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La Semaine anticoloniale, la mobilisation citoyenne et républicaine

Le colonialisme a plusieurs facettes. Du colonialisme d'Etat, on est passé à  un colonialisme des multinationales, un colonialisme d'affaires...Le colonialisme est " une nouvelle tour de Babel ", qui n'a en lui aucune once d'humanité ni de civilisation. Le cadavre du colonialisme empuantit toujours l'atmosphère pour paraphraser François Mauriac. Une entreprise de réhabilitation de ce système est à  l'oeuvre. Réactionnaires, "nostalgériques", anciens baroudeurs des guerres...les laudateurs du colonialisme ont réussi le tour de force de faire passer un appareil idéologique des années 30-à -50, comme une nouveauté. La deuxième édition de la semaine anticoloniale du 16 au 25 février a mobilisé une centaine d'organisations associatives,syndicales et politiques dont : Au nom de la mémoire, Cedetim, Zep, Fondation Frantz Fanon, Peuples sans frontières, Association Ishtar, Veto !, Afaspa, Droit Devant, Caac-Comores, Mouvement pour une nouvelle humanité, Mouvement des Indigènes de la République, les Républicains Basanés, le Cran, la Cgt, le PCF, la LCR, la LIDH, Mrap etc. Elles se sont mobilisées pour dénoncer publiquement les dérives et méfaits du colonialisme actuel:le racisme, le fascisme, la xénophobie, l'intégrisme, le négationisme...

La semaine anticoloniale a débuté samedi 16 février dernier sur la place des droits de l'homme, au parvis du Trocadero, à  Paris, par un rassemblement de solidarité avec les peuples occupés ou encore colonisés-Mayotte, kanaky, Polynésie, Antilles, Palestine...Parmi les autres évènements qui ont retenu notre attention, on peut noter la Nuit du film anticolonial au cinéma les 3 Luxembourg. Lundi 18 février, à  Bagnolet, Conférence sur le Sahara Occidental: à  quand la décolonisation? Avec Omar Mansour représentant du front Polisario, France Weyi avocate membre de Droit Solidarité, Jean Paul Lemarec COREL SO, Claude Mangin-Asfari , Amis de la RASD, et Saïd Sougty représentant en France de la Voie Démocratique du Maroc. Sous la modération de Michèle Décaster de l'Afaspa. Mercredi 20 février, Table ronde organisée par l'association Ishtar au centre culturel la clef, sur le thème: " héritages et actualité du combat anticolonial ". Du sultan Galiev à  Amilcar cabral, de Messahi hadj à  Kwamé Nkrumah. Jeudi 21 février, un colloque anticolonial composé de trois tables rondes, a été organisé au Sénat, palais de Luxembourg, durant toute la journée avec pour thème central: " Colonialisme d'hier et d'aujourd'hui ". Vendredi 22 février, le Banquet anticolonial a eu lieu au Restaurant Zingots dans le 10 ème arrondissement de Paris. Samedi 23 février, la marche " décoloniale " est partie de la place Denfert-Rochereau jusqu'au Ministère surnommé par les manifestants " Ministère de la Honte ", de l'identité nationale, de l'immigration et du co-développement.

Patrick Farbiaz, l'un des artisans de la semaine coloniale , s'adressant aux manifestants, 101 rue de Grenelle devant le Ministère de l'identité nationale, immigration et co-développement

le musée de l'immigration à  l'avenue Daumesnil, Metro: porte Doré

les anticoloniaux devant le musée de l'immigration

La salle Monnerville du Sénat a servi de cadre au colloque anticolonial durant toute la journée du 22 février 2008

la Sénatrice Brigitte Gonthier- Morin du Hauts-de-Seine s'exprimant sur le colonialisme

Parmi les orateurs on reconnait en deuxième position Frédéric Sarkis, professeur et Henri Pouillot, historien, les deux autres artisans de la semaine anticoloniale

les casques coloniaux pour les lauréats de l'année

1. La publicité coloniale: Y'a bon Banania.

2. L'entreprise colonialiste: Veolia.

3. L'élu locale colonialiste: Jean Paul Alduy,maire de perpignan.

4. Le caniche du colonialisme:Zine EL-Abidine Ben Ali, président de la Tunisie.

5. La personnalité colonialiste: James Watson, généticien et biochimiste américain, co-découvreur de la structure de l'ADN. Prix nobel de médecine en 1962.

6. Le casque d'Or colonial:Christian Estrosi, Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer dans le gouvernement français. Il est le président du conseil général des Alpes-Maritimes d'outre mer.

la françafrique existe encore

la ligne de départ de la marche " décoloniale " à  la place Denfert-Rochereau

A la tête de la marche, on reconnait troisième à  partir de la gauche. Mouloud Aounit, président de Mrap avec Mgr Gaillot

les manifestants en marche

la foule en marche

les femmes israéliennes en " Noir " à  la place Denfert-Rochereau

un manifestant guyanais

sans commentaire...

A chacun son colonisé, à  chacun son colonisateur

Hier, la fête de la musique était française; aujourd'hui elle est célébrée dans le monde. La deuxième édition de la semaine anticoloniale a montré son cà´té international dans ses manifestations tant dans l'organisation que par la participation citoyenne.

Souvenons nous qu'en fin juillet 2007, notre compatriote vivant en Belgique, Bienvenu Mbutu Mondondo avait défrayé la chronique avec sa plainte contre la BD " Tintin au Congo " publiée en 1930-31, à  une époque où la Belgique colonisait le Congo. La plainte contre X et contre la société Moulinsart de l'oeuvre d'Hergé avait soulevé un tollé entre les partisans pour et contre cette plainte. Selon Moulinsart, Hergé représentait l'Afrique de " manière naïve ", reflétait l'esprit paternaliste de l'époque. Une défense qui n'était pas vraiment du goà»t de Bienvenu Mondondo:" Il n'est pas admissible que Tintin puisse insulter des villageois qui sont forcés de travailler à  la construction d'une voie de chemin de fer ,ou que son chien Milou les traite de paresseux". Souvenons-nous du tollé de la plainte.

l'album d'Hergé qui a été traduit en justice par Bienvenu Mondondo

Une petite différence entre l'album de 1930 en haut, et celui de 1984 en bas.

Et en France toujours dans la même période, en aoà»t 2007, nous venons de découvrir par le net, qu'un compatriote étudiant Emile Kuku Ngbendu wa Zabanga avait envisagé de porter plainte contre les affiches " Y'a bon Banania ". Il estimait que cette affiche insultait les africains par sa représentation qui est faite d'un noir naïf, voire carrément simplet. Il dénoncait également le slogan " Y'a bon Banania " qui selon lui est une caricature du langage " petit nègre " que les européens attribuaient aux africains, montrant leur mépris pour les populations colonisées.

 Emile Kuku Ngbendu wa zabanga comptait demander le retrait de toutes les représentations de cette affiche, c'est-à -dire les photos, posters, cartes et tous les produits derivés vendus dans le commerce ou circulant sur internet. Selon un juriste, la plainte de Kuku Ngbendu aurait pu être parfaitement recevable. Sans doute pour le décourager une affiche a été diffusée sur le net avec la photo de son parent.

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