes congolais de deux rives.

Avec les prestations réussies de Fally, Ferré, Jus d`été ou Kalonji Bill Clinton, l`on assistera bien sà»r à  une plus grande prise de conscience de ces jeunes sous-fifres. Lacoste et Aimelia de Mingongo vont immédiatement prendre congé de Wenge Musica maison mère pour voler de leurs propres ailes. Les sampaio, Bendoson et Cie prirent eux aussi la décision de quitter Viva la Musica pour les mêmes préoccupations. Et en chœurs, ces derniers se mirent à  revendiquer l`avènement de la cinquième génération pour Hinc et Nunc prendre la succession des anciens. ``A bas les Vieux, Vive la Jeunesse», tel est leur leitmotiv actuel pour justifier le contenu d`une cinquième génération musicale dont eux seuls connaissent les tenants et les aboutissants.

Génération musicale ou relève musicale ?

Sans entrer dans les querelles byzantines appelées à  tort ou à  raison ``polémique », peut-on considérer l`émergence musicale de jeunes musiciens congolais, appuyés dans leur requête par une presse manipulatrice ou intéressée, comme l`avènement d`une cinquième génération de la musique congolaise moderne ? Comme le dit le CT Maluengo, il est fort prématuré de prendre cette volonté de relève comme une manifestation évidente d`une nouvelle génération musicale, tant que les prestations des ténors de cette mouvance ne rompent pas d`une manière claire et précise avec celles qui les ont enfantés. ``On peut parler d`une génération musicale lors qu`il y a une innovation qui tranche avec la manière musicale précédente. Le critère d`une génération musicale n`est pas fonction de l`âge plutôt celle d`une révolution perceptible dans la créativité musicale», affirme Mutombo Wamana, étudiant en troisième graduat section culture et musique de l`INA. Pour ce dernier, nous avons failli connaître l`irruption d`une nouvelle proposition musicale avec le RPK ( le Rapp Proprement Kinois) dont les différents leaders étaient Fatima CiA, Tshatsho Post, Camelia, Bawuta Kin mais ce que font les jeunes transfuges des ensembles musicaux actuellement en vogue, c`est du vrai `` copié collé» même si cela est parfois fait d`une manière nettement plus agréable, renchérit le précité. Le changement suppose une révolution, c`est-à -dire une totale rupture avec le passé. Présentement, il y a plus un problème de succession dans le leadership de la musique congolaise moderne qu`une rupture avec la 4ème génération. En quoi la musique de Bill Kalonji diffère t-elle de celle jouée par le clan Wenge, du point de vue thématique, instrumental, ou prouesse scénique ? En quoi celle de Fally est-elle différente de la conception musicale, en termes de chant, d`orchestration et de conception chorégraphique du quartier Latin.

Quand on entend Ferre Gola dans ``Sens Interdit», on y retrouve les ingrédients qui ont toujours fait le bonheur des mélomanes congolais ou africains dans ses prestations antérieures. Or il faut qu`il y ait une mutation profonde de notre musique pour susciter l`avènement d`une génération musicale différente de la précédente. Tant que cela ne se fera pas, nos jeunes musiciens» peuvent beau le crier sur tous les toits, ils seront toujours des épigones des leurs ``Vieux», lesquels refusent d`ailleurs de ranger leurs vieux mousquetons au placard. Il est vrai que les jeunes musiciens qui se réclament de ladite génération sont pétris des talents et ont effectivement la possibilité de faire changer la donne musicale dans notre pays. Leurs prestations dans les différents orchestres congolais qui ont pignon sur rue, en l`occurrence Wenge Musica Maison mère, Wenge BCBG, Quartier Latin ou Viva la musica, leur ont fourni assez de matériaux pour créer un nouveau tempo. En effet, la relève est à  coup sûr en train de se réaliser dans notre musique : des gars comme Fally Ipupa et Ferre Gola sont bien partis pour remplacer les ``Vieux» qui, en dépit de leur effervescence actuelle, ne sont pas loin de jeter l`éponge, l`âge de la retraite oblige. Papa WEMBA, le formateur des idoles, qui est à  l`orée de ses soixante ans doit sa résurgence perpétuelle aux inspirations des multiples jeunes qu`il encadre au pays comme en Europe. Mais pour combien de temps encore ? Koffi Olomide, le Quadro Koraman, en dépit de la cinquantaine bien sonnée, continue à  traîner sur la scène musicale congolaise grâce à  l`apport des jeunes talents qui l`entourent. Et après ? Comme le dirait son épigone Félix Wazekwa. Pense-t-il toujours continuer à  défier le poids de l`âge en faisant tourner ses méninges et ses derrières comme un jeune premier ?

La réussite de Ferre et de Fally a donné certes de l`aile à  tous les ambitieux qui veulent voler de leurs propres ailes sous la bannière de la 5ème génération. Mais Autant que le changement d`un président de la République ne signifie pas nécessairement le changement d`une république, la recomposition du leadership musical en faveur des jeunes ne voudrait aucunement dire changement de génération. Il faut vraiment à´ter cette confusion dans la tête des uns et des autres : le changement d`une génération musicale n`est pas une affaire d`âge ni celle de charisme, mais plutôt celle d`une rupture avec le passé, et des apports nouveaux acceptés dans la prestation musicale, dit François Mantwila, ancien musicien de l`African Jazz du Grand Kallé Jeff, rentré au pays après un séjour d`une vingtaine d`années au pays de l`oncle Sam, actuellement professeur de Solfège à  l`INA. Ce dernier attribue la confusion qui règne actuellement autour de la cinquième génération musicale au fait qu`étant presque tous des autodidactes, nos musiciens ne connaissent même pas les normes qui régissent la musique. Pour lui, la cinquième génération viendra de l`émergence de ceux qui font de la musique une science à  part entière, notamment les étudiants de l`INA et les jeunes congolais évoluant outre-mer, obligés parfois malgré eux d`apprendre le solfège pour bien évoluer dans le monde musical occidental.

Tabu Ley par exemple et Franco de Mi Amor ont dû survoler trois générations musicales avant de rendre le tablier pour le premier, et de rendre l`à¢me pour le second. Lassa Carlito était bien jeune quand il a fait ses premières armes dans la musique dite de la ``troisième génération», constate-il. A la lumière de ce qui précède, nous ferons œuvre utile de recommander à  nos jeunes artistes, certes impatients de bouter leurs aînés hors du panthéon de la musique, de la patience, de la tempérance et de la modestie : la cinquième génération de la musique congolaise viendra un jour, avec ou sans eux. Mais pour le moment, elle est à  créer, et tant qu`ils continueront à  mettre en exergue, bien sûr chacun avec son tempérament, leurs talents musicaux selon les prescrits de la 4ème génération, ils seront sûrement intronisés comme les nouveaux rois de la musique congolaise moderne, mais ils resteront, qu`ils le veuillent ou non, des simples acteurs, pourquoi pas des grands acteurs de la quatrième génération musicale.

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