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Plaidoyer pour une monnaie forte en République Démocratique du Congo !

Publié ce début du mois de mars aux éditions de l'Harmattan, le livre de Noà«l K. Tshiani "Vision pour une monnaie forte" fait un diagnostic de la situation monétaire de la République Démocratique du Congo qui connait depuis plusieurs décennies une expérience inflationniste sans précédent. Sur les dix dernières années, le taux d'inflation moyen est de 139 pour cent par an. L'hyperinflation du franc congolais lui a fait perdre toute crédibilité. Introduite en 1998 à  la parité de 1,3 francs congolais pour un dollar américain, la monnaie congolaise s'est dépréciée à  565 francs congolais contre le billet vert en aoà»t 2007. Noà«l K.TSHIANI qui vit à  Washington DC a un cursus universitaire impressionnant qui comprend une formation de manager au Graduate Business School à  Harvard University de Boston, un doctorat en sciences économiques avec spécialisation en banques et finances de l'université de Paris IX Dauphine; un M.B.A en banques et marchés financiers d'Adelphi University de New-York, un D.E.S.S en gestion financière et fiscalité de l'Université de Grenoble, un diplà´me de Troisième cycle de l'institut supérieur de Gestion de Paris.

Le Livre de Noà«l K. Tshiani offre des prescriptions pour une discipline budgétaire rigoureuse, une banque centrale puissante, une politique monétaire et de change indépendante, la fin de la dollarisation et une nouvelle monétaire débouchant sur une monnaie forte en RDC

Urgence pour une réforme du secteur de la monnaie

Pour Noà«l Tshiani, une réforme monétaire est nécessaire pour plusieurs raisons:

La nomenclature actuelle des billets de banque est hors d'état d'usage. Le coà»t de fabrication des billets de 1c, 5c, 10c, 20c, 50c, 1F, 5F, 10F, 20F, 50F, 100F, 200F et 500F étant devenu trop élevé par rapport à  leur valeur faciale,et la valeur du billet de grande dénomination étant inférieure à  un dollar, la monnaie congolaise est devenue vieille, sale et difficilement utilisable. Les kinois cyniques pour échapper à  leur quotidienneté n'ont pas hésiter à  surnommer les billets sales " des blessés de guerre".

Les Congolais qui n'ont pas confiance en leur monnaie, combinée avec l'hyperinflation depuis plusieurs années, cette situation a engendré le développement de la dollarisation de l'économie qui fait que le dollar américain co-circule avec le franc congolais. Ensuite, il existe ideux masses monétaires distinctes en République Démocratique du Congo et une masse monétaire en dollar. La Banque centrale ne contrà´le ne contrà´le pas la masse monétaire en dollar qui est la plus importante en volume. De ce fait, la Banque centrale ne peut pas conduire une politique monétaire crédible car tout ses instruments (taux directeurs, taux de réserves obligatoires, interventions sur le marché de change, etc...) sont sans effet réel sur l'économie.

Pour faire face à  cette situation, la Banque centrale et le gouvernement doivent travailler de concert pour rétablir une discipline pouvant permettre la conception et la mise en oeuvre d'une politique monétaire saine et crédible.

Francs congolais 10 ans !

Dans son livre Noà«l Tshiani témoigne:"En 1997, le Président de la République Démocratique du Congo demanda que nous organisions la réforme monétaire afin d'introduire une monnaie stable et crédible en remplacement du Zaïre monnaie, devenu symbole de mauvaise gestion du régime déchu. C'était le début de la longue préparation pour l'arrivée du franc congolais. Ma première grande contribution à  l'époque était de convaincre le chef de l'Etat de ne pas mettre sa photo sur les billets de banque, et de faire une monnaie différente de celle du régime d'avant. Ma deuxième contribution était de réclamer haut et fort l'indépendance de la Banque Centrale du Congo dans la conduite de la politique monétaire.

Depuis le début en 1997 des travaux pour la conception et le lancement du franc congolais, j'ai indiqué qu'une baisse considérable du franc était inévitable, à  moins que ne se produisit un changement plus profond dans les méthodes de gestion de la Banque Centrale du Congo et du Ministère des Finances qu'il n'était politiquement vraisemblable. Cette chute vient de se produire au courant de dix dernières années car le franc est passé de 1,3 F pour un dollar en juin 1998 à  565 F pour le billet vert en aoà»t 2007. La gestion de la monnaie congolaise a engendré chez les Congolais la méfiance et crainte.

En plus, le franc congolais n'est plus la seule monnaie ayant cours légal sur l'étendue de la République Démocratique du Congo. Il coexiste avec le dollar et l'euro, et ne joue plus qu'un rà´le marginal car la grande partie des transactions se fait en devises étrangères. La stabilité relative du franc par rapport au dollar qui lui-même trop faible par rapport aux monnaies fortes. Peut-on affirmer sans peur de se tromper que les causes de la chute de la monnaie pendant ces dix dernières années ont disparu? Le système de gestion de la monnaie a-t-il changé?

La tâche essentielle du gouvernement congolais à  l'heure est de rétablir et d'entretenir la confiance du public dans le franc congolais, écrit Noël Tshiani. Sera-t-il entendu? La priorité du gouvernement congolais est dans l'attente des 8 milliards des dollars de la Chine pour la réalisation des 5 chantiers. La réforme monétaire pour un franc congolais fort est encore possible à  condition de suivre les prescriptions des experts dont Noël Tshiani en est un.

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