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Obama, le nouveau roman de la nouvelle Amérique !

C'est un homme humble, qui porte l'espérance des Américains. Quatrième Africain-Américain à  briguer l`investiture du camp démocrate, Barack Obama a de fortes chances de devenir le premier homme politique noir nominé par un grand parti à  une élection présidentielle. Et peut-être aussi le premier à  occuper le bureau ovale de la Maison Blanche. Plus que ses illustres prédécesseurs (Shirley Chislom en 1972, Jesse Jackson en 1984 et 1988, et Al Sharpton en 2004), Barack Obama, qui aura 47 ans l`été prochain, a en effet de fortes chances de devenir le candidat investi par le parti démocrate pour le scrutin présidentiel. Et s`il emportait les faveurs de la majorité du collège électoral l`automne prochain, le plus jeune sénateur américain verrait la prophétie de sa mère se réaliser, elle qui confia à  son garçon : `` Un jour, tu seras président.» Barack Obama - parce qu'il n'a pas la couleur de la peau de ses concurrents -si il était désigné candidat des Démocrates et élu en novembre prochain, cela révolutionnerait l'Amérique et le monde, B. Obama entrerait dans l'Histoire. Il serait également l'un des plus jeunes présidents de la planète. Obama, le roman de la nouvelle Amérique, publié aux Éditions du Rocher), est écrit par Audrey Claire qui présente l'adversaire de Hillary Clinton comme un `` Kennedy métissé ». Claire retrace l'itinéraire d'un homme qu'elle voit comme le héros postmoderne d'un pays en plein changement. Soutenu par sa femme, Michelle, véritable `` égérie politique », il avance dans les traces de JFK et de Luther King pour construire le nouveau visage attendu de l'Amérique. En France, le Comité français de soutien à  Barack Obama vise à  unir les voix françaises soutenant Barack Obama pour les porter aux Etats-Unis www.pour-obama.fr

Barack Obama, le sénateur de l'Illinois en pleine campagne

Audrey Claire tente de présenter les évolutions de la société américaine qui constituent les "facteurs de succès" de Barack Obama. Elle tente de replacer le "phénomène Obama" dans l`émergence d`une génération d`hommes politiques noirs, jeunes, démocrates, souvent avocats, et porteurs de messages d`optimisme et d`unité, tels, par exemple, Harold Ford Jr., parlementaire du Tennessee, Adrian Fenty, maire de Washington, Cory Booker, maire de Newark, Deval Patrick, gouverneur du Massachusetts, ou encore Michael Nutter, maire de Philadelphie.

`` Pour les Américains, les enfants font partie de la campagne, ce sont des personnages publics. Ils font partie de la politique-spectacle », explique Audrey Claire, américaine spécialiste en stratégie politique et auteur d`une biographie sur Obama (Obama, le roman de la nouvelle Amérique, éd. du Rocher). Que ce soit Chelsea Clinton la sérieuse, Meghan McCain, la fille du candidat républicain ou les deux petites de Barack Obama, chacune à  leur manière, ces filles façonnent, même sans le vouloir, l`image des candidats.

Chelsea, mademoiselle statistiques

à€ 28 ans, elle pourrait convaincre les jeunes démocrates, plutà´t acquis à  Obama. `` C`est vrai qu`elle va rencontrer les jeunes dans les universités, mais il ne semble pas y avoir beaucoup d`effets. C`est une jeune fille intelligente et travailleuse, mais sans charisme », analyse Audrey Claire. Elle explique le programme de sa mère sans relà¢che, mais avec force arguments et statistiques à  l`appui.

Son point fort : `` Chelsea peut adoucir l`image d`Hillary. La voir en tant que maman peut la rendre plus humaine », poursuit Audrey Claire. Son point faible : son job d`analyste financier pour un fonds de placement à  New York. Une profession que sa mère décrie devant son électorat. `` Ces gens à  New York qui travaillent dans les banques d`investissements et les hedge funds, auraient-elle dit, trop bien payés pour ne rien faire. »

Meghan McCain, la bloggeuse décapante

Bien qu`ayant six frères et sœ“urs, c`est la seule qui s`engage publiquement dans la campagne de papa, à  l`opposé de la sage Chelsea. La blondinette de 23 ans détonne avec son blog, où elle évoque sur un ton de midinette la campagne de papa, les musiques qu`elle aime écouter (et notamment la chanteuse Yelle), les chaussures et les fringues. Vu l`à¢ge de John McCain (72 ans), la petite peut séduire un électorat plus jeune.

Son point faible : à  trop revendiquer l`indépendance de parole, elle pourrait commettre une bourde. Elle a déjà  dit qu`elle avait voté John Kerry aux dernières élections et déclarer trouver Obama `` mignon ».

Malia Ann et Natacha Obama, petites filles modèles

Leur atout : l`image d`une famille à  la Kennedy. `` La dernière fois qu`un candidat a eu des enfants si petits, c`était au temps de Kennedy. C`est sà»r que les Américains seraient plus émus par une Maison-Blanche remplie de jeux et de cris, qui lui donneraient l`air d`un vrai foyer américain », explique Audrey Claire.

Le point faible : c`est également leur jeune à¢ge. Le papa semble vouloir ménager du temps avec elles, parfois au détriment de sa carrière politique. Audrey Claire relate ces faits dans son livre : en 2002, le jeune sénateur de l`Illinois qu`il était a préféré rejoindre sa famille à  Hawaii parce qu`une des petites était malade, plutà´t que rester pour voter une loi sur les armes, un sujet très sensible à  l`époque à  Washington. Une priorité qu`il a payé cher : l`année suivante, le parti démocrate refuse de le désigner comme candidat à  la chambre des représentants.

Obama semble comprendre mieux que ses rivaux que la politique américaine ne peut pas se résumer à  la peur du terrorisme, de même que sa campagne ne peut pas se résumer à  la couleur de sa peau. Nombreux sont ceux qui estiment que pour gagner l`investiture démocrate puis la présidence, Obama doit aller au-delà  de l`argument racial, même si ses adversaires tentent de l`en empêcher. C`est précisément ce qu`il essaie de faire, quand il répète que ``cela doit être une campagne sur les différences entre les politiques, entre les visions pour le futur de l`Amérique».

Même si le thème de la différence a résonné dans cette campagne, il s`agissait très rarement des différences de programme entre Obama et Clinton. Certes les programmes varient, ne serait-ce que légèrement, mais pour la plupart des électeurs, la vraie différence entre Obama et Clinton réside et résidera dans ce que chaque candidat représente pour une nation incertaine quant à  son avenir économique, épuisée par la guerre, et de plus en plus consciente d`une fracture sociale grandissante.

La campagne d`Obama, comme celle de Clinton, est une première pour l`Amérique. Pourtant, il y a quelque chose de ``familièrement frustrant» dans la course de la sénatrice. Pas seulement parce que l`on connaît le nom des Clinton et la machine politique qui est la leur. Mais plutà´t parce que Hillary Clinton persiste à  avoir recours à  cette rhétorique de peur et de terreur, qui est l`apanage de l`administration Bush.

Le préjugé racial qui, comme la guerre actuelle contre la terreur, est retranché derrière son propre langage de la peur et qui en Amérique a été associé à  une longue histoire de violence était peut-être le premier et plus grand obstacle qu`Obama a su surmonter.

La campagne présidentielle d`Obama, avec son refus insistant de rester enfermée dans les peurs et préjugés, qu`ils soient aussi anciens que les divisions raciales de l`Amérique, ou qu`ils soient le produit de notre nouvelle guerre globale contre la terreur, représente quelque chose de vraiment neuf. Le candidat démocrate a offert à  la campagne des primaire un de ses temps forts. Dans un discours de près de 40 minutes, il s'explique sur ses croyances, sa filiation et les aspirations de sa campagne. Objectif du sénateur d'Illinois : se démarquer clairement de la ligne de Jeremiah Wright, le pasteur par qui le scandale est arrivé.

Le discours délivré par Barack Obama à  Philadelphie résume en 37 minutes et 39 secondes près d'un an de campagne. Un discours au cours duquel le sénateur de l'Illinois reprend les recettes qui l'ont fait émerger comme la figure neuve du Parti démocrate : l'unité de la Nation américaine. "Il n'y a pas d'Amérique latino, d'Amérique noire, d'Amérique blanche, mais il existe les Etats-Unis d'Amérique" lançait-il en 2004 à  la tribune de la Convention démocrate. Un message qu'il martèle aujourd'hui à  nouveau pour condamner les propos de son ancien pasteur, Jeremiah Wright. Obama revient aussi sur la bataille des droits civiques et amène habillement la problématique des races sur le devant de la scène.

Quelques extraits du discours de Barack Obama: " “We the people, in order to form a more perfect union.” (...) This was one of the tasks we set forth at the beginning of this campaign - to continue the long march of those who came before us, a march for a more just, more equal, more free, more caring and more prosperous America. I chose to run for the presidency at this moment in history because I believe deeply that we cannot solve the challenges of our time unless we solve them together - unless we perfect our union by understanding that we may have different stories, but we hold common hopes; that we may not look the same and we may not have come from the same place, but we all want to move in the same direction - towards a better future for of children and our grandchildren.

(...) I am the son of a black man from Kenya and a white woman from Kansas. I was raised with the help of a white grandfather who survived a Depression to serve in Patton's Army during World War II and a white grandmother who worked on a bomber assembly line at Fort Leavenworth while he was overseas. I've gone to some of the best schools in America and lived in one of the world's poorest nations. I am married to a black American who carries within her the blood of slaves and slaveowners - an inheritance we pass on to our two precious daughters. I have brothers, sisters, nieces, nephews, uncles and cousins, of every race and every hue, scattered across three continents, and for as long as I live, I will never forget that in no other country on Earth is my story even possible.

(...) I have already condemned, in unequivocal terms, the statements of Reverend Wright that have caused such controversy. For some, nagging questions remain. Did I know him to be an occasionally fierce critic of American domestic and foreign policy? Of course. Did I ever hear him make remarks that could be considered controversial while I sat in church? Yes. Did I strongly disagree with many of his political views? Absolutely - just as I'm sure many of you have heard remarks from your pastors, priests, or rabbis with which you strongly disagreed.

(...) I would not be running for President if I didn't believe with all my heart that this is what the vast majority of Americans want for this country. This union may never be perfect, but generation after generation has shown that it can always be perfected. And today, whenever I find myself feeling doubtful or cynical about this possibility, what gives me the most hope is the next generation - the young people whose attitudes and beliefs and openness to change have already made history in this election. "

Son roman national commence à  la fin des années 50 à  Honolulu, la capitale hawaïenne du célèbre archipel américain de l`océan Pacifique. Comme de nombreux étudiants boursiers africains qui vont poursuivre leurs études supérieures à  l`étranger, Barack Obama Sr., fils d`agriculteurs kényans, obtient en 1959 une inscription en économétrie dans une université de Honolulu. C`est là  que le jeune homme à¢gé de 23 ans rencontre Ann Dunham, une étudiante blanche originaire du Kansas, qu`il épouse en 1960, malgré les objections de leurs parents respectifs opposés à  ce mariage interracial.

Le 4 aoà»t 1961, naît Barack Hussein Obama, dit ``Barry». Deux ans plus tard, malgré l`attachement qui le lie à  sa femme et son fils, et parce qu`il n`a pas les moyens de les emmener avec lui, Obama Sr. se sépare d`eux pour se rendre à  Boston où il compte décrocher un doctorat de la prestigieuse université de Harvard. `` Barry » souffrira longtemps du départ de ce père qui restera ``un mythe, plus qu`un homme», selon le témoignage émouvant qu`il en fera dans ses mémoires(1). Après le divorce de ses parents en 1964, sa mère Ann épouse en secondes noces un étudiant indonésien avec qui elle aura une fille. En 1967, la famille s`expatrie à  Djakarta, la capitale indonésienne, où ``Barry» vivra quatre ans avant de revenir à  Honolulu aux cà´tés de ses grands-parents. Peu après, sa mère divorce de nouveau, rentre à  Hawaï et élève toute seule ses deux enfants.

Loin de l`image paradisiaque qu`offrent les cartes postales hawaiiennes, et bien qu`il se fasse des amis dans le milieu du basket-ball où il excelle, ``Barry» ne jouit pas d`une adolescence totalement épanouie. Non pas qu`il manque de quoi que ce soit matériellement -sa mère et ses grands-parents appartiennent à  la classe moyenne aisée -, mais du fait de l`absence de son père et surtout d`une identité noire qu`il devra apprendre à  connaître par lui-même. ``J`essayais, écrit-il, de m`éduquer à  être un homme noir en Amérique, et au-delà  de l`apparence de ma couleur de peau, personne autour de moi ne semblait savoir exactement ce que cela signifiait.» C`est bien pour cette raison, qu`après une licence de sciences politiques en 1983, il décide de travailler comme community organizer à  Chicago, et devient militant au sein d`un groupe de pression politiquement et socialement engagé en faveur des habitants d`un quartier noir défavorisé.

En 1991, Obama achève ses études universitaires avec un diplà´me en droit privé à  Harvard. C`est à  cette époque que débutent ses activités d`homme public. En 1990, il est élu président de la Harvard Law Review, un titre de noblesse qui ne passe pas inaperçu puisqu`il est le premier Noir à  accéder à  ce niveau de direction de l`influente revue juridique. Mais malgré un CV en mesure de lui ouvrir des voies plus fructueuses financièrement, Obama accepte une offre modeste de Miner Barnhill & Galland, un cabinet d`avocats de Chicago spécialisé dans la défense de victimes de discrimination et dénis de droits civils. L`argent n`est visiblement pas la priorité de cet avocat prometteur, dont l`objectif inavoué semble être, au-delà  de son empathie pour ses ``black brothers», une véritable quête de soi.

En 1987, pour la première Barack Obama rendra visite à  sa famille au Kenya

Sa carrière et son parcours familial prennent alors un cours fulgurant. Il enseigne le droit constitutionnel à  l`université de Chicago, se marie en 1992 avec une avocate noire, Michelle, elle aussi diplà´mée de Harvard, avec qui il aura deux filles, Malia et Sasha. Son goà»t pour les joutes politiques, sa volonté d`agir toujours plus en faveur de ceux qu`il juge délaissés par le gouvernement fédéral, sa connaissance des milieux politiques locaux, notamment d`Harold Washington le premier maire noir de Chicago, et surtout son envie d`en découdre avec un passé pesant -son père meurt d`un accident de voiture en 1981, sa mère d`un cancer en 1995- le poussent à  briguer un mandat électif. En 1996, il est élu sénateur de l`État de l`Illinois, puis réélu en 2002, grà¢ce au soutien populaire qu`il reçoit des quartiers méridionaux de la ville où il travailla naguère. Obama se fait connaître du grand public en mars 2004, lorsqu`il est élu candidat démocrate pour l`élection au Sénat (cette fois au niveau fédéral) prévue en novembre 2004.

Au vu de ce succès grandissant, et sans doute avec l`espoir de capitaliser l`image rajeunie d`un parti dirigé par une élite vieillissante, John Kerry choisit le jeune sénateur pour prononcer le discours d`ouverture -une place convoitée - de la Convention nationale démocrate de juillet 2004, qui le désignera officiellement comme candidat du parti pour tenter de contrer la réélection du républicain George W.Bush. L`occasion est trop belle et Obama la saisit. Même si peu de personnes voient en lui un candidat potentiel à  une prochaine présidentielle, son discours porte déjà  en germe les grands thèmes de sa future campagne: le changement de la politique à  Washington, le retrait des troupes militaires en Irak (guerre contre laquelle il s`est opposé dès 2002), l`assurance-maladie universelle, et l`unité nationale au-delà  des différences idéologiques, religieuses, raciales et sexuelles.

``Les Américains n`attendent pas du gouvernement qu`il résolve tous leurs problèmes, lance-t-il, mais ils sentent bien qu`avec un changement de priorités, chaque enfant dans ce pays pourrait avoir une vie plus décente. […]» Obama se fait aussi l`apà´tre d`une reconfiguration de l`échiquier politique nationale grà¢ce à  une réconciliation des contraires, entre États traditionnellement conservateurs républicains (dits aussi ``États rouges») et libéraux-progressistes démocrates (dits ``États bleus»): ``Nous adorons Dieu dans les États bleus […], et nous avons des amis homosexuels dans les États rouges. Certains patriotes se sont opposés à  la guerre en Irak, d`autres l`ont soutenue. Mais ensemble, nous formons un seul peuple et prêtons allégeance à  la bannière étoilée.»

"Il n'y a pas d'Amérique noire, blanche, latino ou asiatique, mais un pays nommé les Etats-Unis d'Amérique"

"Ses talents d'orateur séduisent" déclarent ses admirateurs

Son discours et ses talents d`orateur séduisent. Sa capacité à  parler avec des mots simples mais profonds, l`impression de sincérité et d`authenticité qu`il dégage, sa quête permanente de consensus réconfortent et inspirent confiance. Certains le comparent à  Kennedy, d`autres à  Martin Luther King. Obama devient la nouvelle idole de la jeunesse démocrate, et très vite le chouchou des médias qui voient d`abord en lui un ``phénomène politique starifié», puis ``l`avenir du parti démocrate». Sans grande surprise, il est élu en novembre 2004 sénateur de l`Illinois avec 70 % des suffrages. La défaite de John Kerry à  la présidentielle de 2004 lui ouvre une nouvelle porte.

Obama le sait, se tà¢te, laisse à  peine le doute planer et, en 2006, publie The Audacity Of Hope (2), un essai qui devient un best-seller malgré une écriture et une tonalité moins convaincantes que celles de ses mémoires. C`est qu`entre-temps l`avocat est devenu une star politique. Le bà¢tisseur de consensus qu`il a toujours été s`efforce dans son nouveau texte de développer un programme politique, certes optimiste comme le titre l`indique, mais empreint d`une certaine sécheresse. Outre ses thèmes favoris (les valeurs américaines, l`éducation, la santé, la religion, la guerre en Irak), Obama construit sa pensée à  partir de la même recette qui l`avait révélé au grand public: ``Il n`y a pas d`Amérique noire, blanche, latino ou asiatique, mais un pays nommé les États-Unis d`Amérique.»

En février 2007, après moult tergiversations, Obama annonce finalement sa candidature à  Springfield, sa meilleure carte symboliquement, puisque c`est dans cette ville de l`Illinois qu`en 1858, le républicain antiesclavagiste Abraham Lincoln lança sa carrière politique avec un discours historique sur le besoin de mettre fin ``à  une nation divisée». La bataille des idées et des images peut alors commencer. Signe de sa popularité, Obama parvient à  obtenir, en six mois, 58 millions de dollars pour financer sa campagne électorale (bien plus que chacun des autres candidats), dont un tiers provenant de petits donneurs. Très vite, ses adversaires, aussi bien cà´té démocrate que républicain, mettent en garde contre l`inexpérience du sénateur de l`Illinois qui, malgré un bilan honorable de huit ans au niveau local, n`en est qu`à  la moitié de son premier mandat national.

Mais contre l`ex-First Lady et sénatrice de l`État de New York, Hillary Clinton, qui se dit prête à  gouverner dès le premier jour si elle était élue du fait de sa longue expérience, Obama plaide pour la ``capacité de diriger avec lucidité et discernement ». Ironiquement, reconnaît Lewis Gordon, professeur à  Temple University, ``cette inexpérience le rend moins politicien » et donc plus attractif dans un pays où, historiquement, ``les candidats ayant exercé peu d`activités politiques ont toujours eu les faveurs des électeurs».

C`est une drà´le de polémique qui vient de naître aux Etats-Unis. Hillary Clinton pour justifier sa présence tardive dans la course à  la nomination a rappelé que son mari n`avait été choisi qu`en juin durant les primaires démocrates de 1992. Et jusque là , rien de grave. Mais elle a ensuite fait référence à  l`assassinat de Robert Kennedy. Comme si elle sous-entendait qu`un assassinat pouvait encore changer le cours de cette élection.

My husband did not wrap up the nomination in 1992 until he won the California primary somewhere in the middle of June, right? We all remember Bobby Kennedy was assassinated in June in California. I don`t understand it.

Hillary Clinton pour justifier sa présence tardive dans la course à  la nomination a fait référence à  l'assassinat de Robert Kennedy, comme si elle sous-entendait qu'un assassinat pouvait encore changer le cours de l'élection

Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Les commentateurs ont-il vu ce qu`il voulait voir dans les propos d`Hillary Clinton. Et même si elle ne sous-entendait pas cela, ce que presque tout le monde croit, quelle idée de mettre en parallèle `` cette » course à  la nomination et celle de Bobby Kennedy. Andrew Sullivan dit très justement : As for her argument that June primaries are nothing new, she is correct. But in no previous primary election did the voting start just after New Years` Day. The New Hampshire primary in 1968 was on March 12, two months later than this year. For June, therefore, read August. Yes, this season has gone on for ever. And for Senator Clinton, it has now obviously gone on too long. She`s been waiting for Obama to implode. Instead, she just has. Après un temps d`hésitation et sentant la controverse prendre de l`ampleur, Hillary Clinton a fini par s`excuser : Earlier today I was discussing the Democratic primary history and in the course of that discussion mentioned the campaigns that both my husband and Senator Kennedy waged in California in June 1992 and 1968 and I was referencing those to make the point that we have had nomination primary contests that go into June. That`s a historic fact. The Kennedys have been much on my mind the last days because of Senator Kennedy and I regret that if my referencing that moment of trauma for our entire nation, and particularly for the Kennedy family was in any way offensive. I certainly had no intention of that, whatsoever. My view is that we have to look to the past and to our leaders who have inspired us and give us a lot to live up to, and I`m honored to hold Senator Kennedy`s seat in the United States Senate from the state of New York and have the highest regard for the entire Kennedy family. La rédaction du New York Times n`est même plus surprise par les sorties d`Hillary Clinton. Par contre, elle critique fortement les fausses excuses d`Hillary Clinton

Le programme des concurrents démocrates partage sur le fond de nombreux points communs: tous ou presque appellent à  un changement de régime à  Washington, sont pour une politique d`immigration généreuse mais maîtrisée, l`avortement, le mariage homosexuel, l`amélioration de la couverture médicale universelle, et l`augmentation du pouvoir d`achat des foyers démunis… Pourtant, face à  un John Edwards, qui demeure le plus à  gauche des candidats démocrates, face surtout à  la machine de Hillary Clinton -qui a su mettre à  profit le charisme et le réseau d`influence de son mari, l`ex-président Bill Clinton-, Obama s`est distingué au fil des mois sur un point sensible, qui jouera certainement en sa faveur dans les semaines à  venir : la réconciliation de l`Amérique avec elle-même et avec le reste du monde. ``En ce qu`elle à  de meilleure, estime Andrew Sullivan, l`éditorialiste du très respecté Atlantic Monthly, la candidature d`Obama est sur le point de mettre fin à  une guerre, non pas tant la guerre en Irak… mais celle à  l`intérieur de l`Amérique qui a prévalu depuis la guerre du Viêtnam et qui continue à  montrer des signes dangereux d`intensification, une guerre civile non-violente qui paralyse l`Amérique au moment où le monde a le plus besoin d`elle.


Une guerre culturelle, religieuse et raciale, à  laquelle seul Obama offre la possibilité d`une trêve.» Avec humilité, Obama promet de mettre également à  profit sa volonté de changement dans sa politique étrangère, si l`on en croit ce qu`il confiait récemment au New York Times : ``Je crois à  un exceptionnalisme américain fondé non pas tant sur les prouesses militaires ou la domination économique, mais plutà´t sur les valeurs, les principes, les idéaux de notre Constitution. Nous sommes au meilleur de nous-mêmes quand nous parlons d`une voix qui prend en compte les aspirations des peuples de la planète.» Pour l`heure, l`homme mince aux grandes oreilles, au nom ``marrant» que raillent ses adversaires car proche de celui de Oussama Ben Laden, qu`un grand quotidien français d`habitude mieux inspiré disait ``sans bagages», est en passe d`écrire une page capitale de l`histoire américaine, en fidèle héritier d`Abraham Lincoln et de Martin Luther King.

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