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" Chant de Mission " de John le Carré parmi les 10 livres préférés des Français en 2007

Les événements tragiques du Nord et Sud Kivu ne peuvent laisser insensible tout Congolais épris de paix et qui aime la République Démocratique du Congo. Au mois d'octobre dernier, nous vous proposions la lecture de " Chant de Mission " de John le Carré. Ce livre est parmi les 10 livres préférés des Français en 2007 d'après le Parisien n° 19692 du samedi 29 decembre dans la rubrique édition : " Nos livres préférés de l'année 2007 ". John le carré met en scène un huis clos mafieux, politico-financier sur une île perdue au large des cà´tes britanniques, une faction d'espions et d'industriels avides échaude une guerre privée au Congo-Kinshasa. Le pillage et l'exploitation des ressources de la République Démocratique du Congo est le nouveau cheval de bataille du grand romancier John le Carré.

La voix qui raconte allègrement le Chant de la mission est une voix qui dit: " Je " et parle au présent. Cette voix est celle d'un homme de 29 ans, un "zèbre", c'est-à -dire le fils naturel d'un ""boseux irlandais missionnaire catholique et d'une villageoise congolaise du Kivu. Cet homme s'appelle Bruno salvador, alias Salvo. Il est né dans un couvent où sa mère l'abandonna après avoir vécu " trois mois d'amour vache entre les mains des carmélites". Il a été élevé en Angleterre, dans un sanctuaire du Sacré-coeur, où un Frère Michael l'a initié à  la sodomie et a exploité son "oreille de mainate " et sa " mémoire d'éléphant " en lui faisant apprendre le français et un grand nombre de langues africaines. A 29 ans, Salvo est une réussite de la Grande Bretagne multiculturelle: brillant interprète de swahili et d'autres langues moins connues quoique très répandues du Congo Oriental.Il est regulièrement sollicité par les grandes entreprises et des tribunaux, mais aussi par le Renseignement Britannique. Marié à  une pénelope blanche riche et journaliste à  succès, qui le trompe avec le redacteur en chef du journal, il couronne cette réussite en mettent ses talents de polyglotte africain au service discret de sa Majesté.

L'intrigue, complot contre la RDC !

Nous sommes en 1960. Patrice Lumumba, premier ministre du Congo Indépendant depuis quelques jours, veut mettre fin au "scandale géologique", et à  l'exploitation étrangère de son sous-sol. L'Union Minière du Haut Katanga panique. Son homme de paille, Moïse tschombé, proclame l'indépendance de la province, Bruxelles la reconnaît et envoie des mercenaires pour la défendre. Le chaos et la mort déferlent sur le Congo. Un demi-siècle plus tard, ce congo où rien n'a changé sinon en pire est le la toile de fond du vingtième roman de John le Carré le Chant de Mission:" le Congo, risée de toute l'afrique, violé, pillé, ravagé, ruiné, corrompu,sanguinaire, dupé,ridiculisé,réputé surtout le continent pour son incompétence, sa corruption et son anarchie ". L'intrigue est celle d'un projet destiné " à  apporter la démocratie et le développement au Congo Oriental". Un putsch doit permettre de s'appropier les richesses minières. Ce complot est fomenté par un syndicat anonyme qui regroupe à  Londres des capitalistes, un conseiller de new labour, un ancien ministre africain et un lord incorruptible le tout sous l'oeil distant mais interessé des services secrets. Ce putsch pour reussir a besoin pour réussir, de l'alliance de seigneurs de guerre locaux, tous d'éthnies différentes et tous prêts à  s'égorger. Tà¢che de Salvo, être l'interprête d'une réunion à  huis clos destinée à  mettre tout ce monde d'accord sous l'égide du " syndicat anonyme ". La cible de ce dernier n'est plus le Katanga, mais les deux Kivu, à  la frontière Orientale, bourrés d'or,de diamants, de pétrole, de coltan - un minérai sans lequel, par exemple le téléphone portable n'existerait pas,de l'énigmatique Kamitugaïte, dont la teneur en uranium dépasse les 50%. Les mercenaires dont des vétérans angolais et sud-africains qualifiés des " meilleurs combattants du monde" vont " apporter la démocratie au Congo à  coup de fusil, sans oublier l'appoint involontaire d'experts suisses en contrà´le aérien, pour rendre leur pays à  des gens misérables et opprimés en installant un gouvernement du Kivu unifié ". A sa tête, l'un de ces prédicateurs qui grà¢ce à  leur charisme et à  grands coups d'exhortations divines vendent très cher une promesse de salut à  des congolais qui ont perdu l'espoir en tout et en tous. Ses acolytes: les deux principaux chefs de guerre, ennemis jurés, et un homme d'affaire véreux, qui doivent faire la paix en échange de " leurs part des profits de cette grande entreprise".

John le Carré avec son vingtième roman parle de la République démocratique du congo aux mille ou deux mille morts par jour y compris le samedi et le dimanche. " Aujourd'hui, demain, et chaque jour de la semaine " précise avec cynisme un protagoniste , qui ajoute plus loin que le pays a tant de lois anticorruption qu'on ne peut s'empêcher de se demander qui a-ton corrompu pour les rédiger ?

Salvo, et sa naiveté abyssale pendant cette réunion de forbans et plus encore quand il se demène ensuite , à  grands risques, pour déjouer le coup d'Etat qui échouera, sans pour autant qu'il y soit pour quelque chose. Salvo découvrira la raison perverse de cette machination était de diriger les bénéfices des minérais sur les comptes du syndicat anonyme, offshore d'investisseurs internationaux et de laisser la population congolaise dans une misère encore plus noire. Le cynisme diabolique du syndicat anonyne- blancs et ses acolytes- noirs " tout à  leurs portefeuilles et jamais au bien-être des congolais. Le code d'honneur de l'interprête éminent est sacro-saint: il n'est pas payé pour écouter ses scrupules , mais pour servir son employeur comme un soldat sous le drapeau. Salvo tentera de sauver son pays natal, et lui-même par la même occasion. Il n'aura pour seul viatique que le souvenir d'une nuit d'adultère avec Hannah, infirmière kivutienne installée à  Londres, esprit militant, cuisses enthousiastes et coeur généreux. C'est l'amour qu'il a pour Hannah qui a rallumé en lui l'etincelle de sa conscience africaine.

John le Carré a exploré tous les recoins du labyrinthe Kivutien. Le mécanisme qu'il décrit fonctionne à  plein depuis des années: main dans la main, multinationales et élites congolaises pillent les minerais congolais, dont on estime que 90% sont exportés en fraude. John le Carré nous entraîne dans son livre le Chant de Mission " Au cœur des tenèbres" congolaises. Les tueries du Kivu qui continuent doivent interpeller tous les congolais éprissent de paix.

Chant de Mission de John le Carré (76 ans) est publié depuis le 20 septembre, éditions du Seuil, 345 pages. L'ouvrage coûte 20 euros

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