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Kivu, la paix se gagne en négociant !

Rétrouvaille fraternelle et amitié entre Christian BADIBANGI, acteur politique congolais et Freddy MULONGO au Centre d'accueil de la Presse Etrangère à  Paris

Le maxime de l'historien grec Hérodote, selon laquelle " nul homme n'est assez dénué de raison pour préférer la guerre à  la paix " a son pésant d'or dans un pays comme la République Démocratique du Congo dans sa partie orientale où les populations civiles sont contraintes au déplacement, les femmes sont violées, les massacres, les tueries foissonnent et tendent à  se banaliser. Les kivutiens ne sont pas le problème du Nord et Sud Kivu, c'est la guerre. Les Babembe, Bahunde, Barega, Bavira, Bashi, Bafuliro, Banyanga, Batembo et autres ne sont pas en conflit entre eux. Et l'analyse du professeur Baudoin Biyoya -intreview le Révelateur du 27 decembre 2007- est judicieux à  ce propos, le problème du Kivu " c'est laurent Nkunda et l'armée qui n'est pas du Kivu mais plutà´t nationale ". Spinoza disait " la paix ne signifie pas nécessairement l'absence de la guerre, mais une vertu qui naît de la force de l'à¢me". Organiser une conférence de paix pour les kivu à  Goma dans la précipitation, après un débà¢cle militaire à  Mushake avec une perte de 2600 militaires dont 2000 policiers en tenue militaire et 600 élements de GSSP, sans oublier plus de 600 blessés et un important matériel militaire saisi par les hommes de Nkunda, n'est-ce pas confirmer un aveu de l'impuissance des Fardc face à  la guérilla Nkudiste ? Concernant la conférence de Goma, les vrais questions se posent: cette conférence est-elle incontournable pour ramener la paix dans les kivus ? Quels sont sa nature et objet ? Quel serait le sort de ses resolutions ? Nkunda et ses miliciens vont-ils y participer ?

Les chasseurs de per diem

La multiplicité de liste des participants, les empoignades entre les parlementaires et les journalistes à  l'aéroport de Ndjili, les scènes cocasses où certains non participants avaient décidé de clouer l'avion au sol s'ils prenaient pas place à  bord montrent la mesure de culture politique des congolais ainsi que de la vaste pantalonnade à  laquelle nous sommes sensés nous attendre. L'urgence des besoins végétatifs bouchent la vue vers les idéaux de nombreux de nos compatriotes qui deviennent par la force des choses les chasseurs de per diem. La politique au Congo-démocratique s'est embourbée en manoeuvres tacticiennes guidées par un pur opportunisme. Il faut à  tout prix participer à  n'importe quelle rencontre qui touche le pays pour occuper un poste politique à  la fin. Il faut se positionner dans la nouvelle géopolitique en cherchant de se sauver seul. Le pouvoir dit-on, c'est comme l'alcool, il donne soif à  celui qui le boit. Quand on y a gouté, on voudrait toujours en boire. Dans les pays de vieille démocratie ce sont principalement les gens riches qui recherchent le pouvoir, dans nos pays, on recherche le pouvoir pour devenir riches. ce ne sont donc pas les convictions qui commandent les comportements politiques mais les appétits.

La conférence nationale souveraine (cns) de 1990-1992 avait regroupé 2850 participants dont 900 représentait les partis politiques,110 la societé civile, 750 les institutions politiques et 100 personnalités invitées. Un perd de diem de 28 $ par jour était octroyé aux conférenciens de kinshasa et 68 $ pour les provinciaux. De 1994-1996, il y eu fusion de deux parlements qui donna lieu au Haut Conseil de la République-Parlement de Transition (HCR-PT) de 738 personnes. Les rapports de travaux de la Cns ni ceux du Hcr-Pt ne furent jamais mis à  la disposition de la population congolaise. Feu Maitre Kinkela qui cherchait à  connaitre le sort dess conclusions de travaux de la conférence nationale souvéraine si quelqu'un venait à  prendre les armes pour conquérir le pouvoir. A la Cns, la promesse était faite qu'à  la fin de ces travaux, les gens auraient facilement du travail, mangerait à  leur faim....Et pourtant, le pays prit feu, fur détruit et pillé.

La bagarre entre les membres de la societé civile kinoise sur le boulevard du 30 juin devant le bureau du facilitateur du dialogue intercongolais, l' ex-président Botswanais Ketmule Masire à  quelques jours de travaux qui devait debuté le 25 février 2005 à  Sun City en Afrique du Sud. C'est à  Sun City que la Republique Démocratique du Congo fut partagée comme un gà¢teau d'anniversaire entre les seigneurs de guerre, les composantes et entités, les affairistes et opportunistes. Dès leur retour, plusieurs délégués tombèrent dans l'arrogance " vous n'aviez qu'aller à  Sun City pour avoir un poste comme nous ". Les accords de Sun City ne furent qu'une prime à  la violence, à  l'impunité, aux massacres, aux tueries...Dans l'imaginaire du congolais, il faut se refugié derrière les armes pour accèder au pouvoir. La transition des seigneurs de guerre, des composantes et entités a montré

Ressuscitons la Commision Vérité et réconciliation

Durant la fameuse transition, sur les cinq institutions citoyennes d'appui à  la démocratie, la Commission Vérité et Réconciliation "CVR" devrait être la plus importante et remplir pleinement ses missions dans un pays post conflit comme la République Démocratique du Congo. Or la "CVR" aura été aphone, inaudible, inactive, inexistente bref sans vision claire et donc une commission nulle ! La résurrection de la "CVR" est la voie alternative à  une conférence précipitée à  Goma sur les Kivu. Les Congolais ont besoin de la "Réconciliation par la vérité", les Congolais doivent tirer profit de pouvoir de guérison du pardon de la vérité pour cicacitriser les plaies du passé. Il faut refuser la haine, ne pas confondre la confondre la perte subie et la punition qu'elle paraît devoir entraîner.

La "CVR" doit avoir une compétence générale sans entrave mais c'est la justice qui doit cimenter la solidarité et la cohésion nationale. La "CVR" ne doit pas se subsituer à  la justice et il faudrait eviter d'instrumentaliser la justice aux fins de la volonté d'exclusion. La "CVR" ne devrait pas se transformer en appareil judiciaire ni privilegié la logique judiciaire. Elle doit faire son travail de raccommodage du tissu social relationnel de manière à  permettre aux juridictions de faire convenablement leur travail. La réconciliation est à  l'opposé de la vengeance. la réconciliation exige une pédagogie du pardon, tà¢che ardue qui exige une rigoureuse maitrise de soi, un contrà´le permanent de nos instincts les plus profonds, la capacité de retenir sa langue et le ferme refus de se laisser aller à  la bassesse de sentiments propres. Nous sommes conscient que n'est Desmond TUTU qui veut mais le titre de son ouvrage "No Future Without forgiveness" qui signifie "Pas d'avenir sans pardon" est un programme que nous pouvons appliquer à  notre pays. Cela est une nécessité voire une urgence pour la paix durable en République Démocratique du Congo.

Les pesanteurs de l'histoire recroquevillent les mémoires. Les Congolais ne doivent pas avoir peur des pages peu glorieuses de 47 ans d'indépendance. Les périodes de la didacture, les crimes et massacres: Makobola, Mwenga, Kasika et autres, les femmes violées, les veuves et orphelins des militaires, les victimes de différents pillages, la rehabilitation des Mwami en lignée et non plus par nommination politique: on est chef coutumier par ses ancêtres et non pas par la volonté et la soumission à  l'autorité politique. L'Est de la RDC a une forte implantation de l'islam, cet islam est-il moderé? la pauvreté ne risque-t-elle pas un jour de le faire basculer vers un islam plus dur ? Nos frontières de l'Est sont poreuses!!! Il faut un vrai dialogue entre les Congolais, il y a eu trop des victimes pour qu'on passe l'éponge sans rien faire. La "CVR" peut jouer ce travail de sapeur pompier sans instrumentalisation.

La "CVR" dans sa mission devra réconcilier les populations civiles aux hommes en uniformes. L'armée des miliciens brassés fait beaucoup du tort à  nos populations. Que peut-on attendre d'une armée non Républicaine et non dissuasive comme les Fardc? Une armée de Seigneurs de guerre, une armée de soudards, une armée ignorante des droits de l'homme, une armée de félons dont les chefs hiérarchiques n'hésitent pas à  livrer ses soldats aux ennemis. Cette armée n'a pas droit d'avoir des officiers, leurs galons doivent être dans leurs poches.

Pour terminer, nous rappelons que hier, Mobutu seseko malade a du monter sur Outénika , le navire sud africain pour dialoguer avec M'zée Laurent Désiré Kabila. Le dialogue inter congolais de Sun City a été une prime aux Seigneurs de guerre qui sont revenus de l'Afrique du sud avec des postes gouvernementaux importants. Laurent Nkunda mérite d'être écouté et entendu mais ne nous trompons d'adversaire. Qui sont derrière l'écran Nkunda? Que veulent-ils? Faire une conférence de paix sur les Kivu à  Goma en ignorant Laurent Nkunda serait une mascarade et une erreur dont les conséquences peuvent être incalculables. Les parlementaires bellicistes et des va-t-en guerre qui crient depuis le Palais du Peuple avec des salaires mirobolants de 4500 $ par mois, qui roulent en 4X4 de marque infinitif offert par le parlement. Ceux là  ne connaissent pas les souffrances que vivent au quotidien les populations du Nord et sud Kivu qui aspirent à  la paix.

 Un policier s'il est payé, c'est 7500 francs congolais soit l'équivalent de 15 $ or sur les 2600 de nos soldats tombés à  Mushake, 2000 étaient des policiers en tenue militaire. Ne rêvons pas.

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